‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 375 sur 568 · MAUVAIS ENDROIT, PAR SON VILAIN ENDROIT, PAR · texte numérisé non relu

MAUVAIS ENDROIT, PAR SON VILAIN ENDROIT, PAR

UN VILAIN ENDROIT. On dit aussi, C'est son endroit FAIBLE, c'est son côté faible. Prendre ijuELOu'uN PAR son ENDROIT FAIBLE, lui présenter les raisons, les motifs auxquels il est le plus disposé à céder. — Fip. C'est son endroit sensible, se dit en parlant des choses dont quelqu'un est le plus touché. Dans un sens analogue. Prendre quelqu'un par son endroit sensible.

— C'est le plus bel endroit de sa vie, c'est la plus belle partie de sa vie ; et dans un sens contraire. C'est le vilain endroit de sa vie.

— A l'endroit de quelqu'un, à son égard, envers lui. Cette manière de parler a vieilli. On disait de même, En mon endroit, en son endroit, en lkur endroit, etc. — Beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé à l'envers : voilà l'endroit de ce drap. — Etoffe a deux endroits, étoffe dont les deux côtés sont semblables.

'ENDUIRE v. a. (lat. inducere). Couvrir d'un enduit, d'une matière qui forme enduit: enduire une muraille déplâtre. — w S'enduire v. pr. Etre enduit.

' ENDUIT s. m. Couche de chaux, de plâtre, de ciment, ou de quelque autre matière semblable, que l'on applique sur les murailles : faire un enduit. — Se dit aussi de quelques autres matières moHes ou liquides dont on couvre la surface de certains objets: le vernis est une espèce d'enduit. — Méd. Couche de matière, plus ou moins épaisse, qui revêt la surface de certains objets : l'enduit muqueux, jaunâtre, blanchâtre de la langue.

' ENDURANT, ANTE adj. Qui souffre aisément, avec patience les injures, la contrariété, les mauvais procédés. S'emploie le plus ordinairement avec la négation : ce n'est pas un homme endurant, d'humeur endurante. — C'est un homme peu endurant, une femme peu endurante, c'est un homme, une femme colère et qui a le ressentiment vif.

'ENDURCI, lE part, passé de Endurcir. — Substanliv. Personne qui a perdu tout sentiment de piété : ces hommes ne peuvent goûter les vérités évangéliques, ce sont des endurcis.

" ENDURCIR v. a. Rendre dur : le grand air endurcit certaines pien-es. — Par ext. Rendre fort, rendre robuste : le ti'avail endurcit le corps. — Fig. Accoutumer à ce qui est dur, fâcheux, pénible : il est bon d'endurcir de bonne heure les jeunes gens au travail, aux intempéries de l'air, aux privations. — Rendre impitoyable, inseasible : l'avarice lui avait endurci lecmur. — Selon l'Ecrit. Dieu endurcit le cœur DES pécheurs, il les abandonne à leur égarement. — S'endurcir v. pr. Devenir dur : la plante des ineds s'endurcit à force de marcher. — S'accoutumer à ce qui estdur, fâcheux, etc. : s'endurcir au travail, à la peine. — S'endurcir DANS LE VICE, DANS LE CRIME, Contracter l'habitude du vice, du crime, au point de n'en avoir plus de honte, de remords. On dit aussi : S'endurcir au crime. Devenir impitoyable, insensible : s'endurcir aux misères d'autrui.

• ENDURCISSEMENT s. m. Etat de ce qui devient dur. .N'est guère d'usage au propre. Fig. Etat d'une âme qui a perdu tout sentiment de piété, de vertu : cela marque un grand endurcissement.

' ENDURER v. a. (lat. indurare). Souffrir : les peines, les tourments que j'endure. — Supporter avec patience, avec fermeté, avec constance : il y a des gens qui endurent mieux que d'autres la faim et la soif. — Permettre : n'endurez pas qu'on fasse tort à votre famille. On dit plus ordinairement en ce sens Sodffris. — V». S'endurer v. pr. Etre enduré.

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ENDYMION{Mythol.gr.), berger d'une beauté remarquable, qui était visité dans sa grotte du mont Latmos, en Carie, par Séléné (Diane), la déesse de la lune. Les éclipses de lune étaient attribuées aux absences que faisait Diane, en allant voir son berger. Ils eurent ensemble ."10 filles. Jupiter condamna Endymion, qui avait attenté à l'honneur de Junon, à un sommeil perpétuel ou, selon d'autres, à un sommeil, qui devait durer 50 ans.

ÉNÉE, prince troyen, fils d'Anchise et de Vénus, époux de Creuse et père d'Ascagne.ll se sauva de Troie avec son pèresursesépaules. Après avoir err^ dans plusieurs pays, il atteignit le Latiuin, où il épousa Lavinia, fille du roi Lalinus. Il est le principal héros de VEnéidc.

ENÉIDE (L'), poème épique, en 12 chants, composé par Virgile, à la prière d'Auguste, et qui immortalise le nom et les aventures d'Enée.

• ÉNERGIE s. f. (gr. energeia). Force, vertu, puissance agissante : l'énergie d'un remède, des passions. — Vigueur d'âme : c'est un vieillard encore plein d'énergie. — S'applique, dans un sens analogue, au discours, à la parole : il y a dans les prophètes des expressions d'une grande énergie. — Fermeté qu'on fait paraître dans les actes de la vie publique ou privée : il a déconcerté ce complot par l'énergie de ses mesures.

