‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 54 sur 568 · CERI · texte numérisé non relu

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comme les descendants des prosélytes de saint Thomas; mais ils sont les restes de celte portion très éparpillée de l'Eglise nestorienne qui embrassa l;i doctrine monophysite. Leur lanciie liturgique est le syriaque.

*CIlRÉTIENNEMENTadv.[kré-ti-è-ne-man].

D'une manière chrétienne : vicre chrétiennement.

' CHRÉTIENTÉ [Ivré-ti-ain-té] s. f. Toutes les nations chrétiennes, tous les pays où domine la religion chrétienne : les infidèles menaçaient la chrétienté. — Prov.,fig. et pop. M,\rcue:r SUR LA CHRÉTIENTÉ, avoÎT dcs souUers et des bas usés et percés.

* CHRIE s f. [krî] (lat. c/nv'a ; du gr. chreia, sentence). Rhét. Narration, amplification qu'on donne à faire aux écoliers.

CHRISMATION s. f, [kriss-]. Liturg. Onction faite avec le saint chrême.

CHRISMATOIRE s. m. Vase dans lequel on conserve le saint chrême.

"CHRIST s. m. [chrissi, quand ce mot est seul : le chrisst ; kri, dans le mot composé Jésiis-Ckrist : jé-zu-kri\ {gr. kristos, oint, titre que le Nouveau Testament applique à Jésus). Oint, celui qui a reçu quelque onction; mais on ne s'en sert jamais que pour désigner le Messie, le rédempteur : le Christ, la religion du Christ. On le fait plus ordinairement précéder du nom de Jésus, et alors il ne prend point l'article. Notre-Seigneur Jésus-Christ. Parabrév., J.-C. : Cinquante ans avant J.-C. ■ — Par ext. Figure de Notre-Seigneur attaché à la croix : il a dans son oratoire un beauchrist. — Ordreul' Christ, ordre militaire fondé en 1318. par Daniel V', roi de Portugal, pouranimer l.i noblesse contre les Maures. — Réprésentations ou Portraits du Christ. 11 nous est parvenu des récits ausujet des portraits du Christ qui furent en la possession du roi Abgar d'Edesse et de sainte Véronique, et d'un autre portrait attribué à saint Luc. L'Ecce/iomo qui fut, dit-on, conservé à Saint-Pierre de Rome jusque vers l'an 700, était l'image que le Christ laissa sur une toile de lin à lui donnée par une femme nommée Véronique, pour s'essuyer le visage, sur la l'oute de son supplice. On croit que le plus ancien portrait du Christ fut possédé par l'empereur Alexandre-Sévère. Dans le Museo Cri-'^tiano du Vatican se trouve un autre portrait datant également du iii<= siècle et en mosaïque antique. Des portraits également anciens se Irouventdans les catacombes Calixline et Ponlienne, près de Rome. Les représentations du iv= siècle, qui servirent de type pendant tout !e moven âge pourles portraits du Christ, étaient d'acord avec les attributs de lalieauté. Depuis le commencement du moyen âge jusqu'à Michel-Ange et Raphaël, la même conception guide le goût des artistes. Le Christ au tombeau de Raphaël et la Cène de Léonard de Vinci sont considérés comme les plus belles représentations du Christ.

CHRISTCHURCH [kra'ist'-tcheurtch]. I. Ville d'Angleterre (Hampshire), sur la baie de Christchurch, à 30 kil. S.-O. de Southampton ; 3,994 hab. — IL Ville de Nouvelle-Zélande, capitale de la province de Canterhury, sur l'Avon, à 8 kil. de la mer et à 13 de Lyttïeton, qui lui sert de port ; 52,000 hab.

* CHRISTE MARINE s. f. [kriss-te]. Nom donné viilgaii'iinrit a trois plantes de genres diflérenls : la salicorne herbacée, ïinule maritime et le bacile.

CHRISTIAN, archevêque de Mayence, qui fut tué dans une bataille en 1183. îl se rendit célèbre par sa vaillance militaire etses exploits chevaleresques, sous le règne de Frédéric Barberousse, qu'il seconda avec beaucoup d'ardeur dans ses guerres en Italie.

