DEVI
* DEVIDOIR s. m. Instrument dont on se sert pour dévider.
* DÉVIER (lat. de, hors de; via, voie) v. n. Se détourner, être détourné de sa direction : dévier de son chanin; quand la colonne vertébrale vient à dévier.— Fig. : il n'a jamais dévié des principes de la justice. — Se dévier v. pr. Même sens que dévier : se dévier de la bonne route.
DEVILLE (Achille-Jean), archéologue, né à Pans en 17S'.), mort à Rouen en janv. IS7o; a publié de nombreux travaux et fut nommé directeur du musée d'antiquités de Rouen.
DEVILLE iSainte-Claire). Voy. Sainte-Claire Deville.
* DEVIN, INERESSE (lat. divinus) s. Celui, celle qui se donne pour prédire les événements qui arriveront et pour découvrir les choses cachées : les devins sont des imposteurs; elle passait pour devinej'esse. — Prov. Il ne faut
PAS aller au DEV:.» pour en ÊTRE INSTRUIT, Se dit
en parlant d'une chose qui est assez connue.
— Fig. et fam. Je ne suis pas devin, se dit pour faire entendre qu'on ne pouvait se douter d'une certaine chose, ou qu'on ne saurait la comprendre si elle n'est mieux expliciuée.
— Hist. nat. Espèce de serpent qui est le plus grand et le plus fort de tous les serpents connus. — Devin du village (le), opéra pastoral en un acte, représenté ii Paris (Académie de musique) le 1"' mars 17o3; paroles et musique de J.-J. Rousseau, auquel on contesta la paternité de la musique, qui est attribuée à un nommé Granct, de Lyon. — ■ Législ. « Les gens qui font métier de deviner ou pronostiquer ou d'expliquer les songes, cùiumetteut une contravcidion etsont punis d'uneainende de H à IH fr. Ils peuvent en outre, selon les circonstances, être condamnés à la peine de l'emprisonnement pendant cinq jours au plus ; et cette peine est toujours prononcée en cas de récidive. Dans tous les cas, il y a confiscation des instruments, ustensiles et costumes destinés à l'exercice du métier de devin, pronostiqueur ou interprète de songes (C. pén. 479 à 482). » (Ch. Y.)
DEVINABLE adj. Facile à deviner.
* DEVINER V. a. (lat. divinare). Prédire ce qui doit arriver, ou découvrir par des sortilèges, ce qui est caché : on ne saurait deviner l'avenir; il préleniiait deviner où, était caché le trésor. On l'emploie aussi absol., surtout dans le sens de prédire : iarl de deviner est une chimère. — Juger, parvenir à connaître, à découvrir par voie de conjecture : devinez ce que j'ai fait aujourd'hui; il a deviné ma pensée, ou simpl., il m'a deviné.
Devine, si tu pi-ux, et choisis si tu l'oses,
Corneille. HéracUus, :icte IV, se. v.
— Deviner une énigme, un logùguipue, une CHARADE, en l-juver le mot. — l'.g. et fam. C'kst UNE énigme a DEVINER, se dit d une chose qui est obscure. — Il n'y a la rien a deviner, c'est une chose claire par elle-même. — Il FAUT TOUJOURS LE DEVINER, se dit de quelqu'un qui parle ou qui écrit avec beaucoup d'obscurité. — Prov. Je vous le donne a deviner en DIX, EN CENT, sc dit en pariant d'une chose dont on suppose que celui à qui l'on parle ne se douterait jamais. — Fam. Devinez le reste, jugez du reste. On dit dans un sens analogue,
vous DEVINEZ LE RESTE. — PrOV. et fig. DeVINER
les fêtes quand elles sont venues, dire des choses que tout le monde sait, annoncer des nouvelles qui sont déjà publiques. — Se deviner v. pr. Etre deviné : le mot de l'énigme Se devine facilement. — v. récipr. Se prseseatir l'un l'autre : nos cœurs s'étaient devinés.
* DEVINERESSE s. f. Voy. Devin. DEVINETTE s. f. Ce que l'on donne à deviner; jeu où l'on donne à deviner.
' DEVINEUR, EUSE s. Fam. Celui, celle qui
DEVO
a la prétention de deviner. Se dit principalement d'une personne qui aime à .juger, à connaître par voie de conjecture : c'est wi beau devineur.
DÉVIRAGE s. m. Action de dévirer.
DÉVIRER v. a. (rad. virer). Mar. Dérouler.
* DEVIS s. m. [de-vî] (lat. divisum, divisé). Propos, discours, entretien familier : ;'o!/t'i(x devis. — Areh., Cliarpent., etc. Description ou état détaillé de toutes les parties d'un ouvrage, dans lequel on indique, non seulement la nature, la forme et la dimension des matériaux, mais encore le prix de chacun, et l'évaluation de tout l'ouvrage : un devis n'est qu'un aperçu de la dépense. — Pour la législation concernant les devis, voy. Marché.
* DÉVISAGER V. a. Défigurer, déchirer le visage : quand <xtle femme-là est en furie, elle dévisagerait un homme. — Pop. Dévisager quelqu'un, le regarder d'une façon inconvenante ou hostile. — Se dévisager v. pr. Déchirer son visage : il s'est dévisagé en tombant. — v. récipr. Se dévisager l'un l'autre : si on ne les eut retenues, ces deu.v femmes se seraient dévisagées; ils restèrent longtemps à se dévisager.
' DEVISE s. f. [de-vi-ze] (rad. devis). Figure accompagnée de paroles, exprimant d'une manière allégorique et brève quelque pensée, quelque sentiment : une des différences de la devise et de l'emblème, c'est que dans la devise on n'admet guère la forme humaine; la devise de Louis XIV était un soleil qui éclaire un monde avec ces mots, nec pluribus impar. — Le corps DE LA devise, la figurc de la devise. L'ame de la devise, les paroles de la devise. — Par ext. Un ou plusieurs mots fûrmanl une espèce de sentence qui indique les goûts, les qualités, la profession, la résolution, etc., de quelqu'un, soit qu'il les ait adoptés ou qu'un lui applique : diversité, c'est ma devise.