' ÉNERGIQUE adj. Qui a de l'énergie : ce mot est fort énergique.

' ÉNERGIQUEMENT adv. D'une manière énergique.

' ÉNERGUMÈNE s. (gr. energoumenos, possédé par le démon). Théol. Possédé du diable : exorciser un énergumène. — Fig. Hoinme qui se livre à des mouvements excessifs d'enthousiasme, de colère, qui parle et s'agite avec violence : quel ton d' énergumène'. On dit dans le même sens : crier, s'agiter comme un énergumène.

• ENERVANT, ANTE adj. Qui est propre à énerver : chaleur énervante.

ÉNERVATION s. f. Méd. Faiblesse. — Supplice qui consistait à appliquer le feu sur les genoux et les jarrets du patient.

ÉNERVEMENT s. m. Etat de ce qui est énervé.

• ÉNERVER v. a. [é préf. privât.; lat. nervus, nerf). Afl'aiblir par la débauche, ou par quelque autre cause : le trop grand usage du vin est capable d'énerver un homme. — Fig. Amollir, efféminer: te voluptés énervent l'âme. — Enerver LE style, énerver le langage, rendre le style, rendre le langage faible et lâche : une délicatesse excessive énerverait la langue.

S'énerver v. pr. Enerver soi; il s'est énené

à force de débauche. — Etre énervé : son courage s'était énervé par un trop long repos; leur langage s'énervait en se polissant.

ÉNERVÉS (Les). C'étaient, suivant une tradition, deux enfants de Clovis II et Bathilde ; s'étant révoltés contre leur père et ayant été vaincus, on leur coupa les nerfs des bras et des jambes. Ils furent recueillis dans l'abbaye de Jumièges et prirent l'habit monastique; après leur mort, saint Philihertleur fît élever un tombeau. Ce monument, dont il reste plusieurs vestiges, ne remonte cependant pas au delà du xiir siècle. On a vu aussi dans les Enervés, les princes de Bavière, Tassilon et Théodore, enfermés par ordre de Gharlemagne.

Quelques historiens appliquent à d'autres personnages cette légende, qui est apocryphe et parait remonter au temps de Richard Cœur de Lion. On en voitencore actuellement le sujet représenté sur quelques bas-reliets de l'abbaye d-^ Jumièges.

* ENFAÎTEAU s. m. Tuile creuse qui se met sur le faite d'une maison.

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* ENFAITEMENT s. m. Table de plomb qui semetsur le faite des maisons couvertes d'ardoises : des crochets de fer arrêtent et soutiennent les enfaitements.

- ENFAÎTER v. a. Couvrir le faîte d'une maison avec de la tuile ou du plomb, etc.

•ENFANCE s. f. (lat. infantia ; de infans, enfant). Age de l'homme depuis la naissance jusqu'à douze ans ou environ : sortir de l'enfance. — Collectiv. Ceux ou celles qui sont encore dans l'âge de l'enfance : ils n'épargnèrent ni la vieillesse ni l'enfance. —Puérilité, action qui convientàun enfant; dans ce sens a un pluriel : faire des enfances. — Etre en enfance, tomber en enfance, se dit d'une vieille personne qui est tombée en imbécillité, qui n'a plus l'usage de la raison. — Fig. Commencement : à cette époque, la peinture était encore dans l'enfance, à son enfance.

' ENFANT s. m. (lat. infans'j. Garçon ou fille qui est en bas âge, qui n'a pas encore l'usage de la raison : on représente l'Amour sous les traits d'un enfant. — Au fém. sing. Très jeune fille, surtout lorsqu'on exprime quelque louange, ou qu'on témoigne quelque sentiment d'affection, de bienveillance, etc. : vous êtes une jolie, une aimable enfant. — Ce

n'est PAS UN JEU d'enfant, CE n'eSTPAS JEU d'e.N-

fant, se dit d'une affaire grave et sérieuse, ou d'un engagement dont on ne peut se dédire. — Il est aussi innocent que l'enfant qui vient de naître, qui esta naître, se dit pour mieux affirmer l'innocence de quelqu'un. — Faire l'enfant, badiner comme un entant, s'amuser à des choses puériles. On dit de même, être enfant; est-elle enfant; que vous êtes et<fant! — Se comporter, se conduire, agir comme

UN ENFANT, PARLER COMME UN ENFANT, agir SaUS

réUexion, tenir des discours puérils. On dit de même, discours d'enfant, conduite d'enfant, etc. — Il n'y a plus d'enfants, se dit à propos d'un enfant qui parle de choses qu'il devrait encore ignorer. — C'est un bon enfant, c'est un homme de bonne humeur, de bon caractère, et commode à vivre. On dit aussi, c'est une bonne enfant, une bien bonne enfant, en parlant d'une jeune fille ou d'une jeune femme d'un caractère doux et facile. — Il est bon

