‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 180 sur 568 · CROT · texte numérisé non relu

CROT

très petites. Les vraies maxillaires ont une paire de longues défenses courbées qui se dressent quand la bouche s'ouvre. Ces défenses sont percées d'un canal, pour conduire à leur extrémité le poison sécrété par une glande placée de chaque côté de la tête, audessous et en avant (les yeux. En avant des défenses se trouvent les rudiments d'autres dents venimeuses qui se développent chez certaines espèces. Il existe aussi deux rangées de petites dents fixées au palais. Une particularité vraiment remarquable de ces serpents, c'est l'espèce de sonnette ou de grelot qui termine leur queue. Les dernières vertèbres caudales se confondent pour former un seul os terminal conique et comprimé, couvert de muscles; la peau spongieuse et épaisse qui enveloppe le tout, sécrète les pièces de la sonnette, appendice de segments cornés, librement articulés. La sonnette peutconsister en 20 ou 30 segments, qui vont en s'amincissant vers l'extrémité; les muscles de la queue les font mouvoir, et en se choquant, ils produisent un son comparable à celui que font des pois dans leur gousse sèche. Les crotales attaquent rarement l'homme, s'ils n'y sont pas provoqués. Leurs mouvements sont lents; ils ne peuvent sauter, excepté quand ils se sont mis en cercle; ils donnent alors un vio-

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Sonnette et seetion de la sonnelle du crotale.

lent coup de queue et bondissent sur leur ennemi; la plus légère blessure les met hors de combat. Ils sont ovovivipares, caries femelles portent leurs œufs jusqu'à l'éclosion et les jeunes sont expulsés vivants. Pendant l'hiver, les crotales se retirent dans des trous qu'ils se creusent en terre, et i|s y restent engourdis, entrelacés plusieurs les uns avec les autres. L'espèce la plus commune est le crotale durisse [crotalus durissus, Linn.), long de 1 m. 30 à t m. 60, avec un corps robuste et une queue courte et grosse. Il est répandu aux Etats- Unis et au Mexique. 11 se nourrit de lapins, d'écureuils, de rats el de petits oiseaux. Il attend patiemment que la proie vienne à portée de sa dent; la blessure qu'il lui fait est mortelle en moins d'une minute; sur les grands animaux, le venin agit tm peu moins vite, mais il est toujours mortel. Du reste ce poison varie d'intensité suivant la saison, le climat et la vigueur de l'animal. On ne lui connaît aucun antidote.

CROTALIDE adj. Erpél. Qui ressemble à un crotale. — s. m. pi. Famille de serpents venimeux ayant pour type le genre crotale.

' CROTONs.m. (gr. krotôn, nom égyptien du ricin). Bot. Genre d'euphorbiacées, tribu des crotonées, comprenant de nombreuses espèces qui croissent dans les régions chaudes des deux continents. Le croton tùjlion (croton tig/mm), que l'on trouve à Ceyian, aux Moluques, dans rindouslan et dans plusieurs autres parties de l'Asie, porte les fruits nommés rjrains de TiUy, dont on tire une huile acre et d'une odeur désagréable. Cette huile est un purgatif drastique, que l'on emploie à la dose d'une goutte mélangée avec un peu d'huile d'olive dans les cas de constipation opiniâtre; c'est un remède dangereux. L'huile de croton a également été employée en frictions à l'extérieur pour faire naître une éruption pustuleuse révulsive. Le croton à laque {croton laccifernm) est l'un des arbres qui fournissent la laque. Une a"trc espèce produit la ^ascarilie.

La seule espèce acclimatée dans l'Europe méridionale, le croion (î'nc/orium, donne la ma-

Croton tiglium.

tière colorante connue sous le nom de tournesol des teinturiers.

CROTON, rivière de l'état de New-York (Etals-Unis), affluent de l'IIudson. Elle fournit l'caii potable nécessaire à la ville de New- York. (Voy. Aqueduc.)

CROTONE ou Croton, ancienne cité grecque du S. de l'Italie, sur la cûte E. de la péninsule Urutirme, près de l'embouchure de la rivière Alsarus. Elle fut fondée par les .\cliéenset les Spartiates vers l'an 710 av.J.-C, se distingua surtout par ses richesses et sa puissance et devint la plus dangereuse rivale de Svbaris. Elle fut la patrie deMilon, et le siège de l'école de Pythagore. Elle est aujourd'hui bien déchue et s'a|ipclle Corlona.

CROTONÉ, ÉE. Bot. Qui ressemble ou se rapporte au croton. — s. f. pi. Tribu d'euphorbiacées ayant pour type le genre croton.

CROTONIATE s. et adj. De Crotone; qui ap-

parliont à celte ville. — Crolnnnl. (V. S.)

