ECHO
les auditeurs n'en entendent que l'ccho , simple ou multiple, selon la place qu'ils oi> cupent. A la Salle de l'écho (Conservaloire des arts et métiers de Paris), si l'on parle dans l'un des angles, même à voix basse, une autre personne placée à l'angle opposé entend très distinctement, tandis que de tout autre point de la salle le son est entièrement imperceptible. Le même effet se produit dans une des salles du Louvre, où les deux expérimentateurs se placent sous deux grandes coupes, qui s'y trouvent. — -A-Dorer l'écuo, cheicher la soliUide.— Dans la tempête, adoke l'kcho, proverbe pythagoricien qui signifie, pendant les troubles politiques, cherche la retraite. — Liltér. Titre sous lequel on désif;ne, dans les journaux, l'ensemble des nouvelles qui circulent dans certains lieux publics et dans les salons : il est charrjé des échos de théâtre. — Fig. Personne qui répète ce qu'une autre a dit -."cet homme n'est que l'écho d'un tel: se faire l'écho des sottises d' autrui. — Par anal. Répétition adoucie ou alïaiblie d'une ou de plusieurs notes : faire un écho sur l'oryue. Il y a dans l'orgue, un Jeu qu'on nomme Jeu d'écho. — Vers en écho, sorte de vers dont la dernière syllabe ou lesdeux ou trois dernières étant répétées, font un mot qui, ajouté aux paroles précédentes, en achève le sens ou leur sert de réponse. On dit aussi Rime couronnée. Les Grecs connaissaient ce procédé de versification puéril et bizarre, ainsi qu'on peut s'en convaincre en lisant la pièce de Ga randas (liv. IV, chap. x de ÏAnlItologie). n'était pas non plus inconnu des Latins, car on lit dans Martial une épigrammc en écho. Les poètes français ont fréquemment employé ce a-enre de vers dans les anciennes pastorales, pendant le Moyen âge et la Renaissance.
La blanche Colombclle,
Belle, Souvent je "vois priant,
ECIM
l'occasion s'en présente, s'il y a lieu. Ces locutions s'emploient également dans le langage familier. — Se dit aussi dutemps préfix auquel on doit faire certaines choses, et des choses mêmes qui doivent se faire à des temps prélix : le premier terme échoit à la Saint-Jean ; cette lettre de change est échue. — Autref. Palais. S'est dit des peines imposées à ceux qui contrevenaient aux lois; et alors ne s'employait guère qu'impersonnellement : à cela il y échoit amende. — Se construit quelquefois avec les adverbes bien et mal; alors se dit particulièrement des personnes, et signifie, rencontrer fortuitement : vous ne sauriez que bien échoir; je. suis mal échu. Ce sens est familier, et a vieilli.
ÉCHOMÈTRE s. m. [é-ko-] (gr. échos, son
ECLA
*ÉGIMÉ, ÉE part, passé de Ecimer. — »-» Adiectiv. Blas. Se dit du chevron dont la pointe est çDUpée horizontalement.
* ÉCIMER V. a. [é-si-mé] (rad. cime). Agric. Couper la cime des arbres : écimcr les saules. On dit plus communément, Etèter.
ECK ou Eekius (Johann Mayr von), théologien allemand, ne à Eck (Souabe), en 1486, mort en 1543. Il était chanoine d'Eichstgedt et vice-chancelier de l'université d'iiigolstadt; il fut un des plus éminents antagonistes de la Réforme. 11 a publié des notes sur les thèses de Luther, qu'il rencontra avec Caristadt aux conférences d'Augsbourg et de Leipzig, et vint à Rome où il requit de sévères mesures contrt; eux.
ECKERMANN (Johann-Peter), littérateur
mdro», mesure). Phys. Appareil dont on se ^ j „é cn'Hanovre en 1702, mort en
i ^ ...nt. l^ .-liii..m lac inTorvn 1 PS ey. .-'.. . . ■ i ■ 1 1 '
Criant.
Clément Mahot.
siècle, ce g-enre a
— Depuis le xvn" siècle, ce genre a été délaissé. Victor Hugo a composé une ballade en écho :
Daigne protéger notre chasse,
Châsse De mon seigneur Godfroî,
Roi.