ENFANT, bien BON ENFANT DE CROIRE CELA, DE SE

PRÊTERA CELA, ctc, il èst biensimplede croire cela, etc. — Enfant trouvé, enfant qu'on trouve exposé, et dont le père et la mère ne se font pas connaître : l'hospice des Enfants- Trouvés, ou simpl., les Enfants-Trouvés. — Enfant de troupe, fils de militaire élevé dans les casernes aux frais de l'Etat. — Enfant de CHŒUR, enfant dont l'emploi est de chanter dans l'église, et de servir à quelques autres fonctions du chœur. — Enfants d'honneur, jeunes gens de qualité qui étaient nourris auprès d'un prince, pendant son bas âge. — Fig. Enfants perdus, se dit des soldats détachés qui commencent l'attaque un jour de combat. Commander les enfants perdus, se dit quelquelois, par ext., des personnes que l'on jette lespremièresen avant dans quelque entreprise hasardeuse, ou qui s'y aventurent d'elles-mêmes. — Fils ou fille, quel que soit leur âge, par relation au père et à la mère, ou à l'un des deux seulement : il laisse une veuve et quatre enfants en bas âge. — Fam. C'est bien l'enfant de sa mère, il lui ressemble beaucoup, il en a les manières, les qualités, les défauts. —Au plur. Comprend aussi quelquefois les petits-fils et arrière-petits-lils : ce père de famille a dîné avec tous ses enfants. Les petits-enfants d'une personne, ses petitsfils et arrière-petits-fils. — Tous ceux qui sont sortis d'une même souche, qui ont la même origine : les Juifs sont appelés les enfants d'Israël. — S'emploie aussi fig. : tous les fidèles sontenfants de Dieu, enfants de l'Eglise; la patrie vit alors tous ses enfants s'armer pour elle. — Un enfant de Saint-François, un enfant DE Saint-Ig.nace, etc., un franciscain, un jé-

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suite, etc. — Autref. Enfants de Fbance, princes enfants légitimes des rois de France, et ceux qui descendent des aînés. — Enfant de Paris,

ENFANT DE LyON, ENFANT d'OrLÉANS, etc, natif

de Paris, de Lj-on, d'Orléans, etc. — Enfant DE LA B.ALLE, cnfant d'un maître de jeu de paume; par est., toute personne élevée dans la profession de son père. — En style de l'Ecrit. Les enfants de lumière, ceux qui sont éclairés des lumières de l'Evangile. Les enfants DES TÉNÈBRES, les idolùlres. Les enfants pes hommes, les hommes : se dit principalement par opposition à Enfants de Dieu. — Les

MENTEURS SONT ENFANTS DU DIABLE. — LeS EN- FANTS DE BeLLONE ou HE MaRS, LES ENFANTS d'A-

POLLON, les guerriers, les poètes. — Terme damitié, de familiarité qu'on emploie quelquefois, en parlant à quelqu'un de plus jeune que soi ou à un inférieur, soit pour le flatter, pour le consoler, etc., soit pour lui ordonner quelque chose, pour l'y engager, etc. : enfant que vous êtes, poiwez-voiis avoir peur de la colère d'un ami ? — Fig. en poésie et dans le style élevé. Chose qui est produite par une autre, qui en nail, qui en résulte : le bonheur est enfant de la vertu. — Législ. <c Enfants assistés. Le document le plus ancien qui s'occupe des enfants trouves paraît être, écrivions-nous en ISfiS, dans la Revue critique de législation (t. XXIII), un décret du concile de iNicée (an 'iTi), qui recommande d'établir, dans chaque ville, un Xenodochium ou hospice pour les enfants abandonnés, les vovageurs, les infirmes et les pauvres. En 787, Dath'éus, prêtre, fonda ■'i Milan un hospice d'enfants trouvés. Vers 4198, un hospice fut créé à Rome par les religieux de l'ordre du Saint-Esprit, pour y recevoir les enfaiits exposés: et le même ordre établit à Paris un hospice d'orphelins, en 130-2. François I"' fit construire, à Paris, une maison hospitalière qui était destinée à recevoir des orphelins légitimes, et que l'on connaissait sous le nom d'hospice des Enfants-Rouges. Enfin, vers ■1640, saint Vincent de Paul et M""" Legras ouvrirent des refuges pour y recueillir les enfants trouvés ; mais l'hospice des Enfants- Trouvés de Paris ne fut fondé qu'en 1670, dans le faubourg Saint-.\ntoine. A la même époque, quelques établissements semblables furent créés dans d'autres villes, !e plus souvent par l'initialive des habitants et des municipalités. Dans les provinces, les seii;neurs hauts-jusliciers étaient chargés, en vertu d'un arrêt du Conseil du roi du 13 août 14o2, de nourrir et entretenir les enfants exposés ou abandonnéssur leur territoire. Lorsque, après la déclaration de Chantilly (18 juillet 1724), des mesures rigoureuses furent prises pour combattre la mendicité qui désolait la France, on établit, à la porte des établissements destinés aux vieillards et aux mendiants, des tours d'exposition pour les enfants. Ces derniers, entassés dans les hospices, y mouraient presque tous. L'Assemblée nationale, par un décret du 29 nov. 1790, décida que les ci-devant seigneurs hauls-jiisticiers auraient lafacullé de remettre les enlanls, trouvés ou abandonnés, à l'hospice le plus voisin, lequel, s'il n'était pas chargé de ce irenre de dépense par le titre de son établissement, pourrait le recouvrer surle Trésor public. Un grand nombre de lois rendues de 1790 ii 1811, sur les enfants trouvés, ne reçurent aucune exécution ou furent incomplètement appliquées. La constitution du 3 septembre 1791 avait prescrit la création d'un établissement général de secours publics pour les enfants abandonnés et les pauvres; ce projet n'eut pas de suite et ceux que l'on appelait a\ors enfants delà patrie restèrent à la charge des hospices, des municipalités et des départements. Cependant un décret du 30 ventôse an V a tracé des règles sages, que la pratique a confirmées pour le placement des enfants trouvés à la campagne. Ce décret confiait le soin et la sur-

