‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 329 sur 568 · ECCL · texte numérisé non relu

ECCL

qu'elle devint florissante après Babylone et Ninive. Sa citadelle était considérée comme imprenable. Prés d'elle se trouvait le palais royal, qui rivalisait avec les plus beaux monuments de l'Orient. Ce palais fui saccagé sous Alexandre le Grand et sous les .Sélcucides. De son ancienne maiiniricence, il ne reste aujourd'hui que des colonnes et des fragments de sculpture.

* ECCE HOMO s. m. [ek-sé-o-mo], loc. lat. qui signilie : voilà l'homme, et par laquelle Pilale désigna aux Juifs Jésus-Christ, ayant un roseau à la main pour sceptre et une couronne d'épines sur la tête. Tableau ou statue du Christ couronné d'épines. — C'est un ecck HOMO, se dit d'un homme pâle et fort maigre.

ECCHELLENSIS ou Echellensis (Abraham) [ék-kel-lainn-sissl. Savant maronite, né en Syrie, mort en 1(364, vint étudier a Rome et fut ajipelé à Paris pour coopérer à l'édition de la Bible polyglotte de Le Jay. On lui doit, dans cette édition, le Livre de Rutb (en syriaque et en arabe) et le 3" livre des Macchabées (en arabe). 11 a laissé diverses traductions et des ouvrages latins, parmi lesquels : Chronicon orictUule [Piivis, IQa'i, in-fol.); Synopsis proposilorumsapicntise Arabum{Pa.ns,iGil, in-i").

* ECCHYMOSE s. f. [èk-ki-mù-ze] (gr. ek, boi's de; ckuinos, humeur). Chir. Extravasation de sang dajis le tissu de nos organes, due ordinairement à une cause violente. On le dit surtout de l'extravasalion qui a lieu dans le tissu cellulaire sous-cutané, et qui parait à la peau : lus ecrhymoscs sont ordinairement le résultat d'une contusion.

* ECCHYMOSE. ÉE adj. Qui est affecté d'eccbymuM' : œU ccrhijmosé.

ÈCCHYMOSER v. a. Mcd. Produire une ecchymose. — S'ecchymoser v. p. Etre all'ecté d'ecchymose.

ECCHYMOTIQUE adj. Méd. Qui a rapport à l'ecchymose.

ECCLESIA s. f. Ant. gr. Assemblée générale de citoyens athéniens réunis pour discuter et statuer sur des matières d'intérêt public. Ces assemblées, p'endant les périodes les plus florissantes d'Athènes, se tenaient ordinairement sur le rocher du Pnyx, où un espace semicirculaire pouvait contenir tous les citoyens. Le droit de convoquer les citoyens était dévolu aux prytanes, ou présidents du conseil desoOO; mais, en cas de guerre ou de circonstances soudaines et imprévues, les généraux avaient aussi le pouvoir de convoquer ces assemblées. Tout citoyen qui refusait de faire acte de présence était condamné à l'amende ; ceux de la classe pauvre recevaient une petite somme pour les indemniser de leur dérangement. Le peuple votait soit en levant les mains, soit au scrutin. Plus tard le mot ecclesia sigiiilia éi^lise.

* ECCLÉSIASTE s. m. [ék-klé-zia-ste](gr. ekklcsiaslcs, qui harangue). Nom d'un des livres sapientiaux de l'Ancien Testament. La paternité de ce livre fut autrefois attribuée à Salomon, mais de nos jours, on le considère comme un monologue d'un moraliste hébreu d'une époque postérieure.

'ECCLÉSIASTIQUE adj.[ek-klé-sia-stik] (gr.

ekklesiastik'js ; de ekklcsia, assemblée). Qui appartient à l'Eglise, au clergé; qui concerne l'Eglise, le clergé : l'ordre ecclésiastique. — s. m. Homme attaché à l'Eglise : jeune ecclésiastique. — *v Année ecclésiastique, année Julienne, modiliée en 1582, par le pape Grégoire XUl. Elle commence au l"' dimanche de l'Avent, mais ne finit pas toujours au ^4= dimanche après la Pentecôte; alors, on reprend les dimanches qui, dans l'année, ont été omis apiès l'Epiphanie, aliu de remplir le vide qui se trouve entre le 24" dimanche après la Pentecôte et le 1" dimanche de l'Avent.

