‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 245 sur 568 · V. 1772, mort à · texte numérisé non relu

V. 1772, mort à

je de 19 ans, il

le Médecin mal-

ia musique. Lors-

luitta la France,

Saint-Domingue

jousé un colon.

le insurrection.

Tes, il fut jeté

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'nis, où il con-

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'1797). A par-

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en 1825. Atteint de la pierre, il au. •' une opération chirurgicale à la suite de lelle il mourut. Depuis ISOS, il faisait partie, du Caveau moderne, dont il était le plus joyeux convive et pour lequel il composa la plupart des piquantes chansons qui sonl restées son véritable titre de gloire. Quelques-unes, comme les séries de Cadet Buteux, n'ont obtenu qu'un succès passager; mais Monsieur et madame Denis; Quand on est mort, c'est pour longtemps; fetite pluie abat grand cent; L'Eau va toujours à la rivière; Les Côups;la Cheminée et une foule d'autres ont mérite de rester parmi nos chansons les plus populaires. Les chansons de Désaugiers ont été réunies en 1808-16(3 vol.) et en Ï823. Garnier en a publié une édition elzévirienne en un seul volume, 1848.

DESAULT (Pierre-Joseph) [de-zô], chirurgien, né au Magnv-Veinais (Haute- Saône) en 1744, mort en 1795. En 176(), il ouvrit à Paris un cours d'anatoinie, devint chirurgien en chef de la Chanté, puis de l'Hùtel-Dieu. Nommé plus tard professeur à la nouvelle école de santé, il mourut subitement. Sa veuve reçut une pension en récompense des nombreux perfectionnements qu'il avait apportés dans le traitement des fractures et dans la ligature des artères. 11 écrivit avec Chopart un Traité de maladies chirurgicales. Ses Œuvres chirurgicales ont été réunies par Bichat(3 vol. 'I798-'9).

* DÉSAVANTAGE s. m. Infériorité en quelque genre que ce soit de combat, de lutte, de dispute, de concurrence, etc. : l'infanterie a du désavantage en rase campagne contre la cavalerie. — Se dit aussi en parlant des choses qui font qu'on a du désavantage >; le désavantage des armes. — Préjudice, dommage : l'affaire a tourné à leur désavantage. — Voir quelqu'un A SON DÉSAVANTAGE, le voir SOUS uu aspect.sous un jour détavorabie. On dit dans un sens analogue, SE MONTRER A SON DÉSAVANTAGE.

DÉSA'VANTAGER v. a. Faire subir un désavantage, ôler un avantage.

* DÉSAVANTAGEDSEMENT adv. D'une manière d>^savantageuse.

•DÉSA'VANTAGEDX.EUSEadj. Qui cause ou qui peutcauser du désavantaf-'e, du préjudice, du dommage : cette clause du contrat vous est désavantageuse. — Art milit. Puste dé.savan- TAGEUX, poste mal choisi ou mauvais par la situation, el où il est malaisé que des troupes puissent se défendre.

* DÉSA'VEU s. m. Dénégation : on prétendait qu'il avait tenu ce propos ; mais il a fait un désaveu formel. — Jurispr. Le désaveu d'un enfant LÉGITIME, l'acte par lequel un mari refuse de reconnaître un enfant dont sa femme est accouchée. On dit de même, désaveu dk tater- KiTÉ. — Rétiactation : il fil un désaveu public

de sa doctrine. — Action ou acte par lequel on déclare n'avoir point autorisé une personne à faire ou à dire ce qu'elle a fait ou dit : il exigea de ce prince un désaveu formel de la conduite tenue en cette occasion par son ambassadeiiT. — Par ext. Tout ce qui équivaut à un désaveu : sa vie entière est im désaveu des principes qu'on lui suppose. — Législ. « L'action en désaveu de paiernitr peut être exercée par le mari ou par ses héritiers, dans les cas suivants ; l^pour cause d'impossibilité de cohabitation pendant le temps légal de la conception (C. civ. 312) (voy. Conception); mais rimjiuissance du mari ne peut être alléguée : i" en cas d'adultère de la femme, lorsque la naissance de l'enfant a été cachée au mari et que celui-ci peut justifier qu'il n'en est pas le père (id.313); 3° en cas de séparation de corps prononcée ou même demandée, lorsque reniant est né 300 jours après l'ordonnance du président du tribunal autorisant la femme à quitter provisoirement le domicile du mari, et moins de 180 jours depuis le rejet définitif de la demande ou depuis la réconciliation, et pourvu qu'il n'y ait pas eu, pendant ce délai, réunion de fait entre les époux (L. 6 décembre ISoOj; 4" si l'enfant est né avant le cent quatre-vingtième jour du mariage, à moins que le mari n'ait eu connais-iance de la grossesse avant le mariage, ou qu'il ail assisté à l'acte de naissance et signé cet acte ou déclaré ne savoir signer, ou encore à moins que l'enfant ne soit pas viable (C. civ. 314) ; o" si l'enfant est né 300 jours après la dissolution du mariage ; mais, dans ce dernier cas, il s'agit plutôt d'une contestation de légiUrailé que de l'action en désaveu proprement dite (id. 31a). L'action eu désaveu doit être intentée dans des délais déterminés, savoir : dans le mois de la naissance de l'entant, si le mari se trouve alors sur les lieux ; dans les deux mois du retour du mari, lorsque celui-ci était absent au moment de la naissance; dans le même délai de deux mois depuis la découverte du fait par le mari, si la naissance lui avait été cachée (id. 316). Enfin si le mari est mort avant d'avoir fait la déclaration de désaveu, mais étant encore dans le délai utile pour le faire, ses héritiers ont, pour eonstesterla légitimité de l'enfant, un délai de deux mois à compter du jour où cet enlaut a été misen possession desbiensdu mari ou àcompter de l'époque ou lesdils héritiers ont été troublés par l'enfant dans cette possession (id. 317). Tout acte extrajudiciaire, contenant le désaveu de la part du mari ou de ses héritiers, est considéré comme non avenu, .s'il n'est suivi, dans le délai d'un mois, d'une action en justice. Cette action doit être dirigée contre un tuteur adhoc donné à l'enfant el la mère doit être représentée à l'instance (id. 318). Le désaveu d'un avoué est une action spéciale, exercée par une partie qui a été ou qui se trouve en instance devant un tribunal ou une cour, el tendant à faire juger qu'un aveu, un consentement, une oifre faite ou acceptée en justice au nom de ladite partie par son avoué, l'a été sans son autorisation. Le désaveu doit être fait au greffe et il est l'objet d'une procédure spéciale (C.pr. 352 à 362). L'action en désaveu est admise non seulement contre les avoués, mais aussi contre les huissiers. Elle est également recevable conti-e les avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation (Régi. 28 juin 1738; Décr. 22 juillet 1806). Lorsqu'une partie à laquelle on oppose un acte sous seing privé désaooue son écriture ou sa signature, la vérification en est ordonnée par iuslice(C. civ. 1323 ets.).{Voy. Vérification.)»

(Gh. y.)

* DÉSAVEDGLER v. a. Tirer quelqu'un de l'aveuglement, le détromper d'une erreur, le guérir d'une passion.

DÉSAVOUABLE adj. Ce que l'on peut, ce que l'on doit dé.savouer.

* DESAVOUER v. a. Nier d'avoir dit ou fait quelque chose : vous l'avez dit, vous n'oseriez le désavouer. — Ne vouloir pas reconnaître une chose pour sienne: désavouer un ouvrage; désavouer sa signature. — Rétracter : lui-même désavoua les opinions, les doctrines qu'il avait professées jusqu'alors. — Déclarer qu'on n'avait point autorisé quelqu'un à faire ou à dire ce qu'il a fait ou dit : désavouer un mandataire. On dit de même, désavouer les paroles, la conduite, etc., d'un ambassadeur, d'un agent quelconque. — Fig. Désapprouver, condamner, réprouver : principes que la morale désavoue.

DESBARREAUX. Vov. Barreaux (des).

DESBORDES -VALMORE iMarceline-Fèlicité- Josèphe Uksbordes, dame Valmore), femme poète, née à Douai en I78.T, morte en IS.'i'J. Sa jeunesse fut des plus malheureuses. Orpheline, elle n'eut d'autre ressource que de se faire comédienne. Elle obtint quelque succès el épousa à Bruxelles, un acteur de talent, Valmore. En 1818, elle publia sous le titrede: Elégies et Romances, un recueil de charmaiiles poé.sies, quifuttrèsapprécié au moment même du réveil des lettres en Franco. Ses autres ouvrages n'obtinrent pas moins de succès. Les Anges de la famille (1850, in-18) furent couronnés par l'Académie française. Elle a collaboré à la Muse française, au lUusée des familles, au Conteur, etc., et a laissé plusieurs romans.

DESGARTES (René) [dé-kar-te] (lat. Renatus Cartesius), philosophe, né à la Haye (Indre-et- Loire), le 31 mars 1596, mort le 11 février 1650. 11 sortit à seize ans à peine, du collège des .lésuites de la Flèche, se prépara à la carrière des armes, rejoigniten 1616 l'armée de Maurice de Nassau, et pendant qu'il était en garnison à Bréda, composa sou Compendiiim Musicie. En 1619, il entra au service de Maximilien de Bavière el fit avec les Impériaux la campagne de Hongrie en 1621. Les atrocités, dont il fut témoin pendant cette guerre, le décidèrent à donner sa démission. Il vendit ses propriétés en France, et pendant plusieurs années voyagea en Europe, s'occupant à réunir les premiers matériaux dont il devait plus tard tirer ses grandes découvertes en géométrie. Retiré en Hollande, il y mena ensuite la vie d'un ascète. En 1637, il se rendit célèbre par la pubhcation de son Discours sur la Méthode, qui contenait des traités sur la méthode, sur la dioptrique, sur les météores et sur la géométrie. En 1641, il publia en latin les Mediiationes de primé philosophid, ouvrage qui contient des observations sur des questions abstruses, telles que l'existence de Dieu el l'iuimortalité de l'âme. Sa réputation devint européenne et, en 1641, Louis XIII l'invita à venir en France, mais il refusa de quitter sa retraite. En 1644, il publia ses Principia Philosophiae, el vint ensuite en France où ou lui accorda une pension annuelle de 3,000 livres. Puis, sur l'invitation de la reine Christine de Suède, il partit pour Stockholm, où il mourut au bout de deux ans, Eu 1666, Louis XIV ordonna d'exhumer ses restes, de les rapporter en France où il leur fit élever un monument dans l'église Saint- Etienne -du -Mont. — Descartes a créé une époque dans l'histoire de la philosophie; il peut être placé au rang de Platon, d'Aristole, de Bacon, de Newion el de Kanl. Il fut avecBacon,l'un des fondateurs de la philosophie moderne, mais il poussa ses recherches plus loin que lui sur beaucoup de points, et quelquefois même dans des sphères inexplorées par l'autre. Ce que Bacon accomplit jiour les sciences naturelles, Descaries le lit pour lessciences morales et métaphysiques: comme métaphysicien, il fut la source où tout le siècle qui le suivit, puisa ses spéculalioiis. Le principe fondamental de la philosophie de Descaries est sa méthode, qui prend son point de départ dans le doute universel, et place le critérium de toute certitude dans l'évidence,