CHRISTIAN, nom de neuf rois de Danemark. Depuis lbl3, les rois danois ont porté

alternativement les noms de Christian et de Frédéric. — 1. Né vers 142n, roi de Danemark en 1448, de Norvège en 1450, et de Suède en 1456; mort en 1481. Fonda Copenhague et l'ordre de l'Eléphant. — II. Né en 1481," mort le 24 janvier lli59. Chargé, en l-^OI, de supprimer l'insurrection de la Norvège, il extermina presque entièrement la noblesse de ce pays. En LSI 3, il succéda à son père Jean, sous lequel l'union de Calmar avait été rétablie en Danemark et en Norvège, tandis que la Suède était en révolte. Il épousa Isabella, sœur de Charles-Quint, mais garda pour maitresse une jolie femme surnommée Dyvelic (la petite colombe). Cette reine de la main gauche étant mnrte soudainement en 1SI6, sa mère, Sigbrit Willius, continua de gouverner le roi, comme de son vivant. Christian entreprit de subjuguer la Suède, où il espérait être aidé par la trahison de Gustavus Trollé. D'abord peu heureux dans ses opérations, il fit une ijivasion formidable en IHÎO. Le régent de Suéde, Sten Sturé, fut mortellement blessé, et la noblesse fut forcée de reconnaître Christian comme roi, sous la promesse d'une amnistie générale. Stockholm et Calmar résistèrent encore un instant et furent soumises l'une après l'autre. Christian ayant été couronné, viola sa promesse d'amnistie en livrant au bourreau un nombre elfrayant do gentilshommes. Mais la Suède trouva un libérateur en Gustave Vasa, tandis que les Danois, soulevés contre Christian, donnèrent la couronne à Frédéric, duc de Holstein. Christian se sauva à .Anvers, sur une flotte portant sa famille, ses trésors, les joyaux de la couronne et les archives nationales. Ainsi finit l'union de Calmar ( 1.S23). Inspiré par Sigbrit, Christian avait introduit d'utiles améliorations en Danemark, si bien que le pauvre peuple déplora la fuite de ce prince, que les historiens nous représentent comme un abominable tyran. 11 essaya de recouvrer le trône et, en l.'i3l, fut reconnu roi de Norvège. Bientôt oliligé de se rendre aux Danois, il fut emprisonné pour le reste de sa vie. Il pas^a 17 années dans un horrible donjon de l'ilc d'Alsen. — 111. Fils de Frédéric 1'', né en Holstein en l.'iO^, roi en 1-534, mort en l'ioO. Introduisit le luthéranisme en Danemark. — IV. Né en 1377, mort le 28 février 1f)4S. Il succéda à son père, Frédéric II, le 4 avril l.'iSS, fut proclamé majeur dans le Schleswig-Holstein (comme duc) en i;i93, et dans le Danemark et la Norvège (comme roi) en 1396. La paix ne fut pas troublée avant 1711, époque où les actes de Charles IX de Suède provoquèrent la guerre dite de Calmar, qui se termina en 1613 d'une manière désavantageuse pour Gustave- Adolphe, successeur de Charles. Christian s'appliqua ensuite aux arts de la paix, embellit sa capitale et fit beaucoup pour l'avancement des études et du commerce.

En 162;i, pendant la guerre de Trente ans, il dut, comme duc de Holstein, se mettre â la lôte du soulèvement des protestants de la basse Saxe. Il fut complètement battu par Tilly à Lutter, en août 1626, et ses possessions furent envahies par les Impériaux. Son neveu Frédéric, duc de Holstein- Gottorp, rendit les forteresses nationales. Néanmoins, l'influence fran- N.m i çaise et l'intervention

personnelle de Wallenstuin adoucirent pour les Danois les clauses de la paix de l.,ûbeck (mai 1629). Une guerre désastreuse avec la

