EMME
EMMANUEL (port»,?. Manœl)I, roi dePortupal appelé le Grand cilc Forlimé, né en 1469, mort le 13 dce. I:i21. Fils de Ferdinand, duc de Visen et petit-fil-; dn roi Edouard de Portugal, il succéda, en 149o, à son cousin Jean II, contribua puissamment à l'extension de la puissance et de la gloire du Portuf.'al, multiplia les découvertes et les établissements coloniaux dans l'Inde et en Amérique, bannit les Juifs et les Maures, et introduisit l'inquisition. Il resta 20 ans sans convoquer les cortès, promulgua un code de lois et maintint la paix pendant tout son règne. On a de lui des Mémoires sur les Indes.
EMMARCHEMENT s. m. Archit. Entaille faite pour recevoir les marches d'un escalier.
— Largeur d'une marche.
* EMMÊLER V. a. [an-mè-]. Brouiller, confondre. Se dit en parlant Je fil, de soie, de filets de pèche, etc. — Fig. .Mettre de la confusion dans : c'est une affaire qu'il a bien emmêlée. — *». S'emmêler v. pr. Devenir emmêlé : ne lirez jkis, inun échcveari s'emmêle.
* EMMÉNAGÉ, ÉE part, passé de E.muénager.
— Mai-. Ce b.viiMiiNT est bien emuén.\gé, il est bien distribué intérieurement.
* EMMÉNAGEMEIVT s. m. [an-mé-]. Action de ranger des nieubles dans une maison, dans un appartement où l'on va loger : il m'en a coulé tant pour mon emménagement. — Au plur. Mar. Compartiments et logements qu'on pratique dans l'intérieur d'un vaisseau, d'un navire : les soutes, les faux-ponts, les chambres d'officiers, etc., sont des emménagements. Dans ce sens, on dit plus souvent, Amé-
N.VGEMEMS.
* EMMÉNAGER v. n. [an-mé-] (rad. ménage). .Metire ses meubles en place, quand on les a transportées d'une maison dans une autre. — " v. a. Faire l'emménagement de ; j'ai eu bien du mal a emménager mon frère. — * S'emménager v. pr. Emménager ses meubles : il lui a. fallu huit jours pjour s'emménager. — ■ Se pourvoir de meubles de ménage : il s'emménage pe^l à peu.
* EMMÉNAGOGUE adj. [an-mé-na-go-ghe], (gr. eminénia. menstrues, ayogos, qui pousse). Uni est propre à provoquer lellu.\ menstruel; l'armoise est emménagogue. — »». s. m. Médicament propre à rappeler les menstrues. Les emménagûj;ues les plus employées sont l'apiol, l'aloès, le safran et l'armoise. Ils excitent et congestionnent l'utérus; leur action est peu conslante. Il y a des emménagogues qui sont abortifs et dont l'emploi est dangereux.
' EMMENER v. a. [an-me-né]. Mener quelqu'un avec soi du lieu où il est en quelque autre : (7 quitta l'armée et emmena deux régiments avec lui. — Se dit aussi en parlant des animaux et des choses : il a emmené ses marchandises. — »»■ Argot, y t'emmiiNE a la campagne, se dit à quelqu'un qui vous ennuie profondément, qui vous met à bout de patience.
"EMMENOTTER v. a. [an-me-J (rad. menotte). Mettre des 1ers ou des menottes aux mains d'un prisonnier, d'un esclave : on emmcnolte les criminels.
EMMERICH, ville de Prusse, sur le Rhin, à 8 kil. .N.-E. de Clèves ; 11, UO h. Lainages, bonneterie, todes de lin, chapeaux.
EMMET iRoberti, révolutionnaire irlandais, né en 17S0, pendu le :iO sept. 1803. Chassé, à cause de ses idées républicaines, du collège de la Trinité de Dublin, il se joignit aux Irlandais Unis, dont le but était de séparer l'Irlande de la Grande-Bictagne et d'établir une république indépendante. Impliqué dans la révolte de 1798, il s'enfuit en France, retourna secrètement à Dublin (ISÙ2) et organisa un mouvement malheureux pour s'emparer du château et des arsenaux. 11 se sauva après
EMOL
son insuccès. Revenu pour faire ses adieux à miss Curran, la fille du célèbre avocat, jeune fille dont il était épris, Emmet fut arrêté, convaincu de haute trahison et exécuté.
EMMEULAGE s. m. Agric. Action d'einmeuler.
EMMEULER v. a. [an-meu-lé] (rad. meiilc). Agnc. .\Ietlre en meules.
* EMMIELLÉ, ÉE part passé de Emmieller. — Fig. et lam. Paroles emmiellées, paroles flatteuses et d'une douceur affectée.
* EMMIELLER v. a. [an-mié-lé] (rad. miel). Enduire de miel : emmieller le mors aux jeunes poulains pour les y accoutumer. — Fig. Emmieller LES bords du vase, faire par des paroles séduisantes, par quelque artifice, que ce qui est naturellement pénible paraisse lacile, agréable. — Mettre du miel dans une liqueur : emmieller du vin d'Espagne. — w Jargon. Ennuyer : vous m'emmiellez.
' EMMIELLURE s. f. Art vétér. Sorte de cataplasme dont les maréchaux se servent pour guérir les enflures et les foulures des chevaux.
* EMMITOUFLÉ, ÉE part, passé de Emmitoufler. — Prov. et fig. Jamais chat emmitouflé NE PRIT SOURIS, pour faire une chose qui demande quelque liberté d'action, il ne faut être embarrassé de rien qui empêche d'agir.
' EMMITOUFLER v. a. [an-mi-J (de en et de moulle, qui a signifie gant). Envelopper quelqu'un de fourrures, de vêtements, surtout au cou et à la tête, pour le tenir chaudement : il faut bien emmituujler re vieillard par le froid qu'il fait. — S'emmitoufler V. pr. Emiuitoutler soi : elle aime a s'cmmUoujler.
* EMMORTAISER v. a. [an-mor-] (rad. mortaise). Techn. Faire entrer dans une mortaise le bout d'une pièce de bois ou de métal : cela est bien emmortaisé.
* EMMOTTÉ, ÉE adj. [an-mo-] (rad. motte). Jard. Se dit des arbres dont la racine est entourée d'une motte de terre : les Génois vendent de jeunes orangers, de jeunes citronniers emmottés.
' EMMUSELERv. a. [an-mu-] (rad. museau). Metire une mii>eliére à un animal : e)?a/i«se- Ur un veau pour l'empêcher de téter. On dit aussi et plus ordinairement, Museler.
* ÉMOI s. m. Emotion, souci, inquiétude :
mettre vn émoi.
' ÉMOLLIENT, ENTE adj. [é-mo-li-an] (lat. emollire, rendre iiiouj. Méd. Se dit des remèdes employés à l'extérieur ou a l'intérieur, qui ont pour ellet de ramollir, de relâcher les parties entlammees : la farine de graine de lin est émolliente. — s. m Médicament qui modère l'éréthisme nerveux, tempère la fréquence et la dureté du pouls et provoque une douce transpiration, quand on en fait usage à l'intérieur, ou qui relâche et ramollit les tissus, émousse leur sensibilité et diminue leur tension et leur chaleur, quand on l'emploie à l'extérieur en topiques. Les émoliients pour l'usage interne sont la mauve, la guimauve, la violette, le lin, le niolène, la gomme, les quatre-fleurs, etc. ; les émolients pour l'usage externe, sont les cataplasmes de farine de lui ou de fécule, les fomeutalions, les lavements, les injections d'eau de son, etc.
•ÉMOLUMENT s. m. (lat. emolumentum).
Profit, avanlai^e : iln'areeu aucun émolument de eett^ affaire. — Au plur. Appointements, traitement, salaire : quels sont les émoluments attachés à cette place? — S'est dit plus particulièrement des profits et avantages casuels qui proviennent d'une charge, d'un emploi, par opposition aux revenus fixes et certains : il s'était réservé les gages de cet office, et il en
EMOU
laissait les émoluments à ceux qui travaillaient sons hii.
ÉMOLUMENTER v. n. Gagner, faire quelque pi'ofit : cet homme ne cherche qu'à émolumenter. Vieux et ne se dit qu'en mauvaise part.
* ÉMONCTOIRE s. m. [é-raon-ktoi-re] (lat. emunrli,] nim ; de emungere, moucher). Se dit des orifices du corps par lesquels se rejettent les humeurs surabondantes ou nuisibles : l(s pores, les narines, les oreilles, la bouche, etc., sont des émonctoires : on les appelle n.\tubels par opposition (U/a; émonctoires artificiels, tels que le cautère, le vésicatoirc, etc.
' ÉMONDAGEs. m. Jard. Action d'émonder.
Cette opération consisteàenlever lesbranches mortes, inutiles ou nuisibles, les plantes parasites (comme le gui), les lichens et les mousses; en un mot, tout ce qui nuit à la régularité ou qui absorbe inutilement la sève des arbres. L'émondage se pratique au commencement du printemps.
* ÉMONDER V. a. (lat. emundare, nettoyer). Jard. Couper retrancher d'un arbre les branches nuisibles ou inutiles : on émonde les arbres fruitiers et les arbres d'ornement. — Fig. Débarrasser des choses inutiles : dans ce discours il y a beaucoup à émonder. — w Nettoyer les grains : émonder de l'orge. — Emonder des amandes, les jeter dans l'eau bouillante, afin que la peau s'amollisse et s'enlève plus facilement. — S émonder v. pr. Etre éiiiondé.
* ÉMONDES s. f. pi. Jard. Branches superllues qu'on retranche des arbres : on fait des fagots avec les émondes.
ÉMONDEUR. EUSE s. Jard. Celui, celle qui émonde les arbres. — s. m. Arboric. Instrument qui sert à l'émondage des arbres. — -Vgric. Sorte de crible avec lequel on émonde les grains. — Emondoir. (V. S.)
* ÉMOTION s. f. [-sion] (lat. emotio). Altération, trouble, mouvement excité dans les humeurs, dans l'économie : il n'a plus la fièvre, Niais je lui trouve encore quelque émotion. — Agitation causée dans l'âme par quelque passion : cet orateur excite de grandes émotions dans ses auditeurs. — Mouvements populaires qui annoncent une disposition au soulèvement, à la révolte : calmer l'émotion populaire.
