FLOTTE
On sait que la marine de guerre espagnole a été tout particulièi'oment éprouvée pendant la di;rnièro guerre de l'Espagne avec les Etats-Unis, tant aux Antilles iiu'aux îles Philip|)ines, cl ([u'elle a perdu dans ce conilit la plupart de ses meilleures unités de combat, notamment les cuirassés qui avaient été construits en France et en Angleterre. La flotte espagnole se trouve donc actuellement très réduite et dans une période de réorganisation que le mauvais état des linances du pays rend nécessairement très lente. Néanmoins, des efforts considérabli'> ont été déjà accomplis dans cet ordre d'idées etpormellentanjonrd'hui à l'ICspagne d'intervenir sur nu^r d.ins les i|uesLions où ses intérêts se trouvent directement engagés, comme on l'a vu en 1903, lorsque la question marocaine a menacé de passer par une crise aigué.
FiN.VNXics. — Les finances de l'Espagni; ont été pendant longtemps dans une situation misérable. Quoiqu'elle commencent un peu à se relever, les recettes (en pesetas de 1 franc) restent à environ 805 millions, tandis que les dépenses dépassent aniuirllement 810 millions. La dette [uiblique s'élève, en capital, à 0,207 millions de pesetas, et les intérêts dépassent 233 millions. Presque toute la [Kqiulalion espagnole aiiparlient a l'Eglise catholique romaine, religion de l'Etat; mais les autres i-ultes sont autorisés depuis la révolution de 1808. La propagande protestante est aujourd'hui tolérée et plusieurs congré.gationssesont formées. L'organisation de l'instruction publique; date de lS4o. En 1852, il y avait moins de 2,000,(100 d'individus sachant lire età peine 1,200, 000 sachant écrire. Depuis lors, le gouvernement a fait de grands eU'orts pour perfectionner l'instruction publique ; les institutions supérieures d'éducation sont l'objet d'une sollicitude toute spéciale. En 1807, il y avait 20,332 écoles, fréquentées par 1,4; 5, 339 élèves, dont 850,762 garçons et S74,577 lilles. En 1878, le nombre des écoles avait atteint 29,600, et celui des élèves 1,61 1,000. L'Espagne possède 10 universités, à Madrid, à Barcelone, à Grenade, à Oviédo, à Salamanque, à Séville, à Santiago, à Valence, à Valladolid et à Saragosse. — Langck. La langue espagnole dérive duhas latin, qui fut introduit en Espagne lors de la domination romaine et prévalut bientôt dans toute la péninsule. Le latin continua à être la langue employée dans les cloîtres et dans les collèges : c'est en cette langue que sont écrits presque tous les ouvrages importants du sV siècle : le latin fut ensuite abandonné et remplace par l'idiome populaire. L'introduction des consonnes gutturales ;/ (avant c ou i] et j ^ou X) est allribuée à l'influence germanique. On calcule que les mots d'origine septentrionale forment environ -^ du dictionnaire espagnol ; plusieurs d'entre eux ont rapport à la guerre. L'espagnol a reçu dos Arabes la teinte orientale, qui le distingue des autres idiomes latins : quant aux mots et aux formes, l'influence de l'arabe a été très légère. Le son du ; et du c avant l'e et l'i (qui est précisément le même que celui du Ih doux des Anglais) est d'origine arabe : sont de même origine la plupart des mots commençant par (il (l'article arabe). Parmi les nombreux dialectes, simultanément développés dans la péninsule par le mélange des langages latin et goth, le dialecte castillan se répandit graduellement et devint définitiveraent la langue de l'Espagne. Tousles autres dialectes ont disparu, sauf le portugais, qui devint une langue séparée, et le catalan, qui est encore parlé dans toute la Catalogne. Le basque,
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idiome de quelques-unes des provinces septentrionales, descend, croit-on, de la langue la plus usitée dans la péninsule avant l'invasion romaine. La langue espagnole est une des plus répandues du monde, car elle est parlée, non seulement en Espagne, mais aussi dans toutes les républiques espagnoles d'Amérique, dans la plus grande partie dos Indes occidentales, aux îles Philippines et dans plusieurs contrées de l'Afrique. L'alphabet espagnol se oonipose de 27 lettres fornrant autant de sons distincts, y compris U et n, qui se protronccnt respectivement comnre // mouillées dans anijuille et comme gn dans orjnon. Le z espagnol se prononce comme le (/i anglais, (sauf dans l'Amérique espagrrole, où on le prononce généi-alenrent comme \'s sifflant) et ['s sifflant a le mênre son que dans notre rrrot pistaclic: A l'exception de h, toirles les lettres se prononcent, ainsi que « dans les combirraisons <jue,(jui, que, qui. Chacunedessix vovellcs se prononce comme en italien, et po'ssède un son invari.ible. Les substarrtifs n'orrt que di'ux gonr-cs : le masculin et le féminirr; le pluriel se forme par l'addition de s ou es an singulier-. L'espagrrol est extrêmenrent lichi' eir terminaisons augmentativcs et di- Jiiiiintivcs. Le conrparatif se forme généralcrrrent en mettant devant le positif l'adverbc mas (plus), le superlatif relatif par l'addiliorr au comparatif de l'article défini, et le super-latif absolu par l'addition de la terminaison isimo. Dans la conjugaison des verbes, le subjonctif a deux temps de plirs ipi'en italien et en frarrçais, savoir : le sccoird condiliouuel et le suijjorrclit futur. L'espagnol a deux doubles auxiliaires kubcr et tenir, scr et cstar : et on enrploie la forme réfléchie du verbe plus que dans n'impoi-le quel autre langage d'Europe.