Suède éclata en 1643 : Christian y perdit un œil à l'action navale de Femern, où il lit preuve d'un grand courage. La guerre se termina à la paix de Brœmsebro (août 164.3). Christian se fil aimer par sa justice et son humanité. — V. Fils de Frédéric III, né en 1646, roi en 1670, mort en 1699. H s'allia aux Hollandais contre Louis XIV. — VI. Fils de Frédéric IV, né en 1899, roi en 1730, mort en 1746. 11 protégea les sciences et l'industrie. — VIL Né en 1749, fils et successeur (13 janv. 1766) de Frédéric V, mort le 13 mars 1808. Il épousa Caroline-Mathilde, sœur de George III d'Angleterre ; abandonna le gouvernement à ses favoris, Bernstorlï, llolcke et Slruensee. Ce dernier ayant acquis sur lui un complet ascendant, fit peser un joug de fer sur la nation ; ses décrets exaspérèrent la noblesse, cl les machinations de la reine douairière Iuliana-Maria, belle-mère du roi, achevèrenl de troubler le royaume. Slruensee fut exécuté en 1772, et la reine, dont il avait été le médecin, et avec laquelle on prétendait qu'il avait eu une intimité illicite, fut exilée. La reine douairière, devenue toute puissante, régna sous le nom du faible Christian, tombé en enfance, jusqu'en 1784, époque où elle fut supplantée par Frédéric, fils de ce prince. En 1807, lors du bombardement de Copenhague par Gathcart, il fut conduit à Rendsburg, où il mourut. — VIIL Neveu du précédent, né 1786, mort le 20 janv. 1848. Lorsque les Norvégiens rejetèrent le traité de Kiel, qui cédait la Norvège à la Suède, Christian, alors gouverneur de ce pays, en fut pi'oclamé roi sous le nom de Christian I"{1814); mais il fut forcé d'abandonner sa couronne à la Suède. Frédéric VI de Danemark étant mort le 3 déc. 1839, Christian lui succéda. En 1816, il déclara que le Schleswig et une partie du Holstein feraient, à l'avenir, indissolublement partie du Danemark, ce qui donna naissance a de sérieuses complications. — IX. Né en 1SI8, successeur de son père, Frédéric Vil, le 13 nov. 1863, est le roi actuel du Danemark. (Viiv. ce mot )

CHRISTIANIA. I. Province de Norvège, sur la frontière de la Suède et sur le Skager Rack ; 26,044 kil. carr.; 600,000 hab. Celte province, appelée autrefois Aggerhuus, est arrosée par le Drammen, le Glommen et plusieurs autres cours d'eau. — IL Ville maritime et capitale, de la Norvège, par 59" 34' 44" lat. N., et 8" "23' 24" long. E. (observaloirej ; à 380 kil. O.-N.-O. de Stockholm ; 152,000 h. Le fiord de Christiania, bras du Skager Rack, forme un port à cette ville, dont la population a quintuplé depuis 1814. Les rues y sont larges; les maisons, en briques, sont revêtues de

Chribtiania.

stuc. Université fondée en 1811, avec bibliothèque coniprenant plus de 130,000 volumes. Ancien cliàlcau d'Aggerliuus, dans leipicl un

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conserve les archives nationales elles insiijnes de la royauté. Nouveau palais du Stortliin^- ; manufactures considérables. — Chrisliania naquit après l'incendie qui détruisit Upsal, en 10i4.

CHRISTIANISER v. a. Rendre conforme à ,'a doctrine cliiélicnne.

* CHRISTIANISME s. m. [kns-ti-a-ni-sme].

