CRUS
conversai ion : en trouve dans cet ouvrage certaines crudités qui le dèjiarcnt.
' CRUE s. f [krû]. Augmentation. — Croissance : cet arbre a pris loule sa crue; la crue des eaux : la crue du Nil.
•CRUEL, ELLE adj. (lat. crudrli!,]. irjbumain, inipitiiyable, qui aime le sang, qui prend [ifiisir à faire soullrir ou à voir souffrir : homme cruel.
Et (le crud tyr:io, d'infâme r,ivi«seur,
Te fasse vrai mon;ir(]ue ot jiislc possesseur.
CoRNBiLLii, Phocas, .-icte IV.
On le dit également en parlant de quelques animaux : le tigre est une béte cruelle. — Ses PLUS CRUELS ENNEMIS, SCS ennemis les plus acharnés et les plus dangereux. — Fig. Destin, SORT CRUEL, FORTUNE CRUELLE, SC dit PU
parlant des grandes afllictions, des grands revers que fait éprouver la fortune. — Qui dénoie la cruauté, où il y a de la cruauté : (((.■<wn(,T«i;</(;.— Guerre CRUELLE, guerre aeliarnée, très sanglante. — Sévère, inflexible, exigeant : père cruel. — Se dit d'une femme qui n'écoule point ses amants ou qui les rebute : elle fut longtemps cruelle. — Substanl. en parlant des personnes : ils veulent me séparer de vous, les cruels! — iNe pas trouver de CRUELLES, être toujours hcureu.x en amour. — Faire le cruel, se montrer dédaigneux à l'égard des femmes. — Fâcheux, douloureux, insupportable :
Ou croit qu'un mal cruel trancha soudain mes jours. Ducis. Ilumlet, acte II, .^c. v.
— Un CRUEL HOMME, uu homme ennuyeux, incommode, fâcheux. On dit de même, une
CRUELLE FEMMC.
* CRUELLEMENT adv. Avec cruauté, d'une manière ciuelle.
CRUIKSHANK (George) [krouk-'chank], célèbre caricaturiste anglais, né à Londres en 1792, mort en lévrier 1878. Il est un des fondateurs du Punch, et un grand nombre de romans d'almaiiachs. de poèmes, etc., ont été illustrés par lui. Ses ouvrages, The gin shop, thc iipas tree, et the gin juggernant sont conçus dans un but de haute moralité. En 18'f7, il publia une série de planches sous le titre de The Bottle. la Bouteille, représentant les résultats de l'ivrognerie. La gravure sur bois lui est redevable d'une partie de ses progrès.
* CRÛMENT adv. D'une manière sèche et dure, sans aucun ménagement, sans prenilre la peine d'adoucir ce qu'il y a de fâcheux dans ce qu'on a à dire,
GRUOR s. m, (lat, sang). Méd, Matière colorante du sang; le sang coagulé ou en caillot.
"CRURAL, ALE, AUX adj. flat.cras, cruris, jambe). Anal. Qui appartient à la cuisse : muscle, nerf crural.
CRUSCA {Academia délia). Voy. Académie.
CRUSEILLES, ch.-l de cant., arr. et à 16 kil. S. de SaiiiL-Juiien, sur le versant méridional du mont Salève ; 1,812 hab. Ancien château,
CRUSSOL, famille française qui a pris son nom d'une terresituée dans le Vivarais et qui a fourni plusieurs personnages célèbres. — Jacques de Crussol, chef [U'otestanl, mort en laSfi, occupe une place importante dans les premières guerres religieuses,
* CRUSTACÉ, ÉE adj. (lat. cru.ila, croûte). Zool, Se dit des animaux qui sont couverts d'une enveloppe dure, mais flexible et divisée » par des jointures : les animaux cnistacés. —
s, m, pi. Classe d'animaux articulés, comprenant des espèces en général aquatiques, qui respirent par des branchies l'air dissous dans l'eau et dont le corps est entouré d'une enveloppe calcaire. Lalrcille {Règne animal de Cuvier) divise les crustacés en deux sousclasses : i" Malacostracks, partagés en cinq ordres : décapodes, slomapodes, amphipodes,
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Icemodipodes et isopodes; 2° Entouostracés , partagés en deux ordres : branchiopodes et pœcilopodes.
CRUVEILHIER (Jean), médecin et anatomisle français, né le 9 février 1791 à Limoaes, mort en 1874. Il fit ses études à Pans sous la direction de Dupuytren, soigna avec lui pendant les Cent-Jours les blesses sous les murs de Paris, fut nommé en 1824 professeur de patbolotrie à Montpellier, et en revmt en 183o pour être attaché à la faculté de Paris, en qualité de professeur d'anatomie pathologique. Son ouvrage principal est VAnatomie pathologique du corps humain (1829-'4f0|.