' DEVISER v. n. [de-vi-zé] (rad. devis). S'entretenir familièrement : ils passèrent leur temps à deviser.
DE'VISME (Louis-François), armurier, né et mort à Paris (180tJ-'73). Apporta de grands perfectionnements a la carabine et au revolver et inventa divers procédés de tir.
DÉVISSAGE s. m. Action de dévisser.
DÉVISSEMENT s. m. Action de dévisser.
* DÉVISSER V. a. Défaire, ôter les vis qui servent à retenir, à fixer une chose : dévisser la platine d'un fusil. — Retirer, séparer une chose d'une autre à laquelle elle s'adapte à vis : dévisser le bouchon d'argent d'un flacon de cristal. — ** Argot. Dévisser le coco, tordre le cou, étrangler. — Se faire dévisser le coco, se faire couper le cou, guillotiner. — Dévisser son billard, mourir. — Se dévisser v. pr. Cesser d'être vissé.
DE VISU [dé-vi-zu]. Loc. lat. qui signifie : d'après la vue, pour avoir vu. Se dit des choses que l'on voit soi-même, dont on s'assure par ses propres yeux.
DEVIZES [di-vai'-zss], ville du Wiltshire (Angleterre), a 130 kil. S.-O. de Londres ; 6,426 h. Fameux marché aux grains.
•DÉVOIEMENT s. m. [dé-voi-man] (rad. dévoyer). Flux de ventre, diarrhée : les raisins lui ont donné le dévoiement. — Arch. Inclinaison d'un tuyau de cheminée ou d'un tuyau de descente.
•DÉVOILEMENTS, m. Action de dévoiler.
Ne s'emploie guère qu'au (ii.'uré, et dans des phrases telles que celle-ci : le dévoilement des figura du Vieux Testament ne s'est fait qu'à la venue du .Messie.
* DÉVOILER V. a. (rad. ■uoifc). Hausser, relever le voile d'une femme : il l'a dévoilée malgré sa résistance. — Relever une religieuse de ses vœux. — Oter le voile ou toute autre
DEVO
chose semblable qui cache un objet : dévoiler une statue. — Découvrir, révéler une chose qui était cachée, sccrèle : dévoiler un secret, une intrigue. — Se dévoiler v. pr. Relever son voile : dans certains monastères, il est défendu uîix religieuses de se dévoiler au parloir. — Ktre découvert, révélé : le mystère se dévoile.
* DEVOIR v. a. (lat. debere). Je dois, tu dois, il doit ; nous devons, vous devez, ils doivent. Je devais. Je dus. J'ai dit. Je devrai. Je devrais. Que je doive. Que je dusse. Devant. Dû, due. Etre obligé à payer une somme d'argent, à rendre ou à donner quelque chose que ce soit. On l'emploie souvent absolument : devoir une somme d'argent: devoir plus qu'on n'a vaillant.
— Prov. , Devoir plus d'argknt qu'on n'est gros; devoir a dieu et a diable, a dieu et au monde ; DEVOIR au tiers et au quart ; devoir de tous côtés, devoir beaucoup, avoir beaucoup de dettes. — Qui doit a tort, la loi est toujours contre le débiteur. Qui a terme ne doit rien, on ne peut êlre obligé de payer avant que le terme soit échu. — Quand on doit, iL FAUT payer ou AGRÉER, il faut donuec à son créancier de l'argent, ou du moins de bonnes paroles. — Fig. Qui nous doit nous demande, se dit lorsqu'on a sujet de se plaindre de la personne même qui se plaint. — Il croit toujours qu'on lui en doit de reste, il n'est jamais content de ce qu'on fait pour lui. — Il m'en doit ou je lui en dois, il m'a offensé, il m'a joué un tour, je m'en vengerai. — Ils ne s'en doivent guère, se dit de deux personnes qui ont d'aussi mauvaises qualités l'une que l'autre, ou qui ont eu également des torts à l'égard l'une de l'autre. On dit de même, en fait d'injures, de mauvais procédés, ces deux
HOMMES ne s'en DOIVENT GUÈRE. — N'EN DEVOIR
GUÈRE, n'en DEVOIR RIEN, ne pas céder à un autre en bonnes qualités, en beauté, etc. : les bords de ta Seine n'en doivent rien à ceux de laLoire.
— Etre obligea quelque chose parla morale, par la loi, par sa condition, par la bienséance, etc. : un fils doit respecter son père; un homme d'honneur doittenir sa parole. Ou leditquelquefois des choses : la loi doit une égale protection à tous les eitoxjens. — Prov. Va ou tu peux, MOURIR ou tu dois; fais ce que dois, advienne QUE pourra. — Etre redevable à, tenir de : l'auteur a du le succès de sa pièce au talent des acteurs; cette colline doit son nom à un événement qu'on nous raconta. On le dit quelquefois en parlant de choses fâcheuses, funestes : je lui dois tous mes maux. — Se dit aussi pour marquer qu'il y a une espèce de justice, de raison, de nécessité, etc., qu'une chose soit ; un bon ouvrier doit être plus employé qu'un autre.
Allez, vous devriez mourir de pute honte. MoLiÉnE.
— Se dit également de ce qui paraît vraisemblable, probable, plus ou moins certain : le législateur doit avoir prévu ce cas. —Se dit encore pour marquer qu'une chose arrivera infailliblement : tous les hommes doivent mourir. — Se ditpareillement de ce qu'on croit, ou qu'on présume, ou qu'on suppose qui arrivera : le bonheur que doivent goûter les élus. — A l'imparfait du subjonctif, s'emploie dans le sens de quand même : dussé-je y périr; dût ma fortune être anéantie. — Se dit aussi pour marquer l'intention qu'on a de faire quelque chose : je dois aller demain à la campagne. — Se devoir v. pr. Etre obligé ; on se doit à soimême de respecter les bienséances; je me devais de faire cette démarche. — Cela se doit, se dit de ce qui doit être, de ce qu'on est obligé de faire. — Etre tenu de se dévouer, de se sacrifier : on se doit à sa famille, à sa patrie, à ses amis.