Loi et religion il-' N'olfc-SeigninirJÉsiis-CniusT. Le nom de clin tien fut, pour la première fois donné aux disciples du Christ à Anlioche (Syrie). 42aprèsJ.-C. (Actes XI, •i6;lPierre IV, 0). — Dans sa nature essentielle, le christianisme est l'enseinblc de l'œuvre du Christ, c'est-à-dire la doctrine, la religion et l'Eglise chrétienne apportée aux hommes par le fils de Dieu. Le christianisme ainsi considéré est la vérité absolue manifestée par Dieu même se révélant à sa créaUire, et lui enseignant ce qu'il doit croire pour éviter l'erreur et ce qu'il doit faire pour rendre ses devoirs à celui qui l'a créé. La foi et la morale chrétiennes sont placées par J.-C. sous la garde d'une autorité à laquelle il a promis sou assistance jusqu'à la lin des siècles. C'est l'Eglise qui a reçu de lui le pouvoir d'enseigner toutes les nations sous la direction d'un chef institué par J.-C. avec pouvoir de lier et de délier selon les instructions divines qui lui ont été transnii.-.es. — Le christianisme est donc un fait divin enveloppant l'homme tout entier, pris individuellement ou en société. 11 enseigne à l'individu d'où il vient et où. il va, il lui donne en même temps les moyens pour écarter les obstacles et atteindre sa lin. Dans la société, il se manifeste pai- des inslitutions qui améliorent les mœurs et donnent la paix. 11 touche à la philosophie, à la science, à la littérature, à l'art et leur imprime un cachet qui les élève au-dessus de ce qui est purement humain. Deux faits principaux caractérisent le christianisme :1e premier est l'm carnation ou le dogme du fils éternel de Dieu se faisant homme iiour rappeler l'humanité à Dieu; le second est la rédemption, c'est adire l'acte par lequel ie flls de Dieu, mourii t sur la croix pour racheter ses créatures, a couronné son œuvre. — Le chrislianisme atteindra son degré de perfection le plus élevé dans l'homme ou la nation qui se pénétrera plus vivement de ces deux faits et qui en acceptera les conséquences; il s'efl'acera au contraire d'autant plus que 1 e i se soustraira davantage à ses influences. Oi peut dire avec vérité que le christianisme e^t le régne de Dieu sur la terre; car Dieu est véritablement le roi des âmes qui se soumettent à lui et cherchent à lui plaire en obéissant librement à sa volonté; alors Dieu n'est plus seulement roi, il devient père et les chrétiens sont vraiment ses enfants. — L'acte de la rédemption, la mort du sauveur est pour le chrétien une source inépuisable de mérites dont l'application lui est faite par les sacrements, moyens visibles etpermenantsde communication établis par J.-C. entre lui et l'humanité rachetée; il ne suffit donc pas du titre extérieur de l'apparence pour être chrétien, il faut de plus le concours de l'homme sollicitant l'application des mérites de J.-C, pour se sanctilier et conformer sa vie à celle de son modèle. L'institution et la distribution des sacrements implique une hiérarchie, comprenant des administrateurs et des administrés : de là, la distinction signalée par saint Paul, de différents degrés parmi les premiers fidèles : les episcopi ( évêques ), ou surveillants, presbyteri (prêtres ou anciens), diatoni. (diacres ou ministres) et pisti (fidèles ou croyants). On appelait catéchumènes ceux qui se disposaient au baptême en assistant aux instructions ou catéchisme préparatoire. L'histoire du christianisme se divise naturellement en quatre périodes : l'" période ou période d'expansion, depuis la fonda-

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tien du christianisme jusqu'à la fin du vi" siècle. Son caractère est celui d'une progression régulière dans le développement de la foi chrétienne prenant successivement possession du monde civilisé et du monde barbare. Elle ne triompha pas sans combat ; elle eut à lutter contre toutes sortes d'ennemis à l'extérieur et à l'intérieur. La première lutte fut soutenue contre le paganisme et la philosophie gnostique ; elle se termina en .'il 2. La seconde commença aussitôt après contre les hérésies d'Arius, de Macédonius, de Nestorius , d'Eutychès et de Pelage, attaquant directement l'incarnation et la rédemption et ruinant le christianisme dans sesfondements. Ces luttes manifestèrent d'une manière éclatante la constitution du christianisme, la vitalité de SOS dogmes et la fermeté de sa hiérarchie ecclésiastique. — ii= période ou période d'action, commençant en 004 etfinissantauxm"! siècle. La foi s'affermit, desmœursindividuelles elle passe dans les institutions publiques et pénètre tout le corps de la société. Là encore il y auralulto; le christianisme se trouve en face des races barbares subjugées par la foi, mais encore pénétrées deleurs habitudes grossières, de leur ignorance et do la dureté de leurs mœurs. — m" période, du xiii' siècle au xi.x". Période de la réforme. L'union intime de la société civile et de la société religieuse avait facilité l'introduction d'étranges abus. Les princes s'arrogeaient le droit de nommer aux dignités ecclésiastiques des sujets indignes; le pontif romain avait été chassé de Home par des factieux qui voulaient faire du pape une créature à leur dévotion; le schisme d'occident vint mettre le comble à tous les maux et créer à l'Eglise une situation intolérable. La réforme était réclamée par tous les partis,

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séquences des principes posés par les prolestants, affirme hautement lesdroits de la raison et de la science : plus de révélation, plus de religion. Malgré ces attaques, les nations les plus civilisées continuent d'appartenir au christianisme. Il semble même que les diverses Eglises chrétiennes soient destinées à se répandre ra|iidemonl en Asie, en Afrique el en Océanie. Depuis un demi-siècle, le catholicisme acquiert de grands développements dans le royaume-uni de Grande-Breta?no et d'Irlande, el bien plus encore aux Etats-Unis; mais, par une compensation qui ne peut s'expliquer que par des causes politiques, il perd du terrain dans les pays latins où il régnait autrefois on maître absolu. Non seulement il y est combattu par le prosélytisme protestant, mais il a encore contre lui F indifférence, le déisme et même l'athéisme.