veillance de ces enfants aux commissions

administratives des hospices, lesquelles venaient d'èiro instituées par la loi du 16 vendémiaire an V. Enfin la loi du 15 pluviôse an VIU charge ces commissions de la tutelle des enfants assistés; l'un des administrateurs devant exercer les fonctions de tuteur, et les autres former le conseil de famille. Cette loi attribue en outre aux hospices un droit aux successions des enfants qu'ils ont recueillis et qui décèdent avant l'âge de leur majorité, sans laisser d'héritiers. Nous arrivons au décret du 19 janv. 1811, que l'on doit encore considérer aujourd'hui comme la base de la législation sur les enfants assistés, bien que ses dispositions aient été constamment modifiées par des règlements administratifs ou de simples circulaires ministérielles. Ce décret établit la distinction des enfants adoptés par l'assistance publique en trois catégories : les enfants trouvés, qui, nés de père et mère inconnus, ont été trouvés dans un lieu quelconque et déposés dans les hospices destinés à les recevoir; les enfants abandonnés qui, d'abord élevés par leurs parents, en sont délaissés sans que l'on puisse recourir a eux; les enfants orphelins qui, privés de père et de mère n'ont aucun moyen d'existence. Il doit y avoir au plus, en vertu du décret précité, un hospice dépositaire par arrondissement, et chacun de ces hospices doit être pourvu d'un tour destiné à l'exposition des enfants. Mais le tour encourageait le libertinage et la prostitution; en facilitant les abandons, il autorisait les infractions à l'article 348 du Code pénal. Quelle que soit, à cet égard, l'opinion de quelques hommes très charitables, l'expérience a démontré les inconvénients des tours. La charge qui en résultait pour les hospices et les départements était devenue écrasante, et les 235 tours qui existaient en 1S12ontété successivement fermés et remplacés par le système de l'admission à bureau ouvert, puis ].iar le régime des arrêtés préfectoraux. Les enquêtes, qui ont eu heu en 1838, en 1849, en 1 860 et 1 86 1 , ont pleinement justifié les mesures prises pour la fermeture des tours, et l'on a reconnu qu'à la suite de cette fermeture, la mortalité des enfants a beaucoup diminue, et que le nombre des infanticides a presque toujours décru. Les enfants assistés sont placés en nourrice, puis en apprentissage, par les soins des administrations hospitalières. Les dépenses intérieures et les dépenses extérieures sont payées au moyen : 1° du produit des fondations, dons et legs atfectés à cet objet; 2° du produit des amendes de police correctionnelle; 3» des fonds départementaux augmentés du contingent imposé aux communes d'après les bases fixées par le conseil général ; 4° de la subvention de l'Etat, égale au cinquième des dépenses intérieures. Les dépenses d'inspection et de surveillance sont à la charge de l'Etat. (L. du o mai 1869). Les enfants secourus temporairement sont aujourd'hui compris dans le service des enfants assistés, bien qu'ils ne figurent dans aucune des catégories indiquées par le décret de 1811. Les secours temporaires, qui sont alloués aux mères indigentes pendant les trois ou quatre premières années de leurs enfants, pour aider à les élever sont, il faut le reconnaître, un moyen d'assistance moins démoralisant et plus humain que les tours d'exposition. — Enfants moralement abandonnés. Lorsque le projet de loi, dû à l'initiative de M. Théophile Roussel, sén.-iteur, aura été voté et promulgué, un vide se trouvera heureusement comblé dans notre légi.slation charitable. L'essai tenté par l'administralion de l'Assistance publique à Paris, depuis le 4'^'' janvier 1881, pour recueillir les enfants que leurs parents délaissent plus ou moinscomplètement,adéjàdoniiéd'excellents résullats; mais il est nécessaire que les pcrc et mère indigneS de ce litre soient dépouillés par la loi de toute autorité sur leurs enfants,

