ENGL
chose; alors ne se prend euère qu'en mauvaise part : la diversité d'intérêts engendre les i/nmitiés, les guerclles. — Prov. La fauiliaiiité engendre LE MÉPRIS. - Prov. et flg. Il n'engendre
POINT LA MÉLANCOLIE, DE MÉLANCOLIE, SB dit
d'un homme qui vit sans souci, qui est extrêmement gai. — Géom. Se dit de ce qui est censé décrire quelque figure, par son mouvement : le point qui engendre une cycloide. — S'engendrer v. pr. Etre eng-endré : les procès s'engendrent aisément dans les familles.
ENGENDRER v. a. (rad. gendre). Donner pour gendre : il voidait m'engendrer d'un grand imbécile. Ne s'emploie que par plaisanterie. — S'engendrer v. pr. Engendrer soi : vous vous êtes drôlement engendré.
* ENGEOLER v. a. Voy. Enjôler.
* ENGEOLEUR, EUSE s. Voy. Enjôleur.
* ENGER v. a. (lat. angerc, tourmenter). Embarrajser. charger : il m'a voulu enger du plus sot valet du monde (vieux).
ENGERBAGE s. m. Agric. Opération qui consiste à engerber les céréales qui sont en javelles.
* ENGERBER v. a. (rad. gerbe). Agric. Mettre en gerbe : il faut engerber ces javelles. — Par ext. Entasser des choses les unes sur les autres : engerber des tonneaux de vin.
ENGHIEN [an-2ain] ou Enghien-les-Bains, station minérale du cant. de Montmorency (Seine-el-Oise), à 12 kil. de Paris, au bord du lac i'Eniîhien; 3,33U h. Huit sources sulfurées calcîques à 11°. Traitement des atfeclions catarrhales de toute nature et notamment de celles du larynx et des bronches, de l'eczéma, de l'impétigo, de l'acné, du pityriasis, du lichen, des rhumatismes, des encorce'ments articulaires et des leucorrhées. — Deux établissements avec installation complète, bains, douches, hydrothérapie, bains russes, salle de pulvérisation.
ENGHIEN Tan-gain], Angia, ville du Hainaut (Belgique), sur la Marcq, a 32 kil. iN. de Mons; 4 4nhab. Fabr. de toiles de cotonnades et dé dentelles. C'était autrefois la première baronnie du Hainaut;. elle appartint d'abord aux Luxembourg-Saint-Pol et passa, par un mariage, dans la famille de Bourbon, en 1 485. Henri IV la vendit, en 1607, à Charles de Ligne, comte d'Arenberg; mais le titre de duc d'Enffhiea fut donné aux fils aînés des princes de Condé. C'est sous le nom de d'En^ihien que le Grand Condé remporta ses premiers succès militaires. Le dernier Condé qui ait porté ce titre est le suivant.
ENGHIEN (Louis-An toine-Henri de Bourbon, duc d'), flls unique de Louis-Henri-Joseph, duc de Bourbon, et de Louise-Marie-Thérèse- Bathilde d'Orléans, né à Chantilly le 2 août 1772 fusillé dans les fossés du château de Vincénnes, le 21 mars 1804, à 3 heures du matin. Emigré en 1789, il vécut deux ans à Turin et commanda ensuite l'avant-garde de l'armée dite de Condé (1796-'99). Le traité de Lunéville (1801) ayant été suivi du licenciement de cette armée, le duc d'Enghien se relira au château d'Ettenheim (duché de Bade), où résidait la princesse Charlotte de Rohan, qu'il avait, pense-t-on, épousée secrètement. Entouré d'espions, il ne prit pas toutes les mesures que la prudence aurait dû lui suggérer- c'est ainsi que, par des absences réitérées, h donna à supposer qu'il se rendait secrètement au milieu des conspirateurs de Paris; la police le désigna même comme élant'le mystérieux visiteur de Cadoudal; m.ais on ne put fournir aucune preuve de ces intrigues, et les témoignages recueillis plus lard démontrèrent qu'il ny prit aucune part. Quoi qu'il en soit, Bonaparte, sous lu prétexte de terrifier les conspirateurs royalistes, le choisit pour victime. Caulincourt porta à Strasbourg un pli cacheté dont il