CHRISTIANSAND. I. Diocèse le phis méridional de Norvège, 4,18!) lui. carr; 400,000 hab. Territoire traversé par de nombreuses montagnes, arrosé par de petites rivières. Climat très doux, relativement à la latitude. Forêts de chênes, de pins, de sapins et de bouleaux. Mines de fer. — H. Capitale de cette province, sur une profonde baie que l'on appelle bord Topdals ; 13,200 hab. Exportation de bois de construction, de poisson, de peaux, de cuivre et de fer. Cette ville fut fondée en 1641 par Christian IV, roi do Danemark et de Norvèce. Phare à feu fixe, par oH' 8' 7" lat. N., et .ï" 40' 18" long. E.

CHRISTIANSTAD Lkiiss'-ti-ânn-stât], ville fortifiée de Gulhie (Suède), capitale du lœn ou district du même nom, à 365 kil. S.-S.-O. de Stockholm ; 9,500 hab. Elle s'élève suriin petit promontoire qui s'avance dans le lac

ChristuQâtad.

qui espéraient bien la faire appliquer aux , autres, mais non à eux-mêmes. L'esprit de révolte, comprimé chez les Albigeois, se répandait dans toute l'Europe; enfin au xvi= siècle, Luther, Zwingle, Calvin et une foule d'autres, poussantlecri de la réforme, commencèrent par nierlesprincipauxdogmes de l'Eglise romaine, et sous le nom do protestants fondèrent une religion ne reconnaissant d'autre base officielle que le jugement privé de chacun. A force de retrancher les dogmes, plusieurs sectes protestantes en sont arrivées à pouvoirêtre accusées de ne plus tenirau christianisme que par le nom. Cependant l'Eglise romaine, acceptant la situation qui lui était faite, s'occupa avec ardeur delà réforme dont elle sentait le besoin plus que tout autre et reprit avec une nouvelle ardeurses conquêtes. L'Amérique et l'Inde lui apportèrent des royaumes pour compenser les provinces perdues ; elle refoula l'hérésie envahissante, et tandis que celle-ci a puisé dans le libre examen un principe dissolvant, l'Eglise y a trouvé une force et une vitalité nouvelles.— iv° période. Elle commence avec le six= siècle : on ne peut encore distinguer son caractère dominant. Le rationalisme, tirant toutes les con-

formé parle Helge-a, à 15 kil. d'Abus, son port sur la Baltique. Commerce important avec Liibeck, la Russie, le Danemark et l'Angleterre; exportation d'eau-de-vie. Christianstad fut fondée par Christian do Danemark en 1614. Lat. ■;•> 19' 19" N. ; long, li" ol' 30" E.

CHRISTIANSTAD. capitale del'ile de Sainte- Croix et des Antilles danoises ; environ 4,000 hab. lionne rade.

CHRISTIANSUND [-sounnd], ville maritime de Norvège, dans une ilo, à l'emboucluirc du fiord Thinire (mer du Nord) et à 130 kil. S.-O. do Drontheim; iO.bOOhab. Maisons do bois, uniformément peintes en rouge. Exportation de poisson. Christiansund fut fondée en 1734 par Christian VI de Danemark.

CHRISTINA, reine d'Espagne. (Voy. M.\niE-

CUUISTINE.)

CHRISTINE : Sainte), vierge el martyre, patronne de l'aferrao, tuée à coups de flèche vers l'an 3ii0 ; féto lo 2i juillet.

CHRISTINE DE FRANCE, fille de Henri IV et de Marie de Médicis, née en 1606, morte à Turin en 1663. Veuve de Victor-Amédée en 1637, elle resta régente et montra une grande énergie dans sa conduite politique.

