‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 345 sur 568 · EDUC · texte numérisé non relu

EDUC

puis, et qui règne encore aujourd'hui. Les premiers chrétiens instruisirent leurs entants chez eux, quand ils ne voulurent pas les envoyer dans les écoles païennes. La première école de catéchistes parait avoir été fondée à Alexandrie par saint Pantène,vers'l 81; des écoles semblables furent presque aussitôt établies à Césarée, à Aotioche, à Edesso et dans plusieurs autres villes. En Occident, les invasions des [leuples germaniques firent disparaître les écoles ; les études et le savoir se rétugièrent dans les monastères. Au vi" siècle, il y avait trois classes d'écoles : les paroissiales, les cathédrales ou épiscopales et les conventuelles. Charlemagne fonda des écoles dans chaque évêché et dans chaque monastère ; près d'un siècle plus tard, le roi Alfred d'Angleterre imita son exemple. An x" siècle, les Arabes possédaient les écoles florissantes do Bagdad et de Cordoue, et 17 universités, dont la plus célèbre était celle de Cordoue; une école élémentaire était attachée à chaque mosquée. Pendant lessii'' etxui" siècles, ère des scolastiques, on fonda, dans le monde chrétien, 20 universités, comprenant celles de Paris, de Montpellier, d'Oxford, de Cambridge, de Bologne, de Padoue, de Rome, de Salanianque et de Lisbonne. Les protestants adoptèrent pour l'éducation les plans d'étude tracés par Luther, par Melanchthon, par Zwingle et par Calvin. Le gymnase de Strasbourj,', ouvert par Johann bturm, devint un modèle pour une foule d'autres institutions du même genre. Entre la dernière partie du xvii« siècle et la fin du xviii=, naquirent quatre systèmes d'éducation : écoles piétistes, humanistes, philanthropiques et éclectiques. Ces dernières étaient celles dans lesquelles, sans suivre exclusivement les doctrines d'aucune école, on poursuivait le but vraiment philanthropique d'instruire des classes jusqu'alors négligées. Telle fut l'origine des etl'orts que firent Heinicke, Braidwood, l'abbé de l'Epée et Sicard, en faveur des sourds-muets; de ceux que liront 'Valentin Haûy, Klein et Lenne pour les aveugles, et Robert Raikes, Oberlin. Odescalchi, Tata Giovanni, Pestallozzi et Froebel pour diverses autres classes d'individus. — Taudis que les écoles secondaires ont une longue histoire, les écoles publiques élémentaires pour les pauvres sont d'origine toute moderne. On les créa d'abord en Prusse, où elles furent régulièrement organisées en 1794. En France, on ne fil rien avant 1833 ; et encore on marcha avec une telle lenteur que le niveau intellectuel de la masse était de beaucoup inférieur à celui des Allemands, lorsque éclata la guerre de 1870. Jusqu'alors, les classes dirigeantes avaient fait tout ce qu'elles avaient pu pour empêcher l'instruction de se répandre dans le peuple. La guerre de IS70 ayant démontré que la nation la plus instruite est aussi la plus forte, on dut cesser de considérer l'instituteur comme une sorte d'ennemi social, qu'il fallait traiter en paria. De même qu'en Allemagne, il a fallu sacrifier, en France, les droits du père de famille à ceux de l'Etat et ordonner qu'à l'avenir les enfants seraient forcés d'aller à l'école, absolument comme ils sont forcés d'aller au régiment, sans que le père de famille puisse s'y opposer ; il a été admis que l'Etat ayant le droit de se faire défendre par tons les citoyens, a également le droit d'exiger que ceux-ci soient aussi instruits que possible, puisque l'événement a démontré que la iorce des armées dépend aujourd'hui de leur intelligence. Il a été admis que le père, n'ayant pas le droit de briser un bras à son entant, sous prétexte qu'il lui déplaît à lui, père, que cet enfant se serve de ce bras, il n'a pas davantage le droit d'ankyloser, eu quelque sorte, l'intelligence de cet enfant. L'instruction primaire gratuite est devenue obli^'aloire, et, dans quelques années, tous nos jeunes soldats sauront lire, aussi bien que les soldats de la Suisse et de

