‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 239 sur 568 · GRAND DENIER, UN BON DENIER DE QUELQUE CHOSE · texte numérisé non relu

GRAND DENIER, UN BON DENIER DE QUELQUE CHOSE

tirer un grand profit, recevoir une grande somme d'argent de quelque alTaire. Cette phrase est peu usitée. Fam. J'y mettrais bien MON denier, se dit en parlant d'une chose dont on ferait volontiers l'acquisition, si elle était ù vendre. — Prov. et fig. Vendre quelqu'un a BEAUX deniers COMPTANTS, le trahir par intérêt. On dit dans un sens moins odieux : il le vendrait A BEAUX DENIERS COMPTANTS, il est beaucoup plus fiii,plusrusé que lui. — Partie d'une somme, d'un capital quelconque, d'un revenu, etc., qui est prélevée au profit de quelqu'un : payer à l'Etat le riuinziéme denier de son revenu, ou simplement, le quinzième denier. Ce sens vieillit : on dit aujourd'hui ; le quinzième. — Intérêt d'une somme principale : placer son ARGENT AU DENIER VINGT, Ic donner à rente pour l'intérêt annuel d'un vingtième, c'est-à-dire, à .T j). 100. Ce sens a vieilli : on n'emploie guère maintenant que la locution, à cinq pour cent.

— Le DENIER DE l'ordonnance, LE DENIER DU ROI,

se disait autrefois du taux auquel il était permis par l'ordonnance du roi de mettre son argent à rente, ou auquel s'estimaient les intérêts qui étaient adjugés. On dit maintenant,/»; taux légal. — Vendre une chose au denier vingt, au denier trente, etc., la vendre pour un prix établi d'après la supposition que le revenu ou le produit annuel de cette chose e.st le vingtième, le trentième, etc., de.'sa valeur. On dit, dans un sens analogue : estimer au denier trente. — Part qu'on a dans une affaire, dans un traité, à proportion de laquelle on partage le gain ou la perte, et qui est ordinairement le douzième d'un vingtième : il avait un denier (un deux-cent-quarantiémc), deux deniers (un cent-vingtième) dans telle ferme. Ce sens a également vieilli. — Monnayage. Denier de poids, ou absolument, denier, la sept cent quatre-vingt-cinquième partie du kilogramme, ou vingt-quatre grains : il y a vingt-quatre deniers dans une once. — Denier de fin ou de loi, le degré de pureté de l'argent : connaître le denier de fin d'un lingot. Se dit plus exactement de chacune des partiesde fin contenues dans une quantité d'argent quelconque que l'on suppose partagée en douze parties égales: et alors on l'emploie souvent absolument ; l'argent pur s'appelle de l'argan à douze deniers; s'il y a une douzième partie d'alliage, il s'appelle de l'argent à onze deniers; on évalue la bonté de l'argent par deniers, et celle de l'or par carats. — Législ. « Le mot deniers est employé dans la loi pour signifier une somme d'argent. Les deniers comptants d'une succession comprennent l'argent monnayé et les billets de banque ayant cours, trouvés au moment du décès et constatés dans l'inventaire. Lorsqu'une saisie-exécution est pratiquée, le procès-verbal doit non seulement constater la somme des deniers comptants, mais il doit indiquer le nombredo chaque espèce de monnaies ou billets (C. pr. .t90). Les deniers publics, c'est-à-dire ceux qui appartiennent à l'Etat ou à une administration publique, sont confiés à des agents spéciaux. (Vuy. Comptable.) Nous avons déjà parlé, au mot Arrhes, du denier à Dieu en usage, soit comme preuve d'une location verbale, soit comme gratification. Il existait, au xvii" et au xviii" siècles, d'autres deniers à Dieu qui étaient imposés, au profit des hôpitaux généraux, à tout récipiendaire ad.mis à la maîtrise, dans les corps de métiers. »

(Gh. y.)

* DÉNIER V. a. Nier. (lat. denegare). Principalonient usité en Jurispr. : dénier un fait, une dette; il avait Jait plusieurs aveux, plus tard il a tout dénié. — Refuser quelque chose que la bienséance, l'honnêteté, l'équité, la justice ne

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veut pas qu'on refuse : le père ne peut dénier les aliments à son fils. Ce sens est peu usité.

•DÉNIGRANT, TE adj. Qui dénigre ims dames sont bien dénigrantes. — Qui exprime le dénicrement ; un langage dénigrant.

' DÉNIGREMENT s. m. Action de dénigrer: terme de dénigrement.

' DÉNIGRER V. a. (lat. dcnigrare, noircir). Tenir un langace qui tend à atténuer, à détruire la bonne opinion que les autres ont de quelqu'un, à dépriser la qualité, la valeur de quelque chose : il ne pa7-la de cet homme que pour le dénigrer; dénigrer les ouvrages de quelqu'un. — V* Se dénigrer v. pr. Dire du mal de soi-même. — v. récip. Dire du mal les uns des autres.

DÉNIGREUR, EUSE s. m. Celui, celle qui déniffre.

DENINA (Giacomo-Maria-Carlo) [dé-ni-na], historien italien, néen 1 ^31 à Revel i Piémont), mort à Paris en 1SI3. 11 était prêtre et professeur à Turin, lorsque en 1782 il fut appelé à l'Académie des sciences de Berlin par Frédéric le Grand. En 1804, Napoléon le nomma bibliothécaire impérial à Paris. On a de lui Rivohizioni délia Germania (8 vol.) ; mais l'ouvrase qui a fait sa réputation est Isloria délie rivoluzioni d'italia (1769-'70, 3 vol.).

DENIS (port, hiniz), roi de Portugal, né en 1261, mort le 7 janvier 132.5. Il était lils d'Alphonse m, auquel il succéda en 1279. En 1 "283, il épousa Elisabeth d'Aragon, canonisée plus tard sous le nom de sainte Elisabeth. Il lit de grandes réformes dans sou royaume, fonda l'université de Lisbonne (aujourd'hui à Coïmbre) et mérita le nom de Fére de la patrie. DENIS ou Denys (gr. Diomisios], nom de deux t}-rans de Syracuse. — I. (l'AEcien), né en 431 ou 430 av'. J.-C, mort en 367. 11 servit avec distinction dans la guerre contre les Carthaginois, et réussit, en accusant faussement ses collègues, à se faire nommer seul gouverneur de Syracuse (403). 'S'oulant se rendre maître de sa patrie, il laissa les ennemis conquérir toute la partie S.-O. de la côte et s'avancer jusqu'à Syracuse, qu'ils assiégèrent. 11 se fit reconnaître par eux comme chef de cette ville et des pays environnants, mais ne put obtenir d'exercer sa domination sur toute l'île. Il profita de la paix pour établir solidement sa tyrannie, et construisit une citadelle imprenable, dans l'île d'Ortygie. En six années, Svracuse recouvra sa force, et Denis fit de grands préparatifs pour rentrer en possession des villes qu'il avait perdues. Il remporta d'abord de grands succès, mais sa flotte fut défaite par les Carthaginois qui mirent le siège devant Syracuse (39o). Leur armée ayant été presque entièrement détruite par la peste, ceux qui survécurent obtinrent de Denis la permission de se retirerlibremcnt. Plusieurs conspirations se formèrent contre le^ tyran, mais elles ne réussirent pas, et Denis s'etforça par tous les moyens de justifier le renom de cruauté qu'on lui avait fait; il fit construire la terrible prison des lautumiœ, creusée dans Ir roc, et une autre où, grâce àdeselletsd'acous tique habilement ménagés, il pouvait de sa chambre entendre la conversation des prisonniers Après s'être uni aux Loctriens contre le Bruttium, il conquit Bhegium er. 387, et établit des colonies le long de l'Adriatique pour avoir un chemin jusqu'à la Grèce. .Maître incontesté du sud de l'Italie, il envoya une armée en Epire et reçut des Gaulois, qui avaient brûlé Rome, des offres amicales. Il s'adoucit vers la fin de son règne, qui dura 38 ans; à sa mort, il laissa une armée nombreuse et bien aguerrie, et sa f.uissance bien consolidée. Quoiqu'il gouvernât comme un tvran, il avait respecté lès vieilles coutumes rép'ublicaines.Tyran, non par méchanceté mais par frayeur, il couchait dans une chambre où

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on ne parvenait que par un pont-levis, so faisait brûler la barbe par ses filles, de peur ([ue son barbier ne lui coupât la tête, et ne recevait en sa présence aucune personne sans que ses gardes l'eussent fouillée. — II. (Le Jeune), fils et successeur du précédent. Il se hâta, aussiti5lsonavènement(367),de conclure la paix avec les Carthaginois, abandonna les projets qu'avait son père de fonder des établissements à l'étranger, puis il se livra à la luxure et à la débauche. Son beau-frère Dion, banni par lui, envahit la Sicile (3o7), à la tête d'une troupe d'exilés et le détrôna. Denis se réfui-'ia à Locres, qu'il tyrannisa jusqu'en 346, année où il revint à Syi'acuse. En 343 il en fut chassé par Timoléon, et se retira à Corinthe, où il passa le reste de ses jours dans la plus crapuleuse débauche. Réduit à la dernière misère, il fut forcé pour vivre de se faire maître d'école. — On raconte que, dans sa jeunesse, il outragea une jeune dame de Sy^ racuse; son père, lui en faisant reproche, lui demanda s'il avait jamais entendu dire qu'il se firt ainsi comporté, lorsqu'il avait sou âge. « C'est que vous n'étiez pas fils de roi » répondit-il. — «Et toi, prophétisa le vieux tyran, tu n'en seras jamais le père. «

DENIS LE PETIT, Dionysius Exiguus, moine du vi° siècle, abbé à Rome, créateur présumé de l'ère chrétienne. Avant lui, on comptait a partir du jour de la mort du Christ ; ce fut lui qui le premier fixa l'année de l'incarnation qu'il faisait coïncider avec la l'6i<' année romaine. A partir du viii" siècle, on adopta définitivement son système. Ce fut encore lui qui fit la première collection régulière de lois ecclésiastiques de l'Eglise d'Occident.

DENIS D'HALICARNASSE, historien grec, né vers 70, mort vers l'an 7 av J.-C. Il se fixa à Rome et peu avant sa mort publia ses Antiquités romaines contenant l'histoire de Rome jusqu'à l'ère des guerres Puniques. Il ne nous en re^te que dix livres.

DENIS D'ALEXANDRIE Saintl, évêque de l'Eglise, mort en 275. Il était de famille pa'ienne noble et riche, se convertit au christianisme, prit des leçons sous Origène, et vers 232 fut nommé directeur de l'école de théologie d'.Klexandrie. Il succéda à Héraclas, comme évêque vers 247. Ses écrits, surtout sur la controverse, étaient nombreux, mais il ne [nous en reste que fort peu. Fête, le 17 novembre.

DENIS L'ARÉOPAGITE (Saint), l'un des juges de l'Aréopage d'Athènes. Converti par les prédications de saint Paul, vers .ïO ap. J.-C, il fut, croit-on, le premier évêque d'Athènes. On ne connaît rien de précis sur son histoire, mais on lui attribue quatre traités de théologie qui sont d'une époque postérieure.

DENIS (Saint), premier évêque de Paris, décapité en 272. Il vint, croit-on, de Rome comme missionnaire et se fixa à Lutèce. Arrêté par le gouverneur Pescenninus, il fut avec ses compacnons Rustique et Eleulhère, conduit sur le mont des Martyrs (Montmartre), où il fut décapité. D'après la légende, les trois saints, aussitôt martyrisés, prirent leur tête entre leurs mains, descendirent de Montmartre et se rendirent jusqu'à Cadulianum. où on les enterra au lieu même où s'élève aujourd'hui l'église de Saint-Denis. Fête, le 9 octobre.

DENIS (Saint-\ Dionysiopolis, ch.-l. d'arr. à 9 kil. N. di- Paris (Seine), à 3 kil. des fortifications, sur la Seine ; par 480^6' M" lat. N. à la flèche de réL'liscetO'^1'21- lung.E;pu|i.:..4.i32 habit. Sur le lieu où s'arrêta, près du village de Caduluwnm, le niarlvr Denis, une chapelle s'éleva ; Dagobert y fit bâtir, vers 630, une magnilique ét-'l ise, ft dota royalement l'abbaye qui ne tarda pas à devenir l'une des plus riches de France. L'église reçut en 636 les restes du saint sous l'invocation duquel elle était placée, ainsi

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que l'abbaye. Charles Martel y fut enterré ; Pépin V fut sacré par le pape Etienne 11 et fil construire une nouvelle basilique plus vaste et plus belle que celle de Dagobert. Charles le Chauve fortifia la ville qui s'était formée autour de l'abbaye. Les premiers Capétiens choisirent la crvpte de l'église pour leur lieu de sépulture et adoptèrent comme leur propre étendard l'oriflamme de l'abbaye qui était rouge et découpée en trois pointes, dont chacune s^ terminait par une houppe de soie verte. Louis IX fit transférer dans l'église les corps de ceux de ses prédécesseurs qui n'y avaient pas été déposés. Le 1" aoiit 1793, la Convention décréta la destruction des tombes royales. Son décret fut exécuté le 12 oct., c'est-à-dire cent ans jour pour jour après la violation des tombes impériales de Spire, ordonnée par Louis XIV. Les ossements trouvés dans les caveaux furent jetés dans une fosse remplie de chaux; tout ce qui avait quelque valeur fut enlevé ; le plomb des tombes royales servit à faire desballes. La ville deSaint-Denischangea son nom pour celui de Franciade et son église fut tour à tour « temple de la Raison », dépôt de salpêtre, boutique de saltimbanques, magasin de sel et marché aux bestiaux. Par un décret du 20 février 1806, Bonaparte ordonna de la restaurer pour servir de lieu de sépulture aux empereurs des Français. Le duc de Berri et Louis XVm y furent enterrés. Telle qu'elle est restaurée, elle ofi're un des plus magnifiques spécimens de l'art gothique. En vertu d'un décret du 18 nov. 1858, l'empereur Napoléon m décida que la dynastie impériale aurait son caveau funèbre à Saint-Denis. — La ville de Saint-Denis, protégée par les forts de la Briche, de la Double-Couronne, d'Au» bervilliers et de l'Est, fut attaquée le 21 janvier 1871 par de puissantes batteries allemandes. Le bombardement, qui dura jusqu'au jour de l'armistice, détruisit une partie des maisons et réduisit plusieurs forts au silence. La ville fut ensuite occupée parles Allemands. Elle s'est rapidement relevée de ce désastre; sa population s'accroît chaque jour, grâce au développement de son commerce et de son industrie. Elle possède de nombreuses fabriques d'impression sur étoffes, de cordes, de plomb laminé, de gélatine, d'amidon, de bougies, de chandelles, de salpêtre, de soude, de cuirs, de cordages, de produits chimiques, etc. Foire importante du Landit. — Bataille de Saint-Denis, bataille livrée dans la plaine de Saint-Denis, le 19 mars 1.S63, entre 3.000 calvinistes commandés par Condé et 20.000 catholiques sous les ordres du connétable Anne de Montmorency. Les catholiques couchèrent sur le champ de bataille ; mais ils perdirent Montmorency et furent forcés de rentrer dans Paris le lendemain du combat.

— Porte Saint-Denis, arc de triomphe érigé par la ville de Pari.s, en 1672, à la gloire du roi Louis XIV. — Canal de Saint-Denis. (Vov. C.\nal). - Maison nationale de Saint-Denis, école créée à Saint-Denis le '29 mars 1810 pour les filles des membres de la Légion d'honneur.

- - Chapitre de Saint-Denis, corps de chanoines institur en 1S06 pour remplacer les bénédictins préposés à la garde des tombeau.\ des souverains. Il se compose d'évêques âgés de plus de 60 ans et d'un certain nombre do prêtres.

DENIS (Saint-), ville maritime et cap. de l'ilc a.! la Réunion, au N. de cette île, à 107 kil. de Saint-Pierre, par 29° .SI' lat. S. et D.i" 10' long. E. ; 32,835 hab. Evêché. cour d'appel. Rade ouverte à tous les vents, mais qui est la meilleure de l'île, parce que, seule, elle peut recevoir des navires de tout loiiiiage. Le port estle princifial entrepôt cuniinercial de la Réunion. — Déiiisaliou, droit. (V. S.)

DENISE fMont\ montagne volcanique du Velav iHaule-Lo'ire) ; 890 m.

DENÎZLI, ville de l'Asie Mineure, à 200 kil.

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DENO

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5.-E. de Smynie ; cuviroii 25,000 h. Fab.de •uir? et de nuu'iiqiiiii.

DENISOT 0» Dénysot (Nicolas), poùte, né lu Mans en loi;i, inurl à Paris eu l.-i.'i'J, Il ;ssaya inutilement d'acercditerles vers blancs it mesurés. 11 a laissé : Cantiques et Noéls (Le Jans, lb45). — Dernier, sculpteur. (V, S.^

DENNEWITZ, village du Rrandeliourg Prusse;, a :i kil. S.-O. de Juterbock-Lucken- (fâUe. Le 6 sept. 1SI3, Bernadotle, à la tête l'une armée de Prussiens et de Suédois, remlorla à Deniiewitz une sanglante victoire sur me armée de 60,000 Français, commandés lar le maréchal Ney. Les t'rançais laissèrent ur le champ de bataille 13,000 hommes, des li^les et des canons.