— LiTTiinATURr:. La littératur-c nationale espagnole conrmença au xii'= siècle par des poèmes épiques et didactiques en vers castillans; le premier lut le Poewe du Cid, probablerrrent composé pendant la seconde moitié du xri" siècle. Gonzalo do Berceo (mort vers 1200) est le plus ancien poète espagnol dont le nom soit conrru; ses œuvres contienruMit la vie des saints en vers rimes. Le roi Alphonse le Sage de Castille fut un auteur très prolili([uo. U compila plusieurs codes de lois, dont le plus célèbre est Lus siek partidas. Plnsicirr's ouvrages historiques, parmi lesquels la fameuse C/irôiiica ijenenU, furent aussi rédigés sous sa direction. El conda Lucanor, par le prince don Jiran .Mairuel (mort vers 1347-, est une collection de 49 contes, anecdotes et apologues. Le plus remarquable poète du xiv" siècle fut Juan Ruiz, communément appelé l'aichiprétre de llita (mort vers 1350;. La tendance puétiqrre do cette période est didactique. La l'oi-mation d'une école gr'acieuse de poètes lyriques dans lo dialecte galicien, sur le modèle des troubadoui-s, date d'Alphonse le Sage. Une école florissante do troubadours provençaux fut formée à la cour des comtes de Barcelone, ainsi qu'rme école de poètes castillarrs à celle de Jean 11. Leur-s œuvres furent collectionnées en caneioneros. La plus conrplète collection de ce genre est le Caiicionero ijcneral de Fernando del Caslillo (Valence 1511 ; 10° éd., 1573). En opposition aux écoles galantes et aux écoles provençales, une lillérature plus populaire commença dans la seconde moitié du xrv siècle; elle peut se diviser en quatre genres : ballades, chroniques, romarrs de chevalerie, et drames. Un millier environ des ballades ont été réunies dans le Romancero gênerai (13 parties, 1605-14). Les plus célèbres chroniques sont celles d'Ayala et de Juan Nunez de Villarzau, la Chronique du Cid et la Chroniqïfè des voyages de Ruy Gonzalés de Claviju. Le plus arrcien et le plus célèbre des romans do chevaleriip. est VAmadis de Goule, d'abord écrit en portugais, plus lard traduit en espagnol. Le drame espa-
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pnol vit pour la première fois le jour dans les représentions qui curcnl lieu, au moyen âge, pour célébrer les fêles ecclésiasUqucs. Parmi les meilleures productions de celle époque, on peut citer la pièce pastorale de Juan de la Encina et le célèbre roman dramatique Celestina par Fernando de Rojas. — La seconde période de la littérature espafinole part du xvi" siècle et finit à Cervantes. La littérature italienne commence alors à avoir une influence marquée sur la poésie espagnole. Les premiers qui employèrent ce style furent Juan Bosean Almogaver (mort eu 1843), Garcilaso de la Vega (mort en i:;30) et Diego Hurtado de Mendoza(mort en Vir6). Le roman espiègle et satirique de ce dernier, LazariUo de Tonnes, devint en Espagne l'origine d'une classe de fictions essentiellement nationales, que le Gil Blas de Sanlillane de Lesage a rendues fameuses. Pendant celle période, l'école italienne de poètes comprend aussi plusieurs portugais, qui écrivirenten castillan, tels que Sa de Miranda (mort en lo58), auteur d'idylles, et Jorge de Monlemayor (mort en lo62), auteur d'un célèbre roman pastoral intitulé Diana. Les deux plus grands poètes lyriques que l'Espagne ait jamais produits furent Fernando dc'Herrera (mort en fi)97) et Fray Luis de Léon (mort en lîi'JI). La poésie épique fut cultivée, mais avec peu de succès. Cristoval de Castillejo (mortvers1.5.ï(i), qui fut un des champions de l'opposition, faite à l'école italienne, écrivit des romans et des cLanls erotiques, qui sont des chefsd'oeuvre. Naharro (vers 1ol7) peut être considéré comme le père du drame vraiment national. Il fut suivi par Lope de Rueda, qui, le premier, établit et régla la scène espagnole, et par Juan de la Cueva (né vers IGOS). Les deux pièces tragiques de Geronimo Bermudez, qui traite de la triste histoire d'Inès de Castro, sont d'heureuses imitations des anciennes tragédies classiques. De cette période datent aussi les pièces ecclésiastiques {autos sacramentaks), les intermèdes burlesques (e«tremeses y sainetes) et les préludes [loas). Les plus connus des prosateurs furent Mendoza et don Luis de Léon, déjà nommé comme poète. Geronimo Zurita, auteur de l'histoire d'Aragon, fut le premier historien espagnol qui se soit distingué des chroniqueurs. Le siècle d'or de la littérature espagnole comruence pendant la seconde moitié du xvi" siècle avec Cervantes (Iu47- ICI 6), dont le nom et le chef-d'œuvre, Don Quixote, sont plus connus dans les pays étrangers que ceux de n'importe quel autre auteur espagnol, et dont les Nocelas ejemplarcs et les Traiajos de Persiles y Siijismunda inaugurèrent en Espagne la littérature de romans sérieux. Le drame atteignit, à la même époque, le rang élevé qu'il occupe dans la littérature moderne d'Europe, grâce au prolifique Lope de Véga (1562-ib3-j). Parmi les poètes lyriques, ceux qui eurent le plus d'influence furent les deux frères Argensola. Plusieurs écrivains de cette classe appartinrent à l'école des conceptistas, qui ne s'exprimaient que par métaphores et par calembours, autant à la tribune qu'en poésie, ou à celle des cuUus, imitateurs de Gongora (1o0i-10i7), lesquels revendiquaient pour eux-mêmes un style de composition à la fois élégant et cultivé, el qui, pour s'efforcer de justifier leurs prétentions, se livraient à de ridicules extravagances, à la pédanterie el à rallcctation. Le plus beau poème épique, l'Ai'uucana d'Alonsu de Ercilla y Zuuiga (mort vers Ibyi), quoique ne manquant pas d'un certain merveilleux épique, est condamné comme fastidieux et prosaïque par plusieurs critiques. Au-dessus de tous les poètes tragiques précédents, est Pedro Calderon de la Barca (1600-'81), un des plus grands draihalurges, qui ait jamais existé. Les plus rélèbres de ceux qui vinrent après lui, sont .fraucisco de Uojas, Aguslin Morcto, Fragoso,