EDUG

l'Allemagne. L'obligation de fréquenter les écoles primaires avait été décrétée en Prusse par Frédéric le Grand, dès 1763 ; mais ce décret ne fut pas appliqué rigoureusement avant 1794; nous rappelons ces dates pour bien faire remarquer que la France est restée en retard d'un siècle sur sa redoutable voisine, et que celle-ci doit, au moins en grande partie, sa formidable puissance à l'instructioa qu'elle a répandue dans toutes les classes de la société. Déjà la Russie, l'Italie, la Grande- Bretagne et les Etats-Unis ont adopté ou discuté des plans de réforme scolaire; il serait dangereux pour la France de ne pas prendre les devants. L'instruction primaire est absolument obligatoire dans l'Autriche cisleilhane, en Italie, en Suisse (excepté dans quatre cantons), en Danemark, en Norvège, en Suède et dans plusieurs autres pays. Aux Etats-Unis, la gratuité, la laïcité et l'obligation de l'instruction primaire sont établies dans presque tous les états. — Les principaux caractères du système allemand sont les suivants : 1" le droit et le devoir, pour l'Etat, d'établir des écoles élémentaires pour tous les jeunes enfants; i" l'obligation, pour les enfants, de fréquenter, depuis l'à^-'e de 7 ans jusqu'à l'âge de 14 ans, une école élémentaire publique ou privée; S^lasituation de l'instituteur régularisée par des examens, qui donnent droit à des grades, à une pension, à une retraite, à des garanties pécuniaires, s'il tombe malade, età une rente servie à sa famille, s'il vient à mourir ; 4" l'inspection sévère et régulière des écoles. Tel est le système allemand, que la France a imité, avec raison, en 1833, et qui est aujourd'hui admis à peu près partout. Les écoles allemandes se divisent en quatre classes : écoles primaires, realschuler, gymnases et universités; il y a, en outre, des écoles normales, pour former des professeurs de tous grades, et des écoles spéciales professionnelles. Le gouvernement s'est réservé l'autorité suprême sur les universités. — En France, de même qu'en Allemagne, chaque degré de l'instruction publique est placé sous le contrôle du gouvernement, qui agit par l'intermédiaire d'un ministre de l'instruction publique et d'un conseil supérieur de l'instruction publique. Les écoles sont classées de la façon suivante : 1° écoles primaires, comprenant l'instruction élémentaire jusqu'aux degrés les moins élevés, conférés par les écoles normales; 2» écoles secondaires, comprenant l'instruction donnée dans les collèges communaux et dans les lycées, et les degrés secondaires, conférés dans les écoles normales : 3° écoles supérieures. D'apréslaloi, qui rencontre malheureusement une vive opposition, au nom des prétendus droits des pères de famille, chaque commune doit établir et entretenir une école primaire au moins ; l'Etat lui vient en aide quand les taxes locales sont insuffisantes. Les écoles privées ou libres sont encouragées et souvent subventionnées par les communes ; mais il faut que les professeurs de ces écoles passent j des examens, identiques à ceux que subissent lesinstituteursdesécûlespubliques. D'ailleurs, les écoles libres sont coumises, comme les autres, à de rigides inspections. Les lycées sont créés et soutenus par l'Etat, avec la coopération des départements et des villes, tandis que les collèges communaux sont fondés et entretenus par les communes; le programme 'i des études est fixé par le gouvernement; il est le même pour les collèges et pour les lycées. L'éducation supérieure est donnée par les académies (autrefois universités). Une aca- ! demie complète embrasse.") facultés : sciences, lettres, théologie, droit et médecine; mais 1 l'académie de Paris est seule complète ; toutes les autres possèdent au moins des facultés des sciences et des lettres ; presque toutes une faculté de droit. La loi de 1»7o autorise la création d'universités indépendantes de l'université de France ; mais ces établisse-

EDWY

EFFA

EFFE

ments ne peuvent confrer de grades. Outre les académies, nous avons en France diverses institutions d'instruction supérieure : collège de France, école des chartes, muséum d'iiistoire naturelle, école des langues orientales vivantes (avec des chaires d'arabe ancien, d'arabe vulgaire, de persan, de turc, d'arménien, de ;.Tec moderne, d'indoustani, de chinois moderne, de malais, de javanais, d'arabe algérien, de thibétain, et de japonais): les écoles d'Athènes, etc. Toutes ces institutions, ainsi que les principales bibliothèques publiques de Paris, sont placées sous le contrôle du ministère de l'instruction publique ; les écoles spéciales sont sous celui de difl'érents ministres; ainsi, le ministre de la guerre possède dans son département l'Ecole polytechnique, l'Ecole militaire de Saint-Cyr et l'Ecole de cavalerie de Saumur; le ministre de la marine possède l'Ecole navale et les Ecoles d'hydrographie; le ministre des finances, l'Ecole forestière, etc.

