ABORD
FACE, ÉE adj. Ne s'emploie guère que dans cette locution fam. et peu usitée. Etre bien FACE, avoir le visage plein et une belle figure.
"FACERv. a. Jeu delà bassette. Amener pour face une carte qui est la même que celle sur laquelle un joueur a mis son argent : ilm'a face d'abord.
* FACÉTIE s. f. [fa-sé-sî] (lai. facctia). Bouffonnerie, plaisanterie de paroles ou de gestes, pour divertir, pour faire rire : la facétie déplaît quar^d elle tombe dans la grossièreté.
' FACÉTIEUSEMENT adv. [fa-sé-si-eu-zeman]. D'une manière facétieuse : il nous a conté cela facétieusement.
- FACÉTIEUX, EUSE adj. [fa-sé-ti-eû]. Plaisant, qui divertit, qui fait rire : Rabelais est le type des auteurs facétieux. — ^v Substantiv. Personne facétieuse; faire le facétieux.
•FACETTES, f. (dimin. de face). Petite face, l'un des côtés d'un corps qui a plusieurs petits côtés : avec un microscope, on découvre plusieurs facettes dans les plus petits grains de sable; les insectes ont des yeux à facettes.
" FACETTER V. a. Techn. Tailler à facettes un diamant, une pierre précieuse.
* FÂCHER V. a. (lat. fascinare ; de fasris. fardeau]. Mettre en colère, indisposer follement : il ne faut fâcher personne. — Causer du déplaisir, de la peine ; votre refus l'a un peu fâché. S'emploie quelquefois par une sorte d'ironie, dans certaines phrases familières : cela ne vous contente pas; j'en suis bien fâché.
— Fam. Soit dit sans vous fâcher, s'emploie lorsqu'on veut faire entendre à une personne que, si on lui dit quelque chose de peu flatteur, ce n'est cependant pas dans l'intention de la fâcher : soit dit sans vous fâcher, vous êtes quelquefois un peu brusque. — Impersonnellement. Il ue i-ACHE, IL LUI FACHE, etc, je suis chagrin, je suisal'tligé, il est chagrin, il est affligé de : i/ /(iï/tic/torait fort de perdre son emploi. — Se fâcher v. pr. Se mettre en colère : parlons sans nous fâcher. — ** Se brouiller : il s'est fâclié pour une bêtise.
' FÂCHERIE s. f. Para. Mécontentement, déplaisir, chagrin : ily a un peu de fâcherie entre eux.
* FÂCHEUSEMENT adv. D'une manière fâcheuse : cet incident est survenu bien fâcheusement.
* FÂCHEUX, EUSE adj. Qui fâche, qui donne du chagrin : c'est une chose fâcheuse que d'avoir affaire à des gens qui n'entendent pas 7-aison.
— Impei-sonnellement. Il EST fâcheux, c'est une chose triste, désagréable: i/ est fâcheux d'elre trompé. — Péaible, difficile, malaisé :
FACI
montée fâcheuse. — Malaisé à contenter, bizarre, peu Iraitable : cet homme est un fâcheux personnage. — s. m. Chose fâcheuse, côté fâcheux : le factieux de l'affaire, de l'aventure est que... — Homme incommode, importun, ou dont la présence déranL'e, embarrasse : je hais les fâcheux. — m> S'emploie aussi au fém. en parlant d'une femme.
Faut-il qu'aujourd'liui fâcheu-^es et fâcheux
Conspirent à troubler les plus chtrs tie mes \teux! SIolièhb.
— Les Fâcheux, comédie-ballet de Molière, en 3 actes, en vers, représentée à 'Vaux, devant le roi, le 17 août 1661, et à Paris, au théâtre du Palais-Royal, le 4 novembre suivant. C'est la première pièce à tiroir qui ail paru sur la scène française.
FACHINGEN, station thermale du duché de Nassau, sur la Lahn et à 1 kil. S. de Dietz.
* FACIAL, ALE, AUX adj. Anat. Qui appartient, qui a rapport à la face : nerf facial. — Angle facial. (Voy. Angle.) — »•*■ s. m. Neri facial.
* FACIENDE s. f. [-si-an-de] (lat. faciendum, qui doit être fait). Cabale, intrigue. Ne se dit qu'en mauvaise part : ils sont tous deux de même faciende (vieux).
•FACIES s. m. [fa-si-èss] (lat. face). Méd. Aspect de la figure d'un malade : aux approches d'une syncope, le faciès devient pâle. — »-v Hist. nat. Apparence, aspect.
* FACILE adj. (lat. /'(icih's). Aisé, quine donne point de peine, qu'on peut faire, qu'on peut exécuter sans peine : cet auteurn'est pas facile à entendre, n'est pas facile. — Cet homme est DE facile accès, il est aisé de l'aborder et de l'entretenir. - Avoir le travail facile, se dit d'une personne à qui le travail coûte peu, qui fait vite elbien. — Cela vous est facile a dire, sorte de reproche que l'on adresse à ceux qui vous conseillent ce qu'ils ne voudraient pas ou ne pourraient pas faire eux-mêmes. — Surtout en Littér. et dans les B.-arts. Qui ne sent point la gêne, qui parait faitsanspeine, sans ell'ort : style naturel et facile; mouvements facileselgracieux. — Qui crée, qui exécute aisément, sans ell'orts; et, dans ce sens, s'applique tant aux personnes qu'aux choses dont elles se servent ; esprit facile; plume facile. — Condescendant, doux, complaisant : c'est un homme facile, d'un naturel doux et facile. — Qui manque de fermeté dans l'occasion, qui a une indulgence, une complaisance excessive ; c'est un homme trop facile, on lui fait faire tout ce qu'on veut.