* ECCLÉSIATIQUL s. m. Nom d'un des

ECHA

livres sapientiaux de l'Ancien Testament, appelé aussi La sagesse de Jésus, fils de Siraeh. L'auteur paraît l'avoir écrit vers 200 av. J.-C. et en hébreu, qui fut ensuite traduit en grec. L'Eglise latine le considère comme canonique.

* ECCLÉSIASTIQUEMENT adv. En ecclésiastique : il vit ecclésiasliqurmimt.

ECCOPROTIQUE adj. [ék-ko-pro-ti-ke] (gr.

ek, hors de; kopros, excrément). Méd. qui purge légèrement.

ECCRINOLOGIE s. f. [èk-kri-no-lo-ji] (gr. ekkvinein, sécréter; loqos, discours). Partie de la médecine qui traite di's sécrétions.

* ÉCERVELÉ, ÉE adj. (rad. cervelle). Qui a l'esprit léger, évaporé, qui est sans jugement : il faut être bien écervelé pour agir ainsi. — Substantiv. Personne écervclée: un jeune écervelé.

' ÉCHAFAUD s. m. (ital. c.alafako). Assemblage de pièces de bois, qui forme une espèce de plancher, sur lequel les ouvriers montent pour travailler aux lieux où ils ne peuvent atteindre autrement : on ne peut plus travailà cette muraille sans éc.hafaud. — Ouvrage de charpenlerie, élevé ordinairement par degrés, en forme d'amphilhéâlro, pour voir plus commodément des cérémonies fiuliliques ou d'autres spectacles : on avait dressé des écliaf'auds pour la musique. — Espèce de plancher qu'on élève pour l'exposition ou l'exécution des criminels : dresser un échaf'aud; monter à l'échat'aud.

"ÉCHAFAUDAGES, m. Action d'établir des

échat'auds pour bùlir, pour peindre, ou pour faire quelque autre chose semblable; assemblage de ces échafauds : son échafaudage est mal dressé. — Fig. Grands préparatifs qu'on fait pour peu de chose : voilà un grand échafaudage pour rien, pour une chose qui n'en vaut pas la peine. — Fig. Grand raisonnement inutile ou vain, grand ctalase de sentiments, de maximes sur un sujet de peu d'importance : tout ce bel échafaudage s'écroule devant les faits ; échafaudage de gi'andes maximes.

* ÉCHAFAUDER v. n. Dresser des échafauds. Ne se dit que de ce qui regarde la construction ou la décoration des bâtiments : il a fallu échafauder pour terminer ce mur, pour travailler à ce dôme. — S'échafauder v. pr. Fig. et fam. Faire de grand? pirparatifs pour peu de chose : ces charlatans furent longs à s'échafauder.

* ÉCHALAS s. m. [é-cha-lâ]. Bâton de quatre ou cinq pieds de long que l'on fiche en terre pour soutenir un cep de vigne, un petit arbre, un arbuste : planter, ficher, arracher des échalas. — Se tenir droit comme un éch.^las, afiécter de se tenir fort droit. — C'est unéchalas, se dit d'une personne grande, maigre et sèche. — IV Argot. Jambe maigre.

* ÉCHALASSEMENT s. ra. Action d'écha-

lasser une vigne.

■ ÉCHALASSER v. a. Garnir une vigne d'é chalas.

* ÉCHALIER s. m. Clôture d'un champ faite avec des branches d'arbre, pour en fermer l'entrée aux bestiaux.

' ÉCHALOTE s. f. (lat. ascalonia; de Ascato, ville de Phénicie, d'où l'on apporta cette plante). Espèce d'ail qui a une saveur moins forte que l'ail ordinaire : sauce à l'échalote.

* ÉCHAMPIR V. a. Voy. Réchampir.

* ÉCHANCRÉ, ÉE part, passé d'EcHANCRER.

— Adjectiv. Se dit, surtout en Bot., des objets dontles bords sont entamés comme si on en avait emporté une pièce avec des ciseaux : feuilles échancrées en forme de croissant, en cœur, en pointe.

' ÉCHANCRER v. a. ( rad. chancre). Tailler, évider , couper en dedans en forme de

ECHA

SU

croissant, de portion de cercle. Se dit en parlant des étufles, de la toile, du cuir, du bois. etc. : échuncrer le collet d'unmanteau. — t» S'échancrer v. pr. Etre échancré.

