‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 395 sur 568 · EPIG · texte numérisé non relu

EPIG

croissent dans l'Amériq'ue du Nord, h'épigée rampitnte{epi;iœ<t repens), nommée aussi arbousier trainitnt (angl. trailimj arbulus), produit un bel ell'et dans nos jardins par ses feuilles persislaiiles et ses fleurs d'un blanc rosé.

ÉPIGÉNÉSE s. f. (gr. epi, sur ; genesis. pénératiou). Physiol. Système dans lequel Harvey, Haller, Wolf, Geoffroy Saiiit-Hilaire, Serres et plusieurs autres ont expliqué la formation des corps organisés par une addition successive de leurs diverses parties, qui ne préexisteraient pas dans le germe.

ÉPIGÉNÉSIQUE adj. Physiol. Qui a rapport

à repij,'i-'iiè>e.

ÉPIGÉNÉSISTE s. m. Physiol. Partisan de

répipénè>e.

• ÉPIGLOTTE s. f. (gr. epi, sur ; fr. glotte). Anal. Carlil.ige de forme ovale, placé a la partie supérieure du larynx, derrière la base de la langue, et spécialenienl destiné à recouvrir exactement la glotte, au moment de la déglutition, pour empêcher l'introduction dea aliments dans les voies aériennes.

ÉPIGLOTTIQUE adj. Méd. Qui a rapport,

EPIL

à l'épigastre ÉPIGÉ, ÉE

veine épigastriqne.

adj. (gr. epi, sur

terre),

qui appariant a l'épiglolle.

ÉPIGLOTTITE s. f. Méd. Inflammation de

l'épigluUe.

ÉPIGONES s. m. pi. (gr. descendants). Nom sous lequel l'histoire légeiidaue grecque désigne les sept fils des scfit héros argiens, qui tirent une expédition malheureuse contre l'hèbes, expédition où tous perdirent la vie, sauf Adraste, leur chef. Ces sept lils déclarèrent eux-mêmes la guerre a Thèbes, dix ans après, pour venger la mort de leurs pè.es ; iiS vainquirent les Thébaiiis dont ils i-asèrenl la ville jusqu'au sol. Us s'appelaient Alcm on, Egialée, Dioiiiède, Proniaque, Sthelenus, Iheisaiidre et Euiyale.

* ÉPIGRAMMATIQUE adj. Qui appartient à répigraiiiiiie, qui tient de l'épigramme : tournure épigrummatiqiie.

ÉPIGRAMMATIQUtiMfiNT adv. D'une manière epigruiuniduquc.

* ÉPIGRAMMATISTE s. m. Celui qui fait, qui compose des épigrammes : c'est un épigrammiitiate fort spirituel.

' ÉPIGRAMME s. f. (gr. epigramma) Littér. Petite pièce de poésie qui se termine ordinairement par un trait piquant ou par uu bon mot.

L'épigramme plus libre, en son tour plus borné, (t 'estsouvent qu'un bon mot de deux ntiifS orné. BoiLKAU.

Epigée rampante (Epigaea repens).

Bot. Qui croît au-dessus du sol. — s. f. Genre d'éricioées, comprenant deux espèces qui

— Fig. Mot, trait qui, dans la conversation, ou dans un écrit, exprime une ciilique vive, une raillerie mordante ; chaque pkjase de cet écnt est une épigramme. — Autiq. Toute sorte d'inscription. — Petite pièce, en vers elegiaques, consacrée soit à l'expression de sentiments tendres, soit à des descriptions, soit à des railleries : l'Anthologie grecque est un recueil d' épigrammes.

• ÉPIGRAPHE s. f. (gr. epi, sur ; graphô. j'écris). Insciiption qu'un met sur uu bâtiment pour en marquer l'usage, pour indiquer le temps de sa construction, etc. Ce sens a vieilli : on dit, Inscriptio.n. — Plus ordinairement. Courte sentence, courte citation qu'où met en tête d'un livre, d'un chapitre, etc., pour en indiquer l'objet ou l'esprit : il a pris pour épigraphe tel vers d'Homère, de Virgile.

