‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 316 sur 568 · DUCH · texte numérisé non relu

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et de philosophie. Pendant un voyage qu'elle , faisait à Luiiéville, pour y visiter le roi Stauislas, elle mourut peu après avoir donné le jour à un enfant, qu'elle avait eu de Saint- Lambert.

* DUCHÉ s. m. Terre, seisneurie, principauté à laquelle le litre de due est allaehé : il n'y a plus de duchés en France. L'expression duchépairie esl ordinairement employée comme subslanlil masculin; quelques-uns l'emploient comme substantif féminin. — DccHi^: femelle, duché que les femmes peuvent posséder et lui se transmet par elles. — Grand-duché, Etat lonl le souverain porte le titre de i;rand-duc. DUCHESNEldu-chê-ne]. L (André), historien né à ille-lSouchard (In.lre-et-Loire), en 1584, mort en 1040. Géoi-'raphe el hislorios-raphe du roi, il publia des collections d'Histoires sur les nn iens Normands el les Français. — II. (François!, fils du précédent (Ibl 6- 1693), fui aussi historiographe royal. On a de lui une Histoire des papes (It),ï3).

DUCHESNE Le père), personnage populaire, dont on avait f.iil, avant la Révolution, le type de la franchise bouri-ue, burlesque el quelquefois grossière. Hébert (voy. ce nom) se personnifia dans ce rôle et donna, au commencement de la Révolution, une suite de pamphlets sous le litre de Grandes colères du péri Duchcsne ei Grandes joies du père Duckesne; mais l.enierre, auteur des Lettres bougrement palriotir/ues du père Duchesnc (1 790-'9-2), lui disputa vivement la possession exclusive de son litre : l'un et l'autre étaient également cyniquesetorduriers. Le preniierélail républicain, le second soutenait le roi. sans être plus modéré dans la forme. L'un réclamait la tête de Capelel celle desjean-f... d'aristocrates; l'autre aurait volontiers cassé la g... à ces jean-f... de sans-culottes; chacun déversait sa bile en jurons retentissants. La révolution de I S48 eut également ses deux pères Duehesne : l'un, journal rovaliste. n'eut que quelques numéros; l'autre, républicain tira jusqu'à 80,00 exemplaires; il fut supprimé après les journées de juin. Dans la dernière année du second Empire, le Père Biichesrie reparut tout à coup. Pendant les loisirs que lui avait laissés la politique, il s'élail marié et avàit eu de la tanulle. car on vit paraître successivement la Mère Duehesne, le Fils Duehesne. etc. Toute celle famille de gens fort mal élevés s'attaquait particulièrement à l'impéiatrice (Badinguette, l'Espaguiile), à l'empereur (Badiiiguet), au prince impérial (le petit Badinj;uel), et généralement aux membres de la famille impériale; c'était une guerre personnelle, faite dans lesleimes les plus ignobles. Mais le véritable Père Duehesne. celui dont la gloire a éclipsé celle de ses devanciers et de ses contemporans, ce fut le Père Duehesne de Vermesr.h, Vuillaurae et Humberl. Créé en 1870, il obtint un immense succès, tant qu'il eut à traîner dans la boucla famille imiiériale; il vécut péniblement pendant le siège de Paris, futsupprimé un instant en mars 1871, reparut victorieusement le 30 mars et devint l'un des organes les plus populaires du mouvement communalisle. 11 ne le céda pas à l'ancien Père Duehesne pour la trivialité du langai-e et pour l'excen Incité des motions qu'il proposa.

DUCHESNE DE GISORS (Jean-Baptiste-Joseph;, peintre, ué a (jisors (Eure, en 17iO, mort en ISiili. Ses miniatures de .Napoléon I", delà duchesse de Bijrry, et ses peintures émaillées pour le Louvre e'i pour la reine Victoria, furent considérées comme les chefs-d'œuvre du genre. Duehesne fil de la peinture jusqu'à l'âge de Xi ans.

"DUCHESSE s. f. Femme d'un duc; celle qui a un du. h'-, nu la même dignité que si elle était la femnje dun duc : la yrande-dtiehesse de bude — »\ Espèce de lit de repos, qui a un dossier.— Grosse poire d'automne trèseslimée.

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DUCIS (Jean-François I [du-sî], poète tragique.né et niurl à Versailles (14 août 1733- 22 mai 1816). Son père, marchand de verrerie à Versailles, le laissa libre de suivre son penchant pour la littérature. Ducis débuta par une tragédie racinienne, Aniélise. que le public eut le bon goût de siftler. Gel avertissement suffit au jeune auteur; il comprit que les sentiers de l'école classique n'étaient plus bons à suivre; il chercha de nouvelles voies et traça celles (jui aboutirent plus tard au romantisme Ayant conçu la pensée de faire connaître au public français les chefs-d'œuvre de Shakespeare, il donna Humlei en 1769 et Roméo et Juliette en 1772; c'étaient des imitations el non des traductions, car Ducis, pigeant avec raison qu'un peuple, qui, pendant un siècle, avait admiré Racine et ses plats imitateurs, n'était pas préparé à entendre le mâle langage du grand trafique anglais, Ducis, disons-nous, arrangea ces pièces selon les nécessités de la scène française; il en lit des œuvres nouvelles, inférieures sans doute, mais ayant un caractère particulier. Son succès lul complet. Il eut le tort de vouloir retourner vers l'antiquité : OEdi/ii; chez Admète idée. 17 ; 8), fut une faute qui lit, selon l'expression consacrée, tomber l'auteur :

de chute en chute, au siège académique.

Ce fut, en effet, après l'insuccès de cette pièce que Ducis entra a l'Académie française, où il remplaça Voltaire (1779). Revenant à Shakespeare, il donna le Roi Lear (17s3), Macbeth (1 784), J(,'U7! sans Terre (1791), imitations que le public reçut avec froideur, el Ûlhello (nov. 179'2 , où il remporta un véritable triomphe Injustement Irailé de plagiaire, il abandunna ses modèles el lit une tragédie enlièrement de son invention, Abufarou la Famille arabe (M'-y.i), qui esl la plus belle, la plus originale et la plus soutenue de ses pièces. Ducis salua avec joie la Révolution, bien qu'il eût été quelque temps secrétaire de Monsieur (plus tard Louis .Wlll). Le coup d'Etal de BrumaiiC lui lit horreur; ce ne fut donc pas sans stupéfaction, qu'il apprit, par le Manitetir, que le premier consul le portail sur la liste des sénateurs : il se hâta de faire savoir qu'il n'acceptait pas. On lui ollril inutilement un emploi de bibliolhécaiio; plus tard, on voulut le décorer, il se contenta de répondre : « .l'ai refuse pis ». Il donna en 1 797, Œdipe à Colonc, simplification d'CEdipe chez Admète, el en 1809 un vol. de Poésies diverses, pleines de verve et de bonhomie. La meilleure édition de ses œuvres est celle de 1819.

DUCLAIR, ch -1. de canl., arr. et à 25 kil. N.-O. de Rouen (Seine-Inférieure), sur la Seine; 1,951 Uab.

DUCLOS (Charles Pineau) du-klôj, moraliste el historien, né à Dinan en 1704, mort en 1772. Son Histoire de Louis XI fut supprimée (174o); il n'en devint pas moins historiographe de France en 1730. .Sa réputation repose surtout sur des essais de morale, lia laissé des Mémoires S'crels sur les réyiies de LouisXlV et de Loais XV (1790, 2 vol. in-8°) el des Considérations sur les mœurs (1731, iu-12). Ses œuvres complètes ont clé publiées par les soins d'Aiiger (Pans, 1806, 10 vol. in-18).

