DANS
ce qui la contient ou la reçoit : être dans la chambre. .
Dans Florence jadis vivait un médecin,
BotLBAD. Art poét., liv. IV,
— S'emploie souvent au figuré : devenir très habile dims un art. dans une science. — Semploie particulièrement avec des mots qui marquent l'élat, la disposition du corps, de l'esprit, les riiœurs, la condition : il était daiis l'accès de sa fièvre, datis une posture contrainte.
— Se prend quelquefois pour avec : il a fait cela dans la pensée d'en tirer de l'utilité. — Se prend aussi pour selon : il entend cela dans le sens de saint Augustin. — S'emploie fréquemment avec des mots qui indiquent une époque, une durée; il fait deux fois plus d'ouvrage que son frère da7is te même temps. - Dan? tel temps signifie après tel temps, au bout de tel temps : il arrivera dans trois jours.
DANSABLE adj. Qui peut être dansé.
DANSAILLER v. n. [Il mil.] Danser maladroitement.
• DANSANT. ANTE adj. Qui danse, qui est consacré à la danse, qui est propre à faire danser : une soirée dansante.
* DANSE s. f. (anc. ail. tanzcn, danser). Mouvement du corps qui se fait en cadence, à pas mesurés, et ordinairement au son des instruments ou de la vois : prendre des leçons de danse. — Danse sur la corde, espèce de voltige qui consiste à faire sur une corde tendue divers pas de danse. — Danse sur les CHEVAUX, sorte de voltige ou de tours d'adresse ou d'équilibre qui se l'uni sur des claevaux. — Da.nse ue Sai.nt-Guy, espèce de maladie nerveuse que les médecins appellent Chorée. — Danse macabre. (Voy. Macabre). — Fam. Avoir l'air a la danse, avoir beaucoup de dispositions à bien danser; et, fig. avoir l'air vif, éveillé, et annoncer des dispositions pour réussir dans ce qu'on fait; ou paraître disposé à ce dont il s'agit. Cette phrase est beaucoup plus usitée au ligure qu'au propre. — .\ction de plusieurs personnes qui exécutent une danse, des danses : commencer la danse. — Fig. Commencer la danse, mener la danse, être le premier à faire ou à soulfrir quelque chose que d'autres fei'onl ou souffriront ensuite : nous nous battrons l'un après l'autre, et c'est vous qui commencerez la danse. — Entrer en DANSE, se mettre du nombre de ceux qui dansent : il entra le dernier en danse. — Entrer EN DANSE, s'engager dans une affaire, dans une intrigue, dans une guerre à l'aquelle on n'avait pris d'abord aucune part, dont on n'avait été que spectateur: ce prince aévité tant qu'il a pu de se mêler dans cette guerre; mais enfin il est entré en danse. — Après la panse VIENT LA DANSE, après avoir fait bonne chère on ne songe qu'a se divertir. — Donner une DANSE A quelqu'un, le châticr, le battre. —
— Manière de danser d'une personne : il a une danse cordrainte. — Air à danser : jouer toutes sortes de danses. — Lieu où l'on danse : aller à la danse. Pop. — »%■ Jargon. Lutte, combat, bataille : au pre?nicr coup de clairon la danse commença; viens ici que je te flanque une danse.
' DANSER v. n. Mouvoir le corps en cadence et à pas mesurés, ordinairement au son de la voix ou de quelque instrument : danser avec légèreté, avec grâce. — Danser sur la corde, exécuter des pas mesurés et des tours de force, sur une corde tendue; et fig. être engagé dans une affaire hasardeuse, se trouver dans une situation embarrassante, incertaine, où l'on court risque à tout moment de succomber. — Prov. et fig. Faire danser quelqu'un, donner bien de l'exercice, bien de l'embarras à quelqu'un, pour le réduire à ce qu'on veut : il croit m'échaijper, mais je le ferai danser.Par aimï. je le ferai danser sans violon. — Ne SAVOIR SUR QUEL PIED DANSER, ne savoir quelle contenance tenir, quel parti prendre. — Prov.
