DAME
Damas.
Elle est le centre du commerce de la Syrie et le lieu de réunion des pèlerins qui viennent du nord de l'Asie pour se rendre à la Mecque. Ses manufactures consistent principalement en fabriques de soieries et de cotonnades; on y fait des selles et des brides d'un fini merveilleux, des rneubles, de la bijouterie, du damasquinage, d'excellent savon, etc. Dans l'ancien temps, Damas était célèbre pour ses lames d'acier nommées damas. Elle exporte pour Constantinople de grandes quantités de fruits secs et de confitures. — Cette ville fut construite, d'après la tradition, par Uz, fils d'Aram; il en est plusieurs fois fait mention dans l'histoire d'Abraham. Elle fut, à différentes époques, soumise aux Israélites, aux Assyriens, aux Babyloniens et aux Persans. Après la bataille d'Issus (33.^ av. J.-C), elle tomba au pouvoir d'.Alexandre le Grand, et fit ensuite partie de l'empire des Séleucides. Sous les empereurs romains, elle devint l'un de leurs principaux arsenaux en Asie, Les Sarrasins en firent le siège du calitat et la capitale du monde musulman ; mais sous les Al)bassides, elle fut supplantée par Bagdad. En tl49, pendant la seconde croisade, Louis VII de France et Conrad III d'Allemagne l'assiégèrent inutilement. Au commencement du xv'' siècle, elle fut prise par Tamerlan, qui massacra ses habitants. En l'ilC, elle tomba au pouvoir des Turcs. Les 9, 10 et M juillet 1860, les musulmans de Damas, prenant fait et cause pour les Druses, dans la lutte de ceux-ci contre les Maronites, égorgèrent 3,000 chrétiens; et détruisirent toutes les maisons leur appartenant. Abd-el- Kadc^r, maître de la citadelle, parvint à sauver un grand nombre de chrétiens. La répression ne se lit pas attendre, Fuad Pacha ordonna I exécution du gouverneur turc et de 160 coujiables; il fit arrêter 11,000 jeunes gens de la ville qui fuient enrôlés dans les troupes ottomanes.
tude, après avoir subi de grandes persécutions; il avait composé plusieurs ouvrages ascétiques, liturgiques et doctrinaux. Le premier, il popularisa la dialectique d'.\ristote, et s'efforça de donner une méthode unif(U'me pour le chant ecclésiastique. Les Grecs célèbrent sa fêle le 29 novembre et le 4 décembre, les latins le 6 mai.
DAMASCENE iNicolas), historien grec, contemporain et favori de l'empereur Auguste et d'Hérode, roi de Judée. 11 vécut à la cour d'Hérode et fit deux fois le voyage de Rome. On a de lui plusieurs fragments d'une Histoire universelle.
DAMASCIUS, philosophe grec, né probablement à Damas vers 4S0 après J.-C. Il étudia d'abord et enseigna ensuite, à Athènes, la philosophie néo-platonicienne. Quelques-uns de ses ouvrages existent encore.
DAMASE, nom de deux papes.— I. (Saint), élu en 3(J6; il voulut mettre un terme à la rapacité des prêtres en leur défendant de rien recevoir, soit par donation, soit par testament. Il mourut en 384. Fête le M déc. — 11. Elu en 1048, empoisonné après 23 jours de règne.
DAMASQUETTE s. f. Etoffe de soie très brillante, fabriquée à 'Venise, et recherchée au xviii' siècle.
DAMASQUIN. INE s. et adj. De Damas, qui appartient à celte ville ou à ses habitants.
DAMASQUINAGE s. m. Art, action de damasquiner, d'orner le fer ou l'acier en l'incrustant de filets d'or, d'argent ou d'un autre métal. Le damasquinage est employé surtout pour les lames et les gardes d'épées, ainsi que pour les platines d'armes à feu. La plus belle méthode consiste à tailler profondément le métal au moyen d'un burin, et à remplir la rainure avec un fil d'or ou d'argent ; par ce procédé, le fil adhère très forte-
ment. La méthode la plus ordinaire n'est que supeificieile; pour cela, on chauffe le métal jusqu'à la couleur bleue et on le hache avec un couteau ; on dessine sur la hachure la figure désirée, au moyen d'un poinçon d'airain, et on emplit les lignes avec un fil d'or que l'on enfonce soigneusement à l'aide d'un instrument de cuivre. Aujourd'hui, on creuse le mêlai en se servant d'acides.