CRUZ (Santa-). I. Ile danoise des Antilles. Voy. Croix {Sainte-).— II. Capitale des îles Canaries, sur la côte N.-E. de Ténéritfe; environ 19,722 hab. Bon port. Exportation de cochenille, de vin, d'amandes, de soie brute, de bariUa et d'orseille. — III. Rivière et port d e laPal,igonie, paroO» b' 30" lat. S.etTOolS 2 long. Ô.
' CRUZADE s. f. (portug. cruzada; de cruz, croi.\). Monnaie portugaise d'or ou d'argent, ainsi nommée d'une croix ou de feuilles de palmier en croix. — Les Cruz.\des vieilles, qui sont d'or, valent trois francs trente centimes de France ; et les CRUZADES NEUVES, qUl sont d'argent, valent aujourd'hui un peu moins de trois francs.
CRUZY-LE-CHÀTEL, ch.-l. decant.,arr. et à ■20 kil. E. de Tonnerre (Yonne); 772 hab. 'Verrerie.
CRYOLITE s. f. (gr. kruos, glace; lithos, pierre). Minér. Substance, ainsi nommée à cause 'de sa grande fusibilité. La cryolite se compose de sodium, de tliior, et d'uluminuim ; elle sert à la préparation de l'aluminium. On la tire en grande quantité du Groenland occidental, où elle forme des couches atteignant un métré d'épaisseur. On l'emploie dans les savonneries pour la préparation des lessives alcalines.
CRYOPHOREs. m. (gr. kruos, froid; phoros, qui porte). Fig. Instrument inventé par WoUaston, vers l'8i2,pourdémontrerla relation entre l'évàporation àbasse température et la production du froid. L'eau y arrive à congélation par suite de sa propre évaporalion.
* CRYPTE s. f. (gr. krupté; de krupios, caché) Lieu souterrain où l'on enterre les morts dans certaines églises. — Anat. Petit corps arrondi ou lenticulaire creux, situé dans 1 epaisseur de la peau ou des membranes muqueuses, et destiné à sécréter des liquides de diverse nature, qui s'échappent de leur cavité par une ouverture étroite. Dans ce sens il est plus ordinairement masculin : cryptes sébacés. On dit aussi follicules.
CR'YPTIE s.f. (gr. kruptô, je cache). Massacre d'ilotes u Lacédémone.
CRYPTIQUE adj. Qui se passe dans les c^vpte^•. qui habite les cryptes.
CRYPTO-CAL'VINISTES, nom donné aux partisans de Philippe Melanchton (aussi appelés Mélanchtoniens ou Philippistes), qui s'étaient séparés des luthériens, dans des controverses concernant lasainteCène (lo.ï2-'74). Melanchton délirant rétablir l'union entre les calvinistes et les luthériens, penchait pour des termes moyens, ce qui ne satisfit pas les luthériens intolérants, et ceux-ci l'appelèrent calviniste caché ou crypto-calviniste.
•CRYPTOGAME adj. {gr.kruptos, caché; gamos, mariage). Bot. Se dit des plantes qui ont les organes sexuels peu apparents ou caches, telles que les mousses, les fougères, les lichens : plante cryptogame. — s. f. Plante orvptogame : une cryptogame. — »* On dit ofdinaiVement : un cryptogame, au masc ; mais cette manière de parler n est pas académique. - • s. f. pi. ou w s. m. pi. Grande di-
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vision du règne végétal comprenant lesplanlcs dont les organes sexuels sont peu apparent* ou tout à fait cachés. (Voy. Cryptogamie.) Les cryptogames correspondent aux acotylédones de Jussieu. — Cryptogamique, adj. dérivé.
* CRYPTOGAMIE s. f. Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes againes et cryptogames : c'est la vingt-quatrième et dernière. Elle est divisée en quatre ordres : 1» les fougères; 2° les mousses; 3° les algues ; 4" les champignons.
CRYPTOGRAMME s. m. (gr. kniptos, caché; gramma, caractère). Ecritencaractèressecrets.
CRYPTOGRAPHE s. m. Celui qui se livre à lacryplographie.— Appareil pour écrire d'une manière'secrètc à l'aide de signes ou de chiffres. La scytale des Lacédémoniens était un véritable cryptographe.