ÉDUENS, JEdid ou Hedui [é-du-ain], l'un des plus puissants peuples de la Gaule, fixé entre la Liger (Loire) et l'Arar (Saône). Les premiers, parmi les Gaulois, ils firent alliance avec les Romains, qui leur donnèrent la qualification de « parents » et même celle de a frères ». Lors de l'arrivée de César en Gaule (58 av. J.-C), ils étaient soumis à Ariovisle ; mais les Romains les rétablirent dans leur ancienne puissance. Ils se joignirent, en oî, à l'insurrection de Vercingétorix et furent traités avec douceur par César victorieux. Leur ville principale était Bibracte. Leur suprême magistrat, élu annuellement par les prêtres, recevait le titre de Vergobretus. Une insurrection des Eduens, dirigée par Julius Sacrovir, en 21 après J.-C, fut étouffée par G. Silius.

* ÉDULCORATION s. f. Chim. et Pharm. Action dédulcorer.

* ÉDULCORER v. a. (lat. edulcorare). Chim. Verser de l'eau sur des substances en poudre, pour les dépouiller des certaines parties solubles qu'elles peuvent contenir. — Pharm. Adoucir un médicament en y ajoutant du sucre ou quelque sirop. — S'édulcorer v. pr. Devenir plus doux ; les tisanes s'èdidcorent de préférence avec du miel.

ÉDULEadj. (lat. edulis). Qui est comestible.

* ÉDUQUER v. a. (lat. educare). Pop. Elever des enfunis, faire leur éducation.

EDWARDS (George) [éd'-ouards], ornithologiste anglais, né vers 1693, mort en 1773. Il écrivit A'oîura/ History of uncomrnon Birds and of sortie rare and iindescribed Animais (4 vol.); Gleanings of Natural History (3 vol.), et Eléments of Fossilology.

EDWARDS (Richard), dramaturge anglais, né en 15i3, mort vers V6&G. Son Damon et Pythias fut la première tragédie anglaise qui traita un sujet classique. 11 écrivit plusieurs petits poèmes comprenant les Amantium Irx.

EDWIN, roi de Northumbrie, né vers 586, mort en 633. Il était encore enfant quand, à la mort de son pèie (J^^lla, roi de Deira), le trône fut usurpé par son beau-frère Ethelfrid, roi de Bernicie. En oi)3, ce dernier prince réunit les deux royaumes sous le nom de Northumbrie. En 617, Elhflfrid fut défait et tué par Redwald, roi des East-Angles; Edwin monta sur le trône. Par son génie militaire, il éleva la Northumbrie au premier rang des Etals anglo-saxons. Le principal événement de son règne fut l'introduction du christianisme dans son royaume. 11 péril dans une bataille contre les forces réunies de Penda, roi de Mercie, et de Ceadwalla, roi des Bretons.

EDWY, surnommé le Beau, roi des Anglo- Saxons, né vers 938, mort en O'iS. Fils d'Edmond I", il succéda à son oncle Edred, en 9o.ï,

et commença par bannir saint Dunstan, qui l'avait violemment séparé de la princesse Elgive. Une rébellion ayant été fomentée par Edgard, son jeune frère, que les Merciens avaient pris pour roi, Edwy s'enfuit au delà de la Tamise et la guerre se termina (9.ï7). par une paix qui désigna ce fleuve comme frontière entre les possessions des deux frères. Edwig gouverna Wessex et Kent jusqu'à sa mort.

EECKEREN, ville de la prov. et à 6 kil. N. d'.\nvers (Belgique); 4,965 hab. Victoire du mai-échal de BoufÙers sur les Hollandais en 1703.

EECKHODT ou Eeckhout (Gerbrant van den) faîk'- ; ék'-haoutt], peintre hollandais, né en 1621, mort en 1674. Elève de Rembrandt, il excella surtout dans le portrait.