DANT
Toujours va qui danse, pour s'amuser, il n'est pas besoin de bien danser, il suffit qu'on danse. Celte phrase se dit figurément, en parlant d'une personne qui fait le mieux qu'elle peut, qui fait tant bien que mal ce qu'elle a à faire. — Faire danser les écus, dépenser beaucoup. — Faire danser l'anse do panier, se dit d'une servante qui, chargée d'acheter des objets au marché, les porte en compte plus cher qu'elle ne les a payés. — Du vin a faire danser les chèvres, du vin très aigre, i
— V. a. Exécuter une danse : danserune valse, \ une contredanse. — « Jargon. Danser devant LE BUFFET, n'avoir rien à se mettre sous la dent. — La danser, être frappé, mourir, — Danser de, payer pour les autres : danser d'une vingtaine de consommés.
' DANSEUR, EUSE s. Celui, celle qui danse: il y avait à ce bal plus de danseurs que de danseuses. — Celui, celle qui aime à danser, qui danse souvent, ou qui fait profession de danser : c'est un danseur, une danseuse de l'Opéra. 11 La vie d'une danseuse est quelque chose comme l'ombre fugitive d'un oiseau sur un mur. Il faut se hâter, avant que l'oiseau se soit envolé pour toujours, d'en fixer d'un trait, la capricieuse arabesque. » (Fourcaud )
— Danseur, danseuse de corde. Celui, celle dont la profession est de danser sur la corde.
DANTAN (Jean-Pierre), statuaiie, né à Paris en 1800, mort en f669. Elève de Bosio, il fil, en sortant de l'école, un voyage en Italie d'où il revint en 18:!0 ; il a acquis une certaine célébrité par ses statuettes-charges des gi'ands hommes de son époque, Talleyrand, V.Hugo, etc., par le buste de Boïeldieu à Rouen, et par la îtatue d'Adéla'ide Kemble, tragédienne anglaise.
DANTE (contraction de Durante) D^gli Alighieri [dânn'-té-dèl-ie-â-li-ghi-é-ri] appelé en France /f Ilu/!<e, poèteitalien, néà Florence le 14 mai I26l>, mort le fi septembre 13'if . Il était issu du mélange de deux races, car les Alighieri étaient d'origine teutonique. Ses connaissances embrassaient toutes les sciences connues à son époque, chose alors possible. Le peu de faits bien connus de la vie du Dante peuvent être racontés en peu de mots. En 'l 'iTi, il vit pour la première fois Béatrice Portinari, qui mourut à 25 ans, en 12110, après avoir épousé Simone de Bardi. Le Dante fit de cettejeune femme, qu'il avait passionnément aimée, une des figures les plus idéales de la poésie. En 1289, il combattit à Campaldino dans l'armée des Guelfes, qui y vainquirent complètement les Gibelins. La même année, il assista au siège et à la prise de Cii|irone. La date de son mariage avec Jemma Dunati est inconnue, mais celte union, qui ne fut pas heureuse, semble avoir été conclue de '1291 à 1ïi94. Par son mariage, Dante, qui n'était que de petite noblesse, se trouva presque allié de Corso Donati, le chef du parti puissant des grandi et de la haute noblesse. Les nobles, surtout ceux de la plus haute caste, étaient presque tous Gibelins ou impérialistes; les bourgeois, au contraire, étaient presque tous Gueltes et soutenaient le parti du pape. La fuinille du Dante avaitélé dévouée aux (Guelfes jusqu'alors, mais il survint une complication: une haine de famiile, qui avait pris naissance dans les enviions de la ville de Pistoja entre les Cancellieri Neri et les Cancellieri Blanchi (les Noirs et les Blancs), s'étendit jusqu'à Florence, où les ultra-guelfes prirent parti pour i '1 iNoirs et leurs adversaires pour les Blancs. Pendant ces dissensions, le Dante fut un des six prieurs des arts qui composent la magistrature suprême (fo juin 1300). En f.îOI, les Noirsconclurenl un arrangement avec Charles de Valois, qui prit, pour eux, possession de Florence le 31 octobre. Dante vint alors à Rome, où les Blancs l'envoyaient comme ambassadeur, et pendant son séjour dans cette ville, reçut l'avis d'un arrêt de bannissement
