NOMBRE DES ETRANGERS RESIDANT DANS LES PORTS OUVERTS
MAISONS DE COMUBnCB IUDIVIDUS
Anglais 226 i.616
Américains 45 536
Allemands 45 362
Français 10 298
Espagnols 1 120
Russes 17 78
Danois 4 70
Japonais 1 36
Autres nationalités . . 9 491
Totaux 353 3.607
— Ligne côlière de Hainan à la Corée, environ 2,750 kil. Rades nombreuses, profondes et sûres, parmi lesquelles on distingue particulièrement celles de Hong-Kong et d'Amoy
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(Etiiouy) — TopoGR. La Chine comprend 6 divisions naturelle? : 1° répion montagneuse du S.-E., longue de 1,.ïOO kil., large de 600; 2° la Grande-Flaine qui s'étend de la baie de Hangt chaou jusqu'aux monts Liaotung ou Chingking ; 3° région minérale, à l'O. de la Grande-Hlaine ; 4° district des lacs ou Chine centrale, au S. de la région minérale; 5° Szétchouèn, vaste province riche et bien peuplée, entourée de montagnes et formant une plaine ondulée; 6" provinces du S.-O. (Younan et Koueïtchaou), généralement montagneuses, contenant quelques plateaux et des plaines au milieu desquelles se trouvent des lacs. La température y est chaude et les productions s'y rapprochent de celles des tropiques beaucoup plus que dans les provinces orientales. Les Chinois considèrent le climat de ces provinces comme le plus malsain de l'empire. — Orogr. 4 chaînes principales traversent ou bornent le vaste territoire de la Chine : 1° au N., s'étend une grande chaîne qui sert de frontière et que domine la fameuse muraille; 2° monts Pi-Ling el Sin-Ling, entre les bassins du Iloang-Hû et Yang-tsi-kiang; 3° monts Nan-Ling el Ta-you-Ling au S. du bassin du Yang-tsi-kiang; 4° monts Neigeux formant la frontière occidentale. — Hydrogr. La Chine est surtout un pays de rivières navigables et de canaux. Parmi les principaux fleuves qui la traversent, nous citerons le Péi-Ho au N. ; puis en descendant vers le S., le Hoang-Ho ou fleuve Jaune, l'un des plus importants de l'Asie; le Yang-tsi, qui rivalise avec le précédent; le Pe-Kiang ou rivière de Canton et le Ta ou Si-kiang. Lacs Hong-Tsi, Kao-Yang,Taï- Hou, à l'E.; Pi-yang etTong-Ting au centre et lacspittoresquesdu Yunnan. La Chine possède un système élendu de canalisation naturelle et artificielle. Ce système, quoique susceptible de perfectionnement est fort bien entendu. Le Grand-Canal traverse toute la Grande- Plaine du N. au S., depuis le cours du Péi-Ho jusqu'à la baie de Hang-Tchaou, sur une longueur de 1,100 kil. — CuMAT varié. A Pékin, par 41» lat. N., il ne tombe pas de pluie de novembre à avril; les étés sont longs etchauds; le mercure s'élève jusqu'à -j- 40i> et descend quelque fois à — 4°. A Chang-Haï, par 31°, l'eau tombe en toute saison ; à Canton, on voit quelquefois delà neige. — Productions. Territoire des plus fertiles qui ne renferme ni terres désertes, ni districts où les eaux fassent défaut. La flore est d'une grande richesse : canne à sucre partout cultivée au S. de 30° ; riz el tabac, d'une extrémité à l'autre de l'etupire; millet, principale de la partie septentrionale de la Grande-Plaine; blé, orge, maïs, sorgho, avoine. La culture du pavot a été introduite dans les provinces méridionales. Les thés verts sont produits dans le Tché-Kiang, dans le Ngan-Houi méridional et dans le Kiangsi oriental ; le thé noir dans le Kiangsi occidental, le Honan septentrional, le Fou-kian et le Houpé méridional. Le Kouangtoung produit ces deux variétés, mais particulièrement le thé noir. La soie du mûrier est produite dans les parties centrales et méridionales jusqu'à 33°; les variétés de soies produites par le chêne et par l'ailante s'étendent dans la Mandchourie méridionale et la basse Mongolie. Le coton prospère dans la vallée du Yangtse et dans la région située au N. de celte rivière. L'orange, le citron, le cachou, le bétel, l'ananas, le coco et une foule d'autres fruits sont indigènes. Les pommes, les poires, les pêches, les prunes el les abricots sont inférieurs en saveur et en grosseur à ceux que produit notre Occident; la culture de la vigne a reçu une grande extension dans le nord. Le bambou est cultivé autour des villages, à cause de sa beauté, de son utilité et de son ombrage. Les grands arbres et les bois de construction sont rares; le chêne, le noyer, le camphrier, le cèdre, le cyprès at les arbre» ii vernis croissent dans