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ou, en d'autres termes, dans la raison. De la conscience individuelle, il fait son principe fondamental et la source de toute philosophie exacte {cogito, ergo sum); une distinction radicale existe entre l'âme et le corps, l'attribut essentiel de la première étant la pensée, celui du second l'extension. La démonstration de l'existence de Dieu se tire de l'idée de l'infini; les idées se divi-^ent en idées innées, en idées factices ou créées par nous, et en idées adventices, ou idées qui nous viennent du dehors, grâce aux sens qui nous les transmettent; la conservation est une création perpétuelle. Le cartésianisme ou philosophie de Descartes remplaça de suite l'aristotélisme; son iniluence passa des cloîtres et des écoles à la littérature populaire; tous les grands écrivains du siècle de LouisXlV avaient une teinte de cette philosophie; mais au moment même où le cartésianisme était universellement accepté, il commença à décliner, et il disparut ensuite avec une rapidité semblable à celle qu'il avait eue en s'élevant. C'est qu'une nouvelle philosophie venait do naître : celle de Locke, et que, de plus, les principes deDescartessont souvent impuissants à résoudre les problèmes les plus élevés dont il avait la prétention de donner la démonstration; enfin, les découvertes de Newton et les progrès de la physique, discréditèrent ses théories physiques et détruisirent ses conclusions métaphysiques. — Dans le domaine de la géométrie, la gloire de Descartes restera intacte, parce que c'est à lui que le monde savant doit l'invention de la géométrie analytique. — Après la mort de cet homme illustre furent publiés plusieurs ouvrages qui complètent ceux qu'il avait donnés de son vivant : le Monde de Descartes ou le Traité de la lumière (1 664) ; le Traité de l'homme et de la formation du fœtus (1664); et les Lettres de René Descartes (3 vol. 16o7-'67). — La première édition des œuvres complètes de Descartes a pour titre Opéra omnia R. Cartesii (Amsterdam, 1690-1701, 9 vol. in-4'' ; nouv. édit. en 1713); l'édition la plus estimée est celle de V. Cousin (1824-'-26, M vol. in-8"). — Voy. Baillet, Vie de Descartes, (Paris 1691, 2 vol. in-4°); Bordas-Desmoulins, Le Carti'sianwme (1843, 2 vol. in-4''); Bouillier, Histoire de la philosophie cartésienne [iS'M, 2 vol. in-8°)

* DESCELLEMENT s. m. Action de desceller : le dcS( clliUhut de cette pierre a été très difficile.

* DESCELLER v. a. Détacherce qui est scellé en plâtre, en plomb, etc. : il faut desceller ces gonds. - Oter le sceau d'un acte, d'un titre.

— vv Se desceller v. pr. Etre descellé.

* DESCENDANCE s. f. Extraction, filiation : il dit qu'il est de cette maison, mais il tîe prouve pas bien sa descendance ; la généalogie et descendance d'un tel.

* DESCENDANT, ANTE adj. Qui descend ; la

marée descendante, ou substantiv., le descendant. — Anat. : aorte descendante. — Art milit. Garde descendante, celle qu'on relève.

— Généal. Ligne descendante, postérité de quelqu'un. — Mus. Gamme descendante, suite des tons de la gamme entonnée du haut en bas. — Astron. Signes descendants, signes du zodiaque par lesquels le soleil paraît descendre, depuis le solstice d'été jusqu'au solstice d'hiver. — Arithm. Progression descendante, celle dont les nombres vont en décroissant.

* DESCENDANT, ANTE s. Celui, celle qui descend, qui tire son origine d'une personne, d'une race. S'emploie le plus souvent au pluriel : le mariage est défendu entre les ascendants et descendants en ligne directe. — LégisL « Les descendants d'une personne sont exclusivement ses enfants et tous ceux qui en sont issus en ligne directe. Le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants légitimes ou naturels et les

DÊSC

alliés en ligne directe (C. civ. 161). A l'ouverture d'niie succession, les descendants, s'il en existe, excluent tous les autres parents et succèdent à leur ascendant, sans distinction de sexe ou de primogéniture, et encore qu'ils soient issus de dillérents mariages. La représentation, cette fiction que la loi consacre en matière de succession et qui fait entrer les représentants d'une personne dans le degré et dans les droits du représenté, a lieu à l'infini dans la ligne directe descendante; tandis qu'elle n'est admise, dans la ligne collatérale, qu'en faveur des descendants do frères ou sœurs du défunt (id. 736 à 74o). Devant lescours d'assises, les descendants de l'accusé ne peuvent être admis comme témoins; mais leur audition n'est pas une cause de nullité, lorsque, soit le procureur général, soit la partie civile, soit les accusés ne s'y sont pas opposés (C. inst. crim. 322). » (Ch. Y.)

•DESCENDRE v. n. [dé-san-dre](lat. descendere). Aller de haut en bas. Se conjugue avec le verbe avoir ou avec le verbe être, selon que l'on considère l'action ou son résultat : descendre d'une montagne dans la plaine. On l'emploie souvent dans un sens actif: descendre les degrés, l'escalier. — Descendre a terre, ou simplement descendre, débarquer. — Fig.

Descendre DU TRÔNE, cesserderégner. — Poétiq. Descendre ao cercueii,, au tombeau, mourir. — Art milit. — Descendue la garde, la tranchée, se dit d'une troupe qui se retire d'un poste, d'une tranchée, après avoir été relevée par une autre. — Fig. S'emploie quelquefois dans le premier des sens qui précèdent. Descendre EN soi-même, descendre DANS SA CONS- CIENCE, consulter, interroger sa conscience. Descendre dans le détail, dans les détails d'une affaire, d'une question, en rapporter ou en examiner les particularités, les circonstances. — Faire une irru[)tioii à main armée en arrivant par mer : lis Sarrasins desiendirent en Espagne, — Se dit aussi d'une irruption qui se fait par terre, quand on vient d'un pays qui est regardé comme plus élevé : les Goths, les liombards descendirent en Italie. — Absol. Mettre pied à terre, se ditd'un voyageur qui s'arrête qnelijue part iioiir coucher, pour faire un séjour, etc. ; il alla descendre chei un de ses amis. — Palais. Se transporter en quelque endroit pour y procéder à un examen ou à toute autre opération : la justice a descendu chez lui. — Fig. S'abaisser; se dit tant en bonne qu'en mauvaise part : il descendit jusqu'à la prière; il descend à des détails trop minutieux. — Fig. Déchoir: parvenu à ce degré de puissance, il ne pouvait plus que descendre. — Se dit, par une extension du premier sens, de tout ce qui tend, se dirige ou est porté, poussé de haut en bas ; quand on a mêlé des substances lèijères et des substances j)esnntes, ces dernières descendent; les rivières descendent, vont toujours en descendant depuis leur source. Se prend quelquefois activement: les bateaux qui descendent la rivière.

Mais, biglas î vers le dénouement, Arrive la gendarmerie, L'on nie sitisit et t'')n me pend...

Et je descpiids ainsi g.iiment Le fleuve de la vie.

DupiN, RocHEPORT et F. Langlb : l'Apothéose de Polichinelle.

Fig. : la corruption ne tarda pas à descendre des hautes classes par7ni le peuple. — Baisser: le thermomètre a descendu de quatre degrés depuis hier. — S'étendre de haut en bas : ses cheveux lui descendent jusqu'à la ceinture. — Aller en pente : la route descend beaucoup en cet endroit. — Fig. Mus. Aller, passer de l'aigu au grave : descendre avec facilité en chantant. — Généal. Etre issu, tirer son origine d'une personne, d'une race : les Français descendent des Germains.— v. a. Oter une chose ou une personne d'un lieu haut pour la mettre plus bas : descendez ce tableau ; on a descendu plusieurs passagers dans cette ile. — i-v Argot.

Jeter à. terre, tuer. quitter le poste de la v

•DESCENTES, f. [dé-., cendre, ou par laquelle en parachute; cettemnnl cente. — A la descente, au moment de la desci rapporte ordinairemen quée par le régime direc qui précède : il lui don, cente de l'escalier. — li par mer ou par terre : i dans la Neustrie ; les An en Flandre. — Action un lieu par autorité de „

tlB LA GARDE,

ction de desnd : descente ide à la desla descente, locution se sonne indi- •ct du verbe i à la des- !s ennemis ■■ Normands ne descente orter dans .r en faire la visite, pour y procéder à quelque perquisition, etc. : la justice a fait une descente chez lui. — Pente par laquelle on descend : notre voiture a failli verser à la descente de cette colline. — Art milit. Descente de fossé, tranchée ou galerie que l'assiégeant pratique à travers la contrescarpe pour atteindre le fond du fossé. — Par ext. Mouvement de haut en bas de quelque chose que ce soit : hâter la descente d'un aérostat, en laissant échapper une partie du gaz qu'il contient. — Chir. Absol. Hernie, rupture, incommodité qui consiste dans le déplacement des intestins : il a une descente qui l'empêche d'allerà cheval. — Archit. Tuyau qui porte les eaux d'un chéneau ou d'une cuvette jusque surle pavé, ou par lequel descendent les eaux d'un réservoir : une descente de fer, de plomb. Ou dit dans le même sens, tuyau de descente. — Action par laquelle on descend quelque chose : la descente de la chasse de sainte Geneviève.- -Desckkce de croix, tableau, gravure représentant Notre-Seigneur qu'on détache de la croix. — *v Descente de LIT, tapis que l'on met devant un lit. — * Méd. Descente de matrice, déplacement de la matrice, dans lequel cet organe est plus ou moins abaissé et paraît quelquefois en dehors. Lorsque la descente est prononcée, la malade ressent des douleurs aux reins et aux aines, de la pesanteur au périnée et des envies fréquentes d'uriner; elleperd ses forces. Quelquefois, il suffit d'avoir recours aux injections légèrement astringentes (décoction d'écorce de chêne ou de quinquina), des bains froids et des douches sur les aines. Lorsque la chute est complète, on doit refouler l'utérus et le maintenir en place à l'aide d'un pessaire. — • Législ. « On appelle descente sur les lieux, ou vistte sur les lieux, le transport d'un juge, assisté de son greffier, sur les lieux contentieux, en présence des parties en instance. Lorsqu'un juge de paix décide de se transporter sur les lieux, il rend un jugement préparatoire qui fixe le monientoii cette visite aura lieu avec ou sans l'assistance d'experts ; ceux-ci prêtent serment avant d'opérer. Dans les causes sujettes à appel, le greffier dresse un procè=-verbal delà visite(C.pr. 30, 41 et s.). Si la descente sur les lieux est ordonnée par un tribunal, le jugement commet l'un des juges qui y ont pris part; et ce juge-commissaire fixe, par une ordonnance, lejour, le lieu et l'heure de la descente. Il est dressé procèsverbal des opérations. Les frais de transport sont avancés par la partie qui a requis la desconte sur le^ lieux (id 29oà301). » (Ch. Y.)

DESCHAMPS iEustache)[dé-chan], di t Morel, poèli-, lie a Vertus, en Champagne, vers l'an 1320, mort vers le commencement du xv" siècle. Il voyagea en Europe, en Asie et en Afrique, fut prisonnier des Maures, servit dans les armées de Charles VI et, dégoûté des aventures, se livra à la poésie. Crapelet a publié ses Poésies (1832, in-S") et Prosper Tarbé ses œuvres inédites (1849, î vol.) Eustacbe Deschamps mérite le titre de « père de la poésie française », autant et même mieux que Charles d'Orléans.

