‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 320 sur 568 · DUPE · texte numérisé non relu

DUPE

Paris în 18ol. Il se distingua sur le PaMo<e pendant la bataille navale du l'''' juin 1794. Blessé, il revint à Paris et, après l'insurrection de Saint-Domingue, embrassa la carrière des lettres, pour subvenir aux besoins de sa famille que ce désastre avait ruinée. La jeune Mère, Vlntrigue aux fenêtres, la Prison militaire furent ses meilleures pièces. Il fut rédacteur de la Minerve, du Miroir, fit partie du Caveau, du Diner-du-Vaudeville, entra à l'Académie en 1835 et fut nommé, en 1842, administrateur de la bibliothèque de l'Arsenal.

' DUPE s. f. Personne qui a été trompée, jouée, ou qui est facile à tromper : être pris pour dupe; il fut la dupe de leurs simagrées. On le met ordinairement au sing. lorsqu'il se rapporte à un nom ou pronom au plur. qui désigne plusieurs personnes trompées en même temps par le même moyen, ou qui est employé dans un sens générique et collectif : nous en fûmes la dupe; les pei'sonnes de bonne foi so7it souvent la dupe des gens intéressés. Mais quand il s'agit de plusieurs personnes trompées successivement, il est mieux de lui donner le pluriel : notts en fûmes les dupes. — S'emploie quelquefois adjecliv. : il n'est pas si dupe que vous le pensez.

On commence par être dupe, On finit par être fripon.

Mme DusHopLiÈBiîs. Bê/texîons divei'ses.

— Etre l.4. ddpe d'une aff.mre, d'un mabcbé, n'y pas trouver son compte. Dans un sens analogue. Etre l.\ dupe de sa coMPLAISA^'CE, de SA BONNE FOI, ctc. — Sorte de jeu de caries, appelé quelquefois Jeu du Florentim. — *v Journée des Dupes, révolution de cour, qui eut lieu le 11 novembre 1630. .\nne d'.\ulriche et Marie de Médicis avaient arraché au roi Louis .\III, alors malade à Lyon, la promesse du renvoi de Richelieu. Au retour du roi, le cardinal dissimula, et regagna la faveur de Louis Xlll. Aussitôt, les courtisans, qui s'étaient éloignés de lui pour flatter la reine, revinrent en foule au Palais-Cardinal, et les ennemis du ministre furent châliés avec une extrême sévérité.

* DUPER V. a. Tromper, en faire accroire : duper quelqu'un. — »» Se duper v. récipr. Se tromper mutuellement.

* DUPERIE s. f. Tromperie, fourberie, ce qui fait que l'on est dupe : prendre tant de peine pour rien, c'est une duperie.

DUPÉRIER. 1. ^Charles), poète, né à Aix, morl cil 1692. .\mi de Ménage, Rapin, Bouhouis, il s'essaya d'abord dans la versification française, mais excella surtout dans les vers lalins. Ménage l'appelait Le prince des poètes lyriques. C'est de lui que veut parler Boileau dans son Art poétique :

Gardez-vous d'imiter ce rinieur i'urjeux Qui, de ses vains écrits, lutteur hainionicux, Aborde en récitant quiconque le salue Et poursuit de ses vers le p.issanl dans la rue.

— II. (François), oncle du précédent. Au sujet de la mort de sa fille, Malherbe lui adressa les stances célèbres qui commencent par ce vers :

Ta douleur, Dupérier, sera donc étei-ncllc ?

DUPERRÉ (Victor-Guy), célèbre marin, né à la Rochelle le 27 février 177o, mort à Paris en 1846. Il s'embarqua à 16 ans, comme pilotin, à bord du Henri-Quatre, gagna péniblement ses premiers grades, resta prisonnier des Anglais de 1790 à 1800, reçut le commandement d'une frégate, et s'illustra dans les mers de l'Inde. Il remporta sur les Anglais l'éclataiile victoire du Grand-Port (lie de France), le 23 août 1810. En 1823, il bombarda Cadix, et, en 1830, il commanda la Huile qui portait l'armée française en .\l'rique. A la suite de cette expédition, il fut nommé amiral. Louis- Pliilippe lui confia plusieurs fois le portefeuille de la marine.