Si lu fais ce que je désire,
Sire, Nous rédilierons un tombeau,
Beau.
Chasse du Burgrave.
— L'écho a été quelquefois employé en prose, comme Erasme l'a fait dans son dialogue grec et latin, Juvenis et Echo, et Rabelais dans le chapitre : Comment Panurge se conseille à Pantayrticl, pour sçavoir s'il se doiht marier.
— Peint. Echos de lumière, rappels de lumière à des plans différents : il,y a dans ce tableau des éclios de lumière qui ajoutent du piquant à son effet.
' ÉCHO, Mythol., nymphe, fille de l'Air, qui, étant devenue éperdûment amoureuse de Narcisse, dont elle ne put se faire aimer, fut métamorphosée en rocher, et ne conserva que la voix. D'après une autre tradition, la nymphe Kcho était celle qui occupait Junon par des discours interminables pendant que Jupiter prenait ses ébats avec les autres nymiihes. Dès que la jalouse Junon eut pénétré ce stratagème, elle se vengea en changeant la lillc de l'Air en écho ou en rocher.
* ÉCHOIR v. n. (préf. é; franc, choir'). Au présent de l'indicatif, il n'est guère usité (|u'à la troisième personne du singulier, il échoit [é-chô], qu'on écrit quelquefois, il échet. J'échus. i'écherrai. J'écheirais. Que j'échusse. Echéant, Echu, ue. Se dit ordinairement des choses qui sont dévolues par le sort ou qui arrivent par cas fortuit : il espère que le bon tôt lui écherra; cela lui est échu en parlaye. — PraL Si LE CAS y échoit, y kchet, le cas échéant, ou simpl.jS'iL Y écuet, si l'occasion arrive, si
ert pour mesurer la durée," les intervalles et les rapports des sons.
ÉCHOMÉTRIE s. f. [é-ko-].Phys. Art de mesurer les sons avec l'échomètre. — Archit. Art de construire les bâtiments pour y produire des échos.
ÉCHOPPAGE s. m. Action d'échopper; résultai de celte action.
* ÉCHOPPE s. f. (bas lat. scoppa, schoppa, boutique). Petite boutique ordinairement en appentis, et adossée contre une muraille : il n'a qu'une échoppe pour boutique.
' ÉCHOPPE s. f. (vieux fr. escopel, aiguillon). îl I Sorte de burin ou petit ciseau à pointe plate, ou arrondie, et tranchante, dont se servent plusieurs artistes ou ouvriers pour enlever certaines parties de la matière qu'ils travaillent.
* ÉCHOPPER V. a. Travailler avec l'échoppe.
Ml Echopper un cliché, en enlever toutes
les parties saillantes qui pourraient marquer à l'impression. — S'échopper v. pr. Etre échoppé : tcnis les clichés duioent s'échopper.
ÉCHOPPIER, 1ÈRE s. Personne établie dans une échoppe.
ÉCHOTIER s. m. [é-ko-tié] (rad. écho.) Rédacteur chargé des échos dans un journal.
* ÉCHOUAGE s. m. Mar. Situation d'un bâtiment qui, n'ayant pas assez d'eau pour tlotter, porte sur le fond : ce navire a fatigué pendant son échouage. — Lieu d'échouage. celui où un bâliment peut être échoué sans danger, tel qu'une plage unie, un fond de sable.
' ÉCHOUEMENT s. m. Surtout Jurispr.
comm. Action d'échouer un bâtiment : cchouement volo7itaire, forcé. — ". Fig. Insuccès, échec : l'échouement de cette affaire l'a fort contrarié.
* ÉCHOUER v. n. Etre porté, poussé dans un endroit de la mer où il n'y a pas assez d'eau pour tlotter; donner sur le sable, sur un écueil, etc. Se dit proprement des vaisseaux, des navires, etc. : notre vaisseau échoua, yious échouâmes sur un banc de sable. — Se dit aussi des baleines : on trouva une baleine qid avait échoué à la côte. — Est quelquefois actif : ce pilote échoua son bâliment. — v. n. Ne pas réussir dans ce qu'on entreprend : n'entreprenez pas cette affaire, vous y échouerez.— Sa
! dit également des afl'aires, des entreprises, des tentatives qui ne réussissent point : ses desseins échouèrent. — S' échoMGTv. pr. Echouer soi, son navire : le ca{nlainc aima mieux s'échouer que de se laisser prendre. — »x Toucher à la côte, sur des bas-fonds : le navire vint s'échouer jirès du port.