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qui avait été rendu contre lui et contre tous les siens (27 janvier 1302); il avait été en outre condamné à unelourdeamende, payable dans les deux mois : on l'accusait d'avoir abusé des fonds qui lui avaient été confiés en sa qualité de prieur. Le 10 mars 1.302, un second arrêt le condamna à être brûlé vif, s'il restait sur le territoire de la république. A dater rie cette époque, on n'a plus aucun renseignement certain sur la vie du Dante. Pendant les 19 ans de son exil, il serait difficile de dire en quel lieu il n'habita pas. Dans certaines contrées du nord de l'Italie, il n'est pas un village, qui n'ait une tradition sur son compte. 11 devint si enthousiaste partisan des Gibelins, qu'àl'arrivée de l'empereur Henri VU en Italie (1310) il lui écrivit une lettre dans laquelle il le priait d'écraser Vhydre de Florence. En 1316, le gouvernement de Florence publia un décret autorisant les exilés à rentrer dans leur patrie, à condition de faire acte de repentir et de payer une amende. Le Dante, dans une lettre indignée, repoussa cette offre. D'après Balbo, le Dante se trouvait à Pise et à Lucques en août 1313 et en novembre 1314, puis if chercha un refuge à Vérone chez Can Grande délia Scala, où il resta jusqu'en 1318. 11 est certain qu'en 1320, il était à Ravenne et qu'il mourut en 1321, au retour d'une ambassade à Venise où l'avait envoyé Guido. Il fut enterré à Ravenne, sous un monument élevé par sou ami Guido iNovello. Boccace peint ainsi le Dante. « Notre poète est de moyenne taille ; son visage est allongé, son nez aquilin, sa bouche grande; sa lèvre inférieure dépasse sa lèvre .-upérieure; ses épaules sont hautes, ses yeux assez grands; son teint est foncé; sa barbe et ses cheveux sont fins, noirs et frisés; son maintien est toujours celui d'un homme triste et pensif. Il est correctement vêtu et suit la mode en la conciliant avec son âge : il est distingué. Ses façons sont celles d'un gentilhomme, et, soit en public, soit en inirticulier, il est toujours fort poli. » Le Dante venait à peine de mourir, que l'Italie s'aperçut instinctivement qu'elle venait de perdre un de ses grands hommes. En 1396, Florence lui vola un monument, et réclama en vain ses cendres; en 1429, elle fit de nouvelles démarches pour les obtenir, mais Ravenne refusa énergiquement de les rendre. En 1519, .Michel-Ange voulut lui élever un mausolée, mais Léon X ne permit pas de transporter les restes du poète. Ce n'est qu'en IS'29, c'est-àdire 508 ans après la mort de Dante, que Florence lui éleva un cénotaphe dans la Santa Croce. Son tombeau à Ravenne, primitivement construit, en 1483, par le cardinal Bembo, fut restauré par le cardinal Corsi en 11)92, puis enfin édifié sous la forme actuelle parle cardinal de Gonzague en 1780. En mai 1865, Ravenne, associée à toute l'Italie, célébra le 600° anniversaire de la naissance du Dante. Une caisse contenant les restes du poète fut découverte dans