ENIM
• ENIGMATIQUEMENT adv. D'une manière
énii; mal Kiuc : Ufjaiic toujours énigmatiqmmmt .
' ENIGME s. f. (gr. ainigma). Description d'une ciiose par des qualités qui lui conviennent, mais qui sont indiquées d'une manière assez ambifîuë poui- la déguiser et la rendre plus ou moins difficile à deviner : les t'nigmcs sont ordinairement en vers. — • Fig. Discours ou toute autre chose qu'il est difficile de comprendre ou d'expliquer : ce que vous me dites est une énigme pour moi. — Voila LE MOT DE l'énigme, voilà l'cxplication de la i-liose que l'on ne comprenait |ia-<. — L'énigme, que nous considérons aujourd'hui commi: un puéril jeu de société, joua un rôle considérable dans l'antiquité. 1,'histoire et la littérature des peuples priinilifs sont pleines d'emblèmes, de syniboles, d'allégories. Los énigmes de Samson (vers U41 av. J.-C.) sont les plus anciennes que nous connaissions. Thomas Gale attribue les discours énigmatiques aux Egyptiens. Les oracles semblaient se complaire à donner des réponses susceptibles des interprétations les plus contradictoires. Tout le inonde connaît la fameuse question posée par le sphinx à O'dipe : <( Quel est l'animal qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir » et dont la réponse est l'homme, en supposant que l'homme soit un animal, qu'il marche à quatre pattes dans son enfance et qu'il se serve d'un bâton dans sa vieillesse. C'est à chercher l'explication do semblables subtilités que les hommes réputés lus plus sages passaient une partie de leur temps. Les énigmes restèrent en vogue pendant le moj'en âge et les temps modernes. I.'épitaphe suivante de fair Rosaniond, maitresse du roi d'Angleterre, Henri II t^vcrs 1 17:!), donne un spécimen de l'éloquence énigiiiatique de l'époque : « 11 ic jacel in tomba l{o»a mundi, non Kosa munda; non redolet, sed olet, qua' redolere sobt ». La Condaniine lit, pendant 40 ans, une étude sérieuse de l'art des énigmes. Boileau et presque tous les grands écrivains de son siècle se sont livrés à ce jeu d'esprit et y ont plus ou moins réussi. Voici une énigme, dont la réponse est ta yuec et qui est due à Boileau :
Du repos des humains, implacable ennemie, J'ji rendu raille amants envieux de mon sort; Je me icpais de sang, et je trouve la vie Dans tes bras de eelui qui reelierchc ma mort.
La suivante est de Voltaire :
cinq voyelles, une consonne.
En français composent mon nom.
Et je porte sur ma |)ersonnc De quoi l'écrire sans crayon.
Réponse ; l'oiseau.
— Une énigme populaire est la suivante, basée sur un jeu de mots : « Je ne suis pas ce que je suis, car si j'étais ce que je suis, je ne .serais pas ce que je suis ». La réponse est riilrt, parce que le valet n'est pas le mailie (|ii'il suit, car s'il était le maître qu'il suit, il ne serait pas le valet. — L'énigme sert enl'ore de passe-temps aux abonnés d'un grand nombre de gazettes littéraires, mais en général c'est un genre que l'on ne prend plus yuère au sérieux. Les plaisants cherchent quelquefois à embarrasser leur auditoire par des drôleries comme celles qui suivent : « Le mari d'une femme veuve peut-il se remarier? » ce Quel est le père de^ quatre fils d'.\iinon? »
Je suis un ornement que l'on met sur la tète ; Je préserve de l'eau.
Je m'appelle chapeau.
Cherche, grosse béte.
— Le P. Claude Ménestrier a traité des énigmes dans sa Pkilosoiiliie des images énigmatii/ucs {UîO't, in-1'2), et l'abbé Cotin a donné un Jiirueil d'niiijmes (Paris, l(i46, in-12).
ENIMIE (Sainte-), ch.-l. de cant., arr. et à 27 liil. U.-lN.-O. de Klorac (Lozère), sur le Tarn; i.^^'rl hab. Doit son origine à nue abbaye de ii'nrdictines, fondée par Clutaire II.