DUCORNET iLouis-César-Joseph), peintre, né a Lille en 180b, morl n 18 6. Il naqnilsans bras el avec les membres inférieursdilforines; inaisil apprilàseservir de ses pieds en guise de mains; en parlant il gesticulait avec ses jambes. Il étudia la peinture sous Wattoau à Lille et, à 16 ans,oblinl un prix el une pension. 11 se perfectionna a Paris el produisilcu 1823 les Adieux d'Hector et d'Andromnque. Lue de ses deinières toiles, Edith ilécou^rant le corps d'Uarold, l'ut faite pour Napoléon 111.

DUCLOS (Jean-François), conventionnel girondin, ne à Bordeaux en 1763, guillotiné le 31 octobre 1793. Fils d'un riche négociant, il fit de brillantes études. Ses compatriotes l'en-

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voyèrent à l'Assemblée législative (1791), où il siégea à l'exlrèrae gauche, et à la Conveulion, où il soutint ses amis de la Gironde. .Maral lui sauva la vie en le faisant effacer de la liste de proscription du 31 mai. Duclos saisit ensuite toutes les occasions de réhabiliter les Girondins el d'attaquer la mémoire de Maral. Les Montagnards, qu'il invectivait dans chacun de ses discours, l'enveloppèrent dans le décret du 3 octobre. Il marcha à l'échafaud en chantant la Marseillaise et cria Vive la République en plaçant sa tête sous le fatal couperet.

DUCOS (Roger), homme politique, né à Dax en l'734, mort en 1816. Il était avocat en 1792, lorsque les électeurs des Landes l'envoyèrent à la Convention, où il siégea sur les bancs de la plaine, llenlraau conseil des Cinq- Cents el devint simple .juge de paix à la fin de son mandat. Barras le fil nommer membre du Directoire, à la suite du coup d'Etat parlcmenlaire du 30 prairial an VU. IJucos resta au pouvoir, en qualité de 3' consul, après le coup d'Etal du 18 brumaire; mais il fulbienlûl remplacé par Lebrun et eut, pour se consoler, la présidence du Sénat el le titre de comte. 11 vola la déchéance de Napoléon, en 1814, fut élevé à la pairie pendant les Cenl-Jours et l'ut exilé en 1816. Il mourut près d'Ulm, des suites d'un accident de voilure.

DUCOS, nom d'une île el d'une presqu'île de la Nouvelle-Calédonie. — La presqu'île Ducos servit de lieu de déportation. (Voy. iNouvelle- Calédonie.)

DUCOUÉDIC, voy. CouiiDic.

DUCRAY DUMÉNIL ou Duminil (François- Guillaumei, romancier, né à Paris en l'6l, mort à Ville-d'Avray en 1819. Ses principaux romans, Lolotte om Fa?i/'(inil787), Alexis ou la maisonnette dans les bois (17S8), les Soirées de la chaumière (1794), Victor ou l'Enfant de la forêt (1796), Cœlina ou l'Enfant du mi/stère (1798), Patd ou la Ferme abandonnée il 800), le Petit Carillonneur (1809), Jean et Jeannette (1816), sont des ouvrages très intéressants et d'une parfaite moralité.

DUCROIRE s. m. (ilal. del credere). Comm. Prime ai'cordée au commissionnaire, qui répond des personnes auxquelles il vend la marchandise qui lui est confiée.

DUCROT (Auguste-Alexandre), général, né à Nevers en 1817, morl à \'ersailles le 17 août 1882. .\ sa sortie de l'Ecole [lolytechnique, il servit en .Algérie et y obtint un rapide avaiii'ement. Il fiÛa campagne d'Italie, en qurililé de général de brigade, el devint général de division en 186.3. Chef du premier corps de l'armée de Mac-Mahon, en 1870, il prit parla la bataille de Reischotl'en, où il perdit presque tous ses soldats. Un nouveau corps d'armée avant été formé a Chàlons, Ducrol se mita sa têle et l'ut le premier lieutenant de Mac-.Mahon qui atteignit la Meuse, dans l'intention d'opérer une jonction avec Bazaiiie. Mac-Mahon avant été blessé à Sedan, Ducrol le remplaça un instant cjinme commandant en chef et donna des preuves d'un grand courage personnel. 11 prenait ses dispositions pour biillre en retraite, lorsque survint le général Wimp- Uen, qui traversa son projet el lui enleva le commaiidemenl. Après la capitulation de Sedan, Ducrol refusa de rester prisonnier sur jiarole el brûla la politesse à ses geôliers. Son évasion de Pont-à-Mousson excita la colère des Allemands, dnnl il n'eut plus a alleiidrc aucun quartier. Il reçulaParis le commandemenldes 13' et 14'= corps 11 organisa la désastreuse opéralion dul9se[)t.(Voy.CuATioLON), dirigea la sanglante elinutilesortie delà Malmai>on (21 ocl.); lui nommé commandant lie la 2" armée (.'1 nov.), destinée à opérer sur la Marne. Le 28 nov., il adressa à celle armée sa fameuse proclamalion, dans laquelle il l'aisail le serment « devant la nation tout entière » de ne rentrer dans Paris que mort ou victorieux. Il livra en-

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suite la terril)le baUiille de Champigny, qui dura trois jours, par un froid excessif de lo° à 18" au-dessous de zi-ro. Le premier jour (30 nov.), il conduisit lui-même ses tirailleurs à l'assaut du plateau do Villiers et brisa son épi'c dans le corps d'un soldat ennemi. Lors de la f-'rande sortie du 29 janvier IS71, une coliume d'arldlerie éirarée barra la route que devailsuivre l'armée do Ducrol, etcettearmée, arrivant doux heures trop tard sur le chamf) de bataille, ne put agir avant que l'ennemi eût massé ses forces. Envoyé à l'Assemblée n'aliouale par le déparlement de la Nièvre, il y combattit les républicains, fut nommé commandant en chef du 8» corps d'armée, à Buurp-es (!"■ sept. I87'2), profita des pouvoirs que lui conférait l'état de sièpe, pour terroriser le pays, donna sa démission de député, le 21 nov., et fut remplacé dans son commandenient en févr. 1878, après l'avortemcnt de ses tentatives de coup d'Etat. Le j^énéial Ducrot a écrit : La vérilé sur V Algérie, àhWi-n au duc d'Aumale (1871, in-S"); Lu Journée de Sedan (1871, in-8"; nouv. éd. augmentée, 1S7.S, in-l°2); La Défense de Paris (l87o-'76, 2 vol. in-S"): etc.

* DUCTILE adj. (lat. dvctilis; de ducere, conduire). Didact. Qui peut être battu, étendu, tiré, alldiiiré. sans se rompre : le verre est très diiiiile (jninid on l'éohauffc à un eertain degré.

DUCTILIMÉTRE s. m. (lat. duvtilis, ductile; gv. nictron, mesure). Marteau qui sert à évaluer la duclihlé des inétau.x.

• DUCTILITÉ s. f. Didact. Propriété de certains cuips, en vertu de laquelle ils peuvent être battus, lires, allongés, sans se rompre : l'or est de tous les métaux celui qui jouit de la plus grande duetibilité ; ensuite viennent. da7is l'ordre de leur duetilité : l'argent, le platine, le l'rr, le enii re, le ziiie, l'étain etc. (V. S.)

DU DEFFAND iMadame). Voy. Deffand.

DUDEvANT. Voy. Sand.

DUDLEY [deud'-lé], ville du W'orcestershire (Angleterre), en paitic comprise dans le Staffordsbire; à 12 kil. O.-N.-O. do Birmingham ; 4!j,740 bab. Fonderies defer, hauts fourneaux, mines de fer, verreries, briqueteries, fabriques de ciment, tanneries. Remarquables carrières de pierre à chaux dans les environs. Son château, aujourd'hui en ruine, résista pendant trois semaines aux parlementaires en 164i.