DENNIS, ville de l'état de Ma.ssachusetls Etals-l'nis), sur le cap Cod, à l"2.ï kil. S.-E. le Boston; -4,000 hab.

* DÉNOMBREMENT s. m. Compte de per- ;onnes. iNc se dit yuére qu'en parlalit d'Un lonibre considérable : tous les citui ans on fui- Mit à Rome le dénombrement des citoyens. — Se dit quelquefois en parlant des choses : le lénomhrement des vaisseaux qui composaient :ette flotte. — Log. Dènombreme.nt imparf.mt. Faute de raisonnement qui consiste à tirer une ■onelusion générale de plusieurs cas examinés, H parmi lesquels on a justement oublié ceux pii rendent la conclusion fausse. — Autref. IJéclaration détaillée qu'un vassal donnait à îon seigneur de tout ce qu'il tenait de lui en Rel : donner un aveu et dénombrement d'une '.erre.

' DÉNOMBRER v. a. Faire un dénombrement : 0)1 (i dénombré tous les habitants de '■ette paroisse. Est maintenant peu usité. — »v Se dénombrer v. pr. Etre dénombré.

* DÉNOMINATEUR s. m. Anthm. Des deux nombres qui expriment une fraction, celui qui s'écrit au-dessous de l'autre, et qui marque en combien de parties on suppose l'unité divisée : dans la fraction 3/4, 4 est le dénominateur.

' DÉNOMINATIF, IVE adj. Qui sert à nomrilor : terme di nominatif.

•DÉNOMINATION s. f. Désignation d'une personne ou d'une chose par un nom qui en exprime ordinairement l'état , l'espèce , la qualité, etc. : donnera quelqu'un mie dénomination flétrissante. — »v Arilhni. Réduire des FRACTIONS A MÊME DÉNOMINATION, leur donner le même d('noininateur.

* DÉNOMMER v. a. Prat. Nommer une personne dans un acte : il faut dénommer toutes les parties dans un contrat. — Dans le langage général. Désigner par un nom : te botanistes ont dénommé tes plantes.

DENON (Dominique-Vivant, baron), archéologue, né a Châloiis-sur-Saône en 1747, mort en IS"i.T. Sous les régnes de Louis XV et de Louis XVI, il fut plusieurs fois ambassadeur et publia un ouvrage sur l'Italie. Il accompagna Bonaparte en Egypte en qualité de savant et d'artiste, écrivit le Voyage dans la haute et la basse Egypte {^SOi), et fut un des principaux rédacteurs de la Description de l'Egypte, publiée sous la direction de l'Institut égyptien. Bonaparte le nomma inspecteur général des musées de France. Ses Monuments des arts, parus après sa mort (1829), ont été terminés par Amaury Duval.

* DÉNONCER v. a. (lat. denwnej'are). Déclarer, publier : dénoncer la guerre; dénoncer la pi de l'armistice, d'un traité^ ou elliptiquement, dénoncer l'armistice, un traité. — Dénoncer UN EXCOMMUNIÉ, DÉNONCER QUELQU'UN

l'ouR ExcoiiMUMiÉ, déclarer publiquement, selon les formes ecclésiastiques, que telle personne a encouru la peine de l'excommunication.— Déférer, signaler à la justice, à l'autorilc, à un supérieui' : dénoncer un coupable,

un crime. — Jurispv. Faire connaître extrajudiciairement quelque chose à quelqu'un : dénoncer une opposition, une saisii'. — »v Se dénoncer V. pr. Dénoncer soi : te coupable se dénonça de lui même. — Etre dénoncé : laguerre s'est dénoncée.

• DÉNONCIATEUR, TRICE s. Celui, celle qui dénonce, qui accuse : il voulict connaître ses dénonciateurs.

• DÉNONCIATION s. f. Déclaration, publication : dénonciation de guerre. — Dénonci.uton d'un armistice, d'un traité, dénonciation de la fin d'un armistice, d'un traité. — Délation, accusation : signer U7ie dénonciation. — Jurisp. Toute signification extrajudiei;iire : dénonciation ries tiers. — Dénonciation ue nouvel œuvre, action possessoire par laquelle on s'oppose à la continuation d'une entreprise dont on a lieu de craindre quelque préjudice, comme une construction, un agrandissement, etc. — Législ. « En droit civil, le mot dénonciation a plusieurs acceptions. L'usufruitier et le fermier sont tenus de dénoncer au propriétaire les usurpations coininises sur les biens dont ils jouissent (C. civ. 614. 176S). La dénonciation est aussi la signilication faite à un tiers d'une procédure dans laquelle il n'est pas partie. Ainsi toute saisie-arrêt doit être dénoncée au débiteur saisi, dans le délai de huitaine avec assignation en validité; et, dans un autre délai de huitaine, cette demande en validité doit être elle-même dénoncée au tiers saisi (C. pr. .^62 et s.). En matière criminelle, la dénonciation se distingue de la plainte, en ce que celle-ci e>t faite par la partie lésée et dans son propre intérêt ; tandis que la dénonciation a lieu dans un intérêt public. La dénonciation d'un crime ou d'un délit doit être faite au procureur de la Bépublique, non seulement par les fonctionnaires qui en ont eu connaissance ilans l'exercice de leurs fonctions, mais aussi par toute personne qui a été témoin d'un attentat, soit contre la sûreté publique, soit contre la vie ou la propriété d'autrui. Les dénonciations doivent être biites par écrit; elles sont rédigées et signées par les dénonciateurs ou par leurs fondés de procuration spéciale (C. inst. crim. 29 et s.). L'héritier majeur qui, instruit du meurtre du défunt, ne l'a pas dénonce à la justice, est indigne de succéder et exclu de la succession; mais ce défaut de dénonciation ne peut être opposé aux ascendants et descendants du meurtrier, à son conjoint, à ses frères et sœurs, oncles et tantes, neveux et nièces et à ses alliés aux mêmes degrés. L'héritier est également indigne de succéder, s'il a fait une dénonciation calomnieuse contre le défunt, en portant contre lui une accusation capitale (C. civ. 727, 728). La dénoncialion d'un crime ou d'un délit ne suffit par pour que le procureur de la République décerne un mandat d'amener contre un individu ayant domicile (C. Inst. crim. 40). Le procureur général reçoit les dénonciations qui lui sont adressées; il en tient registre et les transmet au procureur de la République (id. 27o). Les dénonciateurs peuvent être entendus en témoignage devant la cour d'assises; mais le jury est averti de leur qualité de dénonciateurs; ceux dont la dénonciation est récompensée pécuniairement parla loi ne peuvent déposer s'il y a opposition (id. 322, 323). L'accusé acquitté peut obtenir des dommages-intérêts contre ses dénonciateurs, pour fait de calomnie; et le procureur général est tenu, sur la réquisition de l'accusé, de les lui taire connaître. Ces demandes en dommages-intérêts sont portées à la cour d'assises, à moins que l'accusé D'ait connu ses dénonciateurs qu'après la clôture de la session (id. 3.')S, 3.59). Enfin, la dénonciation calomnieuse, lorsqu'elle est faite par écrit aux officiers de justice administrative ou judiciaire, ou de police, est considérée comme un délit, et les auteurs sont punis

d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 100 à 3,000 fr. (C. pén. 373). (Voy. Diffamation.) » (Ch. Y.).

* DÉNOTATION s. f. Désignation d'une chose

par certains sign(^s (vieux).

* DÉNOTER v. a. Désigner : il est si bien dénoté, cqu'on le reconnaît aisément. — Marquer, indiquer : cela dénote un naturel pervers.

* DÉNOUEMENT ou Dénoiiment s. m. Action de dénouer. — Fig. Ce qui termine une pièce de théâtre, en démêlant le nœud de l'action : amener le dénoûment. — Le dénoument d'une affaire, d'une intrigue, la manière dont une .illaire, une intrigue se termine.

* DÉNOUER V. a. Défaire ce qui forme un nœud, ce qui est noué, ou ce qui est retenu par un nœud : dénouer un ruban. — Fig. Rendre plus souple, plus agile : les exercices dénouent le corps, les membres. — Fig. et fam. DÉNOUER LA LANouE. faire rompre le silence à quelqu'un qui voulait le gariler : il faisait le discret, mais l'appât du gain lui a dénoué la langue. — Fig. Démêler, développer; se dit

I principalement en parlant du nœud, de l'ihtrigue d'une pièce de théâtre : ce poète a bien dénoué l'intrigue de sa pièce. — Se dénouer V. pr. Etre dénoué : votre ceinture se dénoue.

— Avoir son développement : l'intrigue de cette pièce se dénoue fort bien. — Sa langue s'est dénouée a la fin, il s'est décidé à jsarler.

— Dénouer soi, devenir plus souple : cet enfant était lourd, mais il commence éi se dénouer.

— Cet enfant se dénoue, il commence a se dénouer, les parties de son corps qui étaient nouées commencent à se dégager, à prendre la forme, l'étendue et le jeu qu'elles doivent avoir.

DÉNOUEUR, EUSE s. Celui, celle qui dénoue :

De tout temps, les époux, grands dénoueurs de trames, Ont mangé les soupers des amants de leurs femmes.

A. DE MCSSET.

' DENRÉE S. f. (lat. denariata, valeur d'un denier). Tout ce qui se vend pour la nourriture des hommesou des animaux : cette denrée commençait à manquer. — Toute espèce de marchandise : c'est une bonne denrée, une mauvaise denrée. Se dit tant d'une marchandise b(jnne ou mauvaise, que d'une marchandise de bon ou de mauvais débit. — C'est une CHÈRE DENRÉE, sc dit de toute chose qui est mise à très haut ou à trop haut prix. — Il vend BIEN SA DENRÉE, se dit en général de quiconque sait tirer un 4ion prix de ce qu'il vend; el, lig., de celui qui sait bien se faire valoir.

* DENSE adj. (lat. detisus). Epais, compact, dont les parties sont serrées : corps dense. — Phys. S'emploie comparativement pour exprimer les divers degrés de densité des corps : l'eau est plus dense que l'air. — w Nombreux, contenant beaucoup d'objets ou de personnes dans un espace relativement restreint : la population de la Belgique est très dense.

DENSIMÈTRE s. m. Synon. d' Aréomètre. — Appareil employé pour déterminer la densité de certaines substances pulvérulentes : densimètre de Bianchi.

' DENSITÉ s. f. (lat. densitas). Phy.s. Rapprochement plus ou moins intime des.parlicUles matérielles dont se compose chaque corps d'un volume sensible : la densité des corps est proportionnelle à leur poids sous un volume donné. — w Qualité de ce qtli est dense ; densité d'une population.

' DENT s. m. [dan] (lat. dens). Chacun des petits os recouverts d'une espèce d'émail, qui sont enchâssés dans la mâchoire, et qui servent à inciser, à déchirer, à mâcher les aliments et à mordre.

Tes délits, ces perles que j'adore.

DoRiT, les Baisers.

On appelle dents les organes qui, chez les ver-

DENT

lébrés, servent à saisir et à mâcher la nourriture et qui sont placés à l'enlrée ou près de ; ouverture du can;il alimentaire. Le nombre lies dents augmente à mesure que l'on descend l'échelle animale; il est beaucoup plus jcraud chez les cétacés et les marsupiaux que chez les autres mammifères; et il est tjfalcment considérable chez plusieurs poissons et chez plusieurs reptiles. La partie de la fient qui est en dehors des alvéoles se nomme couronne; la portion cachée est la racine. Kntre ces deux parties se trouve une constricîion plus ou moins marquée (collet). Les aenls des vertébrés ont pour base de leur composition du phosphate de chaux mélangé avec du carbonate de chaux et une certaine portion de ûuorure de calcium : ce dernier se îrouvant surtout dans l'émail. Une dont se compose de trois tissus bien distincts : 1° la acntinc ou ivoire, partie principale, d'un blanc jaunâtre, très dure, homogène, creusée d'une inlinité de canaux microscopiques appelés canalicules. La dentine se compose d'environ 7'2 p. 100 de matière calcaire et de 28 p. 100 de matière organique. Les canalicules qui la pénètrent mesurent, en diamètre, de 2 à 4 millièmes de millimètre; ils partent d'une cavité centrale pleine d'une matière molle et spongieuse que l'on appelle pulpe. Cette pulpe est la seule partie de la dent qui soit pourvue de vaisseaux et de nerfs, i" le cément, ou crusta petrosa, couche mince de tissu osseux qui enveloppe la denline dans toute la partie de la dent qui forme la racine et fait adhérer fortement celle-ci à l'alvéole. 3° ïémail, qui enveloppe toute la surface de la couronne. 11 est le plus dur des trois tissus et contient souvent plus de 93 p. '100 de matière calcaire. Chez l'homme, les dents sont au nombie de 32, savoir : 8 incisives (4 sur le devant de la mâchoire supérieure et 4 â la mâchoire inférieure); 4 canines (2 à gauche et 2 à droite des précédentes, sur chaque mâchoire); 8 prémolaires ("2 à gauche et 2 ù droite de chaque mâchoire); 12 molaires (3 à chaque extrémité des mâchoires). (Voy. Dentition.) Les principales maladies des dents sont la carie el Vodoulal'j''-- — Une rage de dents, une violente douleur de dents. — Dents de l.mt, premières dents qui viennent aux enfanls : les dents de lait commencent à tomber vers l'âge de sept ou huil ans. On le dit aussi en parlant des animaux. — Dents de sagesse, les quatre dernières dents molaires, qui viennent ordinairement entre vingt et trente ans. — Fausses DENTS, dents artilicielles qu'on met à la place de celles qui manquent. — Beaucoup d'eneants uEur.ENT aux dents, beaucoup d'enfants meurent dans le temps de leur dentition. — N'avoir PAS DE QUOI mettre SOUS SA DENT, SOUS LA

DENT, n'avoir rien à manger, n'avoir pas de quoi vivre. — Manger de toutes ses dents, manger vite et beaucoup. — Mordre a belles dents, mordre avec force. — Déchirer quel- Qu'cN A BELLES DENTS, médirc outraj-'cusement de quelqu'un. — Parler entre ses dents, ne pas parler assez haut ni assez distinctement pour être bien entendu. — Prendre le mors AUX dents, se dit d'un cheval dont la bouche est tellement échaull'ée, qu'elle devient absolument insensible et qu'il s'emporte, sans que le cavalier ou le cocuer puisse le retenir. le mors n'opérant pas plus d'elfet sur les barres que si le cheval le tenait serré entre les dents. — Prendre le mors aux dents, se dit d'un homme qui n'écoutant plus les avis, les remontrances de ceux qui le dirigeaient, se livre tout entier à ses passions. Se dit aussi d'une personne qui se met en colère, qui s'emporte subitement. Se dit encore d'une personne qui, ayant été quelque temps dans l'indolence, dans l'inaction, change tout à coup et se livre au travail avec ardeur. — Montrer les dents a quelqu'un, lui faire voir qu'on ne le craint point, et qu'on est en état de se bien défendre. — Parler des crosses

DENT

dents a quelqu'un, le réprimander, lui parler avec menaces. — Etre sur les dents, se dit des hommes et des animaux harassés cl abattus de lassitude. — Mettre sur les dents, exténuer de fatigue, harasser. — Avoir la MORT ENTRE LES DENTS, être foit vieux OU fort malade, n'avoir pas longtemps à vivre. — Rire du dout des dents, ne rire que du dout des dents, s'etl'orcer de rire, quoiqu'on n'en ait nulle envie. — Manger du bout des dents, manger comme à contre-cœur. — Donner un COUP de dent .^ quelqu'un, médire de lui, ou dire quelque moi qui l'oifense, qui le pique. On dit, dans uii sens analogue, tomber sous la

DENT DE QUELQOEJH. — PrOV. QuAND ON LUI DE- MANDE QUELQUE ChUSE, IL SEMBLE Ju'oN LUI AR- RACHE UNE DESî. ss ait d'une personne qui ne donne qu'avec nenio. - Ne pas desserrer les DENTS, se taire oi)stinément, ne pas dire un seul mot dans une occasion ae parler : on n'a pu lui faire desseiTcr les dents, on n'a pu l'obliger à parler, à rompre le silence. — Il lui

VIENT DU BIEN LORSQU'IL N'a PLUS DE DENTS, SC

dit de quelqu'un à qui il vient du bien sur la fin de ses jours. On dit aussi donner des noisettes A CEUX QUI n'ont PLUS DE DENTS, donnera quelqu'un des choses dont il n'est plus en état deseservir. — Avoir lesdents longues, bien longues, être affamé après avoir été longtemps sans manger. — (Î'est vouloir prendre la lune avec les dents, on prendrait plutôt la lune avec les dents, se dit en parlant d'une chose qu'il est impossible de faire. — Avoir UNE DENT CONTRE QUELQU'UN, avoiT de l'animosité contre lui. Avoir une dent de lait conthe quelqu'un, lui garder une dent de lait, lui vouloir du mal depuis longtemps, avoir quelque ancienne raucune contre lui. — Mentir

COMME UN ARRACHEUR DE DENTS, être foct aCCOU-

tumé à mentir. — Il n'en ïatera, il n'en cassera, IL n'en choquera que d'une dent, il en aura peu; il n'en aura point; il n'obtiendra pas ce qu'il désire. — Ne pas perdre un coup DE DENT, manger avidement, sans se reposer, sans se laisser distraire par la convei'sation.