* DEVOIR s. m. Ce à quoi on est obligé par la raison, par la morale, par la loi, par sa condition, par la bienséance, etc. : tous les devoirs de la vie civile; faire son devoir de bon chrétien.
Quand on a tout pei-du, quand on n'a plus d'espoir La vie est un opprobre et la mort un devoir .
VoLTime. Mérope.
DEVO
Etre dans son devoir, se mettre dans son devoir, se tenir dans l'état où l'on doit être devant les personnes à qui on veut témoigner du respect. — Etre a son devoir, être à son poste. — Se mettre en devoir, se disposer. — Rentrer dans son devoir, dans le devoir, se remettre dans l'obéissance, dans lasubordination, dont on s'était écarté. On dit de même : ramener quelqu'un a son devoir, au devoir,
RETENIR quelqu'un DANS LE DEVOIR. CtC. —
Rangerquelqu'unason devoir, l'obliger à faire ce qu'il doit. On dit de même, se ranger a son DEVOIR. — Par menace. Je lui apprendrai son devoir, je le rangerai à son devoir. — Devoir pascal, communion que tout catholique doit faire chaque année à sa paroisse, aux fêtes de Pâques. — Derniers devoirs, honneurs funèbres, cérémonies qu'on fait pour les funérailles de quelqu'un : rendre a quelqu'un les derniers devoirs. — Se mettre en devoir de faire quelque chose, témoigner qu'on a dessein de le faire, se mettre en disposition de le faire, commencer à le faire. — Aller rendre ses devoirs A quelqu'un, aller le saluer chez lui, lui faire une visite de politesse. — Féod. Devoirs seigneuriaux, ce qui était dil parle vassal à son seigneur. — Thème, version ou toute autre composition qu'on donne à faire à un écolier: il n'a pas encore fini son devoir.
DEVOIRANTs. m. Voy. Dévorant.
' DÉVOLE s. f. (rad. vole\ .Jeux de cartes. Se dit lorsque la personne qui fait jouer manque la vole. Opposé à volf : il pensait gagner, et il a fait la dévole, il est en dévole.
•DEVOLER V. n. Jeux de cartes. Etre en dévole.
"DÉVOLU, UEadj. (lat. devolutus). Dr. Qui passe, qui est transporte d'une personne à une autre, qui est acquis, échu à quelqu'un en vertu d'un droit : la moitié affectée à la ligne maternelle a été, faute d'héritiers dans cette ligne, dévolue à la ligne paternelle. On a dit dans un sens analogue, procès dévolue la cour.
(Voy. DÉVOLUTIF.)
'DÉVOLU s. m. Provision d'un bénéfice vacant par l'incapacité ecclésiastique de celui qui est en possession : avoir un bénéfice par dévolu. On dit dans un sens analogue, bénéfice tombé en dévolu, vacant par dévolu. — Jeter UN DÉVOLU, faire signifier un dévolu. — Fig. et fara. Jeter son dévolu, un dévolu sur quelqu'un, sur quelque chose, arrêter ses vues, fixer son choix sur quelqu'un, sur quelque chose.
' DÉVOLUTAIRE s. m. Jurispr. Celui qui a
obtenu un dévolu.
•DÉVOLUTIF, IVE adj. Jurispr. Qui fait qu'une chose passe, est transportée d'une personne à une autre. Se dit principalement d'un appel qui saisit de la connaissance d'une affaire un juge supérieur : appel dévolutif.
' DÉVOLUTION, s. f. Transport, transmission d'un bien, d'un droit, etc., qui se fait d'une personne à une autre en vertu d'un droit : cette terre, cette seigneurie revient au roi, lui fut acquisepar dévolution. — On appelait ainsi le droit que les enfants du premier lit avaient, aux Pays-Bas, d'hériter de préférence aux enfants du second lit. Louis .\1V réclama ce droit en 1667, au nom de Marie-Thérèse, et il obtint la Flandre par le traité d'Aix-la-Chapelle. — Législ. « Toute succession échue à des ascendants ou à des collatéraux autres que les frères et sœurs et les descendants d'eux, se divise en deux parts égales, l'une pour les parents de la ligne paternelle, l'autre pour les parents de la ligne maternelle. Et s'il ne se trouve aucun ascendant ni aucun collatéral au degré successible (c'est-à-dire jusqu'au douzième degré inclusivement) dans l'une des deux lignes, les parents de l'autre ligne succèdent pour le tout, autrement dit, il y <4 dévolution d'une ligne à l'autre ligne; (G; •• T.iZ. 753.) (Voy. Succession). >. (Cu. Y.)
DEVO
•DÉVONIEN, lENNEadj. Géol. Se dit d'une certaine division du sol qu'on a étudiée d'abord dans le Dovonshire (Angleterre), et qui est la formation supérieure des terrains de transition : terrain dévonien; formation dévonienne.
DEVONPORT. [dév'-n'portt], bourg du Devonshire (.■\ngleterre), sur une vaste rade formée par l'embouchure de la Taniar, à i l;il. et demi 0. d-- y :.;;:::, Ij-.û il forme un
Devonport. — HôIl-I île ville, bibliothèque puhlir(ue et colonne élevée en commémoration du changement du nom de la ville.
faubourg; popul. : 54,736 liab. Il se nomma Fbj mouth Dock }usqvi'n\ 1821, et reçut alors son nom actuel. Il est fortifié par une muraille et par un fossé taillé dans le roc. Importants chantiers de construction pour la mariiii' rnyalr.
DEVONSHIRE dév'-n'cheur], comté d'Angleterre, borné au N. et au N.-O. par le canal de Uristol, et au S. et au S.-E. par la iManchc; 6,698 kil. carr.; 600.000 hab. Principaux cours d'eau : Taw, Torridge, Tamar, Dart, Teign, Exe et Tavy. Riches mines de cuivre, de plomb et de charbon ; carrières de marbre. Production de bétail et de cidre, manufactures d'étoffes de lin; industrie dentellière; construction de navires. Cap. Exeter.