ignorait le contenu, et qu'il remit au général Ordener : c'était l'ordre d'arrêter le duc d'Enghien. Dans la nuit du 15 au 16 mars 1804^ 300 dragons français, pénétrant en pleine paix, au^mépris du droit des gens, sur le territoire du duché de Bade, parcoururent les 20 kil. qui séparent Eltenheim de Strasbourg, envahirent l'habitation du prince et entraînèrent celui-ci. D'Enghien arriva au château de Vincénnes le 20 mars. Le même jour, le premier consul nomma une commission militaire, présidée par le général Hullin, pour condamner d'Enghien, après un simulacre de jugement bien inutile, puisque l'ordre d'exécution était déjà signé. Le jugement eut lieu sous le renard impérieux de Savary (plus tard duc deRavigo), pendant la nuit, et en secret, sans procédure, ni témoins, ni défenseurs ; puis on conduisit le prince, sous une pluie fine et froide, au bord d'un trou creusé d'avance pour l'enterrer et on lui lut la sentence dictée par Bonaparte. H écouta cet arrêt avec fermeté, remit à un officier une mèche de ses cheveux, un anneau d'or et une lettre pour la princesse de Rohan, et quelques secondes plus tard, la justice du premier consul était satisfaite : le prince était tombé sous les balles des gendarmes. En 18 1 6, les restes de cette victime furent pieusement transportés dans la chapelle du château. — Le lendemain de cette exécution, Bonaparte essaya d'en rejeter l'odieux sur ses complices, en prétendant qu'il avaient agi avec précipitation et sans ses ordres; mais cette accusa^ tion tombe d'elle-même : qui donc aurait ose a"ir sans les ordres de Bonaparte? Eu appre- j liant cet assassinat, Talleyrand s'écria, diton : « C'est plus qu'un crime, c'est une laute ». * ENGIN s. m. (lat. ingenium, esprit, talent). Adresse, industrie, expédient. N'est plus usité, en ce sens, que dans le vieux proverbe : Mieux VAUT ENGIN que FORCE. — Machine, instrument : ii fallut élever du canon à force d'engins pour battre la place. — Engins de guerre, se dit des des machines dont on se servait à la guerre, avant l'usage des canons. Se dit aussi quelquefois des instruments de guerre dont se servent les modernes. — *•■ Instrument, ustensile, arme, piège : engin de chasse, engin élévatoire. — Dr. pén. Engins prohibés, pièges, filets et autres ustensiles de chasse et de pêche, contre lesquels des peines sontétabhes. ENGLISH ou Englishman s. m. [an-glich', ou an-a-lich-raann ; ou mieux inn-ghch, innglich-nïann]. Jargon. Anghcanisme employé pour désigner un Anglais. Sr'emploie familièrement et par dérision.
ENGLISH SPOKEN HERE [inn-glich-spôk'nhirej, mots an-lais qui se lisent sur la porte de beaucoup de magasins et qui signifient : toi on parle anglais.
' ENGLOBER v. a. (rad. globe). Réunir plusieurs choses pour en former un toutrtU englobé plusieurs terres dans la sienne. — Fam. Comprendre, réunir dans : il devait rendre compte séparément de chacun de ces ouvrages ; mais il a englobé le tout dans un seul article. * ENGLOUTIR v. a. (lat. inglutirc). Avaler gloutonnement : il engloutit les morceaux saiis les mâcher. — Absorber, faire disparaître dans un gouffre, dans un abîme, etc. : la mer a englouti bien des vaisseaux, bien des n-.hesses. — Fig. dans le sens qui précède : tous ces petits Etats furent engloutis par cet empire formidable. — Consumer, dissiper des biens, des richesses : il a englouti en peu de temps toute cette riche succession. — S'engloutir, v pr. Etre absorbé, disparaître dans un goufirc : la ■cille s'est engloutie. — ** Fig. Etre dissipe : il dut supprimer les dépenses frivoles ou son par trimoine allait s'engloutir.