DUDLEY, famille historique anglaise, qui devmt nnpurlantesous le règne de Henri II. — Edmond Uudloy, ministre de Henri Vil, fut exécuté sous Henri VllI, pour s'être rendu coupable du crime de haute trahison (1510). Sou lils John Uudley (Ia20-'5:i) fut fait comte de Warwick en la47, et duc de Norlhuniberlaïul en 15-)1, par Edouard VI. H fut le pèro de lord Guilford Dudiey, qui épousa lady Jane Giey, et se posa comme prétendant à la couidiHie ; il péril sur l'échafaud avec ce filset Jauct^rey. Sou autre fils Ambroise ( I .")30-'S!l), ordiuau riuent appelé le bon comte de Warwick et dont la digiiilé fut rétablie par Elisabelli, fut une des illustrations de la cour. 11 mourut sans enfant. Son jeune frère Robert, comte de l.eicester (mort en i:)88),fut le favori de la reini' Elisalieth. Sa rapide élévation excita un scandale et l'on croit ((ue la reine l'autorisait à aspirer à sa main. En IbOU, sa femme, Amy Rulisart, mourut dans des circonslauces qui liront naître des soupçons. En L'iS.ï, il fut iiuiiimé commandant des forces anglaises daus les Pays-Bas et l'eçut des Provinces- Unies l'emploi de capitaine général, emploi qu'il remplit mal. En IbSS, il fut mis à la tète des trou[ies rassemblées à Tilbury pour résister à l'armada espagnole, mais il mourut peu après.

DUDWEILER ou Duttveiler [dout'-vaï-ler], ville do la l'iusse rlieiiaue a IG kil. N.-E. de Saarliiiick; 12.100 li. Aux environs so trouvent do richos mines de houille.

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* DUÈGNE s. f. [gn mil.] (esp. dueim, matrone). Kam. Mot emprunté de l'espagnol.

Gouvernante ou vieille femme chargée de veiller sur la conduite d'une jeune personne : sa duègne ne la qn'itle pas tin moment.

'DUEL s. m. [du-èl] (lat. ducllum; de duo, doux). Combat singulier, combat assigné d'homme à homme : tuer un homme en duel. — Duel judiciauik, combat singulier admis autrefois comme preuve juridique dans los questions douteuses. — Gramni.gr. et gramm. sanscr. Nombre qui, dans les déclinaisons et les conjugaisons, sert à désigner deux personnes, deux choses : comment ce nom, ce verbe fait-il au duel? — Encycl. Le duel élait inconnu dos peuples anciens, (.ertes, on pourrait appeb'r duel le combat entre David et Goliath, de même que celui que les Horaces livrèrent aux Coriaces ; mais c'étaient des eomluts singuliers, des faits d'armes auxquels les adversaires se portaient dans l'intérêt de leur patrie; tandis (pie le. duel ne se livre ([uo dans des vues personnelles et avec le but de venger on alfrout. Le duel est bien un combat singulier, mais c'est un combat entre particuliers civils aussi bien qu'entre militaires, un combat amené par des querelles individuelles. — « Frappe, mais écoute ». répondait Thémislocle à Eurybiade; et Jules César, apostrophé |iar Galon, ne songea jamais a lui en demander raison. — Le même César prend plaisir à raconter ceque hrent deux de ses plus braves centurions pour vider une querelle; ils convinrent de se jeter ensemble tête baissée dans les rangs des Nerviens, où ils firent des prodiges de valeur. Le dael nous vient do la Germanie, où il existait dès la plus haute antiquité. Chez les peuples qui habitaient au delà du Rhin, tout homme liliio, i[ui se sentait de la force au poignet, avait le droit de venger une injure parles armes, cl, soit qu'il n'y eût pas encore de juges à Berlin, soit qu'on no s'y liât pas, les querelles se vidaient à coups de sabre. Les écrivains, qui nous ont mis au courant de ces détails, ont oublié de nous dire si le duel élait seulement aut(u-isé par la loi, et s'il n'était pas en même temps sanctionné par la religion. Cette lacune historique mériterait pourtant d'être comblée, car il est assez triste de penser que la coutume des jugements de Dieu a pu s'introduire dans les mœurs chrétiennes sans avoir eu pour ju-écédent quelque dogme de Tentâtes. Le duel fut une des plus fatales inoculations du germanisme, d'autant plus fatale, d'autant plus malheureuse qu'elle a subsisté jusqu'à nosjours. tandis que toutes les autres coutumes footlales sont depuis longtemps oubliées. En se faisant chrétiens, les hommes du Nord devinrent /'a<(i/(Ato sur bien des points. Us crurent ([ue le doigt de la Providence se montre aux hommes, et ils admirent que Dieu, étant juste, ne saurait, dans un duel, laisser périr l'otiensé. Le jugemetit de Dieu élîùl une épreuve par le fer, le feu, l'eau, le plomb fondu, la croix ou tout autre supplice; il ne faut donc pas le confondre avec le duel judiciaire. Voici, aussi rapidement que possible, dans quelles formes se livraient los duels jwiiciaires ■■ le Ihi'âlre du combat était un champ clos, entoure de cordes que personne ne devait franchir. A côté du champ clos s'élevait la potence on le biicher destiné au vaincu. Deux sièges tendus de noir étaient réservés aux combattants qui s'y plaçaient pour les préliminaires du coni liât, consistant en discours, formules et cérémonies religieuses; ils juraient sur les évangiles qu'ils ne portaient sur eux ni sorcelleries, ni muléfices, ni incantations, etc., etc., cédant, néanmoins, on prenait la précaution de s'assurer par une rigoureuse visite. Ou visitait aussi leurs armes et on les mesurait; après quoi le combat commençait, à un signal donné par le maréchal du camp qui criait : « Laissez aller les bons combattants ». Il était expressément défendu aux assistants, sous des peines très sévères, de