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CHRISTINE DE PISAN, lemme poète, née à Venise en 1363, moite en France vers 1431. Sa Vie de Chai-ks Y est un chef-d'œuvre .que beaucoup niellent au-dessus des récits de Froissarl. Christine de Pisan fut une femme de lettres dans l'acception la plus stricte de celte expression, car restée veuve et ruinée, avec trois jeunes enfants à élever, elle n'eut d'autre gagne-pain que sa plume. Louis d'Orléans s'honora en se faisant le Mécène de cette courageuse et honnête femme, qui a laissé, outre l'ouvrage déjà cité : Poème de la Pucelle, inséré par Quicherat dans le procès de Jeanne Darc ; les Cent histoires de Troyes, en vers ; le Trésor de la cité des dames (Paris, 1497, infol,\ etc.

CHRISTINE DE SUÈDE, fille de Gustave- Adolphe, née le S déc. 1626, morte le 19 avril 1689. Elle n'avait que six ans lorsque son père fut tué à Lûtzen ; Oxenstiern prit les rênes du gouvernement pendant sa minorité, qui cessa en 1644. La guerre de Trente ans, terminée en 1648, avait agrandi la Suède de plusieurs territoires allemands; mais elle l'avait épuisée. Le rétablissement de l'ordre fut une tâche trop lourde pour une reine jeune et légère. L'influence d'Oxenstiern fut éclipsée par celle de favoris sans mérite ; la cour devint corrompue. Christine, qui avait fini par tomber dans la pratique journalière des abus et de la licence, résolut de débarrasser ses sujets de sa présence et abdiqua en juin 16o4, en faveur de Charles-Gustave qu'elle avait refusé d'épouser. Elle quitta la Suède, embrassa le catholicisme et reçut un accueil bienveillant d'Alesandre Vil, k Rome. En l6o6, elle émerveilla la cour française par ses talents et son savoir; mais elle parut avoir perdu de plus en plus la retenue de son sexe et couronna sa conduite en 1657, eu ordonnant le meurtre de son grand écuyer et ancien favori Munaldeschi, dans le palais de Fontainebleau. Elle s'établit a Rome où elle se livra à des travaux littéraires. Elle fit une courte visite à la Suéde, où elle intrigua pour recouvrer sa couionne et elle postula pour le trône de Pologne. Elle fil de vastes collections, fonda l'Académie arcadienne et écrivit quelques ouvrages (r.'uais par Archenholz, dans les Mémoires de la vie de cette reine, 4 vol. in-4°, 17ol).

CHRISTINO s. m. [kri-sti-no]. Nom donné en L.-|;iai;ne aux partisans de la reine Marie- Christine, pendant la guerre de 1833-'40. — Plur. des christinos.

CHRISTMAS s. m. [kriss'-mass] (ang. tncsse du Clirist.. l'êle, réjouissance qui a lieu en Angleterre à l'occasion de ISoël.

■ CHRISTOLOGIE s. f. [kri-sto-lo-ji] (gr. Christos, Christ ; lorjos, discours). Théol. Traité du Chris! ou de sa doctrine.

CHRISTOPH, duc de Wurtemberg, né en ISlo, mort le 28 déc. i.S68. Son père, Ulric, ayant été déposé et le duché de Wurtemberg ayant été donné à l'Autriche, Christoph fut emmené à Vienne, puis jeté dans un couvent d'Espagne. 11 parvint à s'échapper et, en 1534, avec l'aide de la Bavière, il rétablit son père, auquel il succéda en iUbf). 11 introduisit le protestantisme dans ses Etats, publia un code de lois, donna de grandes libertés au peuple et fonda, avec les biens confisqués à l'Eglise, un grand nombre d'écoles.

CHRISTOPHE (Henri), roi d'Haïti, né en 1 767, mort le 8 oct. iii'M. Esclave avant la Révolution, il se signala lors de l'insurrection des noirs, devint brigadier général, réfirima une révolte de la province du Nord, dont il fui nommé gouverneur. H se mit, avec Dessalines, <i la tête d'une insurrection après l'arrestation de Toussaint et, avant 18U3, il avait repoussé les Français, ce qui lui valut le titre dégénérai en chef de l'armée. En 1806, la convention de Cap-Ha'itien l'élut président à

vie. Une guerre civile de onze ans s'ensuivit entre Christophe et Pélion, président de la partie méridionale de l'Ile. En 1811, Christophe abolit le gouverncMnent républicain et se fit proclamer roi d'Ha'ïti. Sa cruauté ayant causé plusieurs soulèvements, il finit par être fait prisonnier et se suicida.