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Diamantc, Antonio Hurtado do Mendoza, Juan de laHoz, Antonio de Solis (plus connu comme historien) cl Aguslin de Salazar y Turres. Le déclin de la littérature espagnole se fit sentir dans les écrits de Francisco de Qiievcdo y Villegas, le |dus savant écrivain de son temps. L'exagération el raireclalion gâlèrent les poésies erotiques d'Esleban Manuel de Villegas, poésies qui, sauf ces défauts, auraient été incomparables. La corruption de la prose espagnole tut activée par la production constante de romans mauvais et légers, parmi lesquels le roman badin Guzman de Alfnrachc, Mateo Aleman, mérite une mention spéciale. Les seuls historiens de marque furent Mariana, auteur de VHisloria de Espaha, et Solis, auquel on doit Conqulsta de Mt'jico. — La quatrième période date de l'avénemcnt des Bourbons au commencemenl du xviii" siècle. Le plus éminent défenseur du style français fut Ignacio de Luzan, qui eul pour principal adversaire Garcia de la Iluerla. L'école de Salamanque tint le milieu entre ces doux extrêmes : son véritable fondateur fut Meleiidez Valdez (l7o4-18l7), poète de grand talent. Cette école produisit aussi Iglesias, Norona, Quintana, Cienfuegos, Arriaza et Gallego, qui, comme Valdez, restèrent vraiment nationaux par le sentiment tout en no dédaignant pas d'imiter les grands modèles français, italiens et anglais. Le résultat des mouvements libéraux et patriotiques de 181'2, 1820 et 1834 se remarque dans les ouvrages de Xérica, Lista, Martinez de la Rosa, José Joaquin de Mora, Angel de Saavedra, et Breton de los Herreros. Parmi les nieilleiirs poètes de ces derniers temps, on cite Tapia, Mauri, Juan Dautisla Alonso, Jacinto de Salas y Quiroga, Espronceda, Séralin Calderon, Zorrilla, Hartzenbusch, lî. de Campoamor, Sautos Lopez Pelegrin et Villergas. Une réforme de la littérature prosaïque fut préparée par le bénédictin Feyjoo, qui revint à la simplicité des modèles classiques espagnols, et par le jésuite Isia, qui, dans son roman satirique Fray Gerundio, ridiculisa l'éloquence triviale et ampoulée de son temps. Parmi les plus célèbres historiens moJernes, il convient de citer L'iloa, Munoz, Capmauy, Ferreras, Quintana, ISavarrete, Clemencin, Toreno, Lal'uente y Alcanlara, Gayangos, Munoz Maldoiiadu, el Modesto Lafueule connu comme poète satirique sous le pseudonyme de Fray (jerundio. Les meilleurs romanciers sont Ilumara y Salamanca, Escosura, Martinez de la Rosa, Larra, Villalta, Sérafin Calderon et Cecilia Bohl Fabcr de Aron (Feruan Caballero). Un des plus brillants écrivains du xix« siècle est l'orateur Einilio Castelar, qui s'est acquis une réputation universelle. — La lillérature catalane a atteint son apogée pendant le siècle qui précéda le règne de Ferdinand et d'Isabelle. Le Cancionero gênerai, compilé peu après le milieu du xv° siècle, est une collection d'environ 300 poèmes de 30 auteurs catalans. Ausias March (mort en 1460J et Jaunie Roig (mort en 147SJ sont des écrivains remarquables. Au commencemenl du xvi' siècle, les écrivains catalans commencèrent à se servir de la langue castillane et, vers le milieu du même siècle, cet usage devint universel. La littérature contemporaine de Catalogue consiste surtout en poésies, en pièces dramatiques et en articles de journaux. — Des colonies espagnoles, Cuba est la seule qui ail prjiluit quelques écrivains d'une réputation durable, tels que les poètes llérédia et Placido cl la poetesse-romanciôre Gertrudis Avellaneda. — Parmi les pluséminents éi;rivains américains, il convient de citer Baralt (1810-'60J auteur d'une Hhloria de Venezuela; le jioéte équalorien Olmedo; le Vénézuélien B''llo (1780- -ISii.;); J.-.M. Torres Caicedo; Mora, qui écrivit une histoire du Mexique; Pedro de Angelis, historien de la république Argentine; Èyzaguirre, auteur dei'liistoire du Chili ; Marmol,
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romancier argentin; Toro de Colombie, Lastarriadu Chili et Sarmiento de la république Argentine. — Le meilleur ouvrage sur la littérature nationale de l'Espagne est ï Histoire de la littérature espagnole par George Ticknor. -— Hist. La péninsule espagnole fut visitée dans l'antiquité par les Phéniciens, qui établirent sur ses côtes des colonies florissantes, telles que Tarlesse (probablement la Tarshishde l'Ecriture) et Gadès (Cadix). Plus tard, les Grecs y fondèrent des établissements, parmi lesquels on remarquait Emporion (auj. Ampurias, sur la côte de la Catalogne) el Sagonlc (auj. Murvicdro, dans fa Valence). Dès l'autiquilé la plus reculée, les hautes régions de l'intérieur étaient habitées par les Celtibères, race formée du mélange des Celtes et des Ibères (voy. CiîLTiBiiuEs); quelques tribus ibérienues et celtiques avaient cependant conservé leur nationalité distincte (les Aslures, les Canlabres, etc.) Après la première guerre Punique, les Carthaginois commencèrent à s'établir en Espagne. Parmi les villes fondées par eux, on peut citer la Nouvelle Carthage (auj. Carlhagéne), qui ne tarda pas à devenir un célèbre entrepôt. Le siège et la destruction de Sagoiite par Annibal (219 av. J.-C.) furent les causes de la seconde guerre Punique, pendant laquelle Scipion chassa d'Espagne les Carthaginois (206). Les Romains enlreprirent de soumettre entièrement la péninsule, mais ne purenty réussir qu'après une guerre acharnée qui dura 200 ans. Toute l'Espagne, à part la région occupée par les Basques, fut soumise déiinitivement l'an 19 av. J.-C. Auguste divisa la péninsule en trois provinces : l'Espagne tarragonaise, au nord, au centre el à l'est ; l'Espagne bétique, au sud, et laLusitanie, correspondant à peu près au Portugal actuel. Le pays se romanisa tellement, qu'il devint un des principaux centres de la civilisatiou el de la littérature romaine. Le christianisme y fut introduit dès ses premiers temps, et, à l'époque de Constantin, toute l'Espagne avait embrassé celte religion. Lors de la décadence de l'empire romain, plusieurs tribus germaniques vinrent s'établirent en Espagne, oïi elles ne rencontrèrent qu'une faible résistance. Les Suèves fondèrent un empire en Galajcia (Galice); les Alains occupèrent la Lusilanio elles Vandales se fixèrent dans le pays qui fut ensuite appelé Vandalusie (auj. Andalousie). Peu de temps après l'an 400 ap. J.