""ÉPIGRAPHIE s. f. Science qui a pour objet l'étude et la connaissance des inscriptions.

• ÉPIGRAPHIQUE adj. Qui appartient, qui se rapporte aux inscriptions : style épigrayhique.

' ÉPIGRAPHISTE s. m. Celui qui étudie les inscriptions, qui est versé dans l'épigraphie.

ÉPIGYKEadj. (gr. ep», sur; gunê, femelle).

Bot. Se dit des parties de la fleur qui sont directement insérées sur l'ovairo.

ÉPILATION s. f. Action d'épiler, de s'é-

pillT.

' ÉPILATOIRE adj. Qui sert à épiler: onguent épilaioire. — »v s. m. Substance épilatoire : l'emploi des épilatoires est souvent

dangereux.

' ÉPILEPSIE s. f. (gr. epilépsia. saisissement). Mal caduc, haut mal ; névrose cérébrale chronique, sans fièvre, caractérisée par des attaques périodiques, ordinairement de courte durée, dans lesquelles le malade tombe sans connaissance, écume et éprouve des convulsions violentes, accompagnées d'insensibilité. Cette horrible maladie présente un si grand nombre de variétés qu'il est impossible de donner une définition les renfermant foules. Les deux formes principales sont les verliges épilepliques ou petit mal et les attaques convulsives ou grand mal. Les vertiges peuvent consister en un simple étourdiascment ; quelquefois la face se crispe ; le malade marche précipitamment en ligne droite, ou il tournoie; d'autres fois, il tombe cûiiiine foudroyé, les yeux fixes et hagards ; il se relève, d'un air étonné, à la fin de l'accès, qui peut durer une demi-heure. Les attaques convulsives, forme d'épilepsie la plus fréquente, surviennent brusquement ou sont annoncées p.ir la sensation particulière appelée aura epileptica, qui d'un point du corps monte vers le cerveau comme une bouffée de chaleur ou de froid, accompagnée quelquefois d'un éclair de .lumière. Le malade est averti qu'il va avoir un accès; il devient pâle, plusieurs muscles de son visage se contractent. Tout à coup, il tombe, privé de sentiment, quelquefois en poussant un grand cri ; tout son corps est roidi, ses mains se crispent, son visage livide est injecté de sang, sa respiration est suspendue, ses veines jugulaires sont gonflées, son regard fixe a quelque chose de féroce, son pouls est faible et petit. De temps en temps, des respirations brusques chassent de la bouche une écume blanche qui est quelquefois teinte de sang, lorsque la langue se trouve mordue par les dents. Tout le corps est remué de secousses convulsives. L'accès se termine rarement par la mort ; ordinairement, les muscles respiratoires se détendent après les pieiniers spasmes qui produisent la sullbcatioii, et, à mesure que l'air atteint les poumons, on voit diminuer et disparaître les convulsions. L'accès ne dure guère plus de quelques minutes, mais il peut être suivi de plusieurs autres crises consécutives; tant {(D'elles durent, le malade est privé de coniiiiisscince. Si elles sont suivies d'un comaproloiige, il faut craindre une terminaison latale. — La tendance héréditaire est la cause luvdisposante la plus fréquente. Bouchet et Cazauviehl ont trouvé que, sur 130 épilepliques, il y en a 30 qui descendent de personues épili'pliqùes, aliénées, paralytiques, apoplectiques ou hystériques. L'ivrognerie des parents produit aussi cette névrose chez les descendants. Parmi les autres causes prédisposantes, il faut citer certaines déformations, particulièrenient celles du crâne, et une elcessive perte de sang. Les principales causes déterminantes sont : la dentition, la pression d'une tumeur sur les nerfs, l'abus des liqueurs alcooliques, la frayeur, la colère, les habitudes solitaires et toute sorte d'excès. Les femmes sont plus fréq.iemment attaquées que les hommes. La

nature de l'ép.lepsie semble consister dans

.„ I...; .j*:»^.^...^. r.:...i.^-^v.ii;tA «..