•DÉVORANT, ANTE, adj. Qui mange en dévorant :
M.1ÎS je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange D'os et de chair meurtris et Iraînt^s dans la fanpe, Des Iambeau\ pleins de sang et des membres itlTreux, Que des chiens dévorants se disputaient entre eux. Ràcinb. Athalie.
— Qui consomme beaucoup ; qui excite à manger beaucoup et avidement: faim dévorante; appétit dévorant. — Fig. Qui consume, qui détruit avec plus ou moins de rapidité : flamme dévorante; le temps, dans sa marche dévorante. — Fig., tant au sens physique qu'au sens mural. Qui se fait sentir avec plus ou moins de violence : sentir dans sas entrailL's un feu dévorant; ardeur dévorante. — .A.ir DÉVORANT, air extrêmementsubtil, et dangereux pour les personnes dont la poitrine est délicate. On dit à peu près dans le même sens : CLIMAT DÉVORANT. — « S. m. Afgot. Compagnon du devoir.
* DÉVORER (lat. devorare). v. a. Manger une proie en la déchirant avec les dents : les bêtes l'ont dévoré; la fable dit que Saturne dévorait ses enfants. — Avaler goulûment, manger avidement : les crocodiles dévorent quelquefois les hommes; il eut dévoré le tout en un moment. On l'emploie souvent sans régime, surtout fam. : cet homme ne mange pas, il dévore. — Manger entièrement, sans rien laisser, surtout en parlant des animaux destructeurs : les chenilles ont dévoré toutes les feuilles de ce rosier. — Fig. Dévorer r?i livre, des livrks,
DEVO
les lire avec avidité, avec une extrême promptitude. — DiivoRER l'esi>ace, le parcourir avec une extrême rapidité. — Dévorkr des yeux, tenir les yeux fixement attachés sur une personne ou sur une chose, avec roxpression du désir. • — Dévorer i'ne chose en espérance, la convoiter avec ardeur et avec l'espérance de la posséiler bientôt. — C'est une terre qui DÉVORE SES HABITANTS, se dit d'un pavs où ceux, qui y demeurent, ne vivent pas d'ordinaire longtemps. — Dévorer les difficultés, venir à bout courageusement des difficultés que l'on rencontre dans ses études. — Dévorer ses larmes, retenir ses larmes quand elles sont près de s'échapper. Dévorer ses chagrins, etc., ne pas les laisser paraître. Dévorer un affront, UNE injure, etc.. cacher le ressentiment d'un atl'ront, etc. — Fig. Consumer, détruire : les flammes ont dévoré ces chefs-d'œuvre ; le temps dévore tout. — Se dit, dans un sens analogue, de l'elfet que produisent en nous la faim et la soif, quand elles sont devenues pressantes, les longues peines d'esprit, les passions très ardentes, etc. : la faim, la soif le dévore; un feu secret la dévore ; éti'e dévoré d'ambition. — >•» Dissiper, gaspiller : dévorer sa fortune, son patrimoine. — * Se dévorer, v. réeipr. surtoutau propre. Se dévorer muluellemenl : les brochets se dévorent les uns les autres.
* DÉ'VOT, OTE, adj. (lat. dévolus, dévoué). Pieux, attaché aux pratiques religieuses : les personnes dévotes ; les commencements de la vie décote sont pleins d'épines, mais les suites en sont douces. — Par dénigr. Celui qui fait consister la religion dans les pratiques extérieures du culte : Louis 17 fut un prince dévot et cruel. — Ce qui caractérise une personne dévote : avoir l'air dévot, l'extérieur, le maintien dévot. — Oui est fait avec dévotion ; qui excite à la dévotion : prière dévote; oraison dévote. — s. Personne dévote : les faux dévots sont dangereux ; c'est une dévote, une viedle dévote.
Quoi ! parce qu'un Tripon vous dupe avec audace, Sous le pompeux éclat d'une austère grimace, Vous voulez que partout on soit fait comme lui. Et qu'aucun vrai dévot ne se trouve aujourd'hui ? 3I0L1ÈRB, Tartufe.
~- Faux dévot : ne vous y fiez pas, c'est un dévot. — C'est une de ses dévotes, se dit d'une femme qui est sous la direction d'un ecclésiastique.
* DÉVOTEMENT, adv. D'une manière dévote et pieuse : prier Dieu dévotement.
* DÉVOTIEUSEMENT, adv. [-si-eu-] Dévotement (vieux).
•DÉVOTIEUX, EUSE adj. [-si-eû-]. Dévot:
c'est un homme fort dévotieux.
•DÉVOTION, s. f. [-si-on]. Piété, attachement aux pratiques religieuses : se jeter dans la dévotion; avoir dévotion à unsa'ml, à une église.
— Fête de dévotion, jeune de dévotion, fêle, jeûne qu'on observe par pure dévotion, et que l'Eglise n'a point commandé. — Livres de dévotion, livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques, etc. — Tableau de dévotion, tableau représentant un sujet pieux. — Il n'est dévotion que de jeune prêtre, on n'a jamais plus d'ardeur dans une profession, dans une entreprise que lorsqu'on la commence. — L'offrande est a dévotion, on donne ce qu'on veut à l'offrande. A l'offrande qui a dévotion, va à l'offrande qui veut. — Action d'accomplir des pratiques religieuses; et, uu pi., ces pratiques mêmes : je n'ai pas voulu interrompre votre dévotion; après avoir fait toutes leurs dévotions au tombeau du prophète, ils repartirent.
— Se dit particulièrement au pi., de la communion : cette dame a fait hier ses dévolions.
— Par ext. Dévouement, disposition à faire tout ce que veut une personne, tout ce qui peut lui plaire : ma dévotion pour vous est sans Bornes. — Être a la dévotion de quelqu'un,
DEXT
lui être tout dévoué , et de même, tout ce qu'il a est a i.\ dévotion d'un tel.