ÉCIJA(anc. Astiji), ville d'Andalousie (Espagne), sur le Genil, à 83 kil. E.-N.-E. de Séville; environ 27,210 liab. Manufactures d'étoffes de laine, de toiles de lin, de soie, d'huile et de cuir.
ÉCIMAGE s. m. [é-si-ma-je]. Agrir Action d'éciiner.
testamentaire littéil édita les oeuvres public Gesprdche mit
1834. 11 fut l'exécuteur rairo de Gœthe, dont (40 vol., d839-'40); il a Ga:lhi:.
ECKERSBERG (Christoph- 'Wilhelm) [ck'kerss-bèrgh], peintre danois, né en 1783, mort en l'8o3. Il fut professeur à l'académie de Copenhague. Parmi ses plus belles œuvres sont: .Moise arrêtant la mer Rouge, la Mort de Haldur et une scène du poème d'Œchlenschlœger, Axel et 'Walpurga, puis la Rade d'Ih'lsi7ujfors.
ECKHART (Meister), le père de la philosophie spéculative en Allemagne, né vers le milieu du xiii" siècle, mort vers 13i8. H tut (1310) élu provincial des dominicains d'Allemagne, vicaire général de Dohème, puis prieur de Frankfort. En 1327, il fut jugé â Cologne, comme hérétique, par l'Inquisition, et ses œuvres furent condamnées par une bulle papale.
ECKLONIEs. f. [é-klo-nî] (rad. Ecklon, nom d'un botaniste anglais, à qui celle plante fut dédiée). Bol. Genre d'algues marines, famille des laminariées.
ECKMÛHL ou Eggmiihl, village de Bavière, sur laGrande-Laber, à 19 kil. S.-S.-E. de Ratisbonne. Célèbre jiar la victoire qu'y remportèrent, le 22 avril 1809, 7:1,000 Français commandés par Napoléon et Davout, sur 40,000 Autrichiens, commandés par l'archiduc Charles. Davout fut créé prince d'Eckmûhl.
ECKSTEIN (Ferdinand, baron d'), publicisle et lillérateur français, né à Copenhague on 1790, mort en 18(jl. Il abandonna la reli- "ion juive pour se convertir au catliolicisme, servit dans les armées françaises (1812-14), fut inspecteur général du ministère de la police sous les Bourbons, qui le firent baron, et en 1830 s'adonna exclusivement à la littérature. Il fonda une revue politico-religieuse, le Catholique (182(i-''.t), puis écrivit de nombreux ouvrages ultramontaius sur l'Espagne, l'Europe, les jésuites, etc.
• ÉCLABOUSSEMENT s. m. Action d'éclaboussir.
• ÉCLABOUSSER v. a. (rad. éclat el bouc). Faire ivjalllir ùv. la boue sur quelqu'un ou sur quelque chose : un cabriolet m'a éclaboussé.
— w S'éclabousser v. pr. Eclabousser soi.
• ÉCLABOUSSURE s. f. Boue qui a rejailli sur ipiehju'un on sur quel<iue chose : votre manteau est couvert d'éclaboussures. — %* Fig.
Il portait à sa boutonnière Une éclaboussure de sang.
— Désagrément arrivé par contre-coup : dons cette affaire il n'eut que des éclaboussures.
• ÉCLAIR s. m. (rad. clair). Lumière vive et soudaine qui brille entre les nu.ages au moment de l'explosion électrique, et ipii précède l(! bruit du tonnerre : les éclairs brillent. — EcLAUis DR CHALEUR, éclairs (|ue l'on voit pendant l'été cl qui ne sont pas suivis de ton
ÉCLA
ECLA
ECLA
nerre. — PnoMPT. kapide comme un éclair, COMME l'éclair, ti'ès prompt, très rapide. — Passer comme un éclair, passer vite, ne durer guère : U ne s'ext point arrêté ici, il a passd comme un éclair; la gloire du monde passe comme un éclair. — Fig. dans le même sens,
c'est un ÉCLAlll, CE n'esï Qu'uN ÉCLAIR, Se dit
seulement en parlant des choses : sa 'prospériié ne fut qu'un éclair; il y a dans cet ouvraf/e quelques éclairs de ijénic. — Fig. et poétiq. Les ÉCLAIRS nK SES YEUX, l'éclat de ses yeux, la vivai'ilé de ses regards. — Par anal. Feu.x ([ue si'iiihlent jeter les pierres précieuses et les crislau.N : cette parure de diamants lance des éclairs. — Eclats de luniiùre qui jaillissent des armes blanclics, agitées et frappées d'une clarté quelconque : les écluin d'une épée. — Cliim. Lumière ôtincelante et mobile qui parait à la surface du bouton d'or ou d'argent qui reste sur la coupelle. — w Sorte de gâteau.