une augmentation d'impressionnabilité ou, en d'auU-es termes, de l'excitabilité réllexe de certaines parties de l'axe cérébro-spinal (ordinairement la moelle allongée) et des parties voisines de l'encéphale et de l'épine dorsale. On n'a point découvert de remède à cette maladie. L'expérience parait rccom-

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mander le galiutn, la belladone, le bromure de potassium (de 3 à 10 gr. par jour): l'oxyde dezinc(ocenlig. malin et soir, en augmentant de H cenlig. tous les deux jours). Au moinenl de l'attaque, il faut placer le malade de manière qu il ne puisse se blesser. On prévient quelquefois un accès imminent par une saignée ou par l'emploi de 2.5 à 30 gouttes d'esprit de Mindérérus dans un peu d'eau. On a remarqué que les vésicaloires et les cautères le long de la colonne vertébrale diminuent la fréquence des attaques.

* ÉPILEPTIQUE adj. Qui appartient à l'épilepsie : contiilsioris épilcplique!!. — Sujet à l'épilepsie, attaqué d'épilepsie : il a ?m frère épileptiqtie. — Substantiv. Personne épileptique: tes épilepliques perdent toute connahsance en un moment.

' ÉPILER V. a.(lat. c, hors de; pilus, poil). Arracher le poil, ou le faire tomber au moyen de quelque Ionique : en prenant le bain, quelques personnes se font épiler. — »»■ Argot. Epiler la pèche, raser la barbe. — ' S'épiler V. pr. S'enlever le poil.

ÉPILEUR. EUSE s. Celui, celle qui épile, dont la profession est d'épiler.

' ÉPILLET s. m. [«mil.]. Bot. Chacun des petits assemblages de fleurs dont la réunion forme l'épi ou la panicule d'une graminée.

* ÉPILOGUE s. m. (gr. epilogos). Dernière partie ou conclusion d'un poème, d'un discours, etc. : l'épilogue doit résumer les principatac points d'un ditcours et être court.

' ÉPILOGUER V. n. N'est point d'usage au propre. Fig. Censurer, trouver à redire : c'est un homme qui épilogue sur tout. — v. a. : épiloguer les actions d'autrui. Ce mot est familier.

* ÉPILOGUEUR s. m. Fam. Celui qui aime à

épilo^'uer.

ÉPIMÉNIDE, poète de Cnosse (Crète), au vri"= siècle av. J.-C. li s'occupa piincipalemenl de politique et de législation. On le classe quelquefois parmi les septsagesde la Grèce à la place de Périandre. Son poème sur l'expédition des Argonautes et ses autres ouvrages sont perdus. Entre autres contes débités sur lui par les anciens, on rapportait que, dans sa jeunesse, il s'était retiré dans une caverne et qu'en reparaissant il prétendit y avoir doimi 57 ans. Le sommeil et le réoeil d'Epiménide sont passés en proverbe.

ÉPINAC, ch.-l. de cant., arr. et à <'» kil. E.-.N.-E. d'Autun (Saône-et-Loire), sur une hauteur, près de la Drée ; 4,143 hab. Verreries, mines de houille.

ÉPINAIE s. f. Endroit où croissent des arbres ou arbustes épineux.

ÉPINAL, Espinaux, Spinal, ch.-l. du dép. des Vosges, à 4u4 kil. E.-S.-E. de Paris, sur la Moselle, au pied des Vosges, par 48° 10' 24' lat. iN. et 4» 6' 32' long. E. ; •2b,o2ï hab. Une ile y sépare la Moselle en deux branches et divise la ville en deux parties. Mégisseries, coutelleries et fameuse imagerie. — Formée au x*^ siècle, Epinal fut fortiliée au xiiie. Elle fut prise en 1473 par Charles le Téméraire et en 1476 par René de Lorraine qui, en loUO, la réunit a la Lorraine. Les Allemands l'occupèrent le H oct. 1870.