DESCHAMPS L (Emile Deschamps de Saint- Amand, connu sous le nom d'Emile), poêle, né

DÉSE

à Bourges en 1791, mort à Versailles le 25 avril 187). En 181 -2, il composa une ode, la Paix conquise, qui lui valut un emploi dans l'administration des domaines. En 1818, il donna à l'Odéon, avec la collaboration de Henri de Latouche. deux comédies en vers, Selmours (3 a.) et le Tow de faveur (1 a.), qui furent accueillies avec beaucoup de bienveillance. Il fonda, en 1824, la Muse française, journal qui eut pour rédacteurs des écrivains tels que Victor Hugo, de Vigny, etc. Les articles qu'il y publia ont été réunis en 182o sous le titre de : le Jeune Moraliste du xixe siècle. En 1828 parurent les Etudes françaises et étrangères, recueil de poésies de i'école chevelue, qui furentplusieurs fois réimprimées; elles comprennent des traductions ou des imitations de poèmes espagnols et allemands et des poésies originales. En 1839 et en 1844, Emile Ueschamps donna ses œuvres les plus éminentes qui sont la traduction en vers de Roméo et Juliette et de Macbeth. Ses CEuvres comptes ont été éditées par Lemerre.(1872-'74, 6 vol. in-r2).— II. (Antony Deschamps DE Saint- Amand, connu sous le nom d' Antony), poète, frère du précédent, néàParis lel2mars 1800, mort à Passy en 1869. Il appartint, lui aussi, au cénacle romantique, donna une traduction en vers de la Divine Comédie (1829), Trois Satires politiques (1829), des Satires (1834) et des élégies, parmi lesquelles la iltisîgnation, elcollabora à la Revue des Deux-Mondes, au Journal des Débats, etc.

DESCRIPTEUR s. m. Celui qui décrit: Geoffroy Saijit-Hilaire, le descripteur et le classip.caleur des mammifères.

DESCRIPTIBLE adj. Qui peut être décrit.

* DESCRIPTIF, IVE adj. Qui a pour objet de décrire : genre descriptif; poésie descriptive ; géométrie descriptive ; anutomie descriptive.

' DESCRIPTION s. f. (lat. descriptio). Discours par lequel on décrit, on dépeint : il y a de belles descriptions dans cet historien, dans ce poète. — Inventaire qui indique le nombre et la qualité des meubles, papiers, etc., qui se trouvent dans une maison : le procès-verbal de saisie contient la description des meubles. — Livre qui fait connaître l'état présent d'une province, d'un royaume, d'une partie du monde : description de l'Egypte, de l'Afrique, etc. — Définition imparfaite : ce n'est pas une définition, ce n'est qu'une description. — w Action de décrire, de tracer : description d'un cercle, d'une ellipse.

DESCROIZILLES (Fr. -Antoine-Henri), chimiste, né à Dieppe vers 174.'), mort à Paris en 1825. La plus célèbre de ses nombreuses inventions est celle de l'alcalimètre, qui porte son nom. Il a laissé une Méthodepour conserver les blés (1819, in-8°).

DESDÉMONE, héroïne du drame de Shakespeare, Othello ou le Maure de Venise. Son époux, Othello, poussé par la jalousie, l'étoull'e sous des coussins. Elle est le type de la femme vertueuse, victime de la jalousie.

* DÉSÉCHOUER V. a. Relever, remettre àflot

un hùlimeiit qui était échoué.

DESEILLIGNY (Alfred-Nicolas PiERBOT).Voy.

PiEiiiinT-UESEiLLiG.NY. — Déseins. (V. i>.)

' DÉSEMBALLAGE s, m. Action de désemballf-i.

* DÉSEMBALLER v. a. Défaire une balle, et en tirer ce qui était emballé : ona désemballé ces marchandises.

* DÉSEMBARQUEMENT s. m. Action de désembarquer : le désembarquement fut bientôt fait.

* DÉSEMBARQUER v. a. Tirer ou fnire sortir du navire, avant le départ, ou avant l'arrivée au lieu de destination : il fallut désembarquer les troupes à moitié chemin.

DÉSE

♦ DÉSEMBOURBER v. a. Tirer hors de la bourbe : il faut désembourber cette voiture, cette charrette. — Se désembourber v. pr. Désenibourber soi, son attelage -.jamais ce charretier ne pourra se désembourber.

DÉSEMMANCHER v. a. Oter le manche d'un outil. — Se désemmancher v. pr. Quitter, perdre son manche.

* DÉSEMPARER?, n. Abandonner le lieu où l'on est, eu sortir : les ennemis qui étaient devant la place ont désemparé. Quelquefois actif: désemparer la ville, le camp. — Sans désemparer, sans quitter !a place : l'assemblée arrêta qu'elle statuerait sans désemparer. — v. a.Mar. Démâter un bâtiment, en ruiner les manœuvres, et le mettre hors d'état de servir : ce vaisseau fut désemparé à coups de canon.

' DÉSEMPENNÉ, ÉE adj. Dégarni de plumes. Vieu.\ mol qui s'est conservé dans celle phrase proverbiale, aujourd'hui peu usitée : il va COMME UN TRAIT DÉSEMPENNÉ, il Va de travers.

" DÉSEMPESER v. a. Oler l'empois d'une éloll'e, en la faisant tremper, ou en l'imprégnant d'humidité : il faut désempeser ce bonnet, ces manchettes. — Se désempeser v. pr. Perdre son empois : mon jabot s'est tout désempesé, tant l'air est humide.

' DÉSEMPLIR V. a. Vider en partie, faire qu'une chose qui était pleine le soit moins: il faut désemplir cette malle, elle est trop pleine.

— Souvent neutre, et alors, on ne l'emploie guère qu'avec quelque négation : sa maison ne désemplit point de monde, ne désemplit point; sa bourse ne désemplit point, quelque dépense qu'il fasse. — Se désemplir v. pr. Devenir moins plein : ce canal Hait plein d'eau, mais il se désemplit tous les jours.

DÉSEMPOISONNER v. a. Faire cesser l'effet du poison.

DÉSEMPOISSONNER v. a. Oter, détruire le poissuu d'une rivière, d'un étang.

DÉSEMPRISONNERv. a. Tirer, faire sortir

de prison.

DÉSENCHAÎNER v. a. Oter ce qui enchaîne.

— Se désenchaîner v. pr. Se débarrasser de

ses chaiues.

■ DÉSENCHANTEMENT s. m. Action de désenchanter, état de ce qui est désenchanté : ce fut alors un désenchantement complet.

- DÉSENCHANTER v. a. Rompre l'enchantement, le faire linir ; le peuple croit que les sorciers peuvent enchanter et désenchanter. — Fig. Guérir quelqu'un d'une passion, faire cesser l'engouement de quelqu'un : on aura bien de la peine à désenchanter ce jeune homme. — Par ext. Enlever à quelqu'un les goûts, les sentiments, les illusions qui faisaient le charme de sa vie : l'expérience désenchante presque tous les hommes.

DÉSENCHANTEUR, TERESSE adj. Qui déseiicbanle : paroles désenchatiteresses. — suh'il. Celui ou celle qui désenchante : c'est un triste désenchanteur.

' DÉSENCLA'^ER v. a. Faire cesser l'enclavemeiil, sujiprimer une enclave : il a dû acheter pdu.neurs morceaux de terre pour désenclaver sa propriété. — Se désenclaver v. pr. Désenclaver sa propriété : ce propriétaire n'est jjus parvenu à se désenclaver.

DÉSENCLOUAGE s m. Action de désenclouer une pièce de canon.

* DÉSENCLOUER v. a. Tirer un clou de l'endroit où il est enfoncé. On l'emploie principalement dans ces phrases : déskncluueu u.n CHEVAL, lui ôter un clou qui le faisait boiter; DÉSENCLOUER UN CANON, ôtcr le clou qui avait été enfoncé dans la lumière d'un canon pour le iiiillre hors de service.

DÉSENCOMBREMENT s. m. Action de désencombrer.

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* DÉSENCOMBRER v. a. Débarrasser de décombres; faire cesser un encombrement : on eut de la peine à désencombrer la place des ruines qui y étaient accumulées ; on fut plusieurs heures à désencombrer ce jiassage. — w Fig. Lever un obstacle.

* DÉSENFILER v. a. Faire que ce qui était

enfilé ne le soit plus : désni filer des pe} les. — Se désenfiler v. pr. Etre désenfilé : ces perles

se sont désenfiUes.

' DÉSENFLER v. a. Faire qu'une chose enflée cesse de l'être, ou le soit moins : désenfler un ballon. — v. n. Devenir moins enflé, ou cesser d'être enflé : son bras commence à désenfler. — Se désenfler v. pr. Devenir moins enflé : son bras se disenfie.

* DÉSENFLURE .s. f. Diminution ou cessation d'enflure : ce malade est bien désenflé, cependant la désenflure n'est pas complète.

DÉSENGRENER v. a. Dégager un engrena,i:e ou ce qui est engrené.

* DÉSENIVRER v. a. [dé-zan-ni-vré]. Faire passer l'ivresse : le sommeil l'a désenivré. — S'emploie quelquefois fig. : son enthousiasme dura peu, la réflexion l'eut bientôt désenivré. — v. n. Cet homme ne désenivre point, il est toujours ivre. — Se désenivrer v. pr. Cesser d'être ivre ; il a besoin de dormir pour se désenivrer.

' DÉSENNUYER v. a. [dé-zan-nui-ié]. Dissiper, chasser l'ennui de quelqu'un : je cherchais par toutes sortes de moyens à le désennuyer; absol. : la lecture désennuie. — Se désennuyer, V. pr. Chasser son ennui : en désennuyant les autres, il se désennuie lui-même.

' ÛÉSENRAYER v. a. Se conjugue comme RAYER. Oter la corde, la chaîne, ou le sabot qui empêche que la roue d'une voilure ne tourne : la descente est moins rapide, on peut désenrayer la roue. Absol. : il faut désenrayer.

' DÉSENRHUMER v. a. Guérir le rhume, faire cesser le rhume ; le sirop de guimauve m'a dèsenrhumé. — Se désenrhumer v. pr. Guérir son rhume : il s'est dèsenrhumé.

' DÉSENROUER v. a. Faire cesser l'enrouement : le sirop de mûres l'a déscnroué. — Se désenrouer v. pr. Guérir son enrouement : se désenrouer en buvant de l'eau fraîche.

' DÉSENSABLER v. a. Dégager un bateau ensablé : on eut de la peine à désensabler ce bateait.

* DÉSENSEVELIR v. a. Oler le linceul qui ensevelissait un mort : on a désenseveli le corps pour le faire visiter par les chirui'giens.

' DÉSENSORCELER v. a. Délivrer de l'ensorcellement : il prétendait qu'on avait jetéun sort sur elle, et entreprit de la désensorceler. — Fig. Se dit aussi dans le langage familier : i/ o une passion violente pour cette femme, on ne peut le désensorceler.

* DÉSENSORCELLEMENT s. m. Action de

désensorceler : ii n'y a que les ignorants qui croient aux ensorcellements et aux désensorcellemenls.