ÉCLAIR (L'), drame lyrique en 3 actes, représenté sur le théâtre de l'Opéra-Comique (Paris), le 30 déc. \Ki\i\ paroles de Saint- Georges et Planard; musique d'Halévy.
' ÉCLAIRAGE s. m. Illumination habituelle d'une ville, d'une salle de spectacle, d'un établissement quelconque : éclairage au ya:. — w Argot. Argent que l'on risque à un jeu quelconque. — Eucycl. (V. S.)
* ÉCLAIRCIE s. f. Mar. Endroit clair qui paraît au ciel en temps de brunie ou entre des nuages : il y eut une courte éclaircie. — Espace découvert dans un bois. îEn ce sens, on dit plus ordinairement, Clairière.
* ÉCLAIRCI, JE part, passé de Eclaircir. — s. m. Temps pendant lequel le ciel s'éclaircit :
il y eut un peu d'éclairci.
' ECLAIRCIR V. a. Rendre clair, rendre plus
clair ; le veut a éclairci le temps, l'horizon; cela sert à éelaircir la vue. — Eclaircir la voix, la rendre plus nette, plus pure. Eclaircir de la vaisselle, DES ARMES, etc., Ics rendre luisantes, plus brillantes. Eclaircir le teint, le rendre plus net et plus pur. — Rendre moins épais; se dit en parlant des choses liquides : eclaircir un sirop, une sauce. — Teint. Rendre la couleur d'une étoile moins foncée. — Diminuer le nombre : le canon a fort éclairci les rangs ; eclaircir une forêt. — Fig. Rendre évident, intelligible, débrouiller ; éelaircir un point de doctrine, un fait; le temps éclaircit la vérité.
— Eclaircir un doute, une difficulté, résoudre un doute, mettre une difficulté dans tout son jour, ou quelquefois la faire disparaître. — Instruire, luforiner; s'emploie alors avec un nom de personne pour régime direct : il doutai! de la vérité du fait, je l'en ai éclairci. — ■ S'éclaircir v. pr. Devenir clair, plus clair : le temps s'éclaircit; sa voix c(mtmence à s'éclaircir. — Devenir moins épais : ce sirop s'est éclairci en vieillissant. — Devenir moins nombreux : avec l'âge les cheveux s'êclaircissetit.
— Devenir évident : la vérité s'éclaircit par la discussion. — • Eclaircir soi, prendre des informations : il faut m'éctaircir sur cette affaire. — Fig. L'uoRizoN s'éclaircit, commence a s'éclaircir, semble s'éclaircir, l'avenir ne semble plus aussi menaçant, aussi inquiétant. Se dit surtout en parlant des événements politiques.
•ÉCLAIRCISSEMENTS, m. Explicationd'une chose obscure, mal connue : je n'entendais pus ce passage, mais vous m'en avez donné l'éclaircissement. — Explication que l'on demande à quelqu'un, pour savoir s'il a dit ou fait telle chose, ou si, en la disant, en la faisant, il a eu intention d'otfenser : demander, donner un éclaircissement.
' ÉCLAIRE s. f. Nom vulgaire de la plante que le-, botanistes nomment Cuélidoine.
■ ÉCLAIRÉ, ÉE part, passé de Eclairer. — Cet appartement, cet escalier est bien éclairé, n'est pas suffisamment éclairé, estmal éclairé,
le jour y pénètre bien, n'y pénètre pas assez, n'y entre pas dans la direclion convenable. — Cette maison, ce jardin sont trop éclairés, on y est exposé à la vue de trop de monde, — Etre logé, nourri, éclairé, avoir le logement, la nourriture, la chandelle, etc. — Fig. Qui a de grandes lumières, beaucoup de connaissances, beaucoup d'expérience : c'est un esprit fort éclairé.