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les districts montagneux; le bois de rose et l'ébénier sont assez communs; le saule est recherché partout ; le châtaignier el le noisetiers sont indigènes. — Depuis longtemps les biHes sauvages ont disparu des provinces les plus peuplées. Dans le sud on rencontre encore des éléphants, des rhinocéros, des tapirs, des sangliers, des ours, des tigres, des léopards et des panthères : dans le sud-ouest on trouve des singes; dans l'ouest, le cerf musqué, des loups, des lynx, des sangliers, des gazelles et des antilopes; dans plusieurs parties du territoire, des écureuils, des fourmiliers, des zibelines, des blaireaux, des gerboises, di;s martres, des porcs-épics, des hérissons, des marmottes et des belettes. Le chien et le cochon sont les animaux domestiques les plus répandus. Les bêtes à cornes ne sont élevées que comme animaux de trait ; il existe une race noire de petite taille; on emploie aussi une espèce do buftle gris. Les chevaux sont petits; on leur préfère les mulets. On élève partout le mouton à grosse queue. Dans le nord, on emploie le chameau comme animal de charge ; mais on voit rarement cet animal au sud de Pékin. Parmi les oiseaux, on remarque le paon, le faisan, le pélican, l'albatros, le perroquet, la grue, le héron, la cigogne, le courlis, le cormoran, la grive, la pie à bec rouge, le cygne, les grèbes, les oies, les canards, les perdrix, la bécasse et la spatule. — Les crocodiles sont inconnus, mais les lézards et les serpents abondent. On pêche les toi tues et plusieurs autres espèces de poissons. Le poisson doré, importé en Europe eu 1011, est indigène de i;hine. Les huîtres se rencontrent en grand nombre sur les côtes. « Les insectes les plus uliles sont le ver à soie, l'insecte à cire el la mouche à miel. — La Chine est remarquablement riche en minéraux. La province de Chansi renferme de vastes dépôts peu exploités, de charbon et de fer, ainsi que de sels, d'argent, de mercure, de cuivre et de plusieurs variétés de pierres précieuses. On trouve aussi le charbon de terredans les provinces de Kanson, de Honan el plusieurs autres; el le fer se rencontre abondamment dans celle de Honan ; l'or dans le lit du Yamrtsé. Lecuivre, le plomb, l'argent, le zinc et l'étain ont donné naissance à une industrie assez active. Le lapis-lazulisetrouve dans l'ouest; le cristal, le rubis, l'améthyste, lesaphir, la topaze, laturquoise, la jade, le grenat, l'opale, l'agate, le jaspe el la malachite se rencontrent en différents lieux. Il 3' a de grands dépôts de soufre à Kormose. — Population. Il ne reste plus que quelques représentants des aborigènes dans les montagnes des provinces méridionales, où ils portent les noms de miaou-tzi et de lou-lon. Les habitants actuels viennent du nord-ouest el otfrent de grands rapports avec la race mongole. Leur taille varie suivant les districts. A Canton, la hauteur moyenne des adultes atteint 1™ O'i, dans les provinces du nord elle est un peu plus élevée. Ils sont bien bàlis; mais ils admirent l'obésiié, les petits pieds et les ongles démesurément longs. On a pu voir, par des moulages et des modèles de cire, à quel point de dill'ormité les Chinois réduisent les pieds de leurs femmes en les emprisonnant, dès le bas âge, dans des bandelettes qui en empêchent la croissance et font des femmes autant d'infirmes. Les .Mandchous ont le teint plus clair que les Chinois; ils sont un peu plus lourds, ont plus de barbe, et leur physionomie dénote une activité intellectuelle beaucoup plus grande. En général, les Chinois sont industrieux, adroits, polis et prévoyants; leur moralité et leur courage sont moindres que chez les races européennes. Dans la colère, ils montrent de la cruauté; mais ils ne sont pas vindicatifs. D'une grantle sobriété, ils commettent rarement des excès de nourriture ou de boisson. Leur esprit commercial est très développé, et ils se montrent fiers de leur patrie et de leur civilisation qui tloris-