' ENGLOUTISSEMENT s. m. Action d'engloutir ; rr.-iilt.il de i;ctle action.
ENGLUEMENT ou Englùment s. m. Action
m. Etat d'une personne
ENGO
d'engluer. — Arbor. Action de recouvrir les plaies des arbres d'une composition gluante ou autre. — Substance même qu'on emploie.
* ENGLUER V. a. Frotter, enduire, couvrir de glu : engluer de petites branches pour prendre des oiseaux. — »v Prendre avec de la glu. — Fig. Faire tomber dans un piège. — * S'engluer v. pr. Se dit surtout d'un oiseau qui se prend à la glu : voilà un oiseau gui vient de s'engluer. — w Etre englué. — Fig. Tomber dans un piège.
ENGONCEMENT s
engoncée.
* ENGONCER v. a. Se dit d'un habit ou d'une manière de s'habiller qui donne un air gauche et contraint, de manière que le cou paraît enfoncé dans les épaules : cet habit vous engonce. — m S'engoncer v. pr. S'habiller de manière à paraître engoncé.
* ENGORGÉ. ÉE part, passé de Engorger. — Se dit d'un cheval dont les jambes sont gonflées par le sang et les humeurs, qui ne circulent pas : ce cheval a les jambes engorgées. — Les moulins sont engorgés, l'eau est si haute, qu'elle empêche leurs roues de tourner.
* ENGORGEMENT s. m. Embarras formé dans un tuyau, dans un canal : l'engorgement a fait crever ces tuyaux- — Méd. Embarras qui se forme dans les vaisseaux de quelque partie du corps, et qui y cause une augmentation de volume : la saignée remédie à l'engorgement des vaisseaux.
\ ' ENGORGER v. a. (rad. gorge). Obstruer, boucher un canal, un tuyau : les immondices ont engorgé cet égout, ce tuyau. — Méd. Se dit de ce qui cause de l'embarras dans les vaisseaux de quelques parties du corps, et une augmentation de volume : le sang ne circulait pas, et engorgeaitles vaisseaux. — S'engorger,
V. pr. Etre engorgé : ce tuyau s'engorge. Ce havre, ce chenal s'engorge, il se comble de sable, de galets.
* ENGOUEMENT ou Engoùment s. m. Empêchement causé par quelque chose qui engoue. Ne s'emploie guère au propre qu'en termes de médecin ou de vétérinaire pour signifier l'obstruction d'un conduit ou d'une cavité. — Fig. Admiration exagérée, entêtement, prévention excessive en faveur de quelqu'un, de quelque chose : on ne saurait le faire revenir de son engouement.
' ENGOUER V. a. (lat. angere, étrangler). Embarrasser, empêcher le passage du gosier : ce canard avala un morceau trop gros, qui l'engoua. — S'engouer v. pr. Engouer soi, son gosier ; à force de crier, il s'engoua. — Fig. S'engouer, être engoué d'une personne, d'une CHOSE, se passionner, s'enthousiasmer pour une personne, pour une chose, en être entêté. ENGOUFFRER v. a. (rad. gouffre). Attirer, faire disparaître dans un goufi're ; te mer engouffra notre vaisseau. — * S'engouffrer V. pr. Se dit des rivières ou des ravines d'eau, lorsqu'elles tombent et se perdent dans quelque ouverture de la terre, dans un goufi're : le Rhône s'engouffre à quatre lieues au-dessous de Genève, et reparait à un quart de lieue de là. — Se dit aussi des tourbillons de vent, lorsqu'ils entrent avec violence dans quelque lieu étroit, resserré : ce vent s'engouffrait dans la cheminée.
' ENGOULÉ, ÉE part, passé de Engouler.— Blas. Se dit des pièces dont les extrémités entrent dans des gueules d'animaux.
* ENGOULER v. a. (lat. gula, gosier). Prendre tout d'un coup avec la gueule: ce chien engoule tout ce qu'on lui jette (pop.)