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parler, tousser, cracher, éternuer et faire quoi que ce fût qui pût interrompre les combattants. Les combats jnrid'uiue s étaient donc reconnus comme preuves en justice. L'accusateur jetait à terre son gant ou tout autre gage de bataille, et, lorsque le défendeur le ramassait, le combat devenait inéviiable. L'Eglise, chose plus iirave, admit aussi les duels pendant longtemps; ainsi, nous voyons le monastère de Saint-Denis les accepter en lUOS et le chapitre de Notrc-Dame-de-Paris réclamer en 1100 la même prérogative. L'Eglise fut, par l'omponsation, la première à reconnaître que cotte coutume était anliclirétieiine, et à demander son abolition ; mais pendant lougtenips l'autorité dei jugements de Dieu fut si bien reconnue en justice que les ecclésiastiijues eux-mêmes n'étaient pas dispensés des duels, et, comme une loi leur défendait de se souiller de sang, ils nommaient des chaniiiions pour les remplacer. Voici ce qu'étaient les champions : des mercenaires, des gladiateurs, des assa.ssins de profession, que les femmes, les mineurs, les ecclésiastiques, les magistrats et les vieillards avaient le droit de choisir pour leurs défenseurs ou avoués. Si ces hommes eussent épousé los querelles des autres par amour pour la vérité et la justice, nulle action ne nous semblerait plus louable, mais ils se battaient moyennant salaire. Les combats entre champions étaient assez curieux : dès le matin du duel, les deux adversaires entraient en lice, les cheveux coupés courts; chacun d'eux était accompagné de sou larrain et ils commençaient lout il'abord par attester que leur cause était bonne. Après ipioi, pour s'échauli'er et se mettre en colère, ils s'injuriaient avec fureur et Unissaient parenarriver aux coups. Le duel avait du reste lieu dans les formes ordinaires. En matière civile, le champion vaincu avait la main droite coupée; en matière criminelle, il était pendu; mais vainqueur ou vaincu, il était taxé d'infamie. Le mépris qu'il inspirait donnait à sa position une certaine analogie avec celle du bourreau. Il n'en était pas de même des défenseurs non salariés, nohles chevaliers que la galanterie ou toute autre passion jetait dans la lice. Ces c/i(i?«2Ji')îîs-là, au contraire, étaient honorés de tout le monde, el, lorsqu'il leur arrivait d'être vaincus, ils n'étaient coniiamiialdes à aucun supplice, la mutilation desmercenaires vaincus n'ayant jamaiseu d'autre but que de les empêcher de se laisser battre après avoir reçu des sommes de la partie adverse. Cette coutume des duels judiciaires, ainsi soutenue par la loi, s'établit peu à pou dans les mœurs, malgré la résistance de l'Eglise; car la plupart dos ecclésiastiques ne cessèrent de la combattre, el plusieurs conciles la condanmèrenl au nom des enseignements du christianisme ; mais leur voix fut étoulfée par les clameurs des seigneurs, chez qui dominaient les habitudes guerrières et à qui il semblait beaucoup plus noble de soutenir leurs droits fiar ré|ioe. C'est ainsi que le duel put régner plusieurs siècles et être admis non seulement pour la noblesse, mais encnie pour le peuple. Louis le Gros, qui fut, dit-on, un grand émancipafeur de la classe moyenne, reconiml a.i\xseiisetvillains le droit aux jugements de Dieu ; mais le peuple ne pouvait se battre qu'à coups de bâton. Le bâton est une arme dangereuse pour qui sait s'en servir, et, à cette époque, les hommes de basse naissance, les gens de poeste ne devaient, en aucun cas, se servirdes armes nobles, telles que l'épée, la lance, etc. Le couteau el le bâton étaient leurs armes, aussi bien offensives que défensives. Voici, d'après de vieux chroniqueurs, le récit d'un duel légal entre doux villainsan xV siècle (14o.S). Un nommé .\laliiot Coquet, couturier à Tournay, assassine par embûche le père d'une jeune fille dont il élait amoureux, .aussitôt il se retire à Valencienncs, ville qui jouissait du privilège de recevoir dans ses murs les criminels et de leur servir

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il'asile. Un parent do la viclime, Jacolin Plouvier, hahilant de Valenciennes, reuconlre Mahiot et l'appelle traître et assassin. Mahiol se plaint à la niunii'i|'alité d'avoir été insulté; Jacolin vient soutenir ce qu'il a dit et demande à le combattre, en présence du peuple. Aussitôt le du.jl est ordonné; mais comme aucun des deux champions ne savait manier une arme, on les mil dans deux prisons diii'érentes pour leur faire donner des leçons, et ce ne fut qu'après dix mois d'exercice, que le duel eut lieu, en champ clos, sur la place publique Les deux ennemis étaient vêtUs d'habits semblables: ils étaient rasés, pieds nus, avaient les ongles rognés et étaient couverts de cuir bouilli étroitement cousu sur leurs personnes. Après avoir prêté serment, sur le missel, l'un, qu'il n'avait pas attire la victime dans un guetapens, l'autre, que son adversaire en avait meiiti, ils s'armèrent chacun d'un gros bâton de mêliei- (néflier), arbre dont le bois est fort dur. elle prévôt de la ville ayantcrié : «Chacun fasse son devoir! «, le combat commença. Les deux ennemis courent l'un vers l'autre. D'abord, Mahiot jette du sable aux yeux de Jacolin et, tandis que celui-ci est à dtmi aveuglé, il lui porte des coups furieux de bâton sur la tête. Mais Jat-otin, beaucoup plus robuste que lui, le renverse, lui crève les yeux, et l'assomme ensuite avec son bâton. Par le fait de sa mort, Mahiot fut déclaré coupable et son cadavre fut condamné à être pendu au gibet. Les combats en champ clos se distinguaient en deux catégories bien différentes : lesconibats à oiitrattce elles combats judiciaires, qui n'avaient absolument rien de commun entre eux. Les combats ù outrance étaient purement et simplement livrés par des chevaliers ayant pour but d'acquérir de la gloire en versant du sang. Lorsqu'un guerrier voulail affirmer sa force ou son adresse, il lançait un défi à tous les chevaliers du pays, et, dès que le combat avait été accepté par quelqu'un, on voyait jouter théâtralement deux honnêtes gens qui s'exterminaient sans s'en vouloir et sans se connaître; mais cela n'était en rien comparable au duel judiciaire, destiné à vider un ditférend. Dès l'an 981, le roi de Danemark défendit le duel dans ses Etats. Ces sortes de combats avaient aussi été condamnés au concile de Valence en 8oï, concile où l'on excommunia tous ceux qui tuaient leurs ennemis. Saint Louis fit tout ce qu'il put pour les abolir en France. A son imitation, les comtes d'Auvergne et de Poitou les interdirent pareillement. Philippe le Bel continua l'œuvre réformatrice, commencée par saint Louis; mais, on peut le dire, le mouvement fut beaucoup plus apparent que réel, excepté en matière civile, où le duel fut absolument interdit par ordonnance royale de 1306; en matière criminelle, à peine futil restreint. Quoique, dès le commencement du xiv" siècle, le combat judiciaire ait perdu son caractère légal et obligatoire, on en rencontre encore des exemples jusqu'à la Renaissance; François 1"=', si jaloux de ses royales prérogatives, reconnaissait encore le jugement de Dieu et l'ordonnait : une fois, pour une querelle sans importance, il ouvre une lice entre deux nobles de sa suite, Lavonnière et Vanlay. Ce dernier fut seul fidèle au rendezvous, et, en présence de toute la cour, attendit son adversaire jusqu'à la fin du jour. Alors le combat est déclaré terminé et le roi prononce la sentence suivante : « Lavonnière est convaincu du crime imputé; ses armes seront dépendues du pavillon dressé sur le champ de bataille; elles seront livrées au bourreau, traînées dans la boue et brisées ». On a beaucoup parlé du fameux duel entre Jarnac et La Chateigneraye, en faisant fausseniint ressortir que ce duel judiciaire était le dernier que les rois autorisèrent; c'est par erreur que J on a affirmé cela. 11 y eut plu.-ieurs duels, à une époque postérieure, duels réprouvés par l'opinion [iiil>lique,raais autorisés parles rois.