EECLOO ou Eccloo [é'-klô ou ék'-klô], ville de la Flandre orientale (Belgique), à 20 kil. N.-O. de Gand; 12,008 h. Important marché de grains.

* ÉFAUFILER v. a. (rad. faufiler). Tirer la soie d'un ruban ou d'une étoile, pour juger de sa qualité, ou pour en faire de la ouate.

* EFENDI s. m. Voy. Effendi.

* EFFAÇABLE adj. Qui peut être effacé : cette écriture est effaçable uuec de l'eau-forte.

' EFFACÉ, ÉE part, passé de Effacer. — Adjectiv. Rejeté en arrière : ce soldat a les épaiiles bien effai.ées.

* EFFACEMENT s. m. Action d'effacer, de s'effacer : c/fiucmcnt de plusieurs mots. — Fig. Pardon : l'effacement des péchés.

' EFFACER v. a. (lat. ex, hors de ; fades, face, image). Oter, enlever la ligure, l'image, le caractère, les couleurs, les traits, l'empreinte de quelque chose; rayer, raturer : effacer l'empreinte d'une médaille, ou simpl., effacer une médaille. — Par ext. Se dit en parlant de la beauté des femmes : elle avait des couletirs, mais la maladie les a effacées. — Fig. au sens moral. Faire disparaître, faire oublier : effacer le souveiiir d'un événement. — Fig. Surpasser, éclipser : ce général a effacé tous les grands capitaines de son temps. — Effacer LE CORPS, EFFACER UNE lîPAULE, etc., dans

certains exercices, comme l'escrime, la danse, le manège, tenir le corps, une épaule, dans la position qui donne le moins de prise, le plus de grâce. — w Détruire, anéantir : le temps efface tout. — Absol. :

Ajoutez quelquefois et souvent effacez.

BOILBÀC.

— * S'effacer v. pr. Etre effacé ; empreinte qui s'efface par le frottement. — Effacer le corps, l'épaule, eic. : il s'effaça pour éviter le coup.

— Fig. Se tenir à l'écart : il s'effaçait pour faire briller son ami.

- EFFAÇURE s. f. Ce qui est effacé, soit par accident, soit à dessein : cette page était pleine d'effaçures.

EFFANAGE s. m. Agric. Opération qui consiste à couper une partie des feuilles des céréales, lorsqu'une végétation trop vigoureuse peut nuire à la production du grain. On évite aussi par cemoyen que lescérôalesne versent: l'effanage se pratique avant la formation des épis.

' EFFANER v. a. (rad. fane). Agric. A le môme sens qu'EFFEuiLLER; mais ne se dit guère (ju'en parlant des blés.

* EFFARÉ. ÉE part, passé de Effarer. — Qui est tout troublé, tout hors de lui : il est venu tout effaré nous dire cette nouvelle. On dit dans un sens analogue : visage effaré, air effaré. ; * EFFAREMENT s. m. Etat d'une personne I effarée : dans leur effarement, ils se précipitèrent vers une issue trop étroite et s'y firent étouffer.

I "EFFARER v. a. (lat. férus, sauvage). Trou-

bler tellement une personne, que son air et ses yeux ont quelque chose de hagard : qu'at-on pii vous dire qui vous ait si fort effaré ? — S'effarer v. pr. Devenir effaré ; pourquoi vous effarer de si peu de chose ?

EFFAROUCHANT , ANTE adj . Q ui effarouche :

paroles effarourhantes.

EFFAROUCHEMENT s. m. Action d'effaroucher; étal de celui qui est elfarouché.

* EFFAROUCHER v. a. (rad. farouche). Épouvanter, effrayer et faire fuir : effaroucher le gibier. — Prov. et flg. Effaroucher les pigeons, éloigner d'une maison ceux qui y apportent du profit : un marchand qui surfait trop effarouche les pigeons. — Fig. et fam. Rendre moins traitable, donner de l'éloignement : si vous lui faites cette proposition, vous l'effaroucherez.— w Blesser, offenser : vos propos l'ont effarouché. — Argot. Faire disparaître, voler.

— * S'effaroucher v. pr. Prendre peur et s'enfuir : ce clieval s'effarouche facilement. — Devenir moins traitable : devant ses procédés, je me suis effarouché. — w- Fig. Se monlrerblessé, scandali>é : il s'effarouche de toute nouveauté.