et que la société pourvoie à l'éducation de ces derniers. — Entants en bas âge. Tous les enfants au-dessous de deux ans, qui sont placés en nourrice, en sevrage ou en garde, hors du domicile de leurs parents, doivent être l'objet d'une surveillance administrative, en vertu de la loi du 23 décembre 1874. Cette surveillance a été réglementée par un décret du 27 février 1877 et par une «irculaire ministérielle du 20 mai suivant; elle est exercée dans chaque département, sous la direction du préfet, par des commissions locales et par des médecins inspecteurs, et le service est centralisé dans les mains de l'inspecteur des enfants assistés, lequel doit présenter au préfet un rapport annuel. Mais il faut avouer que, dans un grand nombre de départements, la surveillance des enfants en bas âge est encore à organiser. En vertu de circulaires ministérielles, les départements d'origine des enfants surveillés doivent, depuis 1880, contribuer dans la proportion des trois quarts aux frais d'inspection et de surveillance de ces enfants. De son côté, l'Etat consacre un crédit de 800,000 fr. aux dépenses de ce service. ■ — Enfants employés dans l'industrie. Aucun enfant ne peut être reçu dans les manufactures, 1 usines, ateliers ou chantiers, ni dans les tra- i vaux souterrains des mines ou carrières, avant l'âge de 12 ans révolus. Dans certaines industries, spécialement déterminées par décrets, ils peuvent être employés dès l'âge de dix ans révolus, à la condition qu'ils continuent à fréquenter l'école. Jusqu'à 12 ans, ils ne peuvent être assujettis à un travail journalier de plus de six heures; à partir de l'âge de 12 ans, ils ne peuvent être employés pendant plus de douze heures, divisées par des repos. Les enfants ne peuvent, avant l'âge de 16 ans, être employés à aucun travail de nuit. Les garçons, jusqu'à l'âge de 16 ans, et les filles de moins de 2) ans, ne peuvent être occupés à aucun travail par leurs patrons, les dimanches et les jours de fête légales, même pour le rangement de l'atelier. Le travail des mines est absolument interdit aux femmes et filles (L. 19 mai 1874). Plusieurs décrets ont réglementé les conditions d'application de la loi dont il s'agit; ils contiennent des interdictions absolues pour certaines industries, et indiquent les exceptions qui peuvent être apportées aux restrictions posées (Voir notamment six décrets du 9 novembre 1882). Un service d'inspection veille à l'exécution des règlements ; des commissions locales sont chargées du contrôle, et une commission supérieure, composée de neuf membres nommés par décret, est instituée au ministère du commerce. Les chefs d'établissements, qui ■ ont contrevenu aux prescriptions de la loi ou des règlements, sont punis d'une amende de 16 à 50 fr., autant de fois qu'il y a eu de personnes employées dans des conditions illicites, sans que le chift're total des amendes puisse excéder 500 fr. En cas de récidive dans les douze mois de la date d'un premier jugement, les patrons sont condamnés à une amende de SiO à 200 fr., sans que le total des amendes puisse excéder 1,000 fr. — La loi du 28 mars 1882 défend implicitement aujourd'hui d'i'inployor les jeunes enfants dans l'induslrie avant l'âge de 13 ans révolus, à moins (pi'ils ne continuent à fréquenter l'école ou qu'ils ne soient pourvus d'un certificat d'études primaires. Ajoutons qu'une loi du 16 février 1883 a autorisé le gouvernement a augmenter autant qu'il sera besoin le nombre des inspecteurs, et qu'elle a chargé les commissions locales et les inspecteurs du travail des enfants de surveiller aussi l'application de la loi du 9 seiitembre 1848, qui a limité à douze heures par jour la durée du travail des ouvriers majeurs dans les manufactures et usines. En Angleterre, -en Allemagne, en Autriche, en Hollande, en Danemark, en Espagne, etc., l'âge t. idmission dans les ateliers

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est en général plus reculé qu'en France, et I la durée du travail y est à la fois moins longue [ et plus graduée d'après l'âge. — Enfants employés dans les professions ambulantes. [ Une loi du 7 décembre 1874 punit d'emprisonnement et d'amende les parents ou patrons qui abusent des enfants , en les employant dans un âge trop tendre aux professions d'acrobate, de saltimbanque, etc., ou en les faisant mendier. » (y. s.) (Ch. Y.)

•ENFANTEMENT s. m. Action d'enfanter ; les douleurs de l'enfantement. — Fig. Production, surtout lente et pénible : le long enfantement de la grandeur romaine. — • Fig. et fam. Lorsqu'il tr.waille, il est dans les douleurs DE l'enfantement, SB dit d'un auteur qui compose avec beaucoup de difficulté.

* ENFANTER v. a. Mettre au monde un enfant : il est dit d'Uis l'Ecriture : une vierge concevra et enfantera un fils. S'emploie souvent absolument : enfanter avec douleur. — Fig. La montagne a enfanté une souris, ou c'est

LA montagne qui ENFANTE UNE SOURIS, Se dit

lorsque de grands projets, de belles promesses ne produisent rien qui réponde ;\ l'espérance qu'on en avait conçue. — Fig. Se dit en parlant des productions, des conceptions de l'esprit : cet auteur enfante tous les ans de gros volumes. — Se dit aussi de ce qui produit, de ce qui détermine un effet, un résultat bon ou mauvais : les guerres civiles enfantent mille maux.

' ENFANTILLAGE s. m. [il mil.] Fam. Discours, manières qui no conviennent qu'à un enfant. Ne se dit qu'en parlant des personnes qui ont passé l'enfance : pour un homme de votre âge, de votre caractère, voilà bien de l'enfantillage; faire des enfantillages.

•ENFANTIN, INE adj. Qui a le caractère de l'enfance, qui appartient à l'enfance : voix enfantine.

ENFANTIN (Barthélemy-Prosper, ordinairement appelé Le Père), socialiste, né à Paris le 8 févr. 1796, mort dans la même ville le 31 mai 1864. Boursier à l'Ecole polytechnique, il prit part à la défense de Paris en '1814, et fut renvoyé de l'école après la rentrée des Bourbons. Sa carrière étant brisée, il entra chez un marchand de vins, voyagea en Allemagne, s'attacha à une maison de banque de Saint-Pétersbourg, rentra en France (1823) et obtint l'emploi de caissier à, la caisse hypothécaire. Olinde Rodrigues le mit en rapport avec Saint-Simon qui, en mourant (1825), lui confia le soin de continuer son œuvre. Enfantin et Olinde Rodrigues fondèrent le Producteur {\ii'->-''2&, .5 vol.), journal dans lequel ils essayèrent de propager leurs doctrines. La révolution de 1830 permit à Enfantin et à Bazard d'organiser leur société de communistes et d'acheter un journal, le Globe, dont Michel Chevalier eut la direction. L'accord ne fut pas de longue durée entre les sociétaires. Bazard et les saint-simoniens de son école politico-économique se séparèrent des autres adeptes, en 1831, ne voulant point s'associer davantage à la propagation des théories immorales d Enfantin sur l'amour libre et sur la communauté des femmes. La majorité des saint-simoniensse décida néanmoins en faveur du Père Enfantin, qui épuisa ses ressources pécuniaires à fonder des établissements industriels communistes. Son insuccès fut complet; et il neréussit pas mieux quandil voulut trouver un messie féminin , ayant pour mission d'émanciper le beau sexe et de taire de l'influence des femmes libres la pierre angulaire de la régénération du monde et de la civilisation à venir. Les prétentions des communistes de cette école étaient vastes : outre la communauté des femmes, ils réclamaient celle de tous les biens et abolissaient l'héritage. Pour opérer une révolution si radicale, ils ne comptaient guère, sur la persuasion :