' DÉSENTÉTER v. a. Faire cesser l'entêtement, la prévention de quelqu'un : on ne saurait le désentêter de cette femme ; c'est une opinion dont il faut essayer de le désentêter. — Se désentêter v. pr. Désentêter soi : c'est un préjuge dont il ne peut se désentêter. Familier et peu usité.

DÉSENTORTILLER v. a. Démêler ce qui était entortillé. — Se désentortiller v. pr. Ge.'^ser d'être entortillé.

DÉSENTRAVER v. a Oter les entraves. — Fig. .'Xplanir les difficultés.

'DÉSERT, ERTE adj.[dé-zèr] (lat. desertus). Inhabité, qui n'est guère fréquenté : lieu désert, ville déserte. — Ane. Prat. On disailqu'uN APPEL ÉTAIT DÉSERT, quand celui qui l'avait in-

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ryKSE

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terjeté ne l'avait pus relevé, par lettres dans les trois mois.

* DÉSERT s. m. I.ieu, pays désert ; ks Turrs ont fait lie vaUcs déserts des plus belles provinces de l'Asie.

Je n'ai plus â t'olTrir qu'un désfrt et mou cœur.

VoLTiinB. Ahire, acte IV. se. iv.

— Fi?, et fain. PRÈcnKu d.^ns le désert, n'avoir pas d'auditeurs, ou n'être point écouté.

— Par exag. Lieu où il y a peu d'habitants; et, fig;., lieu dans lequiîl on se trouve fort isolé, quoiqu'il ne manque point d'habitants : c'est un désert que cette ville; depuis votre départ, cette capitale est un désert pour moi.

* DÉSERTÉ, ÉE part, passé de déserter.

N'est usité que dans le sens d'abandonné: les campagnes sont désertées pendant la ijuerre.

* DÉSERTER v. a. Abandonner un lieu, pour quelque cause que ce soit : la ijuerre et la peste ont fait déserter ces villes. AbsnI. : cet homme est si importun, qu'il me fera déserter.

— Se dit également des militaires et des marins qui abandonnent le service sans congé : déserter les drapeaux. Dans cette acception, s'emploie surtout absolument : déserter (a'C'j armes et bagage. — Déserter a l'e.nn'kmi, passer à l'ennemi. On dit par opposition, déserter A l'intérieur. — Fig. Abandonner une religion, une cause, un parti, etc. : il déserta le parti pour lequel il avait si longtemps combattu. — S'emploie aussi neutral. dans les deux premiers sens, et se fait suivre alors de la préposition de : la fumée me fera déserter de la maison ; il a déserté du régiment.

* DÉSERTEUR s. m. Militaire ou marin qui déserte, ou qui a déserté ; lois contre les déserteurs. — Fig. Celui qui abandonne une religion, une cause, un parti, etc., qui se sépare d'une association, d'une compagnie, ou ([ui en trahit les intérêts : déserteur de la foi de ses pères; je vous ramène notre déserteur. S'emploie quelquefois par plaisanterie comme dans le dernier exemple.

'DÉSERTIONS, f.. Action dedéserler, de quitter sans congé le service de l'Elat : la désertion des soldats avait affaibli l'armée. — Fig. Se dit d'une personne qui se sépare d'un parii, d'une association, d'une compagnie, etc. : nous ne vous pardonnerons pas votre désertion.

— Ane. Prat. Désertion d'appel, abandonnemenl d'appel, faute de le relever dans le temps prescrit. — Législ. « Les peines infligées aux déserteurs varient selon les circonstances; et il importe de bien déterminer le fait de désertion. Les engagés ou appelés, n'ayant pas encore servi, ne sont pas réputés déserteurs, mais insoumis, s'ils ne sont pas rendus à destination, sauf en cas de force majeure, dans le mois qui suit lejourtixé par leur ordre de route. 11 en est de même desliommesde la disfionibilité, de la réserve ou de l'armée territoriale qui, ayant déjà servi et étant appelés par ordre individuel, ne sont pas rendus à leur destination dans les quinze jours qui suivent celui fixé par leur ordre de route. La peine inlligée aux insoumis est un emprisonnement d'un mois à un an, en temps de paix, et de deux à cin([ ans en temps de guerre (L. "27 juillet 187'2, art. (il). Mais tout sous-oflicier, caporal, brigadier ou soldat qui s'absente de son corps ou de son détachement, sans autorisation, est considéré comme rft'4'(;rteî<r(U'(»(t')'('eiH', six jours après le jour de l'absence constatée ; s'il s'agit d'un soldat qui n'a pas encore trois mois de service, il n'est considéré comme déserteur qu'après un mois d'absence. Pour un sous-officier, caporal ou soldat, voyageant isolément, le délai est de quinze jours après l'époque fixée pour son arrivée au corps. En temps de guerre, ces délais sont réduits des deux tiers. La peine est, eu temps de paix, de deux à cinq ans d'emprisonnement; et en temps de guerre, de deux à cinq ans de travaux publics; mais la durée de l'une ou de

l'autre peine ne peut être moindre de trois ans, lorsque le coupable a emmené son cheval ou emporté soit l'une de ses armes, soit un objet d'habillement ou d'équipement, lorsqu'il a déserté pendant son service, ou lorsqu'il a déjà déserté antérieurement. L'officier qui est absent de son corps ou de son poste, sans autorisation, depuis plus de six jours, ou qui ne s'v présente pas quinze jours après l'expiration de son congé, n'est pas réputé déserteur; mais il est puni de six mois à un an d'emprisonnement. S'il abandonne son corps ou son poste dans un territoire en état de guerre ou en état de siège, il est alors déclaré déserteur après les mêmes délais, et puni de la destitution et d'un emprisonnement de deu.x à cinq ans. Tout militaire, quel que soit son grade, qui abandonne son poste en présence de l'ennemi ou de rebelles armés; est puni de mort. Est déclaré déserteur a l'étranger, en temps de paix après troisjours, et en temps de guerre après un jour seulement depuis celui de l'absence constatée, tout militaire qui francliit sans autorisation, les limites du territoire français, ou qui, hors de France, abandonne le corps auquel il apjiarlieut. La peine est de deux à cinqans d'emprisonnement, si la désertion a eu lieu en temps de paix, et de cinq à dix ans de la même peine, si la désertion a eu lieu en temps de guerre. L'officier coupable de désertion à l'étranger est puni en temps de paix de la destitution avec emprisonnement de deux à cinq ans, et en temps de guerre, de la détention. Tout militaire, coupable de désertion en présence de l'ennemi, est puni de la détention. Tout militaire coupable de désertion à l'ennemi, c'est-à-dire passant dans les rangs de l'ennemi ou des rebelles et marchant avec eux, est puni de mort, après dégradation militaire. La désertion avec complot, c'est-à-dire effectuée de concert par plus de deux militaires, entraîne la peine de mort pour celui qui déserte en présence de l'ennemi; et pour le chef de complot de désertion à l'étranger. Lorsqu'il s'agit de désertion à l'intérieur, le chef de complot est puni de la détention, s'il est officier, et de cinq à dix ans de travaux publies, s'il est .sous-oflicier, caporal ou soldat. Dans tous les autres cas, les coupables de désertion avec complot sont punis du maximum de la peine qu'ils ont encourue. Tout militaire qui provoque ou favorise la désertion est puni de la même peine que le déserteur; s'il s'agit d'un individu non militaire, il Cbt puni, par le tribunal compétent, d'un emprisonnement de deux à cinq ans (Code de justice militaire du 9 juillet tSIi", art. 230 et s., modifiés par la loi du IS mai 1875). Les dispositions qui précèdent sont applicables presque textuellement aux déserteurs faisant partie de l'armée de mer (Code de justice du 4 juin 18.j8, art. 309 et s.; L. 3 1 décembre 1 873). Dans la marine marchande, les délits de désertion sont de la compétence des tribunaux commerciaux maritimes. Sont réputés déserteurs, les gens de mer qui, dans un port de France ou d'Algérie, sont absents de leur navire ou de leur poste, pendant trois fois 24 heures. Les officiers mariniers et les matelots sont alors punis de six jours de prison et en outre levés pour le service de l'État et embarqués correclionnellement pour une campagne de six mois à un an. La peine est de quinze jours à deux mois de prison pour les novices et les mousses. Les officiers mariniers et matelots qui, sur une rade étrangère ou des colonies, s'absentent pendant plus de deux fois "24 heures, sont punis d'un mois de prison et en outre condamnés à faire sur les bâtiments de l'Etat une campagne d'un an à deux ans. Les novices et les mousses sont, pour le même fait, condamnés à un emprisonnement d'un à trois mois. Les mêmes peines sont infiigées pour navigation clandestine à bord des bâtiments étrangers en temps de paix. Mais le lait do se trouver à bord d'un

navire de commerce naviguant sous pavillon d'une puissance en guerre avec la France entraîne, pour les officiers mariniers et matelots, la peine de deux à six mois de prison et un embarquement de trois ans sur un bâtiment de l'Etat; et pour les novices et les mousses, six mois de prison. Tout marin déserteurpcrd de droit la solde par lui acquise sur le bâtiment marchand auquel il appartenait; la moitié de cette solde retourne à l'armement et l'autre moitié est versée à la caisse des invalides de la marine. Les gens de mer complices de la désertion sont punis des mêmes peines que le déserteur; les autres complices sont punis d'une amende de 16 à 500 fr. et d'un emprisonnement de dix jours à trois mois (Décr. lui du 24 mars 1802, art. 6.S à 70). Lorsqu'un homme de l'équipage d'un navire maii'liaïul déserte dans un port étranger, le capitaine doit remettre au consul français une déjionciation certifiée par trois des principaux de l'équipage, et le consul réclame alors auprès des autorités locales l'arrestation et la remise du déserteur (Ord. 29 octobre 1833, art. 2.Ï et 20). La prescription de l'action pulili(|ue a lieu pour la désertion, suivant la règle générale, après dix années ou après trois années, selon que le fait constitue un crime ou un délit (C. inst. crim. 636 à 640); mais le Code de justice militaire (art. 484) porte que lorsqu'il s'agit d'insoumission ou de désertion, la prescription contre l'action publique ne commence a courir que du jour ou le condamné a atteint l'âge de 47 ans. En outre, à quelqu'époque qu'il soit arrêté, il est mis à la disposition du ministre de la guerre pour compléter, s'il y a lieu, le temps de service qu'il doit à l'Etat. » (Cu. Y.)

DÉSESPÉRADE s. f. Air, acte de désespoir. — * A la désespérade loc. adv. X la manière d'un désespère : se battre à la désespérade. Fam. et vieux.

• DÉSESPÉRANCE s. f. Le plus ordinairement, état d'une âme qui a perdu l'espérance: dans cet état de désespérance, il ne tenait plus Il la vie.

* DÉSESPÉRANT. ANTE adj. Qui jette dans le désespoir, qui caust' un grand chagrin :

c'ilte pensée est désespérante.