-C , les Romains appelèrent à leur aide les Visigolhs, qui eurent bientôt soumis toute l'Espagne, sauf la région N.-O., qui resta au pouvoir des Suèves jusqu'en 58ii. Le premier roi goth d'Espagne (4H) fut Alaulphe, qui mourut assassinépar ses soldats. Sigéric (4Î5) lui succéda, mais ne régna que peu de jours. Valia vint ensuite et fut remplacé par Théodoric 1" (420) ; celui-ci trouva la mort dans une bataille qu'il gagna contre Attila. Thorismond (4!JI) fut assassiné, ainsi que Théodoric 11 (452), son successeur. L'un des plus grands rois visigolhs fut Euric, qui, en 471, mit fin à la domination romaine et donna à l'Espagne ses premières lois écrites. Ses successeurs furent Alaric II (483), tué dans une bataille; Gesalric (306), son fils naturel el Amalric(oil), son fils légitime; Theudis(b31), Theudisela(548;,Agila(o49), Atanagilde(5o4), Liuva (o67), qui s'associa Leuvigildo (a68); Recaredo 1" (a86), Liuva 11 (001), assassiné; Vitericus (503), Gundemar (6IOj, Sisibut(612), Recaredo II (621); Suinlila, qui fut détrôné; Sisenando (031), Chintella (636), ïulga (640), Cindasuinlo (642) mort en 6i)2, qui, depuis 649, s'était associé Rocesuinlo, celui-ci, en 653, resta seul roi ; Vamba (672), détrôné, mort dans un monastère; Ervigius (680), Egica (687) et Vitiza {69S). La famille d'Alanc, mécontente d'une nouvelle élection, appela en Espagne ' les Arabes du N. de l'Afrique, et le roivisigolh Rodoric tomba dans une grande bataille à Jer--- le la Frontera (juillel7H). Les Arabes,
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lous la conduite de Taiik, de Musa et de plusieurs autres, terminèrent en quelques anlées la conquête complète de tout le pays, à 'exception des districts montagneux des Asuries, de Cantabre (à l'E. du précédent), de Savarre, où un prince goth, Pelasge ou Relaya, fut élu roi (718). La partie conquise de l'Espagne devint d'abord une province des califes orientaux. Lorsque la dynastie des califes ammiades fut remplacée par celle des Abasîides, Abdorraliman fut appelé en Espagne et, en 7!)6, établit une dynastie ommiade indépendante à Cordoue. Le langage et les coutumes des Maures prédominèrent ; les chrétiens furent privés de leurs droits politiques, mais gardèrent néanmoins le libre exercice de leurculte.Aucommencement du xi<i siècle, le califat de Cordoue fut en proie à des révolutions intestines; en 1031, il disparut entièrement et de nombreux royaumes se fondèrent sur ses ruines. Pendant les trois siècles qu'il avait existé, le pouvoir chrétien avait fait de grands pi'ogrès dans le nord de la péninsule. Le petit Etat fondé par Pelayo était devenu le royaume des Asturies, (plus tard Oviédoj, et peu après l'an 900, il devint celui de Léon. Le IN.-E. de l'Espagne, conquis par Charlemagne, porta le nom de Marche espagnole, mais la domination franque fut de courte durée.
L'Etat indépendant de Navarre fut créé au IX" siècle et devint graduellement un puissant royaume. Le roj'aume de Castille, d'abord petite république, se forma de bonne heure; il fut pendant quelque temps, avant 901, soumis au roi de Léon. Ses chefs prirent peu après le titre de rois et, en 1037, Ferdinand I''"' le Grand, réunit le royaume de Léon à la Castille, et forma ainsi le plus puissant EUit espagnol. La Catalogne était gouvernée |iar des comtes dont le principal, celui de Barcelone, réunit toute cette province, au commencement du xu" siècle. L'Aragon (voy. ce mot), qui avait formé une |iartie de la Navarre, devint royaume indépendant sous Raniiro I"' en 10:!K, et, en 1137, il fut réuni à la Catalogne. Vers 1095, Alphonse VI de Castille fit du Portugal un comté indépendant, qui, en 1139, fut érigé en royaume. Les plus importants états maures formés du démembrement du califat de Cordoue furent ceux de Tolède, de Valence, de Murcie, de Saragosse et de Séville. Alphon.se VI de Castille détruisit le royaume de Tolède (lOS.'i) et lit sa résidence de la ville de ce nom après avoir donné au pays qu'il avait cun([uis le nom de Nouvelle- Ca'stille. Vers la On du xi'' siècle, la secte maure des Almoravides envahit l'Espagne, renversa le royaume de Séville et étendit rapidementsa domination sur les autres territoires maures; mais elle fut supplantée au milieu du xin' siècle par la secte des Almoiiades. En 1212, Alphonse IX de Castille, aidé des rois d'.\ragon et de Navarre, mit fin à la puissance des Almoliadcs par la grande victoire de Navas de Tolosa, dans la Sierra Morena. Leur empire fut démembré, elles petits états qu'il forma furentsuccessivement soumis par les chrétiens ; avant la fin de ce siècle, la domination maure ne s'étendait plus que sur le royaume de Grenade, tributaire de la Castilb;. Grenade resta, pendant deux siècles, un grand et populeux Etat, qui, après une lutte désespérée, tomba, sous le règne du fameux Boabdil, au pouvoir de Ferdinand et d'Isabelle. Parmi les états chrétiens d'Espagne, l'Aragon (sous Alphonse 1°'', Pedro 111, Alphonse V, etc.) et la Castille (sous Ferdinand i»', Ferdinand III, Alphonse X) devinrent très puissants et finirent par absorber tous les autres. Dans la seconde partie du xv° siècle, le mariage de Ferdinand V le Catholique, roi d'Aragon, et d'Isabelle de Castille, ne fit qu'un royaume de ton te l'Espagne chrétien ne. Ferdinand chassa les juifs du sol espagnol et réorganisa l'inquisition. La soumission du royaume di; Grenade, dernière possession des