* DÉVOUÉ ÉE, part, passé de dévouer : l'ami le plus dévoué. — Etre dévoué a quelqu'lin, être disposé à suivre toutes ses volontés, a tout faire pour lui être utile ou agréable : cet homme m'est tout à fait dévoué. On l'emploie quelquefois par exag., pour exprimer une simple disposition à obliger : disposez de moi comme il vous plaira, je vous suis tout dévoué. — Par exag. Je suis votre dévoué serviteur, formule de politesse par laquelle on termine souvent les lettres adressées à des égaux ou jnéme à des inférieurs. On termine aussi quelquefois par la formule, voire dévoué, votre très dévoué, mais seulemeraent lorsqu'on écrit à une personne avec laquelle on vil un peu familièrement.
* DÉVOUEMENT ou Dévoùment s. m. Abandonnemenl aux volontés d'un autre, disposition à le servir en toute occasion : il sert ses amis avec un dévouement sans exemple. — Action de s'exposer à un grand péril, ou à une mort certaine, par humanité, par patriotisme, etc. : le dévouement de d'Assas. — Acte religieux des anciens, par lequel un citoyen s'offrait volontairement aux divinités infernales, pour faire retomber sur sa tête le malheur dont la république se croyait menacée : le dévouement de Codrus, le dévouement de Décius, sont célèbres dans l'histoire.
* DÉVOUER V. a. (rad. vouer). Vouer, consacrer, livrer bans réserve : il a dévoué ses enfants au service de la patrie; dévouer quelqu'un au mépris, à la haine, à l'exécration. — Se dévouer v. pr. Dévouer soi : se dévouer à ses amis, usa patrie, au bien public; se dévouerait service, aux volontés de quelqu'un; se dévouer à la mort pour le bien de sa patrie. -^ S'exposer a un grand péril, ou se dévouer à une mort certaine, par attachement pour quelqu'un, par humanité, par patrioiisme, etc. : se dévoue)' pour son pays, pour le salut, pour la. gloire de sa patrie; s'il faut une victime, je m.e dévoue.
* DÉVOYÉ, ÉE part, passé de dévoyer. — s. Dans le langage mystique. Personne qui n'est pas dans la voie du salut : ramener les dévoyés. — »v Argot. Celui qui est acquitté.
* DÉVOYER v. a. [dé-voi-ié] (rad. voie). Se conjugue comme employer. Détourner de la voie, du chemin : ce guide l'a dévoyé. — Dévoyer UN TUYAU de cheminée, DE DESCENTE, etc.,
le détourner de la ligne verticale, lorsqu'il rencontre un obstacle. — Donner le dévolement : ces aliments l'ont dévoyé. — Se dévoyer v. pr. Dévoyer soi : il ne savait pas le chenJn, il s'est dévoyé. On dit mieux, égarer. — Se dévoyer du chemin de la vérité, quitter le bon chemin, le chemin de la vérité.
DEWSBURY [diouss'-be-ri], ville du Yorkshire (Angleterre), sur la Calder, à 48 kil. S.-O. d'Vork; 29,847 hab. Manufactures de draps et de tapis.
* DEXTÉRITÉ s. f. [dèk-sté-ri-té] (lat. dexteritas). Adresse de la main : il joue des gobelets avec une grande dextérité. — Fig. Adresse de l'esprit : il a conduit cette intrigue avec beaucoup de dextérité.
' DEXTRE s. f. [dèk-strc] (lat. dexter). Main droite; côté droit, côté de la main droite : assis à La dextre de Dieu, à la dcxtre du Tout- Puissant, à la dextre du Père. iNe s'emploie que dans ces sortes de phrases, où même il est vieux. — Blas. Le côté dextre, le côté droit. A dextre, a droite.
* DEXTREMENT adv. Avec dextérité : il a fait cela fort de.ctrement (vieux).
•DEXTRINE s. f. [dèk-stri-ne] (lat. (te^j-a, main droite, iiarce que la dcxlrine fait tourner il droite le plan de polarisation de la lumière). Cliiin. Condition isomériquo de l'aini-
don, représentée par C« H'« 0^ ou C" H"> 0".
La dextrine, appelée aussi gomme d'Alsace, gomme d'amidon ou amidon torréfié, est également isomère avec la gomme arabique, dont elle offre l'apparence et dont elle possède plusieurs propriétés, mais dont elle ditfère particulièrement par sa remarquable faculté de tourner à droite le plan de polarisation. On peut obtenir la dextrine en grillant avec soin de l'amidon dans une casserole peu profonde ou dans des cylindres tournants, à une chaleur de l.'iO" à 1.5.0" C; eis soumettant de. l'amidon à l'action de l'acide nitrique; en faisant bouillir de l'amidon dans de l'acide sulfurique dilué; ou par l'action de la diastase sur l'amidon. (Voy. Fermentation). La dextrine est employée dans l'apprêt des tissus et des tulles, dans l'encollage des tissus et des bandages agglutinatifs, etc. Los distillateurs et les épiciers s'en servent pour frauder le sirop de gomme.
DEXTRINE, ÉE adj. Enduit de dextrine :
bandage dextrine.
DEXTRINIQUE adj. Qui appartient à la dextrine : catulyse dextrinique.
DEXTROCHÈRE s. m. [dèk-siro-kè-re] (lat.
dexter, droit ; gr. cheir, main). Blas. Main droite représentée dans un écu, gantée et armée.
DEXTROGYRE adj. (lat. dexter, dro'il; gyrus, tour). Phys. Qui dévie à droite le plan de polaribation.
DEXTROVOLUBILE adj. Bot. Se dit des plantes grimpantes qui s'enroulent de droite à gauche, comme le liseron, le haricot, le volubilis.
* DEY s. m. [de] (ar. dut, conducteur, oncle). Chef de l'ancien gouvernement d'.\lger : le dey d'Alger était vassal du Grand Seigneur. (Voy. Algérie.)