DUPERREY (Louis-Isidore), hydrographe,

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et marin, né à Paris le "21 oct. 1786, mort en I860. Novice à 16 ans, il fut nommé enseigne de vaisseau en 1809. Après lo ans de service, il accompagna le voyage de découverte de Freycinel (18l7-"20), fut nommé lieutenant de vaisseau et eut ensuite le commandement en chef d'une expédition dans la mer du Sud et dans l'Amérique méridionale (1822-'25). Il a publié des traités, des cartes et déterminé exactement la position des pûles magnétiques et celle de l'équateur magnétique.

DUPERRON (Jacques-Davy), cardinal, né à Saint-Lù en 15')6, mort en 1618. Après avoir abjuré le proteslarilisme, il devint prédicateur et lecteur du roi Henri III, qui fut obligé de blâmer les caloniraies que Duperron avait dirigées contre la reine Elisabeth dans son oraison funèbre de Marie Stuart. Favori du cardinal de Bourbon et d'Henri IV, il devint évêque d'Evreux en lii!)!, engagea le roi à abjurer le protestantisme et le pape à lever l'interdit qui pesait sur la France. Il fut ensuite envoyé comme ambassadeur à Rome, reçut le chapeau de cardinal, contribua à l'élection de Léon XI et à celle de Paul V, après lesquelles le roi Henri IV le nomma grand aumônier et archevêque de Sens. Ses ouvrages traitent principalement de controverse. Si l'anecdolo suivante, racontée dans le journal de L'Estoile, est vraie, le cardinal Duperron aurait été un conlroversiste sans préjugés. N'étant alors que lecteur du roi, il discourut un jour devant des courtisans, et démontra l'existence de Dieu par des arguments qui paraissaient sans réplique. Henri 111 l'en ayant complimenté : « Sire, reprit Duperron, s'il plait à Votre Majesté, je prouverai, par des raisons aussi bonnes, qu'il n'y a pas de Dieu ».

DUPETIT-THOUARS (Abel-Aubert), viceamiral, né à Saunuir eu \''Xi, mort en 1864. En 1837-'39, il fit le tour du monde, en 1842, établit le protectorat français sur les iles Marquises et de la Société, en 1843, chassa de 'l'aiti le mis-'ionnaire anglais et consul Pritchard et prit possession au nom de la France de tout le groupe des iles de la Société. Le gouvernement anglais demanda et obtint son rappel ; mais il fut nommé vice-amiral eu 1846. Il fut élu à l'Assemblée législative en 1849. 11 a publié son Voyage autour du monde (10 vol. 1840'-49),

* DUPEUR s. m. Trompeur. — Fam. C'est UN DUPEUR d'oreilles, 86 dit d'uu écrivain, mais surtout d'un poète ou d'un orateur, dont le style ou le langage flatte l'oreille de manière à empêcher de juger ce qui manque à ses pensées.

DUPHOT iLéonard), général et poète, né à la GuiUotière vers 1770, mort en 1798. Il fit la campagne d'IUUie, accompagna Joseph Bonaparte à Home et fut tué dans une émeute. Toute l'armée acclama son ode : Aux mânes des héros morts pour la liberté.

DUPIN. I. (André-Marie-J.-J.), connu sous le nom de Dupin aine, jurisconsulte et homme politique, né à Varzy, le 1" février 1783, mort en 186o. Il se fit connaître par la défense du maréchal Ney, en 181 y (conjointement avec Berryer), parcelle de Béranger, en 1821, et par plusieurs autres plaidoiries politiques. Il soutint à la Chambre des députés la caiidilature de Louis-Philippe au trône de France, devint membre du premier cabinet formé par ce roi, fut, de 1832 à 1840, président de la Chambre et, de 1849 a 18;J1, président de l'Assemblée législative. En IS.'ii, à la suite de la coufiscalion des biens de la famille d'Orléans, il donna sa démission de procureur général et fut réinstallé en 1857. Ses écrits sur des sujets de jurisprudence sont nombreux, et ses bons mois firent fureur. — 11. (Pierre- Charles - François , baron), son frère, nu a