Maures en Espagne (1491-'12), compléta la consolidation [lolitique de son royaume ; à la même époque, la découverte et l'occupation de l'Amérique mirent en peu de temps l'Espagne au premier rang des puissances du monde. Ferilinand, qui avait survécu à son beau-fils Philippe h' de. Castille, fut remplacé en 1S10 par s(m petit-fils Charles I", qui réunit définitivement la Castille et l'Aragon (ce derniers'était déjà annexé la Sicile et Naples); il reçut les Pays-Bas comme héritage de son grand-père paternel, l'empereur allemand Maximilien de Habsbourg, et fut élu empereur d'Allemagne sous le nom de Charles- Quint. L'étendue et la richesse de son tenitoire s'accrurent énormément par la comiuêle du Mexique, du Pérou, du Chili et par l'augmeiilationdo la puissance espagnole en Afrique et dans l'Inde; mallieur(uiseinent ses guerres épuisèrent les fonds publics, toréèrent à établir des taxes énormes et endettèrent lourdement la nation. Sous le règne de son fils Philippe II (1.ï;)0-'98), celte grande monarchie commença à drcroiti'o Philijqie, pour faire valoir de prétendus droits, coiupiit le Portugal, qui, de 1581 à 1640, resta réuni !i l'Espagne; mais cette conquête, ainsi qu'une autre guerre contre les Pays- Bas révoltés, une brillante lutte navale contre les Turcs, et un confiit malheureux contre l'Angleterre (pendanllaquelle l'invincible armada fut détruite) épuisèrent les forces de l'Espagni'. Philippe III (1598-1 021), roi imbécile et l'anal ique, abandonna les rênes du gouvernement à son l'avoii, le comte de Lerme, ipii gaspilla les revenus de l'Etat et chassa d'Espagne tous les Maures qui y restaient encore (000,000 environ). Sous Philippe IV (1621-'0:>), le Portugal recouvra son indépendance ; la partie protestante des Pays-Bas fut évacuée pour toujours et l'Espagne entreprit avec la France une lutte qui précipita sa décadence. SousCharles 11(1005-1700), la guerre prit un caractère extrêmement désastreux. La mort de Charles, avec lequel s'éteignait la dynastie espagnole des Habsbourg, fut la cause d'une guerre pour la succession au trône. Charles, par un deuxième testament, avait désigné, comme seul héritier de toute la monarchie, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV; mais l'Allemagne, l'Angleterre et la Hollande contestèrent la validité de ce testament et, pendant 13 ans, combattirent les prétentions de Pliilippo. (Pour les événements principaux de la guerre de la succession d'Espagne, voy. Philippe V, Cuahles VI d'Allemagne, Louis XIV, Eugène et M,\Bi,Bor,ouGn). Philippe V l'emporta et resta sur le trône, bien que, par le traité d'IItrecht (1713), il fut obligé d'abandonner Naple-s, le reste des Pays- Bas, la Sicile et les autres possessions européennes d'Espagne. Ferdinand VI, fils de Philippe (1748-'59), ne put, à cause d'une maladie de langueur, s'occuper activement des ali'aires du gouvernement. Il eut pour successeur son demi-frère consanguin Charles III (1759-'88), antérieurement rui de Naples, dont le règne fut moins malheureux que ceux de ses prédécesseurs. Le pouvoir de l'inquisition fut considérablement diminué et les jésuites se virent chasser de tous les états espagnols (1767). Ce monarque fut remplacé par son fils Charles IV n78S-l80S), ,[ui, àpartir de 1792, se laissa dominer |Kir l'infiuence pernicieuse de son favori Godoy, duc d'Alcudia. L'Espagne se joignit d'abord à la coalition contre la Républiipio française, mais elle fut bientôt forcée de signer la paix de Bàlc(179;;). Un an plus tard (1790), Godoy entra avec la France dans la ligue offensive et défensive de Saint-lldefonse. Les guerres, qui en résultèrent furent désastreuses pour l'Espagne. A Trafalgar ("21 octobre ISO;)), les Hottes de France et d'Espagne combinées furent complètement battues par Nelson ; l'Espagne dut ensuite se soumettre au honteux Iraitéde Fontainebleau, en conséquence duquel les troupes françaises
eurent le droit de traverser la péninsule. Une insurrection força Charles IV d'abdiquer en laveur du prince des Asturies (18 mars 1808), qui monta sur le trône sous le nom de Ferdinand VII. Napoléon extorqua ensuite de l'un et de l'autre, ainsi que des infants don Carlos et don Antonio, une renonciation à leurs prétentions sur la couronne d'Espagne, et, le 6 juin 1808, il nomma son frère Joseph roi d'Espagne et des Indes. Des insurrections éclatèrent de suite. L'Angleterre reconnut Ferdinand VU comme roi d'Espagne et soutint puissamment les révoltés. Jusqu'en ISTJ, la guerre se continua avec des alternatives de succès ; la plus grande partie de l'Espagne tomba entre les mains des Français et les patriotes espagnols, ainsi que les Anglais, n'eurent plus en leur possession (jue quelques provinces de l'Ouest et le Portugal. La désastreuse expédition de Napoléon en Hussie fut suivie de l'évacuation de l'Espagne par les troupes françaises. Soult et 30,000 hommes envahirent de nouveau ce pays; mais la brillante victoire di Wellington à Vitoria (21 juin 1813) les contraignit à repasser les Pyrénées. A la chute dn Napoléon, les certes, qui avaient promulgué une nouvelle constitution (18 mars 1812), invitèrent Ferdinand VII a retourneren Espagne. et à jurer de soutenir cette constitution. Ferdinand accepta; dès son arrivée à Valence, il déclara que la constitution était nulle et sans valeur : l'inquisitionfiit rétablie, ledespotisme fut restauré et une grande partie des réformes introduites sous Charles III furent annulées. Le I"' janvier 1820, une insurrection militaire éclata sous Riego ; elle se propagea avec rapidité, et en mars, le roi fut forcé de proclamer la constitution de 1812, et de convoquer les cortès. Les mesures libérales qui suivirent, provoquèrent l'opposition du parti clérical, et la France, au congrès do Vérone (1822), s'entendit avec les cours de l'Europe orientale pour taire une intervention. Une armée française de 100,0110 hommes, sous les ordres du due d'Angoulême, entra en Espagne (avril 1823), délit les troupes qui étaient venues à sa rencontre et força les cortès k rendre au roi le pouvoir