ÉMOTIONNER v. a. Causer de l'émotion à : cette scène a emotionné les spectateurs. — S'émotionner v. pr. Eprouver de l'émotion : il s'emolionna au point de ne pouvoir répondre.
ÉM0TTA6E s. m. Agric. Action d'émotter.
L'émottage se fait soit à la main, soit à l'aide d'un instrument particulier {émoltoir ou cassemotte), ou d'un rouleau et surtout du rouleau spécial, appelé brise-mottes, que l'on fait suivre quelquefois d'une herse.
* ÉMOTTER V. a (rad. motte). Agric. Briser les mottes d'un champ, avec un maillet, une herse, un rouleau, etc. : on émotte les terres quand il n'a pas plu depuis longtemps.
ÉMOTTEUR, EUSE s. Celui, celle qui émotte les terres. — s. m. Techn. Machine qui sert à concasser les sucres agglomérés.
ÉMOTTOIR s. m. Agric. Sorte d'outil pour briser les mottes de terre, ordinairement en tonne de batte.
ÉMOU s. m. Ornith. Nom donné par quelques naturalistes au casoar de la Nouvelle-Hollande {dromaius Novx Hollandix), grand oiseau indigène de l'Australie et des iles voisines. Il est long de "2 m. 30 centim. ; sou plumage est d'une couleur brune. C'est un animal timide qui courlavecrapidité et que l'on |irend difficilement. Autrefois très commun aux environs de Sidney, il s'est retiré devant la civi-
EMOU
EMPA
lisalion el n'habite plus que les pays situés au delà des montagnes Bleues. Il se nourrit
Emou (Dromaius Novae Hollandiœ).
de fruits, de racines et d'herbes. Sa chair a dit-on, le jroûl de celle du bœuf.
• ÉMOUCHER V. a. (rad. mouche) les mouches : l'inoiichcr un cheval
Chasser S'émou-
ks chevaux s'é-
cher V. pr. Emoucher soi mouchent <ii-t'C leur queue.
' ÉMOUCHET s. m. (bas lat. muscetus). Ornith. Nom que l'on donne vulgairement à toutes les espèces du genre faucon, plus petites que ré[)ervier.
ÉMODCHETER v. a. Casser la pointe d'un instrument ai.uu ou tranchant.
* ÉMOUCHETTE s. f. Sorte de caparaçon fait d." treillis ou de réseau, et garni tout autour de petites cordes pendantes qui s'agitent au moindre mouvement du cheval, et servent ainsi à le f;arantii- des mouches.
* ÉMOUCHOIR s. m. Queue de cheval attachée à un manche, et dont on se sert pour chasser les mouches : quand on ferre un cheval, on se sert de ïémouchoir pour chasser les mouches.
' ÉMOUDRE V. a. Se conjuge comme Moudre. Aiguiser sur une meale : imoudi-e des couteaux.
'ÉMOULEUR s. m. Celui qui faille métier d'émoudie, d'.iiguiserles couteaux, les ciseaux el autres instruments tranchants.
* ÉMOULU, UE part, passé de Euoudre. — Combattre, se battre a fer éuoulu, se battre avec des armes aflilées. Cela ne se dit proprement qu'en parlant des joutes, des tournois dans lesquels on se battait avec des armes affilées, au lieu de n'employer, suivant l'usage ordinaire, que des armes émoussées et rabattues. On dit de même, Lance a FER ÉMOULU. — Fig. et fani. Se battre a fer ÉMOULU, disputer, plaider, contester sans aucun ménagement. — U.n jeune uomme frais ÉMOULU DU COLLÈGE, un joune homme sorti tout nouvellement du collège. On dit aussi d'un homme qui a tout récemment approfondi qui-lquc matière, qu'iL en esterais éuoulu.
ÉMOUSSAGE s. m. Arbor. el \gric. Action démou.^ser les arbres ou les prairies. Sur les arbres on pratique l'émoussage en raclant l'écorce avec un émoussoirel en y répandant ensuite un lait de chaux. Dans les prairies, on enlève la plus grande partie des mousses avec un râteau el ou répand ensuite de la chaux à la place où elles se sont formées. La chaux détruit les germes des mousses el les insectes ou les œufs qui s'y trouvent.
* ÉMOUSSERv. a.(rad. mousse, adj.) Rendre mousse, c'est-à-dire, moins tranchant, moins aigu; ûttr la pointe ou le Iranclianl à un mstrument qui perce, qui coupe : émousser un ruoir, — Fig. au sens moral. Amortir, alfai-
blir. diminuer : le spectacle continuel des in firmitcs humaiiics émousse la sensibilité. — S'émousser v. pr. Devenir mousse : l'acier de Bamas coupe le fer sans s'émousser. — Fig. Devenir plus faible : le courage s'émousse dans l'oisiveté.
* ÉMOUSSER V. a. (rad. mousse, s.). Arbor. et Agric. Oterla mousse. Se dit en parlant des arbres et des prairies : on émousse les arbres pour en favoriser la végétation.
ÉMOUSSOIR s. m. Arbor. Instrument qui sert à i-ratlor l'écorce des arbres, pour en ôler les mousses et les lichens.
* ÉMOUSTILLER v. a. (v. fr. moustille, pétillement du vin). Fam. Exciter à la gaieté, metti-ecn bonne humeur: le vin de Champagne émoustille. — i.t' S'émoustiller v. pr. Se mettre en train, en bonne humeur.
* ÉMOUVANT, ANTE adj. Qui émeut, qui fait nailre des émotions : scène (mouvante.
* ÉMOUVOIR V. a. (lat.emoi'ere). Se conjugue comme Mouvoir. Mettre en mouvement, agiter, troubler. Se dit en parlant d'une agitalion inaccoutumée dans les humeurs, dans l'économie animale : celte médecine n'a fait que l'émouvoir, elle ne l'a pas purgé. — Fig. el fam. Emouvoir la bile de quelqu'un, exciter sa colère. On dit de même. Sa bile est aisée A ÉMOUVOIR. — Exciter, soulever, en parlant des flots de la mer, d'une tempête, etc. : il ne faut que le moindre vent pour émouvoir les flots. — Fig. Emouvoir une sédition, une querelle, UNE dispute, etc., exciter, faire naître une sédition, une querelle, etc. On dit do même, fam. C'est lui qui A émula noise.— Fig. Excilerquelquemouvement, quelque passion dans le cœur, causer du trouble, de l'altération dans l'âme : il sait l'art d'émouvoir les liassions ; elle sut l'émouvoir {\e toucher) pur ses larmes et ses prières. — Absol. On n'émeut pas sans être ému. — Agiter, disposer à à la sédition : tes factieux tentèrent d'émouvoir la multitude. — Emouvoir a compassion, émouvoir a sédition, loucher decompassion, exciter à la sédition. Ces manières de parler ont vieilli. — Prov. et fig. Il ne faut pas émouvoir LES FRELONS, il 116 faulpoinl se faired'ennemis, quelque petits qu'ils soient.— S'émouvoir v. pr. Emouvoir soi : il s'émeut à la vue du péril. — Se préparer à une sédition : le peuple commençait à s'émouvoir. — Fig. et fam. Sa bile s'émeut aisément, promptement, se dit d'un homme qui se met facilement en colère. — La mer commence a s'émouvoir, ses flots commencent à se soulever.— Impersonnellement. Il sémuï une grande tempête, une GRANDE QUERELLE, une grande tempête, une grande querelle se produisit.
ÉMOUY (chinois Hia-men ou Sya-min; angl. A»îO(/), ville du Fokien (Chine); port de Chang- Choô-Foû, sur une ile, vis-à-vis de Formose; environ HOfl.OOO liab.; Emouy fut prise par les Anglais, en 1841, et déclarée ville ouverte par le traité de Nankin.
EMPAFFERv. a. (argot.pa//'). Argot. Rendre pafl, enivrer.
* EMPAILLAGE s. m. Action ou art d'empailb.r les animaux pour les cimserver. — " Hortic. AcUon de garnir de pai" arbres ou arbustes, pour en contre le froid, l'ardeur du sol champs, contre le choc de la c des animaux. L'empaillage se sur certains végétaux pour les faire ou les empêcher de geler. On garnit encore de paille les |>lanches de semis, les couches, etc.
* EMPAILLÉ, ÉE part, passé de Empailler.— »»^ Ai>'ut. S'emploie adjectiv. el substantiv. en parlant .l'une personne gauche, sans activité.
EMPAILLEMENT s. m. Voy. Empaillage.
* EMPAILLER v. a. (rad. paille). Garnir de paille ; empailler des chaises. — Envelopper
le les jeunes
garantir la tige
!mI, ou, dans les
"larruc, la dent
pratique aussi
blanchir
EMPA
de paille : il faut bien empailler ces porcelaines. — Jard. Metiredelapailleautour d'une plante, d'un jeune arbre : nos cardons d'Espagne sont empaillés. — Remplir de paille : on empaille la peau de quelques animaux qu'on veut conserver par curiosité, etc.-- Par exl. Empailler DES ANIMAUX, préparer des animaux morts^ de manière à leur conserver plus ou moins l'apparence de la vie.
* EMPAILLEUR, EUSE s. Celui, celle qui empaille : empailleuse de chaises; empailleur d'uis'iiii.f.
* EMPALEMENT s. m. (rad. pal). Action d'empaler, ou état de celui qui est empalé ; l'empalement est un des plus cruels supplices.
' EMPALEMENT s. m. Petite vanne de moulin.
' EMPALER V. a. Se dit en parlant d'un supplice barbare, usité chez les Turcs, qui consiste à ficher un pal aigu dans )e fondement d'un condamné. — »» Par anal. Percer le i-nips de part en part à la façon d'un pal. — S'empaler v. pr. Empaler soi : il s'est empalé, en tombant sur une fourche.
* EMPAN s. m. [an-pan] (ail. spanne; angl. span). Sorte de mesure de longueur, qui se forme de l'intervalle existant entre l'extrémité du pouce et celle du petit doigt, quand ces deux extrémités sont aussi éloignées l'une de l'autre qu'elles peuvent l'être : l'empan de Toulouse valait huit pouces (O'-Sao"").