EFFARVATTE s. f. Ornith. Nom que Buffon donna à deux espèces de fauvettes ; la Fauvette DES ROSEAUX et la Petite Rousserolle, mais qu'il appliquait plutôt à cette dernière, comme Cuvier l'a fait lui-même. (Voy. Fauvette.)

* EFFECTIF, IVE adj. (lat. effectivus). Qui est réellement et de fait : il a payé en deniers effectifs. — Fam. C'est un homme effectif, sa PAROLE est effective, c'est un homme qui fait ce qu'il dit, qui ne promet rien qu'il ne tienne. — s. m. Adra. milit. Nombre réel des soldats d'une armée, d'une troupe, par opposition au nombre que les règlements, etc.. lui assignent, ou qu'on lui suppose : l'eff'ectif de son armée n'était que de vingt mille hommes.

* EFFECTIVEMENT adv. Réellement, en

effet : cela est an-ivé effectivement.

' EFFECTUER v. a. (lat. efficere). Mettre à effet, à exécution : il a effectué ses promesses.

— %v Mathém. Faire un calcul qui n'est qu'indiqué : effectuer une opération. — * S'effectuer, v. pr. Etre effectué : ces projets ne tarderont pas il s'effectuer.

* EFFÉMINÉ, ÉE part, passé de Efféminer.

— adj. Qui tient de la faiblesse de la femme : homme efféminé. — s. m. Il n'y a que des efféminés qui puissent avoir de ces se7itiments-la.

* EFFÉMINER v. a. (lat. effeminare). Rendre faible comme l'est ordinairement une femme, amollir : les voluptés efféminent l'âme et le corps.

' EFFENDI ou Efendi s. m. [é-fain-di] (turc, efandi; corruption du gr. anthentés, maître, que les Grecs modernes prononcent af-zaindis). Seigneur, maitre : titre des fonctionnaires civils, des ministres de la religion et des savants. Par opposition à Aga, titre que l'on donne aux militaires. — Reis-effendi, ministre des affaires étrangères, en Turquie.

— w Hakin-effendi, premier médecin de la cour.

EFFÉRENT, ENTE adj. (lat. efferens, part, pr. de efferre, emporter). Physiol. Se dit des vaisseaux ou conduits transportant un liquide quelconque hors des organes qui le sécrètent ou le centralisent : tes artères sont des canaux efférents. — Se dit aussi des nerfs qui portent a la périphérie les aiUioiis des centres nerveux : les nerfs locomoteurs sont des nerfs efférents.

' EFFERVESCENCE s. f (lat. effervescere, bouillonner) Mouvement intestin qui ressemble a l'ébullition, et qui s'excite par le contact ou le mélange de deux substances : les alcalis font effervescence avec les acides. Méd. dans un sens anal. L'effervescence des

EFFE

EFFI

EFFI

humeurs. — Fig. Emotion vive et passagère dans les âmes, dans les esprits : Uiplus grande effenescence régnait •parmi le peuple, régnait dans la ville.

• EFFERVESCENT, ENTE adj. Chim. Qui est susceptible de faire eU'ervescence ; qui est en effervescence : matières effervescentes. — Fig. Prêt à s'emporter : tête effervescente.

' EFFET s. m. [è-fè] (lat. effcctus). Ce qui est produit par quelque cause : î7 n'y a point d'effet sans cause.

Souvent un beau désordre est un e/fet de l'art.

BOILBAU.

— Jurisp. Effkt rétroactif, efTet d'une loi dont on ferait remonter l'application à un temps où elle n'existait pas encore : la loi ne doit jamais avoir d'effet rétroactif. — Jurispr. Effets civils, droits, avantages qu'assure la loi civile, et dont ne jouissent point ceux qui sont morts civilement, comme le droit de tester, etc. — v* Impression, sensation ou sentitnent qu'une chose fait éprouver : mes remontrances lui ont fait de l'effet; la musique produit un effet remarquable sur certains animaux. — Faire l'effet de..., avoir l'air : cet homme me fait l'effet d'un fripon. — * B.-Arts et Littér. Ce qui frappe, ce qui attire ou captive les regards, l'attention : cet artiste sacrifie souvent la convenance à l'effet. Peint, dans un sens anal. : mettre un tableau, un dessin à l'effet. — A effet, se dit de ce qui est destiné, de ce qui vise à produire de l'effet : phrase à effet. — Exécution d'une chose : ■voilà de belles propositions, mais il faut les mettre à effet. — Pour cet effet, a cet effet, pour l'exécution de quoi, ou en vue de quoi.