absolu (28 sept.). Plusieurs insurrections, bientôt réprimées, éclatèrent en 182b et en 1826. A lamème époque, l'Espagne perdit, à la suite de révolutions (18l0-'26), toutes ses possessions sur le continent américain. En 1830, Fi'idinand fut déterminé par sa femme, Marie-Christine, princesse napolitaine, à abolir, en vertu de la pragmati(|ue sanction du 29 mars, la loi salique de la famille des Bourbons. Vu ce changement, sa fille, l'infante Isabelle (née le 10 octobre 1830), devint l'héritière de la couronne à la place de son frère don Carlos. La mort de Ferdinand VII (29 sept. 1833) lut le signal d'une guerre civile générale. Don Carlos fut proclamé roi par les provinces basques, sous le nom de Charles V; le clergé et la grande majoiité du peuple des campagnes le soutinrent; Marie-Christine, qui était régente, fut soutenue par les modérés et les libéraux. Le gouvernement, dominé par le parti progressi.ste {nxaUados}, adopta en 1837 la constitution modifiée de 1812. Les carlistes furent délinitiveinent subjugués en 1839, époque où don Carlos s'enfuit en France. Le général Cabrera se inainlint pourtant en Espagne jusqu'en juillet 1840. Marie-Christine résigna la régence peu de temps après (12 oct.) et, avec les chefs des modérés, s'embarqua pour la France. En 1841, les cortès nommèrent régent Espartero, pendant la minorité de la reine. La vente des propriétés ecclésiastiques ayant provoqué de l'opposition, Espartero, fut forcé de s'embarquer pour l'Angleterre (1843). En octobre, les cortès déclarèrent que la reine était d'âge à régner. Dans les nouvelles cortès, qui se réunirent en octobre 1844, les modérés furent en majorité; elles promulguèrent une constitution (constitution de 1845) limitant
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les droits parlementaires. Le règne d'Isabelle II, C[ui,en 1846, épousa son cousin, don "Assise, est principalement marqué
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par le fréquent changement des ministères, renversés les uns après les autres par des intrigues de palais. En 18,t4, éclata une insurrection sous la conduite d'O'Donnell ; il en résulta le rétablissement de la plus grande partie des constitutions libérales de 1812 et de 1837; mais, environ deux ans après, les intlucnces réactionnaires prévalurent de nouveau, prâce au premier ministre Narvaoz, et la législation anlilibérale de ISiîi, fut graduellement restaurée. En IS.j'J-'tiO, une guerre heureuse fut engagée contre le Maroc, et en 1864-'6() des hostilités indécises eurent lieu avec le l'érou et le Chili. Les exactions de l'administration de la reine d'Isabelle et son inconduite personnelle causèrent un mécontentement général, qui donna lieu (186o-'08) à de nombreuses insurrections, dont l'une se termina par la défaite de l'armée royale à Alcolea (28 sept. 1868) et par la fuite' de la reine en France. Un gouvernement provisoire fut installé et la présidence en fut donnée aux généraux Serrano et Prim et au seiïor Olozaga. Ces événements furent immédiatement sun'is d'une révolte à Cuba, qui ne se termina qu'au commencement de 1878. (Voy. Cuba.) En 1869, Serrano fut nommé régent. En juillet 1870, on offrit le tiûne d'Espagne au prince Léopold de Hohenzollern, qui le refusa à cause de l'opposition que faisait la France i son accession. 11 en résulta la guerre francoallemande. Le 10 novembre, les cortès élurent jiour roi Amédée, duc d'Aoste, second fds de Victor-Emmanuel, roi d'Italie. Ce prince s'efforça d'administrer l'Espagne comme une monarchie constitutionnelle; mais l'aversion des Espagnols pour un roi étranger et la démoralisation de tous les partis causèrent son départ. Il abdiqua, le H février 1873, et les cortès établirent un gouvernement sous la présidence d'Estanislao Figueras. A la même époque, une insurrection carliste, qui avait pris naissance dans le Nord (1872), |irit des proportions effrayantes. Don Carlos, le troisième prétendant de ce nom, se mil k la tête des insurgés et se fil proclamer roi sous le nom de Charles VII. Le 8 juin 1873, les cortès, qui avaient antérieurement aboli l'esclavage à Porlo-Rico, adoptèrent et proclamèrent une république fédérale démocratique, et le senor Pi y Margall fut élu président du pouvoir exécutif. Des insurrections ultra-démocratiques, pour la « souveraineté cantonale », qui prirent naissance à Malaga , Valence , Carthagène (voy. Carth.igè.ne), bouleversèrent bientôt le gouvernement républicain. Le 19 juillet. Pi y .Margall lut remplacé par don Nicolas .Salmeron, et celui-ci céda la place, le 7 septembre, ù don Emilio Castelar. Le 2 janvier 1874, Castelar donna su démission, lorsqu'il vil que son ministère n'avait plus la majorité. Le lendemain, le général Pavia, capitame général de Madrid, dispersa les cortès et un nouveau ministère fui constitué sous la présidence du général Serrano, qui garda le pouvoir exécutif jusqu'au y janvier 187.T, jour où débarqua en Esj)agne le fils d'Isabelle II, qui avait été proclamé roi sous le nom d'Alphonse XII, par les armées ducentre, du nord et à Madrid. Los insurf;és carlistes prolongèrent la lutte, principalement en Catalogne et en Navarre; ils furent deliiiitivemenl forcés de so soumettre au commencement de 1876. — BiuLiocn. Aintario estadislico de Esimna, publicado por la Direccion gênerai de Esladistica (in-4°, Madrid, 1882).— Censo de la Poblacion de Espuha, scgun cl empadronaniiento liecho en 31 de Diciembre de 1877 (in-fol., Madrid, iii'0}. — Kstado noierai de ta Armadu para el ano de 1882 (Madrid, 1881). — L'Ksjxtipte (in-4", Paris, 1873), par le baron Ch. Duvillicr. —L'EsiHtgne et le PortMj/oi(in-8°, Paris, 1881), par Gerniond
de Lavigne. — La Situation économique et industrielle de l'Espafjne en 1860 (Bruxelles, 1861), par J. Lestgarens. — Les Révolutions de l'Espmjtie (iu-8°, Paris, 1869(, parCli. de Mazade. — La Géographie tmiverselle (vol. I. Paris, 1879), par Elisée Reclus, (y. s.)