• ENGOULEVENT s. m. (rad. engouler et vent). Urnith. Genre de passereaux fissirostres, se rai)iirochant des hirondelles, mais ayant
ENGO
ENGR
ENGR
des habitudes crépusculaires et nocturnes. Les engoulevents ont un plumage léger, mou, nuancé de i;ris et de brun. Leur bec, garni de fortes moustaches, peut enj:loutir les plus gros insectes, qu'il retient au moyen d'une salive gluante. Ces oiseaux vivent isolés et ne volent que pendant le crépuscule ou dans les belles nuits; ils déposent à terre, deux ou trois œufs que le mâle et la femelle couvent alternativement; l'incubation dure environ 2 semaines. L'engoulevent tire sou nom de ce qu'en volant, il tient son bec constamment ouvert, pour happer sur son passage les insecles dont il se nourrit, et de ce que Je vent s'y engouffre en produisant un bourdonnement particulier. On l'appelle vulgairement Grapaud-volant, soit à cause d'une sorte de ressemblance qu'on a voulu voir dans sa têle avec celle du crapaud, soit à cause de son cri que l'on a comparé à celui de ce batracien. On dit aussi Tette-chèvke ; le nom scientifique caprimidgus), lat. capra, chèvre; mulgere. traire) n'est du reste que la traduction de ce surnom, par lequel le désignaient les Romains et les Grecs. Ils croyaient, comme quelques paysans le croient encore, que l'engoulevent vient traire les troupeaux, sans doute à cause de son habitude de rechercher leur société, pour se nourrir de leurs parasites ou des insectes qui vivent dans leur fiente. L'espèce eui'opéenne (caprimul'jus Europœus, Linn.), de la grosseur d'une grive, d'un gris brun ondulé et moucheté de brun noirâtre, avec une bande blanchâtre allant du bec à la nuque, se nourrit d'insectes nocturnes et émigré dans l'Europe méridionale et. jusqu'en Afrique pendant l'hiver. Cet engoulevent niche dans les bruyères et ne pond guère plus de 2 œufs. L'espèce étrangère la plus remai'quable est Yenr/oulevent à longues
Kng(jule\ent à longues pennes. (Macrodiptei-yx lonyipciniis).
punnis (macrodipteryx longipennis, Shaw), qui se distingue par une plume deux fois plus longue que le corps, qui naît près du poignet
Chuckwiirs W'idow (Auti'ûstomus C.irolinensis).
Je chaque aile et n'a de barbes que vers son extrénuté. La plus grosse espèce américaine
est Vengoulcvmt de la Caroline (antrostomiis Carolinensis. Gould), que les Américains nomment ChuckiuiU's AVidow (appelez la veuve de Guillaume), à cause de la vague ressemblance que le cri do cet oiseau présente avec cette phrase anglaise. Il en est de môme de l'engoulevent criard {antrostomus vociferus, Bonap),
Engoulevent criat'd(AiiUuAluiuu:« vueifei'us).
que son cri a fait nommer par les Américains Whippourwill (fouettez ce pauvre Guillaume). Le night hinvk (faucon de nuit) des
Nighl Iiawk (Cliordcilcs Virginiaiius),
Américains forme un genre particulier des caprimulginés. L'espèce principale (chordeiles Virginiamis, Swains.) se rencontre aux Etats- Unis, depuis la Caroline du Sud jusqu'au Maine. 11 se nourrit d'insectes, el particulièrement de sauterelles.
'* ENGOURDI, lE part, passé de Engourdir.
— Fig. Espiuï BNuouHDi, esprit pesant, lourd. Ame engourdie, âme froide, insensible.
* ENGOURDIR v. a. (rad. gourd]. Rendre comme perclus, endormir une partie du corps. en sorte qu'elle soit presque sans mouvement et sans sentiment : ta torpille engourdit la main de celui qui la touche. — Fig. Rendre lourd, affaiblir, anéantir : la mollesse engourdit lecourage. — S'engourdirv. pr. Devenir gourd : Us mains s'engourilissnit par te froid. — Fig. Devenir lourd, faible : t' esprit s'engourdit par t'oisiveté.
