LA DERNIÈRE MAIN, DONNER LA DERNIÈRE MAIN
QUELQUE CHOSE, l'achover de telle manière, qu'on ne doive plus y revenir, y toucher. —
BrUTUS ET CaSSIUS furent LES DERNIERS DES RO- MAINS, ils furent les derniers Romains qui combattirent pour la liberté de la république. — Le plus récent : étiez-vous à la dernière séance ? — L'année dernière, le mois dernier, LA SEMAINE DERNIÈRE, l'année, le mois, la semaine qui a précédé immédiatement l'année, le mois, la semaine où l'on est. On dit de même, dimanche dernier, et l'été dernier. — Ce qu'il y a d'extrême en chaque genre, soit en bien, soit en mal : arriver au dernier degré de la perfectimi; on l'a traité avec le dernier mépris. — C'est le dernier des hommes, c'est le plus vil, le plus méprisable de tous les hommes. On dit dans le même sens, en parlant d'une femme, c'est la dernière des créatures. — C'est le dernier homme a qui je me confierais, A quije voudrais demander un service, etc., c'est un homme il qui, je ne me confierais nullement, à qui je ne voudrais, à qui je n'oserais jamais demander un service, etc. — Subst. En parlant de certains jeux de main, ne vouloin jamais avoir le dernier, ne vouloir pas souffrir d'être touché le dernier. — Il ne veut JAJiAis avoir le dernier, SB dit ds quelqu'un qui
DERO
veut toujours répliquer dans une dispute. — Prov. Aux derniers les bons, ce qui reste de quelque chose, après que les autres ont choisi, est souvent le meilleur. — Chacune des deux ouvertures de la galerie d'un jeu de paume qui sont les plus éloignées de la corde : cl,asscr un dernier.
• DERNIÈREMENT adv. do temps. Depuis peu, il n'y a pas longtemps: il arriva dernièrement un étrange accident.
• DÉROBÉ, ÉE part, passé de dérober. —
Escalier dérobé, poute dérobée, corridor dérobé, escalier, [lorte, corridor qui servent à dégager un appartement, et par lesquels on peut entrer et sortir sans être vu. — Faire
QUELQUE chose A SES HEURES DÉROUÉES, prendre
sur ses occupatipiis ordinaires le temps de faire une chose. — A la dérobée loc. adv Secrètement, avec une sorte de mystère : il s'en est allé à la dérobée.
' DÉROBER v. a. (anc. haut ail. rob, voler). Faire un larcin, prendre en cachette ce qui appartient à autrui : dérober une bourse. — A quelquefois pour régime le nom de la personne a qui l'on dérobe quelque chose : ce domestique dérobe ses maitrcs. — Fain. S'il a du bien, il ne l'a PAS dérobé, se dit d'un homme qui a acquis du bien par des voies légitimes, et avec beaucoup de peine. — Fig. Dans le sens qui précède : les faveurs que l'intrigue dérobe au mérite. — Se dit, particulièrement, d'un auteur qui prend dans un autre quelque pensée, quelque passage, quel((ues vers, et qui se les approprie : c'est un liardi plagiaire, il dérobe des chapitres entiers. — Se dit encore en parlant du temps, des moments pris sur les heures que l'on consacre à ses affaires, à ses occupations ordinaires: il dérobe chaque jour quelques moments à ses affaires, pour aller voir son vieil ami. — Cacher, empêcher de voir, de découvrir : un mur lui dérobait la vue de la campagne. — Soustraire : dérober un criminel aux poursuites de la justice. — Dérober sa marche, se dit d'une armée qui fait une marche sans que l'ennemi s'en aperçoive. — Fam. Se dit aussi d'une personne qui va d'un côté après avoir fait entendre qu elle voulait aller d'un autre.- — Fig. et fam. Cacher les moyens dont on se sert pour aller à ses fins. — Se dérober V. pr. Se dit d'un objet qu'on cesse peu a peu de voir, soit parce qu'il s'éloigne ou qu'on s'en éloigne, soit parce que la clarté diminue : le vaisseau se déroba en peu de temps à tios regards. — Se soustraire: ils se sont jusqu'à présent dérobés à toutes les recherches. — Se dérober d'une compagnie, ou simplement, SE DÉROBER, se retirer d'une compagnie sans dire mot, sans être aperçu. — Manège. Ce
CHEVAL SE DÉROBE DE DESSOUS l'hOMME, SB dit
d'un cheval qui, tout à coup, et par un mouvement irrégulier, s'échappe de dessous l'homme qui le monte. — Fig. Ses genoux se déhobent sous lui, ses genoux vacillent, et il a peine à se soutenir.
• DÉROBER v. a. (rad. rohr). Oter la robe. Ne s'emploie guère qu'au part, passé, en parlant des fèves de marais que l'on a dépouillées de leur première enveloppe : fèves dérobées.
DÉROCHAGE s. m. Action de dérocher.
DÉROCHER V. a. Enlever delà surf; ce d'une pièce métallique les substances étrangères, telles que sable, corps gras, oxydes, etc., qui la recouvrent.
• DÉROGATION s. f. (lat. derogatio). Action de dérogera une loi, à un acte quelconque de l'autorité publique, h un traité, à un usage, à des droits, etc.; résultat de cette action : il y a dans la nouvelle loi une dérogation à l'ancienne.
' DÉROGATOIRE adj. (lat. dercigatorius). Qui contient une dérogation, qui emporte dérogation : clause dérogatoire.