Plus l'huinmc est éclairé, plus il voit son néant. Loiiis lUciNB.
* ÉCLAIRER v. a. Illuminer, jeter, répandre de la clarté : le soleil éclaire la terre; ce flambeau éclaire toute la salle. Absul., la lune n'éclairait plus; cette bougie n'est pas ionne, elle n'éclaire pas, elle éclaire mal. — Dans le style soutenu et poét. Le jour éclaira cet événement, se dit du jour où cet événement s'accomplit : le jour qui devait éclairer son hyménée n'éclaira que ses funérailles. — Marcher, se tenir auprès de quel((irun avec de la lumière, lui apporter de la lumière, afin qu'il y voie clair : éclairer une personne qui descend un escalier. Absol., allez éclairer. On disait autrefois dans le même sens : éclairer éi quelqu'un. — Fig. Donner de l'inti^Uigence, instruire, ou faire voir clair en quelque chose : cette étude lui a bien éclairé l'esprit; il faut que je l'interroge, il pourra nous éclairer Ui-dessus. — Surveiller, épier, observer : vous allez dans un monde oii vous serez éclairé de près; éclairer la conduite de quelqu'un. — Art milit. Eclairer sa marcue, l'aire visiter et bien observer les endroits où l'on veut se porter. — Peint. Distribuer les lumières d'un tableau, y répandre des clairs avec intelligence. — v. n. Etinceler, jeter une lueur : les yeux des chats, les vers luisants éclairent pendant la nuit. — • v. impers. Faire des éclairs : il a éclairé toute la nuit. — i* Argot. Donner de l'argent, payer. — * S'éclairer v. pr. 'Voir clair en ((uolque chose : les esprits commençaient à s'éclairer. — »* Eclairer soi : dépenser tant pour s'éclairer. — Etre éclairé : la chambre s'éclaira tout à coup.
' ÉCLAIREUR s. m. Art milit. Celui qui va à la découverte. S'emploie nrdinairernenl au plur. et se dit de petits détachements qu'on envoie pour visiter le pays dans lequel on veut s'avancer : on envoya des éclaireurs en avant. — Mar. Bâliment de guerre détaché d'une escadre, pour aller à la découverte. — i-v Argot. Celui qui sert de compère à un grec et qui déniche les gens naïfs que celui-ci saura duper au jeu.
ÉCLAMPSIE s. f. [é-klam-psi] (gr. eklampsis, apparition soudaine). PaLhol. Affection nerveuse convulsive caractérisée par des spasmes épileptiques et qui attaque les jeuni^s enfants ou les femmes en couches. — Eclampsie des enfants, convulsions qui surviennent pendant le travail de la première dentition, c'esl-adire jusque vers l'âge de trois ans, surtout chez les enfants forts, qui ont de l'embonpoint, le cou gros et la tète volumineuse. L'éclampsie est causée par la difficulté de la dentition, ou par une susceptibilité nerveuse particulière. Elle s'annonce par l'agitalion, l'insomnie, les tressaillements, une respiration inégale, des grincements de dents, de petits cris plaintifs, les contractures, la fixité des yeux qui sont dirigés en haut. Il survient des crises plus ou moins prolongées, plus ou moins fréquentes, pendant lesquelles l'enfant renverse la tète en arrière, respire avec bruit et difficulté, roidit son corps ou s'agite d'une manière désordonnée, serre les mâchoires, grince les dents et reste insensible à tout ce qui l'entoure; sa face est gonflée, ses lèvres deviennent violettes; sa bouche laisse échapper une écume blanche ou rougie de sang ; ses yeux fixes expriment l'elïroi, il peut périr dans un de ces accès, surtout s'ils se renouvellent souvent. La jireniière indication, en attendant le médecin, qu'il faut appeler le plus tôt possible, est d'appliquer des sina-
pismes le long de la colonne vertébrale et aux membres inférieurs ou même de placer une sangsue derrière chaque oreille, et d'administrer un antispasmodique (3 gr. de bromure de potassium dissous dans 100 gr. de sirop de tleur d'oranger : une cuillerée à café de 4 heures en 4 heures) ; on purgera doucement le malade. — Eclampsie des femmes en couches, affection qui attaque de préférence les femmes grosses et nerveuses et détermi; née jiar des impressions morales très vives ou par un accouchement laborieux. La malade |.rrd connaissance, après avoir eu des hallucinations; elle est agitée de mouvements convulsifs, devient insensible, ses yeux sont tiuirnés, sa bouche écume, sa respiration est gênée, irrégulière; elle se roidit, grince des dents et reste quelquefois plongée dans un coma [irolond. Le traitement consiste à faire res))irerdu chloroforme avec précaution et a jeter un peu d'eau froide de temps en temps au visage de l'éclamptique.