ESPAGNOL, OLE s. et adj. D'Espagne; qui appartient à ce pays ou à ses habitants. — s. m. Langue espagnole.
ESPAGNOLE! (L'). Voy. Ribera.
* ESPAGNOLETTE s.f. Sorte de ratine fine : camisole d'espagnolette. — Espèce de ferrure à poignée servant à fermer les châssis d'une fenêtre.
* ESPALIERS, m. (lat. palus, pieu, échalas). Rangée d'arbres fruitiers dont les branches sont étendues, couchées, dressées contre un mur, et assujetties, soit avec des clous, soil par un treillage : tailler, accommoder un espalier. — »<* Jargon de théâtre. Réunion de figurants ou de figurantes. — Contre-espalier. (Voy. Contre-espalier.)
ESPALION, (Speleum, Spcley), ch.-l. d'arr., à 32 lui. N.-E. de Rodez (.\veyron), sur le Lut, dans une étroite el pittoresque vallée, an contluenl de l'Avayron et de l'Alzon, par 44» 31' 18" lat. N. et 0° a.'i' 31" long. E. au clocher; 3,787 hab. Château fort deCalniont (x° siècle); pont sur le Lot (xni" siècle); aux environs, ruines de l'abbaye de Notre-IJaincde-Bonneval; chapelle Saint-llilarion. — Fabrique de burat; blanchisseries de cire.
'ESPALMER V. a. (prêt, es; lat. p(dma, paume de la main). Mar. Nettoyer, laver la carène d'un bâtiment, d'une embarcation, avant de l'enduire de suif ou autre matière : espalmer une chaloupe. On dit de même, espalmer une pompe, des roues d'affût, etc., avant de les peindre ou de les suiurr.
ESPARBÉS DE LUSSAN (D'j. I. (François,
VICOMTE uAuueterre), marecluil de Fiance, mort en 1628. 11 servit Henri IV, qui le noniiua gouverneur de Rlaye. Au service de la reinemère, il gagn^ le bâton de maréchal. — 11. (Joseph-Henri Bouchard d'Auukterre), maréchal de France (1714-'88). Il eut la plus grande parla la victoire de Château-Dauphin (Piémont) cl devint maréchal en 1783.
* ESPARCETTE s. f. Nom vulgaire du sainfoin, dans plusieurs provinces. On dit aussi Eparcet.
ESPARGOUTE s. f. Nom vulgaire de la spergule, genre de caryophy liées.
ESPARS s. m. (anc. allemand, sparr.
poutre). Mar. Longs mâléreaux de sapin, qui servent à faire des mais de chaloupe el de canot, des bouts-dehors de vergues, etc. : on se munit toujours d'espars d ins les bâtiments qui font des voyages de long cours.
ESP ART s. m. Techn. Morceau de bois dont on SL- sert pour tordre les écheveaux de soie au suilir de la teinture.
ESPARTERO (Joaquin-Baldomero), duc de la Viluria (de la Vicluiiuj, i/uiicial el homme d'Etal espagnol, né à Graiialula (Manche), en 1792, morl à Logrono le 2 janvier 1879. 11 était le plus jeune des neuf enfants d'un pauvre charron; il s'enrôla voioutairement, en 1808, dans le bataillon sacré, formé d'étudiants décidés à repousser l'invasion fiançaise. Il combattit ensuite les révoltés de Venezuela et du Pérou, conijuil tous ses grades à la pointe de l'épée el rentra en Espagne en 1823, avec le titre de brigadier général cl une fortune considérable. Au début de la guerre civile, après la mort de Ferdinand Vil (1833), il lui numiné comiiiandanl en chef de la province do Biscaye, puis général en chef de l'armée du Nord, vice-ioi de Navarre el capitaine général des provinces bas<iucs. Ses brillantes victoires sur les carlistes lui ouvrirent la carrière politique. Il fut
député aux cortès, en 1837, et créé, en 1839, grand de première classe, avec le titre de duc de la Vitoria et de Morella; peu anrès il termina la guerre, en repoussant Canrera, dernier chef des insurgés. En 1840, lorsque la reine Christine fut obligée de se retirer en F'rance, on lui confia la régence, qu'il conserva jusqu'en I8't3, époque où une junte révolutionnaire déclara qu'Isab:'llc avait atteint sa majorité. 11 se retira en Angleterre ; mais, revenu en 1847, il rentra dans tous ses honneurs. Réprésentant des idées libérales, il fut placé à la tête du cabinet, de 1834 à 18.36. Il vécut ensuite dans la retraite à Logrono, fil parvenir, en I8C8, au maréchal Serrano, une chaleureuse lettre d'adhésion, et refusa, en 1870, la couronne d'Espagne qui lui était offerte.
ESPARTO s. m. Espèce de graminée textile du genre slipe, qui croit dans l'Europe méridionale el dans le nord de l'Afriiiue. L'esparto, que les Anglais nuinnuiiit vsparlo grass (nom que nos anglomanes ont introduit en France), abonde dans le midi de l'Espagne, où on en fait une grande consommation pour la fabrication des cordages, des filets, des sacs, des paillassons, des paniers, etc. On l'emploie aussi pour la fabrication du papier. V. Sparte.
* ESPECE s. f. (lat. species, apparence). Division du genre; réunion de plinieiirs êtres, de plusieurs choses sous un caractère commun qui les dislingue des autres êtres, des autres choses apparlcnant au môme genre : on a beaucoup de peine dans ce pays à trouver iles chevaux pour la cavalerie; l'espèce manque. — L'espèce humaine, l'universalité des hommes, le genre humain : la découverte de la vaccine est un bienfait pour l'espèce laimaine. — Sorte, qualité : marcliandiscs de toutes les espèces, de toule espèce. — C'est une plaisante espèce
U'UOUME, une pauvre ESPÈCE d'uOMME, UNE
pauvre espèce, c'est un hoinine sans considération, un homme dont on lait peu de cas. Absol. dans le môme sens. C'est une espèce.