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leur moyen était la force, qu'ils étaient bien décidés à employer pour imposer à des millions d'hommes le dogme politico -religieux qui avait germé dans leurs 50 ou 60 têtes. Enfantin arriva à un tel degré d'exaltation qu'il se donna le titre de messie et de loi vivante de la nouvelle religion. Lorsque les ressources de l'association furent épuisées, le Globe, que l'on avait distribué gratuitement, cessa de paraître. Un jour de mai 1832, la police intervint et interdit les réunions des saint-simoniens. Enfantin, insensible, comme doit l'être un messie, aux persécutions et aux sarcasmes, se retira alors dans la maison légendaire de Ménilmontant, où il fonda une communauté modèle, avec le concours de son fidèle Michel Chevalier et de quarante autres adeptes, parmi lesquels : E. Barrault, Ch. Duveyrier, Talabot, G. d'Eichthal, Félicien David, Terson, Flachat, Lachambeaudie et Guéroult. Un costume spécial fut adopté; les travaux manuels devinrent obligatoires, ainsi que les exercices d'un culte symbolique rendu à Dieu. Traduit en cour d'assises (28 août 1832), Enfantin fut condamné à un an de prison pour cause d'outrages aux mœurs et de réunion illicite; mais on le gracia au bout de quelques mois. 11 se retira en Egypte, où il végéta dans la misère pendant deux ans ; il se fit ensuite maître de poste dans les environs de Lyon et devint, en ,1845, directeur du chemin de fer de Lyon. Après la révolution de Février, il fonda, avec Duveyrier, le journal le Crédit (1848-'o0), dans lequel il essaya de concilier ses utopies réformatrices avec la civilisation moderne. Ses amis, les saint-simoniens arrivés au pouvoir, lui firent obtenir, au chemin de fer de Lyon à la Méditerranée, un emploi qu'il conserva jusqu'à la fin de ses jours. Ses œuvres complètes, publiées en 1875, comprennent, entre autres ouvrages : Economie politique (1831, in-8»); \a. Morale (1832, in-8"), écrit qui le fit asseoir sur les bancs de la cour d'assises ; la Religion saintsimonienne; sa Correspondance ; ses Lettres au P. Félise; et la Vie éternelle (1803, in-S»), qui est son testament politique et religieux.

* ENFARINÉ, ÉE part, passé de Enfarlner.

— Saupoudré, couvert de farine :

Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille, L* Fontaine.

— Venir la'gueule enfarinée, venir en dlssimulantses desseins sous un ma-tjue trompeur.

— Etre enfariné d'une opinion, d'une doctrine, être un peu prévenu en faveur d'une opinion, d'une doctrine. Etre enfariné d'une SCIENCE, en avoir quelque teinture.

' ENFARINER v. a. Poudrer de farine :

bouffon qui s'enfarine le visage. — S'enfariner V. pr. Enfariner soi : je me sids tout enfariné dans ce moulin.

•ENFER s. m. [an-fèr] (lat. inferi, lieux bas). Lieu destiné au supplice des damnés. Est opposé à Ciel et à Par.\dis : Jésus-Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre son Eglise. Le pluriel n'ajoute rien à ce sens : dans le fond des enfers, ne signifie autre chose qa'aufo)id de l'enfer. — Au plur., dans un sens particulier. Lieu oti étaient les âmes que Notre-Seigneur délivra après sa mort : la descente de Notre-Seigneur aux enfers.

— C'est un enfer, un véritable enfer, se dit d'un lieu où l'on se déplaît, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre, — Porter son enfer avec soi. porter son supplice avec soi : les méchants portent leur enfer avec eux. — Avoir l'enfer dans le cœur, se dit d'une personne tourmentée de remords, ou qui roule dans son esprit des pensées atroces. — Tison d'enfer, se dit, par exag., d'un méchant homme, d'une méchante femme qui excite au mal, ou qui cause de grands maux par ses actions, par ses discours, par son exemple. On

ENFI

dit à peu près de même, c'est une furie d'enfer, un monstre échappé de l'enfer, etc.

— Démons, puissances de l'enfer : l'enfer se déchaîne contre lui. — Au plur. Lieux souterrains où les pa'iens croyaient que les âmes allaient après la mort : les enfers contenaient les champs Elysées et le Tartarc. — Chim. anc. Enfer de Boyle, vaisseau dans lequel on faisait bouillir le mercure jusqu'à ce qu'il fût entièrement oxydé. — Feu d'enfer, feu trèsgrand, très violent. Cuis. Faire griller quelque chose au feu d'enfer, le mettre au feu d'enfer, le faire griller à un feu de charbons trèsardent.

— A l'armée. Faire un feu d'enfer, tirer rapidement un grand nombre de coups de canon, de fusil. — Jouer un jeu d'enfer, jouer très gros jeu. Aller un train d'enfer, aller fort vite.