DEZOBRY (Charles-Louis), écrivain né à Saint-Uenis (Seine) en 17!)iS, mort a Paris en IsTl. 11 publia en 183-5, Rome au siècle d'Auguste (4 vol. in-8°), dont une nouvelle édition améliorée, tut donnée en 184i)-'47 (4 vol. in-S°). 11 fonda en 1839, avec M. Magdeleine, une librairie classique qui édila tous les livres prescrits pour l'enseignement. Les ouvrages les plus connus de Dezobry sont les suivants, qu'il publia avec la collaboration do Bachelet et de plusieurs littérateurs ; Dictionnaire de biographie et d'histoire (1857, 2 vol. in-8°); Dictionnaire des lettres, beaux-arts, sciences morales et poUUques (1862, t vol. in-S"). Ces deu.x excellents dictionnaires ont depuis longtemps fait oublier les publications analogues de jiuuillêt.
DHAWALAGIRI. Voy. Himalaya.
DHOLE s. m. Espèce de chien de l'Indoustan. (Voy. Chien.) — Di, préfixe. (V. S.)
* DIA. Mot dont les charretiers se servent pour faire aller leurs chevaux à gauche, comme ils se servent des mots hue, huhau ou HURHAU pour les faire aller à droite. — Prov., fig. et pop. Il n'entend ni a dia, ni a huhau, oh ne saurait lui l'aire entendre raison. — Prov., fig. et pop. L'un tire a dia, et l'autre a huhau, ou l'un tire a hue et l'autre a niA, se dit lorsque deux personnes dans la conduite de l'affaire dont elles sont chargées, prennent, des moyens qui se contrarient.
* DIABÈTE s. m. (gr. diabuinein, passer à travers). Pathol. Maladie caractérisée par nue excrétion très abondante d'niine. — 1. Diabète sucré, glycosurie ou glycohémie [diabètes mellilus), maladie caractérisée par une excessive excrétion d'urine contenant une quantité plus ou moins grande de sucre de fécule, par une soif inextinguible accompagnée de boulimie et par le marasme. D'après les études de Claude Bernard, le diabète sucré est causé par un excès d'activité du foie ou parle délaut d'activité du poumon; le premier sécrétant et élaborant une trop grande quantité de sucre ou le second ne consommant pas, dan
DIAB
DIAB
DIAB
.a respiialion, loulle sucre foui'iii pai' le foie; alors colle substance surabondaiile passe dans les urines. Le diabète se complique souvent de phtisie. Le traitement consiste à s'abstenir de iëculenls et do toute autre substance susceptible de donner lieu à la formation du sucre (laitaf-'e, pomme de terre, liière, etc.); à se nourrir de substances toniques et azotées, telles que viandes, œufs, vin vieux, pain de f-'luten; à prendre des sudoriOques (surtout le carbonate d'ammoniaque), des bains de vapeur, l'opium à faibles doses, l'eau de Vichy, la teinture d'iode (de 10 à 25 g^oultes pai' jour), à porter des vêtements de ilanelle et à se donner de l'eiercice. — Diabète non sucré, polyurie ou polydipsie (diabètes insipidus), maladie moins grave que la précédente, caractérisée par une augmentation considérable d'urine ne contenant aucun principe sucré.
•DIABÉTIQUE adj. Méd. Qui tient du diabète : iiffe'i.iui) diiihétique. — s. Malade affecté du diabète : un diabélique.
"DIABLE s. m. (gr. dinholos, calomniateur). 9. m. Démon, esprit malin, mauvais ange; souverain génie du mal, dans la thi''ologie chrétienne. On l'appelle quelquefois Satan. Il ne semble pas qu'il y ait eu, chez les Juifs des premiers âges, de personnification du mauvais principe. Dans la religion des races sémitiques, le bien et le mal étaient causés l'un et l'autre par l'Etre suprême. Mais pendant la captivité de Babylone, les Juifs reçurent des Chaldéens et des Perses la notion d'un esprit antagoniste de tout ce qui étaitbon et personnincation du mal. Dans la théologie chrétienne on conçut le mal comme un esprit qui a été bon, mais qui est tombé. Pendant le moyen âge, le diable était représenté sous la figure d'un nègre cornu, au.x yeu.\ llaniboyants, au.'i ongles crochus, et pourvu d'une longue queue. — Avocat du diable (Voy. Advo- CATUs). — Prov. Le diable n'y perd rien, se dit en parlant d'une personne qui sait habituellement maîtriser et cacher les passions et les sentiments qui la tourmentent: celte "personne est ordinairement très calme; mais le diable n'y perd rien.. Cela se dit également en parlant des souffrances qu'on dissimule: je n\iipas l'air de souffrir, mais le diable n'y perd rien. — Quand il dort, le diable le berce ou absul., LE diable le berce, se dit d'un homme inquiet, qui roule toujours dans sa têlequelque dessein contraire au repos des autres ou au sien. — Les menteurs sont les enfants du diable. — Le diable était beau quand il était JEUNE, la jeunesse a toujours quelque chose d'agréable, même dans les personnes les plus laides. — Cette femme a la beauté du diable, elle n'est pas jolie, mais elle a la fraîcheur de la jeunesse. — Quand le diable eut vieux, il SE fit ermite, se dit en parlant de quelqu'un qui, après avoir fait le libertin, devient liëvot sur ses vieux jours. — Le diable est aux VACHES, est bien AUX VACHES, il y a du vacarme, du désordre, de la brouillerie, etc. — Les DIABLES sont déchainés, sc dit quand il arrive de grands mouvements, de grands malheurs. — Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et qu'il fait soleil en même temps. — Il est comme le valet du diable, il
FAIT PLUS qu'on NE LUI COMMANDE, OU sillipl.,
IL FAIT LE VALET DU DIABLE, Se dit d'un lioinme qui, par zèle ou par tout autre motif, fait plus qu'on ne lui dit. — Il mangerait le diable et SES CORNES, se dit d'un grand mangeur. — Le
diable ne LUI FERAIT PAS FAIRE TELLE CHOSE, On
aurait bien de la peine i lui faire faire telle chose. — Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d'un méchant homme, d'un homme déterminé qu'aucune crainte n'arrête. — Il vaut
MIEUX TUER le DIABLE, QUE LE DIABLE NOUS TUE,
dans le cas de défense personnelle, il vaut mieux tuer son ennemi, que de s'en laisser luer. — Brûler une chandelle au diable,
flatter un pouvoir injuste pour en olitoiiir quelque chose. — Tirer le diable par la queie, avoir beaucoup de peine à se procurer de quoi vivre. — IjOger le diable dans sa bourse, n'avoir pas le sou.