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C'est Charles IX qui a clos la iiste des meurtres juridiques, ouverte en France depuis onze siècles; le dernier duel qui ail eu lieu avec des formes officielles fut le suivant : Albert de Luynes, gentilhomme de la cour, avaitété dénoncé comme conspirateur par le capitaine Panier, exempt des gardes-du-corps. Un duel autorisé cul lieu au bois de Vincennes, dans les formes usitées. Panier fendit la tête de son adversaire elle tua. Mais déjà le jugement de iJieii était mort dans l'opinion publiqui'; le concile de Trente, par un canon de 1563, avaitfulminé l'excommunication non seulement contre les comba.ttanls, mais encore conire tous ceux qui leur prêtaient la miiin, et le pouvoir civil, suivant l'Eglise dans cette voie de répression, édicta des peines sévèieî contre les duellistes. Mais dans les champs, plus l'herbe est mauvaise, plus elle laisse de racine^ vivaces. Le duel était trop profondément inoculé dans les mœurs pour être abandonné par une noblesse orgueilleuse et arrogante, qui se riait des ordonnani'cs elles consideiaitcomme bonnes tout au plus pour la poiiulace. Quant à elle, se plaçant sur le pied de l'égalité vis-avis de la royauté, elle se passa d'aulorisalinn pimr se battre, et le duel moderne prit naissance, après avoir eu le combat à la mazza comme étal transitoire. Le combat à la mazza est celui qui a succédé immédiatement aux champs clos de la fin du moyen âge. Il est d'origine espagnole, et nos guerres en Italie l'ont introduit en France. A celte époque, il était assez difficile d'obtenir une autorisation pour se battre en rfifci; alors on allait se tuer, se massacrer {mazzarc) derrière les haies et les buissons. Ce dicel était aUreux, car il fallait qu'il produisit la mort d'un homme; le vainqueur pouvait et devait, d'après les règles, achever son ennemi blessé. C'est le seul duel où l'on ne se battait pas avec armes défensives, ce qui prouve que l'on se rapprochait des mœurs contemporaines. Mais ce qui lui donne encore plus d'analogie avec nos duels modernes, c'est qu'il se livrait sans lice et sans autres ju(/t\v, sans autres témoins que des seconds. Les seconds étaient des bretailleurs, des spadassins qui exposaient leur viepar amitié, par vanité, par plaisir; ils épousaient une querelle, qui n'était pas la leur et qu'ils ne se faisaient même pas expliquer la plupart du te'mps. L'édit de 1679. accusant de lâcheté ceux qui engageaient des tiers dans leurs querelles et condamnant les seconds à la peine de mort, fit disparaître cette habitude, non que l'on craignit la mort, mais parce que les duellistes craignaient de passer pour des lâches en se faisant assister. Le règne de Henri 111 lut marqué autant par la fureur des duels que par la fureur des guerres civiles. On sait que ce roi faisait élever des tombeaux de marbre à ses mignons. Lors donc que l'un d'eux venait à mourir, on disait vulgairement qu'il allait être taillé en marbre. Un mignon fut un jour tué par un adversaire, qui s'écria après sa victoire : " Je viens de le tailler en marbre ». Le mot passa et pendant longtemps tailler en marbre fut synonyme de tuer en duel. — Sous le règne de Henri III, le parlement veut faire exécuter les lois conire le duel entre militaires ; le colonel général de l'infanterie, dont legradeéquivalait alors à celui denoschefsde corps d'armée, intervient violemment, dissout le parlement par la force et l'ail relâchiu- les délinquants. D'ailleurs, les olliciers forçaient lessuldalsàsebatlrepourla muindiv querelle, et c'est depuis cette époque que l'on considère le duel comme nécessaire dans les troupes au maintien de l'esprit d'honneur personnel. Au xvii" siècle, l'hisloire mentionne à peine quelques rares duels entre roturiers, si ce ne sont des querelles d'étudiants, et, comme on tenait absolument à interdire aux vilains le droit de mettre l'épée à la main, on les pendait sans pitié, chaque fois que l'un deu.\ était pris en llagranl délit. Cepciidanl, les nobles

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se plaignaient amèrement au roi de ce que des avocats et des procureurs se permettaient parfois de tirer l'épée. Henri IV fut très sévèie contre les duels; c'est de son règne que datent les duels secrets, que le roi encourageait, lorsque, avouant n'ôlre que l'inslrumenl du parlement, il regrettait de ne pouvoir servir do témoin à l'un de ses courtisans. Et Sullv, son ministre, Sully tirait l'épée en dépit àe la loi. N'était-ce pas encourager les batailleurs? Henri IV. avant sa mort, avait pardonné à 14,000 duellistes, dontil avait annulé les condamnations, et en 1606, Sully rendait compte au roi que, depuis son avènement à la couronne, plus de 4,000 gentilshommes avaient péri dans des querelles particulières. Dès les premières années de Louis XIH, un aventurier breton, nommé Jean Chisnel, prélendit avoir fait rencontre on Sicile d'un ermite qui lui avait prédit la chute prochaine de la nation française, si le duel n'était pas aboli dans noire pays. Ce gentilhomme exalté se mit à prêcher partout l'abandon du duel et, pour parvenir à ce résultat, il créa un ordre de chevalerie, dont tous les membres devaient faire vœu de ne jamais accepter de cartels et de poursuivre sans pitié tous les duellistes connus (1614). Mais, ô honte! l'apôtre n'eut pas un seul prosélyte; il prêchait dans le désert. Furieux de ne compter qu'un membre (lui 1) dans l'ordre des chevaliers de In Madeleine, il se fit duelliste !... Il olfrit de se battre à outrance pour prouver que le duel est une action indigne d'un homme de bien. On peut voir, d'après tous les écrivains, qu'il n'existe peut-être pas un nom illustre, parmi les gentilshommes de la cour de France, dont la réputation ne soit ternie par une ou plusieurs histoires de duels dégénérant en assassinats. C'est principalement par les régiments que le duel se maintenaii, car, à l'ariiiée, il était obligatoire ; tout soldat (|ui refusait de se battre était passible de la mort, tandis que, dans le civil, un arrêt de lb99 assimilait li' duel à un crime de lèse-majesté. Les colonels n'avaient d'autorité parmi les officiers de leur régiment qu'à proportion de leur bravoure, calculée sur le nombre de leurs duels. D'Arbouville, du^lliste de profession, commit un jour une rodomontade dont il fut cruellement puni. Nommé colonel d'un régiment, et voulant y monli'er sa force, il s'écria en passant sa première revue : « J'ai apporté douze épées de même longueur, pour les mesurer avec celles des douze plus crânes de votre régiment. » Le lendemain, tous les capitaines d;i régiment avaient relevé le gant et se trouvaient sur le pré. D'.\rbouville lut blessé cinq f o s consécutivement; au sixième duel, il fut tué. Les mousquetaires de Louis .Mil et les gardes de Kichelieu se chamaillaient sans cesse. Le roi et le cardinal prenaient parti pour leurs salellilos et manifestaient leur joie ou leur désolation, dès que l'un d'eux élait vainqueur ou vaincu. Pendant ce temps, des lois sévères servaient à peine d'épuuvantail aux nobles. Gui Patin nous apprend que de son temps, deux dames de la cour s'étaient battues en duel à coups de pistolet. Elles furent aussitôt dénoncées, mais le roi répondit eu riant qu'il n'avait prétendu interdire le duel qu'aux hommes, maisqu'il voulait bien laisser battre les femmes. Boutteville, père du fameux maréchal de Luxembourg, était l'un des plus rudes duellistes de son époque. Dès qu'on disait devant lui : un tel est brave, il courait le chercher : « On dit que vous êtes brave, s'écriail-il, prouvez-le tout de suite; allons, les armes a la main ! » Et il le blessait, quand il ne le tuait pas. Cependant Richelieu se montrait quelquefois terrible, mais ce n'était guère que contre ses ennemis personnels 'l'andisque nus roisprêlaient la mainau duel,àrêtranger, ou l'interdisait sévèrement. Louis XIV a rendu, lui aussi, des édits contre le duel; on a vanté beaucoup les elforts qu'il a faits; ces éloges

