ESPR
Absol. Saint-Espbit, croix en broderie d'argent qu'ils portaient sur leur habit et sur leur manteau. — Se dit aussi des an?es : esprits bienheureux. Cette dernière locution sert également à qualifier les âmes qui sont en paradis. — Se dit pareillement des mauvais anges ou diables : malin esprit. — Se dit également des prétendus revenants : avoir peur des e.<:prits. — Esprit follet, sorte de lutin familier qui, selon le préjugé populaire, est plus malin que malfaisant. — Esprit familier, sorte de génie que l'on croyait attaché à une personne, pour la guider, l'inspirer, la servir : on a dit que Socrate avait tin esprit fimilier. — Vertu, puissance surnaturelle qui remue l'âme, qui opère dans l'Ame : ce n'est point l'esprit de Dieu qui agit en lui, c'est l'esprit du démon. L'esprit de Dieu descendit sur eux, s'empara d'eux, ilsrcijurentrinspiralion divine!
— Se dit également dos grâces et des dons de Dieu : l'esprit d' Elle se reposa sur Elisée. — Ame -.Seigneur, dit saint Etienne en mourant, recevez mon esprit. — Rendre l'esprit, mourir.
r.i-gît, n'en ayex point de peur.
Le grand Danîon qui nous apprit Qu'un lionime peut vivre sans cœur, Et mourir sans rendre l'esprit.
— En esprit, par la pensée, en imagination : saint Paul fut ravi en fs/iri^. — En termes de l'Ecriture sainte, et pris absolument, se dit par opposition !. la chair : l'esprit est prompt et la chair est faible. — Ensemble des facultés intellectuelles : les mauvaises compagnies et les mauvais livres lui ont gâté l'esprit. — S'emparer DE l'esprit de quelqu'un, lui inspirer une confiance extrême qui permet de le diriger comme on veut. — Etre, sb mettre bien DANS l'esprit DE QUELQU'UN, avoip, obtenir son estime, sa bienveillance. — Attention, présence d'esprit: où avait-il donc l'esprit, quand il a fait une question si déplacée? — Prov. et fig. Il a l'esprit aux talons, se dit d'un homme qui, par étourderie ou par préoccupation, ne pense point à ce qu'il dit. — Facilité de la conception et vivacité de l'imao-ination : il a beaucoup d'esprit, mais il n'a point de jugement.
Tout est beau dans ce que l'on aime.
Tout ce qvi'on aime a de Vesprit.
Ch. PKRII1UI.T. liiquct à la houppe.
r.'eçt peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent Des traits d'esprit semèi de temps en temps pétillent. BoiLBÀU. L'Art poétique.
— Avoir de l'esprit au bout des doigts, être adroit aux ouvrages de la main. Avoir dk l'esprit jusqu'au bout des doigts, avoir beaucoup d'esprit, faire paraître de l'esprit jusque dans les plus petites choses. — Imagination : il a l'esprit inventif, fécond, l'esprit stérile, l'esprit sec. — Conception : il n'a pas eu l'esprit de m'entendre. — Jugement : on lui a proposé plusieurs expédients, mais il n'a pas eu l'espr'it de choisir le bon; il n'a pas fait preuve d'esprit.