— A QUEL effet '?à quelle inlention?pourquûi'?

— A l'effet de, pour l'exécution, pour l'acconiplissement de, ou afin de. Cette locution n'est guère usitée qu'en style de Pratique. — Les effets publics, les rentes sur l'Etat, les billets ou papiers d'Etat introduits dans la banque et dans le commerce. — Effets mobiliers, ou simpl. et plus ordinairement. Effets, biens, objets meubles, ou censés telsd'aprèsla loi : les effets d'une succession. Au plur. dans un sens particulier. Objets meubles qui sont à l'usage d'une personne : emporter ses effets.

— En effet, loc. adv. Réellement ; il le mérite en effet.

Quoi I vous êtes grand'mère, Aininte ? c'en est fait : Autant (|ue je m'y puis connaître,

11 est assez pliiisaiit de tiavuiller pour l'être. Mais fàcheui do l'être en effet.

Pavillon.

— Au commencement d'une phrase, annonce le plus souvent qu'on va donner une preuve de ce qu'on vient de dire. — S'emploie aussi par manière de conjonction, et pour servir de liaison au discours: (7 maintient que telle chose est : en effet, peut-on en douter après tant d'expériences? — Législ. Les Effets de commerce sont des actes commerciaux : les deux sortes d'cll'ets. dont le Code de commerce se soit occupé d'une façon spéciale, sont la lettre de change et le billet à ordre. (Voy. ce dernier mot.) Il existe en outre le mandat, le billet de change et le billet à domicile. — La lettre de change est un acte rédigé conformément aux prescriptions légales et dans lequel le souscripteur mande à une autre personne, résidant en un autre lieu, d'y compter une somme déterminée à celui qui est désigné dans cet acte ou à celui auquel il aura cédé ses droits. Trois personnes doivent donc absolument intervenir dans cet acte : i» le tireur, qui souscrit; '2° le preneur, qui reçoit l'effet en payement de la valeur fournie au tireur, et '.i« le tiré, celui auquel le tireur adresse l'ordre de payer. Outre ces trois personnes, il y en a d'autres, telles que le recommandataire, le domiciliafaire, etc., qui peuvent infervenir, mais qui ne sont point indispensables. La lettre de change est tirée d'un lieu sur un autre. Elle doit être datée, et énoncer la

Somme à payer, le nom de celui qui doit payer, l'époque et le lieu où le paiement doit s'effectuer, la valeur fournie en espèces, en marchandises, en compte ou de toute autre manière (Code comm. HO et suiv.). La lettre de change prend le nom de traite, lorsqu'elle est tirée par un créancier sur son débiteur et donnée en payement à un tiers; de remise, lorsqu'elle est fournie par celui qui la souscrit à un individu qui est déjà son créancier. On appelle provision la valeur destinée au payement de la lettre de change. 11 y a provision, si, à l'échéance de la lettre de change, celui sur qui elle est fournie est redevable au tireur, ou à celui pour coinple de qui elle est tirée, d'une somme au moins égale au produit de la lettre de change (Comm. H6). L'acceptation, qui suppose provision, est l'engagement pris par le tiré de payer la lettre de change. Elle se manifeste par le mot accepté, signé par le tiré. Le refus d'acceplation est constaté par un acte n-\iiie\è protêt, faute d'acceptation (Comm. US a \t'A]. La lettre de change peut être tirée à vue, à un ou plusieurs jours, à un ou plusieurs mois, à une ou plusieurs usances de vue et de date, à jour fixe ou à jour déterminé, en foire (Comm. t29-13.ï). La lettre à vue est payable lors de sa présentation, les autres sont payables le jour fixé pour l'échéance : si celle-ci tombe un jour férié légal, la lettre de change est payable la veille. La propriété d'un effet peut se transmettre par voie d'endossement. Quant au payement , il peut être fait en toute monnaie; sauf en lullonoùil ne peut excéder 4 fr. 95 (Comm. 143 et suiv.). Les pj'oftJîs, faute d'acceptation ou de payement, sont faits par un notaire ou un huissier, au domicile de celui sur qui la lettre était payable, au domicile des personnes indiquées pour la payer au besoin, au domicile du tiers, quia accepté par intervention le tout par un seul et même acte. Toutes actions, relatives aux lettres de change souscrites par des négociants, marchands ou banquiers, se prescrivent par cinq ans, à compter du jour du protêt (Comm. 189).