* ÉPINARD s. m. (rad. épine., à cause des pointes épineuses du calice fructifèie). liul. Genre de chénopodees, ti ibu des cycloluhées, dont l'espèce type, Vépinurd potager (Spinacia oleraceaj. originaire de l'Asie centrale, a produit deux variétés importantes : i" i'épinard commun et Vépinard d'Angleterre, à graines épineuses ; 2" {'ép'inard de Hollande, ïépinard de Flandre, i'épinurd d'Esqucrmcs, a graines lisses. C'est une plante qui exige une terre bien fumée, de l'ombre, et de fréquents arrosages. En art culinaire, on

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n'emploie guère le mot épinard qu'au pluriel :

épinards à la crème. Les épinards sont considérés comme émollients et laxalits. On ne mange que les jeunes feuilles, soit en salade, soit hachées et cuites au beurre ; ou en obtient ainsi une purée verte que l'on sert au gras, en les mouillant de jus ou de bouillon, en les liant au beurre et en les garnissant de croûtons ; ou que l'on présente au maigre, en les arrosant de crème sucrée, en les liant au beurre et en les garnissant de biscuits coupés en triangles. — Fig. Frange,

ÉPAULETTE, GLAND A GRAINE d'ÉPINARDS, frange,

etc., dont les lilets ressemblent à un assemblage de graines d'épinards : l'épaulelte à graine d'épinards indique un grade supérieur dans l'armée française. — v» Jargon ; Plat d'épinards, mauvais paysage où le vert domine et est trop cru.

ÉPINAY (Louise-Florence-Pétronille de la LivE d'i, lenime de lettres française, née en {!%>, morte en 17S3. Elle épousa son cousin, un fermier général prodigue et débauché, dont elle fut forcée de se séparer. Elle eut, en 17:i.'i, une liaison avec J.-J. Kousseau, pour lequel e-lle lit bâtir la fameuse et jolie retraite de VErmitage; leurs relations prirent fin à cause de la jalousie du philosophe, surtout au sujet de Grimiu, qui le remplaça dans les bonnes grâces de M™° d'Epinay; après le départ de Griuim, elle continua, sous la direction de Diderot, sa correspondance avec les souverains. Ses mémoires et sa correspondance (3 vol., 181SJ sont extrêmement intéressants.

ÉPINCETAGE s. m, Manuf. Opération, qui, pour les tisbus en lame et principalement pour les draps, consiste à faire disparaître les nœuds, faits par le tisserand pour rattacher les lils rompus, et à enlever les corps étrangers qui ont pu ^'introduire dans la trame.

ÉPINCETER V. a. Manuf. Pratiquer l'épin-

cetiigo.

ÉPINCETEUR, EUSE s. Manuf. Ouvrier, ouvrière cliargée de l'opération de l'épincetage.

ÉPINCETTES s. f. pi. Manuf. Petites pinces

dont un se sert pour l'épiucetage.

•ÉPINE s. f. (lat. spina). But. Espèce d'arbre ou d'arbrisseau dont les branches ont des piquants : sa terre est en friche, il n'y croit que des épines. — C'est un fagot d'épines, on NE sait par ou le prendre, sc dit d'un honuiie revèche et fâcheux. — Etre sur des épines, sur LES épines, être dans de grandes inquietuu 's et dans de grandes impatiences. — AIarciier suit DES ÉPINES, se Irouverdaus une conjoncture diflicile. — Anat. L'ÉPINE du dos, la suite de vertèbres qui règne le long du dos de Ihunime et de plusieurs animaux. On la nomme autrement : Colonne vertébrale. — Se dit aussi des piquants qui viennent à l'épine et a quelques autres arbres, comme aux sauvageons des pruniers et des poiriers, et a quelques arbustes, tels que les rosiers, plusieurs espèces de groseilliers, les ronces, etc. : il lui est entré une épine dans le pied. Bot. Ne se dit proprement que des piquants qui font corps avec les parties où ils naissent : les autres se nomment : Aiguillons. — C'est une épine au piEO, c'est un sujet de perplexité, d'embarras; c est un empêchement fâcheux : depuis jue celle dépense est tombée à sa charge, il a une furiid^e épine au pied. Dansun sens analogie.