— C'est un sage de nouvelle espèce, un pui- L0SOPUE d'espèce nouvellk, sc dit d'un homme qui a ou qui alfecle des opinions bizarres, extraordinaires. C'est un homme d'espèce singulière; et dans un sens analogue, c'est un l'ou de nouvelle espèce, d'espèce singulière, etc., c'est un original d'un caractère assez plaisant. — Des gens de toute espèce, des gens de tout état, de toute condition. — Une espèce de valet de chambre, une espèce d'intendant, etc., un homme qui, sans être proprement un valet, un intendanl, etc., en l'ait les fonctions. Une espèce d'avocat, d'auteur, etc., se dit, par dénigr. d'un mauvais avocat, d'un mauvais auteur, etc. — Arithm. Grandeur de la même espèce, celles qui sont de la même nature, comme douze heures et douze minutes. Granueuus de dieeéhentes espèces, celles qui sont de nature dill'éiente, comme douze heures eldouze toises. — Jurispr. Cas particulier sur lequel il s'agit de prononcer : 7ie nous proposez point la question en termes généraux, faites-nous connaître l'espèce.
— Pral. Rendre en espèce la chose empruntise, rendre la chose môme qui a été prêtée. — Au plur. Pièces de monnaie d'or ou d'argent; faire un paiement en belles espèces, en espèces bonnes el valables. — Payer en espèces sonnantes, payer en espèces d'or ou d'argent, el non pas en billets, en papier. — Dans le saciement de l'EucharisLie. Apparences du pain et du vin après la transsubstantiation : communier sous les deux espèces. — Philos, scolasl. Images, représentations dos objets sensibles, reçues par les sens, el de là portées dans l'imagination : espèces distinrles, claires.
— Pharm. Poudres mclangccs ipii lurmenl la base des élecluaires. — Substances végétales divisées en fragments plus ou moins menus, qui ont entre elles quelque analogie de propriétés ; les espèces vuhièraires, pee-
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rnraies, toniques, apéritives, etc. — Mélange à doses égales de plantes jouissant de propriétés analojrues : espèces aromatiques, liysope, absinthe, romarin, sauge, menthe poivrée, thym, lavande; espèces émoUientes, guimauve, mauve, bouillon blanc, séneçon, graines de lin; espèces C(iimaï!(cs, jusquiame, ciguë, niorelle, belladone, pavot; espèces béchiqiies, fleurs de mauve, de tussilage, de coquelicot, de moléiie, de violette; espèces carminatives, a.n\s, camomille, menthe, carvi; espèces dèpuralives, douce-amère, racine de patience, de bardane et de fumetcrre. — Origine des espèces, titre d'un ouvrage célèbre, publié par Charles Darwin en iSoO. (Voy. Darwin.) D'après ce naturaliste, toiilcs les diverses espèces d'animaux n'auraient pas été créées d'un seul coup; elles se seraient développées graduellement par ce qu'il appelle sélection naturelle. L'idée de Darwin n'est pas positivement nouvelle; on la retrouve dans la IViilosophie zr>olo<jique de Lamarck (1809). Darwin pense que probablement tous les êtres organisés qui vivent ou ont vécu sur la terre descendent de quelque forme primordiale, créée par Dieu et animée par le souflle du Créateur. C'est dans ce livre i[u'cst Hablie la fameuse théorie de la lutte pour la vie, en vertu de laquelle les espèces les plus fortes sont entraînées à vivre aux dépens des espèces les plus faibles.
ESPELETTE, ch.-l. de eant., arr. et à 21 kil. S. de IJayoïine; 1 ,bbO hab.
ESPER (Eugène-Jean Christophe), natura- (isle allemuucl (l74'2-18lo). Sun ouvrage sur les Lépidoptères d'Europe (ail. Europseische Schmetterlinije), 4 vol. in-4° (dont le premier et le quatrième sont divisés en deux parties) contient des plauches coloriées et n'est pas terminé. Il a pai u en outre quelques cahiers sur les phalènes proprement dites, ou géomètres. vjn ouvrage sur les Zoophytes (ail. die P/lanzen ihier-e), 4 vol. in-4", Nuremberg, 1791 et années suivantes, est très estimé.
* ESPÉRANCE s. f. (lat. sperare, espérer). Attente d'un bien qu'on désire, et qu'on croit qui arrivera : ce jeune homme donne de grandes espérances.
TrorapODS du meurtrier Vespèrance homicide .
VoLTAiRs. Alzire, acte IV. se. it.
Le Créateur, dit l'auteur de la Ilenriade
A placé parmi nous deux êtres bicnfaisaots, De la terre a jamais aimables habitants. Soutiens dans les travaux, trésors dans l'indigence: L'un est le doux socunieil, et l'autre Vespêraiwe.
Vespérance est la richesse De ceux qui ne possèdent rien.
TotjRBT ET SiiNTiMK. L' Actnce 671 voyaçe, 1822.
— Personne ou chose sur laquelle on fonde son espérance : ce fils est l'espérance de toute sa famille. — Une (les trois vertus théologales, celle par laquelle nous espérons posséder Dieu, et obtenir les moyens nécessaires à celte fin, par les mérites de Notre-Seigneur J.-G. : la foi, l'espérance et la nharitè. — w Au plur. Ce que l'on allend à la mort d'un parent: cette jeune fille a une belle dot, mais elle n'a pas d'espérances.
•ESPÉRER V. a. {\a.L sperare). Attendre un bien qu'on désire, et que l'on croit qui arrivera '.je connais bien cet homme, je n'en espère aucun appui. — Absol. ; espérer, c'est jouir.
— ^ealrsL\. : j'espère en votre justice. — Se construit quelquefois avec la préposition de, particulièrement quand il est à l'inlinitif, et que le verbe qui le suit immédiatement est aussi à ce mode : peut-on espérer de iwus recoirf
' ESPIÈGLE adj. et s. (ail. spiegel). Fam. fin, sublil, éveillé : cet enfant est espiègle; il a fait un tour d'espiègle.
' ESPIÈGLERIE s. f. Fam. Petite malice que !ait tin enfant vif et éveillé ; cet enfant fait tous les jours de nouvelles espièijleries.