EFFEUILLAGE s. m. Agric. Action d'effeuiller ; l'effeuillage n'est pas sans dangers pour la santé des arbres. — L'effeuillage se pratique sur le mûrier pour la nourriture des vers à soie; sur certains arbres et principalement sur le hêtre et l'orme, pour la nourriture du bétail, dans les contrées où le foin est peu abondant; sur les choux à bestiaux, en automne et vers le commencement de l'hiver; sur les arbres que l'on veut transplanter, lorsqu'ils sont en pleine sève. Il a besoin d'être fait avec la plus grande prudence, car, dans la plupart des cas. l'enlèvement de ces organes, où la sève s'élabore, nuit au dévelo|ipemen t de l'arbre. Mais l'effeuillage est un utile auxiliaire pour aider la maturation des fruits, jKilamment des raisins, des pèches et des abricots : il se l'ait lorsque les fruits ont atteint leur complet développement et par gradation, afin d'éviter des transitions trop brusques.

• EFFEUILLAISON s. f. Action d'effeuiller.

— »» On dit mieu.x. dans ce sens. Effeuillage.

— Bot. Chute naturelle des feuilles.

EFFEUILLEMENT s. m. Etat des arbres

dépouilles de leurs feuilles.

•EFFEUILLER v. a. (rad. feuille). Oter les feuilles, dépouiller de feuilles : dans certaines contrées, on effeuille la vigne lorsque le raisin est presque mur. — Effeuiller une rose, des ROSES, etc., en détacher les pétales. — S'effeuiller v. pr. Perdre ses feuilles : les arbres s'effeuillent en automne. — Perdre ses pétales: les roses épanouies s'effeuillent bientôt.

EFFEUILLURE s. f. Feuilles que l'on a détachées des arbres : l'effeuillure se donne aux bestiaux.

EFFIAT, commune '^■' "-ant. d'Aigueperse

(Puy-de-Dflme), 1,20S hab. Ancien château qui appartint à lafamille d'Effiatauiv^siècle.

EFFIAT (Antoine Coiffier, marquis d'), maréchal de France (la81-fC3-2). Il se distingua au siège de la Rochelle (1630) et reçut le bâton en 1632. Il a laissé des Mémoires (Paris, 16C2, 'ivol. in-1"i).L'un de ses fils est devenu bien célèbre sous le nom de Cinq-Mars.

' EFFICACE adj. |lat. efficax). Qui produit son effet : ce remède est efficace contre les poisons. — Théol. Grâce efficace, grâce qui a toujours son effet.

* EFFICACE s. f. (lat. efficacia). Signifie la même chose qu'EFFiCACiTÉ, mais il est beaucoup moins en usage : l'éloquence, quand on sait bien s'en servir, est d'une grande efficace.

' EFFICACEMENT adv. D'une manière efficace : travailler efficacement à quelque ouvrage.

* EFFICACITE s. f. Force, vertu de quelque cause, pour produire son effet : l'efficacité des prières.

* EFFICIENT. ENTE adj. (lat. efficiens). Qui produit certain elfet. N'est guère usité qu'au féminin, et dans cette locution. Cause efficiente : le soleil est la cause efficiente de la chaleur.

•EFFIGIE s. f. [é-fi-ji](lat. effigies). Figure, représentation d'une personne, soit en relief, soit en peinture : cette médaille est à l'effigie, porte l'effigie de tel prince. — Exécuter un cKiMiNEL en effigie, exposer en public un tableau où le condamné qui est en fuite est représenté subissant la peine prononcée contre lui, et au bas duquel son nom et l'arrêt sont écrits; ou seulement, comme cela se pratique aujourd'hui, attacher à l'instrument du supplice un écrit, indiquant les noms et qualités du condamné et contenant f'extrait de son jugement. On dit de même. Exécution en

Page 1