' DÉSESPÉRÉ. ÉE part, passé de désespérer: affaire désespérée; situation désespérée. — Qui est dans le désespoir : clin est désespérée de la mort de son fils. — Fig. et par exag. Fâché, peiné -.je suis désespéré de vous avoir fait attendre. — Inspiré par le désespoir : une réso- Inlion désespérée. — Incorrigible ; c'est un jeu)tc homme tout éi fait désespéré. — Etre DÉSESPÉRÉ des MÉDECINS, sc dit d'une personne que les médecins désespèrent de guérir. On dit dans un sens analogue, mal désespéré, mal incurable; et, dans un sens un peu différent, MALADE DÉSESPÉRÉ, malade à toute extrémité, et qu'on s'attend à voir mourir d'un instant à l'autre. On dit encore, être dans un i';tat désespéré, soit en parlant d'un malade désespéré, soit en parlant d'une chose dont la perte, la ruine, etc., est regardée comme inévitable. — Substantiv. S'emploie en parlant d'un furieux. C'est dans ce sens qu'on dit : se battre en désespéré. — Courir, crier, elc, comme un désespéré, c'est-à-dire, avec violence, avec excès.

• DÉSESPÉRÉMENT adv. Eperdument, avee excès : il est désespérément amoureux. Peu usité.

* DÉSESPÉRER v. n. Perdre l'espérance, cesser d espérer : les médecins désespèrent de sa guérison, désespèrent de le guérir.

Belle Ptiilis, on désespère Alors qu'on espère toujours.

MoLiÈnB. Le Misanthrope, acte I, sc. il. Fin du sonnet d'Oronte.

— DÉSESPÉRER DE QUELQU'UN, ne pius espérer qu'il se corrige, qu'il devienne ce qu'on vou-

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lait qu'il fùl. — Désespérer d'un malade, ne 1 plus espérer sa guérison. — v. a. Mol Ire au ] désespoir; tourmenter, affliger au dernier point ; cet enfant mr di'f espère, il ne /\iit aucun progrés.. — Se désespérer v. pr. Se tourmenter, s'agiter avec di' trr.uides démonstrations de douleur, d'al'tlii'liou : il se désespère au 'Kiint de vouloir attenter sur sa vie.

* DÉSESPOIR s. m. Perte d'espérance ; état d'une personne qui a perdu toute espérance : quelquefois le désespoir redouble le courayu; ses succès font le d<fsesf)oir de ses rivaux. — Etal violent de l'ànie causé i)ar une al'lliclion qu'on ne cherclii- pas à surmonter : cette nouvelle l'a jeté, l'a plongé dans le désespoir. — Par eïag. Ethe ai: désespoir, être liien fâché, avoir bien du déplaisir. On dit aussi, mettre au DÉSESPOIR, causer un praud déplaisir. — • Faire UNE CHOSE EN DÉSESPOIR DE CAUSE, essayer d'une dernière ressource, d'un dernier moyen de succès, avec peu d'espoir de réussir. — Ne

PRENDRE CONSEIL QUE DE SON DÉSESPOIR, reCOIirir

aux moyens estrênies que suf;père le désespoir.

— O qui cause le désespoir : la fortune de ce 7nécltant homme est le désespoir des gens de bîM.

— Se dit, particulièrement, des choses qui sont en un si haut degré d'excellence, qu'elles passent pour inimitables : l'Iliade d'Homère est le désespoir de tous les poètes.

DESESSARTS (Nicolas Toussaint Lemoyne, dit), littérateur et éditeur, ne à Cnutances eu 1744, mort en 1810. Etabli à Paris, il composa plusieurs compilations : Causes célèbres (1773-'89, 191) vol. m- 12); Hiit. des tribunaux (l778-'84, 9vol.in-8'');P)'-oeès/'ujrtiU(a;(1786-'S9, ■10 vol. in-12); Dict. de police (178(i-'90, 8 vol. in-4°).

DESESSARTZ (Jean-Charles), médecin, né à Bragelonne, près de Bar-sur-Seine, en 1729, mort à Paris en 1811. Il fut professeur de chirurgie à la Faculté de Paris (1770), professeur de pharmacie (1775), doyen de la Faculté (1776). Il a donné son nom a un sirop d'un usage populaire contre lacoqueluche et contre les lironchiles des enfants.

DESÈZE ^Raymond, connu sous le prénom de Romain), avocat et magistrat, né à Bordeaux en 1748, mort a Paris en 1828. Il fut choisi par la reine Marie-Antoinette pour être son conseil dans la mystérieuse et scandaleuse afl'aire du collier. Il fut ensuite l'un des défenseurs de Louis XVI devant la Convenlion, et s'honora en refusant tout em|doi sous le Consulat et l'Empire. Après la Restauration, il devint président de la cour de cassation, pair de France et académicien.

DESFAUCHERETS (Jean -Louis Brousse), .luleiir dramatique, né a Paris en 1742. mort *n 180s. Doué d'une grande fécondité, il donna plusieurs pièces, dont quelques-unes fort médiocres. Parmi celles qui méritent d'être rappelées, nous citerons le il/ariaje secret, comédie en 3 actes et en vers (1746), qui est restée .au répertoire du Théâtre-Français.

DESFONTAINES (Pierre-François Guyot) , lilléiateur, né à Rouen en 1685, mort en 174.Ï. D'abord jésuite, il jeta le froc aux orties, jirit une plume et la mitau service du plus otfrant. Ses libelles contre Voltaire et l'immoralité de ses mœurs sont oubliés ; mais l'histoire a conservé le souvenir d'un mol cruel que lui adressa le comte d'Argenson. Comme ce ministre lui reprochait sa vénalité, il eut l'impudence de répondre : <i Monseigneur, il faut bien que je vivo. » — « Je n'en vois pas la nécessité d. répliqua d'.\rgenson.

DESFONTAINES 'René Louichei, [dé-fon-tène], bùtanible, ne a Tremblay (llle-et-Vilaine), en 17.Ï2, mort en 1833. Après une exploration faite dans le N. de l'Afrique, il fut en 178;; nommé par Bulfon professeur au Jardin des Plantes. Son cours embrassa plus spécialement laphysiologie botanique et l'anatomie.

Ce fut lui qui le premier indiqua les différences de croissance et de structure qui existent entre les plantes monocolylédones et dicùtvlédoncs. Ses ouvrages comprennent Flora Atiantiea ["I vol., 1798) et un Catalogue botanique du Jardin des Plantes.

DESFONTAINES - LA VALLÉE ( Guillaume - François FouyUES-DESHAYEs, connu sous le nom de), lillerateur, né à Caen en 1733, nioii en 1825. Ses romans n'obtinrent qu'une vogue passagère; mais ses vaudevilles et ses opérascomiques ne sont pas sans mérite.

DESFORGES. I. Littérateur (1710-'86). Une pièce iti! vers indignée au sujet de l'arrestation de Charles-Edouard, le lit jeter dans un cachot, où il resta plusieurs années. Sa comédie en 1 acte et en vers, le Itioal secrétaire (Théâtre-Français), a été imprimée en 1738 (in-S°). — 11. Chanoine et écrivain du xviii' siècle. Son ouvrage intitulé : Avantage du mariage (1738, 2 vol.) fui condamné à être brûlé par la main du bourreau, parce que l'auteur, qui fut enfermé à la Bastille, s'y^ déclarait adversaire du célibat des piètres. Kendu à la liberté. Desforges s'occupa d'aérostation et inventa un appareil d'aviation dans leqiirl il luillit se cas.ser les reins. — III. (Pierre-Jean-Baptiste Choudahd, connu sous le nom dej, acteur et auteur, né et mort à Paris (1741) 1806). Il eut une existence avriitureuse, voyagea avec des troupes aniliulanti'S ; épousa une actrice, habita Saiiit-Pélersbourg, où il reçut un excellent accuiil, levinl en France, quitta la scène et se remaria, après avoir divorcé. Les meilleuresde ses iiomlireuses pièces sont; Tomes Jones à Londres, comédie, 5actesenvers,Paris, 1782, restée au répertoire du Théâtre-Français; la Femmejidouse, 5 actes envers, 1785,sameilleurecoméilie; \eSourdou l'Auberge pleine, 3 actes, 1790, comédie des plus amusantes; Joconde, etc.

DESFORGES-MAILLARD ;Paul , poète, né au Croisic, en 1699, iiiort en 1772. Pour faire accepter ses vers par le rédacleur du Mercure, il les lui adressa sous le pseudonyme d'une prétendue muse bretonne. M"" Maicrais de la Vigne. iNon seulement le rédacteur lesaccepta, mais il s'enllarama pour celte muse d'une jiassion romanesque et en lit la déclaration dans son journal. Desforges se démasqua et, dés lors, ses vers furent déclarés méiliucres par ceux mêmes qui les avaient le plus admirés. Celte mystification fournil à Piron le sujet de la Métromanie. Les poésies do M"'^ ."ilalcrais ont été publiées en 173.Ï, .'n-12.

DESFOUL ou Dizfoul, ville de Perse, dans le Khuzislaii, à 40kil. U.-N.-O. de Shusler; environ 30,000 bab.

DESGENETTES ( René - Nicolas Dufriche, baron), médecin, né a Aleuçon en 1702, mort en 1837. Médecin en chef de l'armée d'Egypte, il s'inocula le virus pestilentiel à Jatfa, pour relever le courage des soldats. Il lit prescpic toutes les campagnes de l'Empire et eut une chaire à la Faculté de médecine. En 1830, on le nomma médecin en chef des Invalides. Il a laissé quelques ouvrages, parmi lesquels : Des parotides dans les maladies aiguës (1810).

DESGROUAIS, grammairien, né à Magny, près de Paris, en 1703, mort en 1766. Ses Gasconismes corrigés (1760, in-8") ont été plusieurs fois réimprimés.

* DÉSHABILLÉ s. m. Vêtement négligé dont on se sert chez soi avant de prendre ou après avoir quitté les habillements avec lesquels on va dans le monde. .N'est guèrr usité qu'en parlant des femmes: elle est fort jolie dansson déshabillé. — Fig. Se montrer, paraître dans SON DÉsuAUiLLÉ, EN DÉSHABILLÉ, se montrer, paraître tel que l'on est, sans art, sans all'ectalion.

• DÉSHABILLER V. a. [dé-za-bi-yé ; Il mil.]. Oter à ipiel qu'un les habits dont il est vêtu :

déshabiller un malade pour le mettre au lit. —

PrUV. et flg. DÉSHABILLER SAINT PlEHRE POUR

HABILLER SAINT Paul, remédier à un inconvénient par un inconvénientpareil. — S'emploie qiii'lquefois neulral., dans le sens de se déshabiller : il a été quinze jours sans déshabiller. Cet emploi familier a vieilli. — Se déshabiller V. pr. Oter ses vêtements : se déshabiller pour se mettre au bain. — ■ Se dit parliculièrenient d'un ecclésiastique qui quitte ses vêtements sacerdotaux, d'un avocat, d'un magistrat qui quille sa robe, d'un acteur qui quille son costume de théâtre, etc. : aller se déshabiller dans la sacristie, dans le vestiaire, dans sa loge, etc. — Signifie eni'ore particulièrement, quitter son babil de ville pour se mettre plus à son aise, pour se mettre en robe de chambre : je vais nie déshabiller, et je reviens il l'instant. — Prov. et fig. Il ne faut pas

SE DÉSHABILLER AVANT DE SE COUCHER, il ne faut

pas se dépouiller de ses biens avant sa mort.

* DÉSHABITÉ, ÉE adj. tiré du verbe Désha- BiTER, qui n'est plus en usage. Qui cesse d être habité, qui n'est plus habité ; pays déshabité ; maison déshabitée.