* ENFERMÉ, ÉE part passé de Enfermer. — s. m. Sentir l'enfermé, se dit d'une chose qui sent mauvais, parce qu'il y a longtemps (]u'elle n'a été à l'air, ou que l'air n'y a pénétré. Dans ce sens, on dit aussi et mieux, Renfermé.

* ENFERMER v. a. Mettre dans un lieu d'où il soit impossible ou très difficile de sortir. Se dit en parlant des personnes et des animaux : Louis XI fil enfermer le cardinal La Balue dans une cage de fer. — Mettre quelqu'un dans un hépital de fous, dans un lieu de correction, elc: ses déportements l'ont fuit enfermer. — Prov. et fig. Enfermer le loup dans la bergerie. (Voy. Bergerie). — Serrer, mettre une chose dans un lieu, dans un meuble, que l'on ferme, pour la mieux conserver, pour la soustraire aux regards, pour la .garder plus sûrement, etc. : enfermer des habitsdansime armoire. — Enfermer SON chagrin, SA douleur, sa honte, etc., habiter, se tenir dans un lieu où l'on peut se livrer à ^on chagrin, à sa douleur, où l'on peut cacher sa honte. — Environner de toutes parts : les ennemis se sont laissé enfermer entre deux rivicres. — Contenir, comprendre : son cœur n'enferme point une méchanceté si noire; cette pro]irifiition en enferme beaucoup d'autres. — S'enfermer v. pr. Se retirer dans un lieu cpi'on fcrino ensuite, pour que personne ne s'y puisse introduire : il s'était enfermé dans une chambre, d'où il opposa une vive résistance aux gens qui étaient vernis pour l'arrêter. — Se retirer en un lieu où l'on ne veut être troublé par personne, où l'on ne veut recevoir personne : il s'enferme presque toute la journée pour travailler. — S'enfermer dans UNE place, demeurer dans une place qui va être assiégée, et qu'on veut défendre. — S'enfermer avec un malade, s'établir près de quelqu'un qui tombe malade, pour demeureravec lui jusqu'à la lin de sa maladie. — S'enfermer dans un cloître, se faire religieux ou reli.gieuse.

* ENFERRER v. a. Percer avec une épée, une pique, une hallebarde, un épieu, etc. : enferrer son ennemi. — S'enferrer v. pr. Enferrer soi : il s'enferra sur son épée. — Fig. et fam. Se nuire inconsidérément à soi-même par ses paroles, .ses raisonnements, .sa conduite : ils'est enferré hii-mémc: son argument prouve le contraire de ce qu'il veut établir. — V. récipr. S'enferrer mutuellement: ils se sont enferrés dans un duel.

ENFEUILLER (S') v. pr. Se garnir de

feuilles.

ENFIELD, ville du Connecticut (Etats-Unis), sur la rivière Connecticut à 24 kil. N. d'Hartlord ; 7,199 hab. Elle contient les villages de Thompsonville et de llazardville, ce dernier célèbre par ses manufactures de tapis et l'autre par son grand moulin àpoiidre. Machines à coudre, charrues, voitures, chapeaux, briques, etc.

ENFIÉVRER v. a. (préf. en; et fièvre). Donner la lièvre : la courbature l'enfièvre. — Fig.

ENFL

Passionner, surexciter : l'oisiveté peut enfiévrer l'imagination.

'ENFILADE s. f. Longue suite de chambres dont les portes sont sur une même ligne : il y a une belle ertfilade dans ce bâtiment. —

U.NE LONGUE ENFILADE DE PHRASES, d'ÉPITHÈTES,

longue et ennuyeuse suite de phrases, d'épithètes. — Trictfac. Jeu mis en tel état, qu'on risque de perdre un grand nombre de trous de suite. — Mar. Action de tirer des coups de canon sur un bâtiment dans le sens de sa longueur : tirer des coups d'enfilade.

* ENFILER V. a. (de en et de fit). Passer un fil, ou quelque autre chose, par le trou d'une aiguille, d'une perle, etc. -.enfiler un chapelet, un bracelet. — iNous ne sommes pas ici pour enfiler DES PERLES, nousne sommes pas ici pour nous amuser à des bagatelles, pour perdre notre temps à des choses frivoles, inutiles ; il faut nous occuper sérieusement. — Cela ne s'enfile PAS COMME DES PERLES, Se dit de certaines choses qui sont plus difficiles à faire qu'il ne parait. — Enfiler un chemin, une KOCTE, UNE ALLÉE, ctc, prendre un chemin, une route, et s'y engager. Dans un sens analogue. Le vent enfile une rue, un cor- BinoR, etc. — Enfiler le degré, s'échapper vite par un escalier. Enfiler la venelle, s'enfuir. — Enfiler un discours, s'engager, s'embarquer dans un long discours. — Art milit. Enfiler une tranchée, la battre dans le sens de sa longueur : un ingénieur doit faire en sorte que ta tranchée qu'il trace ne soit pas enfilée. Mar. Enfiler un bâtiment, tirer des coups de canon sur un bâtiment dans le sens de sa longueur. — Fig. et fam., en parlant du jeu. Engager quelqu'un dans une partie désavantageuse, l'entraîner dans une grosse perte : un escroc l'a enfilé dans un tripot, et lui a gagné dix mille francs. — S'enfiler v. pr. Se laisser aller à faire une perte considérable. — Trictrac. .Mettre son jeu dans un tel désordre, qu'on ne peut éviter de perdre le tour ou plusieurs trous : il s'est enfilé pour avoir trop pressé son jeu.

' ENFIN adv. (préf. en; el fin). Après tout, pour conclusion, bref, en un mot: enfin, cette affaire est terminée. — A la fin : enfin, je vous trouve.