une cavité près du mausolée : elle y avait été cachée au xvii° siècle, dans la crainte que les Florentins ne s'en emparassent. On reconnut l'authenticité de ces restes et on les réintégra dans le mausolée. A Florence, cet anniversaire fut célébré en grande pompe et le 14 mai de l'année suivante, une statue colossale du Dante fut érigée sur la place de la Santa Croce. En 1373, Florence institua une chaire de la Divina Commedia, dont Boccace fut nommé le premier professeur. D'autres chaires semblables furent instituées à Bologne, à Pise, à Venise, à Plaisance et à Milan pendant la lia du même siècle. Balbo estime que les copies manuscrites de \dBivina Commedia faites pendant le xiV siècle et existant actuellement dans les bibliothèques d'Europe sont bien plus nombreuses que cellesdcs autres ouvrages parus a la même époque. Avant l.ïOO, plus de 20 éditions de ce poème avaient déjà été im-
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primées en Italie ; la plus ancienne dale de 1472. Au XVI' siècle, il y eut 40 éditions; au svn", période de septieisme de l'ilalie, leur nombre ne fut que de 3 ; au xviii", de 34, et pendant la première moitié du xix", de 80 au moiiis. La première traduction de cette œuvre parut en Espagne en 1428; en Allemagne, en l809(parKannegiesser).En Angleterre, Boyet fut le premier qui traduisit l'ouvrage complet {['Infcrno en '1785 et le reste du poème en 1S02). La première traduction française est de Grungier en lo96; il en existe beaucoup en France, mais les meilleures sont celles : en prose, de Brizeux, (1843) et en vers de Lamennais (18")")). — On ne peut dire à quelle date exacte parut la Yita niiova. Cet ouvrage fut certainement commencé après la mort de Béatrice en 1290, et l'on croit qu'il fut terminé vers t29.'i, mais Wilte prétend que ce ne fut qu'en 1300 : et il ili'Miontre que le l)e monarchia parut avant litOO. Il se base sur ce fait que dans ces deux ouvrages, le Uante ne fait nullement mention de son exil. Le Dcvidgari doqulo a du être en quatre livres, mais il ne nous en reste que deux : il traite du génie delà langue vulgaire et des dillérenls dialectes de l'Italie. Le Convito est incomplet; il consistait en 14 traités, dont quatre seulement ont été conservés. Dans le premier, le Dante se justilie de s'être servi de l'idiome vulgaire préférablement au latin, oL dans les trois autres, il commente trois de ^l's Canzotii, petits poèmes qui sufliraient à le ii'udre célèbre. Quant à la Dioina Commudia, il est certain qu'elle fut écrite pendant son bannissement. Witte suppose que Vlnfernohtl terminé vers 1314 ou 131b. Le Dante débute |iar cette préface : « Ici se trouve la Comédie lie Dante Alighieri, Florentin de naissance, mais pas pour la morale. " Ce poème est divisé en trois parties: YEnfur, ]e Punjatoire et If Paradis. Chaque partie est divisée en 33 ihants, par allusion au.\ années de la vie de J.-C. L'Enf'cren a 34, mais le premier est une mti'oduction. Le poème est en tercets ou rimes triplées, emblèmes de la Trinité. Le su- |et, tout a la fois relii-'ieux, patriotique ellittriaire,est dans l'esprit du temps : le plan en est simple et la scène vaste et bien ordonnée.
DANTESQUE adj. Qui imite le Dante : style diinlcsque.
DANTHONIEs.f. (de Da«(/ioj'ne,bolan. franc.). Bot. (jenre de graminées, tribu desavénacées, dont une espèce, la danthonie couchée, est très commune en France.