' DÉSHABITUER v. a Désaccoutumer, faire

jierdre l'habitude de quelque chose : il faut le déshabituer de cela. — Se déshabituer v. pr. Perdre l'habitude : il est difficile de se déshabituer du. tabac.

• DÉSHÉRENCE s. f. [dé-zé-ran-se] (rac. de priv. et lai. //a/'cs, héritier). Jurispr. Droit qu'a l'Etat, et qu'avaient autrefois le roi et les seigneurs hauts justiciers, de recueillir la succession des personnes morlessaiis héritiers: droit de déshérence. — Etal d'une succession à l'égard de laquelle peut s'exercer le droit de déshérence : bien tombé en déshérence. — Législ. « On appelle succession en déshérence, celle dont l'Elal est envoyé en possession par jugement, loi'sipi'il ne se présente pour la recueillir, ni héritiers légitimes, ou légataires du défunt, ni enfants naturels, ni époux survivant. L'administration des domaines, lorsqu'elle demande ipie cette succession lui soit dévolue, est tenue lie faire d'abord apposer les scellés et de faire faire inventaire. Le jug-emenl d'envoi en possession ne peut être rendu qu'un an après la demande, après trois pulilicaliims et afiiclies dans les formes usilées. Les héritiers peuvent l'iicore, pendant trente ans après ce jugement, rrclamer la succession à l'Etal, lequel esljiisipie-là simplement administrateur et ne peut faire vendre les biens que suivant les formes établies pour les licilalions (C. civ. arl.i)39, 713, 723, 724, 767 et s.; Avis du Cons. d'Etat du 17 septembre 1811). Si l'Etal ne se présente pas pour recueillir la succession ou si le tribunal refuse l'envoi en possession, cette succession est alors déclarée vacante, et il y a lieu de la pourvoir d'un curateur, sur la demande des parties intéressées, d'un créancier, ou du procureur de la Répuljlique (C. civ. 811 et s.). Lorsi|ue l'Etat est admis à recueillir une succession en déshérence, il ne peut exercer ses droits sur les elïets corporels apportés par le défunt dans l'hospice où il est décédé, lesdits ell'els devant afipartenir à cet hospice (.Vvis du Cons. d'Etat 3 novembre 1809). S'il s'agit d'un enfant assisté décédé avant sa sortie de l'hospice, son émancipation ou sa majorité, et qu'aucun héritier ne se présente, ses biens apparliennenl non ;i l'Etal, mais à l'hospice, lequcd est envoyé en possession a la diligence du receveur (L. l.'l pluviôse an VUl, art. 8). Les deniers et ellcts non réclamés, et dépendant des successions des marins et des autres personnes mortes en mer sont attribués a la caisse des invalides de la marine (L. 30 avril — Vi mai 1791, art. 4, II" 8 ; déc. 31 mai 1802, art 787, n» 4). Autrefois, il existait au profil du fisc, en outre du droit dedéshcrence : 1" \>i\ droit de bCdurliise sur les successions des bâtards non légitimés el décédés sans enfant légitime et sans avoir fait de testament ; lequel droit était

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exercé épalempnt parles seig-neiirs hauts justiciers dans leurs terres ; '2" un droit de ronjlsfation sur les liieiis des iiiilividus condamnes à mort ou à quelques autres peines ; 3" un droit d'aubaine sur les biens nue les aubains ou étrangers non naturalisés possédaient en France au moment de leur décès. Ce droit d'aubaine, que les traités avaient fait dis[iaraitre peu à peu, fut expressément aboli, ainsi que le droit de détractinn ou de retenue partielle sur les mêmes biens, par la loi des 10- 18 août 1790. Les articles- Titi et 912 du Co.le civil avaient restreint le droit des étrangers à succéder en France, lorsque, dans les (lav-; auxquels appartenaient ces étrangers, les Français ne jouissaient pas pleinement du même droit; mais ces articles ont été abrogés par la loi du U juillet 1819, dont les dispositions sont moins rigoureuses. (Vov. Déthac-

TION.) » (Ch. y.)

•DÉSHÉRITÉ, ÉE part, passé de déshériter.

— Fig. Un hommk déshérité de la natiirk, DÉSHÉRITÉ DU SORT, maltraité par la nature, par le sort.

DÉSHÉRITEMENT s. m. Action de déshériter; i'i'suIImI de cette action.

' DÉSHÉRITER v. a. Priver quelqu'un de sa succession ; un père peut en certains cas deshériter ses enfants.

* DÉSHEURER v. a. [dé-zeu-ré]. Déranger ]e3 heures ordinaires des occupations habituelles :je crains de vous drshcurer. — v* v. ii. Se dit d'une pendule quand elle sonne une heure autre que celle qu'indi([uent les aiguilles.

— 'Se désheurer V. pr. Désheurer soi. Fam. et peu usité.

* DÉSHONNÉTE adj. Qui est contre la pudeur, contre la bienséance : lanijage déshonnéte ; actions déshom^étcs.

* DÉSHONNÉTEMENT adv. D'une manière désbonnète, coiilie riiunnéteté, contre la pudeur : parler désiiotinétcmcnt.

* DÉSHONNÉTETÉ s. f. Vice de ce qui est déshonnète.

* DÉSHONNEUR s. m. [dé-zo-neur]. Perte de l'honneur, honte, avilissement, opprobre : elle a mis le comble à son déshonneur. — Fam. Prikr quelqu'un de son DÉSHONNEUR, lui demander de faire ou d'accorder une chose qui le déshonorerait. Fig. et par plaisanterie. C'est LE prier de son déshon.neur, c'est lui demander une chose qui lui dé|)lait fort ; demander de l'argent à un avare, c'est le prier île son déshonneur. Cette manière de parler vieillit.

* DÉSHONORABLE adj. Qui cause du déshonneur ; iictiun déshonorable ; fonction iléshonorable. Peu usité : on dit plus ordiiuiirement, déshonorant.

* DÉSHONORABLEMENT adv. D'une manière désliiinorable.

•DÉSHONORANT, ANTEadj. Qui déshonore, qui tend à déshonorer : un affront déshonorant; une conduite déshonorante.

' DÉSHONORER v. a. Oter l'honneur à quelqu'un, le perdre d'honneur et de réputation, le diffamer : déshonorer quelqu'un par des médisances.— Déshonorer SA famille, commettre une action, mener une vie qui l'ait déshonneur à sa famille. Déshonorer ses ancêtres, la mémoire de ses ancêtres, dégénérer de la vertu de ses ancêtres, faire déshonneur k leur mémoire. — Déshonorer une femme, u.ne fille, la séduire, en abuser. — En parlant des choses. Flétrir, dégrader, ternir : ces révélations déshonorent sa mémoire. — Se déshonorer v. pr. Perdre son honneur : vous vous déshonorez par une telle conduite. — Se laisser séduire, en parlant des femmes ; une fille qui s est déshonorée.

DESHOUWÈRES i Antoinette du Ligier de la

DESI

Garde, rfr(m,c)[dé-20u-liè-rel, femme poète, née a Paris vers 1()33, morte en 1094. Pendant les troubles de la Fronde, elle suivit à Bruxelles son mari qui y allait en exil; ce dernier la fit évader do Vilvoorde, où on l'avait enfermée pendanthuitmois,aprèsl'avoirarrê(ée comme suspecte. L'amnistie la ramena en France. Quoiqu'elle ne fût pas de noble extraction, sa beauté et son esprit la hrenl recevoir favorablement à la cour. On la surnomma la Dixième Muse, ou la Calliope française à cause de ses idylles les Moutons et les Fleurs. Elle écrivit aussi une tragédie, Genséric, mais son insuccès donna naissance au dicton: Retournez à vos moutons. Elle mourut à Paris d'un cancer ausein, peu de temps après avoir été nommée membre de l'acadéinic! des Ricovrati de Padoue. .Ses OHivres ont été plusieurs lois réimprimées. Un estime les éditions de 1747, 2 vol. in-12, et de 1799, 2 vol in-S". On y joint ordinairement les charmantes poésies de sa lille An'iiinette-Thérése, nèc en 1062, morte en 1718.

DÉSHYDRATATION s. f. Ghim. Action de désliydialer.

DÉSHYDRATER v. a. Cliim. Priver d'eau.

DÉSHYDROGÉNATION s. 1. Chim. Action de

deshydrogener.

DÉSHYDROGÉNER v. a. Chim. Débarrasser d'hydrogène.

• DESIDERATA s. m. pi. [dé-zi-dé-ra-ta]. Loc. lai. qui signifie : choses désirées. Désigne les parties d'une science qui n'ont pas été traitées, et sur lesquelles il est à désirer que l'on s'exerce : Bacon a signalé les desirala des scietices. — S'emploie quelquefois au siiiiiulier, mais alors on dit, desideratum [dé-zi-déra-tomm].

DÉSIDÉRATIF, IVE adj. (lat. desideratus, désire), (iraïuin. Qui ex[)rime l'idée du désir.

• DESIDERATUM s. m. Voy. Desiderata.

•DÉSIGNATIF, IVE adj. [dé-zi-nia-tiff -yn. mil.] (lat. designatus). Qui désigne, qui spécifie : les raisins sont un attribut désignuti/' de Uacchus.

•DÉSIGNATION s. f. [dé-zi-nia-si-on] ^at. designatio). Dénotation, indication d'une [lersonne ou d'une chose par des expressions, par des marques qui la font connaître : désignation d'une personne; le fait est rapporté sans désignation du temps et du Uni oit il s'est passé. — Nomination et destjnalion expresse ; chez les Romains on faisait la désignation des consuls quelque temps avant leur élection.

• DÉSIGNER v. a. (lat. designare). Dénoter, indiquer une personne ou une chose par des expressions, par des niarcpies, par des symboles, etc., qui la font coiinaitre : il ne l'a point nommé dans son discours, mais il l'a si bien d,signé qu'on, t'a aisément reconnu; les Egyptiens désignaient l'éternité par lafigwe d'un serpent qui se mort la queue. — Etre le signe, le symbole, ou l'annonce, le symptùme de quelque chose : cet hiéroglyphe désigne telle chose. — Fixer, marquer ; désignez-moi le temps et le lieu, et je ne manquerai pus de m'y trouver. ■ — Se dit aussi en parlant des personnes qu'on destine à quelque dignité, à quelque charge : 01! désigna les consuls pour l'année suica)ite. On dit de même : désigner quelqu'un pour son héritier. — Signaler ; désigner quelqu'un à la liaine publique.

DÉSILLUSION s. f. [dé-zil-lu-zi-onj. Perte de l'illusion.

DÉSILLUSIONNER v. a. Faire cesser, détruire les illusions. — Se désillusionner v. pr. Perdre ses illusions.

DÉSIMPOSER V. a. Typogr. Enlever d'une forme les coins, les biseaux, les réglettes, les garnitures et la matière composée.

DÉSIMPOSITION s. f. Action de débiiaposer.

DESI

* DÉSINCORPORER v. a. Séparer une chose de celle ave- laquelle elle avait été incorfiorée : on avait incorporé cette compagnie dans tel régiment, on l'a désinrorporée. — v» Rayer d'un corps. — * Se désincorporer v. pr. Etre désincorporé : les terres unies nu domaine ne peuvent se désincorporer que par échange.