* EMPANACHER v. a. (rad. panache). Garnir, orner d'un panache.
* EMPANNER v. a. [an-pa-né]. Mar. Mettre un bàliinent en panne : empanner le vaisseau pour prendre hauteur.
EMPANNON ou Empanon s. m. Charpent.
Sorte de petits chevrons de longueur inégale, qui garnissent l'espace triangulaire de^ la croupe d'un comble el qui s'appuient, d'un côté, sur les plates formes el, de l'autre, sur les arrêliers, où on les assemble avec des tenons el des mortaises.
EMPAQUETAGE s. m. Action d'empaqueter.
* EMPAQUETER v. a. (rad. paquet). Mettre en paipiet : empaquetez tous ces habits. —Fig. el fam., en parlant des personnes. Envelopper soigneusement : s'empaqueter la tête. — Fig. et fam. Entasser comme des paquets ; on nous empaqueta dans la diligence, oii les voyageurs étaient déjéi au complet. — S'empaqueter v. pr. Empaqueter soi : elle s'était empaquetée dans deux ou trois châles. — Fig. Se dit de personnes entassées, pressées dans une voilure, dans un coche, etc. : ils s'étaient empaquetés dans le carrosse comme ils avaient pu. — Emparadisc. (.V. S.)
* EMPARER (S') V. pr. (lai. imparare [sibi]\ disposer jiour soi). Se saisir d'une chose, s'en rendre maître, l'occuper, l'envahir : les ennemis s'emparèrent de la place par surprise. — S'emploie aussi figurément : ne vous emparez pas de la conversation. — Se dit surtout ^des passions qui nous maîtrisent : la peur s'empara de ni'ii.
' EMPÂTÉ, ÉE part, passé de Empâter. — Grav. Des ciiAiiis bien empâtées, des chairs qui ont le moclli'ux de la peinture.
* EMPÂTEMENT s. m. Etal de ce qui est empâté ou pâteux : l'empâtement de la langue, de la bouche. — Peint. Action d'empâter un tableau, ou résultat de celle action : empâtement de couleurs. — Action d'empâter la volaille : empâtement des dindons. — Cbir. Gonflemenl œdémateux du tissu cellulaire, c'està-dire, non inllammaloire et qui conserve l'imiiression des doigts. — Bot. (V. S.)
* EMPÂTER v. a. Remplir de pâte, ou de quelque autre matière pâteuse. Ne s'emploie guère que dans celte phrase : empâter les mains. — Rendre pâleu.x; el alors ne se dit
EMPÉ
guère que dans ces phrases: empâter la langue, empâter la bouche. — Peint. Empâter un tableau, en coucher les couleurs avec l'ahondancc et la consistance nécessaires pour qu'elles puissent être maniées d'une façon iiiuelleuse. Empatek une figure, etc., en nietlre les couleurs chacune à leur place, sans d'ahord les mêler ou les fondre ensemble. — Engraisser de la volaille avec une certaine pâtée : empâter des chapons.
•EMPATTEMENTS, m. Archit. Saillie ou plus grande épaisseur de maçonnerie, qu'on donne sur les deux faces aa\ fondations d'un mur, pour lui donner plus de solidité. — Se dit aussi des pièces de bois qui serventde base à une frrue.
* EMPAUMER V. a. (rad. paume). Recevoir une balle, un éteuf à plein dans le milieu de la paume de la main, de la raquette ou du battoir, et le pousser fortement : quand il empaume un éteuf, il le pousse à perte de vue. — Fig.el fam. Se rendre maître de l'esprit d'une personne pour lui faire faire tout ce qu'on ye.\xi'.ilsl'ontempaumé, ils lui font croire et faire tout ce qu'ils veulent. — Fig. et fam. Em- PAUMER une affaire, la bien saisir, la bien entendre. — Fig. et fam. Empausier la parole, s'emparer do la parole. — Chasse. Empaumer LA VOIE, se dit des chiens qui, rencontrant la piste, la suivent et l'annoncent par leurs aboiements.
* EMPAUMURE s. f. Partie d'un gant qui couvre la paume de la main : empaumure bien faite. — Vên. Haut de la tête du cerf ou du chevreuil, où il y a trois ou quatre andouillers, disposés comme les doigts de la main.
'EMPÊCHÉ, ÉE part, passé de Empêcheb. — Fam. Embairassé. gêné : il a les mains empêchées; il se trouva fort empêché de lui répondre. — Adm. Se dit d'un fonctionnaire supérieur, remplacé, en cas d'empêchement quelconque, par un subordonné ou un délégué : pour le ministre empêché... — Suhstantiv. Faire L'EMPÊcaÉ, atfecter l'embarras, la préoccupation que donnent les grandes ali'aircs. — Prov. Etre esipûché de sa personne, de sa contenance, ne savoir comment se tenir; ou, flgurément, être dans un grand embarras d'esprit.
* EMPÊCHEMENT s. m. Obstacle, opposition : nictlrc empêchement à un mariage. — Législ. — Empêchements de mariage. Toute personne privée de raison, ou judiciairement interdite, ne peut contracter mariage. Toutefois le mariage d'un individu en démence, conlracié dans un intervalle lucide, est valable, si l'individu n'est pas interdit. Certaines infirmités sont un empêchement; il faut, dans ce cas, ne pouvoir exprimer ni sa pensée ni sa volonté. Une personne muette, qui sait écrire, on sourde-muette, mais sachant lire et écrire peut se marier : bien plus, un sourdmuet, ne pouvant se faire' comprendre que par signes, peut contracter mariage si l'ofricier de l'étal civil comprend bien son intention de se marier. Un premier mariage en empêche un second (C. 147), et la dissolution d'une union ne s'opère pas par la mort civile, mais seulement par la mort naturelle. (Voy. Absence.)
* EMPÊCHER V. a. (lat. impedicare, embarrasser dans des filets) Apporter de l'opposition, faire ou mettre obstacle : je n'empêche pas qu'il ne fasse ou qu'il fasse ce qu'il voudra. — »v Embarrasser, gêner : je serais fort empêché de le faire. — Fig. Rendre impossible, détourner : empêcher une injustice. — * S'empêcher V. pr. Suivi de la préposition de. Se défendre de, s'abstenir de : je ne puis m'empéchcr de vous donner cet avis.
EMPÊCHEUR s. m. Ne s'emploie que dans celte expression employée au théâtre : Empêcheur DE DANSER EN ROND, importun, tfouble-
EMPE
fête ; personnage qui vient, mal à propos, troubler une réunion intime.
EMPÉDOCLE, philosophe grec, qui vivait à Agrigente (Sicile) an v« siècle avant J.-C. A la fois prêtre et poète, médecin etphilosophe, il fut considéré comme un dieu par ses contemporains. Sa vanité égalait son habileté. 11 ne paraissait en public qu'an milieu d'un cortège de domestiques, une couronne sur la tête et un rameau d'olivier à la main, et se proclamait lui-même une divinité. Son but était de frapper l'imagination autant que la raison. Dans ses dernières années, il quitta la Sicile, pour aller en Grèce professer sa philosophie, et passa ses derniers jours dans l'obscurité : il habitait alors le Péloponèse. Ou raconta sur sa mort de fabuleuses histoires. Les œuvres d'Einpédocle sont toutes en vers ; elles comprennent des tragédies, des épigramniis, des hymnes et un poème épique : il n'en reste que quelques fragments, comprenant trois livres de son traité sur la nature. Platon et Aristote développèrent sa doctrine.
* EMPEIGNE s. f. [an-pè-nieu; gn mil.]. Techn. Pièce de cuir qui forme le dessus du soulier, depuis le cou-de-pied jusqu'à la pointe.
EMPENNELAGE s. m. Mar. Action d'em-
penneler.
EMPENNELER v. a. [ an-pè-ne-lé ]. Mar.
Mouiller ensemble deux ancres d'inégales grosseurs, liées l'une à l'autre, la plus petite en avant de la plus grosse.
EMPENNELLE s. f. Mar. Petite ancre qu'on mouille concurremment avec une plus grosse, â laquelle elle est amarrée par un grelin. L'empennelle sert à renforcer l'action de l'autre ancre.
•EMPENNER v. a. [an-pèn-né] (lat. penna, plume). El) parlant des tlèches. Garnir de plumes.
* EMPEREUR s. m. (lat. imperator, chef). Chef, souverain d'un empire. — w Numism. Monnaie d'or frappée à l'effigie des empereurs d'Allemagne. — Zool. Nom que l'on a donné à plusieurs animaux d'espèces très dilïéreates. — Encycl. Le titre d'empereur était donné, sous la république romaine, aux généraux qui commandaient eu chef les grandes armées et aux consuls élus. Plus tard, ce motdésignale titulaire du pouvoirsuprème d'un état. César, quand il revint de sa dernière campagne (4 i av. J.-C), le reçut dans ce dernier sens, mais mourut peu après. Auguste, après la bataille d'Aclium (31 av. J.-C), prit ce nouveau titre souverain de préférence à celui de i-ex, roi ; Rome devint alors un empire. Auguste et ses successeurs ajoutèrent à leur nom celui de César; le titre d'empereur fut ensuite adopté par les monarques des autres Etats. Lorsque le gouvernement de l'empire romain fut divisé, le litre de César désigna l'associé adoptif de l'empereur, tandis que ce dernier prenait pour lui-même le nom d'Auguste. A la chute de Rome (476i, ces titres disparurent en Occident, mais non dans l'empire byzantin. I''n Occident, Charlemagnerétablitcelui d'empereur, lorsqu'il reçut la couronne des mainsdu pape Léonlîl à Rome (800). Quand son empire fut partagé entre ses pelits-fils, le titre d'empereur de Rome fut dévolu à l'aîné, le roi d'Italie, et ses successeurs le portèrent jusqu'au jour où il passa aux mains (962) d'Othon 1" de Germanie. Après plusieurs siècles de lutte avec les papes, les rois d'Allemagne abandonnèrent leurs prétentions à l'empire romain, et se firent couronner comme empereurs d'Allemagne.