DANTON (Georges- Jacques), célèbre conventionnel, né a .\rcis-sur-.^ube, le 26 oct. 1759, guillotiné le 5 avril 1794. Son mariage avec M"° Charpentier le mit à même d'acheter une charge d'avocat au conseil du roi. La cordialité de son caractère, sa générosité, son éloquence, son énergie firent de lui, dés le commencement de la Révolution, un chef populaire, et pour ainsi dire prédestiné, comme Mirabeau. D'une taille colossale, il domina bien vite la masse toujours soumise à qui lui impose; sa voix de stentor couvrait celle de ses contradicteurs; sa laideur même lui était favorable. On l'a surnommé le Mirabeau do la !■ le, parce que les faubourgs furent le prenuer Uiéâlre où il donna carrière à son énergique "■loquence. Fondateur du club des Cordelicrs, il y régna en même temps que Camille DesiMOulins et Marat. On a prétendu qu'il était vendu à la cour et qu'il exagérait sesidée^ révolutionnaires pour mieux dissimuler sa trahison. C'est lui qui poussa le peuple au Champ de Mars pour demander la déchéance du roi (Voy. Bailly). Poursuivi par la justice, après la sanglante répression qui mit fin à cette émeute, il se présenta aux électeurs et fit arrêter par ceux-ci l'huissier chargé de s'assurer le sa personne. Nommé substitut du proculeurde la Commune, il organisa l'insurrection du 10 août qui prit les Tuileries, prononça la
suspension du roi et motiva la convocation de la Convention. Danton, à l'apogée de sa popularité, fut chargé du ministère de la justice. 11 fit décréter l'arrestation des royalistes. Lorsque les prisons furent pleines, il donna des armes aux pauvres. Le rapport entre ces mesures et les massacres de septembre est facile à saisir; la plupart des historiens font lourdement peser sur la mémoire da Danton la responsabilité de cet elfroyable égorgement. A la Convention, où renvoyèrent les électeurs de Paris, Danton fut l'un des partisans de la levée en masse. Sa devise était : « De l'audace, de l'audace et encore de l'audace, et la France sera sauvée ». Pour lui, l'exécution du roi était une nécessité politique : « Nous ne le jugerons pas, dit-il, nous le tuerons ». Sur sa motion, le terrible tribunal révolutionnaire fut établi (10 mars 1793). Entré au comité de salut public, il laissa tomber le parti girondin, qu'il av.iit d'abord soutenu, maisqui, par une incroyable ingratitude, avait cherché à le faire mettre en accusation comme ministre concussionnaire. 11 esssaya néanmoins de sauver la vie à plusieurs Girondins. Robespierre, jaloux de son influence, ne manqua pas de profiter de cette circonstance pour le perdre. La Monlagne victorieuse le considéra dès lors comme un modéré. Il était à Arcis-sur-Aube, où il avait conduit sa seconde femme en [larlie de plaisir, lorsque Saint-Juslet Coulhon dénoncent une prétendue conjuration (13 mars 1794). Les chefs de la Commune et des Cordeliers sont arrêtés et exécutes (24 mars). Danton revenu à Paris, fut arrêté dans son lit le 31 mars. Il fut condamné sans avoir pu se détendre, tant les juges du tribunal révolulionnaire redoutaient son éloquence. Rentré dans la salle des condamnés, avec Chabot, Bazire, Lacroix, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles, Fabre d'Eglantine et autres personnages appartenant au parti des Induhjents, Danton prononça ces paroles : « C'est moi qui ai fait instituer ce tribunal infâme. — J'en demande pardon à Dieu et aux hommes ». (2 avril). Les condamnés montrèrent un grand courage. Au pied de l'echafaud, le bourreau repoussa Fabre d'Eglantine qui voulait embrasser Danton : « Imbécile, s'écria celui-ci, tu n'empêcheras pas nos têtes de se baiser dans le panier » ; et il ajouta au moment de s'incliner sous le fatal couperet : » Tu montreras ma tète au peuple; elle en vaut la peine ».
DANTONISME s. m. Doctrines politiques de Danlrui.
DANTONISTE s. m. Partisan de Danton et de si's (iMiliines politiques.
DANTZICK ou Dantzig (ail. Danzig), ville de Prusse, daus la province de Prusse, l'un des
Uanlzick.
trois ports de guerre de l'empire allemand, à4901dl.E.-N.-E. de lîorliii; par o4''2l' lat. N.
et 16» 19' long.E. ; population 12"., 039 hab.; c'est la G' ville de l'empire d'Allemagne, sous le rafiport de la po|)ulation. Elle est bâtie sur le bras occidental ou bras principal de la Vistule, à .T kil. de l'embouchure de ce cours d'eau dans la baie de Dantzick; et elle est traversée parla Motllau et la Radaune, petits affluents de la Vistule. Sa citadelle et ses ouvrages extérieurs l'ont fait ranger parmi les forteresses de première classe. Elle est divisée en cinq parties : l'ancienne Dantzick, la nouvelle Dantzick, les villes basses, le Speicherinsel (exclusivement occupé par d'immenses greniers) et le Langgarten, quartier le plus moilerne. L'hôtel de ville est le plus remarquable de ses splendides monuments.
