EFFIGIE
EFFIGIER V. a. Exécuter en effigie : effigier un criminel condamné par contumace (vieux).
EFFILAGE s. m. Action d'effiler.
* EFFILÉ, ÉE adj. Mince et long, étroit et allongé : avoir la taille effilée. — Cheval EFFILÉ, cheval qui a l'encolure fine et déliée.
* EFFILE, EE part, passé de Effiler. — s. m. Linge effilé par le bout en forme de frange et qu'on portait dans les grands deuils durant un nombre de jours déterminé : porter le deuil en effilé. — %v Auj. Sorte de frange que l'on emploie comme ornement pour les vêtements.
* EFFILER V. a. (rad. fil). Défaire un tissu fil à fit : effiler une toile. — Effiler les cheveux . les dégarnir en les coupant en pointe.
— S'effiler v. pr. Etre effilé : bougier le liord d'une étoffe, de crainte qu'elle ne s'effile. — w Devenir long et mince : sa taille commence à s'effiler.
EFFILOCHAGE ou Effiloquage s. m. Action d'eflilocher. — Papet. Opération qui consiste à effilocher des chiffons pour les transformer en pâle, destinée à la fabrication du papier; elle a été imaginée en Hollande vers 1750. Jusqu'alors, pour former la pâte à papier, on soumettait les chiffons, penaant environ trois semaines, à la fermentation, procédé lent et qui avait l'inconvénient d'aftererles fibres du chiffon et par suite de diminuer la qualité du papier. L'effilochage se fait maintenant au moyen de machines appelées Effilocheuses. On dit aussi Défilage.
EFFILOCHE ou Effiloque s. f. (rad. fltoche). Techn. Soie trop fégere que l'on met au rebut.
— Bout de soie qui se trouve aux lisières des étoffes.
" EFFILOCHÉ. ÉE ou Effiloque, ée, part, passé de Effilocher ou Effiloquer. — *v Frangé par l'usure : les vêtements de ce mal-
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heureux sont tout effilochés. — s. m. Tccbn. Nom de la pâte à papier lorsqu'elle est eftilochée. On dit aussi, Défile.
* EFFILOCHER ou Efflloquer v. a. (rad.
filoche). Techn. Effiler une étoffe de soie, pour faire de la ouate. — »* Défaire un certain nombre de duites, pour former une fraugeau bord d'une étoffe. — S'effilocher ou s'effilo- i QUER V. pr. Etre, devenir effiloché.
EFFILOCHEDR. EUSE ou Effîloqueur, euse , s Teohn. Ouvrier einplové à l'el'lilochage. — 1 s m Oulilquisertàeffllocher. — s. f. Machine qui produit l'eflilochage. Les effilocheuses, de construction très variée, ont toutes pour but de donner la plus grande longueur aux filaments qui résultent du détissage, et non de les couper ou de les hacher, ce qui nuirait à la qualité du produit. L'effilocheuse se compose essentiellement d'une cuve cylindrique, remplie d'eau, dans l'intérieur et suivant l'ase de laquelle tourne un cylindre horizontal, garni de lames recourbées et pointues ; dans sa course ce cylindre rencontre d'autres lames fixées au fond de la cuve et courbées en sens inverse des autres; c'est la rencontre de ces deux séries de lames qui produit l'effilochage. En sortant de l'effilocheuse, la pâle est encore trop grossière pour être transformée immédiatement en papier; il faut alors qu'elle passe par une série d'effilocheuses, dont les lames sont de plus en plus fines et rapprochées. On dit aussi, Défileuses ou Piles. — L'importance de l'effllochage dans la papeterie a sugo-éré à des ingénieurs l'idée d'en faire usage pour d'autres iudusLries. C'est ainsi qu'on est arrivé à produire des machines qui respectent assez bien les filaments du tissu, pour qu'ils puissent être de nouveaux filés et transformes en étoffe. Malgré tous les perfectionnements apportés à ces machines, elles sont encore imparfaites, ne pouvant produire des flls un peu longs et réguliers. Aussi ne peut-on faire rivaliser les tissus ainsi obtenus avec ceux qui n'ont été travaillés qu'une fois. — Adjectiv Cylindres effilocueurs, cylindres à lames courbées, faisant la partie essentielle des effllocheuses.
EFFILURE s. f. Eil, bourre, soie provenant d'un tissu effilé : coudre avec des effilures.
EFFIOLER V. a. (lat. ex; et folium, feuille). Atic Effeuiller, enlever une partie des feuilles du blé, lorsque, avant l'hiver, la végétation a fait trop de progrès.
'EFFLANQUÉ, ÉEpart.pas9édeEFFL.\NQUER.
