PAIR
ladie dans laquelle on a toujours faim, sans pouvoir se rassasier. (Voy. Boulimie.) Fam. Se dit aussi d'uue très grande faim. — Crier a LA FAIM, être pressé du besoin de manger. — Mourir de faim, avoir extrêmement faim. — Mourir de faim, manquer des choses nécessaires à la vie : i7 (tait dans l'abondance, et maintenant il meurt de faim. Substantiv. dans le même sens et par dénigr. C'est un meurtde-faim, c"est un homme qui n'a pas de quoi vivre. — C'est la faim qui épouse la soif, se dit de deux personnes qui n'ont point de bien, et qui se marient l'une avec l'autre. C'est la faim et la soif, se dit de deux époux sans bien. — La faim chasse le loup hors du BOIS, fait sortir le loup du bois, la nécessité détermine un homme à faire, mêiue contre son inclination, bien des choses pour se procurer de quoi vivre.
Nécessité fait gens mesprendre (se mal conduire) Et faim saillir le loup des boys.
ViLLo:*.
— Fig. Faim insatiable des richesses, des honneurs, ardeur de les posséder. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Soif.
• FAIM-'VALLE s. f. (lat. famés caballi. faim de chien). Art vélér. Maladie des chevaux, spasme qui les fait s'arrêter tout à coup lorsqu'ils sont échantl'és, et qui ne cesse qu'après qu'ils ont pris de la nourriture. — "■ On dit aussi Faim-calle et Faim-caballe. — Grande faim, boulimie.
FAIN (Agathon - Jean - François , baron), homme d'Etat et historien, né a Paris en 1778, mort en 1S37. Secrétaire intime de Napoléon 1"' depuis 1806, il fut à même de recueillir de précieux matériaux pour l'histoire. On a de lui : Manuscrit de l'an 11/ (I79.TJ, contenant les premir.res transactions de l'Europe avec la République française (Paris, 1 828, in-8") ; Manuscrit de 1812, contenant le précis des événements de cette année, pour servir à l'histoire de Napoléon (Paris, 1827. 2 vol. in-8''); Manuscrit de 1813, contenant le précis des événements de cette année, pour servir à l'histoire de JVupo- /éon (Paris, l824-'2b. 2 vol. in-h"); Manuscrit de 1814, conteytant les six derniers mois de l'histoire de Napoléon (Paris, 1823. 1 vol. in-S"). Après la révolution de 1830, le baron Fain tut nommé secrétaire du roi Louis-Philippe.
• FAINE s. f. (lat. fagina ou faginea glans, gland du hêtre). Fruit du hêtre : dans certains pays, on engraisse les porcs avec des faines.
•FAINÉANT, ANTE adj. (de fait et de néant). Paresseux, qui ne veut point travailler, qui ne veut rien faire : c'est une grande fainéante.
Hélas! qu'est devenu ce temps, cet hc):reux temps. Ou les rois s'honoraient du nom de fainéants?
BOILEIU.
— Rois FA1NÉ.^^•TS, se dit, dans l'Hist; de France, de certains rois de la première race, qui ont abandonne l'exercice du pouvoir aux maires du palais. — La série des rois fainéants coniraciice à Thierri 111 {67U) et comprend Clovis m, Childebert 111, Uagobertlll, ChilpéricII, Ihierii IV et ChildL-ric III. Ce dernier fut remplacé par Pépin le Bref (750). Louis V fut aussi flétri du surnom de fainéant. — Suhatantiv. Per.sonne fainéante : les fainéants sont les ennemis jurés des personnes occupées.
• FAINÉANTER v. n. Fam. Être fainéant, ne vouloir rien faire : U n'a fait tout le jour que fainéanter.
' FAINÉANTISE s. f. Paresse lâche, vie du fainéant : la fainéantise est un plus grand vice que la paresse.
FAIRBAIRN (sir William), ingénieur civil anglais, ne en 1789, mort en ■1874. Il fut, pendant plu< de vinjit ans, fabricant do machines a Manchester; en I830-'31, il construisit un petit vaisseau en fer, et fut un des
premiers à essayer de faire des bâtisses en fer. 11 a publié plusieurs ouvrages sur ces matières.
* FAIRE v. a. [fè-re] (lat. facere). Je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font. Je faisais. Je fis. J'ai fait. Je ferai. Je ferais. Fais. Que je fasse. Que je fisse. Faisant. Fait, faite. Créer, former, produire, engendrer : la nature est admirable dans tout ce qu'elle fait.
— Tous les JOURS QUE DiEU FAIT, chaquejouT.
— S'emploie quelquefois figurément : on a dit qu'Homère avait fait Virgile. — Prov. Qui A fait l'une, a fait l'autre, se dit en parlant de deux personnes, de deux choses qui se ressemblent entièrement. — Fam. Faire un enfant a une femme, la rendre enceinte. — Cet enfant fait ses dents, les dents lui viennent. — Fabriquer, composer, produire, en parlant de toute œuvre matérielle de l'art, de l'industrie humaine, ou de l'instinct des animaux : faire de la glace par des procédés chi7mques.