DAMASQUINE s. f. Dessins d'or appliqués sur des objets de fer, d'acier ou de cuivre.
' DAMASQUINER v. a. Incruster de petits lilets d'or ou d'argent dans du fer ou de l'acier : dninasQuimr une épée, une garde d'épée.
' DAMASQUINERIE s. f. Art de damasquiner.
* DAMASQUINEUR s. m. Celui qui damasquine.
* DAMASQUINURE s. f. Travail de ce qui est dainaM[uine : la damasquinure de cette épée est fort belle.
' DAMASSE, EE part, passé de d.\masser. — Se dit priiiiMpaleinent du linge de table qui est ou à fleurs ou à personnages : linge damassé. — Substantiv. Linge damassé : un service de damassé.
* DAMASSIR v. a. Fabriquer une étoile ou du linge en façon de damas.
* DAMASSUREs. f. Dessin figuré sur la toile damassée, en la tissant; ladamassure de celte nappe est fort belle.
DAMAUN ou Daman, ville maritime portugaise, sur le golfe de Canibav (Indoustan), à 130 kil. N. de Bombay; G,Û00 "hab.
DAMAZAN, ch.-l. de cant., arr. et à V2 kil. N. de.Nerac (Lot-et-Garonne), sur le canal latéral de la Garonne; 1,573 hab. Bâti par les Anglais ; il a soutenu plusieurs sièges.
* DAME s. f. (lat. domus, maison). Titre qu'on donnait autrefois à la femme d'un seigneur, et à celle qui possédait une seigneurie avec autorité et commandement sur des vassaux. — Notrk-Dame, nont donné par les chrétiens à la Vierge, aux églises et aux fêtes qui lui sont consacrées : Ifotre-Dame de Paris. — Simple titre que l'on donne par honneur aux femmes de qualité : c'est une grande dame. On ditironiq. : elle fait la dame.
— D.\ME d'honneur, dame d'atour, dame du lit, DAME DU PALAIS, fcnimes de qualité qui remplissent diverses fonctions auprès des reines ou des princesses. — Dame de compagnie, dame qui est placée près d'une autre dame pour lui tenir compagnie. — Titre donné aux religieuses des abbayes et de certaines autres communautés, ainsi qu'aux chanoinesses :
les dames de Fontevrault. — Dames du chœur, religieuses qui siègent dans les hautes stalles du chœur, à la ditl'érence des novices, quisont dans les stalles basses, et des sœurs converses qui n'ont été reçues que pour le service de la maison. — Dames de charité, dames qui, dans l'étendue d'une paroisse, d'un arrondissement, forment une association chargée de recueillir et de distribuer les aumônes. — Titre que l'on donne à toute les femmes mariées : une jeune dame; c'est une fort aimable dame Prafiq. : la dame une telle. — Plus général. Toutes les femmes et toutes les filles : être i. :né des dames.
Il est riche, et de plus il domeiire à Paris, où desdameSy dit-on, est le vrai paradis.
La Suite du A/enUuKj acte 11, se, l,
— Particul. en parlant de chevalerie.
Femme à laquelle un chevalier consacrait ses soins et ses exploits : il a rompu des lances pour sa dame. — Aux courses de bague. La course pour les dames, la première course qui n'est point comprise dans le nombre de celles qu'on doit courir pour le prix. On dit dans le même sens : c'est pour les d.^mes. .\u jeu de paume, les dames, le premier coup
DAMI
DAMiN
qui se sert sur le toit, et qui n'est comité pour rien : voilà pour les dames. — Brevet lE dame, brevet par lequel le roi conférait à uue demoiselle le titre de Dame. — Les dames de FBA^•CE, les filles du roi. (Voy. Madame.) — Espèce de titre qu'on joint au nom de fille des femmes du peuple, soit en parlant d'elles, soit en parlant a elles : dame Françoise. — Les dames de la halle, les marchandes de la halle; elles étaient admises sous ce titre chez le roi et chez les princes à certaines époques et à l'occasion de certains événements. — Bot. Dame d'onze heures, plante liliacée à fleurs blanches qui ont l'extérieur des pétales vert.