La dignité impériale, dabord élective, devint presque héréditaire dans la maison d'.\utriche; mais plusieurs autres Etats allemands se rendirent à peu près indépendants. La
EMPE
Prusse fut érigée en royaume sous Frédéric 1<^', et les guerres, qui suivirent la Révolution française, occasionnèrent de grands changements; lorsque Napoléon prit le titre d'empereur (1804) et fonda la confédération du Rhin, François II, qui avait été proclamé empereur d'Autriche (sous le nom de François I"), renonça (1S06) définitivement au titre d'empereur d'Allemagne, et tout ce qui avait été l'empire romain (aujourd'hui allemand), disparut. Le rétablissement de l'empire d'Allemagne fut elfectué par Guillaume 1°'' de Prusse (ISTO-'l). — La Russie prit le titre d'empire sous Pierre le Grand (1721). L'empire français, fondé par Napoléon (IS04), fut après Waterloo (181;)), remplacé par la royauté ; en 18;i2, Napoléon III restaura l'empire, qui, le 4 sept. 1870, fit place au gouvernement républicain. La reine d'Angleterre prit, en 1S76, le litre d'impératrice des Indes. En Amérique, il n'y a d'autre empire que le Drésil, Iturbide et Maximilien, au Mexique, et Soulouque, à Haïti, ayant succombé dans leurs tentatives d'établir des empires. Les souverains de Chine, du Japon, de l'Annam et du .Maroc portent généralement le nom d'empereurs.
EMPÊRIÉRE s. f. Vieux mot qui répond à ce que nous entendons aujourd'liui par impératrice. — Prosod. Rime empërière, celle que nos premiers poètes considéraient comme la rime impératrice, c'est-à-dire la meilleure. Elle consistait en ce que la syllabe qui formait la rime était immédiatement précédée de deux syllabes semblables et de même terminaison ; ce qui faisait une espèce d'écho appelé t7-iple couronne. Le père Mourgues, dans son traité de \a Poésie française, cite l'cxeinple suivant, qui n'est pas de nature à nous laire regretter ce genre de rimes :
Qu'cs-tu qu'un immonde, monde, onde ?
EMPERLER v. a. Garnir de perles.
EMPERKUQUÊ, ÉE adj. Quia une perruque.
* EMPESAGE s. m. [an-pe-za-je]. Action d'empeser. — Façon dont une chose est empesée.
* EMPESÉ, ÉE part, passé de Empeser. — Fig. et fam. Se dit des personnes qui ont une attitude roide, un air composé, des manières affectées : cet homme est Lien mipesê; quelle femme empesée! On dit de iiièiiie, Ain empesé. Manières empesées, etc. — Style empesé, style où il y a une grande affectation d'arrangement, d'exactitude et de purisme.
' EMPESER v. a. (rad. empois). Accommoder, apprêter le linge avec do l'enqiois, pour lui donner une sorte de roideur : empeser de la dentelle. — Mar. Empeser une voiLE,'la moudler parce qu'elle est trop claire et que le vent passe au travers : on empèse la voile pour que le tissu se resserre. Cette locution vieillit.
* EMPESEUR, EUSE s. Celui, celle qui empèse.
* EMPESTER V. a. (rad. peste). InfectPr de la peste, d'un mal contagieux : les corps morts, qui étaient demeurés sur le champ de bataille, avaient empesté l'air. — Par ext. Empuantir, infecter de mauvaise odeur : il empeste tout le monde de son haleine. — S'emploie quelquefuis absol. : ce cadavre empeste.
* EMPÊTRÉ, ÊE part, passé de Empêtrer.
— Fig. et fam. Avoir l'air empêtré, tout empêtré, avoir le maintien embarrassé. — iv s m. pi. Zool. Nom sous lequel certains naturalistes désignent les carnivores amphibies et les palmipèdes plongeurs de Cuvier, et cela à cause de la dilficulté qu'ils ont â marcher.
"EMPÊTRER v. a. (lat. in, dans; petra, pierre, ou in dans ; hàslal. pastoriuin, entrave).
' Embarrasser, engager. Se dit proprement en parlant des pieds, des jambes : il a empêtré ses pieds dans une corde. S'emploie plusordi-
' nairement avec le pr. pers. — Fig. et fam.
EMPH
EMPI
Charger malencontreusemenl. Peut âtre employé plus souvent sans le pr. pers. : empêtrer quelqu'un dans une méchanle affaire. — S'empêtrer v. pr. S'eiiibarrabser les pieds, les jambes : ce cheval s'est empêtré dans ses traits. — Fig. Empêtrer soi : poiirquoivous êtesvous empêtré de cet homme-là ? Ce sens est familial'.
' EMPHASE s. f. [an-fa-ze] (er. emphasis, démonstration, apparence). Rtiétor. Energie outrée dans l'expression, dans le ton delà voix, dans le geste. .Ne se prend plus qu'en mauvaise part, et marque la pompe alïectée dans le discours ou dans la prononciation : Balzac au x\u-, Thomas au xv^i' et Chateaubriand II» XIX'' so»f fréquemment tombes dans l'emphase. On évite ce défaut en relisant de sang-froid les ouvrages, écrits dans la chaleur de l'enthousiasme, et en consultant des juges sévères, capables d'éclairer et surtout (comme le dit l'auteur de l'Art poétique), propres
A réprimer des mois l'ambitieuse emphase.
' EMPHATIQUE adj. Qui a de l'emphase : il a parlé d an air eiiiiihatique.
•EMPHATIQUEMENT adv. b'une manière emphaliiiue.
EMPHRACTIQUE adv. (gr. emphraetikos ; de emphrasseiii, obstruer). Méd. Qui obstrue. Se dit principalement des matières qui bouchent les pores de la peau. ~ s. m. Substance emphractique.
EMPHRAGME s. m. (gr. emphragma, obstacle]. Chir. Obstacle que fait un fœtus pour sortir de l'utérus.
EMPHRAXIE s. f. (gr. emphraxis). Méd. Obstrui'lion.
EMPHYSÉMATEUX. EUSE adj. iMéd. Qui est allccle d euipii\ ^fine : poumon emphijsémateux. — Qui a les caractères, l'aspect de l'emphysème : tumeur emphysémateuse.
* EMPHYSÈME s. m. {gi-.emphusêma; àeemiihusaeiii, lemplirde vent). Med. Tuméfaction causée par l'introductiou de l'air ou par le développement d'un gaz quelconque dans le tissu cellulaire. On dislingue trois espèces d'empbvsème : l" l'emphysème traumatique; 2° l'emphysème spontané; 3° l'emphysème, du ■poumon, qui lui-nn"une, d'après Laënnec, se subdivise en interlobulaire ou extra-vésicutaire et en vésieulaire. — Emphysème du poumon, infiltration d'air dans les vésicules pulmonaires, causée soil par des quintes de toux, soit par le jeu dos instruments à vent et par de violents cllorts pour respirer. Celte aÛection, plus incommode que grave, parait analogue à l'asthme et s'exaspère quelquefois sous lornie d'accès. Les parois thoraciques augmeulant d'étendue, on observe de la voussure; il y a aussi delà sonorité, avec diminution du bruit respiratoire au point correspondant, des râles sonores ou silUants, des accès d'oppression ou de dyspnée, de la toux, mais pas de lièvre. On emploie, contre cette maladie, les moyens indiqués pour l'asthme. On jjrend des précautions hygiéniques rigoureuses, des expectorants (kermès, pulygala, toluj, des vomitifs et surtout des narcotiques.
* EMPHYTÉOSE s. f. [an-fi-té-o-ze] (gr. emphuleusis, plantation). Jurispr. Bail a longues années, qui jieut durer jusqu'à quatre-vingtdix-neuf ans : les emphytéoses sont des espèces d'aliénations, à cause de leur lomjue durée. — Législ. « L'emphytéose ou bail emphytéotique était ainsi dclini par Dumat : « Un con- « trat par lequel le maître d'un héritage le « donne à l'emphyléote, pour le cultiver et « améliorer, et pour en jouir et disposer à « perpétuité, moyennant une certaine rente « en deniers, grains ou autres espèces, et les « autres charges dont ou peut convenir. » (Loix doites. Liv. I, lit. iV, sect. X). Dans l'ancien droit, l'emphytéose se distinguait donc
des baux à ferme par la perpétuité et par la translation d'une espèce de propriété. L'article 1" de la loi des 18-'29 décembre l'ïflO défendit de créer à l'avenir des baux à rentes ou oraphytéoses pour une durée excédant quatre-vingt-dix neuf ans. Les lois du 9 messidor an lU et du M brumaire an VU reconnaissaient que les droits d'emphytéose étaienl susceptibles d'hypothèque. Le Code civil n'a rien dit de l'emphytéose; mais plusieurs lois postérieures ont reconnu et confirmé des baux emphytéotiques. L'emphytéose doit être aujourd'hui considérée comiiie un bail il long terme, et il doit être soumis aux règles du contrat de louage CVoy. Bail). Le titre V du Code rural, encore à l'état de projet, est relatif au bail emphytéotique, et il en fait un contrat sui generis, ayant pour ell'els particuliers de conférer un droit réel immobilier au preneur, et d'incorporer au fonds, sans indemnité à réclamer par ledit preneur, toutes les améliorations que celuici a pu faire à ses frais. Suivant les termes de ce projet de loi, les baux consentis pour trente ans au moins et pour qualre-viugt-dixneuf ans au plus auraient le caractère emphythcotique. » (Cu. ^■)
* EMPHYTHÉOTE s. Jurispr. Celui ou celle qui juuil d un fonds par bail emphytéotique.
* EMPHYTÉOTIQUE adj. Jurispr. Qui appartient a l'cuiphyteose. — Bail emphytéotioue, nom que l'on donne quelquefois à I'Emphy-
TKOSIC.
EMPIDE adj. Entom. Qui ressemble OU appartieiu au genre empis. — s. m. pi. Tribu de diptères lanystomes ayant pour type le genre empin.
* EMPIERREMENT s. m. P. et Ch. Action d'empic-rrur; résultai de celle action. — »» Lit de pierres que l'on dispose sur une chaussée pour la consolider. — Archit.Hevêtemenl lormé de pierres taillées grossièrement.— Àgric. Amoncellement de piierres que l'on met dans un trou ou dans un fosse pour récoulemeiit des eaux surabondantes d'un champ.
* EMPIERRER v. a. (rad. pierre). Revêtir de pierre nue cluuissée, un bassin, un fossé, etc.