* ÉCHANCRURE s. f. Coupure faite en dedans en iorme de croissant, de portion de cercle : les bassins de barbier ont une échancrure qui s'appelle aussi gorge. — Bot. et Anat. Entaille naturelle qui ressemble à une échancrure : ces feuilles ont une échancrure à leur sommet.

' ÉCHANGE s. m. Troc que l'on fait d'une chose pour une autre : faire un échange. — Commerce d'échange ou par échange, commerce où l'on fait seulement échange de marchandises, sans employer la monnaie.

— Remise, communication ou envoi réciproque, surtout dans le langage diplomatique : l'échange des pouvoirs qui se fait entre plénipotentiaires ; il y eut entre le notaire et S07i client un continuel échange de lettres. — Prend quelquefois, dans le langage ordinaire, une acception figurée analogue à celle qui précède : échange de bons offices. — Echange des prisonniers, remise réciproque des prisonniers faits de part et d'autre, à la guerre. — Cartel d'échange, convention qui se faitquelquefois entre puissances belligérantes pour régler les manières dont la guerre sera conduite et déterminer celles des hostilités, dont les armées devront s'abstenir. L'un des plus importants est le cartel d'échange des prisonniers (Voy. Cartel). Autrefois ces échanges se faisaient moyennant une rançon. Un maréchal valait .•)0,000 livres tournois, et un soldat n'était estimé que 7 livres. Un cartel de 1780, entre la France et l'Angleterre, fixa à I,jOO livres le prix d'un maréchal et à 23 celui d'un soldat. Un décret delà Convention, du 2') mai n93, décida qu'il n'y aurait plus de tarif pécuniaire en matière d'échange, que la base des échanges serait d'échanger grade pour grade et homme pour homme. Un cartel fut conclu sur ces bases entre la France et l'Angleterre, le 13 septembre 1798, et depuis les mêmes principes ont été observés entre toutes les nations européennes, et il est d'usage qu'au moment où la paix est conclue, tous les prisonniers de part et d'autre sont renvoyés dans leurs pays sans rançon ni échange.

— LiHRE-EcBANGE, voy. notre art. à Libre- Echange. — Législ. CV. S.)

* ÉCHANGEABLE adj. Quipeutêtreéchangé:

ces efftts sont échangeables.

' ÉCHANGER v. a. Faire un échange :

échanger une propriété contre une autre; on a échangé les prisonniers. — Diplom. Se remettre, se communiquer ou s'envoyer réciproquement des pouvoirs, un acte, etc. : les plénipotentiaires ont échangé leurs pouvoirs ; on a échangé les ratifications du traité. — Fig. Se dit quelquefois dans ce dernier sens : cesdeux vaisseaux ont échatigé quelques coups de canon; après avoir échangé quelques politesses, nous en vînmes à l'objet de notre entrevue.

ÉCHANGISTE s. m. Celui qui fait échange. —' Liure-échangiste, partisan du libre échange.

* ÉCHANSON s. m. (ail. schenken, verser à boire). Officier chargé de servir à boire à un roi, fi un prince, etc. Ne s'emploie guère qu'en parlant des dieux de la Fable, des princes souverains de l'antiquité, etc. : Ganyméde était éehanson des dieux; l'échunson de Pharaon, d'Astyage; le roi de Bohême était grand éehanson de l'Empire. — Par plaisant. Toute personne qui sert à boire : vous êtes un éehanson bien maladroit.

* ÉCHANSONNERIE s. f. Corps des officiers qui servent à boire à un roi, à un prince, etc.; lieu où l'on tient les boissons, dans le palais d'un roi, d'un prince : chef d'échansonnerie.

* ÉCHANTILLON s. m. Petit morceau d'é

ECHA

KCHA

ECHA

tolTe, de toile ou d'antres choses semblables, qui sert de montre pour taire connailre la pièce : la pièce ne se rapporte pas à l'échantillon. Par ext., échantillon de vin, de blé, etc. — Ji'GER DE LA piiîCE PAU l'echantillon, juger de quelqu'un ou dcquelque chose parle peu qu'on en sait ou qu'on en a vu. — Mar. Force, dimension des pièces de bois qui servent aux constructions navales : cette pièce de bois est d'un grand, d'un moyen, d'un petit échantillon.