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scraif'nt inoriir's si lo roi cilt i'ii'' rie bonne foi. Malheuieusenient, il ne l'étiiil pas, puisque, tandis qu'il rm'crdisait, il t'avorisail les maitres d'armes, no faisait pas fermer les repaires des duellistes, et maintenait le duel dans les troupes. Si l'on a cru à la sincérité du roi-soleil, la faute en est au-K littér.ateurs des derniers siècles, forcés de louanper le grand souverain, et qui, no pouvant Inujours chanter le pass.-i;rc du Hhin, ni admirer les dragonnades, durent, se ralialtre surl'abolilion du 'htel. Mais l.ouis XIV lit tout ce qu'il put pour ne pas mériter de tels éloges, puisqu'il expulsait an ràjimcat d' infanterie du roi, tous les officiers qui, observateurs .scrupuleux de la loi, refusaient de répondre à des cartels. Le roi, informé que, pour une allairo assez légère, Ghalais et de la Freltc se sont adressé un défi, leurdépèche le chevalier de. Saiut-Aignan pour leur défendre lo combat. Or, voici ce qui ari'iva d'alfaire nes'étaat pas arrangée, on se battit, et Saint-Aignan, mettant l'épée à la main, servit de second à l'un deux; puis, a[irès ce prétendu crime de lése-majrsté, aucun des combattants ne fut poursuivi. Parmi les lois, qui n'ont guère servi à autre chose qu'à être violées, il faut citer particulièrement celle de septembre lOill, qui établissait un tribunal du "point d'honneur, dont les juges étaientchoisis parmi les mai échaux de France, les([uels, aussitôt qu'ils étaient aveitij d'une querelle, faisaient comparaître les deux parlies, et Jugeaient ralfairc. Comme tribunal, les maréchaux pouvaient condamner l'insulteur à un an de prison et à 3,i)i)ll livres d'amende; ils poursuivaient les duellistes et les faisaient arrêter. Toutefois, leur juridiction était si vague et soumise à tant de variations, que certains grands seigneurs refusaient de rec innaitre leur autorité, et les maréchaux étaient souvent les pi'emiers à violer la loi. Louis XV et Louis XVI jurèrent, en montant surle Irùne. de poursuivre sans pitié les duellistes et les héréti([ues (protestants); m;iis ce royal sonnent était do pure forme, et les (/!(c/s continuèrent à régner de pluslielle. Cependant, il faut reconnaître que les mœurs, en s'adouci^sant, leur enlevaient le caractère barbare qu'ils avaient ou pendant longtemps; la plupart des duellistes de cette époque se font remarquer par leurs saillies spirituelles, beaucoup plus que par la force de leur poignet. En ce temps-là, un bon mot faisait souvent cesser une (juerelle. Arrivons à la K volution; les lois féodales furent abolies, mais non pas les mœurs du passé. On détruisit le <ribunal du point d'/tora»('Mr et le duel put subsistai' en toute licence, puisque nulle loi ne le proscrivit; cependant il parut être oublié, et Napoléon eut beaucoup de peine a le faire re- 1 vivre dans les troupes; pour quels raisons était-il nécessaire à sa politique'? C'est ce que' nous n'avons pas à rechercher ici ; toujours est-il qu'il reparut militairement sous le Consulat et sous l'Empire, entretenu par les jalousies de corps, tandi-î que toutesles lois de cette époque gard.iient un silence imprudent. .\prôs la chute de l'Empire, une foule de milit.iircs. rejetés dans la vie civile, devinrent duellistes par haine politique. Se considérant comme dépouillés de leurs positions par do nouveaux officiers, qui n'avaient certes pas les mêmes droits aux grades, ils jetaient les hauts cris et se vengeaient par les armes. Ils ne s'attaquaient pas seulement a ix ofliciers royalistes, mais encore aux bourgeois. Leur colère tournait alors à la frénésie. Ils défendaient aux bourgeois de porter moustaches, sous peine d'un coup d'épée. Le commencement du règne de Louis-Philippe donna le signal à une recrudescence de duels: c'était à se croire encore au règne de Henri 111; alors, royalistes, impérialistes, républicains, etc., entraient en lice et s'entre-égorgeaient avec fureur. On ne peut citer tous les duels de cette époque; la nomniiclatureenseraitpartroplongue etpar trop

fastiili'Mise; qu'il nous suflis? de rappeler ceux de: Lamartine contre le colonel Pepe; liuseaud

contre Dulong; Armand Carref contre Clrardin, etc., etc. — La loi était toujours muette au sujet du ditel; mais en 1S37, il lut di'cidé que l'iiomicide ou les blessures résultant du combat seiaietil poursuivies et punies conformément aux dispositions du Code pénal. Oi-, voici ce qui arriva : lors([u'un duelliste avait tué son adversaire, la cour d'assises, n'osant le condamner eomm..' assassin, l'acquittait purement et simplement : mais s'il le blessait seulement, la loi sur les coups et blessures était appliquée par les tribunaux correctionnels, si bien qu'un coinbaltanl se disait, en march.'int au lieu du rendez-vous : « Si je blesse, je suis condamné; si je tue, je suis acquitté ». Les duels modernes ont hérite des règles et des maximes des anciens combats judiciaires, conservés par la tradition. Ainsi, la provocation a encore lieu de deux I manières : par lettre, carte ou missive, rap- [ pelant le cartel, ou par le jet d'mi gant (an- j ciennemonty!(;Ut'/''<).Ce|)endanl le jet du gant esta peuprèsabandonné, cette fornieneparaissant plus assez polie. Quand le combat est arrêté, on choisit un ou deux témoins au plus, qui doivent d'abord examiner l'affaire et tâcher de l'arranger. Si le duel est tout à fait inévitable, les témoins règlent les armes, éta- I blissentlesdistancos,égalisenlles chances, etc. L".\ssembléo législative de la seconde Képu- 1 blique a tonte d'établir une loi contre les duels. Les événem 'iits du - décembre l'ont empêchée de réaliser son projet. Mais, on peut le dire, le duel est moralement mort; un duelliste de profession serait un être incompris dans notre société ; on le ridiculiserait. C'est une vieille coutume qui disparaît de nos mœurs, et que l'on tend à remplacer par les tribunaux W liOnneur, dont les juges sont nommés par les parties elles-mêmes et dont les jugements, beaucoup plus équitables que ceux do la force brutale ou de l'adresse, sont toujours acceptés par les intéressés. — LégisL « Le duel est un usage barbare, et son origine remonte aux combats judiciaires, dans l'issue desquels les peuples de race germanique voyaient un juL'ement de Dieu. Le duel a été l'objet de pénalités sévères pendant les xvi', xvu' et xviii" siècles. La législation actuelle ne prévoit pas le duel; mais, d'après la jurisprudence de la Cour do cass.alinn, il rentre dans le droit commun et peut donner lieu à des poursuites, comme étant un homicide volontaire ou coin me ayant causé des blessures. Il on résulte que les jurys d'assises se refusent à mettre le duel au i-aiig d'un assassinat, et sont toujours disposés à l'acquittement des prévenus. Les témoins d'un duel peuvent être poursuivis comme complices et punis des mêmes peines que les auteurs du fai'. Lo regretté M. Hérold, sénateur, avait déposé, au Sénat, en 1S77. une proposition do loi, aux termes de laquelle le duel devait être considéré comme un délit. La commission, a laquelle ce projet do loi a été renvoyé, avait déposé son rapport en février ISs.'i; elle adoptait les bases du projet, mais elle admettait une excuse légale en faveur de l'offense. Le projet de loi a été repoussé par un vote du Sénat du iO mars 1883. Il serait cependant à désirer que l'un comblât celte lacune dans notre législation ; mais il semble également nécessaire que, afin de diminuer le nombre des duels, la dilfamntion et l'injure envers lei particuliers soient plus sévèrement réprimées qu'elles ne lesont acluellemenl par l'article 47 1 du Code [lénal, et l'article 3"2 de la loi sur la presse du -29 juillet IS8I. Si.x projets de loi sur le duel ont précédé celui dont nous parlons plus haut ; deux oui été présentés sous la Restauration, trois sous la monai'chie de Juillet et un sous la seconde Républiijiie. Le gi'and jurisconsulte .Merlin, l'un des auteurs principaux de notre législation civile et pé-