* EMPIÉTEMENT s. m. Action d'empiéter, ou résultai de cette action ; les empiétements de la mer sur les terres.
* EMPIÉTER v. a. [an-pié-té] (rad. pied). Usurper dans ou sur la propriété d'autrui : ce labourt ur empiète tous les ans quelques sillons sur l'héritaqe de son voisin. S'emploie plus souvent absol. ; vous avezempiétè sur mon terrain. — Par anal. Se dit d'une chose qui s'étend, qui déborde sur une autre, et principalement des eaux qui viennent a couvrir un terrain voisin : la rieière empiète tous les jours de ce côté. — iMg. S'arroger, exercer sur quelqu'un ou sur quelque chose des droits qu'on n'a pas: vous avez empiété sur ma chnnje, sur ptui, sur mes attributions de l'autiiur (|iii arrête le g
* EMPIFFRER v. a. (rad. piffre), Faire manger excessiveiiieul : empiffrer un enfant de confdures, de pâtisseries. — Rendre excessivement gras et replet : trop mnmjer H trop dormir l'oid empiffré a un tel point, qu'Un eU pas revonnaissable. Ce sens est moins usité que le précédent. — S'empiffrer v. pr. Manger avec excès : il s'cmpiffra tellement a ce repas qu'il en fat malade. — Uevcuir excessivement gras et replet : vous vous empiffrez à la vie que vous menez. Ce sens est peu usité. — Empi- Uuje. Pèche. (V. S.)
EMPILE s. .f. (lat. pi/ws, poil, crin). Pêche. Bout de cria délié, oruinairement double, auquel on attache un hanicgon, et qui s'ajuste à la ligne.
* EMPILEMENT s. m. Action d'empiler.
EMPI
* EMPILER V. a. (rad. pile). Mettre en pile: empiler du bois.
L'avare
Au fond d'un coffre-fort empile des ducats. Tu. Gautier.
mon cin- — Fauconn. Se dit îibier avec la serre.
— »■» Pêche. Empilkr des hameçons, lesall.ii'lior aune empile. — S'empiler v. pr. Etre empilé, les marehandises s'empilent dans les magasins.
"EMPIRE s. m. (lat. imperium). Commandement, puissance, autorité, ascendant : il exerce un empire tyravnhpie sur ses amis. — Fig. S'emploie dans le même sens : l'empire de la raison. — Traitkr qdelqu'un avec empire, le traiter avec orgueil, avec hauteur, avec rudesse. — Avoir, prendre de l'empire sur soimUime, savoir commander à ses passions. — Domination, puissance politique : il aspirait d l'empire de toute la terre. — Le siège d'un empire, le lieu où est établi le gouvernement, la capitale d'un empire : transférer le siège de l'empire d'une ville dans une autre. — Règne d'un empereur : cet événement se passa sous l'empire de Charlemagne. — Ensemble des pays qui sont sous la domination d'un empereur : l'empire romain s'étendait depttis l'Océan occidental jusqu'il l'Euphrate. — Par exl. Pays place sous la domination d'un souverain puissant qui a un autre titre que celui d'empereur : l'empire d'Alexandre fut partagé entre ses généraux. — Le Bas-Empire, l'empire romain à son temps de décadence, que les uns font commencer au règne de 'Valérieu, et les autres à celui do Constantin. — Poétiq. L'kmpire des morts, les demeures souterraines où l'on supposait que les morts résidaient. — Prov. et fig. Il ne céderait pas pour un empire, rien n'est capable de le faire céder. -— Autref., absol. L'empire d'Allemagne : les électeursde l'Empire. - Peuples d'un empire ; l'empire se souleva. — »v Gouvernement d'un Etal par un chef qui prend le titre d'empereur : à Rome, l'empire succéda à la république. — En France. Se dit particulièrement du règne des Bonaparte : sous le premier Empire, la France compta 1 .'10 départements; la capitidation de Sedan fut suivie de la chute du second Empire. — Fig. et poétiq. L'empire des airs, des vents, de Borée, les airs. L'empire des eaux, des ondes, de Pluton, la mer. L'empire des ombres, de Pluton, le Sombre empire, les enfers. — Le Céleste Empire ou ÏEmpire du milieu, la Chine. — BMPiREd'OcciDENT, partie de l'empire romain qui comprenait l'Italie et toutes les provinces européennes siUiées à l'ouest de ce pays. — Empire d'Orient, partie de l'empire romain qui comprenait l'Afrique et les pays situés à l'est de l'Italie. — Saint-empire ou Saint-empire romain, empire d'Allemagne, empire d'Occident rétabli par Charlemagne.
* EMPIRÉE s. m. Voy. Eupyrée.
' EMPIRER V. a. Rendre pire, faire devenir
de pue qualité, de pire condition, mettre en pire état ; au lieu de rendre votre condition meilleure, vous ne faites que l'empirer. — v. n. Devenir pire, tomber en pire étal : ce malade empire à vue d'eeil.
' EMPIRIQUE adj. (lat. empiricus). Qui ne s'alLache qu a rexpérience sans suivre la méthode ordinaire del'arl: procédés empiriques. Se ditsurloul de la médecine et des médecins : médecine empirique; médecin empirique. — s. m. Charlatan, homme qui traite les maladies par de prétendus secrets, sans avoir aucune connaissance delà ii-.édecine : c'est un empirique qui le traite. — " Se dit aussi des philosophes empiriques : la secte, la doctrine des empiriqurs.
* EMPIRIQUEMENT adv. D'une manière empirique.
* EMPIRISME s. m. (gr. empeira, expérience). Médecine qui est fondée uiiiquemeiit sur l'expciiencc, et qui rejette toute Ihéorie. — Plus particulièrement. Prati(iue des charlatans :
EMPL
un aveugle empirisme. — Système de philosophie, dans lequel l'origine de nos connaissances est uni(|uenient attril)uce ù l'cxpcrience : l'cmpiiisme de Locke fut comlaliu par Leibiiitz.
EMPIS s. m. [an-piss] (gr. empis, moucheron). Kntoni. Gcni'e de diptères tanyslomes, type de la Irilm dcsempides.
* EMPLACEMENT s. m. Lieu, place considérée comme propre ày conslruire un bâlimont, à y faire un jardin, elc. Se dit plus ordinaiiemenl des espaces de terrain environnés de rues, de bâtiments : voilà un bel emplacement pour une maison.
EMPLANTURE s. f. Mur. Sorte de massif de bois formant un encaissement dans [oquol on enfiage le pied d'un raàt.
EMPLASTIQUE adj. Qui sert àfaire des emplâtres : niHinciil cmplasiiqiie.
EMPLASTRER v. a. Hortic. Enter en écusson.
* EMPLÂTRE s. m. {gv. cmplastron ; de cmplas.sô, enduire par dessus). Méd. Médicament solide et g-lutinenx, qui se ramollit par la chaleur, et qu'on emploie à l'extérieur, après l'avoir étendu sur de la toile ou sur do la peau. Les emplâtres sont ordinairement faits d'un corps pras ou résineux avec un oxyd métallique. Ils sont émollienls, excitants, fondants ou irritants selon leur composition. Les principaux emplâtres sont le diachylnm, excitant et maluratif; le diapalmr, siccatif; \'empUUre do Vi'jo. résolutif; Vempldtre depoix de Bourgogne, révulsif, mais d'un effet très inconstant ; iempUUrc émétisé (emplâtre simple sau|ioudré d'émétuiue), irritant, employé comme révulsif dans les maladies de poitrine ; le thapsia, employé à la place de la jioix de Bourgogne. — Prov. Ou il n'y a p.\s
UK M.\L, IL NK FAUT PAS Il'liMPLATRE. — Fig. ct
l'am. Mettuis un kmpl.atue a une affaire, couvrir, réparer ce qu'il y a de mauvais, de défectueux dans une affaire. — Fig. et fam. Personne qui est ordinairement iniirnio ; elle a un empkUre de mari. — Personne qui n'a aucune vigueur d'esprit, qui est incapable d'agir comme il convient, qui ne fait qu'apporter de l'embarras dans les alfaire.s dont elle se mêle : quel empldtre que cet komme là !
— w Jargon. Cartes que les grecs choisissent à l'avance et dissimulent adroitement, pour saisir le moment propice de les substituer à li'urjeii.
' EMPLETTE s. f. (bas lat. implicare, dépenser). Achat de quelque marchandise, d'un meuble, d'un vêlement, d'un livre, elc. : faire emplette de quelque chose. — Chose achetée : je lais rous montrer mes emplettes.
' EMPLIR V. a. (lai. imp/tre). Rendre plein : emplir un vase, un verre de quelque liqueur. — Fam. Il esiplit bien son pouhpoint, se dit d'un liumme gros et gras. Se dit aussi, fig., d'un homme qui mange beaucoup. — S'emplir v. lU'. Devenir plein : le navire s'emplissait tellement d'eaii, qu'il était prés de couler bas.
' EMPLOI s. m. Usage qu'on fait de quelque chose : l'emploi du fer dans les constructions.
— Jurispr. et Fin. Collocalion de certains deniers ou capitaux : régler l'emploi des deniers qui proviennent d'une vente. — L'emploi d'une somme, l'action d'employer une somme, d'en faire mention dans un compte, soit en dépense, soit en recette. — Double emploi, se dit, dans le langage ordinaire, de tout ce qui lait inulilement répétition. — L'emploi d'un MOT, d'une expression, la manière dont on l'emploie, dont on peut l'employer. — Occupation, fonction d'une personne qu'on em- |doie : c'est unhomme qui cherche de l'emploi.
— Théâtre. Rôles dont un acteur esl spécialement chargé : cet acteur tient l'emploi des rois, des valets, etc. — Chef d'emploi, acteur qui joue en chef les rôles de son emploi.
EMPO
* EMPLOYÉ, ÉE part, passé de Employer. s. m. Homme employé dans une administralion, dans un bureau, etc. : un employé du ministère de l'intérieur, de l'octroi.