l'illER A quelqu'un UNE ÉPINE, UNE GllANUE

EPINE DU PIED, le délivrer d'ungramJ embarras, d'une situation pénible, d'un empêchement. On dit de même, Avoir une épine, une grossis,

UNE KACUEUSE ÉPINE HORS DU PIED. — 1l n'esT

Point de roses sans éplnes, il n'y a point de plaisir sans peine, point de joie sans quelque mélange de chagrin. — Au plur. Fig. Diflicuités, choses qui donnent beaucoup de peine,

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qui sont désagréables, fâcheuses : il n'y a point de science dont l'étude ne soit pleine d'épines et de difficultés. — « Bot. Se dit de différents végétaux qui portent des épines et que l'on distingue les uns des autres en y joignant nn qualilicalif : épine blanche, noire, ardente. etc. — Zool. S'applique aussi vulgairement à quelques animaux : épine double, de Judas, etc. — Anat. Se dit aussi de certaines éminences osseuses allongées : épine nasale, palatine, etc. — Epiner. (V. S.)

• ÉPINES s. f. pi. Métall. Cuivre hérissé de pointes, qui reste après l'opération du ressuagc et de la liqualion.

• ÉPINETTE s. f. Instrument de musique à clavier et à cordes de fil d'archal, plus petit qu'un clavecin, et qui fut en usage depuis le sV siècle jusque vers la fin du xviii°.

• ÉPINETTE s. f. Nom vulgaire de plusieurs espèces de sapins qui croissent dans l'Amérique du Nord : les pêcheurs de Terre-Neuve font une sorte de bière avec les jeunes pousses de l'épinette blanche.

' ÉPINEUX, EUSE adj. Qui a des épines, des piquants ; la plupart des sauvageons sont épineux. — Fig. Se dit des choses qui sont pleines de difficultés, d'embarras, de contrariétés, etc., qui donnent beaucoup de peine : lacarrière des lettres est épineuse. — En parlant des personnes. Qui fait des difficultés sur tout : il est désagréable d'avoir affaire à lui, il est trop épineux.

' ÉPINE-VINETTE s. f. Bot. Genre d'arbrisseaux épineux, type de la famille des berbéridées. L'espèce commune {berberis vidgaris).

Epiné-vinette commune (Biïrbcns vulgaris).

répandue dans les deux continents, produit de petites baies ovo'ides rouges, violettes ou blanches (suivant l'espèce), dont on fait des conserves et une boisson rafraîchissante.

* ÉPINGLE s. f. (lat. spinida, petite épine). Brin de lil de laiton, de cuivre ou de fer, pointu par un bout, ayant une tête à l'autre, et dont on se sert pour attacher quelque chose. Les épingles des Romains étaient ordinairement en bronze, avec des têtes ornées de diverses manières : il y avait aussi des épingles de bois, d'os ou d'ivoire. Les tombeaux égyptiens renferment de ces petits instruments en bronze, en or ou en argent. La fabrication des épingles prit de l'importance au XV' siècle. Les Anf^lais substituèrent le fer au cuivre dans les premières années du xviii" siècle. Aujourd'hui, cette fabrication s'exécute avec une rapiilité qui tient du prodige. Le fil, ayant passé dans des filières qui recrouissent,estsuccessivement dévidé, coupé, appointé; après quoi les épinglessont munies d'une tête, décrassées, étamées, séchées, piiiuées en quarteronssur du papier : total, quatorze opérations; c'est l'un des plus remarquables exemples de la division du travail.

