CHIR
fora certaines cavités dans les cas d'hydropisie. La dissection du corps humain lui étant interdite, il pratiqua cette opération sur les singes dont la structure se rapproche le plus de l'homme et acquit, par ce moyen, de grandes connaissances en anatomie. Pendant un siècle après Hippocrate et jusqu'à la fondation de l'école d'Alexandrie, sous Ptolémée Soter, vers 300 av. J.-C, la chirurgie fit peu de progrés. Hérophile et Erasistrate, les deux grands chefs de l'école médicale de celte université, si on peut l'appeler ainsi, étaient aussi éminents comme médecins que comme chirurgiens et avec eux commença la pratique des dissections humaines. Rome, dans les sept premiers siècles de son histoire, ne produisit aucun chirurgien digne d'être cité. Celse, qui ilorissait vers le commencement de l'ère chrétienne, fut le plus grand chirurgien de l'ancienne Rome, et ses observations sur les blessures à la tête, sur la cataracte, sur la ligature des artères blessées, sur les hernies, sur la lithotomie, sur les fractures, les luxations, les amputations, les furoncles, dénotent de vastes connaissances. Pendant la première période du christianisme, languit la cliirurgie. Les premiers chrétiens s'opposaient ;iux dissections aussi fortement que les païens, et en attribuant la guérison des blessures aux martyrs et à leurs reliques, ils découragèrent toutelFortde perlectionnementdans la science chirurgicale. Pendant que les médecins de l'Occident perdaient leur supériorité, les médecins arabes s'élevaient. Hhazès (vers 9U0) décrivit pour la première fois la spinaventosa et la spina hifida, cautérisa les blessures provenant de morsures d'animaux enragés, s'opposa à l'emploi du bistouri dans le traitement du cancer, excepté quand il est limité et quand toute la tumeur peut être enlevée, et il donna une description claire et satisfaisante du traitement de l'hernie. Avicenne (mort vers 1036) introduisit l'usage du cathéter flexible. Albucasis ^moit vers 1106) fit connaître un instrument pour le traitement de la fistula lachrymalis, et lit un heureux usage de la suture pour réunir les parties divisées, dans les blessures de l'intestin. — Chez les catholiques, la pratique médicale et ce qui restait des connaissances chirurgicales fut presque entièrement entre les mains du clergé, jusqu'à ce que l'édiL du concile de Tours, en 1103, leur interdit de s'en occuper. Les Juifs, en ce moment et pendant un ou deux siècles encore, jouirent d'une grande réputation comme médecins, mais ils semblent n'avoir eu que de la répugnance pour la chirurgie, qui ne fut plus guère pratiquée que par des opérateurs barbares et sans instruction. La renaissance de cette science date de l'apparition de Vésale (mort en 1564) comme prufesseur d'analomie en Italie, et qui fut immédiatement suivi par Fallope et Eustache. Pour la première fois, la chirurgie s'éleva sur une base solide et scientifique; et la plus éclatante lumière qui vint l'éclairer fut due à notre compatriote Ambroise Paré, le plus grand anatoiniste de son époque. Cet homme illustre fut successivement chirurgien de quatre rois de France et fut attaché aux armées françaises comme chirurgien général, à partir de 1569. C'est à lui que nous devons le rétablissement et le perfectionnement de la pratique d'attacher les artères après les opérations ou les blessures, au lieu de les cautériser avec un fer chaud ou de l'huile bouillante. D'autres progrès furent faits au xvii" siècle et surtout au xviii" siècle, grâce aux travaux de Pott, de John et William Hunter, de Cbeselden, de Douglas el des deux Monros, en Angleterre; de Petit, de Ledran et de Desault, en France; de Morgagni et de Scarpa, en Italie; de Platner et de Hichter, en Allemagne. Mais le xix' siècle a fait, pour le développement de celle science, beaucoup plus que tous les autres réunis. En France, Uupuy-