DAMP
* DAMNER v. a. [da-né] (lat. damnare). Condamner aux peines de l'enfer, punir des peines de l'enfer : Dieu damnera les méchants. — Rendre digne des peines de l'enfer : ce péché damne ceux qui le commettent. — Déclarer ou croire une personne digne des peines de l'enfer : ces fanatiques damnent tous ceux qui n'ont pas leur croyance. — Par exag. Cela me FAIT, ME FERAIT DAMNER, Se dit de Ce quI cause beaucoup d'impatience ou dont on est extrêmement tourmenté : sa lenteur me fait damner. — Dieu me damne, loc. interj. qui exprime une sorte d'assurance mêlée de surprise : Dieu me damne, c'est tout son portrait. — Se damner v. p. S'exposer à être damné, à mériter les peines de l'enfer : il se damne.
DAMOCLÈS, courtisan de Denis l'Ancien, tyran de Syracuse. D'après Cicéron, Damoclès vantait à chaque instant le bonheur d'être un roi riche et puissant. Denis, voulant l'initier aux jouissances du pouvoir, l'invita à un splendide repas pendant lequel Damoclès, ceint du diadème et vêtu des habits royaux, fut tout à coup saisi de terreur en apercevant au-dessus de sa tête, une épée nue que retenait seulement un crin de cheval.
* DAMOISEAU s. m. [da-moi-zô]. Titre par lequel on désignait autrefois un jeune gentilhomme qui n'était point encore reçu chevalier, et qui aspirait à l'être. On a dit aussi, damoisel. — Aujourd'hui, fam. ironiq. Homme qui fait le beau, le galant auprès des femmes, et qui se donne pour homme à bonnes fortunes.
* DAMOISEL. s. m. 'Voy. Damoiseau.
* DAMOISELLE s. f. [da-moi-zè-le]. Titre qu'on donnait autrefois aux filles nobles dans les actes publics : damoiselle telle, fille mineure. (Voy. Demoiselle.)
DAMUN et PYTHIAS, Syracusains célèbres par leur étroite .imilié. Pythias, ou plus correctement Phinthias, condamné à mort par Denys l'Ancien, demanda à être momentanément relâché pour mettre ordre à ses affaires, et son ami Damon olïrit de rester en otage pour lui, consentant à mourir s'il ne revenait pas. Pythias revint avant le moment fixé pour l'exécution et Denis leur fit grâce à tous deux.
DAMOREAU(Laure-Cinthie Montalant, dnme) plus connue sôus le nom de M"' Cinti, cantatrice française, née à Paris en 1801, morte à Chantilly en 1863. Admise au Conservatoire à l'âge de sept ans, elle fut à dix-huit engagée comme seconda donna à l'Opéra italien, pour servir de doublure aux premiers rôles et drbula dans la Cosa rara. Après avoir créé le principal rôle du Calife de Bagdad, elle partit pour Londres, où les Anglais ne l'estimèrent pas à sa juste valeur. De retour à Paris, elle y fit connaissance de Rossini, dont l'autorité en matière musicale décida du succès de la cantatrice. L'Opéra lui ouvrit ses portes en 182;i; elle y débuta dans le rôle d'Amazily de Fernand Cortez, et par ses créations du Comte Ory de la Muette de Portici, de Robert le IHable, se plaça définitivement au premier rang. En dS3.ï, elle entra à l'Opéra-Comique pour y créer le Domino noir, le Sheriff et la Rose de Pèronne. M"° Cinti, qui en 1S27 avait, à Bruxelles, épousé l'acteur Damoreau, quitta la scène en 1843 et donna sa démission de professeur au Conservatoire en 1836. Elle a laissé une Méthode de chant.
DAMPIER (William) [daram'-pir] navigateur anglais, né vers 1632. Il passa trois ans dans la baie de Campêche, traversa en 1679 l'isthme de Darien avec une troupe de flibustiers et en 1684 accompagna John Cook au Chili, au Pérou et au Mexique. II s'embarqua ensuite pour les Indes orientales, en revint en 1691, et en 1699 fut chargé d'entreprendre un voyage d'exploration d'ans les mers du Sud. Il revint en Angleterre (1701) après avoir