FAVE
a juridiction criminelle, et dans ce cas il est en général sursis aujugementde la cause civile (C. pr. 2.50), ou s'inscrire en faux devant la cour ou le tribunal saisi de ladite cause, en suivant la procédure du faux incident civil (id. 214 à23t). Lorsque la demande de faux incident a lieu dans une instance en cassation, une requête est adressée (Ord. 1737 ; régi. 28 juin 1738). et si la demande est admise, la cour renvoie cette question incidente devant un tribunal de même rang que celui dont le jugement est attaqué. L'exécution d'un acte authentique argué de faux est toujours suspendue lorsque la plainte a été formée au criminel; mais s'il s'agit d'un faux incident civil, le tribunal peut suspendre ou non l'exécution dudit acte (C. civ. 1319). Lorsqu'un jugement contradictoire en dernier ressort a été rendu sur des pièces qui ont olé reconnues fausses depuis, il peut y avoir lieu à rétractation de ce jugement, sur la demande des parties et en suivant la procédure de la requête civile (C. pr. 480 et s.). » (Ch. Y.)
* FAUX-BOURDON s. m.Mus.Espècedeplainchanl à plusieurs parties où l'on chante note contre note : le faux-bourdon est un chant d'église.
* FAUX-FUYANT s. m. Endroit détourné, écailé, par où l'on peut s'en aller sans être vu. — Chasse. Sente dans le bois pour les gens de pied. — Fig. Défaite, échappatoire : avoir recours à des faux-fuyants.
' FAUX-MARGHER s. m. Vén. Se dit de la biche qui biaise en marchant; et du ceif après qu'il a mis bas son bois.
* FAUX-SAUNAGE s. m. Autref. Vente, débit du sel, qui se faisaient en fraude et contre les ordonnances.
* FAUX-SAUNIER s. m. Autref. Celui qui vendait, qui débitait du sel eu fraude et contre les ordonnances.
FAV ARA, ville de Sicile, à o kil. S.-E. de Girgenti; 16,160 hab. Beau châteaii l'unsliuit au xiV siècle; aux environs, soulricre produisant annuellement 30,000 quintaux métriques de soufre.
FAVART. 1. (Charles-Simon), créateur du vaudeville et des pièces à ariettes, né à Paris en 1710, mort en 1792. 11 fut d'abord pâtissier; il abandonna ce métier pour se livrer au théâtre et donna un vaudeville, les Deux Jumelles, qui le mit en vue. L'Opéra-Comique, dont il était directeur, ayant été fermé {l'ii'>}, il suivit l'armée de Flandre avec une troupe d'acteurs et, à son retour, composa pour le Théâtre-Italien, dont il fit la fortune, plus de 60 opéras. On a de lui : Théâtre complet (10 vol. iii-S". 1763-177i); Théâtre choisi (i vol. in-8", 1809). — U. (MarieJustine-Benoite DunoNCER.w, dame), actrice, femme du précédent, née en 1727, morte en 1772. Elle se fit connaître comme chanteuse en 1744, épousa Favart l'année suivante, et fit partie de la troupe de l'armée de Flandre ; elle repoussa les offres galantes du maréchal de Saxe, qui la persécuta ensuite. En 1750, elle revint à Paris. Elle excella comme danseuse, chanteuse, comédienne et introduisit de grands perfectionnements dans la manière de se costumer. On lui attribue deux ou trois des pièces qui sont contenues dans le théâtre de son mari.
FA VERGES, ch.-I. de cant., arr. et à 2b kil. S.-K. d'Annecy (Haute-Savoie); 2,681 hab.
FaVEROLLE ou Faverotte s. f. 'Voy. Féverollk.
FA VERSHAM[fav-er-chamm], ville du Kent (Angleleire), qui fait partie du Cinque l'ort de boiivre, à 70 kil. li.-S.-E. de Londies; 10,478 hab. Ciment romain, commerce d'huilres.