— Fig. Je n'en perdrai pas un coup de dent, je ne me mets point en peine de quelque chose de fâcheux, el ne cesserai pas d'agir comme a l'ordinaire. — Il n'y en a pas pour sa dent creuse, se dit de quelqu'un de grand appétit à qui on présente peu de chose à manger. — Il est armé jusqu'aux dents, se dit d'un honime qui est armé plus qu'on n'a coutume de l'être. — Etre savant jusqu'aux DENTS, être très savant. — Une vieille sans DENTS, une vieille femme décrépite. — Il y a

longtemps qu'il n'a plus mal aux DENTS, QU'iL

EST guéri du mal DE DENTS, 11 est mopt depuis longtemps. — Malgré lui, malgré ses dents, en dépit de lui et de toute sa résistance. — (EiL POUR ŒIL, dent POUR DENT, SB dit en parlant de la peine du talion, qui consiste à iraiter un coupable de la môme manière qu'il a traité ou voulu traiter les autres. — Dents d'éléphant, les défenses de l'éléphant, soit entières, soit en morceaux. — Se dit par anal., en parlant de plusieurs choses qui ont des pointes faites à peu près en forme de dents : les dents d'un peigne, d'une scie, d'une herse, d'un râteau, d'une lime, d'une roue d'horloge, d'un feston, etc. — Bot. Les dénis d'une feuille, d'une stipule, etc. — Brèche faite au tranchant d'une lame : ce couteaune vaut rien, il a des dents. — Broderie, découpure a dents de loup, broderie, découpure qui forme une suite d'angles aigus. — Dent-de-loup, espèce de cheville de fer qui sert à arrêter la soupente d'une voiture. Petit instrument qui sert à polir le parchemin, à lisser le papier, etc.

— Dent-de-lion. (Voy. Pissenlit.)

■ DENTAIRE adj. Anat. Qui appartient, qui a rap[)ort aux dents : nerfs dentaires.

' DENTAIRE s. f. Bot. Genre de crucifères tribu des arabidées, ainsi nommées parce que leurs racines ont la forme des dents mo-

DENT

laires. L'espèce la plus commune, la dentaire bulbifère [dentaria bidbifcra), porte des bulbilles dans l'aisselle de ses feuilles.

* DENTAL, ALE adj. Gramm. Se dit de certaines consonnes qu'on ne peut prononcer sans que la langue touche les dents : D, î'. etc., sont des lettres dentales. — s. f . les gutturales, les dentales et les labiales.

DENTALE s. f. Genre de mollusques gastéropodes comprenant environ 17a espèces vivantes ou fossiles, dont la coquille tubuleuse, symétrique, ouverte aux deux extrémités, présente la l'orme d'une dent d'éléphant. Cette

\ . Coquille du dentalium entalis. — 2. Coquille grossie et brisée- montrant r.iiiimal contracté. — o. Animal, au moment ou il sort de sa coquille. — 4. Aspect abdominal, de l'animal grossi. — 5. Animal grossi et fendu, pour montrer les parties intérieures. — 6. Animal grossi, aspect dorsal .

coquille est habitée par un animal qui vit dans presque toutes les mers et dans les sables humides. On en a décrit environ .'50 espèces vivantes et 125 espèces fossiles. L'espèce la plus répandue dans l'Atlantique (Dentalium entalis, Linn.), mesure 7 millim. de diamètre.

DENTATUS (Manius ou Marcus Curius), consul romain du m" siècle av. J.-C. Il défit les Samnites en 290, pendant son premier consulat, et en 27o,pendant son second consulat, il remporta deux grandes victoires sur Pyrrhus. Lors de son troisième consulat, en 274, il vaintpat les Samnites, les Lucaniens et les Brutliens. En 272, il fut nommé censeur.

* DENTÉ, ÉE adj. Qui a des dents. Se dit des roues et autres machines munies de pointes qu'on nomme dents. — Bot. Se dit des feuilles, des calices, des pétales dont le bord est découpé en pointes serrées les unes contre les autres. — ^ Feuille dentée en scie, feuille dont les dents sont dirigées, inclinées vers le som-met : les feuilles du pêcher, sont dentées en scie.

' DENTÉE s. f. Vén. Coup de dent. Se dit des coup.-, de dents qu'un lévrier donne à une bête que l'on chasse. — Se dit aussi des coups que le san^'lier donne avec ses défenses.

* DENTELAIRE s. f. Bot. Genre de plombaginées, ainsi nommé parce qu'une des espèces qu'il renferme [plumbago europxa), l'herbe au cancer ou malherbe, était employée autrefois pour soulager le mal de dents.

" DENTELÉ, ÉE part, passé de denteler. — Adj. Qui a des ])ointes en forme de dents, ou qui offre des dentelures : le bord de sa robe était dentelé. — Bot. Ne diffère de denté qu'en ce que les feiiilles, les calices et les pétales dentelés ont leurs découpures moins égales et plus écartées que ceux qui sont dentés : ta feuille de l'orme est dentelée. — Anat. m. Le grand dentelé, les petits dentelés, muscles du tronc dont un des bords se trouve dentelé.

DENTELER v. a. Faire des entailles en forme de dents.

* DENTELLE s. f. [dan-tè-le] (rad. dent). Sorte de passement à jour et à mailles très fines, ainsi nommé parce que les premières qu'on fit étaient dentelées : detitellc de fil, de soie, d'argent. — Se dit plus ordinairemeul de la dentelle de fil : dentelle à brides, à résean:r; une blanchisseuse de dentelle. — Plur. Certains objets de parure faits de dentelle :

DENT

une vieille lante lui légua ses diamants H ses dentelles. — Zool. Dentelle de mer, nom do plusieurs polypiers. — Dentelle de Vénl's, nom vulgaire d'un très joli polypier réticulé. — "v* Argot. Avoir de la dentelle, avoir des billots de banque. — Encycl. La dentelle est un tissu à jour qui se comp ise de points formés par le croisement de (ils de colon, de lin, de soie, d'or ou d'argent, de façon à produire une sorte de broderie. On appelle point cliacune des figures régulières dont les contours s nt formés par le fil. Le point le plus simple est un triangle. Il y a aussi des points en croix, en carré, en pentagone, etc. La dentelle se fait à la main sur un petit métier ovale ou circulaire nommé carreau. Sur ce métier, l'ouvrière étend une bande de fort papier ou de parchemin portant le dessin à suivre; elle pique, sur le papier ou le parchemin, des épingles ijui doivent servir d'atlache ou d'appui au fil et qui indiquent les angles de la figure à imiter. Elle compte les épingles qu'elle a employées et sait par leur nombre combien il lui iaul de fuseaux; elle attache le fil de chaqu' luseau à l'une des épingles; lorsque celles-ci sont chargées, elle croise les fils et les tord en taisant le point. Le point de Bruxelles, le plus beau et le plus recherché de tiiutfS les dentelles, est fait à plusieurs mains : une ouvrière lait le fond, une seconde la tleur, etc. Les fleurs de la dentelle de Bruxelles sont toujours entourées d'un cordonnet fin et régulier. Les dentelles de Matines, plus durables mais moins parfaites, se reconnaissent à un fil plat qui borde les Ueurs. Les valencicnnes se composent de fils croisés et bouclés, ce qui leur donne une grande solidité. Le point i'Alençon, de Caen ou de Venise, difl'ère des précédents, qui portent le nom général de dentelle flamande, en ce que le fond et la bordure sont faits à l'aiguille. Le point d'Angleterre n'est qu'une servile et imparfaite imitation du point de Bruxelles. Les Italiens et les Flamands se disputent Ihonneur d'avoir inventé la dentelle; il est probable que ce tissu était fabriqué par les uns aussi bien que par les autres dès le xv« siècle. Les dentelles de Milan, de Venise et de Gênes jouissaient alors d'une réputation universelle. Au siècle suivant, celles des Flandres devinrent une source de richesse pour les pays où elles étaient fabriquées. Le point de Bruxelles, particulièrement, et la broderie de Matines, rivalisèrent avec les meilleurs produits de l'Italie. A l'exception d'Alençon , tous les pays du nord de l'Europe, la France, l'Allemagne et l'Angleterre, apprirent dos Flamands l'art de fabriquer la dentelle. En 1666, Colbert créa cette industrie à Alençon, où il fit venir 30 dentellières vénitiennes. Le point d'Alençon, d'abord connu sous le nom de point de France, mérita le surnom de reine des dentelles. — La dentelle se compose de deux partics : li> fond et le dessin ou guipure. Dans quelques cas le dessin ne se trouve pas sur un fond ; les dilTérentes parties en sont réunies par des fils. La fleur et tout autre dessin ornemental peuvent être faits en même temps que le fond (comme dans la valenciennes et la matines) ou séparément et alors on les coud sur le fond [appliqué). On donne le nom de guipure, à une dentelle sans fond, dont les dessins sont reliés par des mailles. — La fabrication de la dentelle occupe 1 iO,000 femmes en Belgique. L'industrie de la valenciennes est aujourd'hui concentrée à Ypres, Bruges, Courtrai, Menin, Gand et Alost. Les produits d'Ypres sont les plus beaux et les plus recherchés. Grammont, Enghien et Binche sont également des centres importants de fabrication. La blonde ou dentelle de soie est fabriquée dans chacune des provinces du royaume. — En France, nous avons la dentelle d'Alençon, dont il a déjà été parlé et qui est faite à l'aiguille, celles de Caen et de Bayeu.v (particulièrement des dentelles noires);

DENT

celle de Lille, renommée pour la beauté du fond; la dentelle solide et à bon marché de Baillei I, employée surtout à faire des garnitures. Nous avons aussi la dentelle d'Auvergne, doct le centre de fabrication est Le Puy et que l'on ccmsidèrc comme la plus ancienne de France, l'industrie dentellière auvergnate n'occupe pas moins de 130,000 ouvrières; elle produit fi peu près toute espèce do dentelle. — Métiers a. dentellc. On fabrique aujourd'hui au métier les dentelles appelées tulle et cela avec une telle perfection qu'il est souvent difficile, même pour les gens les plus experts, d'établir la moindre différence entre les dentelles ainsi obtenues et celles qui ont été faites à la main. Cette industrie est répandue en Angleterre et en France; dans le [iremier de ces pays, le centre de production est Nottingham ; chez nous c'est Calais. Les premières tenl,alivcs pour appliquer les machines à ce genre de travail lurent faites à Nottingham en I7!iS; mais on n'y réussit pas avant l'invention de la machine d'Heathcoat, en 1809. Heathcoat rencontra une telle opposition chez ses compatriotes de Nottingham, qu'il dut s'enfuir à Devonshire, et sa machine ne fut admise qu'après 1823, dans sa ville natale, où elle est aujourd'hui très employée. Depuis cette époque, on a créé une grande variété de machines. En '18SI, M. Malhère construisit un métier destiné à imiter les véritables dentelles. Comme mécanisme, ce métier est une véritable merveille : il met en mouvement de 1,800 à 2,000 fuseaux, eu même temps qu'il place et déplace 200 a 300 épingles. L'idée fondamentale de ce métier repose sur le système du métier Jacquard. Jlais la complication de ses divers organes a jusqu'à présent empêché de produire un travail économique, le fonctionnement régulier de l'appareil ne pernxîttanl pas encore de marcher à grande vitesse. La dentelle ainsi confectionnée est bien de la vraie dentelle, mais ce n'est qu'une imitation grossière du travail l'ait à la main. — Bibliogr. Voy. Seguin, la Dentelle, son histoire, etc., 1874; Burv Palliser, //(s(on/ oflace (2oéd. 1809); W. Feiking, History of Machine wrought Uosicry and lace manufacture (1867).

DENTELLERIE s. f. Fabrication, commerce de dentelle.

DENTELLIER, 1ÈRE s. [dan-tè-lié]. Ouvrier, ouvrière (jui fait de la dentelle. — Adjectiv. industrie dentellière.

' DENTELURE s. f. Ouvrage de sculpture fait en forme de dents, ou dentelé. — Découpure faite en forme de drnts à q;uelque chose que ce soit, ou qui rcssenible a ces découpures : faire des dentelures à un morceau de cuir, à une bande .'j linge. Anat. Les dentelures d'un muscle, d'un ligament. Bot. Les dentelures d'une feuille, etc.

DENTE SUPERBO [din-té-su-pèr-bo] loc.

lat. qui signifie : d'une dent dédaigneuse. (Horace, tiv." II, sat. vi, v. 87.)

DENTICULE s. f. Hist. nat. Dent très petite.

•DENTICULES s. m. pi. Archit. Moulure plate refendue dans le sens de la hauteur, de manière à former, dans toute sa longueur, une suite de dents : les denticules se placent ordinairement dans ta corniche ionique et dans la corniche corinthienne.

- DENTIER s. m. Rang de dents : cet homme a un beau dentier. En ce sons, il est familier et peu usité. — Chir. Plaque de métal ou d'ivoire sur laquelle sont montées les dents qu'on ajuste a la place de celles qui manquent.

• DENTIFRICE s. m. [dan-ti-fri-se] (lat. dens, dent; fricare, frotter.) Remède propre à nettoyer et à blanchir les dents : les dentifrices sont secs, ou liquides, ou en pâte. - Adjectiv. : poudre dentifrice. — Le dentifrice le plus simple se compose d'eau additionnée d'un peu

DENT

d'alcool ou d'eau de Cologne. On s'en sert pour se nettoyer les dents, à l'aide d'une petite brosse molle que l'on promène de bas en haut pour le râtelier inférieur, et dans le le sens contraire pour le râtelier supérieur. On peut aussi faire usage du dentifrice suivant : mélangez par parties égales du sucre et du borax réduits en poudre.

DENTINE s. f. Anat. Partie de la dent à laquelle on donne aussi le nom d'ivoire. (Voy. Dent.)

DENTIROSTRE adj. [dan-ti-ro-stre] (lat.

dens, dcnlis, dent; rostrum, bec.) Ornith. Qui a le bec denté dans sa longueur ou échancré au bout. — s. m. pi. Groupe de passereaux comprenant les genres qui présentent le caractère susindiqué.

* DENTISTE s. m. Chirurgien qui ne s'occupe que (le ce qui concerne les dents : un habile dentiste. — ■ Adject. Chirurgien dentiste.

DENTISTERIE s. f. (angl. dcnlistry; du lat. dens, dent). Art dentaire. La dentisterie, qui a été pendant longtemps un art exclusivement américain, commence à s'introduire chez nous, grâce à l'école dentaire, créée à Paris rue Richer. Déjà les médecins dentistes remplacent presque partout les arracheurs de dents. La dentisterie comprend le traitemeiut chirurgical des dents, ainsi que la fabrication et la pose des dents artificielles. Cet art, (pii a fait bien peu de progrès, date de la plus haute antiquité. On a trouvé, dans lestomln-s des anciens Egyptiens, des dents artificielles d'ivoire et de bois, dont quelques-unes sont fixées sur des lames d'or. Les poètes grecs et latins font souvent allusion aux dents artificielles. — Los moyens de prévenir les maladies auxquelles les dents sont sujettes consistent, d'abord, à assister la nature lors de la seconde dentition, afin de donner aux dents un arrangement bien régulier, et ensuite à les entretenir et à lesneltoyersoigneusement. Lorsqu'une dent vient à se gâter, on a recours ordinairement à l'arrachage, qui s'opère au moyen de divers instruments appelés clefs, lirtoirs, daviers,, leviers, cic. Miis les médecins dentistes n'ont plus recours à ce procédé qu'à la dernière extrémité. Aujourd'hui, dès qu'une dent commence à être cariée, on enlève la carie au moven d'une lime ; si cette carie s'étend jusqu à la partie osseuse, on l'enlève et on emplit la cavité avec une matière convenable, ordinairement avec de l'or : c'est ce que l'on appelle improprement plomber une dent. On faitquelquefois des plombages temporaires avec de la gutta-percha. Un mélange de chlorure et d'oxyde de zinc, appelé oxychlorure de zinc ou os artificiel, est également fort employé pour les plombages temporaires, ainsi que pour emplir les cavités de la pulpe. On recouvre de cette substance les nerfs qui viennent à être exposés à l'air, et on met pfir dessus un plombage d'or. — On fabriqua d'abord des dents artificielles avec de l'ivoire ou avec des dents d'animaux ; d'autres fois on greffait la couronne d'une dent humaine sur une racine restée dans son alvéole et convenablement préparée. Aujourd'hui on n'emploie plus guère que des dents de porcelaine pour la pose artificielle, parce que cette substance résiste mieux que toute autre à l'action corrosive des fluides de la bouche, et qu'elleimite aussi exactement que possible les dents naturelles par sa couleur et son apparence. Dès l'an 400 av. J.-G. on attachait les dents artificielles a leurs voisines naturelles, au moyen de fils de chanvre, de soie, d'or ou d'argent ; on eut ensuite recours à des agrafes métalliques; mais aujourd'hui elles sont retenues dans la bouche par la pression atmosphérique sur la lame qui leur sert de monture. Divers matériaux ont été employés comme montures ; l'or a longtemps été considéré comme préférable à toute autre -iibs-

DENT

DEPA

tance ; on fait aujourd'hui un grand usage du caoutchouc vulcanisé ; mais on lui préfère le celluloïde. — Voici quelques chiffres curieux établis par le congrès des dentistes américains Tui s'est tenu à New-York en 1881. Le nombre des dentistes, aux Etats-Unis, est d'environ 12,000. Dans le courant de l'année 1879, ils ont posé trois miliions de dents artificielles. A lui seul, le plombage consomme pour cinq cent mille dollars d'or par an, et pour cent mille dollars d'argent et de platine. Les Américains avant l'habitude d'ensevelir les morts avec leurs mâchoires artificielles et leurs dents plombées on a calculé que l'on enterre annuellement pour environ un demi-million de dollars d'or pur dans les différents cimetières des Etats-Unis.