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Varzy, le 16 oct. 1784, mort en 1873. Ingénieur de la marine. Il publia les résultats de ses observations en Angleterre (6 vol. 1820-'24 et '26), fut nommé baron et professeur de géométrie au Conservatoire des arts et métiers, où il créa un cours libre. En 1828, il fut élu à la Chambre des députés. Nommé pair de France par Louis-Philippe, en 1837, il continua cependant ses cours. En 1848-'49, il fulélu aux Assemblées Constituante et Législative et soutint plus tard la candidature de Napoléon. Il a écrit de nombreux ouvrages, surtout sur des sujets d'économie politique.

DUPLEIX (Joseph-François, marquis) homme

d'Etat et ofticier, né à Landrecies, le 1f'',ianv. 1697, mort en 1764. Gouverneur de Chandernagor (I730-'40), il augmenta l'importance de celte ville, devint gouverneur général des possessions françaises dans l'Inde, en 1742, et éleva ces colonies à un de;.'ré de prospérité jusqu'alors inconnu. Lorsque Labourdonnais eut pris Madras et signé un traité, Dupleix arriva, viola la capitulation, renvoya Labourdonnais en France, sous l'inculpation de trahison, et garda la ville conquise. Il força ensuite (1748) l'amiral Boscawen à lever le siège de Pondichéry. A la mort de Nizani ul-Mulk, sultan du Deccan, Dupleix aida Mirzapha Jung à monter sur le trône et se fit accorder par ce prince d'immenses possessions (près de 900 kil. de terrain). La puissance de la France alarma les Anglais, qui augmentèrent leurs forces. Dupleix projeta une attaque contre Delhi ; mais la Compagnie française rejeta son plan et il fut rappelé en 17o4, après avoir dépensé toute sa fortune à établir la suprématie française dans l'Inde, dévouement pour lequel il ne reçut aucune récompense.

DUPLEIX i^Scipion), historien, né à Condom en 1569, mort en 1661. Maître des requêtes de l'hôtel de Marguerite de Valois, il lut chargé de l'éducation d'Antoine de Bourbon, fils légitimé d'Henri IV. pour lequel il composa un Cours de philosophie, des Mémoires des Gaules depuis le déluge jusqu'à rétablissement de la monarchie française; cet ouvrage lui valut le lilrid'historiographe deFrance (1619).

DUPLESSIS (Marie,), dite \n Dame aux Camélias, courtisane célèbre, née en Normandie, morte on 1846. Elle servit de type à Alexandre Dumas pour son roman de la Dame aux Camélias.

DUPLESSIS-MORNAY (Philippe), homme politique fiançais. (Voy. Mounaï.)

* DUPLICATA s. m. (lat. duplicare, doubler). Double d'une dépêche, d'un brevet, d'une quittance, d'un acte quelconque : on lui a envoyé les duplicata de plusieurs dépêches.

DUPLICATIF, IVE adj. Qui double.

* DUPLICATION s. f. Géoru. Action de doubler. N'est guère usité que dans cette locution, LA duplication DU CUBE, le problème par lequel on demande de trouver un cube double d'un autre.

DUPLICATURE s. f. Anat. Se dit d'une portion de membrane doublée sur elle-même :

la duplieaturc du péritoine.

* DUPLICITÉ s. f. (lat. duplicitas). Se dit en parlant des choses qui sont doubles, et qui devraient être uniques ; ce verre est taillé de façon qu'il cause une duplieité d'image du même objet. — Fig. Mauvaise foi :il y a de la duplicité dans son cœur, dans ses actions, dans ses paroles.

* DUPLIQUE s. f. (lat. duplicare, doubler). Prat. anc. Keponse à une réplique : les dupliques furent abolies par l'ordo}inance de 1667.