FAVO
FAVIGNANA [fà-vi-niâ'-na], anc. .^gusa ou jEthtcsa, île du groupe des Egades, dans la .Méditerranée, à 14 kil. N.-O. de la côte de •Sicile; 5,763 hab. Pêcheries de thon et d'anchois.
• FAVEUR s. f. (lai. favor). Grâce, bienfait, marque d'amitié, de bienveillance : combler quelqu'un de faveurs. — Fig. Les faveurs de LA fortunk, les richesses, les honneurs, etc.
La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces. RAcmE.
— Théâtre. Billet de faveur, billet accordé gratuitement pour une seule représentation. Entrée DEFAVEUR, entrée gratuite accordée à une personne qui n'aurait point droit de l'exiger. Tour de faveur, décision du comité ou du directeur qui fait passer la représentalion du pièce avant celle d'autres ouvrages qui la précèdent dans l'ordre de réception.
— Tour de faveur, s'applique encore à toutes les choses qu'on fait passer avant leur tour.
— Marques d'amour qu'une femme donne à un homme : il n'a jamais obtenu d'elle la moindre faveur. — Les dernières faveurs, les plus glandes marques d'amour qu'une femme finisse donner à un homme : elle lui accorda jusqu'à ses dernières faveurs. Absol , dans le même sens : elle lui a accordé ses faveurs. — Bienveillance^ bonnes grâces d'un prince, d'un personnage puissant, du public, etc. : la faveur des grands est fort inconstante. Absol., il doit tout à la faveur et rien au mérite.
La faveur qu'on mérite est touji'urs aclictée.
CORnSILLB.
— Crédit, pouvoir qu'on a auprès d'un prince, d'un grand personnage, etc., dont on rst aimé, préféré : sa faveur est grande auprès du prince, auprès du ministre. — Recommandation, crédit auprès d'une personne puissante : trouver faveur auprès de quelqu'un. — Prendre F.wEUR, s'accréditer : cette marchandise, cette oxiinion, ce livre prend faveur. — S'attacher, si; DÉVOUER A LA FAVEUR, rechercher les personnes puissantes, leur faire la cour. — Lettres de faveur, lettres de recommandation.
Je mourrais mille fois plutôt que d'abuser Des lettres de faveur que; j'ai pi'ur l'i^pouser. CoRMBiLLE. Potyeuete.
— HoHMR, GENS DE FAVEUR, hummc, gens qui ne doivent leur élévation qu'à la laveur. — Place, emploi de faveur, place, emploi qu'on accorde aux personnes qu'on veut favoriser.
— Se dit encore par opposition à rigueur, à sévérité : je ne demande point faveur, mais justice- On a dit dans le même sens : c'est un cas, un arrêt défaveur. — Mois de faveur, les deux mois de l'année où le collateur d'un bénéfice pouvait le conférer à celui des gradués qu'il en voulait gratifier : les mois d'avril et d'octobre étaient des mois de faveur, et les mois de janvier et de juillet, des mois de rigueur. — Jours de faveur, les dix jours que le débiteur d'une lettre de change avait autrefois, après l'échéance, pour payer. — Sorte de ruban très étroit : nouer avec une faveur, avec de la faveur. — »»■ Autref. iNœud de rubans dont les dames gratifiaient leurs chevaliers dans les tournois. — * En faveur de Ioc. prépositive. En considération d'une chose passée, en vue d'une chose à venir, en considération de quelqu'un : ou lui pardonna en faveur des belles actions qu'il avait faites. — A l'avantage, au profit de : il a fait son testament, il a testé en faveur d'un tel. en faveur d'un ami. — Prévenir en faveur de quelqu'un, de quelque chose, en donnur d'avance une opinion avantageuse. — A la faveur de Ioc. préposit. Par le moyen, par l'aide de : il s'est sauve à la faveur de la nuit.
FAVEUX, EUSE adj. (rad. favus). Méd. Qui a rapjiuil. qui appartient au favus.