ÉPIN

Mais on tend aujourd'hui à substituer des appareils mécaniques à la fabricatiim manuelle. La première machine à fabriquer les épmtrles fut inventée, en 1824, par l'Américain Lemuel W. Wrij:ht. — Epingle a cheveux, fil d'acier, replié par le milieu, de manière à former deux branches, et employé par les femmes pour tenir leurs cheveux. — Fig. Tiiîku son ÉPINGLE DU JEU. SB dégager adroitement d'une mauvaise alFaire, d'une partie périlleuse : il s'était mis dans une fâcheuse intrigue, mais il a tiré son épingle du jeu. Retirer à temps les avances qu'on avait faites dans une allaire qui devient mauvaise. — Par exag. Cela ne

VAUT PAS UNE ÉPINGLE, JE n'eN DONNEHAIS PAS

UNE ÉPINGLE, SB dit d'une chose de très petite valeur. Par indiU'érence ou par mépris. Je m'en soucii: COMME d'une épingle. On dit aussi, Ces deux choses sont si égales, que j'en donnerais le choix pour une épingle. — Une

ÉPINGLE NE TOMBERAIT PAS PAU TERRE, SB dit

d'un endroit où la foule est très serrée. — Fam. Etre TIRÉ a quatre épingles, être ajusté avec un soin extrême, et de manière à paraître craindre de déranger sa parure. — Fig. Se dit d'un discours dont le style est soigneusement recherché. ~ Coups d'épinglb, olfenses légèrBS, mais souvent répétées, faites à une personne. — Espèce de bijou en forme d'épingle, qui porte souvent, au lieu de tête, quelque petite pierrerie ou quelque autre ornement et qu'on porte comme parure, principalement sur une cravale ou sur le devant d'une chemise. — Au plur. Fig. Dons ou gratifications qu'nn accorde à des femmes dont on a reçu quelque service. Ainsi, en payant une marchandise ou un ouvrage qu'on a fait faire, s'il y a quelque chose au-deia du prix convenu, on dit quelquefois : c'est pour les épingles des filles. — Se dit aussi, et plus ordinairement, de ce qu'on donne à une femme quand on a l'ait queU[ue marché, quelque arrangement avec son mari : un tel nia vendu sa terre, j'ai donné cent louis pour les épingles de sa femme.

' EPINGLE adj. Ne s'emploie que dans cette expression : Velours épingle, sorte de velours cannelé et très léger.

ÉPINGLER V. a. Attacher avec une épingle.

' ÉPINGLETTE s. f. Ariill. Espèce d'aiguille de fer dont on se sert pour percer les gargousses avant de les amorcer, lorsqu'on les a introduites dans les pièces. — Epingle do 111 d'archal dont on se servait dans l'infanterie pour déboucher la lumière du fusil. — »v Depuis l'invention des fusils à culasse moliile, l'épingletle n'est plus, dans l'armée, qu'une récompense honorifique, accordée aux meilleurs tireurs.

* ÉPINGLIER, 1ÈRE s. Faiseur ou faiseuse, marchand ou marchande d'épingles.

• ÉPINIÈRE adj. f. Anat. Qui appartient à l'épine du dos : la moelle épinière.

' ÉPINIERS s. m. pi. Chasse. Bois ou fourrés d'é|iinus, où les bêtes noires se retirent.