ECLAMPTIQUE adj. Quia rapport,à l'éclarnp' sic. — (Jiii est atteint d'éclampsie. — Subslantiv. : une éclumptique,
' ÉCLANCHE s. f. (anc. haut. ail. Idaneha, hanche), liniich. et Cuis. Epaule de mouton séparée du corps de l'animal : êclanehe à la daube.
' ÉCLAT s. m. [é-kla] (gr. klaô, je brise). Partie d'un morceau de bois qui est brisé, rompu en long : il fut blessé d'un éclat de lance.
— Se dit aussi en parlant des pierres, de la bri([ue, des bombes, des grenades, etc. : un éclat de pierre le blessa au visage; il fut blessé d'un éclat de bombe, d'un éclat de grenade. — Son, bruit plus ou moins violent qui se fait entendre tout àcoup : éclats de la foudre; j' entendis un éclat de rire. — Fig. Bruit, rumeur, scandale : il fallait assoupir cette affaire pour éviter l'éclat. — En venir a un éclat, en venir à une mesure violente, à un parti extrême.
— Lueur brillante, effet d'une vive lumière, et en général ce qui produit sur la vue, par une ajiparence brillante, un effet analogue à celui de la lumière : l'or mat n'apoiyit d'éclat; cette femme a beaucoup d'éclat. — Fig. S'applique dans un sens analogue, au style, aux pensées : l'éclat et la pompe de son style. — Fig. Cloire, illustration, splendeur, magnificence : l'éclat de ses belles actions; action d'éclat; être ébloui par l'éclat des grandeurs, des richesses :
Venez, mortels, si Gers d'un vain, d'un faux éclat. Akdribux. Poésies diverses.
* ÉCLATANT, ANTE adj. Qui a de l'éclat :
couleurs éclatantes ; lumière éclatante.
Et moi, je reviendrai sous ces toits éclatants, Ainsi que l'hirondelle, au soufUe du printemps.
MiLLEvoYB. Homère mendiant.
— Qui fait un bruit perçant : voix éclatante.
— Fig. Se dit de certaines choses qui se font remarquer, entre toutes les autres choses semblables, par leur importance, leur grandeur, leur célébrité, leur publicité, etc. : services éclatants; vengeance éclatante. — Eclatant d;-; GLOIRE, qui s'est acquis une grande gloire.
ÉCLATEMENT s. m. Action d'éclater ; l'éclatement d'un fusil.
' ÉCLATER V. n. (rad. éclat). Se rompre, se briser par éclats : ce bois a éclaté; la chaudière de ce bateau à vapeur a éclaté. — Faire entendre tout à coup un bruit violent ou perçant : le tonnerre vient d'éclater; éclater de rire. — • Fig. Se dit de ce qui se manifeste tout à coup, après avoir été quelque temps caché : /';((cendie, le feu éclata pendant la nuit; la conspiration était prête d éclater. — Fig. Montrer son ressentiment à découvert et avec force, après s'être contenu quelque temps: ce fut alors qu'il éclata. — Eclater en injures, en invectives, en REPROCHES, s'emporter jusqu'à des injures, des invectives, des reproches. Eclater contre uns
ÉCLI
INJUSTICE, la blâmer avec force. — Avoir de l'éclat, briller, frapper les yeux : l'or et ks pierreries Mataient de toutes parts. — Fig. Se dit, dans ce sens, en parlant de l'esprit, de la gloire, etc. : le génie qui éclate dans ses ouvrages; sa gloire éclate aux yeux du monde entier. — S'éclater v. pr. Etre réduit en morceaux : cette poutre s'est éclatée.