•ENGOURDISSEMENT s. m. Etat de quelque partie du corps qni est engourdie : avoir un engourdissement au bras. — Fig. Torpeur, faiblesse : il est dans un étrange engourdissement d'esprit.
ENGRAIN s. m. Nom d'une variété de froment qu'on appelle aussi Petit Epeautre ou
LoCULAR.
ENGRAINER v. a. Voy. Engrener.
* ENGRAIS s. m.[an-grè] (de en etgraisse). Herbage où l'on met engraisser certains animaux domestiques qui servent à la nourriture de l'homme : mettre des bœufs à l'engrais. — Pâture qu'on donne à des volailles pour les engraisser : mettre des c/iapons, des oies à l'engrais. — Fumiers et autres matières avec lesquelles on amende les terres : un fermier est obligé de laisser tes engrais à la fin de son bail.
— Encyl. Tliéorie des engrais. Les principes
sur lesquels repose la théorie des engrais sont les suivants : 1" les plantes demandent au sol plusieurs espèces de matières minérales solides. 2° Quelques plantes, qui, à l'état sauvage, empruntent à l'atmosphère les éléments gazeux do leur .structure organique, doivent, lorsqu'on les cultive, être approvisionnées plus ou moins par le sol. 3° Chaque espèce de plante exige une proportion dillérente de matières assimilables pour une croissance luxuriante, i" De même, chaque espèce de plante veut une quantité plus ou moins grande de ces substances pour amener une récolle complète. 5° Chaijue espèce de plante prend dans le sol la nourriture particulière qui lui convient et abandonne des substances qui seraient avidement assimilées par d'autres plantes. 6" Il y a des sols qui possèdent en abondance une ou plusieurs des substances nécessaires à telle ou telle plante; mais d'autres sols ne contiennent pas ces substances, ou bien ils les possèdent en quantité insuffisante. 7° La terre cultivée change de composition d'année en année, suivant la nature des récoltes et la quantité des engrais que l'on a employés. — Fonetio7is des engrais. Les engrais ont trois fondions distinctes : 1° d'améliorer physiquement le sol (voy. Amendemen't); 2" d'agir à la fois comme absorbant et comme dissolvant et de fournir indirectement de la nourriture ; tels sont la chaux, le plâtre, etc.; 3" d'entrer directement dans le système nutritif des plantes. Dans ce cas, on peut juger de leur valeur en comparant leur composition chimique avec celle des C'ndrcs que l'on a obtenues de la plante à cultiver. — Principaux engrais. Les engrais les plus employés sont le fumier des animaux domestiques, le guano, la colombine, la poudrstte, la gadoue, le purin, les composts, les résidus de l'industrie agricole ou manufacturière, les cendres, les marcs, les suies, le terreau, la tou7'be, etc. — Législ. Les personnes, qui contreviennent aux arrêtés de police, pris parles préfets et par les maires, relativement à des dépôts d'engrais, sont passibles d'une amende de 1 à 5 fr. A Paris, aucun dépôt d'engrais ne peut être placé à moins de 200 m . de toute habitation et de 100 m. des grandes routes. Le fermier sortant doit, à l'expiration de son bail, laisser les engrais de l'année, s'il les a reçus lors de son entrée en jouissance (C. 1778). .La loi du 27 juillet 'I8a7 a pour objet la répression des fraudes commises dans la vente des engrais industriels. Les délits, portant sur la nature même de l'engrais, sur sa composition, le dosage des éléments qu'il contient, sa provenance, son état de pureté ou de conservation, sont punis d'un emprisonnementdetroismois à un an etd'une amende de oO à 2,000 fr; en cas de récidive dans les cinq ans, l'amende peut s'élever jusqu'à 4,000 fr. et l'emprisonnement jusqu'il deux ans. (V. S.)