Montre ce qu'on peut faire en le faisant toi-même. AnnaÉ (Iuëmer.
— Faire le dîner, le déjeuner, préparer le dîner, le déjeuner. — Se dit, dans le même sens, en parlant des œuvres de l'intelligence et de l'uuagination '.faire l'histoire d un pays. d'un événement. — C'est une nouvelle, une
HISTOIRE, UN conte FAIT A PLAISIR, c'est unC
nouvelle, une histoire fausse, controuvée, un conte où il n'y a rien de vrai. — Se dit, dans un sens beaucoup plus général, en parlant de tout ce qu'un sujet opère, efl'ectue, exécute, accomplit, etc., soit dans l'ordre physique, soit dans l'ordre moral : faire une opération de chirurgie. Se dit également des choses : le bruit que fait le tonnerre.
Le travail, aux hommes néco^suire,
J^'ait leur félicité plutôt que leur misère.
BOILKAU.
— Cette muraille fait le coude, elle forme un coude, un angle. Sa maison fait face a la MIENNE, elle est en face de la mienne. Ce tableau fait pendant a tel autre, il sert ou peut servir de pendant à tel autre, etc. — Aux jeux de cartes. Faire les cartes, les mêler et les donner. Faire une levée, faire LA main, faire sa MAIN. — Au Billard, Faire
UNE BILLE AU MÊME, FAIRE UN CARAMBOLAGE. Au
Trictrac, Faire une case, un jan. A divers jeux, Faire tant deipoints, gagner tant de points. Faire le JEU, mettre les enjeux, etc. — Faire ses orges, faire bien ses orges, taire son profil, faire bien ses atl'aires. Se dit ordinairement en mauvaise part. — Fam. Faire des siennes, faire des folies, des fredaines, des tours, soit de jeunesse, soit de friponnerie. — Faire
QUELQUE chose POUR QUELQU'UN, lui aCCOldCT
ou lui faire obtenirquelquechose :ma'mlenant qu'il est en place, il fera sans doute quelque chose pour sa famille. La nature a tout fait POUR LUI, se dit en parlant de celui qui a de trèa heureuses dispositions. — N'en rien faire, se garder de faire' la chose dont il s'agit, ne pas la faire : on voudrait qu'il partit, il est bien déterminé à n'en rien faire. — Se laisser FAIRE, se dit d'une personne qui ne se défend pas, qui n'oppose pas de résistance, son tuteur l'a marié, il s'est laissé faire. — Se dit particulièrement de certaines fonctions militaires : faire faction. — Mar. Dans un sens analogue ; faire le quart. — Se dit aussi particulièrement, en parlant des choses qui marquent espace et étendue, et qui s'exécutent et s'accomplissent par le mouvement d'un lieu a un autre : faire icn lûur de promenade. — Fig. et Fam. Faire son chemin, parvenir, obtenir de l'avancement, s'enrichir, etc. Un dit de même. Il a bien fait du chemin, il a fait bien du CHEMl.N EN PEU DE TEMPS.
Faire des progrés, avancer, s'étendre, se développer , etc. : faire beaucoup de pjrogrés dans ses études; le mal fait des progrés. — Mar. Faire LE nord, faire le sud, naviguer au
nord, au sud. Faire côte. CVoy. Ci^tk.) — Disposer, arranger mettre dans l'état convenable :/'a(rt' ses ongles, ouse faireles ongles. — Faire le bec a quelqu'un, l'instruire de tout ce qu'il doit dire et répondre. — En parlant d'argent au des autres choses dont on a besoin de se pourvoir. Amasser, assembler, mettre ensemble : voilà tout l'argent qu'il a pu faire, tout ce qu'il a pu faire d'argent. Mar. dans un sens analogue, Faire les vivres, du BOIS, DE l'eau, aiguade, Faire EAU, se dit d'un bâtiment qui a une ou plusieursvoiesd'eau. — Gagner, acquérir ; ce directeur a fait à peine SCS frais. On dit, dans un sons analogue, /'(iM'c une bonne maison. — En parlant de troupes. Lever, mettre sur pied : faire des hommes, un régiment, une compagtiie, des cavaliers, de bcauœ hommes. Ces premières phrases vieillissent; mais la suivante est encore usitée : faire des recrues. On dit aussi, faire la maison d'un prince, d'un grand seigneur. — Employer ses forces, ses talents, l'activité de son esprit à quelque chose; s'en occuper, y passer son temps : ('( fait plus de besogne en une heure, qu'un autre en deux. ( Voy ., vers la li n d e l'articl e, l'emploi analogue de Faire, neutre). — Cet