•ENFLAMMÉ, ÉE part, passé d'ENFLAMMER.

Adjectiv. Qui est en flamme. — Fig. Irrité, excité.

* ENFLAMMER V. a. (lat. inflammare). Allumer, mettre en feu : une seule étincelle enflamme un magasin de poudre. — Fig. Echauffer, donner de la chaleur, de l'ardeur : ta colère enflamme les yeux, le visage. — Se dit souvent, dans un sens analogue, en parlant des choses morales : ce qu'il entendait raconter enflammait son imagination. — Se dit particulièrement des effets de l'amour : ses yeux ont enflammé bien des cœurs. — S'enflcunmer V. pr. Prendre feu : les roues d'un chariot s'enflamment quelquefois par la rapidité du mouvement. — Fig. Son cœur s'enflamme facilement. — Fig. Enflammer soi : dès qu'on lui parle de cela, il s'enflamme de colère. — Se passionner pour quelque chose : comme il s'enflamme pour son opinion! — S'emporter de colère : cet homme s'enflamme pour rien.

* ENFLÉ, ÉE paît, passé de Enfler. — Etre ENFLÉ, se dit quelquefois absol. d'un hydropique. — Fam. Etre enflé comme un ballon, être fort enflé ; ou fig., avoir un orgueil excessif.

•ENFLER V. a. (lat. inflare). Remplir de vent ou de quelque autre chose qui fait prendre une plus grande extension, qui fait excéder le volume, la grosseur ordinaire : l'hydropisie enfle te corps. — Enfler les voiles, se dit du vent qui frappe dans les voiles et les déploie. — Se dit aussi de ce qui augmente les eaux d'une rivière, d'un ruisseau, etc. ;

ENFO

les pluies ont enflé la rivière. — Fig. Enorgueillir, donner de la vanité : la prospérité ia tellement enflé, qu'on ne veut vhis vivre avec lui. — Enfler LE cœur, le courage, augmenter le courage. Enfler les espérances de quelqu'un, lui donner de nouveaux motifs d'espérer. — Enfler son style, écrire d'un style ampoulé. — Au Palais. Enfler le cahier, enfler LES RÔLE,?, mettre des choses inutiles, afin de les grossir. — Enfler la dépense, porter les objets qu'on a achetés à un prix plus élevé que le prix d'achat, afin de gagner sur la dépense. Enfler un mémoire, un compte, etc., y mettre des articles qui ne devraient pas y être, ou augmenter le prix de ces articles. — V. n. S'emploie surtout au propre : les venins font enfler te corps. — S'enfler v. pr. Devenir enflé : ses jambes commencent à s'enfler. — Fig. Enfler soi : il ne faut pas s'enfler des bons succès. — Enfleurage. (V. S.)

'ENFLURE s. f. Gonflement, grosseur, bouflisïure qui survient extraordinairement en quelque partie du corps : la goutte cause souvent l'enflure des parties qu'elle affecte. — Littér. Vice du discours qui consiste à vouloir aller au delà du grand. On dislingue deux sortes d'enflures : l'une consiste en des pensées, qui n'ont rien d'élevé en elles-mêmes et que l'auteur s'efforce de rendre grandes par le tour qu'il leur donne ou par les mots qu'il emploie; l'autre est le sublime outré ou le gigantesque, il y a une enflure de mots et une enflure de pensée. — Fig. L'enflure du cœur, l'orgueil et la vanité.

* ENFONCÉ, ÉE part, passé de Enfoncer. — Avoir les yeux enfoncés dans la tête, avoir les yeux creux. — Lieu enfoncé, partie enfoncée, lieu, partie qui n'est pas au niveau du reste, qui forme cavité; ou endroit profond. — Avoir l'esprit enfoncé dans la matière, être épais et stupide. On dit de même, être enfoncé dans la matière, avoir la forme enfoncée dans la matière. — Etre enfoncé dans SES méditations, être profondément occupé.

* ENFONCEMENT s. m. Action d'enfoncer, de rompre, de briser : l'enfoncement d'une porte, d'une barricade. — Partie d'une façade qui forme un arrière-corps : ils se cachénnt datis un enfoncement. — Ce qu'il y a de (ilus enfoncé, ou de plus éloigné, de pius recule ; dans l'enfoncement de la scène, on voit un palais, une campagne. — Peint. Il y a beaucoup d'enfoncement dans ce tableau, l'effet de la perspective des fonds y est bien rendu.

* ENFONCER v. a. (préf. en ; elfond). Mettre au fond, pousser vers le fond, faire pénétrer bien avant : il lui enfonça dans le corps son épée jusqu'à !a garde. — Enfoncer son chapeau

DANS LA TÊTE, OU simpl., ENFONCER SON CHAPEAU,

faire que la tête entre plus avant dans le chapeau. — Fig. et fam. Enfoncer son chapeau, prendre une attitude de fanfaron ; ou prendre une résolution courageuse, hardie, dans quelque circonstance difficile, périlleuse. — Enfoncer LES ÉPERONS A UN CHEVAL, Ics lui faire sentir fortement. — Fig. Enfoncer a quelqu'un LE POIGNARD DANS LE SEIN, lui causer uu Irès grand chagrin. — Rompre, briser, en poussant, en pesant, etc. : ta bombe enfonça la voûte de la cave. • — Enfoncer une porte ouverte, faire un effort pour vaincre un obstacle qui n'existe pas. — Enfoncer un bataillon,

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