Ce BATIMENT EST d'i"N GRAND l'CHANTlLLON, d'UN

FAIBLE ÉCHANTILLON, la charpente de sa muraille, de son bord, a beaucoup, a peu d'épaisseur. — l''i?. Se dit des choses d'esprit, comme lorsqu'on montre un fragment de poème, quelques pages de prose, pour donner une idée de l'ouvrage dont ils font partie : on vante l'oiuraqe qu'il doit publier, je voi(drais en voir un échantillon. — Donner un échantillon DE SON savoir-faire, montrer ce que l'on sait faire. Ce n'est la ou'un échantillon de son savoir-faire, son habileté ne se borne pas à cela.

* ÉCHANTILLONNER v. a. Confronter un poids, une mesure avec sa matrice originale : les poids de ce irébnrhct ont été marqués et échantillonnés à la Mnnnaie. — »* Faire des échantillons. — S'échantillonner v. pr. Etre échantillonné.

ÉCHANVRER v. a. Agric. Enlever les chènevottes de la lilasse.

ÉCHANVROIR s. m. Agric. Planche sur laquelle est lixé un grand peigne dont les dents varient de longueur, de grosseur et d'espacement. Pour séparer les chènovottes de la filasse, on la fait passer à plusieurs reprises entre les dents de ce peigne. On dit aussi SÉ-

RANÇOIIt.

* ÉCHAPPADE s. f. Grav. Accident qui arrive lorsque, en forçant la résistance de la matière sur laquelle on grave, l'outil échappe et va tracer un sillon sur une partie déjà gravée.

* ÉCHAPPATOIRE s. f. Fam. Défaite, subterfuge, moyen adroit et subtil pour se tirer d'embarras : il a ses échappatoires toutes prêtes.

* ÉCHAPPÉ, ÉE part passé de Echapper. — C'est un cheval échappé, se dit d'un jeune homme vif, emporté, quise soustrait à l'obéis- «lance, à la discipline. — Substauliv. Personne échappée. Un échappé des Petites-Maisons, un fou. Un échappé des galères, un homme qui a été aux galères, ou qui les a méritées. Un échappé de prison, un homme qui sort de prison, ou qui est si mal vêtu, qu'il semble s'être échappé de prison. — Un échappé de barbe, un cheval engendré d'un barbe et d'une cavale du pays.

' ÉCHAPPÉE s. f. Action imprudente par laquelle on s'écarte de son devoir : il a fait plusieurs échappées. — Faire quelque chose PAR échappées, faire quelque chose par intervalles, et comme à la dérobée. — Archit. Espace ménagé pour le tournant des voitures à leur entrée dans nue cour ou dans une remise : celui «[u'on laisse entre un escalier et la voûte ou le plafond. Dans ce sens, on dit aussi Echappement. — Peint. Echappée de lumière, lumière qu'on suppose passer entre deux corps très proches l'un de l'autre, et qui éclaire quelque partie du tableau, laquelle sans cela serait dans l'ombre ou dans la demiteinte. — Echappée de vue, vue resserrée entre des collines, des bois, des maisons.

•ÉCHAPPEMENT s. m. Mécan. et surtout Horlog. Espèce de mécanisme par lequel le régulateur reçoit le mouvement de la dernière roue d'une machine, et ensuite modère le mouvement de cette roue même : échappement à recul, à repos. — Archit. Synonyme

d'ECHAPPÉE.

' ÉCHAPPER V. n. (lat. ex, hors de; campus, cbampj. S'évader, s'esquiver, se sauver des

mains de quelqu'un, d'une prison, de quelque péril, etc. : laisser échapper un prisonnier. S'emploie ordinairement avec la préposition DE, quand il signifie, cesser d'être où l'on était, sortir de, etc. : échapper du naufrage, d'un danger. S'emploie au contraire avec la préposition a, quand il signifie, se soustraire, se dérober à, être préservé de : échapper à la ' tempête, au danger. — Fig. S'emploie, surtout avec la préposition a : il ne put échapper au dilemme pressant de son adversaire. — Plus particulièrement, tant au sens physique qu'au sens moral, ^'être pas saisi, aperçu, découvert, ou seulement remarqué; et alors il se conjugue toujours avec l'auxiliaire avoir : votre observation m'avait échappé; des insectes si petits échappent à la vue, aux yeux : bien des choses échappent à notre attention. — Fig. Se dit encore des choses dont on est frustré, ou que l'on ne saurait conserver, fixer, qui se perdent, s'évanouissent, se dissipent : laisser échapper l'occasion, une bonne occasion; la vie, le temps nous échappe.