FAVONIE s. f. Zooph. Genre de méduses, i ombrelle hémisphérique, sans tentacules au
FAVR
pourtonr et ayani un long pédicule garni, de chaque côté, de filaments chevelus propres à la succion. Les favonies comprennent deux ou trois espèces qui habitent les mers tropicales. ' FAVORABLE adj. Propice, avantageux, tel qu'on le désire pour la fin qu'on se propose. Se dit des personnes et des choses : tout le monde lui a été favorable; circonstances favorables à l'exécution d'un projet. — Se dit aussi de certaines choses qui méritent d'être exceptées de la rigueur de la loi : il a tué un homme, mais c'est en défendant son père; le cas est favorable. — Qui est à l'avantage de quelqu'un ou de quelque chose : j'ai de ce jeune homme l'opinion la plus favorable.
* FAVORABLEMENT adv. D'une manière favoralile : on l'a écouté favorablement.
•FAVORI, ITE adj. Qui plait plus, qu'on alTectionue plus que toute autre chose du même genre -. l'ironie était la figure favorite de Socrate.
Pruposcz-vous, pour rèi:Ie favorite^ De distinguer le vrai du faux mérite.
J.-B. BoossBio.
— Subtantiv. Celui, celle qui tient le premier rang dans la faveur, dans les bonnes grâces d'un roi, d'une reine, d'un grand prince, d'une grande princesse : le roi avait plusieurs favoris.
Le plus cher favori a'est riea qa'uo peu de boue.
ROTROO.
— Tout objet d'une prédilection habituelle : cette actrice est la favorite du public. Dans ce sens, est ordinairement familier. — Fig. et dans le style soutenu : les favoris de la fortune, des Muses, d'Apollon, etc. — s. m. Touffes de barbe que quelques personnes laissent croître de chaque côté du visage, de l'oreille au menton.
— «.V Courses. Cheval considéré généralement comme devant gagner le prix dans une course et placé en tête sur la cote.
* FAVORISER V. a. (lat. f avère). Traiter favorablement, accorder quelque préférence, appuyer de son crédit, protéger : un juge ne doit jamais favoriser une partie au préjudice de l'autre. — Favoriser quelqu'un de quelque CHOSE, l'en gratifier, accorder à quelqu'un une chose qui lui est avantageuse, agréable, qui l'honore, etc. — Fig. La nature l'a favorisé, NE l'a pas favorisé DE SES DuNs, Se dit en parlant, soit au physique, soit au moral, des avantages naturels dont une personne est douée ou dépourvue. — Se dit aussi de tout ce qui est conforme à nos souhaits, et qui seconde nos desseins, nos désirs : l'obscurité favorisait notre fuite. — Aider à : la paresse favorise les mauvaises pensées. — Se favoriser v. pr. Favoriser soi : il s'est favorisé il'iu^ un partage. — v. récipr. Se prêter aide, se porter secours l'un à l'autre.
FAVORITE (La), opéra en 4 actes, représente à Paris(.\cadémie de musique), le 2 déc. 1840 ; musique de Donizetli ; paroles de A. Royer et G. Vaëz, qui ont emprunté leur sujet a la tragédie intitulée : Le Comte de l'omminges, par Baculard-Darnaud.
FAVORITISME s. m. Domination, influence des l'avons. — Préférence accordée aux favoris. Ne se dit que des rois et des princes.
— Etat politique où touts'accorde pariaveur, où tout se fait par le crédit des favoris.
FAVOSITE s. i. (lat. favus, rayon de miel). Zooph. Famille de coraux fossiles palseozoïqnes, classe des acalèphes hydroïdes. Selon Dana, les favosites formeraient une classe entre les polypes et les ai i lèphes les plus élevt dontilsout quelques-ui des caractères.
FAVRAS (Thomas '-"-'■" ■'■^ ''•
Mahy, marquis de) [fa-vrâssj, conspirateur royaliste, né à Blois eu 1744, mort en 1790.