ÉPINOGHE s. f. (rad. épine). Icht. Genre d'acanthoptérygiens à joues cuirassées, comprenant de petits poissons qui ont les épines dorsales libres, le ventre garni dune cuirasse osseuse et les nageoires ventrales réduites à une seule épine. La plupart des espèces vivent dans les eaux douces, où elles se

Grande épinoche (Gastorostous aculcatus).

nourrissent de frai, d'insectes aquatiques et de vers. Les épines, qui garnissent leur dos

EPIP

I et leur ventre, les défendent contre les autres I poissons. La grande épinoche (gasterostczis uculealiis). longue de 6 centim., et l'épinochelte [gasterosteus pungitius) sont communes I dans les eaux dos environs de Paris. La particularité la plus singulière de leurs mœurs est la manière dont elles accomplissent leur reproduction. En été. le mâle bâtit un nid de fibres végétales délicates, nattées en une niasse sphéroïdale irrégulière et cimentées par le mucus de son corps. Quand ce travail est terminé, il engage par ses caresses la femelle à venir dép iser ses œufs dans le nid; il la pousse doucement, et, dès quelle a terminé la ponte, il se précipile à son tour dans le nid et procède à la fécondation des œufs. Il surveille ensuite l'éclosion en se tenant dans le. voisinage du nid et en se précipitant avec courage sur n'importe quel animal aquatique qui essaye de s en approcher.

ÉPIORNIS ou iBpiornis [é-pi-or-niss] (gr. aipus, immense; omis, oiseau). Ornith. Genre éteint d'énormes brévipennes, voisin des dinoriiis et que l'on ne connaît qui; par des ossements et des œufs trouvés dans 1 ile de Madagascar.

ÉPIPASTIQUEadj. (gr. epipnssein, saupoudrer). Pharin. Qui est saupoudré de poudre de canthnrides. (Voy. Epispastique.)

ÉPIPHANE (Saint), père de l'Eglise, né en Palestine, vers MO, mort en 402 ou 403. En 367, il fut nommé évêque de Salamis, en Chypre, après avoir, pendant 30 ans, dirigé un monastère en Palestine. Adversaire déclaré des hérésies d'Origène, Epiphane, pour les combattre, ainsi que celles d'Arius et d'Apollinaire, écrivit plusieurs ouvrages, voyagea et réunit plusieurs conciles. Son œuvre la plus importante est le Paiiarion, dirigé contre les hérésies. Son style est rude et sans liaison. Fête le 12 mai.

* EPIPHANIE s. f. (gr. epiplmneia, apparition). Fête de la manilestatiun de Jésus-Christ aux gentils, et particulièrement de l'adoration des rois, appelée aussi jour des Rois. On la célèbre le fi janvier.

* ÉPIPHONÈME s. m. (gr. epiphonêma). Rhétor. Exclamation sentencieuse par laquelle on termine quelque récit intéressant. Le vers de Boileau :

Tant de fiel cntre-t-il dans rame des dévotsj

est un épiphonème.

' ÉPIPHORA s. m. (gr. epiphora, flux). Méd. Ecoulement continuel et involontaire des larmes, ordinairement causé par ipielque maladie des voies lacrymales. Epiphragine.[S .'&.)

ÉPIPHYLLE adj. (gr. epi, sur; phullon, feuille). But. Qui naitsur les feuilles ou sur des organes qui ressemblent k des feuilles.

EPIPHYSE s. f. (gr. epi,%\xv;phuein, croître). Anat. Emineuce unie par un cartilage au corps d'un os, et qui se change plus tard en apophyse.

ÉPIPHYTE adj. (gr. epi, sur; phuteuein, croître). Bot. Se dit des végétaux parasite-, qui croissent sur d'autres plantes, sur l'homme ou sur les animaux. — s. m. Plante épiphyte. Les épiphytes qui croissent dans les cavités des autres végétaux reçoivent le nom particulier d'cntophytes; mais ils ne se distinguent par aucune ditïérence botanique bien déhnie. C'est seulement depuis que l'on accorde une grande attention a l'étude de la botanique cryptogamique que l'on s'est aperçu de l'importance et du nombre des maladies causées par plusieurs parasites de ce groupe de plantes. Ces végétaux appartiennent tous aux champignons et aux algues ; mais il est encore impossible d'en donner une classification satisfaisante. Robin et Kiichenmeister les divisent suivant leur position su]iposée dans le règne végétal, tandis que Yirchow et ses adeptesles