Qui prévient le moment rempêclie d'arriver. Qui le laisse échapper ne peut le retrouver. Akohé Chémiuk.

— La p.\tience lui échappe, lui a échappé, il commence à perdre patience, il a témoigné de l'impatience; ou il s'emporte, il s'est emporté, après s'être longtemps contenu. — EcuAri'Eu DE LA MÉMOIRE, se dit des choses dont on perd le souvenir, que l'on oublie. — Echapper DE LA MAIN, DES MAINS, SB dit des chosCS

qu'on laisseallerou tomberinvolontairement. Dans un sens analogue, laisser échapper ce QUE l'on tient. — Laisser échapper un cri, un SOUPIR, etc., pousser un cri, un soupir, etc. Dans un sens analogue. Un cri, un soupir, etc., lui a ÉCHAPPÉ, LUI EST ÉCHAPPE. Se dit surtout quand les actions dont il s'agit sont involontaires, et qu'on a fait quelque eli'ort pour s'en abstenir. — S'applique particulièrement à ce (ju'on dit, à ce qu'on fait par imprudence, par indiscrétion, par mégarde, par négligence, etc.; et alors se conjugue toujours avec l'auxiliaire être : àpeine cette parole me fut-elle échappée, que je sentis mon imprudence. Dans un sens analogue. Laisser échapper UN MOT, UN SECRET, UNE BÉVUE, DES FAUTES,

etc. — ■ Impers. S'emploie souvent dans le même sens : il lui est échappé un mot inconvenant. — V. a. Eviter : échapper le danger; échapper la côte. — L'échapper belle, éviter heureusement un péril dont on était menacé.

— S'échapper v. pr. S'évader, s'enfuir, s'esquiver; alors ne peut jamais être suivi que de la préposition de : s'échapper de prison, des mains de quelqu'un; l'animal romprit son lien et s'échappa. — Fig. S'emporter inconsidérément à dire ou à faire quelque chose contre la raison ou la bienséance :il s'est échappé jusqu'à injurier ce vieillard. — Par ext. Se dit d'une chose qui d'elle-même sort d'un lieu, d'un endroit, d'une autre chose où elle était retenue, enfermée, contenue : l'eau s'échappe par une fente du rocher; des sanglots s'échappaient de ma piùilrine. — Le glaive s'échappa DE mes mains, échappa de mes mains. — Fig. au sons moral. Se dissiper, s'évanouir : elle vit s'échapper le dernier espoir qui lui restait.

ÉCHARCON, comm. à 9 lui. S.-O. de Corbeil (Seine-et-Uiso), dans la vallée de l'Essonne; 316 hab. Papeterie importante.

• ÉCHARDE s. f. (rad. chardon). Piquant de chardon ou petit éclat de bois qui est entré dans la chair : on lui a tiré une écharde du picl.

ÉCHARBONNAGE s. m. Action d'écharduniier.

* ÉGHARDONNER v. a. Oler, couper, arracher les ciiaidons d'un champ, d'un jardin, etc. : il a fui iriuirdonner ses blés.

ÉCHARDONNOIR s. m. Instrument qui sert à échardonner : c'est tantôt un fer à crochet

tranchant, tantôt une sorte de houlette, tantôt de grandes pinces en bois. On dit aussi

ECHARDONNET, EcHABDONNETTE.

•ÉCHARNER v. a. (rad. chair). Corroier.

Oter d'une peau de bête, d'un cuir, la chair-

qui y est restée.

* ÉCHARNOIR s. m. Corroier. Sorte df couteau avec, lequel on echarne.

* ÉCHARNURE s. f. Corroier. Reste de chair qui s'ôte d'un cuir que l'on prépare; façon qu'on donne en écharnanl.

* ÉCHARPE s. f. (anc. haut ail. scherbe, poche). Large bande de lalfetas, de mousseline, de dentelle ou de quelque autre tissu, que l'on portait autrefois de la droite à la gauche en forme de baudrier, et qu'on a portée depuis en forme de ceinturon : la couleur de l'écharpe servait autrefois, parmi les gens de guerre, à distinguer les différentes nations ou les différents partis; les França.is portaient l'écharpe blanche, les Espagnols l'écharpe rouge ; les officiers municipaux, les commissaires de police, etc., ont une éeharpe tricolore. — Changer d'écharpe, changer de parti. — Bande de quelque étoile qu'on porte passée au cou, pour soutenir un bras blessé ou malade : avoir le bras en éeharpe. — Le lit EST l'écharpe de LA JAMBE, il faut qu'une personne qui a la jambe malade se tienne au lit. — Sorte de vêtement ou d'ornement que portent les femmes : éeharpe de dentelle. — Enécharpe, loc. adv. Obliquement, de biais, de travers : le cation tirait en éeharpe ; le grand cordon de plusieurs ordres se porte en éeharpe.