Un charlat.Tu disoit, en plein marché,
Qu'il ninnslreroit ie dinhla à tout le monde.
Si (si bien qu'il) n'y cust nul, t;uil fusl-il crapcsché,
Qui ne courusl pour voir l'espril innlionile.
Lors une bourse assez large et pr^ifonde
Il leur déployé cl leur dil : — « Gens de bien,
Ouvrez vos yeux, voyez, y a-t-il rien ?
— Non. dit quelqu'un dés plus prés rcgardans.
— Ué! c'est, dit-il, ie diahlp. oyez-vous bien. Ouvrir sa bourse et ne rien voir'dedans ».
.Mellin dk Saint-Gelais.
— Le diable n'est pas toujours a la porte d'un pauvre homme, un homme malheureux ne l'est pas toujours. — Avoir le diable au coups, être méchant, furieux. .Se dil quelquefois en parlant d'un homme qui montre beaucoup d'adresse, de courage, de force, de talent ou d'esprit ; tout ce qu'il /'ait eut prodvjieux, je crois qu'il a le diable au corps, il faut qu'il ait te diable aucorps. Ou le dit quelquefois, dans le premiersens, eu parlant des animaux: ce cheval a le diable au corps. — C'est le diable a CONFESSER, Se dit d'uii aveu difficile à obtenir, et en général d'une chose difficile à faire. Dans le dernier sens, on dit aussi, c'est le diable : c'est le diable pour obtenir de lui quelque argent. — C'est le diable, c'est la le diable, voila le diable, se dit de ce qu'ily ade pénible, de difficile, de fâcheux, de contrariant dans la chose dont il s'agit : nous aurions besoin de son consentement, et il le refuse : c'est là le diable.
— Cela se fera, ou il faudra que le diable s'en
MELE, a moins QUE LE DIABLE NE s'eN MÊLE, SI LE
diable ne s'en mêle, celte affaire se fera malgré tous les obstacles. Cette affaire ne se FERA PAS A moins, ETC., il cst presque impossible que cette affaire réussisse. On dil dans le môme sens, cela se fera si le diable s'en hèle.
— Veuille Dieu, veuille diable, je n'en aurai POINT LE démenti, je suis bien résolu de faire telle chose. — Quand le diable y serait, se dit pour exprimer qu'une chose parait difficile, impossible, incroyable : quand le diable y serait, vous ne me ferez pas croire cela. — Le DIABLE n'y verrait GOUTTE, so dit en parlant d'une chose fort difficile à comprendre, à débrouiller — Donner, envoyer au diable, a tous les diables, a tous les cinq cents diables, maudire, rebuter, repousser, renvoyer avec colère, avec indi^mation.
i:loches, si les lois de 1 Etrlise Ont ordonné qu'on vous baptise, Le mystère en est délicat :
C'est de peur que le diable à qui chacun vous donne, Lorsque trop longtemps ou vous sonne, Ne vous prit et vous emportât.
La Mon.NOYE.
On dit de même; va-t'en au diable; qu'il s'en
AILLE AU diable, A TOUS LES DIABLES, etc. ; QUE LE DIABLE t'eMPORTE, l'eMPORTE, StC. ; JE VOU- DRAIS QUE TU FUSSES, QU'iL FUT AU DIABLE, A TOUS LES DIABLES, AUX CINQ CENTS DIABLES ; QUE LE DIABLE, OU siinpl., LE DIABLE SOIT DE LUI, DE TOI, etc.; AU DIABLE SOIT LIMBÉCILE, LE SOT, elc, QUI A FAIT TELLE chosE ! — Au DIABLE CELUI QUI
LE FERA, se dit pour faire entendre que personne ne pourra ou n'osera faire la chose dont il s'agit. — Au diable le brofit que j'en AI TIRÉ, se dit pour faire entendre qu'on n'a tiré aucun profit d'une afl'aire. ^- Fi, fi! au diable! sert à marquer !o mépris, l'aversion.
— Au diable! se dit lorsqu'on se rebute, lorsqu'on renonce à faire une chose difficile ou très pénible : au diable ! je n'en viendrai jamais à bout. — • S'en aller au diable, a tous les DIABLES, se perdre, disparaître tout à fait: mon chapjeuit, emporté par le vent, s'en esc allé à tous lus diables. Manquer, échouer : l'affaire s'en va au diable, à tous les diables. On dit de même, dans l'un et dans l'autre sens, être a tous les diables. — Être au diable, être excessivement loin. — Se donner au diable, se dit lorsqu'on se donne beaucoup de mal, beaucoup de mouvement et de peine pour quelque
chose : je me suis donné au. diable inutilement pour que la chose réussit. Se désespérer. — Cela me ferait donner au diable, se dil pour exprimer la vive impatience, le dépit violent qu'on éprouve de quelque chose : «os sottes raisons me feraient donner au diable. — Je me
DONNE AU DIABLE, JE VEUX QUE LE DIABLE m'kM- PORTE.SI... LE DIABLE m'eMPORTE, SI... LE DIABLE
m'emporte, loculions qui sont quelquefois employées, par forme de serment, pour affirmer ou nier avec plus d'énergie. On dit de même, DU DIABLE SI... et AU DIABLE SI... — Par chaerin ou par dépit. Le diable s'en pende ! — Par forme de serment. Je n'en ferai rien, de
PAR TOUS LES DIABLES. — FaIRE LE DIABLE, FAIRE
LE DIABLE A QUATRE, faire bèaucoup de bruit, causer beaucoup de désordre, s'emporter à l'excès, se donner beaucoup de peine, de mouvement pour quelque chose: l'affaire a réusii, ou n'a pas réussi, quoiqu'il y ait fait le diable à quatre. — Faire le diable contre quelqu'un, faire du pis qu'on peut contre lui. Dire le diable contre quelqu'un, en médire ou le calomnier impitoyablement. — Cela ne VAUT PAS LE diable, sc dit d'une chose qui ne vaut rien, ou qui est fort mauvaise dans son genre. — Fig. Personne très méchante, ou violente, emportée, ou d'une pétulance excessive, d'une turbulence incommode etbruyante: c'est un diable, un diable incarné, un vrai diable. — Il n'est pas si diablequ'il est noir, cet homme n'est pas si mé.dianl qu'il le parait.