EPIQ

classent selon les maladies qu'ils causent ou qu'ils accomp.'ignent. La croissance de ces formations cryptogamiques est des plus simples et leur habitat est l'univers; on les trouve au lond des mers, comme dans les entrailles de la terre, et l'air que nous respirons les transporte d'un pôle à l'autre. Les animaux parasites se nourrissent principalement de tissus vivants ; mais les véf.'étaiix parasites ne se nourrissent que de tissus malades ou en décomposition. Les effets de ces derniers sur l'homme sont moins dangereux, mais tout aussi à redouter que ceux des premiers. Quand la plante a trouvé son milieu essentiel de reproduction, elle croît et se multiplie, soit a la surface du corps, soit dans son intérieur. Les champignons se composent d'organes de fructification et d'un appareil de nutrition, nommé mycélium. Le nombre de ces végétations est littéralement incalculable, et, dès qu'elles ont élu domicile dans un milieu qui leur convient, elles s'y multiplient avec une effrayante rapidité. Les principaux épiphytes sont Voidiiim (voy. ce mot) ; la torula cervisise ou ferment végétal, que l'on trouve quelquefois dans les excrétions fluides du corps; le leptothrix buccalis, plante cryptogamique contenue dans le dépôt d'un blanc jaunâtre, qui se forme sur les dents que l'on néglige de netloyer; Vachorion Schœnleinii . parasite qui produit sur le crâne la maladie appelée favus, porrigo favosa ou tinea lupinosa ; le tricophyton tonsurans et le tricophyton sporuloides, qui causent la calvitie; le premier produit, en outre, l'impétigo; le microsporon Audouini, qui attaque les cheveux ; le microsporon mentagrophytes, qui fait tomber la barbe; le microsporon furfur, qui cause l'éruption appelée pityriasis versicolor. — On a observé peu de parasites végétaux sur les mammifères; mais il s'en forme dans l'appareil respiratoire des oiseaux, particulièrement dans celui des volailles qui habitent des lieux humides et privés de lumière. Les poissons sont quelquefois couverts de végétations parasitaires, qui font obstacle à leurs mouvements dans l'eau. En certaines saisons, on peut voir les mouches faire des efforts pour se débarrasser de champignons, dont le mycélium embarrasse leur tube respiratoire. Certaines espèces de sphserix se développent dans les larves d'insectes, en Chine et en Australie. La plus redoutable est le botrytis Bassiana, l'ennemi du ver à soie. Les spores de cette plante embarrassent les tubes respiratoires du ver; le mycélium s'introduit dans les tissus et cause la mort de l'insecte; ensuite les plantes poussent leurs tiges fiuctifères sur le cadavre qu'elles convertissent en une masse de moisissure. — Le terme épiphyte est également appliqué parles botanistes à des plantes qui se développent sur d'autres plantes, mais qui n'en tirent pas leur nourriture.

ÉPIPLOCÉLE s. f. (franc, épiploon; gr. kélê, tumeur). MéJ. Hernie qui contient une portion de l'épiploon.

ÉPIPLO-ENTÉROCÈLE s. f. Méd. Hernie qui contient une portion de l'épiploon et de l'intestin.

ÉPIPLOÏQUE adj. Qui appartientàl'épiploon:

veine épiploique.

* EPIPLOON s. m. (gr. épiploon; de epipleô, je vogue sur). Anat. Nom donné à un grand repli du péritoine, qui flotte au devant de l'intestin grêle , et à quelques autres de moindre étendue qui unissent des viscères entre eux. L'épiploon, semblable à un petit coussin mollet, a pour fonction de maintenir les intestins^ tout en se prêtant à leur ampliation; il les garantit du froid et de la violence des chocs. C'est une sorte de réservoir de matière nutritive, et c'est la partie qui se charge le plus de graisse dans l'obésité.

•ÉPIQUE adj. (lat. spicus). Se dit d'une

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