nale, déclarait, en 1812, alcu's qu'il élailprocureur général à la cour de Cassation que : « le silence de la loi équivaut à une prohibition expresse de punir les duellistes qui ont loyalement observé, dans le combat, quelle qu'en soit l'issue, les règles qu'ils se sont imposées par leur convention préalable »; et cette opinion fut partagée par la Cour de cassation, jusqu'en 1837, époque à laquelle cottcjurisprudence fut modifiée sur les conclusions du procureur général Diipin. Mais le système actuel n'est pas plus équitable que l'ancien, car il assimile complètement le duel à l'assassinat, faute de tout autre moyen de le punir. Aussi, dans la pratique, l'impunité est la conséquence forcée do cotte assimilation, et il est temps que la loi, en frappant le duel d'une peine équitable, [lermette de le réprimer. Ajoutons, en terminant, qu'il serait désirable de voir s'introduire dans nos mœurs, l'usage de souinetti-e certaines questions, dans lesquelles l'honneur est engagé, non aux tribunaux ordinaires, mais à des arbitres dont la sentence déclarerait quel est celui qui a failli à l'honneur, et quelles réparations doivent être données par le condamné, sous peine d'être déchu do l'honorabilité. Cela rappellerait l'institution du tribunal dos maréchaux, établi par l'article 3 de l'édit du mois d'aoïil 1079 sur le duel, juridiction qui rendit alors de grands services. Le duel est puni en Belgique (Loi du H juin 1.8il et Code pénal belge de 18C)7); dans l'empire d'Allenia:.'ne (Code pénal de 1870, art. '201 ;'i 210); en Italie Code pénal de IS.S'J, art. .ïSS à ;i9;i); en Suisso (loi fédérale du 27 avril ISol ot lois cantonales) ; dans les divers Etats de la grande Confédération de l'Amérique du iSord. etc. »

(Ci. y.)

* DUELLISTE s. m. Celui qui se bal en duel :

les rois de France juraient, à leur sacre, de ne

point faire grdee aux duellistes. — Celui qui se

j liât souvent en duel, .qui cherche les occasions

de se battre en duel : duelliste de pi-ofession.

! DUETTINO s. m. (diminuL de duo). Mu.s.

'Composition très courte et à deux parties: nous avons entendu plusieurs duellini.

D U F A U R E (Jules - Armand - Stanislas ) , homme pulitiiiue, né à S.iujoii (Cii.iivnte-luférieurc'. le 4 déeemb. 1798, mort le 27 juin 18SI. Après avoir fait ses études de droit à Paris, il débuta au barreau de Bordeaux; puis abandonna la carrière .judiciaire en 1834, pour entrer dans la vie politique. iNommé député par les électeurs de Saintes, il siégea parmi l'opposition , suivit la politique do M. Thiers, fut ministre des travaux publics, du 12 mai 1839 au 1" mars 1840, i-X devint ensuite le chef du groupe db députés, dési;.'né sous lo nom de tiers parti. Envoyé à r.\ssemblée constituante par le département do la Charente-lnféiieure (1848), il accepta de Cavaignac le portefeuille de rintérieur(13 ocl.- 20 déc). se rallia au prince-président dont il avait combattu l'élection, fut élu à l'Assembléo législative parson département natal, eut le portefeuille de l'intérieur du 2 juin au 31 octob. 1819, rentra dans l'opposition et se fit inscrire au barreau de Paris après le coup d'Etat. Il fut élu académicien en 1863. Les malheurs de la France le ramciièrenl au pouvoir. Il posa sa candidature à Paris et n'y fut pas élu; mais son département l'envoya a l'Assembléo de Bordeaux et de Versailles, oi'i il se montra toujours l'ennemi le plus implacable de la capitale et do la démocratie. Ministre de la justice (19 fév. 1871) et vice-président du conseil {i sept.), il prit les mesures les plus réactionnaires et entreprit de fonder la république des rêves de M. Thiers, la Republique sans républicains, c'csl-à-dire contre les républicains. 11 frappa sans relâche sur la gauche et n'eut que des complaisances pour la droite, éliminant de tous les emplois publics les républicains, auxquels il semblait pré-

DUFR

DUGO

DUGU

fêrcr les bonapartistes eux-mêmes. Plus tard (U (iéc. 1S72), il traita la république d'épouvantail, de souvernemenl provisoire, et les républicains de personnalités voyatteuses. Telle était l'arcrbilé ordinaire de son éloquence hargneuse qu'on l'avait surmimmé le saniîlier de la Saintonge. Ayant quitté son portefeuille, lors de la chute de M. Thiers (24 mai 1ST3). il fit de l'opposition au gouvernement de .M:ic-Mahon, jusqu'à ce qu'on lui eiit rendu le ministère de la justice (\d mars lS7o); il lança quelques coups de boutoir au comité de l'Appel au peuple et fit voter des lois draconiennes contre la presse. L'arrondissement de Marennes l'élut député le ■>0 l'évr. tSTG. Il eut aussitôt la vice-présidence, puis la présidence du conseil (9 mars), inclina vers la République, repoussa âprement les propositions d'amnistie, calomnia les proscrits et l'ut élu sénateur à vie le 11 août. La Chambre et le Sénat ayant voté une loi deslinée à faire cesser le régime de terreur qui régnait à Paris, .M. DuTaure, très opposé à cette mesure d'apaisement, donna sa démission de ministre et de président du conseil(12décemb. 187()). Adversaire du Seize-Mai, qu'il qualifiait de parti sans 7iom. il poussa la haine jusqu'à accepter la république comme gouvernement définitif. Le .Maréchal, impuissant contre la volonté nationale, le mit, comme pis-aller, à la [irésidence du conseil et au ministère de la justice (13 décemb.- 1877). C'est en cette qualité qu'il fit voter par le Sénat une nouvelle loi sur l'état de siège (18 mars 1878) et qu'il s'o[i|iosa au retour des Parisiens exilés ou déportés.

DU FAY (Charles-François de Cisternay) [dii-iè], éicctricieu, né à Paris en 1698, mort en 17.J9. Il travailla dix ans pour faire du Jardin desPlantes, donlil avait été nommé intendant, un des plus beaux établissements de l'Europe. Il poussa fort loin ses recherches scientifiques et imagina la théorie des deux sortes d'électricité vitreu?e et résineuse.

DUFOUR Guillaume -Henri), général suisse, né à Coi)stan:e en 1787, mort en juillet 187.Ï. Après avoir fait ses études à notre école polytechnique, il entra dans l'armée française, passa, en 1815, au service de la Confédération helvétique, commanda en 1847, l'armée dirigée contre le Sonderbiind, dirigea les travaux de triangulation pour l»ver la carte lopographique de la Suisse et publia : Mémoires sur l'artillerie des anciens cl sur celle du moyen d;/c (I8iî): Manuel tactique pour les officiers de lùutes armes.

DUFOUR (Léon), médecin et naturaliste français, né vers 1782, mort en 18(i.5. Après avoir été c.hu'urgien de l'armée française en Espagne (I82;i), il se fixa à Saint-Sever. 11 a écrit : Mémoire analomique sur une nouvelle espèce d'insecte du fjenre lirack'ini: ; Recherches analomiqU'S et physiolor/iques sur les hémiptères ; Propriétés des véijétaux, etc.

DUFRÉNOY ouDufresnoy (Adélaîde-Gillette BiLLr.T, dame), femme fioeie, surnommée la Saphtj française, née et morte a Paris (S déc. 17(jii — 7 mars 182.;). Ruinée par la Révohilioi}, elle demanda du pain au travail. L'Empereur lui donna une pension. Un recueil de ses poésies (1807, in-12) obtint un succès extraordinaire. Ses œuvres poétiques ont été réunie- par Jay (Paris, 1826, 2 vol. in-18).