* DENTITION s. f. (lat. dens, dentis). Méd. Formation, accroissement et sortie naturelle des dents. L'évolution dentaire comprend, chez les enfants, trois phases successives 1» Formation embryonnaire. Elle a lieu du 56'= au 8i)«jour après la naissance; elle est plus rapide à la mâchoire inférieure qu'à la mâchoiie supérieure. Pendant cette partie de l'évolution dentaire, les arcades se creusent d'une sorte de gouttière que remplit un tissu mou, rougeâtre, d'un aspect gélatineux. 2° Première dentition, appelée dentition de lait ou dentition temporaire. Elle se manifeste ordinairement du i' au 8" mois qui suit la naissance. L'éruption commence par les incisives moyennes de la mâchoire inférieure et se continué par les incisives moyennes supérieures, par les incisives latérales inférieures, puis par les supérieures ; les premières prémolaires viennent du 15= au 24" mois; les canines du 20e au 30"= mois ; les secondes prémolaires du 28' au 40'= mois. La première dentition est alors terminée ; elle est de 20 dents seulement. Elle s'accompagne de salivation, de gonflement et de rougeur des gencives, quelquefois de diarrhée et de feux (rougeurs) aux joues. L'enfant porte sans cesse ses doigts àsa bouche et mâchonne avec avidité les objets qu'on y introduit. Chez les enfants gros, forts, très rouges, le travail de la iiremière dentition peut être accompagné A'éclampsie(voy. ce mot); chez d'autres, il y a seulement de l'insomnie et des mouvements convulsifs; chez presque tous on remarque de la diarrhée et des éruptions diverses. Chez les sujets lymphatiques ou herpétiques le travail de la dentition est toujours pénible et lent; on aide la nature en donnant chaque jour un peu d'eau de chaux à l'enfant. S'il survient des convulsions, on applique sur les extrémités, des cataplasmes sinapisés, on administre des lavements, et, dans le cas où il y a de la constipation, on purge légèrement avec de la manne. Aux premiers symplômes d'inflammation intestinale, on a recours à la diète, aux fomentations, aux cataplasmes sur 1; ventre, aux bains, aux lavements et aux boissons adoucissantes. On ne doit pas combattre les diarrhées légères. Tant que dure la dentition, il faut donner à mâcher aux enfants une racine de guimauve, leur frotter les gencives avec du miel rosat et leur faire prendre quelques bains tièdes. .3° Deuxièmk dentition. Elle commence, vers l'âge de 5 à 6 ans, par la sortie de quatre grosses molaires qui ne tombent point. De 7 à 8 ans, les incisives moyennes inférieures de la première dentition tombent pour faire place à des dents incisives moyenne iiifiTieures dites de remplacement; ensuite tombent successivement et sont remplacées les incisives moyennes supérieures de 7 à 9 ans; les incisives latérales, de 8 à 10; les premières petites molaires, de 9 à H ; les canin-s, de 10 à 12; les deuxièmes petites molaires, de 11 à 13; les deuxièmes grosses molaires, de 12 à 14 ; entre l'âge de 18 et de 30 ans a lieu l'éruption des dernières grosses molaii'^s ou dents de sagesse.

DSKTO LABIAL. ALE adj. et subst. Se dit

des lettres, comme f, v, qui se forment par l'imposition di:s dents sur la lèvre inférieure.

* DENTURE s. f. Ordre dans lequel les dents sont rangées : denture artificielle. — Horl. et Mécan. Nombre de dents qu'ondonne à chaque roue : la grande roue règle la denture des autres.

' DÉNUDATION s. f. Chir. Etal d'une partie mise à nu ou dépouillée de ses enveloppes naturelles : la dénudation est assez ordinaire dans les fractures.

* DÉNUDER (lat. denudare)\. a. Chir. Opérer la dénudation d'une partie, la dépouiller de ses enveloppes naturelles. — Par ext. Dépouiller un arbre de son écorce, un terrain de laçouche de végétation qui le recouvre. — Se dénuder V. pr. Etre dénudé : un os, un arbre qui se dénude.

' DÉNUÉ, ÉE part, passé de dénuer. — Adj. Dépourvu : drnné de toutes sortes de secours.

DENNELLE (Dominique-Alexandre), peintre décorateur, né à Paris en 1818, mort en décembre 1879 ; élève de Paul Delarocbe et de Duban ; fut attaché en 1844 à la commission des monuments historiques et prit une grande part à la restauration de nos anciens édifices.

* DÉNUEMENT ou Dénùment s. m. Dépouillement, privatKjn : il est dans un grand dénùment de toutes choses, ou simpl., dans un grand dénùment.

* DÉNUER V. a. (lat. denudare). Priver, dépouiller des choses nécessaires, ou regardées comme nécessaires : la fortune l'a dénué de tout. — Se dénuer v. pr. Dénuer soi : il s'est dénué de tout pour ses enfants.

DEN'VER, capitale et ville principale de l'étal de Colorado (Etats-Unis), sur la rivière Platte. à 25 kil. E. de la base des montagnes Hocheuses, à 1,624 m. d'altit. au-dessus du niveau de la mer; par 39° 44' lat. N. et 107» long. 0.; 106,713 hab.

D£NYS. Voy. Denis.

DEO GRATIAS [dé-o-gra-si-ass]. Loc. lat.

qui signifie -. grâces soient rendues à Dieu. Elle revient souvent dans les prières liturgiques et se répète à la fin de la messe, après la dernière bénédiction du prêtre. On emploie familièrement les mots Deo gratias pous faire entendre qu'on est content d'une chose.

DEO IGNOTO [dé-o-i-ghno-to]. Loc. lat. qui signifie : au dieu inconnu.

DÉOLS ou Bourg-Déols, Dolum, Dolensis vinis, commune du canl. et à 2 kil. N.-E. de Cbâieauroux (Indre), sur la rive gauche de l'Indre; 2.665 hab. Fut jadis capitale du bas Beiry et dut son importance à une abbaye de Saint-Benoit, dont la belle église a été conservée en partie.

DÉON (Chevalier). 'Voy. Éon.

DE OMNI RE SCIBILI [dé-om-ni-ré-si-bi-li]. Loc. lat. qui fut la devise de Pic de la Mirandole et qui signifie : de toute chose qu'on peut savoir. On ajoute presque toujoursà cette locution : et quibusdam aliis (et même de plusieurs autres). Mais cette addition est l'œuvre de quelque plaisant.

DÉONTOLOGIE s. f. (gr. to deon, ce qui est propre). Nom donné par .leremy Beiilliam à la science de la morale, à la connaissaure de ce qui est juste. La déontologie est un élément rie la philosophie utililaire. CVoy. Benlham : DeontoUigy (1h:)4).

DÉPAILLAGE s m. Action de dépailler.

DÉPAILLER V. a. Dégarnir de paille.

* DÉPAQUETER v. a. Défaire, développer un paquet, ce qui forme un paquet : dépaqueter il' s hariles.

DEPARCIEUX (Antoine), savant, né dans le diocè.se d'IJzcs en 1703, mort à Paris en 1768.

DliPA

Son Traité de trigonométrie rectiligne et sphêrique (1741) et différents mémoires adressés à l'Académie des sciences, le firent admettre dans cette société en 1746. Il publia l'année même de sa réception, son fameux Essai sur les probabilités de la durée de la vie humaine, dans lequel il dressa des tables de mortalité qui ont servi de base aux calculs des compagnies d'assurance établies en France.

* DÉPAREILLER v. a. De deux choses pareilles en ôler une, et ne point la remplacer, ou la remplacer par une autre qui n'a pas la forme ou la couleur convenable. Se dit également d'un plus grand nombre de choses pareilles, dont on ôte une ou plusieurs : dépareiller une douzaine de mouchoirs; son bel équipage est dépareillé; c'est un exemplaire dépareillé.

' DÉPARER V. a. Oter ce qui pare. Ce sens n'est guère usité qu'en parlant des parements extraordinaires d'un autel : le service achevé, on dépara l'autel. — Fig. Déparer la marchandise, choisir le dessus d'un panier de fruits ou d'autres denrées, prendre ce qu'il y a de plus beau. — Rendre moins agréable, nuire au bon effet de quelque chose : ce pavillon dépare toute la maison. — Fig. S'emploie dans le môme sens : ces taches légères ne peuvent déparer un ouvrage qui renferme tant de beautés.

* DÉPARIER V. a. Oter l'une des deux choses qui font une paire: déparier des gants, des souliers, des bas, des bracelets. — Séparer l'un de l'autre le mâle et la femelle de certains animaux : déparier des pigeons.

* DÉPARLER V. n. Cesser de parler. Ne s'emploie guère qu'avec la négation ; il ne déparle point.

DÉPARPAILLÉ adj. [Il mil]. Pop. Débraillé. DÉPARQUER v. a. Faire sortir les moutons d'un parc.

* DÉPART s. m. (rad. partir). Action de partir : le jour du départ; retarder son départ. — Etre sur son départ, être près de partir, — Chim. Opération par laquelle on sépare deux substances métalliques qui étaient unies, mêlées ensemble; et particulièrement, séparation de l'or d'avec l'argeut par l'acide nitrique ou par l'acide sulfuri([ue : faire le départ, eau de départ. — Départ (Chant du); (Voy. Chant du départ).

' DÉPARTAGER v. a. Jurispr. Lever, faire cesser le partage qui résulte, dans une délibération, de ceque deux avis opposés ont obtenu un égal nombre de voix, de suffrages : on a nommé un troisième, un cinquième arbitre pour départager les voix.

' DÉPARTEMENT s. m. (rad. départir). Distribution, répartition. Il était fort usité autrefois, dans ce sens, en matière d'administration : faire le département des intendants des jjrotjmces.— S'est dit aussi des lieux qui étaient départis et distribués entre les divers intendants, et surtoutdes provinces ou circonscriptions maritimes : le département de Brest. — Se dit encore des différentes parties des affaires d'Etat, distribuées entre les ministres et dont la connaissance leur est attribuée : le département de la guerre. On disait de même autrefois : cette province est dans le département de tel secrétaire d'Etat. — Fam., Cela est ou n'est pas de son département, dans son département, se dit de ce qui est ou n'est pas dans les attributions de quelqu'un, de ce qui est ou n'est pas de sa compétence. — Division administrative du t.'rritoire français : la France était divisée autrefois en provinces, elle l'est aujourd'hui en départements. — Absol. au plur. désigne la province par opposition à la capitale : à Paris et dans les départements. — Législ. « Le déparlement est une circonscriplinii à la fois politique, administrative et judiciaire. La division du territoire français

DÉPA

sn départements, décidée par l'Assemblée nationale en 1789, a été opérée en 1790; elle a fait disparaître les anciennes provinces qui étaient autant de nations diverses, régies par des lois ditlërentes sous un même pouvernemenl. Il veut d'abord 83 départements; puis, par suite de dédoublements et sui'tout des conquêtes de la Répulili(iao et de l'Enqiire, ce. nombre s'éleva à 130 en 1811; mais il fut réduit à Sfi, après les événements de 1814 et de 1815. L'annexion de la Savoie et du comté de JNice, en 1860, ajouta trois départements au territoire français; trois autres en ont été retranchés à la suite de la pueri-e de 1870. En conséquence, la France est aujourd'hui divisée ?n 8G départements, non compris le territoire de Bi'Ifort qui forme un arrondissement distinct, non compris également les colonies françaises et les trois départements qui, en Algérie, ont remplacé les provinces, en vertu de l'arrêté présidentiel du 9 décembre 1848. — Chaque département est a Irainistré, aux termes de la loi du 28 pluviôse an VIII, par

un PRÉFET, un CONSEIL DE PRÉFECTURE et UU

CONSEIL généhal. (Voy. ces mots.) Le département est une personne civile, capable d'acquérir, d'aliéner, etc.; il a la propriété et il est chargé de l'entretien des routes départementales, des bâtiments aflectés aux cours d'assises, aux tribunaux de première instance et aux divers services départementaux. Le conseil général règle la gestion de ces propriétés (L. 10 août 1871, art. 46); il arrête provisoirement le budget départemental elle compte d'administration rendu par le préfet; mais ces budget et compte sont réglés par décrets. (Voy. Budget.) Le préfet représente le département en justice, lorsqu'il y est autorisé par le conseil général, ou, en cas d'urgence, par la commission départementale.

Celui qui veut intenter contre un département une action judiciaire, autre qu'une action possessoire, doit, à peine de nullité de la procédure, adresser préalablement au préfet un mémoire faisant connaître l'objet et les motifs de sa demande. L'action ne peut être portée devant les tribunaux que deux mois après la date du récépissé du mémoire. La remise de ce mémoire interrompt la prescription si elle est suivie d'une demande en justice dans le délai de trois mois (id., art. 55). Les contestations relatives à des travaux exécutés pour le compte des départements sont de la compétence des conseils de préfecture (L. 28 pluviôse an VI[[, art. 4). Les emprunts départementaux peuvent être votés par le conseil général,s'ils sonlremboursables dans un délai de quinze ans; mais lorsque le délai de remboursement est plus long, et aussi lorsque les centimes extraordinaires excèdent le maximum fixé par la loi de finances, une loi spéciale est nécessaire (L. 10 août 1871, art. 40, 41). »

(Cn. Y.)

•DÉPARTEMENTAL, ALE, AUX adj. Qui a rapport au défiartement : administration départementale.

DÉPARTEMENTALEMENT adv. Par départements.

DÉPARTEUR s. m. Ouvrierqui fait le départ des métaux.

* DÉPARTI, lE part, passé de départir. — Commissaires départis, on nommait ainsi autrefois les intendants de provinces. (Voy. département.)

* DÉPARTIE s. f. Départ : dure, cruelle, départie (vieux).

' DÉPARTIR V. a (lat. partiri, partager.) Distribuer, partager : il a laissé telle sommepour la départir aux pauvres; la nature avait départi à ce jeune homme les plus belles qualités, l'avait doué des plus belles qualités. — Se départir V. pr. Se désister : il s'est départi de ses prétentions. — Se départir de son devoir, s'éloi-

DEPE

gner, s'écarter de son devoir, manquer à ce qu'on doit. Cette phrase n'est guère employée qu'avec la négation : il ne s'est jamais départi (le son devoir.

* DÉPASSER v. a. Aller plus loin, aller au delà: le vaisseau qui voulait nous attnquernous dépassa. — Fig. S'emploie dans le même sens: dépasser les ordres qu on a reçus. — Devancer, laisser derrière, en allant plus vite : lecourrier qui partit après moi m'eut bientôt dépassé. — Fig. S'emploie dans le même sens : en temps .le révolution, les chefs de partis sont promptement dépassés. — Etre jilus long, plus haut, etc., excéder : ta hauteur de cette maison dépasse de beaucoup celle des maisons voisines. — Retirer un ruban, un cordon ou quelque autre chose semblable qui rtail fiasse dans une boutonnière, dans un œillet, dans une coulisse, etc., dépasser un ruban, un lacet, du cordonnet.

DÉPÂTISSER v. a. (rad. pdté). — Typogr. Mettre en ordre la lettre tombée en pâte, et la distribuer dans les ca.sses. — Trier les caractères mêlés, les interlignes, les filets, les garnitures, etc.

DÉPATROUILLER v. a. Argot. Dégriser.

* DÉPAVAGE s. m. Action de dépaver ; le

dépavage d'une rue.

' DÉPAVER v. a. Arracher, ôter le pavé qui est placé : dans une ville assiégée, on dépave les rues pour amortir l'effet des bombes.

' DÉPAYSÉ, ÉE part, passé de dépayser. — Se trouver dépaysé dans une société, y rencontrer un grand nombre de visages nouveaux, de personnes qu'on ne connaît pas.

DÉPAYSEMENT s. m. Action de dépayser; changement d'habitudes.