• ENGRAISSEMENT s. m. Action d'engraisser, de rendre gras : s'occuper de l'engraissement des bestiaux. — Etat de celui qui engraisse, qui devient gras : on dit que l'engraissement est un des premiers signes de la vieillesse. — Encycl. L'engraissement des animaux domestiques alimentaires a pour but d'augmenter la partie adipeuse de leurs lissus, d'attendrir leurs fibres musculaires et de leur donner un état d'embonpoint qui rende leur chair plus savoureuse et plus onctueuse. C'est en Angleterre que l'art de l'engraissement a été d'abord perfectionné. Mais, de tout temps, on pratiqua en France la castration des sujets, que l'on soumet ensuite à un régime particulier, à un repos presque absolu. à la privation de lumière, etc. — Les quadrupèdes s'engraissent au pâturage où à l'étable. L'engraiseement dans les pâturages porte le nom A'embouclie; celui qui a lieu à l'étable reçoit le nom d'engrais de potilure. Nos races bovines les plus propres à prendre
ENGR
de l'embonpoint sont celles des bœufs normands, gascons, charolais, angevins et auvergnats. Pour l'engraissement des volailles, on a recours à l'empâtement ou embecquenient, qui consiste à leur introduire de force dans l'estomac plus d'aliments qu'ils n'en prendraient volontairement : pâtée de farine d'orge délayée avec du lait tiède pour les poulardes et les chapons; noix , châtaignes, farine d'orge ou mais pour les dindes et les oies. Cet empâtement se fait à l'aide d'un entonnoir dans lequel on met la nourriture que l'on pousse avec un bâton dans le cou de la bêle. C'est par ce moyen que l'on donne leur grande valeur aux volailles d'Angers, du Mans et d'Argentan. En Alsace et dans le S.-O. de la France, on développe chez l'oie et chez le canard la maladie de foie nommée foie gras, en tenant immobiles ces animaux, sous l'influence d'une température élevée et en les gavant plusieurs fois par jour.
* ENGRAISSER v. a. (rad. graisse). Faire devenir gras : engraisser des bœufs, de la volaille, etc. — Prov. L'œil du maître engraisse LE CHEVAL, quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Fig. Quand on surveille soi-même ses alïaires, elles en vont mieux. — En parlant des terres. Amender, fertiliser, améliorer : engraisser des terres avec du fumier, avec de la marne. — Souiller de graisse, rendre sale et crasseux : engraisser ses habits, soti linge. Dans ce sens, n'est plus guère usité ; on dit mieux. Graisser. — v. n. Devenir gras : cette personne a beaucoup engraissé depuis un an.
— Prov. Il engraisse de mal avoir, se dit d'un homme qui se porte bien, quoiqu'il soit accablé de travail, ou de misères, ou de malheurs. — Prov. et fig. Il engraisse de malédictions, tout lui prospère, tout lui réussit, malgré les imprécations qui s'élèvent contre lui.
— S'engraisser v. pr. Devenir gras, prendre de l'embonpoint : avec le temps, ce cheval s'engraissera. — S'engraisser dans une affaire, V faire un gain considérable, un grand profit. Fig. Dans le style soutenu. S'engraisser des misères publiques. — Ce vin, cette liqueur s'engraisse, ce vin, cette liqueur s'épaissit, prend la consistance de l'huile.
ENGRAMELLE (Marie -Dominique -Joseph),
naturaliste et moine augustin de Paris, ne en 1727, mort en 1780. lia écrit : Papillons d'Europe, peints par Ernst et décrits par le R. P. Engramelle, 6 vol. petit in-lol. (342 planches coloriées) : l'ouvrage finit au genre des noctuelles inclusivement.
* ENGRANGER v. a. (rad. grange). Serrer des grains dans la grange : il aura bientôt acheté d'engranger sa moisson. — »v S'engranger V. pr. Etre engrangé : les récoltes s'engrangent lorsqu'elles sont bien sèches.
ENGRAVÉE s. f. Méd. vétér. Sorte de contusion, de foulure que l'on observe principalement chez les animaux didactyles et qui a pour cause une marche trop prolongée sur un terrain dur, raboteux et rempli de graviers.
* ENGRAVEMENT s. m. Klat d'un bateau, d'un petit bâtiiiii-nt, d'un train de bois engravé : l'cngruocinent dura deux heures.