CHRISTOPHE (Saint), martyr de l'Eglise primitive, qui fut décapilé, d'après la tradition, en 250 après J.-C. D'une taille gigantesque, il transportait sur ses épaules les voyageurs d'un bord à l'autre d'une rivière. Le Christ s'étant présenté à lui sous la forme d'un petit enfant, le portefaix le chargea sur son dos, plia sous la charge et ne put avancer. Il changea son nom d'Ailoajmos, pour celui de Chrisiophoros (qui porte le Christ). Fête le 25 juillet dans l'Eglise latine et le 29 mai chez les Grecs.

CHRISTOPHE iSaint-) Antille anglaise, appelée aussi Saint-Kitfs, séparée de Nevis, au S.-E. par un détroit large de 3kil. Superficie, avec Anguilla, 176 kil. carr.; 29,440 hab. Une chaîne de montagnes la traverse au S.-E. etau N.-O. Point culminant, mont Misery, haut de plus de 1,000 m. Production de sucre. Capitale, Basseterre. Cette île fut colonisée en même temps par les Français et par les Anglais (1 623), et resta en commun aux deux peuples jusqu'en 1713, époque où elle fut cédée a la Grande-Bretagne. Les Français la reprirent en 1782 et la rendirent l'année suivante.

CHRISTOPHE EN-EAZELLE (Saint-) ch.-l. de cant., arrond. et à 37 kil. N.-O. d'Issoudun (Indre); 773 hab. Vestiges de l'ancienne abbaye de Bazello.

CHRISTOPULOS (Athanasios) [kriss-top'-ouloss], poète grec, né en Macédoine en 1772, mort en 1847. Après avoir fait ses études à Padoue, il passa une grande partie de son existence à la cour de Valachie et à celle de Moldavie, où il remplit plusieurs offices. Il a publié Achillcs, drame (Vienne, 1805), une Grammaire de grec moderne, compila un code de loi pour la Valachie et traduisit en grec moderne le premier livre de l'Iliade et les deux premiers livres d'Hérodote. Ses poèmes lyriques ont été publiés pour la première fois à Vienne en 18H et traduits en français (Paris, 18331.

CHROMACE (Saint!, évêque d'Aquilée en 390. Ce qui nous reste de ses œuvres a été publié à Bàle en 1528. Fête le 2 décembre.

CHROMAMÉTRE s. m. [kro-] (gr. chroma, cmileur, iiuanci.'; mctron, mesure) Mus. Instrument imaginé en 1S27 par Rollcr pour faciliter le travail des accordeurs de piano.

* CHROMATE s. m. [kro-]. Chim. Nom générique des sels composés d'acide chromiqne eld'unebase quelconque : le chromate de potasse est employé fréquemment pour préparer des couleurs. — Le bichromate de potasse est employé à l'intérieur comme antisyphilitique contre 'les accidents secondaires; on le préfère, dans beaucoup de cas, au mercure, parce qu'il ne produit pas de salivation : de 1 à 5 centigrammes par jour. A l'extérieur c'est un caustique que l'on emploie en solution étendue contre les végétations. Voy Curome.

CHROMATE, ÉE adj. Chim. Qui est converti en cliroiiialc.

• CHROMATIQUE adj. [kro-ma-ti-kej. Mus.

Qui proc^èile p.w plusieurs semi-tons de suite : chromatique en montant ; gamme chromaiiqxic. — Antiq. L'un des trois genres de la musique des anciens, celui qui divisait la quarte en un ton et demi el deux demi-tons. Sublantiv. au masculin : il y a du chromatique dans celte musique. — Par ext. Exprime les nuances en peinture.

CHROMATIQUEMENT adv. D'une manière chromatique.

CKROMATISME s. m. [kro-] (gr. chroma, clirijiiiatos, couleur). Phys. Coloration : le chromatisme des verres de lunettes est un inconvénient.