* DÉPAYSER v. a. [dé-pè-i-zé]. Conduire, envoyer quelqu'un hors (le son pays; le taire sortir d'un pays, d'un lieu, pour lui en faire habiter un autre : il faut de temps en temps dépayser les troupes, en les changeant de garnison. — Dérouter, désorienter, faire qu'une personne ne sache plus où elle est : le pmuvre homme était si complètement dépaysé, qu'il lui eût été impossible de retrouver son chemin. — Mettre une personne sur un sujet qu'elle connaît peu, sur lequel elle n'est point préparée: il cherchait, par cette question, à me dépayser.

— Eloigner quelqu'un de la chose qu'on traite, lui donner de fausses idées pour empêcher qu'il ne devine ou ne vienne à connaître ce qu'on veut lui cacher : il me fut très facile, par ces fausses confidences, de lui donner le change et de le dépayser. — Se dépayser v. pr. Quitter son pays, ou le pays, le lieu dans lequel on a été longtemps : cette famille s'est dépaysée.

' DÉPÈCEMENT s. m. Action par laquelle on dépèce, on met en pièces : le boucher fit le dépècement de son bœuf.

* DÉPECER v. a. (rad. pièce). Je dépèce. Je dépècerai. Mettre en pièces, couper en morceaux : dépecer de la viande; dépecer un vieux bateau.

— »-». Fig. Démembrer : dépecer un Etat.

DÉPECEURs. m. Celui qui achète les vieux bateaux pour les dépecer.

* DÉPÊCHE s. f. Lettre concernant les affaires publiques : il l'en informa par une dépêche. — Plur. Lettres que les négociants et les banquiers écrivent, à chaque courrier, à leurs correspondants. Fam. On le dit quelquefois de toute espèce de lettres : avez-vous terminé vos dépêches? — Dépêcue télégraphique ou absol., dépèche, information publique ou privée transmise par le télégraphe : envoyer, recevoir une dépêche.

* DÉPÉCHER V. a. Fam. Expédier, faire promplement, hâter : il faut dépécher cette besogne; dépéchez ce que vous avez à faire, ou absol., dépêchez. — Fam. Dépêcher son repas, manger vite. — Prov. Travailler a dépèche compagnon, travailler vite et négligemment, ne

DEPE

chercher qu'à finir, sans se mettre en peine de la perfection de l'ouvrage. On dit aussi, c'est un ouvrage fait a dépêche compagnon.

— Prov. et fig. Se battre a dépêche compagnon, se battre sans quartier. — Expédier quelqu'un, l'envoyer en diligiMice avec des ordres, le reiivoyeravec des expéditions qu'il attend : dépêcher un courrier en Italie. Ab^ul. Envoyer un courrier, l'envoyer en d ligrnce : on a dépéché à Rome. — Fig. et fam. Se défaire de quelqu'un en le tuant, soit dans un combat singulier, soit autrement : il eut bientôt dépéché un des brigands qui l'attaquaient.

— Il en a beaucoup dépêché, se dit d'un mauvais médecin. — Se dépêcher v. pr. Faire diligence, se hâter : il se dépêche le plus qu'il peut ; dépêchez-vous de partir.

DÉPEÇOIRs. m. Outil à dépecer.

"DÉPEINDRE V. a. Décrire et représenter par le discours : il dépeint les choses si vivement, qu'on croit les voir, qu'il semble qu'on les voit.

DÉPELOTONNER v. a. Défaire un peloton.

— Se dépelotonner v. pr. Etre dépelotonné.

* DÉPENAILLÉ, ÉE adj. Déguenillé, couvert de haillons. — Se dit aussi d'une personne mise négligemment, de manière que les ditférentes parties de son habillement ne paraissent pas tenir ensemble. Très familier dans les deux sens. — Fig. et fam. Visage dépenaillé, figure dépenaillée, visage flétri, défait. Fortune dépenaillée, fortune délabrée.

* DÉPENAILLEMENT s. m. Etat d'une personne ou d'une chose dépenaillée. Très familier.

* DÉPENDAMMENT adv. Avec dépendanre, d'une manière dépendante : l'dme agit souvent dépendamment des organes.

' DÉPENDANCE s. f. Sujétion , subordination : être sous la dépendance de quelqu'un.

— Jurispr. féod. Se disait particulièrement, en parlant des terres qui relevaient, qui dépendaient d'une autre terre, d'un seigneur . cette terre était de la dépendance de tel seigneur. — Par ext. Se dit encore des rapports qui lient certaines choses, certains êtres, et qui les rendent nécessaires les uns aux autres : l'étroite dépendance qui unit toute nos facultés. — Se dit aussi, surtout en Juri.spr., de tout accessoire d'une chose principale, de tout ce qui tient ou se rattache à une chose sans la constituer essentiellement; et alors s'emploie ordinairement au plur. : la cour, les écwies, le jardin et toutes tes autres dépendances.

* DÉPENDANT, ANTE adj. Qui dépend, qui est subordonné : c'est un homme entièrement dépendant d'un tel; cet emploi est dépendant du ministère de la guerre. — Jurispr. féod. Qui relève d'un autre : fief dépendant. — Mar. Arriver en dépendant, se dit d'un bâtiment sous voiles qui se dirige vers un objet en courbant graduellement sa route. On dit de même : venir, porter, gouverner en dépendaj»t.

DÉPENDEUR, EUSE s. Celui, celle qui dépend. — DÉPENDEUR o'andouilles. Voy. Andouille.

' DÉPENDRE V. a. Détacher, ôter une chose

de l'endroit où elle était pendue : dépendre un tableau. — Détacher une personne i)endue : la foule dépendit Vhamme attaché au gibet.

* DÉPENDRE V. n. (lat. dependere, être suspendu). Etre assujetti, subordonné à : les enfants dépendent de leurs pères. — Relever : cette châtellenie dépendait de tel marquisat. — Matières bénéficiales. Ce prieuré, cette cure dépend DETELLE ABBAYE, la nomination en appartient au titulaire de telle abbaye. — Fig. Etre soumis à l'action, à l'influence de, ou résulter, provenir, procéder de : cela dépend des circonstances; la bonté du fruit dépend du soleil, de la qualité du terroir, etc. — Dériver,

DEPE

découler : la conclusion dépend des prémisses.

— Etre laissé, abandonné à la volonté, au caprice de quelqu'un : si cela dépendait de moi, je ne balancerais pas nn instant. — Faire partie de quelque chose, y appartenir : ce parc dépend de .«-s/; château.

• DÉPENDRE V. a. (anc. forme de dépenser). Dépenser. iN'esl plus usité que dans ces phrases proverbiales. — Qui bien gagne et bien dépend n'a que faire de bourse pour serrer son argent.

— Je suis A vous a vendre et a dépendre, et plus ordinairement, a pendre et a dépendre, vous pouvez absolument disposer de moi. On dit de même, ami a vendre et a dépendre , ou a pendre

ET A dépendre.

'DÉPENS s. m. pi. [dé-pan] (lat. dispendia). Ce qu'on dépense, toute espèce de frais. Ne s'emploie guère en ce sens que dans la locution : AUX DÉPENS DE QUEL(ju'uN, aux frais de quelqu'un, en employant ou en prenant le bien de queUju'un : s'enrichir aux dépens du public.

— Faire la guerre a ses dépens, faire seul, dans la poursuite d'une affaire, des avances, des frais que d'autres devraient partager; ou faire dans l'exercice d'un emploi plus de dépense qu'on n'en retire de profit. — Gagner ses dépens, se dit d'une personne qui procure par ses services un avantage proportionné à la dépense qu'elle occasionne. — Devenir sage a ses dépens, devenir sage par quelque sévère leçon de l'expérience. On dit de même, .\pprendre une chose a ses dépens. — Se divertir, s'amusër, hire aux dépens de quelqu'un, s'amuser en le tournant en ridicule, en le rendant un objet de moquerie ou de blâme, soit devant lui, soit en son absence.

La moitié des humains rit aux dépens de l'autre.

Dbstoucbes. L'Homme singulier, acte II, se. l. Cléon le rimailleur, l'objet de ma satire, Sans le= tables qu'il pique, hélas I mourrait de faim : Sa bouche parasite, acharnée à médire, ïfe veut Jamais s'ouvrir qu'aux dépens du prochain.

— Aux DÉPENS d'une CHOSE, au détriment, ou par la perte, par le sacrifice de cette chose : s'il est devenu riche, c'est aux dépens de son repos et de sa santé.

Un médecin est aujourd'hui Un homme qui gagne sa vie.

Aux dépens de celle d'autrui.

Le Brdn.

— Procéd. Frais que la poursuite d'un procès occasionne : la partie qui succombe est ordinairement condamnée aux dépens. — Fig. et fam. Etre condamné aux dépens, perdre jusqu'à ses déboursés, dans une entreprise où l'on échoue. — Législ. « 11 est de principe que toute personne qui succombe dans un procès doit être condamnée aux dépens; c'està-dire qu'elle est tenue de payer non seulement les frais des actes judiciaires et extrajudiciaires faits à sa requête, mais en outre ceux des actes faits à la requête de la partie adverse; il est également de principe que le paiement de ces frais a dû être réclamé par la partie gaf-'nante, car le jugement ne peut lien acccorder au delà de la demande. Les dépens comprennent les droits de timbre, greffe et enregistrement, ainsi que les honoraires des officiers ministériels, tels qu'ils sont fixés dans les tarifs réglementaires. Les juges ont la faculté de faire masse des dépens et d'en faire supporter une quotité à chacune des parties en instance; ils peuvent aussi, dans certains cas, compenser les dépens, en laissant à chaque partie la charge des frais qui ont été faits a sa requête. (Voy. Compensation.) En matière sommaire, les dépens sont liquidés par le jugement, et en matière ordinaire par un des membres du tribunal qui a prononcé le jugement. Ils font l'objet d'un exécutoire délivré par le greffier. Il y a distraction des dépens au profil d'un avoué, lorsque celui-ci est autorisé par le jugement à prélever directement ses honoraires sur la somme des dépens que doit rembourser la partie per-

DEPR

dante (G. pr. 130ets., b43 ; Décr. 16 fév. 1807). Les procédures et actes nuls ou frustratoires sont à la (■hari.'e des officiers ministériels qui les ont faits |C. pr. 1031). En matière criminelle, correctionnelle ou de police', la partie condamnée est tenue de payer les frais avancés par le Trésor et par la partie civile (C.inst. crim. 162, 194, 368), elle paiement peut en être poursuivi par la voie de la contrainte par corps (C. péii. 32, 469; L. 22 juillet 1867). Dans les affaires contentieuses jugées par le Conseil d'Etat, les dépens sont liquidés et taxés par un maître des requêtes, sauf révision par le ministre de la justice(Décr. 22 juillet 1806, art. 43) n. (Ch. Y.)

* DÉPENSE s. f. [dé-pan-se] (lat. dispendium). Argent qu'on emploie à quelque chose que ce puisse être : cet homme fait une grande dépense. — Faihe la dépense, être chargé du détail de ce qui se dépense dans un ménage, dans une maison. Faire de la dépense, faire beaucoup de déiiense. Se mettre en dépense, faire une dépense qui n'est pas ordinaire. Dépense sourde, dépense secrète, qui ne parait point. — Forcer la dépense, les dépenses, augmenter la dépense, ou la donner comme plus grande qu'elle n'est. — Se dit aussi des articles d'un compte où se trouve porté en détail ce qui a été dépensé, déboursé par celui qui rend compte : porter une somme, nn article en dépense. — Fig. Emploi d'une chose quelconque, surtout lorsque cet emploi manque d'à-propos ou d'utilité : il a fait inulikmtnt une grande dépense d'esprit, d'érudition; ce sens est ordinairement familier. — Dans un château, dans une maison royale ou dans une communauté, lieu où l'on reçoit et où l'on distribue les objets en nature, où se fait le payementdesjournalierset desfournisseurs, la recette des fermages, des rentes, etc. — Dans les maisons particulières, lieu où l'on serre des provisions et différents objets à l'usage de la table : serrez cela dans la dépense. — S'est dit aussi, dans les vaisseaux, du lieu où l'on distribue les vivres, et qu'on nomme aujourd'hui cambuse.

•DÉPENSER V. a. (lat. dispendere). Employer de l'argent à quelque chose •.ildépense son bien mal à propos. — Absol. Il aime à dépenser; il dépense follement en chevaux. — Fig. et fam. Emjiloyer, prodiguer, consumer : il a dépensé en pure perte beaucoup de paroles et beaucoup d'esprit. — »* Pop. Dépenser sa salive, parler inutilement.

* DÉPENSIER, 1ÈRE adj. Qui aime excessivement la dépense, qui dépense excessivement : un homme fort dépensier; une femme très dépensière. — Substantiv. C'est un grand dépensier, une grande dépensière. — Absol. Dans quelques communautés religieuses, celui qui est chargé du soin de la dépense de toute la communauté : cela regarde le dépensier. — Le dépensier d'un vaisseau, celui qui distribue les vivres. Celte dénomination a vieilli : on dit aujourd'hui, cambusier.

" DÉPERDITION s. f. (lat. deperdere, perdre). Didacl. Perle, diminution, déchet : le malade a été en sueur toute la nuit, il a éprouvé une grande déperdition de forets. — Chim. il y a m déperdition de substance pendant l'opération ; il y a déperdition.

- DÉPÉRIR V. n. (lat. deperire). Diminuer, s'affaiblir -.cet enfant dépérit à vued'œil. — Se détériorer, se délabrer, être près de tomber en ruine ; les effets de la succession dépérissent ; voilà une maison qui dépérit, faute d'être entretenue. — Fig. Ces créances dépérissent, ces créances deviennent plus difficiles à recouvrer. — Jurispr. crim. Les preuves dépérissent par LA longueur du TEMPS, avcc le temps les preuves deviennent plus laibles, parce que les témoins meurent.

* DÉPÉRISSEMENT s. m. Etal de ce qui dépéril ou est dépéri : le dépérissement de «a

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santé ; toutes ces maisons sont dans un grana dépérissement, faute de soin. — Jurisp. Le dépérissement des preuves, l'altération ou la perle de ce qui peut servir à constater un fait.

DEPERTHES ( Jean-Louis-Hubert-Simon ), historien, né à Reims en 1730, mort à Montfaucon en 1792. Son Histoire des naufrages (Paris, 1790, 3 vol. in-8") a servi de modèle aux différents ouvrages du même genre que l'on a publiés depuis lors.

■* DÉPÊTRER V. a. (bas lat. pastorium, entrave). Débarrasser, dégager. Ne se dit, au propre, qu'en parlant des pieds, quand ils sont embarrassés: dépêtrer un cheval qui s'est embarrassé dans ses traits. — Fig. Je parviin à le dépêtrer de ce fol engagement. — Se dépêtrer V. pr. Dépêtrer soi : se dépêtrer d'un bourbier.

* DÉPEUPLEMENTS, m. Action de dépeupler

un pays, ou état d'un pays dépeuplé : les guerres continuelles causent le dépeuplement des Etals ; le dépeuplement de l'Asie Mineure est l'effet du gouvernement despotique des Turcs. — Destruction du poisson, du gibier : le dépeuplcment d'un étang, d'un cardon de chasse.

' DÉPEUPLER V. a. Dégarnir d'habitants une ville, un pays, etc., en diminuer extrêmement le nombre : la guerre et la peste ont dépeuplé cette province. — Par ext. Dégarnir un lieu de la plus grande partie des animaux qui s'y trouvaient : dépeupler une garenne, un colombier, un étang. — Dépeupler une forêt, UNE pépinière, en tirer une trop grande quantité d'arbres ou de plants. — Se dépeupler V. pr. Perdre ses habitants, être dégarni d'animaux : une ville qui se dépeuple; cette garenne commence à se dépeupler.

DÉPIAUTER V. a. Enlever la peau, dépouiller.

* DÉPIÉCERv. a. Démembrer. 'Voy. Dépecer.

* DÉPILATIF, IVE adj. Qui fait tomber le poil, les cheveux : onguent dépilalif; pommade

dépilative.

' DÉPILATION s. f. Action de dépiler, ou

résultai de cette action.

* DÉPILATOIRE s. m. Drogue qui fait tomber

le pdil : appliquer un dépilatoire.

DÉPILER V. a. (lat. depilare). Faire tomlicr les poils, les cheveux : cette maladie a dépilé le poitrail de son cheval. — * Se dépiler, perdre son poil, en parlant d'un animal : cet animal se dépile. Il se disait autrefois dans le même sens qu'ÉPiLER.

* DÉPIQUAGE s. m. Sorte déballage, action de faire sortir le grain de son épi, en plaçant des gerbes dans une aire où des chevaux, des mulets les foulent aux pieds.

* DÉPIQUER V. a. Défaire les piqûres faites à une étoffe : dépiquer une courtepointe. — Jard. Enlever un jeune plant qu'on a fait venir de graine et qu'on va planter ailleurs. — Fig. et fam. Oter à quelqu'un l'humeur qu'il a de quelque chose, faire au'il n'en soit plus piqué: le gain de ce procès l'a un peu dépiqué de toutes ses pertes. — w Faire sortir le grain de son épi par le procédé du dépiquage ; il sera l/n ntot temps de dépiquer ce blé. — * Se dépiquer V. pr. Cesser d'être fâché : il commença pourtant à se dépiquer.