* ÉCHARPER V. a. Faire une grande blessure avec un coutelas, un sabre, etc. : il luia écharpé le visage, éeharpe le bras. — Fig. Se dit quelquefois en parlant d'une troupe qui est fort maltraitée, presque entièrement détruite dans un combat: ce régiment fut écharpé. — S'écharper v. récipr. S'écharper mutuellement : ces deux régiments se sont écharpés. — V. pr. Echarper soi : dans sa chute il s'écharpa.

* ÉCHASSE s. f. N'est guère usité qu'au pluriel. Long bâton, auquel il y a une espèce d'étrier attaché, ou un fourchon du bois même, dans lequel on met le pied, soit pour marcher dans les marais, dans les sables, comme font les pâtres des Landes, soit pour paraître plus grand et divertir le peuple, comme font les bateleurs : marcher avec des échasses. — ■ Fam. Il semble être sur des échasses, se dit de quelqu'un qui a de trop longues jambes. — Prov. et fig. Etre toujours MONTÉ sur des ÉCHASSES, avoic l'esprll guindé, parler d'une manière emphatique, et employer de grands mots; affecter de grands airs pour se faire remarquer. — w- Argot. Jambes longues et maigres. — Ornith. Genre

EcUassc à cou noir (Him.iiilopus nigricullis).

d'échassierslongirostros, comprenant plusieurs oiseaux a jambes très élevées. On en connaît six espèces, mal déterminées. L'échasse d'Eu-

EGHA

liCHE

ECflE

rope (himantopus melanopterus) , lonpuc de 50 centiin., noii'R, à reflets vcrdâlres en dessus, blanche en dessons, habite les marais salants do la Hongrie et de la Russie, h'échassc à cou noir (himantopus nigricoUis) , d'Amérique, ressemble beaucoup :\ l'espèce européenne. Ces oiseaux sont migrateurs.

ÉCHASSÉRIAUX. I. (Joseph), connu sous le nom à'Echassériaiix l'aillé, conventionnel, né à Cornio-Royal, près de Saintes, en I7.Ï3. 11 vota la mort de Louis XVI, siégea sur les bancs de la Montagne, entra au comité do Salut publie, passa au conseil des Cinq-Cents, puis au Tribunat, après le 18 brumaire, et entra au service de Napoléon, qui le baronina en 1810.

— II. (René), ajipelé ÉchassÉriaux le jeune, conventionnel, frère du précédent, né à Corme-Koyal en 17.')4, mort en I8:îl. Il ne siégea à la Convention ([u'après la mort de Louis XVI, entra aux Cinq-Cents, servit l'Kmpire, fut député, do 18-.;0 à 1827, et ligura au nombre des 221, en 1830.

* ÉCHASSIERs. m. Hist. nat. ^e s'emploie guère qu'au |ilur. Ordre d'oiseaux qui ont les jambes longues, ce qui les fait paraître comme montés sur des échasses. Cet ordre, qui est le 5« de la classe des oiseaux de G. Cuvier, comprend les b familles des brévipennes, des jiressirnstres, des ntltrirostrcs, des IWKjirostres et des macrodactyles.

' ÉCHAUBOULÉ, ÉE adj. (préf. é; franc.

chaud et lioiile). (Jui a des échauboulures.

* ÉCHAUBOULURE s. f. Petite élevure rouge qui vient sur la peau et qui cause un picotement plus ou moins vif : il a le corps plein d'érhauboulurcs.

ÉCHAUDAGE s. m. Action de blanchir uu mur au luit de chaux. — Macération, dans un lait de chaux, des matières destinées à faire la colle-forte. — Action de laver la vaisselle. — ■ Action de passer à l'eau bouillante une barrique neuve,

' ÉCHAUDÉ, ÉE part, passé de Ecuauuer.

— Chat écmauué cuaint l'eau froidu. 'Voy, Chat.)