— Se dit encore des pensées fines, ingénieuses, piquantes : l'auteur de celle pièce a dépensé beaucoup d'es-prit pour rien. — Faire DE l'esprit, courir APRÈS l'esprit, chercher à montrer de l'esprit. — Humeur, caractère : o« ne peut vivre avec cet homme-là, je ne sais quel esprit c'est. — Disposition, aptitude qu'on a à quelque chose; principe, motif, intention, vues par lesquelles on est dirigé dans sa conduite : il a l'esprit des affaires, du commerce; ce n'est pas là l'esprit de cette compagnie. — Esprit de vertige, état d'égarement, d'erreur, de fascination. — Esprit du monde, humeur égale, manières atTables, habitudes de souplesse et de ménagement. — Esprit national, opinions, dispositions qui dominent dans une nation. Dans un sens analogue. L'esprit du SIÈCLE. — Esprit public, opinion qui se forme dans une nation sur les objets d'intérêt général. — L'esprit est bon, est mauvais, se dit des dispositions bonnes ou mauvaises d'unt nation à l'égard du gouvp-p'";:cnt et des ins tjlutions publiques. — l,sfii.i dc ci>.tps, alto
ESQU
chement des membres d'une corporation aux opinions, aux droits, aux intérêts de la compagnie. — Esprit DE RETOUR, désir qu'une personne éloignée de son pays, conserve d'y retourner un jour : la qualité de Français se perd par tout établissement fait en pays étranger, sans esprit deretour. Cette locution s'emploie surtout en termes de Droit; et s'applique souvent, par exl., à certains animaux domestiques, tels que les pigeons, etc. — Avoir l'esprit de so.n état, l'esprit de son âge, etc., connaître ce qui convient à la situation, A l'âge où l'on est, et s'y conformer. — Sens d'un auteur, d'un texte : ce n'est pas là l'esprit de ce passage ; il faut consulter l'esprit de la loi, et non s'attacher à la lettre. Dans ce sens, proT. La lettre tue, et l'esprit vivifie. — Caractère d'un auteur:î/« voulu imiter cet auteur, nais il n'en a pas saisi l'esprit. — L'esprit d'un \UTEUR, se dit encore d'un recueil de pensées choisies, extraites des ouvrages d'un auteur. — Ce qui tend à donner une idée sommaire de l'intention dans laquelle une lettre a été écrite, dans laquelle un livre a été composé, etc. : si ce n'est là le texte de sa lettre, c'en est du moins l'esprit. — Personne, considérée par rapport au caractère dt son esprit : c'est un des meilleurs esprits de l'assemblée. — Un bel sspRiT, se disait autref. d'un homme donll'espril était orné de connaissances agréables. .Ne s'emploie guère auj. que par ironie : mesneurs les beaux esprits. Femme bel esprit, emme qui a des prétentions à l'esprit. — Efi- ^i.it fort, personne qui se pique de ne pas roire les dogmes de la religion ; en général, [uiconque veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. — Au plur. ■.éunion de personnes, considérées par rapurt aux passions, aux dispositions qui leur iont communes : une grande fermentation régnait alors dans les esprits. — Dans l'ancienne ■lomenclature chimique. Fluide très subtil, u vapeur <rès volatile : esprit-de-vin, ou al- 'lol (Voy. Alcool). — Comm. Les esprits, les queurs alcooliques. — Au plur. Petits corps
gers, subtils et invisibles, qu'on supposait oués de la faculté de porter la vie et le senimentdans les diverses parties de l'animal : :i dissipation des esprits animaux, des esprits. On dit encore maintenant, dans le langage ordinaire, par allusion à celte erreur des anciens phv-siologistes : il est évanoui; jetei-lui de l'eau, afin de lui faire revenir les esprits. — 'f'ig. Reprendre ses esprits, se remettre du fcouble, de l'émotion, de l'embarras, de la surprise, etc., que l'on éprouvait. — Gramm. gr. 4-JspRiT rude, signe qui marque aspiration; si, Esprit doux, signe qui se fait en sens ioclraire de l'esprit rude, et qui marque absence d'aspiration : quand il y a deux p de suite, le premier reçoit l'esprit doux, et le second f esprit rude, comme dans éruppo-i) {\nfluence). — Aigrette de plumes que les lemines mettent quelquefois dans leur coill'ure.
ESQUEHÉRIES, coram. du cant. de Nouvion Aisne); i,UOo hab. Importante fabrique de sabots.
ESQUERDES, comm. du cant. de Lumbres tPas-de-Calaisj, sur l'Aa; UOO hab. Poudrerie nationale.
•ESQDICHER v. n. [èss-ki-ché] (provenç.
aquichar, presser fortement). Jeu de reversi. Signifie que, dans le cas où l'on a la carte supérieure et 'a ctrte inférieure de la couleur dont on joue, on préfère donner la dernière, alin de ne pas prendre la main : il esquiche sans cesse. — S'esquicher v. pr. S'emploie plus ordinairement cL dans le même sens que Esquicher. — Fig. el fain. Eviter de dire son avis, de prendre part à une querelle : il a senti la difficidté, il s'est esquiché.
" ESQOIF s. m. [èss-kiffj (gr. scaphé, barque ; al!, schiff). Petite barque, petit canot.