DÉPIQUEUR, EUSE s. Personne ou animal

empluyi' au dépiquage.

* DÉPISTER V. a. Chasse. Découvrir la trace, les pistes d'un animal qu'on chasse : dépisier le gibier. — Fig. et fam. Découvrir ce qu'on veut savoir, en épiant les démarches de quelqu'un : on eut quelque peine à dépister cet intrigant.

' DÉPIT s. m. [dé-pi] (lat. despectus). Chagrin mêlé d'un peu de colère : concevoir un dépit ou du dépit; faire quelque chose par dépit

DEPL

DEPL

DEPO

ou de dépit. — Fam. En dépit qu'il en ait, malgré qu'il en ait. — En dépit de, malpré : j'en viendrai à bout en dépit de lui. — Fiç. En dépit du sort, de tous les obstacles. — Fig. et fara. Faire quelque chose en dépit du sens COMMUN, du bon SENS, le faire très mal.

• DÉPITER V. a. Causer du dépit à quelqu'un, le iiiiiliner : cela est bien fait pour dépiter. — Se dépiter v. pr. Concevoir du dépit, se fâcher, se mutiner : il s'est dépité de ce que vous lui (iwtf; dit. — Fam. Se dIspiter contre SON VENTRE, se priver de manger par dépit ou par humeur, comme font quelquefois les Cillants. Fig. Cela se dit aussi, d'une personne (pii, par dépit, refuse ce qu'on sait (qu'elle désire et qui lui convient.

• DÉPITEUX, EUSE adj. Qui est plein de lépit. Kst vieux et ne s'emploie guère qu'en I.M'mes de fauconnerie, dans cette locution :

isiîAU DÉPITEUX, oiseau qui ne revient pas jiiand il a perdu sa proie.

' DEPLACE, EE part, passé de déplacer.

\clj. Mal placé, [ilacé dans un poste qui ne

onvient pas, ou auquel on n'est pas propre : ejt homme, dans le nouvel emploi qu'il exerce,

rirait déplacé. — Qui n'est pas où il doit être : elle dut se trouver bien déplacée parmi ce mondelà. — Inconvenant, qui ne convient pas : il a tenu des propos tout à fait déplacés.

' DÉPLACEMENT s. m. Action de déplacer ou de se déplacer : le déplacement des bornes d'un champ.

' DÉPLACER V. a. Oter une chose de la plare qu'elle occupait, la changer de place : déplacer des livres, des chaises. — Enlever, retirer queli[ue chose d'un lieu, d'une maison, et le transporter ailleurs : on est quelquefois obliijé de déplacer des objets saisis, pozir tes vendre idus avantageusement. — Déplacer quelqu'un, iu'endre la place qu'il occupait. Fig. Oter à quelqu'un sa place, son emploi, pour y mettre une autre personne : le ministre n'a pas voulu déplacer tes créatures de son prédécesseur. —

l'ig. DÉPLACER LE POINT DE LA QUESTION, changer

le point sur lequel porte la difliculté, dans une discussion. — Sans déplacer loc. adv. Sans ôter les choses de leur place, sans les emporter;et plus ordinairement, sans changer de place, sans quitter le lieu : te procès-verbal Sera fait sans déplacer ; nous terminâmes l'affaire sans déplacer. — Se déplacer v. pr. Changer de place, de demeure, ou se transporter d'un lieu dans un autre : le jwje fut obligé de se déplacer pour faire la visite des lieux.

• DÉPLAIRE V. n. Etre désagréable : il a quelque chose qui déplaît. — Fâcher, donner du chagrin : je ne dis pas cela pour vous déplaire. — Impers, il me déplaît fort d'être obligé à cela, — Ne vous déplaise, ne vous en déplaise, façon de parler familière dont on se sert pour marquer qu'on ne demeure pas d'accord de ce qu'un autre dit : ne vous en déplaise, je soutiens que cette opinion est fausse.

Et je veux, si jamais on engage ma foi.

Un mari qui n'ait pas d'autre livre que moi.

Qui ne sache a ne b, n'en déplaise à Madame. »

Molière. Les Femmes savantes, acte V, se. it.

— Se déplaire v. pr. S'ennuyer, s'attrister, se trouver mal à son aise : il aime la solitude, il se déplait en compagnie. — Se dit également des animaux : les troupeaux se déplaisent dans ce lieu-là. — Fig. Ces plantes se déplaisent en CET ENDROIT, le sol OU l'exposltion de ce lieu ne leur est pas propre.

•DÉPLAISANCE s. f. Eloigneraent, répugnance, dégoût. Ne s'emploie guère que dans cette phrase, prendre quelqu'un en déplaisance.

• DÉPLAISANT, ANTE adj. Désagréable, qui déplait, qui fâche, qui chagrine : un homme déplaisant ; manières déplaisantes.

' DÉPLAISIR s. m. Chagrin, aftliction, sentiment pénible : s'il part, o'ett à nwn grand

déplaisir. — Mécontentement : causer, donner de grands déplaisirs.

DÉPLANCHER v. a. Oter les planches, le plancher.

DE PLANO [dépla-nô] (lat. de, sur; vlano, plan, uni). Jurispr. Locution latine qui sigiiine de suite, directement, sans qu'il soit besoin de jugement. — Sans difliculté, aisément.

DÉPLANQUER v. a. Argot. Remettre en vue ou à sa place ce que l'on avait caché.

DÉPLANTAGE s. m. Action de déplanter.

DÉPLANTATION s. m. Action de déplanter.

* DÉPLANTER v. a. Oter un arbre, une plante de terre, pour les planter ailleurs : déplanter un noyer, des tulipes, des œillets. On dit aussi, df!p/un<er wn piquet, un éclialus.—- Déplanter un parterre, un bosquet, arracher ce qui s'y trouve planté.

* DÉPLANTOIR s. m. Outil avec lequel on

déplante des racines ou des plantes.

DÉPLÉTIF, IVE adj. lat. {depletivus). Méd. Qui produit la déplétion.

DÉPLÉTION s. f. (lat. depletus, vidé). Méd. Diminution ou suppression de l'engorgement, (le la réplétion.

* DÉPLIER V. a. Etendre, défaire, ouvrir une chose qui était pliée : déplier une serviette, un paquet. — Etaler de la marchandise : la pluie qui survint dès le midin empêcha les marchands de déplier sur ta place. - Déplier toite SA MARCHANDISE, sc dit d'un marchand qui l'ait voir tout ce qu'il a de meilleur dans sa boutique. — i* Se déplier v. pr. Etre déplié : la serviette se déplia en tombant.

DÉPLISSAGE s. m. Action de déplisser.

* DÉPLISSER V. a. Défaire les plis d'une étoile, d'une toile, etc : déplisser une jupe. — Se déplisser v. pr. Etre déplissé : cette collerette se déplisse.

•DÉPLOIEMENT ou Déploîment s. m. Action de déployer ; état de ce qui est déployé : le déptniement d'une étoffe; un grand déploiement de forces.

DÉPLOMBAGE s. m. Action de déplomber.

DÉPLOMBER v. a. Enlever les plombs que la douane a mis sur un ballot. — Enlever le métal ([ui a été mis dans une dent creuse. — Se déplomber v. pr. Etre déplombé.

* DÉPLORABLE adj. Qui mérite d'être déploré, qui est digne de compassion, de pitié. Ne se dit guère que des choses : il est dans un état déplorable. — ■ Se dit quelquefois des personnes, en poésie et dans le style soutenu : famille déplorable; déplorable victime de la tyrannie.— Tvès mauvais : un choix déplorable.

' DÉPLORABLEMENT adv. D'une manière déplorable, très mal.

* DÉPLORER v. a. (lat. deplorare). Plaindre avecde grands sentiments de compassion. Ne se dit guère qu'en parlant des choses : déplorer les malheurs du temps.

* DÉPLOYÉ, ÉE part, passé de déployer :

marcher aux ennemis enseignes déployées ; voguer à voiles déployées, — Rire a gorge déployée, rire de toute sa force.

* DÉPLOYER V. a. Se conjugue comme employer. Etendre, développer ce qui était ployé : déployer les voiles d'un navire. — Déployer une armée, lui faire occuper un plus grand espace de terrain devant l'ennemi. — Théorie milit. Déployer la colonne, passer de l'ordre en colonne à l'ordre de bataille. — Fig. Faire paraître, montrer, étaler : déployer toute son éloquence. — Se déployer v. pr. S'emploie, tant au propre qu'au figuré, dans les mêmes sens que le verbe actif : l'armée se déploie dans la plaine; son énergie n'est déployée.

' DEPLUME, EE part, passé de déplumer. — Avoir l'air déplumé, avoir l'extérieur de la misère, après avoir eu celui de l'opulence. — i* Argot. Qui a perdu ses cheveux.

• DÉPLUMER V. a. Oter les plumes : déplumer un oiseau. On dit plus ordinairement plumer. — Se déplumer v. récipr. S'arracher les plumes mutuellement : ces oiseaux se déplument les uns les autres à coups de bec. — Perdre ses plumes : les oiseaux se déplument oendant la mue. — w Arracher ses piiinn^s • certains oiseaux se déplument pour faire leur nid. — Jargon. Perdre ses cheveux.

DÉPOGHER v. a. Fam. Tirer de sa poche ; débourser.

• DÉPOLI, lE part, passé de dépolir. — *-v s. m. Etat de ce qui est dépoli: le dépoli d'un

verre.

•DÉPOLIR V. a. Oter le poli de quelque chose : le feu dépolit le marbre. — Se dépolir y. pr. Perdre son poli : uneglace qui se dépolit.

• DÉPOLISSAGE s. m. Action de dépolir un verre, une glace, un cristal, de manière que ces corps laissent passer la lumière, mais non plus l'image des objets.

* DÉPONENT adj. m. [dé-po-nan] (lat. deponcns, qui quitte). Gramm. Terme dont on se sert en parlant des verbes latins qui ont la signilication active et la terminaison passive. On l'emploie quelquefois substantivement . un déponent.

DÉPOPULARISATION s. f. Perte de la popularité.

* DÉPOPULARISER v. a. Faire perdre l'affection, la faveur du peuple : ils cherchaient à le dépopulariser. — Se dépopulariser v. pr. Perdre l'allection, la faveur du peuple : ils se dépopularisent de jour en jour.

DÉPOPULATEUR, TRICE adj. Qui dépeuple, qui lait diminuer la population : le choléra est un fléau dépopuiateur.

' DÉPOPULATION s. f. Etat d'un pays dépeuplé, diniinution sensible dans la population : rechercher les causes de la dépopulation d'un pays; la dépopulation fait des progrés alarmants.

' DÉPORT s. m. [dé-por] (rad. porter). Procéd. Action de se récuser soi-même : le déport d'un juge, d'un arbitre. — Jurispr. Retardement, délai; maison ne l'emploie guère alors que dans cette locution adverbiale, sans déport, incontinent, sur-le-champ. — Jurispr. féod. Droit qu'avait un seigneur de jouir du revenu d'un fief, la première année après la mort du possesseur : le droit de déport était différent selon les coutumes des lieux. — Matières bénélîciales. Droit qu'avaient, eu certains lieux, les évêques, les archidiacres ou autres ecclésiastiques, de jouir, la première année, du revenu des cures vacantes : le droit de déport n'avait pas lieu dans tous les diocèses. — Bourse. Prix que l'on paye pour emprunter des titres dont on a besoin dans une opération de vente à découvert.

* DÉPORTATION s. f. Action de déporter , exil infamant et perpétuel qu'on est condamné à subir dans un lieu déterminé : la peine de la déportation fut introduite chez les Romains par Auguste. — Législ. u La déportation est une peine al'tlictive et infamante, réservée aux individus coupables de certains crimes contre la sûreté de l'Etal. Il ne faut pas la confondre avec la transportation qui est une mesure appliquée aux individus condamnés aux travaux forcés. La peine de la déportation, rarement appliquée dans les siècles précédents, fut introduite dans la législation par le Code pénal de 1791 et par les lois des 1 juin et 15 octobre 1793. Le coup d'Etat du 18 fructidor an III fut suivi de la déportation de plusieurs personnages poli-

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tiques, à la Guyane française. Cette peine fut remplacée de fait en 1817 el légalement en i83z par la détention. (Voy. ce mot.) La peine de mort ayant été abolie en matière politique par l'article 5 de la Constitution de 1848, la loi du 8 juin IS.ïO a décidé que, dans les cas où la peine de mort est ainsi abolie, elle doit être remplacée par celle de la déportation dans une enceinte fortifiîx, cl que, pour les autres cas où cette peine est intligée par la loi, la déportation simple est rétablie. Les îles Marquises étaient déclarées lieux de déportation; néanmoins ceux qui eurent le courage de défendre les lois en résistant au coup d'Elat de 4801 furent déportés en Algérie, à Lambcssa, ou bien à la Guyane avec les forçats en rupture de ban. En vertu de ladite loi du S juin ISMO, la peine delà déportation entraine la dégradation civique et l'élat d'interdiction légale; mais le condamné à la déportation simple jouit de l'exercice de ses droits civils dans la colonie pénale. La loi du 23 mars 1 872 a désigné, comme lieux de déportation, certaines dépendances de la Nouvelle Calédonie, et c'est là que furent déportés, en si grand nombre, les individus qui, ayant pris part à la rébellion de la commune de Paris en 1871, furent condamnés à la déportation par les conseils de guerre. Un règlement d'administration publique du 31 mai 1872 règle le régime de police et de surveillance auquel sont soumis les condamnés à la déportation dans une enceinte fortifiée. Enfin la loi du "2o mars 1873 et le décret du 10 mai 1877 ont déterminé la situation des déportés. La peine de la déportation doit être remplacée, pour les mineurs ayant moins de 16 ans, par celle de dix à vingt ans d'emprisonnement, et pour les individus âgés de 70 ans, par la détention à perpiHuilé (C. pén. 67, 70). » (Ch. Y.)

* DÉPORTÉ, ÉE part, passé de déporteii.

— Souvent employé comme substantif. Condamné à la déportation : un déporté qui a rompu son ban.

* DÉPORTEMENT s. m. Conduite, mœurs, manière de vivre. Ne se prend qu'en mauvaise part, et se mel plus souvent au pluriel qu'au singulier : déportements scandaleux.

* DÉPORTER V. a. Transporter, exiler quelqu'un dans un lieu d'où il ne doit point sortir, et qui est ordinairement éloigné : on le déporta dans une ile. — Se déporter v. pr. Se désister, se départir : il s'est déporté di la poursuite de ce procès, de cette affaire. Dans ce sens, il est principalement d'usage au Palais.

* DÉPOSANT, ANTE adj. Palais. Qui dépose el affirme devant le juge : tels et tels témoins déposants. — Subst. Totis les déposants disent la même chose. — Fam. Plus n'kn sait LEDIT DÉPOSANT, fopmule de pratique dont on se sert aussi, pour marquer qu'on ne sait rien de plus que ce qu'on vient de dire. ■ — Celui qui fait un dépôt à la caisse d'épargne, ou dans un établissement de ce genre : le nombre des déposants à la caisse d'épargne augmente chaque année.

' DÉPOSER V. a. (lat. deponere). Poser une chose que l'on portait : il déposa son fardeau.

— Fig. Se dépouiller, se défaire de : déposer sa fierté. — Se dit quelquefois en parlant de dignités, de charges, etc. : Sylla déposa la dictature. — Destituer, priver, dépouiller quelqu'un d'une dignité, d'une charge, etc. : on te déposa de sa charge; déposer un évéque. — Placer, mettre, laisser une chose en quelque endroit; se dit surtout en parlant de ce qui ne doit rester qu'un certain temps dans le lieu où on l'a mis : déposer sa canne, son parapluie à l'entrée d'un lieu public. — Mettre en dépôt, donner en garde, confier, remettre : déposer une somme entre les mains d'un de ses amis; déposer son bilan au greffe du tribunal de commerce, pour se déclarer en faillite. — Fig. S'emploie daas le même sens : déposer te$

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secrets dans le sein d'un ami. — v. n. Dire comme témoin ce qu'on sait d'un fait : les témoins ont déposé en sa faveur. — Fig. Attester, prouver : cela dépose en votre faveur. — v. a. Se dit en outre des liqueurs qui laissent des parties crossières et hétérogènes au fond d'un vase, d'un vaisseau : cette eau a déposé beaucoup de sable. On l'emploie souvent sans régime : celte liqueur a beaucoup déposé. — *v Se déposer v. pr. Etre mis en dépôt : l'argent se dépose à la caisse.

* DÉPOSITAIRE s. Celui ou celle à qui on confie un dépôt : le dépositaire de ces papiers.

— ri g. : Les dépositaires de l'autorité.

DÉPOSITEUR, TRICE s. Celui, celle qui a fait un dépôt de marchandises.

* DÉPOSITION s. f. Destitution, privation de

certaines dignités, de certaines fonctions : la déposition de cet empereur fut suivie de guerres.

— Ce dont un témoin dépose et ce qu'il aflirme par devant le juge qui l'entend : recevoir une déposition.