' DÉSINENCE s. f. [dé-zi-nan-se] (lat. desinere, se terminer). Gramm. Terminaison des mots : les cas des noms latins sont distingués les 7(ns des autres par leur désinence.

DÉSINENTIEL, ELLE adj. [dé-zi-nan-si-el].

(iramiii. Qui termine un mot : syllabe désinentielle. — Qui a des terminaisons variables : langue désinentieUe.

DÉSINFATUATION s. f. Action de désinfatuer.

* DÉSINFATUER v. a. F.im. Désabuser quelqu'un d'une chose ou d'une personne pour laquelle il avait une prévention très favorable, dont il s'était infatué : c'est une chimère dont vous aurez bien de la peine à le désinfituer. — »v Guérir de son infaluation : désinfatuer un sot ( st bien difficile. — " Se désinfatuer v. pr. Désinfatuer soi : il ne voit plus eelte femme, il s'en est désinfatué.

* DÉSINFECTANT, ANTE adj. Quidétruitou

fait disparaître le mauvais air, les miasmes, les mauvaises odeurs, les virus : substance désinfectante. — Substantiv. : le chlore est un désinfectant. — Les désinfectants sont des substances que l'on emploie pour masquer ou détruire des odeurs et des exhalaisons délétères ou infectes. Le plus puissant des désinfectants est le feu, mais on ne peut avoir recours à lui que dans certains cas assez rares. Un courant d'air désinfecte également. La méthode d'appliquer artificiellement de l'air chaud pour faire disparaître la mauvaise odeur des vêtements et d'autres articles de nouveautés est connue en .Angleterre depuis plusieurs années. On ex|iose ces articles dans de grands apparlemcnts, à de rapides courants, chauUés de 80" à 100° C. Les matières infectantes sont alors décomposées par la chaleur ou emportées par le courant. La terre et les corps poi'eux sont généralement utilisés a absorber les vapeurs délétères; c'est le chai'bun qui possède au plus haut degré cette propriété désinfectante. — Mais ordinairement, on appelle désinfectants des substances chimiques qui, agissant sur la matière organique de l'exhalalion délétère, brisent son arrangement moléculaire et la rendent inoffensive. Le chlore cl plusieurs de ses com|iosés po.ssèdent cette puissance h un très haut degré. La fumée de l'acide nitrique détruit les odeurs dangereuses, aussi bien que les vapeurs de plusieurs corps organiques, p.irticulièrenient l'acide carlionique et la créosole. Les sels ferrugineux, en raison de leur pouvoir de décomposer l'hydrogène sulfureux, sont utiles piuir la désint'ection des mares et des soiiterr.iins.

* DÉSINFECTER v. a. Purger d'un mauvais air, de v^ipeursinlectes, de miasmes putriiles : désinfeeter une salle d'hôpital. — Désinfecter l'air, piirilier un air vicié.

DÉSINFECTEUR adj. m. Qui est propre à désinreclcr : appareil désinfecteur.

* DÉSINFECTION s. f. .Action do désinfecter : en leiiip.^ ilr pe.'ite, on travaille à la désinfeel'ion des ainisi.iis, di-s effets et des marchandises.

DESINIT IN PISCEM [dé-zi-nitt-inn-pissemm]. Loc. lat. tirée d'Horace {Art poétique) et qui signifie : finit en queue de poisson. S'emploie en parlant des choses dont la lin a des proportions moindres que le commencement.

DÉSINTÉGRATION s. m. Action de désintégrer

DÉSINTÉGRER v. a. (rad. intégrité). Détruire

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rintégrité de ce que formait un tout; ruiner peu à peu.

* DÉSINTÉRESSÉ. ÉE part, passé de dksi.n- TKRESSKR. — Adj. Qui n'a aucun intérêt à quelque cliose : pour moi. je nuis tout ù foit désintéressé dans cette affaire. — Oui ne fait rien par le motif de son intérêt particulier : c'est vn homme désintéressé, s'il en fut jamais. — Qui n'est ou ne peut être animé d'aucun désir de vengeance, d'aucun sentiment d'alfection. de haine, etc. : il regarde cela avec riii esprit désintéressé, ou lie-., li'nn (ril désintéressé. — CoNDUrrE DÉSINTÉRESSÉE, ACTlOiN DÉSIN- TÉRESSÉE, SENTIMENTS DÉSINTÉRESSÉS, CONSEILS

DÉSINTÉRESSÉS, etc, Conduite, action, sentiments, conseils, etc., hors de tout soupçon d'intérêt personnel.

* DÉSINTÉRESSEMENT s. m. Détachement de son propre intérêt : faire preuve de désintéressement.

' DÉSINTÉRESSEMENT adv. Sans aucune vue d'intérêt : je vous en parle désintéressement. Très peu usité.

* DÉSINTÉRESSER v. a. Mettre quelqu'un hors d'intérêt, en le dédommapeant de ce qu'il perd ou de ce qu'il espérait : il a désintéressé tous ceux qui avaient part (i cette affaire, qui avaient des droits à faire valoir. — »* Se désintéresser V. pr. Dégager ses propres intérêts : se désintéresser d'une entreprise.

DÉSINTERLIGNAGE s. m. Action de désin-

terligner.

DÉSINTERLIGNER V. a. Enlever d'une composition typographique les interlignes; diminuer l'interlignage,

DÉSIN'VESTIR v. a. Cesser d'investir, — Fig. Retirer un droit, une fonction dont on élait investi.

DÉSINVITER V. a. Rétracter une invitation.

DÉSINVOLTE adj. [dé-zain-vol-le] (ital. desinuûtto,. Qui a de la désinvolture.

* DÉSINVOLTURE s. f. [dé-zin-vol-tu-re] (ital. desinvoltura). Fam. Tournure , tenue pleine d'aisance et de laisser-aller : iwdgré son dge il avait conservé toute sa désinvolture.

* DÉSIR s. m, [dé-zir ou de-zir] (lat. desiderium). Souhait, mouvement de la volonté vers un hien, un avantage qu'on n'a pas.

Désir de fille est un feu qui dévore.

Désir de nonne est cent fois pis encore.

Gbessbt. Vert- Vert, chant 11.

O bien heureux celui qui peut de s.i mémoire Etfacer pour jamais ce vain espoir de gloire, Dont l'inutile soin traverse nos plaisirs; Et qui, loin retiré de la foule importune, vivant dans sa maison, content de sa fortune, A selon son pouvoir mesuré ses désirs.

Racàn.

■DÉSIRABLE adj. [dé-zi-ra-hie ; ou de-zira-blei. Qui mérite d'être désiré, qui excite le désir : ta santé est un bien très désirable.

DÉSIRADE fLa), l'une des petites Antilles françaises à llkil. E.de la Guadeloupe, "27 kil. carr.; 1,484 hab. Sol rocheux et peu productif.

' DÉSIRE, ÉE part, passé de désirer. — Adj. et s. Qui est souhaité, attendu, — Le désiré DES NATI0.N5, le Messic.

* DÉSIRER v. a. [dé-zi-ré; oude-zi-ré]. Souhaiter, porter ses désirs vers quelque hien qu'on n'a pas; avoir désir, volonté, envie de quelque chose : désirer les richesses.

Ne désirer que ce qu'on a, C'est avoir tout ce qu'on désire.

P.-J. CHARiim. Les Femmes et le Vin. Chans., 1847.

— Absol. : toute la vie se passe à désirer. — Se faire désirer, mettre peu d'empressement à satisfaire le désir que les autres ont de nous voir, de se lier avec nous, etc., afin de rendre ce désir plus vif. — Il y a quelque chose a

DÉSIRER, IL 1f A TELLE chose A DÉSIRER DANS CETTE

PERSONNE, DANS CET OUVRAGE, etc, il y manque quelque chose, telle chose. Dans le sens con-

traire, NE niEN LAISSER A DÉSIRER, être parfait dans son genre. — Devant un verbe à l'infinitif, il est suivi de la préposition de, lorsqu'il exprime un désir dont l'accoinplissement est incertain, dil'licile, ou indépendant de la volonté : je désirerais bien d'en être débarrassé. Quand, au contraire, il exprime un désir dont l'accomplissement est certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il s'emploie sans la préposition de : je désire le voir. — Se dit, par ext., en parlant du bien qu'on souhaite à quelqu'un : je vous désire toutes sortes de 2>rospérités.

•DÉSIREUX, EUSE adj. [dé-zi-reû; ou de-

zi-reù]. Qui désire avec ardeur : le peuple est désireux de 7iouveauté. N'est guère usité que dans le style soutenu.

* DÉSISTEMENT s. m. Jurispr. Action de se désister, soit verbalement, soit par écrit; acte par lequel on se désiste. — Législ. <■ Le désistement d'une action ou d'un droit ne peut être consenti que par une personne capable de disposer de ce droit (C. pr. 1003). Le désistement d'instance n'est valable que s'il est accepté; il peut être fait à l'amiable ou judiciairement; dans ce dernier cas, il a lieu par simples actes signés des parties et signiliés d'avoué à avoué. Lorsque le désistement d'instance est accepté, il emporte de plein droit, comme conséquence, que les choses sont remises de part et d'autre dans le même état qu'avant la d'emande, et que la partie qui s'est désistée devra payer les trais sur une simple ordonnance du pré5ident(id. 40"2, 403). Ce désistement peut avoir lieu à l'audience el il en est donné acte par le juge. Le désistement d'un acte de procédure annule cet acte et oblige le désistant à en payer le coût; mais il n'enlraine pas le désistement de l'action ou de l'inslancc, car il peut avoir simplement pour but d'éviter une cause de nullité de la procédure. Le désistement du contrat de vente est permis à l'acquéreur d'un immeuble, lorsque la vente a eu lieu à tant la mesure et qu'il .se trouve un excédent d'un vingiiéme au-dessus de la contenance portée dans l'acte, a moins que cet aquéreur ne préfère payer le' supplément de prix (C. civ. 1018). Si, au contraire, la différence de contenance est en moins, l'acquéreur peut demander, soit le complément de la contenance, soit une diminution du prix, soit la résiliation de la vente, selon les circonstances (id. 1617, 1636); mais, dans tous les cas, la faculté de désistement et les autres actions ne durent qu'une année à compter du jour de la vente (id. 16'22). En matière criminelle ou correctionnelle le dt'sistement du plaiijnant ou de la partie civile n'arrête pas l'action publique, excepté dans le cas d'adultère. Celui qui a déposé une plainte en justice et qui en signifie le désistement n'est pas tenu des frais postérieurs à celte signification; mais il peut être condamné a des dommages-intérêts envers le prévenu (C. inst. crini. m). » (Ch. Y,)

* DÉSISTER (SE) v. pr. [dé-ziss-té] (lat. dcsistere, cesser). Jurispr. Se départir de quelque chose, y renoncer : se désister d'une poursuite, d'uuc entreprise.

•DESJARDINS, nom propre. (V. S.)