■ DUPLIQUER v. n. Prat. anc. Fournir des dupliques. N'était d'usage qu'avec le verbe RÉi'LiûUER : après qu'on eut répliqué, dupliqué, la cause fut pluidce, fut uppolutée.

nupo

* DUPONDIUS s. m. [-di-uss-]. Antiq. rom. Monnaie valant deux as.

DUPONT (Jacques-Charles), ordinairement

appelé Dupont de l'Eurk, homme politique, né au Neubourg (Eure), le 27 février 1767, mort à Kouge-Périers(Eure), le 2 février 18-i)b. Destiné au barreau, il fut reçu avocat au parlement de Normandie en 1789, devint administrateur du district de Louviers en 1792, puis juge au tribunil de cette ville, substitut du commissaire exécutif, accusateur public; enfin conseiller à Rouen. Membre du conseil des Cinq-Cents, il protesta contre le 18 Brumaire, fut nommé président du tribunal d'Evreux, en 1800, et président de la cour de Rouen, en 1811. Membre du Corps législatif en 1813, vice-président de cette assemblée en 1814, vice-président de la Chambre des députés pendant les Cent-Jours, il manifesta toujours des opinions libérales. C'est lui qui prit l'initiative de la fameuse déclaration adressée aux puissances étrangères, où il étaitditque la France ne reconnaîtrait d'autre gouvernement que celui qui lui garantirait, par des institutions librement consenties, les principes de 1789.11 protesta ensuite contre la violente dispersion de l'Assemblée. Elu de nouveau en 1817, il se mit de suite à la tête du parti libéral et fut brutalement destitué de son office de président de la cour de Rouen, malgré l'inamovibilité de la magistrature et bien qu'il ne lui- restât plus que deux ou trois ans a siéger pouravoir droit à sa retraite. Depuis celte époque jusqu'en 1849, il fut constamment réélu par les collèges de Rouen, de Bernay, de Pont-Audomer, et surtout par l'arrondissement de Louviers, dont le Neubourg fait partie. L'un des chefs reconnus du parti libéral, il fut, après la révolution de Juillet, chargé du portefeuille do la justice, qu'il reçut le l''' août et qu'il refusa de conserver aussitôt qu'il soupçonna le g-ouvernement de méditer des mesures réactionnaires (27 déc. ISJO). Dès lors, il reprit son siège dans l'opposition. Quand éclata la révolution de 1848, l'acclamation universelle lui déféra la présidence du gouvernement provisoire. Il avait quatre-vingt-deux ans. Il sut, dans ce haut poste, imposer une grande modération à la politique intérieure. Il ne fut pas réélu en 1849 et vécut ensuite dans la retraite. Pendant sa longue carrière, il fut toujours cité comme un modèle de vertus civiques, de probité politique, d'indépendance et de désintéressement. La ville du Neubourg lui a élevé une statue, œuvre de M. Emile Decorchemont, inaugurée le 4 septembre 1881.

DUPONT (Samuel-Francis), officier de marine américain, petil-fils de Dupont de Nemours, né à New-Jersey en 1803, mort en 1865. Il rendit, pendant la guerre du .Mexique, d'importants services sur les côtes do la Californie, fut envoyé en mission spéciale en Chine (18.57), et, en septembre 1861, lut nommé chef d'escadre et reçut le commandement de la flotte de blocus du Sud-Atlantique. Le 7 nov., il s'empara, après un combat acharné de quatre heures, des forts qui délendaient la baie de Port-Royal (Caroline du Sud). En août 1862, il devint contre-amiral, et le 7 avril 1863, il tenta une attaque infructueuse, à l'aide de cuirassés, contre Fort Suinter. Il a publié des traités sur les batteries flottantes pour la défense des côtes.

DUPONT DE L'ÉTANG (Pierre, comte), général, ne à Chabannais^Charente), en 176-4, mort en 1838. Général de division en 1797, il prit part au coup d'Etat du IS Brumaire, contribua à la victoire de Marengo et, après quelques autres exploits, décida de la victoire de Fnedland. En Espagne, il remporta quelques avantages, mais il se rendit ensuite avec ses troupes (17,000 hommes) au général Castanos par la capitulation de Baylen (22 juillet 1808). Arrêté et traduit devant une commission mi-

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litaire, il fut emprisonné, jusqu'à la première Restauration; nommé ministre de la l'uerre, il se conduisit de telle façon qu'on dut lui retirer son portefeuille. De 1815 à 1830, il fut membre du conseil privé et député de la Charente.