* DÉPOSSÉDER v. a. Oter la possession de quelque chose à quelqu'un : on l'a dépossédé de sa maison.

* DÉPOSSESSION s. f. Action de déposséder, état d'une personne dépossédée. N'est guère usité qu'en jurisprudence : il demandait leur entière dépossession.

•DÉPOSTER V. a. Guerre. Chasser d'un poste, le faire abandonner : l'ennemi avait occupé cette position, on l'en déposta.

* DÉPÔT [dé-pô] s. m. (lat. depositum). Action de déjioser, de placer une chose en quelque endroit, ou de remettre, de confier une chose à quelqu'un : faire à la direction de la librairie le dépôt ordonné par la loi. — Ce qu'on a déposé, confié, donné en garde à quelqu'un, pour être rendu ou employé à la volonté ou suivant l'intention de celui qui l'a donne : le dépôt est une chose sacrée. — Fig. S'emploie dans le même sens : révéler un secret, c'est violer un dépôt sacré; dans ce siècle, ils avaient seuif le dépôt des connaissances humaines. — Conventions faites en déposant quelque chose entre les. mains de quelqu'un : le dépôt est un contrat de bonne foi; le dépôt est essentiellement gratuit.

— Par ext. Lieu où l'on dépo.se babiluellemenl certains objets : établir un dépôt de cannes et de parapluies d l'entrée d'un lieu public. — Lieu où quelqu'un fait débiter, permet de débiter ce qu'il récolte, ce qu'il fabrique, etc. : c'est le seul dépôt de ces marchandises qu'il y ait dans la ville. — Lieu où l'on garde certaines choses, pour s'en servir, pour y recourir dans l'occasion : le dépôt des archives. — Ad ni. milit. Lieu où restent les soldats qui ne peuvent suivre le corps auquel ils appartiennent, et où l'on exerce les recrues destinées à (aire partie de ce corps : les recrues quittèrent le dépôt pour aller rejoindre le corps. — Se dit aussi des soldats, des recrues qui sont au dépôt : le dépôt a reçu l'ordre de partir sur-lechamp. — DÉPÔT DE MENDICITÉ, établissement public dans lequel on loge et on nourrit des pauvres, — Matière crim. Mandat de dépôt, ordonnance en vertu de laquelle un prévenu, contre qui il a été décerné un mandat d'amener, est retenu dans la maison d'arrêt. — Abcès, amas d'humeurs qui se forme en quelque endroit du corps ; il faut donner un coup de bistouri en cet endroit, il s'y est fait un dépôt. Dans le langage médical, on dit plus ordinairement abcès. — Sédiment que des matières liquides laissent au fond du vase où elles ont séjourné pendant quelque tenifis : le dépôt de l'urine. — w Bâtiment de la préfecture de police, à Pans, où l'on centralise tous les individus arrêtés par mesure de police en attendant (|u'il soit statué sur leur sort. — Géol. Dépôts minéraux. Les dépôts qui sont composés de minéraux utiles peuvent être classés eu dépôts superficiels, dépôts stratifiés

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et dépôts non stratifiés. — I. Dépots superficiels. Ils se composent de matières non consolidées et ont été entraînés par les eaux du sommet des collines et des montagnes. Cette catégorie comprend l'or des dépôts superficiels que l'on trouve associé aux roches aurifères des monts Ourals, d'Australie, du Colorado, de Californie, etc.; elle comprend aussi le platine de Sibérie el de l'Orégon, l'étain de Cornouailles, de Banca, d'Australie, etc; les diamautsdeGolconde, du Brésil et de l'Afrique méridionale ; les rubis et les saphyrs de Ceyian. On a tiré de ces dépôts tout le platine, tous les diamants et probablement les neuf dixièmes de l'or que l'on a employé. Ces dépôts superficiels sont nommés placers par les Espagnols. — II. Dépots STRATIFIÉS. Ceux de ces minéraux qui sont utilisés forment quelquefois des couches comme dans les mines de charbon et de fer; ils sont aussi disséminés dans les roches sédimentaires, comme les pierres d'argile ferrugineuses que l'on trouve dans le charbon ou comme le cuivre dans les pierres sablonneuses et les conglomérats du lac Supérieur. — III. Dépotsnon stratifiés. — 1° Masses éruptives. On supposait autrefois que la plupart des dépôts de minerai de fer cristallisé étaient d'origine éruptive; mais on est d'accord aujourd'hui que ce sont généralement des dépôts stratifiés qui ont subi de grands changements. Ainsi, les grands dépôts de cuivre métallique trouvés près du lac Supérieur que l'on supposa résulter d'une fusion souterraine, sont considérés aujourd'hui comme produits par une précipitation chimique. — t" Minéraux disséminé s dans les roches éruptives. On peut donner comme exemple de celte classe de dépôts le fer magnétique contenu dans les roches volcaniques el le cuivre des amygdaloïdes du lac Supérieur. Au Japon on réunit et on emploie le ter provenant de roches volcaniques en décomposition, el aux Etats-Unis, on extrait de grandes quantités de cuivre, des mélaphyres du district de Portage lake, sur le lac Supérieur. Mais, en général, les roches ignées sont très pauvres en minéraux utiles. — 3° Dépôts de contact. Le plan de jonction entre deux roches d'espèce dillérente, comme les roches ignées el les roches sédimentaires, est fréquemment le lieu où dos métaux et des minerais s'accumulent et torment des concrétions, des cordons ou des nappes. — 40 Imbibitions. Dans certains cas, les minéraux métallifères se rencontrent irrégulièrement répandus dans les masses rocheuses, les dépôts de minerai n'ayant aucune limite bien définie ni structure régulière et paraissant comme si la roche avait, en quelque sorte, bu le minéral. Les dépôts de mercure ont particulièrement cette forme. — b" Couches impures. On donne ce nom à une espèce particulière de dépôt dans lequel le minerai est répandu en petite quantité p^irmi certaines couches qui sont sujettes à se désagréger et qui sont plus impures que les couches associées. — 6° Mélanges. Quand les masses de roches métallifères sont pénétrées dans chaque direction par des filons ou des cordons de minerai, dételle sorte que le tout peut être enlevé ensemble, on leur donne le nom de mélanges ou celui de stockwork. — 7' Veines minérales. Ce sont ordinairement des lames ou des nappes de matière minérale. On les a divivisées en 3 variétés principales qui sont ordinairement très bien déterminées, mais qui sont quelquetois mariées ensemble de façon à ne pouvoir être facilement séparées. Ces variétés de veines minérales portent respectivement les noms de veines en estafilade, veines séparées et veines en fissure, a. Veines en estafilade. On appelle ainsi celles qui sont limitées à une seule formation et par conséquent confinées latéralement et verticalement. Les meilleurs exemples de ces sortes de veines se trouvent dans les mines de plomb du Mississipi supérieur. Le iniinrai est

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ordinairement dans des fissures verticales souvent très étroites, ordinairement à peu de profondeur, et s'ouvrant quelquefois dans lios grottes ou des chambres revêtues de minéral.

Fio. 1. Veines en estafilade emplies de minerai de plomb, dans la pierre à cliaux de galène. — a, crevasse ouverte. — ô, c, crevasses avec ouvertures en poches.

Les veines en estafilade ont été formées, selon toute apparence, par le resserrement de la pierre à chaux de {,'alène, après qu'elle a étr déposée. Plus tard les gerçures produites par

FiG. ^. Veines en estaGIude horizontale contenant de lu pierre à ehaux de galène. — a, crevasse avec ouverture en poche. — b, crevasse ouverte.

cette contraction ont été élargies par la dissolution de la surface de leurs parois, et se sont revêtues de galène provenant d'une solution des roches adjacentes. — 6. Veines séparées.

t iG. 3. Veines séparées de quartz aurifère dans le i^'iici^ .

Ce sont généralement des lames lenticulaires de matières minérales contenant du minerai ; ces hunes sont interposées entre des couches de roches. — c. Veines de fissure. Elles ont été b c d e e d c b a

Fia. 4. Sci'lion de veine en tissure, niontr.inl l.i struelnre. — aa, roche primitive. — bb, spath calcaire. — ce, galène. — dff^ spath pesant (sulfate de baryte). — ee, quartz en peigne.

formées par l'action des volcans ou par celle des tremblements de terre qui ont fiac-

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turé et déplacé des roches. Selon leur mode de formation, elles sont horizontales ou verticales; elles ont quelquefois plusieurs kil. à la surface et l'on atteint rarement leur profondeur; elles sont donc plus étendues que

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Fio. 5. Veine a double tissure. — ikï, roche primitive. — ■ bb. spath calcaire. — ce, ee, quarlz en peigne. — d, spath pesant. — A, fi, première et seeondi' fissures.

les autres et sont les plus riches pour les opérations minières. On les trouve indistinctement dans toute espèce de roches et on y rencontre

blende.

fil tissure, avec cavité au centre. — ua, roche — 66, spath lourd. — ce. spath calcaire — dd, •'i\ quartz en peigne. — f, cavité.

presque tous les minéraux connus, particulièrement l'argent : toutes les grandes mines d'argent sont exploitées dans des veines de cette variété. — Emplissage des veines. Voici, en peu de mots, les diiférentes théories sur la manière dont les matériaux composant les veines auraient été déposés, a. Injection. Cette théorie, proposée par h's plulonistes, admet i[ue les matériaux ont été déposées par l'action de la chaleur. Mais il y a bien peu de veines minérales composées de matériaux que l'on puisse considérer comme susceptibles d'avoir été produits par la fusion, et la plupart d'entre elles contiennent des minéraux qui ne peuvent avoir été formés en présence d'une haute chaleur. Les veines contenant de grandes masses de cuivre sembleraient venir à l'appui de la théorie plutonienne, si la présence d'argent pur, sans alliage avec le cuivre ne démontrait, ainsi que plusieurs autres circonstances, que ces veines on été déposées par solution. — 6. Dépôts aqueux. La théorie des dépôts aqueux paraît avoir été établie par l'école wernerienne, d'après laquelle l'eau serait sinon la seule, au moins la grande cause des phénomènes eéologiques. Les partisans de cette Ihéoi'ie ont avancé que les tissures auraient été ouvertes sous les mers ou au fond des autres amas d'eau et que les matériaux des veines y auraient été déposés par l'eau, de la même manière que la pierre à chaux et autres roches sédimentaires. Mais alors comment expliquer que les matériaux des véritables veines en fissure ne sont jamais stratifiés horizontalement? — c. Sécrétions latérales. D'après celte théorie, les matériaux des veines minérales dériveraient des roches adjacentes par filtration à travers les parois des veines. Si cela était vrai, le contenu des veines varierait selon les couches a travers lesquelles il aurait dû passer, ce qui n'est pas. — d. Sublimation. On a pensé

que la sublimation jouait un rôle important dans le remplissage des veines minérales, parce que la plupart des métaux peuvent être sublimés à une haute température, mais cette théorie est repoussée par la plupart des minéralogistes modernes. — e. Précipitation chimique. Cette théorie, aujourd'hui généralement admise, attribue le dépôt de matières minérales dans les veines particulièrement à la précipilation provenant de .solution. D'après elle, les fissures destinées à devenir veines en fissures furent d'abord emplies d'eau provenant de sources qui jaillissaient du fond de la terre ; cette eau, fortement chauHée et comprimée, se chargea de substances minérales. En approchant de la surface du sol, sa température et sa pression diminuèrent en même temps que sa puissance de solution et une grande partie des matériaux qu'elle avait cntiainés se précipitèrent sur les parois de la fissure qui lui servait de canal. Les dépôts abondants et variés faits par les sources thermales démontrent l'exactitude de cette théorie. — LégisL « Le dépôt proprement dit est un contrat par lequel une personne remet une chose mobilière à une autre personne qui s'engage à garder cette chose, a avoir pour elle les mêmes soins que pour ce qui lui appartient, et à la restituer en nature sur la demande du déposant. La loi distingue deux sortes de dépôts. Le dépôt volontaire nécessite le consentement ré. iproque de deux personnes capables de contracter; il ne peut être prouvé par témoins, à moins que la valeur du dépôt n'excède pas VM) iv. Les obligations du dépositaire résultent des conventions ou du principe même du contrat. Le dépôt non gratuit doit être considéré comme un contrat de louage. Le dépôt nécessaire est celui qui a été rendu tel par quelqu'accident imprévu, ou celui qui est fait à son hôtelier par un voyageur. Ce dépôt peut être prouvé par témoins, quelle que soit la valeur des objets déposés. L'hôtelier est responsable du vol et du dommage des efiels des voyageurs, excepté dans les cas de force majeure (C.civ. l;H5à I9.j4). Le dépôt d'une chose dont la propriété est discutée, peut être lait entre les mains d'un tiers qui s'oblige à rendre cette chose à celui dont les droits seront reconnus; ce n'est plus là un dépôt, mais un séquestre conventionnel. (-Voy. .Seouestre.) — On nomme dépôt légalle dépôt d'une marque de fabrique, dessin, etc., lait au gre., ; du tribunal de commerce ou aux archives du conseil des prud'hommes par celui qui veut s'assurer la propriété exclusive desdites marques, dessins, etc. (Voy. Dessin.) — Le dépôt des imprimés, estampes et autres reproductions est prescrit par la loi du "29juillet 1X81 sur la presse (art. 3 et 4). Au moment de la publication do tout imprimé, il doit en être lait par l'imprimeur, sous peine d'une amende de 16 à 300 fr., un dépôt de deux exemplaires destinés aux collections nationales. Ce dépôt est fait : au ministère de l'intérieur pour Paris; à la préfecture pour les chelsdieux de département; à la sous-préfecture pour les chefs-lieux d'arrondissement, et à la mairie pour les autres villes. Sont dispensés du dépôt, les bulletins de vote, les circulaires commerciales ou industrielles et les ouvrages de ville ou bilboquets. Le dépôt doit être de trois exemplaires pour les estampes, la musique et en général pour les reproductions autres que les imprimés. — Les dépôts de mendicité sani des établissements publics où l'on retient pendant un certain temps les individus condamnés pour délit de mendicité, après l'expiration de la peine d'emprisonnement qu'ils devaient subir. Chaque département est tenu d'ouvrir un dépôt (Décr. ,'> juillet 1808); mais en général, un établissement est atïecté à plusieurs départements. L'existence de ces dépôts est indispensable pour que l'art. 274 du C. pén. puisse être appliqué par les tribunaux

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correctionnels. (Voy. Mendicité.) Les notaires peuvent recevoir en dépôt, pour les mettre au rang de leurs minutes et pour en délivrer expédition, des actes sous seing privé, des actes passés à l'étranger, des actes notariés passés en brevet, etc.; mais ils doivent alors dresser un acte de dépôt et soumettre ii l'enregistrement, au plus tard en même temps que ledit acte, les actes déposés et non encure enregistrés. (L, 16 juin 1824. art, 13). Si l'acte de dépôt d'un acte sous seing privé contient reconnaissance d'écriture par les parties qui l'ont souscrit, ce dernier acte prend alors la même valeur que l'acte authentique (Code civ., 1322), et il peut en être délivré une grosse exécutoire (Arr, cass. 27 mars 1821). » (Ch. y.) (Pour ce qui concerne la caisse des dépôts et consignations, voy. Caisse.)

DÉPOTAGE ou Dépotement s. m. Action de

dépoter.

• DÉPOTER V. a. Jard. Oter une plante d'un pot pour la mettre en terre, ou dans un autre pot : dépoter im rosier. — Dépoter du vin, des LIQUEURS, les changer de vase.

DÉPOTOIR s. m. Lieu où l'on réunit les matières provenant des vidanges. — Argot. Vase de nuit, — Journal qui se livre à des calomnies, dans lequel on publie des injures ; c'est le dépotoir de telle localité.

"^ * DÉPODDRER v. a. Oter, faire tomber la poudre des cheveux, d'une pei-ruque : le vent a dépoudré toute sa perruque. — Se dépoudrer v. pr. Dépoudrer soi, sa chevelure : vous vous êtes tout dépoudré.

•DÉPOUILLES, f. [Il mil.] (lat, spolium). Peau ôtée de dessus le corps d'un animal. N'est proprement d'usage, dans cette acception, qu'en parlant des serpents et des insectes qui se dépouillent de temps en temps de leur peau : la dépouille d'un sej-pent, d'un ver à soie, d'une araignée. — Se dit néanmoins quelquefois, en poésie et dans le style soutenu, de la peau de toute sorte de bête féroce, lorsqu'elle est arrachée : Hercule se revêtit de la dépouille du lion de Némée. — Fig. La dépouille mortelle, ou simplement, la dépouille, les dépouilles d'une personne, le corps d'une personne, quand elle est morte, ^ Se dit également des vêtements, des habits, etc., qu'une personne décédée portait habituellement : il eut la dépouille du défunt. — Fig. Succession d'une personne, et particulièrement dignités, emplois qui deviennent vacants par sa mort : c'était un homme qui oceupait beaucoup de places, les ambitieux auront là une riche dépouille à se partager. — Toute chose dont on s'empare ou que l'on acquiert au détriment, au préjudice d'autrui; et alors il se met souvent au pluriel : ses biens furent confisqués, et les dénonciateurs eurent une part de sa dépouille; c'est unplagiaire impudent, qui s'enrichit, qui se pare des dépouilles d'aulrui. — Tout ce qu'on enlève à l'ennemi : dépouilles opimes.