* ÉCLECTIQUE adj. (gr. ehlektikos, choisi). Se dit de la doctrine des philosophes, qui, sans adopter de système particulier, choisissent, dans les divers systèmes, les opinions qui leur paraissent les plus vraisemblables : la philosophie éclectique. — Se dit également de ceux qui professent cette doctrine : les philosophes éclectiques. — Substantiv. : les éclectiques. — Les éclectiques étaient des philosophes qui avaient la prétention de choisir le bon de tous les systèmes. Cette secte atteignit son apogée «îous Ammonius Saccas, qui maria le christianisme avec la doctrine de Platon. Victor Cousin s'est servi du mot éclectisme pour dénommer son système philosophique.
* ÉCLECTISME s. m. (gr. eklektismos; de cklegô, je choisis). Philosophie éclectique : l'éclectisme a, de nos jours, beaucoup de partisans.
* ÉCLIPSE s. f. (gr. ckleipsis; de ekleipô, je fais délaul). Aslroh. Disparition apparente d'un astre, causée par 1 interposition d un autre corps céleste entre cet astre et l'observateur. Se dit principalement de l'obscurcissement du soleil à notre égard par l'interposition du corps de la lune, et de l'obscurcissement de la lune par l'interposition de la terre : éclipse partielle, totale, centrale, annulaire; éclipse d'un satellite de Jupiter. — Faire DNE ECLIPSE, s'absenter tout d'un coup, disparaître : il a fait une longue éclipse. — l'ig. S'emploie en parlant de l'intelligence, de la gloire, etc. : son intelligence est sujette à des éclipses; il n'y a point de gloire qui ne souffre quelquefois des éclipses. - Encycl. L'éclipso d'un corps céleste est produite par l'interception soit de la lumière que ce corps émet, soit de la lumière qu'il reçoit d'un autre corps. Les éclipses du premier genre sont quelquefois appelées occi(i««(ions, d'autres fois O'ansi/i'. Ainsi, lorsque la lune vient à nous cacher, totalement ou en partie, la face du soleil, le phénomène est appelé éclipse totale ou partiellede soleil; mais quandlalune nous cache une étoile, ce phénomène est nommé l'occultation de celte étoile. Quand un satellite de Jupiter cache une portion de cette planète, on dit qu'il y a un transit de ce satellite; il y a transit de Vénus ou de Mercure, lorsque l'un de ces corps célestes nous cache une portion du soleil. Les phénomènes du second genre sont presque toujours appelés éclipseset quelquefois transits d'une ombre.
* ÉCLIPSER V. a. Cacher, couvrir en toutou en partie. Se dit au propre d'un astre qui, par son interposition, en cache un autre, en intercepte la lumière : la lime éclipse quelquefois le soleil. — Fig. Se dit en parlant du mérite, des talents, de la gloire, etc. : Corneille Éclipsa les poètes tragiques gui l'avaient précédé; sa gloire éclipsa toutes les renommées contemporaines.— S'éclipser v. pr. Se dit d'un astre qui soulfre édijibc : te soleil s'éclipsa, commença à s'éclipser à telle heure. — Fig. S'absenter, disparaître, s'évanouir : il s éclipsa de la ville; les biens de ce dissipateur se sont éclipsés en peu de temps; tant de gloire peutelle s'éclipser en un seul jour? — Se dit particulièrement, de certaines choses qui viennent comme à disparaître tout d'un coup : il gagnait au jeu des sommes immenses, entrais coups tout son argent s'est éclipsé.
' ÉCLIPTIQUE s. f. (rad. éclipse). Astron. Orbite que le soleil parait décrire annuollomcnt, autour de la terre considérée cuninie fixe. On l'a ainsi appelée parce que les éclipses,
ÉCLU
soit de soleil, soit de lune, ne peuvent arriver qu'aux époques où la lune se projette sur celle orbite du côté du soleil, ou au point diamétralement opposé : la déclinaison de l'écliptique est l'angle formé par le plan de l'écliptique avec le plan de l'équateur terrestre. — adj. Qui a rapport aux éclipses : conjonction écliplique. — Les