' ENGR.AVER v. a. (rad. gravier). Engager un petit bâtiment de mer ou de rivière, un train de bois, dans le sable, dans un l)a.sfond, de sorte qu'il ne Hotte plus : ce batelier maladroit engrava son bateau. — Mar. Enfoncer un objet quelconque dans le lest qui est à fond de cale, de manière qu'il y soit caché en tout ou en partie : engraver des futailles. — v. n. .Même sens que le v. pr. — S'engraver v. pr. Engraver soi, son bateau : nous nous sommes engravés à deux lieues d'ici. — Etre engravé : la chaloupe s'engrava à l'entrée du port.
ENGR
* ENGRÊLÊ, ÉE adj. lilas. Se dit de certaines pièces honorables de l'écu, qui sont dentelées tout autour : ilporte d'or à la croix engrélée de gueules.
ENGRÈLER v. a. (rad. hréle, adj.). Mettre une cngrèlure à une dentelle.
* ENGRÉLURE s. f. Sorte de petit point très étroit que l'on meta une dentelle : il faut remettre une engrélure à cette dentelle. — Blas. Bordure engrélée, qui n'a de largeur que le quart de la bordure ordinaire.
•ENGRENAGE s. m. Mécan. Disposition de plusieurs' roues qui engrènent les unes dans les autres. — »v Fig. Concours de circonstances qui se compliquent mutuellement : un engrenage de mensonges. — Encycl. Les roues d'engrenage sont des cercles ou des disques circulaires, à la circonférence desquels on a régulièrement tracé des pleins appelés dents et des vides nommés creux. — Les roues, qui transmettent !e mouvement d'un arbre à un autre arbre parallèle, sont appelées droites ou cylindrifiues, pa.rce que leurs génératrices sont parallèles. — Les roues, montées sur des arbres perpendiculaires ou inclinés, sont dites roues d'angle ou coniques, parce que leurs génératrices tendent vers un sommet commun. — Les roues cylindriques à incrustations hélicoides peuvent aussi transmettre le mouvement à deux axes perpendiculaires. — Deux roues, droites ou coniques, qui se transmettent le mouvement de l'une à l'autre, tournent en sens inverse. On peut les faire tourner dans le même sens, en intercalant entre elles une troisième roue intermédiaire, qui ne change, du reste, en aucune manière, la vitesse relative des deux roues qu'elle met en communication. Les roues intermédiaires servent également à varier le sens de rotation et à relier ensemble des roues distancées. — Plus le rayon d'une roue est grand, plus grand sera le nombre des dents. — Plus le rayon est grand, plus la rapidité de la roue est petite, et réciproquement. — Les engrenages ne se composent pas toujours de deux roues. Ainsi, dans l'engrenage à lantei'ne, \' une des roues est remplacée par une espèce de tambour formé de deux plateaux parallèles que réunissent des liges cylindriques ou fuseaux; ce mode était employé dans les anciens moulins. Notre figure représente l'engrenage à vis, dans lequel la roue conductrice est remplacée par une vis sans fin, qui
communique le mou- Engrenage, ^gj^g^^ l ^^^ j.^^g
dentée. Cetappareilest souvent employé pour diviser exactement de très petits espaces, comme cela a lieu dans la fabrication des instruments de mathématiques.
* ENGRENER v. a. (rad, grain). Commencer à mettre son blé dans la trémie du moulin pour moudre : engrener la trémie. — Absul. Puisqu'il a engrené, c'est à lui à moudre. — Bien exgbener, mal engrener, bien commencer, mal commencer une allaire : il a bien engrené, il réussira. — Faire prenilrc de l'ombonpoinlà des chevaux en les nourrissant de bon grain : il faut engrener vos chevaux, si vous voulez en tirer du service. — Engrener de LA volaille, l'engraisser avec du grain, par opposition à Empaïer. — »* S'engrener v. pr. Etre engrené.