DUPONT DE NEMOURS (Pierre -Samuel), homme d'Ktat, né a Pans en 1739, mort en 1817. il fut d'abord connu comme le principal propagateur du système d'économie politiijue de Quesnay, qu'il analysa dans sa Physhi-ratie (Paris, 'l7()8). 11 se" fit l'éditeur du principal organe de celle école, de 17G8 à 1772, époque à laquelle son journal fut supprimé. A l'avènement de Turgol en 1774, il prit une grande part aux réformes des finances. Sous l'administration de Vergennes, il négocia avec l'envoyé de l'Angleterre, le D' James Hulton,le traité de I7S2, qui reconnaissait l'indépendance américaine et un traité de commerce avec la Grande-Bretagne en 1786. Il devint conseiller d'Etat et inspecteur général de l'agriculture et du commerce; secrétaire de l'assemblée des notables, il écrivit un mémoire contre les abus et, après la chute de de Galonné, échappa à peine au bannissement. Il fut membre et deux fois président de l'Assemblée constituante ; son opposition à l'émission des assignats faillit lui couler la vie. S'étant armé et rendu au palais des Tuileries pour défendre le roi, le 10 août 1792, il dut ensuite se cacher. Lalande lui offrit un refuge à l'Observatoire, oii il écrivit sa Philosophie de l'univers. Reconnu et arrêté deux jours avant la mort de Robespierre, il ne tarda pas à être délivré. Membre du conseil des Anciens, en 1795, il en devint président en 1797. Lors de la dispersion des deux conseds par les républicains (IS fructidor), il perdit sa maison et sa fortune et fut sur le point d'êlre envoyé à Cayenue. Il émigra en Amérique en 1799 et en revint en 1802. A la chule de Napoléon, il fut nommé secrétaire du gouvernement provisoire et conseiller d'Elat. Pendant les Cent-Jours, il retourna auprès de sa famille dans la Delaware. Il a Ijeaucoup écrit sur l'économie politique. Son plan d'éducation, préparé à la requête de Jellerson et publié en 181 î, est très estimé.

DUPONT-'WHITE (Charles), écrivain politique, né a Rouen en 18i)7, mort le 11 décembre 1878. Fui avocat à la Cour de cassation, puis secrétaire général au ministère de la justice en 1848. On cite son ouvrage l'indioidii et l'Etat et ses Mélanges philosophiques, recueil d'articles publiés à diverses époques.

DUPRAT (Antoine), homme d'Etat, né à Issoire en 1463, mort en 133.T. Après avoir été avocat du gouvernement à Toulouse, il devint président du parlement de Paris, puis, en lol3, chancelier et premier ministre. Il se donna pour tâche de concentrer tout le pouvoir entre les mains du roi. Il accorda au pape l'abolition de la Pragmatique sanction, assura à François I':'' le droit de nommer les évêques,jeta le duc de Bourbon dans l'alliance de Charles-Quint, en soutenant les prétentions de Louise de Savoie à l'héritage de ce prince, et réduisit le parlement au rang de simple corps judiciaire. Prêtre en liilG, il fut archevêque de Sens el cardinal. — liu/jre. (V. S.)

DUPUIS (Charles-François), philosophe, né à Trye-Château (Oise), en 1742, mort en 1809. Professeur de rhélorii(ue et d'éhxjuence latine à Paris, il fut élu à la Convenlion et au conseil des Cinq-Cents. Son œuvre principale est L'origine de tous les cultes, ou la reli{jion universelle (3 vol. 179.3), qui développe sa théorie, qu'il avait présentée dans un ouvrage précédent, savoir: que toutes les religions tirent leur origine de l'astronomie. En 180(), il publia comme complément à cet ouvrage, une dis*eiialion sur le zodiaque de Denderah.