— Jeux de cartes. Cliacune des quatre cartes sur lesquelles est peinte la figure d'une dame : la dame de pique, de cœur, de trèfle, de carreau.
— Jeu des échecs. La pièce du jeu la plus considérable après le roi : dame blanche, noire On l'appelle aussi reine. — Aller a dame, pousser un pion jusqu'aux dernières cases du côté de son adversaire : ce qui fait prendre à ce pion la valeur d'une dame. (Voyez plus bas un autre emploi de cette locution). — Chacune des pièces rondes et plates avec lesquelles on joue sur un échiquier au jeu appelé, dunom de ces pièces, Jeu des dames, de dames, ou simplement,les dames : jouer aux dame s.— Pièces de même figure, mais ordinairement plus grandes dont on se sert au jeu de trictrac et à quelques autres jeux analogues: poser u?ie dame sur une flèche. — Au Jeu de dames. Aller a DAME, pousser une pièce jusqu'aux dernières cases du côté de celui contre qui on joue; ce qui donne à cette pièce une marche particulière et plus avantageuse : je suis a dame. On appelle, au même j'eu.DAME damée, ou simplement dame, la pièce qu'on a fait aller à dame, et sur laquelle on en met une autre, pour la distinguer. — Dames rabattues, sorte de jeu dilférent du trictrac, mais qui se joue avec les mêmes pièces -.jouer aux dames rabattues. — Ponts et Chaussées. Digue qu'on laisse en Iravers d'un canal, tandis qu'on le creuse, pour séparer la partie déjà occupée par les eaux, de celle où les travailleurs sont encore. — S'emploie aussi comme une sorte d'interjection pour donner plus de force à une affirmation, à une négation, pour exprimer quelque surprise, elcimais, darne, oui; oh! dame, non ; ah! darne, vous m'en direz tant. — Dame blanche (La), opéra comique en trois aclf repiésentésur le théâtre de rOpéra-Gomlqu. (Paris), le 11 déc. I82.Ï, paroles de Scribe, musique de Boîeldieu, dont ce fut le chefd'œuvre.
' DAMB-JEANNE s. f. Très grosse bouteille qui sert à garder ou à transporter du vin ou d'autres liqueurs : une dame-jeanne clissée.
' DAMER V. a. Jeu de dames. Mettre une dame sur celle que l'adversaire a poussée jusqu'au dernier rang des cases opposées aux s]ennei:ma pièce est àdame, damez-la. — Damer LE PION A quelqu'un, l'emporter sur lui avec uno supériorité marquée : il prétendait exceller en ce genre, mais il a trouvé un homme qui lui a damé le pion,
DAMER (Anne SEYM0Dn,da77î(;), femme sculpteur anglaise, unique enfant du général Conway, née à Londres en 1748, morte en 182S. Ses plus belles productions sontle buste de Nelson au Guildhall de Londres; deux tètes colossales qui ornent le pont d'Henley; la statue de George III à Edimbourg et lebuste de Fox à Fontainebleau.
"DAMERETs. m. Homme soigneux de sa parure et fort empressé de plaire aux dames : c'est un dameret.
DAMIANI ou Damien (Pietro) [dâ-miâ-ni].
Né à Kdvennes vers 1000. mort le 2i2 février 1072. En 10o7, il fut nommé cardinal-évêque d'Ostie. L soutint les réformes d'Hildebrand (Grégoire Vil) et fut chargé de plusieurs missions papales. Ses ouvrages ont eu plusieurs
éditions. Quoiqu'il ne soit pas canonisé, il est honoré comme patron à Fuenza.