' EMPLOYER V. a. (lai. implicare, envelopper, engager). J'emploie, tu emploies, il emploie; nous employons, vous employez, ils emploient. J'employais; nous employions, vous employiez, ils employaient. J'emploierai. J'emploierais. Que j'emploie; que nous employions, que vous employiez. Que j'employasse. Employant. Employé, ée. Mettre en usage; faire usage, se servir de : employer son bien à de folles dépenses. — Prov. et fig. Employer le vert et le sec, employer toutes sortes de moyens pour réussir à quelque chose. — Employer une phrase, un mot, une locution, s'en servir en parlant ou en écrivant : employer les termes propres, les tours les p/«s é^iinis.— Employer UNE RAISON, UNE PIÈCE, s'eii sei'vir pour en tirer quelque preuve. — Employeu une partie dans UN compte, la mettre, la tirer en ligne de compte. On ditde même. Employer une somme EN recette, en dépense. — Employer quelqu'un SUR L'ÉT.iT, le mettre sur l'élal de dépense, sur l'étal de ceux qui doivent être payés. Cette manière de parlera vieilli. —Donner de l'occupation, de l'emploi à quelqu'un : on a employé cet homme dans les pays étrangers. — «■V Employer son temps a faire quelque chose, y consacrer son temps : il employa dix ans de son existence à faire son ouvrage. — ' S'employer V. pr. S'occuper, s'appliquer, agir : il s'est employé pour moi de la manière ta plus bienveillante. — *v Etre appliqué à un certain usage : cette substance ne s'emploie qu'en pharmacie. — Etre usité : ce terme ne s'emploie qu'au figuré.
* EMPLUMER V. a. (rad. plume). Garnir de plumes. Se disait particulièrement en parlant des petits morceaux de plumes dont on garnissait un clavecin, avant l'invention des marteaux employés aujourd'hui dans les pianos. — *v S emplumer v. pr. Emplumer soi. Se dit particulièrement des petits oiseaux dont le corps commence a se couvrir de plumes.
* EMPOCHER v. a. {rad. poche). Fam. Mettre en poche. Se dit proprement do l'argent ou de quelque autre chose qu'on serre dans sa poche avec une sorte d'cmijressement, d'avidité : à mesure qu'il gagne de l'argent au jeu, m'empoche. — Fig. et fam. Se dit de paroles désagréables qu'on s'entend adresser sans oser ou pouvoir y répondre : son chef lui adressa des mots très durs qu'il lui fallut bien empocher.
' EMPOIGNER V. a. (rad. poing). Prendre et serrer avec le poing : pour bien jouer ci la paume, il faut bien empoigner sa raquette. — Se dit de quoiqu'un que l'on saisit pour l'arrêter ou l'expulser d'un emlroit : (/ fat empoigné par les gendarmes, au moment où il s'esquivait. — w Jargon. Critiquer amèrement, invectiver. — Charmer, séduire, émouvoir : cette scène vous empoigne. — ' S'empoigner v. récipr. Pop. : ils se sont empoignés, on a eu beaucoup de peine à les séparer.
EMPOINTAGE s. m. Techn. Action d'emponiter.
EMPOINTER V. a. (rad. pointe). Techn.
Faire la pointe des aiguilles et des épingles.
EMPOINTEUR s. m. Techn. Ouvrier qui empointe.
EMPOINTURE s. f. Mar. Nom donné aux deux coins supérieurs d'une voile carrée où se réunissent les ralingues de côté et de têtière aux deux capelages de la vergue, de manière à former de chaque côté un œillet qui sert de passage aux haubans.
* EMPOIS s. m. (lat. impicare, poisser}. Es-
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pèce de colle faite avec de l'amidon, et dont on se sert pour rendre le linge plus ferme : passer du linge à l'eau d'empuis.
EMPOISE s. f. Techn. Sorte de coussinet qui, d.insles machines, sert d'appui aux tourillons des axes tournants.
EMPOISONNANT, ANTE adj. Qui empoisonne.
- EMPOISONNÉ, ÉE part, passé de Empoisonner. — Fig. Dons empoisonnés, louanges EMPoisoN.NÉEs, dons faits, louanges données à dessein de nuire.
• EMPOISONNEMENT s. m. Action d'empoisonner : l'empoisonut ment est un crime capilal.
— XX Empoisonnement des arqres, le voisinage des fabriques de produils chimiques estmortel pour les arbres; les végétaux ne souQ'rentpas moins des fuites de gaz. — Législ. « Esl qualifié empoisonnement tout attentat à la vie d'une personne par l'effet de substances, qui peuvent donner la mort plus ou moins promptement, de quelque m.-inièro que ces substances aient été employées, el quelles qu'en aient été les suites (G. péii. 301). Tout individu coupable d'empoisonnement est puni de mort (id. .302). Si l'empoisonnement a été commis involontairement, par maladresse, imprudence ou inobservation desrègleraents, et s'il a causé un homicide, la peine est un emiirisonnement de trois mois à deux ans et une amende de SO fr. à 000 ir. (id. 319). S'il y a eu infraction aux règlements concernant la vente des substances vénéneuses, le pliarmacien ou tout autre contrevenant peut être condamné à une amende de 100 fr. à 3,000 fr. et il un emprisonnement de six jours à deux mois (L. 19 juillet ISi.j), sans préjudice de lous dommages-intérêts (G. civ. 1382 et s.). L'empoisonnement des chevaux ou des bestiaux d'autrui, ou des poissons dans les étangs, viviers ou réservoirs, est puni d'un emprisonnement d'un, an à cinq ans el d'une amende deKJfr. à 300 fr. (G. pén. 4b2). Quiconque a jeté dans des eaux courantes ou dans des canaux des drogues de nature à empoisonner ou à enivrer le poisson, est puni d'une amende de 30 fr. à 300 fr. el d'un emprisonnement d'un à trois mois (L. lo avril 1829, art. T6) »
(V. S.) (Cn. Y.).
•EMPOISONNER v. a. {rsid. poison). Donner, faire prendre du poison. Se dit surtout lorsque le poison est donné à dessein de faire mourir : le bruit est qu'on l'empoisonna. — Infecter de poison : empoisonner des armes. — Empoisonner un étang, une rivière, jeter des substances propres à faire mourir le poisson.
— Empoisonner des terres, jeter dans des terres des choses propres à iaire mourir les chiens, afin d'empêcher la chasse. — Se dit également des choses qui font mourir par une qualité vénéneuse : la noix de galle empoisonne les chiens. — Par ext. .Se dit des vapeurs qui sont extrêmement infectes : cet homme a une haleine qui empoisonne. — Fig., au sens moral. Troubler, altérer, remplir d'amertume : ce souvenir empoisonnait mon existence. — Se dit, particulièrement, de ce qui corrompt l'esprit et les mceurs : ces maximes sont capables d'empoisonner la jeunesse. — Rapporter une chose en y donnant un tour malin, défavorable, dangereux, conlro l'intention de celui qui l'a dit : les médisants empoisonnent tout. — \x Fig. et fam. Donner à manger quelque chose de très mauvais : dans ce restaurant on vous empoisonne. — 'S'empoisonner v. pr. Prendre du poison : il s'empoisonna avec de l'arsenic.
* EMPOISONNEUR, EUSE s. Celui, celle qui empoisonne : il fut condamné comme empoisonneur. — Fig. et fam. Mauvais cuisinier, mauvais traiteur : prendre pension chez un empoisonneur. — Fig. Homme qui débite une doctrine pernicieuse : c'est un empoi-
EMPO
sonneur puhUc. — %.v Adjectiv. S'emploie quelquefois au figuré :
Loin du trône nourri, de ce fatal honneur, Hélas î vous ignorez le charme empoisonneur.
BiCIISB.
* EMPOISSER V. .1. Voy. Poisser.
• EMPOISSONNEMENT s. m. Action d'empoissonner : faire t'cinpoissonnctnetit
l'cmpoisscnnement d'un étang.
' EMPOISSONNER v. a. Peupler, garnir de poisson : empoissonner des fossés.
EMPOIVRER V. a. (argot, poivre). Syn. de Empaffer.
EMPOLI, ville d'Italie, sur l'Arno, à 26 kil. S.-O. de Florence; 17,530 h. L'église collégiale, élevéeàlafin du si'= siècle, contient de belles sculptures et de remarquables peintures. Chapeaux de paille toscans.
* EMPORTÉ, ÉE adj. Qui se laisse entraîner par sa passion, qui se fâche aisément, qui est prompt à dire des injures : c'est un homme emporté avec qui on ne saurait vivre en paix: caractère violent et emporté. — »\ Esprit k«- PORTÉ, esprit plein de fouyue. — Paroles emportées, paroles violentes, injurieuses. — * Substantiv. Personne emportée : c'est une folle, une emportée.
' EMPORTEMENT s. m. Mouvement déréglé, violent, cuuse par quelque fiassion : emportement d'amour, de joie. Absol. Emportement de colère : dans ses emportements, il ne ménage personne. — »* Les emportements de LA JEUNESSE, les écarts auxquels se laisse aller la jeunesse. —Parler avec emportesient, parler d'une manière trop impétueuse.
* EMPORTE-PIÈCE s. m. Instrument propre à découper, et qui enlève la pièce : des emporte-pièce. — Fig. et fam. Satirique qui se permet l'injure et les personnalités; — ** Raison qui ne permet pas d'objection : ihious lançait desarguments, comme autant d'emportepièce.
* EMPORTER V. a. (rad. porter). Enlever, ôler d'un lieu : il a fait emporter tous ses mcubhs de la maison. — Prendre une chose en un lieu, et la porter, l'avoir avec soi : il prit la fuite, en emportant les fonds qui lui avaieiU été confiés. — Autre!', fig., sous la législ. qui reconnaissait le droit d'aînesse. L'aîné euporte LES ijeux tiers DU BIEN, les deux tiers du bien sont dévolus à l'aîné. —Fig. Se dit quelquefois, en parlant des choses morales : le secret qu'il emporte avec lui dans la tombe. — Entraîner, arracher, enlever, emmener avec efforts, avec rapidité, avec violence : son cheval prit le mors aux dents, et l'emporta à ti-avers leschami)s, ou, absolument, l'emporta.
— Fig. et fam. Emporter la pièce, railler, médire d'une manière cruelle. — Autant en emporte LE VENT, se dit en parlant de promesses auxquelles on n'ajoute pas foi, ou de menaces dont les ell'els ne sont point à craindre.