FAVR
Il était lieutenant aux gardes suisses du comte do Provence, plus lard Louis XVIII. En décembre l7Sy, il fut arrêté sous l'inculpation de trahison ; on l'accusait d'avoir comploté d'introduire de nuit à Paris 30,000 Suisses et Allemands pour enlever le roi et la famille royale et pour tuer Necker, Bailly et La Fayette. Après un jugement injuste et irrégulier, il fut condamné à être pendu et exécuté.
FAVRE (Antoinel, dit leprésident Paber, jurisconsulte, né à tiiiurg en l,i;)7, mort en 1624, père de Vaugelas. Après avoir terminé ses études chez les Jésuites, à Paris, il fit son droit à Turin, et passa toute sa vie au service du duc de Savoie. 11 présida le sénat de Savoie (tOlO). On a de lui des ouvrages de juris|irudenco et de politique : Jurisprudentise Papinianese scientin ; Codex Fabrianus, etc. Ses écrits ont été réunis à Lyon (10 vol. in-fol., 1658-'63).
FAVRE (Gabriel-Claude-Jules), orateur et homme politique, né à Lyon le 31 mars 1809, mort le 20 janvier 1880. D'une famille d'origine savoisienne, il conserva toujours dans son parler, un accent particulier, une prononciation linguale et dentale qui semblait ajouter une nouvelle grâce à son éloquence. Après avoir terminé ses études au lycée de sa ville natale, il fit son droit à Paris, voyagea en Italie, entra au barreau de Lyon et acquit, de suite, une certaine notoriété en plaidant avec talent plusieurs causes politiques (niutuellistes, affaires d'avril 1834). Lorsque sa renommée fut consacrée par le succès qu'il obtint dans ces affaires retentissantes, il se fixa à Paris (1836), et devint l'un des chefsles plus autorisés du parti républicain. La république de 1848 mit à une rude épreuve son intelligence politique. Elu représentant du peuple par le département de la Loire, à la Contituante et à laLéi-'islative, il appuya l'admission du prince Napoléon et fut l'un des plus chauds avocats de l'expédition romaine; plus tard il expliqua sa conduite en disant que le prince l'avait trompé par ses promesses et que l'expédition romaine avait été détournée de son but : c'était faire l'aveu d'une naïveté, dont il donna, du reste, bien d'autres preuves dans la suite. Le coup d'Etat le renvoya au barreau, où il reprit sa place, à côté des riches et jolies pécheresses, dont il était le défenseur favori et dont il démontrait l'innocence, en dépit des maris jaloux. Le procès Orsini le fit rentrer dans la vie politique; les électeurs de Paris l'ayant envoyé au Corps législatif, il commença contre l'Empire, cette lutte qui ne se termina qu'à la révolution du Quatre Septembre. Ses discours contre l'expédition du Mexique, contre l'occupation de Rome par les troupes françaises et contre la convention de Gastein, produisirent une vive sensation et amenèrent un réveil de la classe lettrée. Mais il ne possédait aucune des qualités du tribun populaire. Sa parole académique, toujours élégante, même dans ses plus grands excès, ne connaissait pas ces généreux élans qui font les grands orateurs ; amère et corrosive, elle sapa lentement, pendant douze années, l'édifice du césarisme, et le jour de la victoire, un nouveau venu, Gambetta, jaillit et fut porté d'un seul coup au plus haut sommet de la popularité. Vice-président du gouvernement de la Défense nationale (voy. Défense), Jules Favre annonça dans un style emphatique, qu'il ne céderait ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses; six mois plus tard, il allait implorer, im sanglotant, la pitié de nos vainqueur.-,, et il signait à Ferrières le cruel armistice où fut oubliée l'armée de l'Est. Il avait cru accomplir l'acte d'un profond politique en obtenant que les gardes nationaux conserveraient leurs armes, et peu de jours après, dans un discours que les Parisiens purent considérer comme