On admire, dans la cathédrale; « le Jugement dernier » que l'on attribue à Memling ou à Jan van Eyck. Dantzick exporte chaque année 7 millions de boisseaux de grains, principalcniint du froment polonais. Le total de l'importation et de l'exportation, par terre et par nier, est de 3.')0 nnllions de francs par an. L'industrie, très développée, comprend 80 établissements où l'on fabrique la goldwusscr ou liqueur de Dantzick. En changeant le cours de la Vistule, on a construit, en 1841, un nouveau port à l'embouchure de cette rivière; un canal creusé ensuite et mesurant 3 m. de hauteur, du fond à la surface de l'eau, permet aux plus gros vaisseaux d'ancrer dans la baie. D'après quelques autorités, Dantzick aurait été une cité commerçante dès la fin du x° siècle. Les Polonais s'en emparèrent en 1294, et les chevaliers Teutoniques en 1310. Elle se plaça d'elle-même, en 14b4, sous le protectorat du roi de Pologne qui en lit une ville libre. Le second partage de la Pologne la donna à la Prusse (1793). Les Français, commandés par Lefebvre, l'assiégèrent, la bombardèrent et la prirent en mai 1807. Les alliés l'enlevèrent aux troupes françaises le I'"' janv. 1814, après la fameuse défense de Rapp, défense qui dura 12 mois et pendant laquelle Dantzick fut à moitié détruite, et sa population décimée par la famine et les épidémies.
DANUBE (anc. Danuiius ou, dans son cours inférieur, hier; ail. bonau ; hongr. Dunu), le plus grand Ueuve d'Allemagiip, et, après le Volga, le plus grand Ueuve d'Europe^ formé parla réunion de deux torrents, le Brege et le Brigach, qui naissent dans le grand-duché de Bade, sur la pente S.-E. de la Forêt-Noire, à une hauteur de 750 m. au-dessus du niveau de la mer Noire. Dans son cours supérieur, le Danube se dirige vers l'est ; après avoir traversé le Wurtemberg, il décrit une courbe à travers la plaine bavaroise. Près de Pas-au, la foièt bavaroise d'un côté et les chaînes septentrionales des .\lpes Noriques de l'autre, rétrécissent le lit de ce fleuve, au point qu'il n'a pas plus de 300 m.
en certains endroits, tandis qu'en d'autres il mesure plus de 1,200 m. De Passau à Vienne, les paysages du Danube peuvent rivaliser avec ceux du Rhin.
Passé Vienne, les montagnes s'éloignent, et le Ueuve entre dans une large plaine, autrefois sujette à de terribles inondations; de grands travaux de canalisation ont mis fin à cet état de choses.