DAMIENS (Robert-François) régicide, né à
TieuUoT, près d'Arras, en 17l4,écartelé àParisle 28 mars 'l7o7. Surnommé Robert le Diable à cause de son caractère violent, il s'enrôla à seize ans, fut racheté par son oncle et partit pour l'Allemagne comme domestique d'un officier. Il servit ensuite les Jésuites, les quitta pour se mettre au service d'une femme de mœurs légères, chez laquelle il vola 1 30 louis à un Russe. Il usa de cette somme pour venir à Trianon, où il frappa LouisXVd'un coup de canif dans l'épaule droite (o janvier 1757). Arrêté aussitôt, il fut soumis à la question, aux tortures et condamné à avoir la main briilée, à être tenaillé, rompu, tiré a quatre chevaux, démembré, brûlé et enfin mis en cendres. Pendant le cours de son procès, il prétendit avoir frappé le roi, poussé par le désir de préserver la France des débauches et des infamies de ce monarque; il nia l'existence d'aucun complice, quoique la rumeur publique fit de lui l'instrument de la vengeance des jésuites.
* DAMIER s. m. Echiquier, tablier sur lequel on joue aux dames, aux échecs, et qui est marqué d'un certain nombre de cases ou carrés de deux différentes couleurs, comme blanc et noir, jaune et rouge : le damier ordinaire est composé de soixante-quatre cases ou carrés. — Hist. nat. Coquillage marqueté de carrés de diverses couleurs,, comme un damier.
DAMIETTE (arabe Damiat; anc. Tamiathis\ ville de la basse Egypte, sur le bras oriental du Nil, à 9 kil. de l'embouchure de ce fleuve, et à loO kil. N.-N.-E. du Caire; 31,241 hab. Elle est formée de maisons pauvrement bâties et éparpillées ; mais elle renferme de superhes mosquées, des bazars et des bains de marbre. Elle possède une école militaire. Il s'y fait un grand commerce de poissons, de riz, de café, de dattes, de lin, etc. L'ancienne ville, la Damietle des croisades, se trouvait à 8 kil. de celle-ci, près des bords de la mer. Sous les Sarrasins, elle était le boulevard de l'Egypte, du côté de la Méditerranée. En 1249, elle tomba au pouvoir de saint Louis, qui fut luimême pris par les Arabes peu de temps après. Le sultan d'Egypte la fit, presque aii«itôl, raser jusqu'au sol et construisit la ville actuelle.
DAMIRON (Jean-Philibert), philosopheéclectique fraiiç.iis, né à Belleville (Rhône) en 1794, mort en l.Si>2. 11 professa pendant vingt ans à la faculté des lettres dePariselen 18;i(i, fut élu membre de r.\cadémie des sciences nmiales et politiques. Ses œuvres, très nombreuses, traitent en général de l'histoire de la, philosophie. — Darnmara. (V. S.)
DAMMARIE-LES-LYS. comm. du cant. et à 3 kil. (le Mrlun (Seine-et-Marne); 1,683 hab.
DAMMARTIN EN-GOËLE. ch. -l.de cant.. air.
et à 2U kil. N.-O. deMeaux (Seine-et-Marne). 1,CS2 hab. Etait au xi" siècle le siège d'un
* DAMNABLE adj. Qui peut attirer la damnation étuinelle, qui peut faire mériter les peines de l'enfer : une pensée damnnble. — Par ext. Pernicieux, détestable, abominable.
* DAMNABLEMENT adv. D'une manière damnable.
* DAMNATION s. f. [da-na-si-on] (lat. damnatioj. Action de damner, de se damner ; punition des damnés : sa damnation est certaine.
' DAMNÉ, ÉE part, passé de damner. Condamné aux peines de lenfer. — C'est son AME DAMNÉE, sc dit d'uue personne entièrement dévouée à une autre, et qui exécute aveuglément toutes ses volontés, quelque injustes et odieuses qu'elles soient.— Subslantiv. : les tourments des damtiés.