— Que le diable vous emporte, se dit pour exprimer son dépit, sa mauvaise humeur, sa colère contre quelqu'un. Pour les autres locutions analogues, voy. Diable. — Fig. Se dit aussi d'une maladie qui cause la mort : la peste emporte les gens en peu de jours. — Détruire, faire disparaître : il ne relira desa créance qu'un millier de francs, les frais emportèrent le reste. Se dit surtout en parlant de couleurs, de taches, etc. : le jus de citron emporte les taches d'encre, emporte la couleur des étoffes sur lesquelles il tombe. — Ce resiéde emporte LA FIÈVRE, il la guérit. — Fig., en l)arlanl des passions. Tirer Tàme de sa situation ordinaire, jeter dans quelque excès blàm:à>\<t : la jeunesse se laisse emporter aux plaisirs- — Fig. Gagner, obtenir, mais avec l'idée d'une sorte de violence : il emporta cette affaire à force de sollicitations. — Prov. etfig. Emporter quelque chose de haute lutte, l'emporter rapidement, malgré toute oppo-
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sition. — Emporter une place, s'en rendre maître en peu de temps. On dit de même. Emporter un ouvrage l'épée a la main ; emporter UN RETRANCHEMENT, CtC. — PrOV. et fig.
Emporter quelque chose a la pointe de l'iîpée, l'emporter avec de grands efforts. — Avoir la supériorité, le dessus, prévaloir; et alors se joint avec le pronom le : Virgile et Horace l'emportent sur tous les poètes latins. —Joint au même pronom. Peser davantage : à volume égal, l'or l'emporte de beaucoup sur l'urgent. — Fig. Emporter la balance, déterminer la préférence. — Entraîner par une suite nécessaire; comprendre, impliquer : dans quelques pays, la condamnation à mort emporte la confiscation des biens; le mot de vertu emporte presque toujours l'idée d'effort fait sur soi-même. — Procéd. La forme emporte le fond, se dit pour exprimer que, dans le jugement d'un procès, la forme prévaut sur le fond, c'est-à-dire, qu'un simple défaut de forme peut faire échouer dans les prétentions les mieux fondées. Dans le sens contraire. Le fond emporte la forme, le fond prévaut sur la forme. — w Fig. Ce mets, cette liqueur vous emporte la bouche, se dit d'un mets trop épicé, d'une liqueur trop forte. — * S'emporter v. pr. Se livrer à un excès d'orgueil, d'audace, et, en général, à un sentiment immodéré : ce conquérant s'emporta jusqu'aux plus folles entreprises. — Ab.'-ol. Se fâcher violemment, s'abandonnera lacolère: (7 s'emporte pour peu qu'on le contredise. — Se dit également d'un cheval qui se livre à sa vivacité, à sa fougue, et qui ne peut être retenu par celui qui le monte ou qui le conduit : les chevaux s'emportèrent, et la voiture versa. On dit quelquefois, dans un sens analo qu'UN chien de chasse s'emporte. —
gue, i* Etre e'mporté : ils prirent tout ce qui s'emporte facilement.
EMPOTAGE s. m. Action de mettre en pot. • EMPOTER v. a. (rad. pot). Jard. Mettre en pot
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quelque chose avec une ardeur empressée. — Substantiv. Fam. S'emploie en parlant des personnes, dans les deux premiers sens : il fait l'empressé auprès de cette femme.
* EMPRESSEMENT s, m. Action d'une personne qui s'empres<e; mouvement que se donne celui qui recherche une chose avec ardeur : il a beaucoup d'empressement à vous servir. — v» Soins et prévenances : montrer de l'empressement auprès d'un malade.
' EMPRESSER (S') v. pr. (rad. presse). Agir avec ardeur, se donner beaucoup de mouvement, s'agiter, se mettre en avant pour faire réussir quelque entreprise, quelque affaire : il n'aime pas à s'empresser mal à propos. — Se hâter : s'empresser de prendre la parole.
EMPRISE s, f. (rad. prise). Entreprise chevalrroqiie. Portion empruntée à un terrain.
* EMPRISONNEMENT s. m. Action par laquelle quelqu'un est mis en prison, ou état de celui qui est emprisonné. — Législ. «L'emprisonnement est une peine desimpie police, lorsque sa durée n'excède pas cinq jours (G. inst. crim. 13";). En matière correctionnelle, la durée de cette peine est de six jours au moins et de cinq ans au plus, et le condamné est renfermé dans une maison de correction, où il est employé au.^ travaux établis dans ladite maison, à son choix. (C. peu. 40). Les condamnés à un an et un jour de ladite peine ou à une durée moindre doivent être soumis à l'emprisonnement individuel, et il en est de même de ceux dont la peine a une durée plus longue, mais qui demandent à être soumis à ce régime. Malheureusement cela ne peut être appliqué que là où est installé le système cellulaire; et sur les 437 prisons départementales, il n'y en a encore qu'un petit nombre qui soient disposées conformément aux prescriptions de la loi du o juin 187o. « (Ch. Y.)
les géraniums doivent être empotés et rentrés en serre avant la gelée.
' EMPOURPRER v. a. (rad. powj-prd). Colorer de pourpre ou de rouge. Poétique. - »\ S'empourprer v. pr. Etre empourpre : le ciel s'empourprait à l'horizon.
* EMPREINDRE v. a. (lat. imprimere). Imprimer une ligure, un dessin, des traits, sur une surface : empreindre des cui\ictéres. — Fig. Marquer, graver : sentiments que la nature a empreints dans le cœur de tous les homfji(.g, — S'empreindre v. pr. Laisser son em preinte : leurs pas s'étaient empreints su neige, sur le sable.
* EMPREINTE s. f. Figure empreinte, impression, nuirquG : la balle avait laissé son empreinte sur la cuirasse. — S'emploie aussi ligurément : tous les écrits de cet auteur portent l'empreinte de son génie. — Géol. Se dit des ligures de plantes, d'insectes, de poissons, etc., qu'on trouve empreintes sur certaines pierres : on trouve beaucoup d'empreintes de jwissonsqui n'ontpoint leurs an ilojues vivants. — vx Anat. Se dit de certaines inégalités que l'on rencontre sur les os et qui correspondent à l'attache des muscles et des ligaments, ou au contact des vaisseaux ou autres parties.
* EMPRESSÉ, ÉE adj. Qui agit avec ardeur, qui se donne beaucoup de mouvement pour le succès de ce qu'il a entrepris : c'est un homme fort empressé. — Se dit particulièrement d'une personne qui cherche par beaucoup de prévenances à se faire bien venir d'une autre : il parait fort empressé auprès d'elle. — Se dit encore simplement de celui qui met une sorte de hâte, de précipitation à faire quelque chose : on les vit empressés à se ranger sous sa domination. — Se dit, en des sens analogues, de l'air, des manières, des actions, des sentiments, etc. : rechercher
" EMPRISONNER v. a. (rad. prison). Mettre en prison. — Par exl. Retenir comme dans une prison : les eaux débordées tious emprisoiinérent dans un étroit espace. — w S'emprisonner v. pr. Emprisonner soi, se renfermer: le ver a soie s'emprisonne dans son cocon.
EMPROSTATE s. m. (gr. emprosten, en avant). Aiiliq. Nom des soldats grecs qui formaient le Iront de la phalange.
■ EMPRUNT s. m. Action d'emprunter ; chose qu'on emprunte : cet auteur a soin de cacher les emprunts qu'il se permet. — Fig. Beauté d'emprunt, vertus d'emprunt, elc, beauté qui n'est point naturelle, vertus dont on n'a que l'apparence.
* EMPRUNTÉ, ÉE part. passédeEMPRUNTER.
— Adjectiv. Se dit souvent de ce qui n'est pas propre à la personne ou i la chose dont il s'agit, de ce qui n'est pas naturel :
Même elle avait cncor cet éclat emprunté, Dûlit elle eut soin de peindre et d"ortnT son visage, Pour réparer des ans i'in'éparable uiitrage. Râcinb.
— Avoir un air emprunté, des manières empruntées, avoir un air embarrassé, contraint, des manières peu naturelles, affectées. — Ce LIVRE a paru sous UN NOM EMPRUNTÉ, il a paru sous un autre nom que celui de son auteur. — Conter une histoire sous des noms empruntés, la conter sous des noms déguisés, sous de faux noms.
■ EMPRUNTER V. a. [an-prun-té] (franc, en; lat. promere, promptum, tirer). Demander et recevoir en prêt : emprunter à gros intérêt.
Quel étonncntent est le vôtre?
Sulpice n'est qu'un gueux, et Sulpice pourtant, N'est sei'vi, dites-vuus, qu'en vaisselle d'argent : C'est qu'il n'en emprunte point il autre.
L* MuNNiYB.
—Fig. Recevoir, tirer de, devoir à : les mugis-
EMUL
trats empruntent leur autorité du pouvoir qui les institue.
Aimez donc l;i raison: quo fou jours vos écrits Empruntent d'elle seule cl leur luslrc el leur prix.
fioiLUAU.
— La LUNE EMPRUNTE SA LUMIÈRE DU SOLEIL, elle
ne luit point d'une lumière quiluisoit propre, elle la reçoit du soleil.— Fig. Seservir, user, tirer parti de ce qui est à un autre ou de ce qu'un autre fournit : emprunter une pensée à un auteur. — i-» S'emprunter v. pr. Etre obtenu par emprunt : ce ne sontpasde ceschoses qui s'empruident.
* EMPRUNTEUR. EUSE s. Celui, celle qui emprunte. — Se dit plus ordinairement de quelqu'un qui a l'habitude d'emprunter : c'est un hardi emprunteur. — v* Adjectiv. Qui emprunte ou a emprunté :
Ici gît un prélat à.'empruntt'use mémoire.
EMPTION s. f. (lat. emptio; de emere, acheter). Juris|)r. Achat.
* EMPUANTIR V. a. (rad. puant). Infecter, répandre une mauvaise odeur, la communiquer : cet ér/out empuantit tout le quartier. — S'empuantir V. pr. Devenir puant, infect : les eaux de cette mare commencent à s'empuantir.
•EMPUANTISSEMENT s. m. Etat d'une chose qui s'empuantit : il faut craindre l'empuantissement des eaux.