CROTOY (Le). Corocotinum, bourg maritime du canton de Rue (Somme), sur la rive droite de la Somme, en face de Saint-Valery ; 2,262 hab. Bains de mer.

•CROTTE s. f. (lat. crusta, croûte). Boue; mélange de la poussière et de l'eaude la pluie dans les rues, sur les chemins : les rues sont pleines de crotte. — Fig. et pop. Etre dans l\ CROTTE, TOMBER DANS L.^ CROTTE, être OU tomber dans une honteuse misère. — Fiente de certains animaux, comme brebis, chèvres, lapins, souris, etc. : crottes de brebis.

' CROTTÉ, ÉE part, passé de crotter. — Fam. el par exag. Crotté comme un darbet,

CROTTÉ jusqu'à L'ÉCHINE, CROTTÉ JUSQU'AUX

OREILLES, fort crotté. — Il fait bien crotté DANS LES RUES, les rties sont bien sales. — Se dit adjecliv. d'une personne dont l'extérieur est sale et misérable : il a l'air crotté. — Fig. et fam. Un poète crotté, un mauvais poète.

• CROTTER v. a. Salir avec de la crotte : vorts crotterez votre robe, si vous la laissez trainer. — Se crotter v. pr. Se salir avec de la boue : vous vous erotterei.

• CROTTIN s. m. Fiente, excréments des chevaux, des moulons et de quelques autres animaux.

•CROULANT, ANTE adj. Qui croule : édifiée

croulant.

' CROULEMENT s. m. Chute de ce qui croule, éboulemenl.

• CROULER V. n. (gr. kroudn, ébranler). Tomber en s'affaissant ; ce bâtiment croule. — Se dit quelquefois fig. : cet empire croule.

• CROULIER, 1ÈRE adj. Se dit des terres dont le fond est mouvant : des terres crouliéres.

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* CRODPs.m. [kroupp] (écossais crowp) Méd. Sorte d'angine caractérisée par la production rapide de fausses membranes dans les voies aériennes. On dit aussi Laryngite pseudo-

MEMBEANEUSE ou DlPHTERlTE TRACHEALE. C'est

une maladie dangereuse, souvent mortelle pour les enfants en bas âge. Les causes du croup sont peu connues; il se développe principalement chez les enfants de 2 à S ans et sévit de préférence dans les pays froids et humides, sur des sujets affaiblis par une mauvaise alimentation ou qui habitent des maisons insalubres. Il est contagieux et quelquefois épidémique. 11 est souvent annoncé par du malaise, de la fièvre et par l'angine couennease, et s'étend ensuite de l'arrière-gorge au conduit respiratoire; mais il peut apparaître brusquement et débuter d'emblée au larynx. La marche du mal est toujou-rs rapide. Tout à coup, le plus souvent pendant la nuit, survient une toux sèche, fréquente,^ accompagnée d'enrouement ou d'aphonie et d'une gêne notable dans la respiration: puis la toux devient r.iuque, sourde, comme étouffée ; elle est suivie d'une inspiration courte et sifflante; le bruit que la toux et la voix font entendre a été comparé au cri d'un jeune coq ou à l'aboiement d'un petit chien. La peau est brûlante, le pouls très fréquent et l'anxiété extrême. La face est bouffie, violacée ou livide. Le malade s'agite pour respirer, porte la tête en arrière, se lève sur son séant et périt dans un état d'angoisse inexprimable. La durée ordinaire du croup est de 3 à 6 ou 7 jours; il peut être mortel en quelques heures (croup ioudroyant). La médication doit être prompte et énergique. Elle consiste en vomitifs répétés plusieurs fois par jour pour expulser les fausses membranes (20 à 30 centigr. de calomel); ensuite on cautérise les plaques couenneuses avec une solution de 4 gr. de nitrate d'argent dans 8 gr. d'eau distillée, solution que l'on porte dans le pharynx à l'aide d'un petit tampon de coton solidement fixé à l'extrémité d'une baguette; on pourrait employer pour le même objet la teinture d'iode iodùrée. On applique des cataplasmes froids arrosés d'eau sédative au devant du cou et, trois fois par jour, on frictionne le même endroit avec de l'onguent napolitain. On insuffle souvent au gosier du soufre mélangé de chlorate de potasse pulvérisé. Pendant la nuit, onfail du feu dans l'appartement. Enfin on alimente le malade le plus possible, on lui donne du quinquina au Liébig, et du perchlorure de fer à la dose de 1o gouttes par jour dans un verre d'eau. Quand il y a menace de suffocation, et si l'assoupissement devient continuel, il reste une dernière et suprême ressource qui donne quelques succès lorsqu'on y a recours à temps: c'est la trachéotomie, c'est-à-dire l'ouverture de la trachée. (V. S.)

* CROUPADE s. f. Manège. Saut du cheval, qui e-t plu^ rehjvé que la courbette.