Le Danube passe ensuite entre deux chaînes de montagnes, la I Leilha au S. et les Carpathes au N.; il entre I dans la Hongrie occidentale, où, se divisant
DANU
en plusieurs branches, il forme des îles telles que le grand Schiitt floncue de 80 kil.) et le petit" Scbutt (45 kil.). Après êlre entré dans la plaine de Hongrie, il tourne brusquement près de Waitzen et coule au S. jusqu'à ce qu'il rencontre la chaîne Sirmienne, qui le force à se diriger de nouveau vers le S.-E. Après Moldova, il passe, pendant 130 kil. à travers les collines granitiques de Transylvanie et les chaînes calcaires de Serbie; il forme, en sept endroits, entre Alibeg et Kladova, des rapides et des tournoiements dont les plus violents se trouvent dans les Portes de fer, audessous du vieux Orsova. Près de Kladova, le fleuve entre dans les plaines hulgaro-valachiennes, coule au S. et au S.-E., puis au N. et finalement à l'E., jusqu'à ce qu'il se jette dans la mer Noire, par trois bras principaux (le Kilia, le Sulina et le Saint-Georgo=) et par quatre bras de moindre importance. Sa longueur totale est de 2,840 kil., avec ses sinuosités; elle serait de 1,630 kil. en ligne droite, de sa source à son embouchure. Il devient navigable à Ulm (Wurtemberg). Ses tributaires les plus importants sont, sur sa rive droite : la Lech, risar, rinn, l'Enn, la Leitha, la Raab, la Drave, la Save et la Morava; sur la rive gauche : l'-Atmiilii mil' I" I.ndn'igscanal fait oommuniauer
DANV
constatait auparavant dans les mêmes passes. Une nouvelle convention fut signée en 18118, et l'article 57 du traité de Berlin (13 juillet 1878) a décidé que le cours du Danube serait régularisé par les soins du gouvernement austro-hongrois, dans la partie nommée les Portes de fer. Un règlement spécial concernant la navigation entre ce point et Galatz est exécuté sous la surveillance d'une commissiim mixte dans laquelle chacun des Etats riverains est représenté par un délégué. La commission internationale du bas Danube a son siège à Galatz; elle a son budget, sa marine et son pavillon particuliers. Une conférence internationale, réunie à Londres en février et mars 1883, a prorogé les pouvoirs de la commission européenne jusqu'au 21 avril 1904, el s'est occupée de quelques modifications à apporter dans le règlement de navigation, ainsi que dans la composition de la commission ; la conférence a aussi étendu le pouvoir de ladite commission depuis les embouchures jusqu'à Braïla. Cette grande artère fluviale semble destinée à appartenir un jour tout enticre à l'Allemagne. Si les Russes sont en possession de la branche de Kilia, l'embouchure de la Sulina, plus importante, a été confiée à la Roumanie qui est gouveVnée par un prince
Tortes de fLF (lu Panubc,
avec les tributaires du Rhin, la Regen, la March, la Waag, la Neutra, la Gran, la Theiss, la Temes, l'Aluta, la Sereth et le Pruth. Les principales villes qu'il baigne sont : Ulm, Ratisboime, Passau, Linz, Vienne, Presbourg, Comnrn. Buda-Pesth, Belgrade, Widin, Rustchuk, Sdistrie, Braïla et Galatz. Dans sa partie supérieure, il traverse des pays allemands. Les Madgvars occupent la portion centrale de son bassin el les Roumans son bassin inférieur. — LégisL " Le traité de Paris, du 30 mars IS-iii, avait institué deux commissions internationales, l'une, chargée de faire exécuter les travaux de dégagement des bouches du Danube, l'autre ayant mission de préparer les règlements de navigation pour le cours inférieur de ce tleuve, depuis Galatz jusqu'à la mer. Une convention conclue le 2 novembre 186d, puis approuvée le 28 mars 1866 par les représentants des puissances signataires du traité de Paris, a été publiée en France par un décret du 7 avril suivant. Pour l'exécution des travaux nécessaires, des emprunts garantis par les puissances ont été contractés par la commission, pour une somme de près de quatre millions de francs, et le .remboursement s'en effectue au moyen d'une taxe de navigation. Ces travaux, qui ont été appliqués en grande partie à la bouche de la Sulina, ont eu pour résultat de diminuer des deux tiers le nombre des naufrages que l'on
prussien de la famille Hohenzollcrn. Le passage des Portes de fer est entre les mains de l'Autriche, et les forteresses qui avaient été élevées à partir de ce point sur les bords du fleuve ont dû être rasées. Malgré la diversité des races qui occupent les deux rives de cette voie européenne, depuis Linz jusqu'à la nier Noire (Austro-Germains, Hongrois, Serbes, Bulgares, Roumains et Russes), l'élément allemand qui possède à peine le tiers du fleuve doit arriver un jour, par la force, à en con- «luérir le surplus, malgré l'opposition de la Russie et de tousles peuples slaves. » (Ch. Y.)