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sait déjà à une époque où les nations ii'cxis-' taienl pa-; encore. La polys-ainie existe dans les classes riches, mais la vie de famille est ti'ès aimée. Le conliûle du ménage appartient efltièreraent à la première femme, tandis que les concubine? sont considérées à peu prés cQiiinie des domestiques. Parmi les qualités des Chinois ne brille pas la propreté ; on rencontre partout une mullitude de gens qui ne changeront de vêtements que lorsque ceux-ci tomberont en loques. Leurs maisons, généralement basses, manquent d'air et de lumière; les rues de leurs villes sont tortueuses et étfoites, bien peu mesurant plus de 4 mètres de large ; elles sont ordinairement couvertes de tnohde; et pourtant les altercations et les collisions y sont rares, et pendant la nuit régne une" tranquillité remarquable. Le costume des Chinois n'est pas uniforme ni imnluable comme le feraienlpenser les caric.i tares qlle ion publie en Europe sur les h.'iliilanls du Céleste Empire : il y a des modes comme eri France; et elles changent de temps en temps. Les étoiles dont on se sert pour la fabl-ication des vêtements sont en soie, en coton ou en lin pour les costumes d'été, avec addition de fourrures et de pelleteries pour ceux d'hiver. Les vêtements des deux sexes diffèrent bien plus par leurs couleurs que par leur coupe. — La nourriture des Chinois est assez variée, saine et bien préparée; la proportion des aliments produits par le règne animal est moindre que chez n'importe quel autre peuple habitant la même latitude; l'art culinaire est presque considéré comme une science. Le café, le chocolat, la bière, le cidre ♦ont inconnus; l'usage du vin est très peu répandu: les boissons ordinaires sont le thé cl l'eau-de-vie de riz. On fume ou on prise le tabac; l'usage de fumer l'opium s'est répandu dans toutes les classes ; Itt passion du jeu est générale; on ignore ce que C'est qu'un duel. — Gouvernement. Les lois fondaïuoiitales do l'empire sont élablies dans la Tu-lsing-houcîtièn ou « Collection des lois de la Grande- Dynastie imre 0, qui ordonne que h; gouvernement de riitat soit basé sur le gouvernement dé la famille. Dans le langage olficiel, le souverain est nommé T'ien-tzi (fils du ciel) et cdnsideré comme le fin:i-t'ien-mir)n (Celui qui a reçu là divine commission ccunme conducteur); il est le vice-gérant des cieux sur la terre. Il reçoit particulièrement le titre de hôuangti (empereur) ; il est à la fois lé chef séculier et spirituel, exerçant en niêilie temps, 9dns limite ni conlrAlc, le pouvoir législatif et, le pouvoir exécutif; il est le seul grand prêtre de l'empire et (leut seul, ainsi que ses représentants immédiats et ses minisires, acrtomplirles cérémonies religieuses. Il n'eiiste aucune hiérarchie ecclésiastique entrfetenile par les deniers publics, ni auciin clergé attaché à la religion d'Etat ou confucianisme. — 11 n'y a point de loi de succession héréditaire au trône, et chaque sOm'ei'ain Choisit son successeur parmi les membres dé sa famille. L'administration de l'cnqure est sous la su- [jrême direction de la « chambre intérieure du conseil )i, Comprenaiil i membres, dont 2 d'origine larlare et 2 d'origine chinoi.so et, en outre, 2 assistants du Han-lin ou tiiand-Col' lège, chargés de veiller à ce qu'il ne se passe rien de contraire aux lois civiles et religieuses contenues dans la Ta-lslhg'houéï-tién et dunS les livres sacrés de GonfuciUs. Ces membres sont appelés Tn-Ayo-si (ministres d'Etui). Sous leurs ordres sont les iioii-pou ou six ministères, présidés chacun par un Tarlare el[iar un Chinois. Le Tou-tcha-iouèn oU ministère des censeurs publics, indépendant du gouvernement et théoriquement supérieur à l'administration centrale, se compose de 40 à fiO membres, avec i présidents, l'ud Tartai'e et l'autre Chinois, t) après les anciennes coutumes, tous les membres de Ce ministère i)iil le ))rivilcge de présenter des remontrances au souverain; et