DUFRÉNOY :Pi3rre-Armand), géologue, fils delà [j-'écédente, né à Sevran (Seine-el-Oise), en 1792, mort en ISiJT. Il l'ut professeur de minéralogie et de géologie, puis directeur de l'école des mines. Son exploration dans le S. de la France et dans les Pyrénées eut pour résultat sa Théorie du métamorphisme; ses voyages dans les auti'es parties de la France, en Angli'tcrre et en I-^pagne, avec Elle de Beaumont, furent suivis de la publication de la carte géologique de France, avec .1 vol. de

texte et im livre sur les mines d'Angleterre. Il introduisit une nouvelle classification minéralopique, basée sur la cristallographie.

DUFRESNE Charles). Voy. du C.\nge.

DUFRESNOY (Charles-Alphonse; [du-frénouâ], pcji'le latin, iiù à Pans en 1611, mort en 1665. Il composa un poème en vers latins De arte graphic(X, soavenl traduit en français et en anglais. 11 cultiva aussi la peinture avec assez de succès.

DUFRESNY (Charles Rivière) [du-fré-ni], auteur dramatique, né à Paris en 1648, mort en 1724. Arrière-petit-fils d'Henri IV et de la Belle Jardiniérf d'Anet, il fut pris pour valet de chambre par son cousin, Louis XIV. puis nommé contrôleur des jardins du roi. 11 répudia sa première femme, pour épouser sa blanchisseuse qu'il ne pouvait payorautrcment. Ses principales comédies sont : la Coquette de village, Attendez-moi sous l'orme, etc.

DUGAZON s. f. (de Bugazon, n. pr.). Théâtre. Comédienne d'opéra-comique qui remiilit les rôles analogues à ceux que créait la célèbre Dugazon. Les dugazons tiennent les rôles de soubrettes et d'ingénues amoureuses. U y a | aussi les dugazons mères, qui jouent des rôles analogues à ceux que créait, dans ses dernières années, la fameuse comédienne.

DUGAZON (Jean-Baptiste-Henri Gourgaud, dit), célèbre comédien, ne à Paris en 1746, mort en 1809. Il jouait à la perfection les rôles de valet. — li. (Louise -Rosalie Lefèvre, rfiimf), célèbre chanteuse, femme du précédent, née de parents français à Rerlin en 17o.i, morte en 1821. Elle débuta comme danseuse à la Comédie-ltahonne et obtint ensuite des succès inou'is comme amoureuse et comme soubrette dans les opéras-comiques. Son union avec Dugazon futdesplus malheureuses et elle dut divorcer. L'embonpoint étant survenu, elle fut forcée de prendre l'emploi de mère-^,qui fut pourelle une source de nouvelles ovations.

DU GOMMIER Jean-François Coquille», général, ne a la Basse-Terre (Guadeloupe), en 1736, tué à la bataille de Sierra-Ncgra, le 17 nov. 1794. Il était lieutenant-colonel lorsque la Révolution éclata; il combattit les révoltés de la Martinique, fut envoyé à la Convention par cette colonie, commanda les troupes qui assiégèrent et prirent Toulon, envahit la Catalogne et périt au milieu d'une victoire.

DUGONG s. m. [du-gonj. Mamm. Genre de cétacés herbivores, ne comprenant qu'une espèce que l'on nomme vulgairement sirène ou vache marine. Le dugong forme le genre dugungus de Lacépèdc et le genre haiicor

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d'IIliger. 11 mesure ordinairement 3 mètres de long; maison en a vu qui atteignaient ,t et même 6 mètres. On le renconire dans la mer des Indes, particulièrement dans l'archipel Malais. Il ne vient jamais sur la terre, vit rarement dans les eaux douces, cl se réunit

presque toujours en troupes plus ou moins nombreuses à une certaine distance des côtes mai'itimes. U se nourrit de fucus, d'algues qu'il broute dans l'eau, comme le bœuf [lait dans nos prés. Les Malais lui font une guerre asspz active, à cause de sa chair, qui est tendre et comparable à celle du jeuni^ bœuf. L'affection des femelles pour leurs petits est vraiment remarquable.

DUGUAY-TROUIN(René), marin, né à Saint- Malo, le 10 juin Hi'r.i, mort à Paris le 27 sept. 1736. Fils d'un armateur, il s'enga^rea sur un corsaire à seize ans et demi, après avoir eu une adolescence peu édifiante. Il se distingua vite dans la cuerre de cour.se, fut un instant prisonnier des Anglais, s'évada, entra dans la marine royale en 1697, à la suite d'un beau combat livré aux Hollandais. I"n 1707, il s'empara d'un convoi de 200 voiles, escorté par 6 gros vaisseaux de guerre. En 1711, il prit Rio-de-Janeiro et, en 17!M, il châtia les corsaires tunisiens. 11 a lai.ssé des Mémoires (Paris, 1730, 2 vol. in-12). Plus heureux que l'illustre Duquesne, il parvint aux plus hautes dignités.

DU GUESCLIN (Bertrand) [du-ghé-klain] connétable de France, l'un des plus grands hommes de guerre de notre pays, né au château de la Mutle-lîroon, près de Rennes, vers l'an 1314, mort sous les murs de Chàteauneiifde-Randon, près de Puy-en-Velay, le 13 juillet 1380. D'un nalurelindomptable.il ne voulut jamais apprendre à lire et ne montra de goût que pour les exercices violents. Il avait la tête monstrueuse et les traits difformes; mais sa force était extraordinaire. A l'âge de 17 ans, il renversa successivement 12 chevaliers dans un tournoi; à partir de ce moment, son cri : Notre-Dame Guesclinl »uït]\. pour épouvanter ses adversaires. Pendant la guerre entre Charles de Blois et Jean de Montfort, il organisa une troupe d'aventuriers, qui tin;'ent pour le parti français. Après la bataille de Poitiers (I3;i6), il défendit la ville de Rennes contre le duc de Lancastre, qui leva le siège le 30 juin 13.S7, à la suite de la trêve de Bordeaux. Charles V, qui avait pour lui la plus haute estime, lui donna un commandement dans ses troupes de Normandie, et c'est à du Giiesclin qu'il dut la victoire de Cocherel (16 mai 1364), remportée sur les forces combinées d'.\ngleterre et de iN'avarre. Cette brillante allaire valut au héros breton le titre de maréchal de Normandie, avec le lion du comté de Lougueville. Peu de temps après, du Guesdin subit, àAuray, son premier échec. Ecrasé par Mijutfort et les Anj;lais, il fut vaincu et lait prisonnier (28 sept. 1364). Chandos ne lui rendit la liberté quecontre la somme énorme de 100,000 couronnes, que le roi de France, le pape et Henri de Transtamare payèrent en se cotisant. Du Guesdin passa les P'yrénées à la tête des graiulcs rompagnics, dont il délivra la France et iju'il conduisit en Espagne pour secourir Henri de Transtamare contre sim frère, Pierre le Cruel, roi de Castille. Il fit couronner Henri à Burgos et coïKpiit la Castille en peu de temps. Pierre le Cruel, chassé d'Espagne, se rendit à Bordeaux, auprès du Prince de Galles, qui passa en Espag-ne, à la tête d'une puissante armée, pour le rétalilir sur le trône. Henri accepta le combat, à Navarette, malgré l'avis de du Guesclin, et fut vaincu. Le chevalier brclon, resté presque seul sur le champ de bataille, tomba entre les mains des vain(iueui's (13 avril 1367) et ne dut sa délivrance qu'à une rançon de 70,tt00 llorins d'or, dont le roi de France avança une grande [lartie.. Réunissant les troupes que le prince anulais avait licenciées, il remporla la victoire de Montiel(14 mars 1369) et renversa la puissance de Pierre le Cruel. Rappelé en France, il enleva aux Anglais les villes de Moissac, d'Agen, d'.\iguillon et de Limoges et fut nommé connétai)le,à son arrivée à Paris

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