Sur un ttquif léger le nautoiiutcr a'élaaee
£»vk:(aiid, La Navigation, chant IV.
ESQU
ESQOILIN, INE adj. [èss-kui-lain]. Ant.
rora. Qui appartient au mont Esquilin ou qui en est voisin : ■porte esquiline; tribu esquiline.
ESQUILIN (Mont) l'une des 8 collines de Rome.
* ESQDILLE s. f. [Il mil.] (çr. schilion, petit éclat de bois). Chir. Petit fragment qui se détache d'un os fracturé ou carié : on lui a tiré une grande esquille, plusieurs esquilles de la jambe.
ESQUIMAUX ou Eskimos (mangeurs de poisson cru], nom donné aux tribus indigènes les plus septentrionales de l'.^mérique, nabilant surtout sous le 60° lat. N. et occupant le Groenland, le Labrador, les rivages de l'océan Arctique, la côte du Pacifique jusqu'à la péninsule d'Alaska, ainsi qu'une partie de la côte asiatique adjacente. Les Esquimaux ont été généralement divisés par les géographes en Karalits ou Grooiilandais, Esquimaux de l'est ou du Labrador, Iglubiks ou habitants du centre, Occidentaux ou habitants du détroit de Kotzebue et Tchuktchis en Asie. Ils se donnent le nom d'Innuit (hommes). Vers le xiv° siècle, ils détruisirent les colonies norvégiennes du Groenland. Cartier fut le premier à entendre parler d'eux, et ses successeurs, avant la fin du xvi' siècle, entrèrent en relalations commerciales avec eux sur les côtes du Labrador. Les Esquimaux étaient en lutte constante avec les Algonquins, qui finirent par les chasser du golfe du Saint-Laurent. Ils adorent Torngak,un vieillard, dieu de la mer, et Supperuksoak, déesse de la terre. Ils sont hardis et industrieux, et montrent beaucoup d'adresse. Les Groënlandais sont petits, mais bien proportionnés, larges d'épaules et ils ont généralement moins de cinq pieds, avec des pommettes saillantes, la lîgure plate, de petits yeux mourants, des joues rondes, un nez et une bouche petits et des cheveux noirs longs et plats. Ils épilent leur barbe, et sont sujets à la corpulence. Leur corps est d'un gris foncé el leur face brune ou bleue. Les Esquimaux se nourrissent principalement de poissons el d'animaux, qu'ils mangent crus et en grande quantité. Leurhabillement est fait de fourrures. Ils chassent avec un arc et des flèches, des harpons et des frondes. Ils sont passionnés pour les ornements et travaillent l'ivoire ou défense des morses avec beaucoup d'habileté. On les représente comme honnêtes les uns envers les autres, mais comme n'ayant aucun égard au droit de propriété des étrangers. Ils pratiquent la polygamie el considèrent la femme comme un être d'ordre inférieur. Leurs demeures sont généralement situées sur le bord de la mer; elles sont construites en pierre et en bois, en os de baleines el de morses, ou en neige et en glace. Les fenêtres sont closes avec des peaux de phoque desséchées. Les bateaux des Esquimaux ont de o à 8 mètres de long ; ils consistent en une coque recouverte de peau de phoque ou de morse. Leurs traîneaux, attelés de chiens, sont de bais, d'os ou d'une quantité de saumons gelcs revêtus de peaux en forme de cylindre. Plusieurs des établissements des Esquimaux sont habités toute l'année, d'autres pendant Ihiver seulement. Les places commerciales dans la presqu'île d'Alaska sont Kin'jingsur le cap Prince de Galles, Sesnaiinf; à l'uinbouchure du Nunatak, Ni'jalck à celle du lleuve Colville el Nuvuak sur la pointe Barler. Quatre ou cinq bateaux d'Asie y font le commerce et débarquent leurs cargaisons à Sesnaling, où se tient une foire en juillet. — Beaucoup d'ethnologues classent les Esquimaux parmi les Mongols; d'autres leur attribuent la même origine que celle des Indiens de l'Amérique du .Nord. Vers le milieu du siècle dernier, les frères Moraves établirent des missions parmi eux. Ils ont des évangiles dans la langue du Labrador et dans celle du Groûniaiiii.