un censeur doit assister aux réunions de chacun des six ministères. — Dettes. Jusqu'à la fin de 1874, la Chine n'eut point de dette extérieure. En IS74, le gouvernement a contracté un emprunt de 627,67.') livres sterling, au taux de !i'>, et portant S p. IftO d'inlérêts. Cet emprunt est garanti par les recettes dos douanes. Un emprunt do 1,604, '276 livres sterling fut contracté dans les même conditions en juillet 187S. — AnsIÉE. L'armée permanente cohsiste en deux grandes divisions : la première, formée de Tartares, sujets les plus immédiats de la dynastie régnante ; la seconde, formée de Chinois et d'autres sujets de l'ace tributaire. Dans la pretniére, sont comprises les 8 bannières mandchouriennes, les 8 bannières mongoliennes et les 8 bannières chinoises (en tout 24 bannières, formant une sorte de ban et d'arrière-ban); dans la seconde, il n'y a que des troupes chinoises. Les Tartares Mandchous, fondateurs de la dynastie actuelle, divisèrent leur armée, lorsqu'ils s'emparèrent de la Chine (1644), en 4 corps que l'on désigna par la couleur de leurs bannières : hlanckc, bleue, rovije ai jaune. Quatre autres bannières des mêmes couleurs furent ensuite créées ; et le nombre des bannières fut successivement porté à 24, distribuées entre les quatre couleurs. L'armée chinoise est dite du drapeau vert. La Chine possède, sur le papier, une armée de 800,000 Chinois et 27 '1,000 Mandchous ; mais c'est tout au plus si lamoitié des soldats se trouvent sous les armes; environ i!7(i, 000 hommessont organisés à l'européenne. — iMAniNE. Depuis 1877, le gouvernement chinois fait de grands efforts pour créer une marine de guerre capable de faire respecter ses côtes. 11 a fait construire en Angleterre des canonnières cuirassées et à vapeur longues de 125 pieds et d'une grande puissance. Les quatre premières, nommées Alpha, Bétd, Gamma et Delta, furent livrées, en juin 1877. au gouvernement cliinois, qui reçut, en 1870, les quatre canonnières nommées Epsilon, Zèla. Eta et Thêta. La flotte chinoise se Compose de trois escadres : 1" escadre de Canton ; 2° escadre de Fou-tchéuu ; 3o escadre de Chang-hai. Elle comprend, outre les canonnières, des jonques à vapeur et d'autres navires, au nombre d'environ 40, dont l'armement estloin de présenter un ensemble homogène. — FoliîEiiEsstis. La Chine possède 1,193 forteresses ; mais la plupart ne résisteraient
de plus de 2,200 kil. En quelques endroits, elle forme un simple rempart; ailleurs, c'est une muraille de granit. Dans sa section orientale, elle mesure de 5 à 10 m. de haut, et sa largeur est telle que six cavaliers peuvent circuler les uns à côté des autres ;"i son sommet. De loin en loin se dressent des tours de 14 m. de haut. — Voies de communication. Le territoire de la Chine est traversé dans toutes les directions par 20,000 routes impériales, assez mal entretenues, et par un nombre considérable de canaux et de rivières navigables. La configuration de la portion lapins peuplée de l'empire se prêterait admirablement à la création de chemins de fer; mais une petite ligne de 16 kil., allant de Chang-hai à Wousoung, ayant été ouverte à l'exploitation le" 30 juin 1876, fut détruite en 1877 par ordre du gouvernement. — Postes. Il y a Une poste d'Etal et des établissements privés qui s'occupent d'alfaires commerciales. La poste d'Etat est du ressort du mini?tère de la guerre. Les bureaux, au nombre d'environ 8,000, n'existent que dans 18 |irovinces. — Télégbaphes. 11 existe plusieurs câbles le long des côtes, et trois ou quatre petites lif^nes terrestres, !ormant une longueur totale d'environ 100 kil. — HisT. Les Chinois font remonler leur origine à plus de 8 1,000 ans avant la date fixée par la Bible à la création du monde ; mais jusqu'à l'an 2,207 avant J.-C, leur liiHoire est purement mythique. Les Rapports historiques réijuliers (ehou-ldny) commencent au règiie de Yaou, en 2,33"? ; mais il n'y a rien de précis jusqu'à la fondation de la dynastie Hia, par Hioii le Grand, en 2,207. Ce prince réunit l'aulorilé ecclésiastique au pouvoir temporel. Suivant d'autres, l'empire aurait été fondé par Fo-hi, le Noé de la Bible, en 2,240 avant J.-C. La dynastie Chang ou Vin (1766-M22), fûuiwit 28 empereurs, la plupart vicieux et cruels. Le général Oû-ouang, qui renversa ïchaou-sinn, fonda la dynastie Tch.iou, qui régna pendant 87.3 ans. C'est sous cette dynastie que vécut Confucius^o.ïO) et que fut cons' truite la grande muraille de la Chine i29'j). La dynastie Tsinn (249-202) rétablit l'unité de l'empire. Tching-ouang (216-210) termina la grande muraille et prit le titre do hoimng ou empereur. La dynastie Han dura de 2u6 avant J.-C. à 220 après J.-C. ; elle encouragea la littérature et le développement de l'imprimerie ; alliée des Scythes contre les Phraates,