CROUP AL, ALE adj. Qui seraporleau croup : voix croupak.

' CROUPE s. f. (celt. crup, ramasser).

Partie de derrière qui comprend les hanches et le haut des fesses de certains animaux, principalement des bêtes de monture, de charge : ce cheval n'a point de croupe. — Ce

CHEVAL A LA CROUPE DE MULET, il a la CrOUpC

pointue, aiguë. — Gagner la croupe du cheval DE SON ENNEMI, l'approchep par derrière. — Haut d'une montagnf; qui se prolonge et qui n'est pas à pic : ce château est situé sur la croupe de la montagne. — Arcuit. Partie arrondie du comble qui surmonte le chevet d'une église. — Partie de comble qui forme le prolongement d'un mur de pignon, et oui se rattache aux deux égouts du toit par des arêtiers. — Intérêt que 1 on donne dans les bénériccs d'une place ou d'une entreprise de finance.

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* GROUPÉ, ÉE adj. E ne s'emploie guère que dans ces locutions : Cheval bien groupé, jument bien croupée , qui a une belle croupe.

CROUPETON (À) loc. adv. Dans une situation accroupie.

CROUPEUX. EUSE adj. Pathol. Qui est de la nature du croup : affection ci-oupeuse. — Qui est affecté du croup : enfant croupeux.

* CROUPIER s. m. Celui qui est de part au jeu avec quelqu'un qui tient la carte ou le dé : il a gagné beaucoup au jeu, mais il n'en profite pas seul, il a bien des croupiers. — A la bassette. Celui qui assiste le banquier, qui observe les pontes, et qui l'avertit des cartes qu'il passe. — Ceux qui avaient un intérêt dans quelque entreprise de finance, soit qu'ils eussent ou non prêté de l'argent.

* CROUPIÈRE s. f. Morceau de cuir rembourré, que l'on passe sous la queue d'un cheval, d'un mulet, etc., et qui, tenant à la selle ou au bât, l'empêche d'avancer sur le garrot : mettre une croupière à tine selle. — Prov. et fig. Tailler des croupières a une troupe de gens de guerre, la mettre en fuite, la poursuivre. Tailler des croupières a quelqu'un, lui susciter des affaires, des embarras, lui donner bien de l'exercice.

•CROUPION s. m. L'extrémité inférieure de l'échiné de l'homme : se démettre le croupion.

— Partie oii tient la plume de la queue d'un oiseau : le croupion d'un poulet d'Inde, d'un chapon. — Parlement croupion, nom que l'on donna à la partie du parlement que Cromwell conserva après le coup d'Etat de ICiS.

* CROUPIR v. n. Se dit des liquides qui sont dans un état de repos et de corruption : les eaux qui croupissent deviennent puantes. — Se dit également de certaines matières qui se corrompent et pourrissent dans une eaust.ignante : de la paille qui croupit dans une mure.

— Se dit aussi des enfants au maillot et des personnes malades qu'on n'a pas soin de changer assez souvent de linges : cet enfant croupit dans son ordure. — Fig. Demeurer, vivre longtemps dans un état honteux : croupir dans le vice.

* CROUPISSANT, ANTE adj. Qui croupit.

CROUPISSEMENT s. m. Etat de ce qui croupit.

CROUPON s. m. Cuir de vache ou de bœuf dont on a retranché la pointe elle ventre.

CROUSAZ(Jean-Pierrede), philosophe suisse, né à Lausanne en 1603, mort en 1750, fut d'abord professeur de philosophie à Lausanne en 1699, à Groningue (i724-'37), puis de nouveau à Lausanne; a publié : Traité du Beau (1746); Examen du Pyrrhonisme (1733); et une réfutation des doctrines de Wolf et de Leibnitz dans son Traité de l'esprit humain.

CROUSTADE s. f. Espèce de pâté dont la croûte est croquante. — Préparation culinaire dans laquelle il entre des croûtes de pain.

■ CROUSTILLANT, ANTE adj. Qui croustille. — -v» Femme croustillante, femme appétissante. — Beaux-arts. Qui offre des aspérités d'un ton chaud et comme brûlé : murailles croustillantes.

' CROUSTILLE s.f. [// mil.] Petite croûte de pain : donnez-lui encore une croustille.

•CROUSTILLER v. n. [Il mil.]. Manger de petites croûtes pour boire après le repas, et pour être plus longtemps à table : il se mit à croustiller.

• CROUSTILLEUSEMENT adv. D'unemanière plaisante, libre, graveleuse.

* CROUSTILLEUX, EUSE adj. Ne s'emplcio qu'au ligure, pour dire, jilaisant, libre, giaveliMix : 'X passage est un peu croustilleux.

' CROÛTE s. f. (lat. crusta]. Partie e^té-

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