Qui a les tlancscreux et décharnés : bête ef/lan- ^„^g. « Substantiv. Personne grande et fort maigre : c'cs( un efflanqué.
♦ EFFLANQUER v. a. (rad. flanc). Se dit proprement en parlant des animaux que l'excès du travail ou ledéfaut denourriture a maigris jusqu'à leur rendre les Hancs creux et décharnés : le travail l'a tout ef flanqué. — »* S'efflanquer v. pr. Devenir eftlanqué : volve cheval t efflanqué par défaut de nourriture.
EFFLEURAGEs. m. Techn. Action d'effleuler; résultat de celte action : procéder à l'cf- Ueurage des peaux. Cette opération consiste à enlever la tleur de la peau, c'est-à-dire l'épiderme, le derme étant seul eu usage dans la corroierie. On se serld'une sorlede lame concave pour racler sur un chevalet les aspérités qui pourraient rendre la peau rugueuse.
• EFFLEURER v. a. (rad. fleur). Ne faire qu'enlever la superficie : cet homme laboure fnal, il ne fait qu'cf/kurer la terre. — Par exl. Raser, passer luul près, atteindre légèrement: la barque effleurait le rivage. — Fig., au sens moral : les reproches effleurent à peine ce cœur endurci. — Fis.'. Toucher légèrement une question, une matière sans l'approfondir : il ne va jamais au fond des chosts, il ne fait que les effleurer. — Uorlic. Oter les Heurs : effleurer un rosier. — »* Teehn. Effleurer des peaux,
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leur enlever l'épiderme. — S'effleurer v. pr.
Etre effleuré : cette question n'a besoin que de s'effleurer.
* EFFLEURIR (S') v. pr. Chim. et Miner. Tomber en efflorescence. — Un minéral qui s'effleurit, c'est-à-dire, qui perd son eau de cristallisation et tombe en poudre. On dit quelquefois neutral. Effleurir.
1 * EFFLORESCENCE s. f. (lai. efflorescere, ! fleurir). Chim. et Miner. Changement qui 1 arrive à une substance minérale, quand, exposée à l'air, elle se recouvre d'une matière pulvérulente, en perdant son eau de cristalli- ' sation ; il y a des pyrites qui tombent en efflo- ' rescence. — Couche saline qui se produit sur les murs salpêtres : les murs étaient couverts d'efflorescences. — Bot. Commencement de la floraison. — Méd. Avoir des efflorescences sur l.\ pe.\u, y avoir des élevures. — «-»■ Bot. Poussière fine qui recouvre certains friiils, comme les prunes, les raisins ou les feuilles de quelques végétaux, comme le chou. On dit aussi Fleur. - Chim. et Miner. Corps pulvérulent produit par l'efflorescence et qui est souvent formé de petites aiguilles cristalhnes : les efflorescences de certaines roches indiquent qu'une substayice saline s'est formée à leur sur- ^•(ice. Oxyde métallique qui se forme à la surface de èeitains minéraux.
* EFFLORESCENT, ENTE adj. Chim. et Mi nér. Qui tombe en efUorescence. — «* Couvert d'efflorescences : mur efflorescent ; fruits efflorescenls.
* EFFLUENCE s. f. Phys. Émanation réelle ou supposée d'un fluide ou de corpuscules invisibles. Se dit surtout en parlant du fluide électrique : effluences électriques.
- EFFLUENT, ENTE adj. (lat. effluens, coulant hors de). Phys. Nest guère usite que dans cette locution, m.vtièbes effluentb, émanations invisibles qui sortent ou qui sont supposées sortir d'un corps.
• EFFLUVE s. m. (lat. e/'/ÏM«ù(m).Phys. Particule invisible qui se dégage d'un corps quelconque. Se dit particulièrement dessubstances organiques altérées, que l'air tient en suspension dans les endroits marécageux et qui donnent fieu à des fièvres. — Effluves iugne- TiQUEs, émanations attribuées par les partisans du magnétisme animal à un prétendu Uuide magnétique.
* EFFONDREMENT s. m. Agric. Action d'effondrer, de fouiller des terres profondement. — Action de s'ell'ondrer : un effondrement de rochers. — ^■^ Action de défoncer, de briser : l'effondrement d'une armoire.
' EFFONDRER v. a. Agric. Remuer, fouiller des terres profondément, eu y mêlant de l'entrais : les terres pierreuses doivent élre souvent "effondrées. — Enfoncer, rompre, briser : effondrer un coffre. — Effondrer une volaille, la vider avant de la mettre cuire (vieux). — S'effondrer v. pr. Tomber en s'enfonçanl, en se brisant : le feu ayant ijagné la chambre à ■ouelœr, le plancher s effondra.