* EMPYÉMEs. m. (gr. en, dans; ptwn, pus). Méd. Amas de pus dans quelque cavité du corps, et particulièrement dans la poitrine. — Opération chirurgicale par laquelle on fait une ouverture au bas de la poitrine pour donner une issue au pus, au sang épanché dans cette cavité : l'empyéme est une opération dangereuse.
' EMPYREE s. m. (gr. cmpuros, qui est enflammé). Partie du ciel la plus élevée, que les anciens regardaient comme le séjour des divinités célestes, et oiiles théologiens placent celui des bienheureux : les dieuxde l'Empyrée. — S'emploie quelquefois adjectivement : le ciel cmpxjrée.
* EMPYREUMATIQUE adj. Chim. Tenant de l'empyreunie : odeur cmpyreumatique.
* EMPYREUME s. m. (gr. empureuma ; de empurcuù, je briile). Chira. Qualité désagréable au goût et à l'odorat, que contractent certaines substances soumises à Taclion d'un feu violent.
EMS, rivière du N.-O. de la Prusse. Elle nait en Westphalie, coule de S.-O. au N.-O.,
et au N. (à travers le Hanovre), et se jette dans la mer du Nord, dans la baie de Dollart, près d'Emden, après un cours d'environ 32.T kil. Elle est navigable jusqu'au Rhin (120 kil.), pour les petits navires.
EMS, station balnéaire de Hesse-Nassau (Prusse), dans la vallée de la Lahn, à 11 kil. S.-E. de Coblentz; 8,000 hab. C'est une des stations d'Allemagne les plus fréquentées. Traitement des maladies nerveuses chroniques.
* EMU, UE pari, passé de Émouvoir. — « Argot. Se dit d'une personne légèrement troublée par les fumées du vin.
* ÉMULATEUR s. m. Qui est animé d'un sentiment d'émulation : il a eu plus d'envieux de sa fortune que d'émulateurs de sa vertu. Peu usité et ne s'emploie que dans le style soutenu. — *v Au fera. Emulatrice.
* ÉMULATION s. f. (lat! xmulatio). Sentiment qui excite à égaler ou à surpasser quelqu'un en quelque chose. Se dit surtout en parlant de choses louables : l'émulation a augmenté son ardeur pour l'étude.
'ÉMULE s. m. (lat. aemulus). Concurrent, rival : surpasser tous ses émules. — Se dit
EN
aussi des personnes qui sont resardées comme étant d'un mérite égal en quelque art, en quelque profession : ces deux peintres étaient émules. — S'emploie quelquefois comme substantif féminin : Curthage était la digne émule de Rome.
EN
* EMULGENT, ENTE adj. [-jan] (lai. emulgens; de emulgere. Ira ire). Anat. Se dit des artères qui portent le sang dans les reins, et des veines qui le reportent au cœur.
* ÉMULSIF, IVEadj, Se dit des graines, des semences dont on peul tirer de l'huile par expression : les^gruines de melon sont émulsives. — s. m. Substance émulsive.
ÉMULSINE s. f. Chim. Sorte de ferment conli-nu dans les diverses espèces d'amandes.
•ÉMULSION s. f. {M.emulsio). Nom donné à diverses préparations pharmaceutiques liquides et d'un blanc de lait : l'orgeat est une émidsion Phot. ,\' . .S.)
* ÉMULSIONNER v. a. Méd. et Pharm. Mêler une émulsion avec une tisane ou avec une boisson quelconque.
* EN [an] (lat. in; gr. en). Préposition qui sert à marquer, soit au propre, soit au figuré, la relation d'une chose avec le dedans, l'intérieur, le milieu d'une autre. Se prend dans une acception moins déterminée que dans, el son régime ne s'emploie que très rarement avec l'article défini : mettre quelqu'un en prison. Souvent l'idée de relation avec l'intérieur d'une chose s'affaiblit, ou même s'efface entièrement, et EN parait alors équivaloir aux prépositions a ou vers, comme dans ces phrases : avoir le casque en tête ; voltiger de fleur en fleur. — Fig. el fain. Avoir quelqu'un ENTÊTE, l'avoir pour concurrent, pour adversaire. — Régit très souvent un mot qui indique ou détermine l'état absolu ou relatif, la manière d'être, la disposition, la niodilication d'une personne ou d'une chose : il a tant couru qu'il est tout en nage; il n'est plus en fonction; être en avance. — Régit également le mot qui indique ou détermine ; 1° A quoi une personne est occupée, o.ppliquée : être en affaire, en oraison, en prières, "i" Le résultat d'un changement de nature : 'Narciséc fut métamorphosé en fleur. Par exag., fondre en larmes. 3° La forme : arbres taillés en buisson, i" Le genre de culture : ce terrain a été mis en potager, est en potager. 5° Le mode de division : diviser en deux, en trois, en quatre parties, ou simpl., diviser en deux, en trois, etc. 6° L'espèce de vêtement qu'une personne a sur elle : être en habit de chasse. 7° Le costume : une femme travestie en homme. — -Régit aussi très fréquemment le mot qui détermine à quoi est relative, à quoi est restreinte, ou sous quel point de vue est considérée la chose, la qualité, l'action, etc., dont il s'agit : la récolte en vin n'a pas été fort abondante. On doit ranger ici les locutions telles que : docteur en médecine; menuisier en bâtiments; peintre en miniature, etc. — Sert encore, particulièrement, à marquer conformité : en bonne justice. — En tant que, selon que, autant que. Cette locution est principalement usitée en termes de pratique ; en temps que besoin sera. S'emploie aussi quelquefois, dans le langage ordinaire, pour comme: en tant qu'homme, il les plaint; mais, en tant que juge, il les condamne. — En qualité de, comme, à titre de ; il voulut servir en qualité de volontaire. — En son nom, de son chef, personnellement. Se dit surtout en termes de pratique : agir tant en son nom qu'au nom d'un autre. On dit de même, En son propre et privé NOM. — En, et son régime servent pareillement à indiquer : 1° La manière dont se lait une action : je vous expliqtierai la chose en deux mots. A cet emploi se rapportent les phrases où en peut ordinairement se résoudre par à la manière, à la laçou de : en homme prudent, je me retirai. Commander en chef, en qualité de chef. On dit de même, Gi-
NÉRAL EN CUEF, etc. 2» Le langage ou le genre d'écriture qu'on emploie : ils s'entretenaient en anglais; inscription en caractères grecs, en hiéroglyphes, etc. : La destination : arborer un drapeau noir en signe de deuil. On peut rapporter k cet emploi les phrases. Poser en
FAIT, établir en principe, METTRE EN QUESTION,
etc., présenter ou avancer quelque chose comme un fait, comme un principe, elc.
4» Le motif qui fait agir, ou la fin qu'on se propose : payt:r une somme en déduction d'une autre. — Sert encore à former plusieurs autres locutions, pour l'explication desquelles nous renvoyons aux différents articles des mots qu'il régit : prendre en patience, en horreur, en amitié, en gr'qipe, en haine, en bonne, en mauvaise part; en revanche, en tiers, en comparaison, en définitive, en conséquence, en outre, etc. (Voy. Patience, Horreur, etc.; Revanche, Tiers, etc.). — Sert de plus à marquer le rapport au temps, et signifie durant, pendant : en temps de guerre. — Se met également devant l'indication d'une époque :"e« l'an '600 de la fondation de Rome. — Sert aussi pour marquer le temps qu'on emploie à faire quelque chose : il arrivera en trois jours. Avec la préposition dans, la phrase signifierait, il arrivera au bout de trois jours. — Précède lort souvent le part. prés, actif; et alors sert principalement à marquerle temps, l'époque, comme dans cette phrase : on apprend en vieillissant; ou la manière, comme dans celle-ci : parler en tremblant. — Lorsque cette préposition rés-it un nom, elle n'est presque jamais suivie de l'article pluriel les, ni de l'article singulier le ou la, à moins que le nom ne commence par une voyelle ou une h muette. .\iusi on ne dit point, en les lieux, en les temps; mais on dit tort bien, en l'honneur des saints, en l'absence d'un tel. On dit néanmoins, par exception, en la présence de Dieu. Il y a aussi quelques formules où en reçoit immédiatement après lui l'article la : ce procès a été juye en la chambre du conseil. — Sert de préfixe à des mots, surtout des verbes, qui signifient garnir de, mettre dans, etc. Cette préposition, lorsqu'elle fait ainsi partie d'un mot composé, s'écrit avec une m, toutes les fois qu'elle est suivie d'un 6, d'un p, ou d'une m. .\insi on écrit, embarquer, empenner, emmailloter, au lieu de, enbarquer, enpenner, enmailloter.
* EN [an] (lat. inde. do là). Pronom relatif ou particule relative, qui tient lieu de la préposition de et d'un mot déjà exprimé ou d'une phrase, d'une proposition déjà énoncée, qu'on ne veut pas répéter : vient-il de la ville? oui, il en vient, oui, il vient de la ville. On ne doit jamais se repentir d'avoir bien fait, aussi ne s'en repent-il pas, aussi ne se repentit pas d'avoir bien fait. Cette affaire est délicate, le succès en est douteux, le succès de cette affaire est douteux. — S'applique quelquefois à une phrase qui va suivre ou qui n'a pas encore été complètement exprimée. Ainsi on dit : n'en doutez pas, ils céderont si vous montrez de la fermeté, c'est-à-dire ne doutez p.-is de cela, de ce que je vais dire, etc. C'est là, soyez-en certain, la cause de son refus, c'est-àdire, c'est là (soyez certain de ce que je dis) la cause, etc. — En, suivi d'un adjectif, se rapportant au mot que ce pronom rappelle, on peut ordinairement le résoudre par ce mot seul, sans la préposition de : a^t-il des protecteurs ? il en a de très puissants, il a des protecteurs très puissants. A-t-il des amis '! il n'en a qu'un seul, il n'a qu'un seul ami. C'est la seule récompense qu'il ambitionne, il n'enveut point d'autre, il ne veut point d'autre récompense. — S'emploie souvent sans aucune relation avec ce qui précède; mais ne laisse pas de marquer quelque chose de sous-entendu. Par exemple : en est-il un seul parmi vous qui consentit... en estil parmi vous qui consentissent... signifient, est-il parmi vous un seul homme qui consentit... des hommes, des gens qui consentis-