• CRYPTOGRAPHIE s. f. [kri-oto-gra-fî] (gr. kruptos, caché ; graphe, j'écris). Ecriture secrète au moyen d'abréviations ou de signes convenus; art d'écrire en chiffres secrets. — La cryptographie enseigne les procédés auxquels on doit avoir recours pour mettre un message écrit à l'abri des investigations des non initiés. — La cryptographie a été cultivée dès la plus haute antiquité par les hommes de guerre et par les hommes d'Etat. Le premier auteur qui ait traité la question est yEneas le Tacticien (iV siècle av. J.-C.) ; il rapporte les mille trucs qui avaient été imaginés avant lui pour transmettre des messages secrets : lettres mises entre les semelles du porteur, communications cachées dans un ulcère du messager ou dans les pendants d'oreilles des femmes, dés percés de trous correspondant aux lettres de l'alphabet, et a travers lesquels passe un fil, etc. Au dire de Suétone, César et Auguste avaient combine tous les deux un alphabet interverti pour correspondre secrètement avec leurs amis, à Rome, pendant leur séjour en dehors de l'Italie. Durant le moyen âge, la cryptographie n'a guère été cultivée que par les moines et les cabalistes; elle n'est devenue un véritable art qu'à partir de la Renaissance, époque à laquelle elle acquit une certaine importance dans les relations des princes avec leurs ambassadeurs et leurs affidés. Aujourd'hui, la correspondance par chiffres secreU est adoptée dans toutes les armées de l'Europe, mais elle n'est encore appliquée d une façon systématique que dans les bureaux des chancelleries. — M. KerckhotTs {ta Cryptographie militaire, 1883), à qui nous empruntons les détails qui suivent, rapporte les dillerents svslèmes de cryptographie à trois méthodes principales : 1» la méthode qui se borne a une simple transposition des lettres du texte en clair; 2° celle qui fait reposer la combinaison du chiffre sur une interversion de 1 ordre alphabétique des lettres; 3° celle qui représente les mots, ou même des phrases entières par des nombres ou des groupes de lettres. — Méthode par transposition. Les systèmes nui reposent sur ce principe permettent des variations nombreuses. En voici un exemple, où les lettres du texte en clair, d abord transcrites dans leur ordre naturel, sont ensuite recopiées dans un ordre conventionnel : nous nous réuniroyis cette nuit à une heure, T.
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lettre. On appelle les premiers systèmes à simple clef, et les seconds systèmes à double clef. — Systèmes à simple clef. On en a imaginé de toutes les façons; en effet, on peut non seulement combiner l'alphabet normal d'un nombre infini de manières différentes, mais on peut encore remplacer les caractères alphabétiques par des nombres, des signes de fantaisie, et même par des mots et des phrases entières. Le système le plus pratique est celui qu'employait Jules César, et qui consiste à intervertir tout simplement l'ordre de succession des lettres. Etant donné l'alphabet suivant :
abcdefgbuklmnopqhstuvwxtz
zmyejkwjviuhf gstrlqdpcobna il est arrivé s'écrira : vh xqd zllvex.
— Systèmes à double clef. L'invention du premier .système à double clef est due à Porta, physicien italien du xvi= siècle. Porta recommande de changer d'alphabet pour chaque lettre : à cet eU'el, il emploie treize alphabets différents, qu'il désigne, comme on le voit dans la figure ci-après, par les lettres AB, CD, etc.
a b c d c f g h i j k l m nopqrstuvwxyz
abcdefghij kl ni z nopqr stuvwxy
abc d e r g h i j k 1 ni y z nopqr stu vwx
abcdefghij k xy znopqrs tu
a I) c d c f g h i j k 1 II wxy znopqrs tn
a b c d c f g h i j k 1 III vwxyznopqr stu
abcdufghijklm uvwxyznopq rs t
abcdefghij kl m t uvwxyznopq r s
abcdefghij k 1 m s t u V w X y z n G p q r
abcdefghij k I m rstuvwxyznopq
abcdefghijklm qr s tuvwxyz nop
abcdefghij klm pqr stuvwxyzno
abcdefghijklm opq rstuvwxyzn
■Veut-on écrire avec l'un ou l'autre de ces alphabets, on choisit pour représenter une lettre quelconque du texte en clair, celle qui dans le tableau y fait face. Ainsi, si l'on cryptographie avec l'alphabet R ou QR, o est représenté par j et, vice versa, j par o; avec l'alphabet 0 ou OP, e sera figuré par x, et X par e. Comme il serait imprudent de prendre les treize alphabets à la suite, les correspondants conviennent d'un mot dont les différentes lettres indiquent les qu'il faut successivement choisir, constitue la clefda la combinaison; sous le texte à chiffrer, et on le nombre de fois nécessaire. 'Voici une phrase cryptographiée avec la clef roi, je reviendrai demain :
alphabets
Ce mot
, on l'écrit
répète le
o X i Vf c
K.-i23iSC7S9iOHi2 nousnousre u n ironscettc n u itauneheur e t
nerounsuon us
Bctcoincrunt
nrueaiuht t e e
=inerounsnonussetcoincrunlnrueaiuhtlcc.
— Méthode par interversion. Il faut distinguer les .systèmes où chaque lettre est invariablement représentée par le même signe crvptographique, et ceux où des signes diUerents correspondent à une seule et même
^ ûiiwcrwhzmtrvxvsoi
Bien des systèmes à double clef ont été inventés depuis le xvii" siècle, tels que ceux de Biaise de Vigenére, de Gronsfeld, de l'amiral Beaufort; mais, bien nue dillerents pour la forme, ils sont identiques au fond, et reviennent tous au procédé' que nous venons d'exposer. — Dictionnaires chiffrés. Les dictionnair..-s chiffrés sont basés sur le système dos tables citiffrantes des chancelleries. Un des mieux conihiiiés est celui de Brunswick .; les lettres, avec leurs combinaisons binaires, ainsi que quelques milliers de mots avec leurs