- EFFONDRILLES s. f. pi. Parties grossières qui restent au fond d'un vase dans lequel on a fait cuire ou infuser quelque chose : ce boudlon est plein d'effondrilles.
■EFFORCER (S') v. pr. Employer toute sa force à faire quelque chose ; ne pas assez ménager ses forces en faisant quelque chose : s'efforcer de soulever un fardeau. — rig. Emplover son industrie ou faire tout ce qu on peut pour venir à bout de quelque chose, pour arriver à un but -.s'efforcer de gagner les bonnes grâces de quelqu'un.
Efforcez-vous de paraître fidèle Et je m'efforcerai, moi, de vtfus croire telle.
MOLIBBE.
* EFFORT s. m. (rad. forl). Emploi plus qu'ordinaire des forces physiques ou morales :
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les ennemis ont fait un grand effort pour emporter cette place. — Se dit quelquefois, dans un sons analogue, en parlant des choses -.tout l'effort de cette voûte, tout son faix porte sur les contre-murs.— Se dit aussi fig. : tout l'efforf de la guerre va se porter sur cette province. - — Par ext. Ouvrage produit par une action où l'on s'est efforcé de faire tout ce qu'om pouvait. Ce sens n'est guère usité qu'en parlant des productions de l'esprit ou de l'art -, ce morceau d'éloquence est un effort d'esprit. — Se dit éealement des choses qui demandent un sacrifice : il a fait un effort pour marier sa ple^ Faire un effort sur soi-uêue, se déterminer à faire quelque chose, malgré l'extrême répugnance qu'on éprouve. — Hernie produite par quelque effort violent; tiraillement douloureux de quelque muscle, produit par une cause semblable. La première de ces acceptions n'appartient qu'au langage vulgaire; la seconde s'applique tant aux personnes qu'à certains animaux et particulièrement aux chevaux : se donner un effort en soulevant un fardeau.
* EFFRACTION s. f. (lat. effractus, part, passé de cffringere, briser). Jurispr. crim. Fracture, rupture que faitunvoleur pour dérober. •ii;/(i eu vol avec effraction. — Législ. L'effraction est une circonstance aggravante du vol; elle entraine la peine des travaux forcés à temp^ (C. p. 313-396).
EFFRACTIONNAIRE adj. Coupable d'efl'raction.
* EFFRAIE ou »* Effraye s. f. [é-frè] (rad effrayer, à cause de l'elfroi qu'elle cause généralement). Ornith. Nom vulgaire d'une espèce de chouette qu'on appelle aussi Fre- SA1E ou Chouette DES CLOCHERS, et quelquefois, mais improprement, Orfraie, nom qui s'applique à un autre oiseau ; l'effraie est le plus bel oiseau de son genre. Elle a le dos agréablement nuancé d'un roux fauve, varié de cendré ou de brun, piqueté de points blancs entourés chacun de deux points noirs; le ventre blanc ou fauve, avec ou sans mouchetures brunes; la queue blanche et plus courte que les ailes. Les tarses sont eniplumés et les doigts couverts de poils. La tête est sans aigrettes, la face aplatie; le masque, formé par les plumes effilées qui entourent les yeux, est très marqué et d'un beau blanc; le bec allongé ne se courbe que vers le bout, il est blanc à son origine et brun à son extrémité ; les yeux sont ronds, très ouverts, noirs, avec Tins jaune; les oreilles sont très grandes et pourvues d'un opercule très développé. La femelle a ordinairement des nuances plus claires. L'eU'raie se rencontre dans toutes les régions du globe, surtout en Europe et en France, et son plumage n'est pas sensiblement modifié par les influences locales. Elle niche dans les trous des vieux édifices et des rochers et dans les creux des arbres; mais elle semble préférer les vieilles tours et les clochers. Elle fait une grande destruction de rats, de souris, de mulots, de taupes, etc. Aussi devrait' on la regarder comme un animal des plus utiles et la protéger, au lieu do la tuer, comme le font les ignorants. La destruction de quelques oiseaux n'annule pas les servicel qu'elle rend à l'agriculture.
EFFRANGER v. a. (rad. frange). Effiler sur les bords, de manière à produire une sorte de frange : le temps a effrangé son pantalon. — S'effranger v. pr. Devenir effrangé.
EFFRAYABLE adj. Susceptible d'être effrayé, qui s'effraie facilement.
• EFFRAYANT, ANTE, adj. Qui donne de la frayeur : spectacle effrayant. — ^v Fam. Excessif : chaleur effrayante.
' EFFRAYER v. a. (rad. effroi). Se conjugue comniL Payer. Donner de la frayeur, épouvanter ; cet événement a effrayé tout le monde.