DUPUYTREN (Guillaume) [du-pui-trainj ,

DUQU

célèbre chirurgien", né à Pierre-Bufflère en 1777, mort à Paris le 7 fév.l83o. Ses débuts furent rudes, à cause de sa grande pauvreté. En 1801, il parvint à se faire nommer chef des travaux aiialomiques à l'école de Paris; devint ensuite inspeileur général de l'université et professeur de pratique médicale. En ISlii, il fut nommé chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu et, en 1823, premier chirurgien du roi. On lui doit de nombreuses innovations dans la pratique chirurgicale et des simplifications dans les opérations. Il voulut qu'une partie de la fortune qu'il laissait servit à fonder une chaire d'anatomie pathologique et un musée appelé Musée Dupuytren. Ses principaux ouvrages ont été réunis sous le titre de : Leçons orales (Paris, 1832, 4 vol. in-8°).

* DUQUEL. Mot formé de la préposition de et du pronom relatif lequel (Voy. Lequel.)

DUQUESNE (Abraham) [du-kêne], le plus illustre des marins français, né à Dieppe en 1610, mort à Paris, le 2 'lévrier 1688. Fils d'un chef d'escadre, il reçut une instruction et une éducation qui devaient faire de lui le premier marin de son siècle. A 17 ans, il était officier et à 27 ans capitaine de vaisseau. Il se distingua contre les Espas^nols. Après la mort de Richelieu, la marine française ayant cessé d'être protégée par le gouvernement, Duquesne entra au service de Christine de Suède, en guerre contre le Danemark. Il dirigea les manœuvres de la flotte suédoise et défit les ennemis à Gottembourg. Rappelé en France, il y équipa à ses frais une Hotlille, qui remporta des succès contre les Anglais et contre les Espagnols et qui contribua à la capitulation fie la ville de Bordeaux, où s'étaient enfermés les partisans du prince de Condé. Malgré ses services, son patriotisme, son courage, ses connaissances profondes et son vaste génie, il fut tenu à l'écart pendant plus de 20 ans, parce qu'il n'était pas noble et qu'il appartenait à la religion protestante. Colbert, son seul admirateur, lui donna un commandement en 1673, mais se vit forcé de le placer sous les ordres de marins de cour, tels que d'Eslrées et Vivonne. En 1676, le danger étant pressant, il fui jugé comme le seulofficier français capable de tenir tête à l'invincible Ruyler. On lui donna le grade de lieutenant général. Parti de Toulon avec 30 vaisseaux de ligne, il remporta, coup sur coup sur son adversaire, les trois plus bi illantesvicloiresnavalesde l'histoire de France; Slrombuli (7 janv. 1676), Catane (22 avril), où Ruyler fut mortellement blessé^, et Palerme (2 juin). Nul autre marin ne pouvait plus rivaliser de gloire avec lui; le roi lui olfrit le grade d'amiral, s'il voulait imilerl'exemple de Turenne et abjurer sa religion : « Mes services sont très catholiques, lui répondit Duquesne; et d'ailleurs, quand je sers Votre Majesté, je ne m'occupe pas de savoir quelle est sa religion ». Celle brusque réponse lui enleva tout espoir d'obtenir des honneurs que l'on prodiguait à d'autres. Le roi eut encore besoin de lui pour châtier les pirates de la Méditerranée. 11 coula, dans le port de Chio, les galères tripolitaines el bombarda Alger (1683). L'année suivante, il traita non moins durement la ville de Gênes. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, lui seul fut excepté de la proscription; mais ses fils durent abandonner le service et prendre le chemin de l'exil. Cette cruelle séparation abrégea ses jours. Le gouvernement ayant refusé à ses restes une séinillure honorable, l'aine de ses fils, Henri, porta son cœ,ur à Aubonne (canton de Vaud). Une statue de bronze a été élevée à ce grand marin par sa ville natale (1844).

DUQUESNE (Fort). Voy. PiTTseuncn.

DUQUESNOY. I. (Ernest Dominique), conventionnel, né dans le Pas-de-Calais en 174S, mort en 179b, Il fit régner la terreur dans le

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