" ENGRENER V. n. (lat. cn'rîu, entaille). Mécan. .Se dit d'une roue dont les dents entrent dans celles d'une autre roue, ou dans les ailes d'un pignon, en sorte que l'une dis deux pièces ne peut se mouvoir sans faire tourner l'autre : cette petite roue engrène bien dans la grande. — v. a. Mar. Engrener une pomi'e,
ENIG
jeter de l'eau dans une pompe, avant de commencer à la faire jouer. — »v Engrener u.ne roue, faire entrer ses dents dans celles d'une autre. — Engrener une machine, engrener la roue qui en commande le mouvement. — Fig. Commencer, entamer : vous avez mal engrené votre affaire. — * S'engrener v. pr. Même sens que le verbe neutre.
* ENGRENURE s. f. Mécan. Position respective de deux roues dont l'une engrène dans l'autre : l'engrenure de ces roues est bien faite.
' ENGRI s. m. Hist. nat. Espèce de léopard qui se trouve au Congo.
' ENGROSSER v. a. (rad. grosse). Rendre une femme enceinte (bas et grossier).
ENGRUMELER v. a. (rad. grumeau). Mettre en grumeaux. — ' S'engrumelei v. pr. Se mettre en grumeaux : le lait de cette nourr'ice s'est engrumelé. Avec ellipse du pronom : cela fait engrumeler le sang.
ENGUEULADE s. f. ou Engueulage s. m.
Argot. Série d'injures grossières. — Recevoir une ENGUEULADE DE SON p.\TB0N, recevoii des reproches de son patron.
ENGUEULEMENT s. m. Argot. Action d'en-
gueuler, de s'engueuler.
ENGUEULER v. a. (rad. gueule). Argot.
.\ssaillir de grossières injures. — Adresser des reproches. — S'engueuler v. récip. S'engueuler mutuellement.
ENGUEULEUR s. m. Argot. Homme qui a l'habitude d'engueuler, qui se plaît a engueuler.
ENGUICHURE s. f. Nom des cordons qui servent à porter un cor de chasse.
ENGUIRLANDER v. a. (rad. guirlande).
Garnir, décorer de guirlandes.
* ENHARDIR v. a.[an-haiT-dirr](rad. hardi). Rendre hardi, encourager : ce bon succès l'avait enhardi. — S'enhardir v. pr. Prendre de la hardiesse : il s'est enhardi à parler en public.
ENHARMONIE s. f. [an-nar-mo-nî](préf. en, et harmo7iic). Mus. Changement de nom dans un accord d'une ou de plusieurs notes qui, par suite, amènent une modulation autre que celle qui est attendue par l'oreille.
* ENHARMONIQUE adj. [an-nar-mo-ni-ke] (gr. inhurmunikos). .Mus. Qui procède par intervalles moindres que le semi-ton : gem-e enharmonique.
' ENHARNACHÉ, ÉE part, passé de Enhar- NACUER. — Fig. et par plaisanterie. Vous
VOILA BIEN ENHARNACHÉ, PLAISAMMENT ENHAR- NACHÉ, se dit à un homme vêtu d'une manière extraordinaire.
ENHARNACHEMENT s. m. Action, manière d'enliariiacher; harnais lui-même.
* ENHARNACHER v. a. [an-har-naché](rad.
harnais). Synon. de Harnacher. Mettre des harnais à un cheval.
* ENHERBER v. a. [au-nèr-bè] (rad. herbe). Mettre eu herbe : enherber un terrain.
ENHYDRE adj. [an-ni-dre] (gr. en, dans; udor, eau). Qui renferme des cavités pleines d'eau : agate enhydre.
ÉNIANES, tribu primitive du N. de la Grèce et d'une origine inconnue. Leur ville principale était Hypata, au pied du mont Œta.
ÉNICURE s. m. (gr enikos, singulier; oura, queue). Ornith. Genre de passereaux dentirostres, groupe des merles.
* ÉNIGMATIQUE adj. Qui renferme une énigme, ou qui tient de l'énigme; sens énigntalique. — C'est un personnage i'nigmatique, c'e>t un homme dont on a de la peine à s'expliquer les actes, la parole, la pensée.