* ÉCHAUDÉ s. m. Sorte de pâtisserie très légère, faite de pâte échaudée, d'auif's, de beurre et de sel : les échaudés datent de 1202

(Cussy) I

* ÉCHAUDER v. a. Laver avec do l'eau très chaude, bouillante : échaudcr un pot de terre.

— Tremper dans l'eau bouillante : éehauder un cochon de lait. -^ Jeter de l'eau chaude sur quelque chose : éehauder de la pdte. — Signifie encore, ondoiUToager quelque partie du corps p/irl'action d'un liquide très chaud, bouillant : de l'huile bouillante m'a éehaudé la jambe. — «X Argot. Vendre quelque chose au-dessus de su valeur. — Etke échaudé, payer une marcliaudise plus cher qu'elle ne vaut. — * S'échauder v. pr. Eehauder quelque partie de son corps : t'//i; s'est échaudée, en voulant retirer la marmite du feu. — Fig. et fam. S'É- CHAUUEii ou ÊTRE ÉCHAUDÉ, être attrapé, éprouver quelque dommage, quelque mal, dans une affaire : il ne s'enyayera plus dans de pareilles affaires, il s'y est échaudé, il y a

. été échaudé.

' ÉCHAUDOIR s. m. Endroit d'un abattoir où l'on èchaude les animaux après l'abattage. — Lieu où les teinturière échaudeut les laines pour les dégraisse!.'^ — Vase- où se fait l'éckaudage.

* ÉCHAUFFAISON s, f. tudispositiou qui se • manifeste par quelque éruption à la peau : ce

n'est pas une iiMàuJim, ce n'est qu'une échauffaisnn .

• ÉCHAUFFANT. ANTE adj. Qui échauffe.

Ne se dit que des aliments, des remèdes, etc., qui augmentent trop ou qui peuvent trop augmenter la chaleur animale : les épices sont échauffantes. — w Fam. Qui produit la

constipation. — s. m. Substance échauffante : les liqueurs alcooliques, le vin, le café, te thé, les viandes noires, les salaisons et les épices sont des échauffants.

' ÉCHAUFFÉ, ÉE part, passé de Échauffer.

— s. m. N'est guère usité que dans celle phrase, sentir l'ïîchauffi;, exhaler une certaine odeur causée par une chaleur excessive ou par un commencement de fermentation.

• ÉCHAUFFEMENT s. m. Action d'échauffer; résultai d(^ celle action. Se dit surtout eu parlant d'un excès de chaleur animale : échauffement de poitrine, du sang. — « Fam. Constipation; blennorrhagie légère. — Fig. Surexcitation morale.

- ÉCHAUFFER v. a. Donner de la chaleur, rendre chaud : les oiseaux échauffent leurs petits sous leurs ailes. — Se dit, particulièrement, de ce qui cause un excès de chaleur animale : cette course m'a beaucoup échauffé; les épiées échauffent le sanQ. — Fig. Echauffer LE SANG, la iule A QUELou'uN, le mettre en colère, l'impatienter. Dans un sens analogue.

S'ÉCHAUFFER LA BILE. — Fig. Ct fam. ECHAUFFER

LES OREILLES A QUELQU'UN, le mettre en colère par quelque discours. — w Fig. Donner de l'animation, exciter : cette scène éclmuffa les spectateurs. — Fam. Conslipi'r : le café échauffe certaines personnes. — * S'échauffer v. pr. Devenir chaud : la chambre commence à s'échauffer.

— Reprendre sa chaleur : j'étais engourdi, je me réchauffai en marchant. — Echauffer son corps avei; excès : ne coures pas tant, vous vous échaufferez; vous vous échaufferez avec une nourriture aussi épicée . — Fig. et par plaisanterie. S'ÉCHAUFFER EN SON UARNOis, parler de quelque chose avec beaucoup de véhémence et d'émotion. — Chasse. S'échauffer sur la VOIE, se dit des chiens qui suivent la voie avec trop d'ardeur. — Fig. Se mettre eu colère, s'emporter ou se passionner, s'animer bi'aucoup : il s'échauffe trop un jeu; une 'imagination qui s' éxhauffe trop, exagère tout- — Le JEU s'échauffe, commence a s'échauffer, on commence à jouer avec chali'ur, et plus gros jeu, — La querelle, la uispute, la conversation, LA guerre s'échauffe, EST FORT ÉCHAUFFÉE,

elle s'anime de plus en plus, elle est très animée, — vw Entrer en fermentation : ce sirop s'est échauffé. — v. récip, .S'échauQ'er l'un l'autre : pendant l'action, les soldats s'échauffent mnluellcmenl.