DESMAN s. m. [dès-man]. Zool. Genre de mammifères carnassiers insectivores, comprenant des animaux dont le museau est prolongé en forme de trompe, à queue écailleuse, aplatie latéralement, el à doigts des extrémités postérieures unis par une palmalure. Les deux espèces connues sécrètent, a la base de leur queue, une humeur qui répand une forte odeur de musc. Le dcsman de Moscovie (mygale [tjalemys] Museovitiea) ou rat musqué de Sibérie, mesure de 40 cenlim. du bout du nez a rexlrémltô de la queue. On le rencontre au S.-E. de la Russie ; il se creuse, sur le bord des rivières, des galeries souterraines dont l'ou-

verture donne dans l'eau, mais dont la partie supérieure ne peut être submergée. Il se nourrit de pelits poissons, de grenouilles, de sangsues, de larves et d'insectes. Le desman des Pyrénées (mygale [galemys] Pirenaica), moitié plus pelit que le précédent, se trouve particulièrement aux environs de Tarbes.

DESMARETS (Anselme-Gaétan), professeur de zoologie à l'école vélérinaire d'AH'ort, né à Paris le 0 mars 1784, mort à Alfort le 4 juin 1838. Sa Mammologie fait partie de l'Encyclopédie méthodique. Son ouvrage le plus remarquable est une Histoire naturelle des Tariyaras, des Manakins et Todiers (Paris, 180o). 11 a laissé aussi une Mono^rapftie des perroquets.

DESMARETS DE SAINT -SORLIN (Jean), poète né à Paris ou l.'i'Jo, mort en 1676. Un méchant sonnet Sur la Statue de Louis XIll lui valut la protection de la cour, Richelieu lui commanda une tragédie par an, et fit applaudir ces médiocres productions, auxquelles il ne dédaignait pas de collaborer, Clovis ou la France chrétienne, poème héroïque en 26 chants (Paris, 1637), fut vanté par Chapelle et bafoué par Boileau.

DESMICHELS (Louis-Alexis, baron), général, né à Digne (Basses-.\lpes) en 1779, mort en 184o. Volontaire à 15 ans, il fit les campagnes de la Republique el de l'Empire, gagna le grade de général de brigade en 1814, fut confirmé dans ce grade en 1823, eut le commandement de la province d'Oran en 183-1 et signa avec .\bd-el-Kader le traité impolilique du 26 févr. 1834, qui fut désavoué par le gouvernement français. Desmichels fut rappelé. 11 a laissé : Relation de ce qui s'est passé sous mon commandement en Algérie (183.Ï).

DESMIDIE s. f. [dèss-mi-di] [gr. desmos, lieu; eidos. aspect,). Bot. Genre d'algues microscopiques, type de la tribu des desniidiées. L'espèce la plus connue, \s. desmidie de Sivartz (demidia Swartzii), habite les eaux douces des étangs et des marais tourbeux; ses filaments sont d'un beau vert.

DESMIDIE, lÉE adj. Bot. Qui ressemble ou se rapporte ii la desmidie, — s. f. pi. Tribu

Dduidiees. — t. Didymoprium Borreri, avec le> lellules qui s'unissent pour former la matière verte. — i. Micrasti-rias crenata. — -f. Euastrium oblon|jrum. — 4. Xanthidium armatuni. — 5. Le même avec une fronde acquérant un nouveau segment par division. — 6. Clostcrium lunula.

d'algues microscopiques d'eaux douces, crtii a pour type le genre desmidie. Pendant lu. gttiiips les zoologistes el les botanistes se disputèrent cette tribu, qui semblait se trouver sur les limites extrêmes de leurs domaines et former, en quelque sorte, une zone frontière entre le règne animal et le règne végétal. I,(!S desniidiées oui été définitivement classées [larmi les algues. Elles résistent à la décomposition, exhalent de l'oxygène quand on les expose au soleil, conservent la pureté de l'eau qui les contient, et, quand on les brûle, n'émettent pas l'odeur particulière ordiuaireiueat

DESN

si raracléristique de la combustion animale. Elles sont remarquables par leur beauté, par la variété de leurs formes, par leurs marques extérieures et par leurs appendices. Leur couleur est d'un vert d'herbe; elles contiennent une matière interne verte. Leur mode nornial de propagation parait être par la production de larges spores ou sporanges simples qui tirent leur existence de l'union de la matière colorante de deux plantes contiguës. On pense que les mollusques bivalves des eaux douces se nourrissent de desmidiées. On trouve ces plantes surtout dans les eaux dormantes et limpides, telles que celles des mares, des étangs, des flaques marécageuses.

DESMOGRAPHE s. m. [dèss-mo-prafe] (gr.

desmos, ligament; (/raphô, je décris). Anal. Celui qui s'occupe de la description des ligaments.

DESMOGRAPHIE s. f. Anat. Description des ligaments.

DES MOINES ou Fort des Moines, capitale de l'Etat d'iowa, au point où la rivière des Moines devient navigable pour les bateaux à vapeur; à 5.S0 kil. 0. de Chicago; G8,000 hab. Université baptiste.

DESMOULINS (Benoît-Camille) [dé-nioulinj, publicisle, né à Guise (Aisne), en 1760, guillotiné le ■'> avril '1794. 11 fit ses études à Louis-le-Grand avec Robespierre et, après de brillants succès aux concours de l'Université, se fit recevoir avocat au parlement de Paris. En 1788-'9, il publia contre l'ancien régime quelques pamphlets qui le mirent en lumière et lui donnèrent la réputation d'un écrivain plein d'audace. Après le renvoi de Necker (12 juillet 1789), il harangua le peuple, dont il était l'orateur favori, l'excita à courir aux armeset, monté sur une table du Palais-Royal, arbora une feuille verte, jurant, un pistolet dans chaque main, qu'on ne le prendrait pas en vie : aussitôt les arbres du jardin furent dépouillés de leurs feuilles, que les spectateurs mirent à leurs chapeaux. Le 13 juillet, il s'empara des fusils et des canons des Invalides, et le H, il fut au premier rang pendant la prise de la Bastille, ce qui lit de lui un héros populaire. Il se glorifia dans son pamphlet la Lanterne aux Parisiens, d'être le procureur général des réverbères. Il créa ensuite un journal influent : les Mvohilions de France et de Brabant ('2S nov. 1789, 2.d juillet 1791). Le club des Cordeliers une fois établi. Desmoulins devint l'ami intime de Danton, puis de Robespierre, son ancien camarade d'école, et fit la connaissance de Marat. Mirabeau chercha à l'attirer de son côté. Camille provoqua l'insurrection du 10 août 1792, fut choisi par Danton, ministre de la justice, comme secrétaire, et fut, aveclui, élumembre de la Convention (septembre 1792). Il sauva plusieurs personnes des massacres de Septembre, et usa môme de son influence en faveur des Girondins, bien qu'il les eiit ridiculisés dans son Histoire des Brissotins et qu'il se fût réjoui de leur chute. Les mesures conciliatrices proposées par lui dans le Vieux Cordelier (janvier 1794), causèrent son arrestation en même temps que celle de Danton (30 mars); il fut condamné à mort sans avoir été jugé, le 5 avril. Sa jeune et jolie femme (Annë-Louise Duplessis-Larindon, connue sous le nom de Lucile Desmoulins, née à Paris en 1771, morte le 15 avril 1794), implora vainement Robespierre en sa faveur et fit naître inutilement une émeute pour le délivrer; elle fut guillotinée peu de jours après lui. Leur fils, Uoit.\CE, quitta la France en 1815 et mourut peu de temps après aux Etats- Unis. — Voy. Camille Desmoulins et sa Femme, par Jules Claretie.

DESNA ou Desma, rivière navigable de Russie; eUe nail dans le gouvernement de Smo-

DESOE

lensk, court du S. au S.-O., parcourt 800 kil. et se jette dans le Dnieper près de Kiev.

DESNOYERS (Auguste-Gaspard-Louis Boucher, baron), graveur fraiii;ais, né à Paris en 1779, mort en i8;i7. 11 excella dans ses copies des œuvres de Raphaël, surtout dans celle de la Transfiguration, cl fut nommé graveur du roi en 182.S.

DESNOYERS (Louis - Claude - Joseph - Florence), journaliste et romancier, né à Replonges (Ain) en 1802, nujrt à Paris en décembre 1868. Il fonda, sous la Restauration et sousLouis-Philipp(■,pl^sieursjouI■nauxl^opposition, donna au Journal des Enfants les fumeuses Aventures de Jean -Paul Chopard, fut l'un des créateurs du Charivari et écrivit ifobert-Bobert, roman-feuilleton destiné à f adolescence.

' DÉSOBÉIR V. n. Ne pas obéir, refuser d'obéir à quelqu'un : désobéir à ses parents. — Se dit aussi en parlant des infractions à certaines choses : désobéir à la loi. Quoique neutre, ce verbe a un passif : je ne veux vas être désobéi.

•DÉSOBÉISSANCE s. f. Manque ou refus d'obéissance, action de désobéir : les factieux entretenaient le peuple dans la désohéissatice.

— Habitude de désobéir : la désobéissance est le défaut principal de cet enfant. — Acte de désobéissance ; et, dans ce sens, il peut s'employer au pluriel : c'est pour une seule désobéissanrc qu'il a été puni.

•DÉSOBÉISSANT, ANTE adj. Qui désobéit :

fils désobéissant. — w s. Dieu punit les désobéissants.

' DÉSOBLIGEAMMENT aJv. D'une manière désubligeaiite.

* DÉSOBLIGEANCE s. f. Disposition à désobliger : il est d'une désobli(jeance insupportable.

— »v Action de désobliger.

* DÉSOBLIGEANT, ANTE adj. Qui désoblige ; personne, manière, parole désobligeante. — w Qui n'aime pas à obliger.

* DÉSOBLIGEANTE s. f. Sorte de voiture étroite qui ne peut contenir que deux personnes.

* DÉSOBLIGER v. a. Faire de la peine, du déplaisir k quelqu'un : vous me désoblUjericz beaucoup en n'acceptant pus. — w Rendre un mauvais office. — Se désobliger v. récipr. Se rendre l'un à l'autre de mauvais services.

* DÉSOBSTRUANT, ANTE adj. Méd. Syn. d'ApÉniTiF. Se dit des remèdes que l'on croyait propres à désobstruer les canaux du corps. — s. m. : ce remède est im bon désobstruant.

DÉSOBSTRUCTIF, IVE adj. Qui est propre à dissiper les obstructions : substance désobstructive. — * s. m. Méd. Comme le précédent, syn. d'ApÉRiTiF.

DÉSOBSTRUCTION s. f. Action de désobstruer.

* DÉSOBSTRUER v. a. Débarrasser, dégager de ce qui obstrue, bouche, encombre : désobstruer unpassage. — Méd. Détruire, faire cesser une obstruction : désobstruer le foie, les entrailles. Ce sens a vieilli.

* DÉSOCCUPATION s. f. État d'une personne désoccupée : la désoceupation est un état pénible pour ceux qui ont passé leur vie dans les affaires. Peu usité.

' DÉSOCCUPÉ, ÉE adj. Qui n'a point d'occupation, qui ne s'occupe de rien : homme désoccupé ; esprit désoccupé. — v* Qui est sans objet : désir désoccupé.

DÉSOCCUPER V. a. Soustraire à ses occupations.

" DÉSŒUVRÉ, ÉE adj. [dé-zeu-vré]. Qui n'a rien à faire, qui ne sait point s'occuper : le temps pèse aux gens désœuvrés. — Substantiv. : ils sont là un tas de désœuvrés.

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