DANUBIEN, lENNE adj. Qui appartient au Danube, qui est du Danube : paysan danubien.
— Phincipal'tés danubiennes, nom que le traité de Paris donna à la Valachie et à la .Molilavii>, réunies en unseul gouvernement. UcpuislStil, les principautés danubiennes portent le nom de Roumanie.
DANVERS, ville du Massachusetts (Etats- Unis ), à 30 kil. N. - N.-E. de Boston; 8,181 hab.
BANVILLE. I. Ville de Pennsylvanie, à 250 kil. .\.-0. de Philadelphie: 10.400 h.
— n. Ville de la Viiginie.a 213 kil. O.-S.-O. deRichniond; 10,3(11; h. dont i, 000 noirs.
— III. Ville du Kentucky, à i:i0 kil. S.-E. de Louisville; 3,000 Lab., dont I,2o0 noirs.
DAPH
— IV. Ville de l'Ulinois, à 195 kil. S. de Chicago ;H,491 hab.
DAOULAS (-làss), ch.-l. de cant., arr. el à 2(1 kil. E. de Brest (Finistère): 760 hab. Ruines d'une abbaye célèbre fondée au vi« siècle, et réédifiée au xv«.
•DAPHNÉs. m. [da-fné] (gr. daphnf, laurier). Bût. Genre de Ihymélées, comprenant
Daphné mézéréOQ (Daphne mczereum).
une cinquantaine d'espèces de plantes ornementales, répandues dans les réijions les plus tempérées de l'Europe et de l'Asie. On cultive quelques-unes de ces espèces à cause de la beauté et du parfum de leurs fleurs; parmi ; celles-ci nous citerons le doj3/wéO(/orani(dap/ine I odora); d'autres, comme le daphné laiiréole daphne laureola), possèdent un feuillage d'un vert très vif. Le daphné lauréole ou lauréole mâle est un arbuste donlles tiges servent à l'aire les chapeaux dits de paille blanche. Le d i/jhné inézérëon {daphne mezereum), appelé aussi bois gentil, est recherché à cause de la précocité et de l'odeur suave de ses belles fleurs blanches ou pourpres.
DAPHNE (mythol. gr.}, nymphe des bois ou des eaux. La veision la plus connue de son histoire, raconte qu'Apollon, amoureux d'elle, la poursuivait de ses obsessions : presque forcée de céder à ses vœux, Daphné supplia sa mère Gè (la Terre) de la protéger : celle-ci s'ouvrit, la reçut dans son sein et laissa, comme compensation, un laurier entre les bras d'Apollon, qui voulut dès lors que cet arbre lui fût consacré.
DAPHNE, ancien nom d'un village près d'.Antioche en Syrie; il contenait une grande quantité de lauriers et de cyprès el un magnilii[ue temple consacré à Apollon, construit par Anthiochus Epiphanes, et dont les murs étaient couverts de nombreuses peintures licencieuses. Il fut brûlé sous l'empereur Julien.
DAPHNEPHORIES s. f. pi. (gr. daphné, laurier). Réjouissances célébrées autrefois en Grèce, tous les neul ans, en l'honneur d'Apollon.
DAPHNIS [da-fniss], fils d'une nymphe sicilienne et de Mercure ; reçut du dieu Pan des leçons de flûte, et inventa, croit-on, la poésie bucolique. Favori des Muses, il le fut aussi de Diane. Sa mort est racontée de diverses façons. Selon les uns, il fut changé en rocher, selon d'autres, il se précipita dans la mer, apiès avoir eu les yeux arrachés par une nymphe à laquelle il avait été inlidèle.
DAPHNIS ET CHLOÉ, roman pastoral grec attribué a Longus. C'est le récit, plein d'une gracieuse naïveté, des amours d'un jeune berger etd'unejeunebergèie.Amyot traduisit une partie de l'ouvrage, qui existait seule alors, car le manuscrit complet n'a été que bien plus tard découvert à Florence par P.-L. Courier,