— Fig. Récolle des fruits de l'année : vendre la dépouille de son jardin. — Produits détachés des plantes :

Ds la dépouille de nos bois L'automne avait jonché la terre.

MiLLBvoTB. Elégies.

• DÉPOUILLÉ, ÉE part, passé de dépouiller.

— JoLER AU ROI dépouillé, jouer à une sorte de jeu où l'on ôte pièce à pièce les habits de celui qu'on a fait le roi du jeu. Cela se dit aussi, lig. et fam,, quand plusieurs personnes sont autour de quelqu'un pour le piller, le ruiner.

• DÉPOUILLEMENT s. m. Action de dépouiller, état de ce qui est dépouillé. 11 se dit surtout en parlant d'une personne que l'on a privée de ses biens, ou qui s'en est privée ellemême : sa tendresse pour ses enfants l'a réduit à un dépouillement déplorable. — Dans le langage religieux. Renoncement au monde : il vécut dès lors dans la pénitence et le dépouille-

ment. — Se dit aussi en parlant d'un registre, d'un dossier, d'un compte, d'un inventaire, etc., que l'on e.xainine et dont on fait le sommaire, l'extrait : faire le dépouillement d'un compte, d'un dossier, des registres. — Dépouillement d'i!N scrutin, action de compter les voix, les siill'rages, quand les membres de l'assemblée ont donné leurs votes.

* DÉPOUILLER V. a. (lat. spoliare). Déshabiller quelqu'un, lui ôter ses vêtements : les voleurs l'ont dépouillé de tous ses habits, l'ont entièrement dépouillé. — Se dit aussi en parlant des animaux dont on ôte la peau pour les apprêter : dépouiller un lièvre. — Se dit également de ce qui enlève la peau ou même la cliair ; l'eau bouillante lui dépouilla toute la jambe. — Parext. Oter, enlever ce qui couvre, accompagne ou garnit une chose : l'hieer dépouille les arbres de leurs feuilles.

Quoi? c'est toi, malheureux I di>nt la main sacriloge Dépouilla de trésors nos inoiitirrs révérés ?

Ch. Nodier. Poésies dicerscs.

— Fig. Priver, dénuer : dépouiller un homme de tout son bien. — Quitler un vêtement ou une chose quelconque dont on était enveloppé; et alors il ne s'emploie guère que dans le style soutenu : à cette époque, l'insrcte dépouille sa première forme. — Fig. Se dit en parlant, des sentiments, des passions, des opinions, etc., auxquels on renonce, dont on se défait : il faut avoir dépouillé toute l'humanité pour... — Fig. DÉPOUILLER le vieil homme, se dépouiller du vieil homme, signifie, en termes do l'Ecriture sainte, se défaire des inclinations de la nature corrompue; et, fam., renoncer à ses vieilles habitudes. — On a dit dans un sens analogue, dépouiller l'homme, perdre les sentiments humains, les laiblesses humaines. - Recueillir, récolter : le fermier a dépouillé, cette année, pour mille écus de Hé. - Faire l'examen et donnerrélat'abrégé, l'extrait, le sommaire d'un inventaire, d'un compte, d'un dossier, d'un registre, etc. : dépouiller un dossier, un compte, un inventaire. On dit dans un sens analogue, dépouiller un scrutin. — Se dépouiller v. pr. Dépouiller soi, ôter : il s'eit dépouillé de ses vêtements pour se jeter à la nage.

— Prov. cl lig. Il ne faut pas se dépouiller AVANT de se coucher, il uc faut pas se dessaisir, se priver de son bien avant sa mort. — Quitter sa peau : les serpents se dépouillent tous les ans. — Se priver : se dépouiller en faveur de quelqu'un. — Abandonner : se dépouiller de ses préjugés. — Etre dépouillé ; l'os commence à se dépouiller. — Perdre : un arbre qui se dépouilk de ses feuilles.

* DÉPOURVOIR v. a. Dégarnir de ce qui

est nécessaire. N'est guère usité qu'au prétérit et à l'infinitif : il ne faut pas dépourooir de munitions une place de guêtre. — Ss dépourvoir V. pr. Dépourvoir soi : il s'est dépourou de tout pour élever ses enfants.

' DÉPOURVU, UE part, passé de dépourvoir.

— Adj. Qui manque de quelque chose : être dépourvu de sens, d'esprit, de raison. — Au dépourvu loc. adv. Sans être pourvu des choses nécessaires, sans êlre préparé : si vous me prenez au dépounu, je vous ferai une mauvaise chère.

DEPPING (Georges - Bernard) , littérateur français, né à MiJnsler (VVestphalie) en 1784, mort en 1853. 11 se lixa à Paris où il aida Malte-Brun dans ses travaux, et écrivit des livres pour la jeunesse, des récits de voyages, des histoires d'Espagne, du commerce du Levant, des Juifs au moyen âge, et de Normandie. Il laissa aussi une autobiographie,

DÉPRAVANT, ANTE adj. Qui cause la dépravation : kiture dépravante.

DÉPRAVATEDR, TRICE adj. Qui déprave:

système dépraeateur.

' DÉPRAVATION s. f. (lat. depravatio). Méd. Action de dépraver, et plus ordinairement.

état de ce qui est dépravé, altéré . la dépravation du sang, de l'appétit. — Fig. S'emploie dans le langage ordinaire : la dépravation du siècle, des mœurs; dépravation du goût. — Se dit quelquefois des fautes, des altérations, introduites par les copistes dans le texte des auteurs anciens : la dépravation du texte d'Eschyle le rend souvent inintelligent.

* DÉPRAVÉ, ÉE part, passé de dépraver. - Adj. Perverti, vicieux, gâté : goût dépravé; sang

dépravé; jeunesse dépravée.

' DÉPRAVER V. a. (lat. pravus, mauvais). Méd. Altérer d'une manière fâcheuse, faire passer d'un bon à un mauvais état : cela déprave l'estomac. — Fig. Corrompre, pervertir : dépraver l'esprit, le caractère. — Se dépraver v. pr. Etre dépravé : quand le sang se déprave; tes mœurs et le goût se dépravèi'ent en même temps.

DÉPRÉCATIF, IVE adj, (lat. deprecativus). Qui est en foruie de prière -.formule déprécative.

* DÉPRÉCATION s. f. (lat. deprecalio). Figure oratoire par laquelle on souhaite du bien ou du mal à quelqu'un. — Prière faite avec soumission pour obtenir le pardon d'une faute.

DÉPRÉCIATEUR, TRICE adj. et s. Qui déprécie, qui amoindrit la valeur : c'est une femme déprédatrice; lise montre grand déprédateur du vrai mérite.

•DÉPRÉCIATION s. f. Etat d'une chose dépréciée : la déprédation du papier-monnaie, d'une marchandise. — w Action de déprécier.

* DÉPRÉCIER v. a. (lat. depreciare). Mettre une chose, une personne au-dessous de son prix, en rabaisser la valeur, le mérite ,• déprécier une marchandise; c'est un homme qui ne mangue pus de talent, vous le dépréciez trop.

— Se déprécier v. pr. Déprécier soi : vous scmblez prendre à tâche de vous dépréciez vousmême. V. réoipr. Se déprécier l'un l'autre : ils se déprécient mutuellement. — ** Perdre sa valeur : ces titres se déprécient de jour en jour.

' DÉPRÉDATEUR, TRICE s. Celui, celle qui fait ou qui tolère des déprédations : ce ministre est un grand déprédateur. — Adj. : ministre déprédiitinr; nation conquérante et déprédatrice.

DÉPRÉDATIF, IVE adj. Qui porte le caractère de la dépradation.

* DÉPRÉDATION s. f. (lat. depredatio). Vol, ruine, pillage fait avec dégât : faire, commettre des déprédations. — Malversation commise dans l'administration ou la régie de quelque chose : la déprédation des finances.

* DÉPRÉDER v. a. Piller avec dégât. Très peu usité.

' DÉPRENDRE v. a. Détacher, séparer : ces deux dogues étaient tellement acharnés l'un contre l'autre, qu'on eut toutes les peines du monde à les déprendre. — Se déprendre v. pr. Déprendre soi, se dégager .• cet oiseau était pris à la glu, et ne pouvail s'en déprendre. — Fig. Il est tellement attaché à cette personne, qu'il ne saurait s'en déprendre ; on ne se déprend pas aisément de ses passions.

' DÉPRESSION s. f. (lat. deprcssio). Chirur. Enfoncement, affaissement accidentel dans quelque partie du corps .• il y a dépression des os du crâne. — Anat. et Hist. nat. Enfoncement ou aplatissement naturel : onremarque une légère dépression dans telle partie. — Astron. liant. Abaissement de l'horizon visuel au-dessous de l'horizon vrai. — \\ Phys. Abaissement : la dépression du mercure dans le thermomètre.

— Dniiinnlion. — Deprelis. (V. S.)

DÉPRÉTRISATION s. f. S'est dit de l'acte par lecpiel un grand nombre de prêtres abandonnèrent leur état en 1793.

■ DÉPRIER v. a. Retirer une invitation qu'on avait faite pour un dîiicr, pour une fête, [lour une assemblée, etc. : la partie étant rompue, il a fallu les déprier.

DEPU

* DÉPRIMÉ, ÉE part, passé de déprimer. — Adjei'liv. Qui est comme écrasé, aplati : bec déprimé.

' DÉPRIMER V. a. (lat. deprimere). Chirur. Entourer, alUiisser. Se dit surtout en parlant des os du crâne : les os du crâne ont été fortement déprimés. — Fip. Chercher à diminuer, à détruire la bonne opinion ([ue les autres ont conçue de quelqu'un, l'idée avantageuse qu'ils se l'ont de quelque chose : quel poète oserait déprimer Corneille ! les méchants dépriment lu vertu. — Se déprimer v. pr. Etre défu-imé : les osdu crâne se sont déprimés. — v. récipr. Se rabaisser mutuellement : les envieux se dépriment les uns les autres.

' DÉPRISER V. a. Mettre une chose au-dessous de son prix, de sa valeur. Se dit surtout en parlantde marchandises : si von s ne voulez point acheter, du moin.s ne déprisez point notre marchandise. — »» Se dépriser v. pr. Dépriser soi : Use déprise, tout en voulant se faire valoir.

' DE PROFUNDIS s. m. [dé-pro-fon-diss].

Loc. lat. qui sii;nilie : des profondeurs (de l'abîme). C'est par ces deux mots que commence le sixième des sept psaumes de la pénitence, qui sert ordinairement de prière pour les morts : dire un de profundis pour quelqu'un.

DEPTFORD [dèp'-feurd], ville du comté de Kent (Angleterre), sur la rive droite de la Tamise, à l'embouchure de la Ravensbourne, contiguë à Greenwich et à H kil. S.-E. de London Bridge. Son vaste arsenal, créé par Henry 'VUl, a été fermé en 1869 ; environ 40,000 hab. Chantiers de construction ; magasins delà marine royale; école navale; deux anciens hôpitaux maritimes.

* DÉPUCELER v. a. Oter le pucelage.

'DEPUIS (rad. pitis). Prép. indiquant un rapport de temps, de lieu, ou d'ordre : je vous attendrai depuis cinq heures jusqu'à six ; la France s' étend, de l'est à l'ouest, depuis les Vosqcs jusqu'à l'Océan ; je les ai tous vus depuis le premier jusqu'au dernier. — Depdis peu, depuis peu de temps. — Depuis quand? depuis quel temps ? — Adv. de temps : je ne l'ai point vu depuis. — Depuis que loc. conj. Indique toujours un rapport de temps : depuis que vous êtes parti.

DÉPURATEDR, TRICE adj. Qui dépure : les

volcans ^onl les dépuraleurs des eaux.

* DÉPURATIF, IVE adj. Méd. Propre à dépurer le sang, les humeurs : remède dépuratif. — s. m. Médicament qui a la propriélé d'enlever à la masse du sang les principes qui en altèrent la pureté, et de les porter au dehors |iar les urines, par les sueurs. Les principaux dépuratifs sont la fumeterre, le houblon, la salsepareille, Tiodure de potassium, l'arséniate desoude, le soufre, l'ortie piquante, la ciguë, la patience, la bardane, les sulfureux et, dans certains cas, les diurétiques et les sudorili(jues.

•DÉPURATIONS, f. Méd. et Chim. Action de dépurer, résultat de cette action : la dépuration d'un métal, du sang.

' DÉPURATOIRE adj. Qui sert à dépurer, qui dépure : machine dépuraloire; maladies dépuratoires. (Voy. Dépuratif.)

DE PURE (Michel, abbé), poète, né à Lyon en 1634, mort en 1680. H a laissé quelques ouvrages latins et des pièces de théâtre, dont une, Ostorius (trag. 5 a.; Paris, 16.59, in-12), fut représentée avec « plus de succès que de mérite », selon la modeste expression de son auteur. Par un seul de ses vers. Despréaux fît la célébrité de cet écrivain médiocre :

On rampe dans la fange aTCC l'abbé de Pure.

* DÉPURER V. a. Méd. et Chim. Rendre plus pur : dépurer un métal, le sang. — w Se dépurer V. pr. Devenir pur.

DÉPU

* DÉPUTATION s. f. Envoi d'une ou de plusieurs personnes chargées d'une mission : députation solennelle. — Réunion d'un corps de députés : une députation de cinq personnes; la députation de ce département n'est pas complète. — Charge, fonction de député, surtout en parlant de ceux qui sont envoyés pour faire partie d'une assemblée délibérante : aspirer à la députation.

' DÉPUTÉ s. m. Celui qui est envoyé par une nation, par un prince, par un corps, etc., pour remplir une mission particulière auprès de quelqu'un, soit seul, soit avec d'autres : les députés de la ville d'Orléans avaient le privilège de s'asseoir devant le roi. — Celui qui est nommé, envoyé pour faire partie d'une assemblée où l'on doit s'occuper des intérêts généraux d'un pays, d'une province, d'une confédération, etc. : les députés du clergé, de la noblesse et du tiers état attx étals généraux.— La

CHAMBRE DES DÉPUTÉS DES DÉl'All lEMENTS OU simplement, LA CIIAMIUIE DES DÉPUTES, 110111 que

l'on donna en France à l'Assemblée législative depuis la restauration des Bourbonsen 1814 jusqu'en 18;;2. Sous le second Empire on disait Corp«%îsfa««/'. Il yeutensuite l'Assemblée nationale. On dit aujourd'hui Chambre des députés. — Législ. Aux termes de la constitution de la Képublique française, du 25 février 187S, la Chambre des députés exerce le pouvoir législatif, concurremment avec le Sénat. Les députés sont élus par le sullrage universel, au scrutin individuel. (Voy. Election). Cha(jue arrondissement nomme un député; les arrondis.sements dont la population excède 100,000 âmes en nomment un par cent mille ou fraction de cent mille habitanls. Les départements de l'Algérie élisent chacun un député, et le même droit est attribué aux quatre colonies de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Réunion, et des Indes françaises. Suivant la loi organique du 30 novembre 18";.'), tout électeur est éligible, sans condition de cens, à l'âge de 2K ans accomplis. Le mandat de député est incompatible : 1° avec l'état de militaire ou marin, quelque soit le grade, en activité deservice, en disponibilité ou en non activité ; sauf pour les ofliciers placés dans la deuxième section du cadre d'élat-major, pour ceux qui maintenus dans la première section ont cessé d'être employés activement, et pour ceux qui sont dans leurs foyers en attendant la liquidation de leur pension; 2" avec l'exercice de toute fonction publique rétribuée sur les fonds de l'Etat, à l'exception des ministres, dessous-secrétaires d'Etat, des ambassadeurs et ministres pléiiipotenliaires, du préfet de la Seine, du prélét de police, des premiers présidents et procureurs généraux de la Cour de cassation, de la Cour des comptes et de la Cour d'appel de Paris, des archevêques et évêques, des pasteurs présidents de consistoires, des grands rabbins du consistoire central etdu consistoire de Paris, des professeurs titulaires de chaires données au concours ou sur la présentation des corps où la vacance s'est produite, enlin des personnes chargées d'une mission temporaire dont la durée n'excède pas six mois. Tout député nommé à une fonction publique salariée autre que celle de ministre ou de soussecrétaire d'Etat, cesse d'appartenir à la Chambre, par le seul fait de l'acceptation de cette fonction ; mais il peut être réélu, si la fonction qu'il occupe n'est pas incompatible avec le mandat de député. La plupart des magistrats de l'ordre judiciaire et certains fonctionnaires de l'ordre administratif ne peuvent être élus dans leur ressort, non seulement pendant la durée de leurs fonctions, mais aussi pendant les six mois qui suivent la cessation desdites fonctions ou le changement de résidence. Les dé|mtés sont nommés pour quatre ans et la Chambre se renouvelle intégralement. En cas de vacance par suite de démission, décès, etc., une nouvelle élec-

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