CHROMATOGÈNE adj. [kro-] (gr. chroma, chromalos, couleur ; gcnnao, je produis). Anat. Qui produit la matière colorante : glandes chromatogènes. — Chromatrope. (V. S.)

•CHROME s. m. [krô-] (gr. chroma, couleur). Chim. Métal dont toutes les combinaisons avec d'autres corps sont brillamment colorées, et qui forme la matière colorante de l'émeraude. Le chroma fut découvert par Vauquelin en 1797 dans le chromate de plomb. Le minerai qui contient ce métal en plus grande abondance est le fer chromé. On extrait le chrome par réduction des oxydes et des chlorures obtenus par l'action d'alcalis et d'agents de réduction sur le fer chromé, il forme quatre oxydes bien distincts : un protoxyde, Cr 0, et un sesquioxyde, Cr* 0', capables l'un et l'autre de former des sels avec les acides; un oxyde intermédiaire, Cr 0, Cr* 0', correspondant à l'oxyde magnétique de fer; et un anhydride stable, Cr 0', qui forme, par son action sur les bases, des sels correspondant aux raanganates et aux ferrates. L'anhydride chromique ou acide chromique, Cr 0-', obtenu par 1 action de l'huile de vitriol sur du bichromate de potasse, se présente sous la forme de belles aiguilles cramoisies. On l'emploie, en chirurgie, comme escharolique. Avec le potassium, il forme trois sols : un neutre, un acide et un chromate hypéracide; le plus commun est le bichromate (chromate acide ou rouge). 11 produit trois variétés de sulfates : l'un vert, le second violet el le troisième rouge. La modification violetle forme, avec le sulfate de potassium et avec le sulfate d'ammonium, un magnifique sel double violet (alun chromé) qui cristallise, par évaporalion spontanée, en octaèdre, et correspond par sa forme et par sa composition, à l'alun ordinaire. — Voici quelles sont, dans les arts, les principales applications des composés du chrome. Le chromate de potasse jaune ou neutre est la base de toutes les autres préparations, puisqu'on le tire directement du minerai de fer chromé. Le bichromate de potasse ou chromate rouge de potasse s'obtient du sel précédent et est des plus utiles, 11 forme, en photographie, la base des procédés d'impression, en raison de la propriété qu'il possède de rendre la gélatine msolulile lors(ju'on l'expose à l'air. En teinturerie, il sert de mordant. C'est de lui que l'on tire l'oxyde chromique, l'acide chromique et les chromâtes métalliques. L'oxyde chromique est, de tous les moriiants verts connus, le plus insoluble; on l'emploie à l'impression des billets de banque, à la coloration des yerres et à la peinture sur porcelaine. Le chromate de plomb, de bismuth, de baryte, de strontiane et de zinc sont employés comme mordants et varient de couleur depuis le rouge vermillon du chromate basique de plomb jusqu'au jaune paille du sel de strontiane.

CHROMÉ, ÉE adj. Chim. Qui contient du chrome : plomb chromé.

* CHROMIQUE adj. m. [kro-]. Chim. Se dit d'un acide formé de chrome et d'oxygène : acide chromique. Voy. Chrome.

CHROMISME s. m. [kro-] (gr. chroma, couleur]. Bot. Excès de coloration chez les végétaux. Se dit par opposition à albinisme.

CHROMITE s. f. Miner. Sel de chrome naturel : la chroniite de fer.

CHROMO s. m. [kro-] (abréviation de chromolithographie). Epreuve obtenue par la chromolithographie : un chromo, des chromos.

CHROMOCHLORITE s. f. Miner. Hydiosilicale naturel d'alumine et de magnésie, dunl

CFIRO

la couleur et la coniposilion rappellent celles des cliloriles.

CHROMOGRE s. m. Oxyde de chrome naturel.

CHROMOÏDE adj. Qui ressemble au chrome.

CHROMOLITHOGRAPHE s. m. Celuiqui t'ait do la chidiucilUlio^iaiihie.

■ CHROMOLITHOGRAPHIE s. f. [kro-ino-lito-gra-1'ij (gr. chroma, couleur; Z/(Àos, pierre; graphô, j'écris). Impression lilhograpliique en couleur. — Kpreuve obtenue par ce procédé. Dans ce sens on dit ordinairement : un

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