ESQU
* ESQUINANCIE s. f. [èss-ki-nan-sl] (gr. sunanchéj. Palhol. Maladie qui fait entier la gorge, et qui empêche d'avaler, quelquefois même de respirer. Les médecins la nomment Angine tonsillaire. (Voy. Angine.)
* ESQUINE s. f. Man. Se dit des reins du cheval. Ne s'emploie guère que dans ces locutions qui ont vieilli : cheval fort, faible d'esquine. Auj. Cheval fort, faible des reins.
* ESQUINE 5. f. Voy. Squine.
ESQUINTEMENT s. m. Argot. Fatigue
extrême.
ESQUINTER v. a. Argot. Fatiguer extrêmement. — .\bimer, détériorer : la boisson lui esquinte la santé. — Battre, rouer de coups : esquinter sa femme à coups de trique. — S'esquinter V. pr. Esquinter soi. — S'esquinter le tempérament, ruiner sa santé à force de travail ; se créer des embarras. — v. récip. Se battre, se rouer de coups mutuellement.
* ESQUIPOT s. m. Fam. Espèce de tirelire, de petit tronc où l'on dépose de l'argent : l'esqttipot est plein.
ESQUIRE ou Squire s. m. [skoua'-eur] (lat. scutifer; anc. franc, escuier, écuyer). Voy. Ecuyer.
ESQUIROL (Jean-Etienne-Dominique) [ès-kirol], médecin, né à Toulouse en 1772, mort en 1840. Après avoir été l'élève de Pinel à la Salpêtrière,il publia la Médecine clinique el fonda, eu 1799, un asile d'aliénés, qui servit de modèle aux autres institutions du même genre. Il signala dans ses cours les réformes nécessaires à l'amélioration du sort des aliénés et écrivit beaucoup sur ce sujet. Son œuvre principale est intitulée ; Des maladies mentales ^Paris, 1838, t vol. in-8° avec atlas).
ESQUIROS (Henri-Alphonse), poète, romancier, historien, publioiste et homme politique, né à Paris en 1814, mort en mai 1876. Débuta par des romans : le Magicien (1837), Charlotte C'oj'day (1840), fut emprisonné pendant 8 mois, en 1840, pour la publication de vues hétérodoxes sur le Christ, dans son Evangile du peuple (1840), donna ensuite d'autres ouvrages empreints de l'esprit socialiste : Chant du prisonnier (1841); les Vierges mirtyres; les Vieiyes folles ; les Vierges sages; V Histoire des Montagnards (1847, 2 vol. iii-8").Il représenta le dép. de Saône-et-Loire à l'Assemblée législative. Banni après le coup d'Etat du 2 décembre, il se réfugia en Hollande, puis en Angleterre, où il écrivit des Etudes sur la Vie anglaise et sur la Vie hollandaise, traduites dans toutes les langues. Rentré en 1869, il fut élu député dans les Bouches-du-Rhôiie, devint préfet de ce département pendant la guerre, déiiuté en 1871, sénateur a. vie en 1876. Sa femme, M"* Adèle Esquiros, auteur de plusieurs ouvrages, a collaboré à ses travaux littéraires et historiques.
* ESQUISSE s. f. [èss-ki-se] (ital. schizzo), Peint. Premier trait d'un dessin ; ébauche, essai en petit d'un ouvrage de peinture : «e peintre doit peindre cette galerie, il en a déjà fait les esquisses. — Sculpt. Premier modèle, de terre ou de cire, d'un bas-relief que l'on se propose d'exécuter. — Fig. Se dit en parlant des ouvrages d'esprit : l'esquisse d'un poème, d'un ouvrage dramatique.
'ESQUISSER V. a. Peint. Faire une esquisse : esquisser a grands traits : j'ai tout mon tableau dans la télé, mais je ne l'ai pas encore esquissé Lorsqu'il s'agit d'un tableau, comme dans le dernier exemple, on dit mieux. Faire l'esquisse. — Fig. Se dit en parlant des ouvrages d'esprit : esquisser rapidement le tableau d'une époque.
* ESQUIVER V. a. [èss-ki-véj (anc. ail. icuwan). Kviler adroitement quelque oup, quelque choc : il fit un mouvement, et esquien le coup. — Neulral. U pouxia son cheval eontr'