' ÉCHAUFFOURÉE s, f. Entreprise mal concertée, téméraire, malheureuse : les éehauffourécs de Strasbourg et de Boulogne. — Rencontre imprévue à la guerre : ee ne futpas un combat, ce fut une échauffnurée.

• ÉCHAUFFURE s. f. Petite rougeur, petite élevure qui vient surla peau, dansune échauffaisou : ce n'est qu'une érhauffure.

j -ÉCHAUGUETTE s. f. [é-chô-ghè-te] (ail. schaar, troupe; franc., guetter'). Guérite^ petite loge placée dans quelque lieu d'uiie place

j forte, pour découvrir ee ciui se passe aux environs : il y a toujours un humine à l'éehauijuette, pour observer s'il parait! quel'ciu'un dans la campagne.

• ÉCHAULER v. a. Voy, Chauler.

ÉCHÉABLE adj. Qui peut ou doit échoir :

billet, érhmhle à fin courant.

' ÉCHÉANCE s. f. (rad, échoir). Terme où échoiL le |iayenieiit d'une chose due : échéance d'une lettre de change. — Procéd. Terme d'un délai quelconque : le délai d'un ajinirncmeiil ne comprend pas le jour de l'échéance. — Législ. On ne peut être poursuivi pour le payement d'un ellet ou racoomplissement d'une obligation, que le lendemain du jour de l'échéance.

• ÉCHEC s. m. [é-chèk] (rad. échoir). Terme qui s'emploie au jeu des échecs, lorsqu'on atluquc le roi, en sorle qu'il est obligé de se retirer ou de se couvrir : mettre le roi en échec.

— Echec et mat, se dit quand le roi, étant attaqué par (pielqne pièce, ne peut plus se couvrir ni se nttirer. — Donner, faire échbc et mat, gagner la partie. Etre échec et mat, la perdre. — Fig, Tenir des trouves, une ARMÉE en échec, empêcher des troupes, une armée d'agir, de rien entreprendre. — Fig, Tenir une plack en échec, la tenir en crainte d'être assiégée. — Fig, Tenir quelqu'un bn échec, l'empêcher d'agir, de se déterminer. — Fig. Perte considérable que fait une armée, un corps de troupes dans un combat, dans une attaque, dans une retraite: ce général reçut un échec en se retirant. — Atteinte, dommage, désappointement, mauvais succès quelconque : souffrir un grand échec en sa réputation ; essuyer un nouvel échec.

' ÉCHECS s. m. pi. [é-cliè] (persan snha, roi). Jeu qui se joue par deux personnes sur un t.ililier ou damier, avec huit pièces et huit pions de chaque côté. C'est le (dus ancien et le [ilus savant des jeux ; les uns pensent qu'il fut invente par les Indons, il y a plus de o,0(»0 ans; d'autres l'attribuent à Palamède (tj80 av. i.-C). Sou histoire peut se diviser en

1 1 1 1 1 1 i il

trois périodes : t" l'âge du c/ia(wMrïf/a ou jeu primitif des Indous, depuis l'origine de ce jeu jusqu'au vi'^ siècle après J,-C. On jouait à quatre personnes elles combattants détermiii.iient, en jetant un dé, quelle était la pièc«

I à déplacer; 2° l'âge du chatranj nu jeu du moyen âge, embrassant la période entre le VI'-' et le xvi« siècle; la lutte n'avait lieu qu'entre deux adversaires et l'abandon des dés fit disparaître tout effet du hasard; c'est pendant

j cette période que ce jeu passa de l'Imle dans

I la Chine, dans le Japon, dans la Perse et, de là, en Euro|ie; 3° les échecs modernes, qui

' se distinguent par des modifications dans les lois fondamentales du jeu, surtout par une augmentation du pouvoir de la reine et du fou (autrefois évêque). Les pièces se disposent comme le montre notre gravure. Elles se nomment le roi, la dame, les fous, les cavaliers et les tours. — Pièces avec lesquelles on joue àcejeu, considérées toutes ensemble : échecs d'ivoire, de buis, d'ébéne. — Prov. Au

Page 1