* FACILEMENT adv. Aisément, avec facilité, sans peine.
* FACILITÉ s. f. (lat. facilitas). Qualité de ce qui est aisé à faire, à employer, etc. : la facilité d'un expédient, — Moyen, manière facile, absence d'obstacle : les désirs s'amortissent par la facilité de les satisfaire. — Fin. et Coinm., surtout au plur. Commodités, délais accordés à un acheteur, à un débiteur : on donnera des facilités aux acquéreurs pour le payement du prix. — Disposition, naturelle ou acquise, qui permet de faire quelque chose sans peine, sans etlort : cet orateur improvise avec une rare facilité; on n'a toujours que trop de facilité à mal faire. — Absol. Aptitude a concevoir, à produire, à travailler facilement : cet écrivain, ce peintre a une grande facilité, une facilité prodigieuse. On dit dans le même sens : facilité d'esprit, de conception, d'élocution, d'exécution, de composition, de pinceau, etc. — Manière facile dont une chose Bst ou semble faite : il sait donner l'apparence de la facilité aux ouvrages qui lui coûtent le plus d'efforts. — Condescendance, complai- Bance : il est d'une grande facilité eh affaires. — Manque de fermeté, indulgence, complaisance excessive : .«s manières la font soupçonner de trop de facilité. — Facilité de mœurs,
FAÇO
disposition naturelle à vivre, à s'accommoder
aisément avec tout le monde.
• FACILITER V. a. Rendre facile : faciliter l'exécution d'une entreprise.
FACIT INDIGNATIO VERSUM [fa-sit-aindigh-na-sio-vèr-somm] Loc. lat. qui signifie : l'indignation fait le vers. E.xpression empruntée à Juvénal, par laquelle on indique que l'indignation échaulfe la verve d'un poète, l'éloquence d'un orateur.
FAÇON s. f. (ace. lat. facionem, pouvoir de faire). Manière dont une chose est faite; forme qu'on lui a donnée : c'est une façon d'habit toute particulière. — Mar. Les façû.ns d'un BATIMENT, la forme rétrécie d'une partie de sa carène, à l'avant et à l'arrière. — Travail de l'artisan qui a fait quelque ouvrage : il n'y a pas grande façon à cet ouvrage. — Donner A FAÇON, se dit d'un fabricant qui fait travailler hors de chez lui, en fournissant la matière. Prendre, travaillera façon, se dit d'un ouvrier qui fait ce genre de travail. — Prat. anc. La façon d'un arrêt, le travail d'un greffier pour dresser un arrêt. — Façon de COMPTE, somme que le roi allouait autref. à un comptable pour les frais de la reddition d'un compte. — Agric. Labour que l'on donne à la terre, à la vigne : vigne, champ gui a reçu toutes SCS façons. — Action de faire, d'inventer, de composer quelque chose : il vint nous conter une histoire de sa façon. Ce sens est ordinairement familier. — Manière, sorte : daiis le monde, on admire moins ce qu'on dit que la façon dont on le dit.
Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne; Lu fuçon de donner vaut mieux que cl- qu'on donne.
ConNlilLI.::.
— Pop. S'en donner de la bonne façon, se jeter dans une dépense excessive, faire quelque grande périt; au jeu, s'enivrer, etc. — En don.^er DE la bo.nne façon A QUELQU'UN, le maltraiter, le châtier comme il le faut : si jamais il y revient, je lui en donnerai de la bonne façon. — Façon de parler, phrase, locution, expression.
— C'est u.^"E façon de pauleh, ce que je dis, ce qu'il dit, etc., ne doit pas être pris à la lettre, à la rigueur. — Cens d'une certaine façon, gens d'un certain rang, d'un certain état. — C'bst une façon de bel esprit, de BRAVE, etc., se dit d'un homme qui se donne pour Isel esprit, pour brave, etc., et qui n'en a guère que l'apparence. — Fam. Air, mine, maintien, port (l'une personne : j'aijugé à sa façon qu'il était homme de bonne compagnie. .\pparence de certaines choses : voilà un rôti qui a bonne façon. — N'avoir ni mine NI façon, n'avoir m grâce, ni apparence.
— Au plur. Manières propres à une personne, de ses actions, de ses procédés, etc. : les enfants ont de petites façons qui plaisent. — Absol. Manières où il y a de l'atfectation, de l'alléterie : c'est une femme pleine de façons. — Manière cérémonieuse et gênante de témoigner ses égards, sa politesse, sa circonspection, sa retenue, etc. : ne faites point tant de façons, ou simpl., poitit tant de façons . Ce sens et les deux suivants sont familiers. — Difficultés qu'une personne fait de se déterminer à quelque chose : après bien des façons, après avoir fait bien des façons, il consentit à ce qu'on lui demandait. -~ Soin excessif, attention, circonspection trop exacte en de certaines choses; diflicultéà se décider, à consentir : cela ne méritepas qu'ony apporte tant de façons; il fit cela sans plus de façon, sans autre façon. — De façon que, loc. conj. Tellement que : ta finit vint, de façon, que je fus contraint de me retirer. — En telle sorte que, de telle manière que : vivre de façon qu'on ne fasse tort à personne. — De façon a, s'emploie dans le même sens : il faut se conduire de façon à se faire aimer. — En façon DE, ou Façon ue, ou simpl., Façon, en forme de, en imitation de : armoire en façon de bi-