— Tant en bonne qu'en mauvaise part. Personne remar(juable par quelque qualité, par ses mœurs, par ses manières: c'est un diable pour la force, pour l'adresse, etc. ; ce diable d'homme trouve toujours des expédients. — Ce diable
D''llOMME, cette DIABLE DE FEMME, PtC, se disent
qut'bjuefois par dépit contre un homme ou une femme. — Un bon diable, un homme de bonne humeur, de bon caractère, et commode à vivre. — Un méchand diable, un homme méchant et rusé. -^ Un pauvre diable, un homme qui est dans la misère. — Un grand DIABLE, un homme grand et dégingandé. — Une diable d'affaire, un diable de négoce, de MÉTIER, etc., une aifairc difficile, fâcheuse, un négoce peu lucratif, etc. Une diable de PLUIE, UN diable DE VENT, ctc, uiie pluie, un vent incommode, nuisible. ^ Une affaire du
DIABLE, UNE DIFFICULTÉ DE DIABLE. Une affaire
très compliquée, ou qui a, qui peut avoir de très grandes suites; une très grande difficulté, etc. On dil de même : un froid de
DIABLE. UN VENT, UNE PLUIE DU DIABLE, Un froid
excessif, un vent très violent, etc. Il avait une PEUR DE DIABLE, il avait uue peur extrême. — Avoir un esprit de tous les diables, .woir de l'esprit COMME tous LES DIABLES, avoir bcaucoup d'esprit. — S'emploie souvent comme interjection de surprise, d'admiration, de doute, do mécontentement, d'inquiétude, eLc: diable! comme -ooits y alkî! — ksi employé d'une manière analo.s'ue dans les phrases suivantes et autres semblables: oii. diable va-t-il prendre tout ce ciu'il dit ? qui diable vous a dit cela '? je ne sais ce que diable il est devenu; que diable me veut-il ? comment diable vais-je m'y prendre '! à quoi diable s'amuse-t-il ? que diable! vous avez peur? — Sorlo de double toupie que l'on fait tourner rapidement sur une corde attachée à deux baguettes, et qui ronlle avec beaucoup de bruit: le jeu dudiable.
— Espèce de charrette à quatre roues fort basses, qui sert au transport de certaines marchandises, et qui t'ait beaucoup de bruit en roulant sur le pavé. — Petit chariot à deux roues dont les maçons se servent pour transporter les pierres. — Hist. nat. Espèce de cigale, ainsi que divers oiseaux, et quelques poissons. — En diable, toc. adv. Fort, extrêmement : frapper en diable; mentir en diable. On dit quelquefois dans le même sens, EN DIABLE ET DEMI : il l'a battu en diable et demi. On dit aussi, comme le diable, comme
UN BEAU diable, COMME TOUS LES DIABLES : Cricr
DIAB
coiiime nn beau diable. — A la diable loc. adv. Très mal : cebi est fait à^la diable, ou simp., cela est à lu diable. — Ltke fait a la DIABLE, être habillé sans goût, ou avoir ses vêtements en grand désordre. — »* Ustensile de ménage servant à faire prendre le charbon ou la braise. II se compose d'un bout de tuvau en tôle, terminé à sa base par un évàsement. - Espèce de grande tenaille portée sur des roues et dont se servent les verriers pour mettre leurs creusets au feu. — Petite boite d"où sort un pantin nmnlé sur ressort et qui représente un diable. — Argot. A?ent provocateur. — Murs du diable, nom donné, pendant le moyen âge, aux restes des fortifications que les Romains avaient élevées pour protéger leurs établissements sur le Rhin et sur'le Danube contre les irruptions des tribus germaniques. Des portions de ces murailles existent encore entre Abensberg et Cologne. — Pont du diable, remarquable pont
caninn
DIAD
DIABLlNTîS, petit peuple des Gaules, dont la cap. élail|Jublains (Mayenne). (Voy. Au-
LERQL'ES .
'DIABLOTIN S. m. Petit diable :
Blablolins par ribambelle, Yieiinent baiser ses pieds nus.
— Fig. Méchant petit enfant : cet enfant est un vrai diablotin. — Espèce de dragée faite de chocolat et couverte de non-pareille : une livre de diablotins. — w Au féni. diablotine.
•DIABOLIQUE adj. Qui est du diable, qui vieiUdudialiio : tenUitiondiabolique ; suggestion diabolique. — Qui est extrêmement méchant, pernicieux dans son genre : esiwit diabolique; méchanceté diabolique; invention diabolique. — Qui est fort mauvais : il nous a menés par un chemin diabolique ; on nous servit un ragoût diabolique. — Qui est très difficile, très pénible : c'est une affaire diabolique. Ce sens et le précédent sont familiers.
* DIABOLIQUEMENT adv. Avec une méchanceté diabolique : calomnie forgée diaboliquement.
* DIACHYLON ou w Dyachylum s. m.
[dia-chi-lon-lomm] (gr. dia, avec; chulos, suc). Pharm. Emplâtre agglulinalif, considéré comme résolutif, et dans lequel il entre des substances mucilagineuses. On l'emploie pour panser les cautères volants et les vésicatoires. — Toile de diachylon ou simpl. diachylon, toile sur laquelle on étend le diachylon et qui se colle aux parties. — Z)irtctase. Miner. (V. S.)
*DIACODE {sv. dia, avec; khodcia, tête de pavot) s. m. Pharm. Sirop fait avec la décoclion des télés de pavots blancs. — Adjectiv. : sirop diacodc.
* DIAGONAL, ALE, AUX adj. Qui appartient (jui a rapport au diacre ; fonctions
au i
diui
ai-n
■onak'S.