CIER
pierre : carrière ctciel ouvert, celle (jui s'exploite sans puits ni souterrain. — Peint. Partie d'un tableau qui représente l'air; toute décoration imitant le ciel: ce peintre fait bien les ciels. — Fig. et fam. Etre ravi au thoisiÈME CIEL, AU SEPTIÈME CIEL, éprouvcc uuo Satisfaction très vive, une grande joie. — Elever QtJELQu'uN jusqu'au CIEL, JUSQU'AU TROISIÈME
ciel; le louer extraordinairement. — La VOUTE DU CIEL, DES ciEux, le cicl, Ic firmament.
— Ces CHOSES sont éloignés coumk le ciel et LA terre, se dit de deux choses entre lesquelles il y a une très grande différence. —
— Prov. Si le ciel tombait, il v aurait bien DES alouettes PRISES, sc dit pour se moquer d'une supposition absurde, en y répondant par une autre encore plus absurde. — Remuer CIEL ET terre, faire tous ses oll'orts, employer toutes sortes de moyens pour parvenir îi quelque chose. — Couleur bleu de ciel, couleur d'un bleu tendre. — Fig., on ternies de l'Ecriture : Un ciel, des cieux d'airain, un temps sec et aride, pendant lequel il ne tombe ni pluie, ni rosée. — Un ciel de plomb, un temps lourd et orageux. — Fig. Voir les cieux ouverts, avoir une grande joie, se trouver dans un grand bonheur. — Les «.triages sont faits AU CIEL, ils sont résolus par la Providence : cela était écrit au ciel : la Providence avait résolu que cela serait. On dit de même : ladestinée des hommes est écrite mi ciel.
CIENFUEGOS [si-ènn-fouè'-goss], ville de la ciUc mcriilion.iie de Cuba, sur la baie de Jagua,à200kil.S.-E. de la Havane; 41,000 hab. C'est la plus jolie ville de cette ile. Sa rade est vaste et sûre. Exportation de sucre, de cire et de bois de construction.
CIENFUEGOS iNicasio-Alvarez de), poète espagnol ;l7til-lS(l'Jl. Devint rédacteur en chef de la Gazette du gouvernement en 1798. Lors de l'occupation de Madrid par les Français en ISO'i, il oll'cnsa Murât qui l'exila en 1 lance.
'CIERGE s. m. (lat. cereus). Chandelle de cire à l'u^age de l'église .-zm gros cierge; le cierge bniit. — Fam. Il est droit comme un CIERGE, se dit d'un homme qui est ou qui sc tient extrêmement droit. — Devoir un beau CIERGE A quelqu'un, tenir de quelqu'un un secours ou un avanta.se important et inespéré. — w Jargon. Sergent de ville en faction dans la rue.— 'Bot. Genre de cactées, comprenant des espèces de plantes dont la tige droite ressemble à un cierge ou à un candélslire. L'espèce la plus grande et la plus remarquable
CIGA
fleur blanche que remplace un fruit à pulpe cramoisie, agréable au goût. Quelques espèces lleurissenl la nuit : tel est le cereus grandiflorus, à pétales blancs, à sépales jaunâtres et dont le parfum est des plus doux. Sa fleur, ciui mesure jusqu'à 30 centimètres de large, s ouvre le soir et se referme un peu avant le
Cereus gigantuus.
de ce genre est le cierge gigantesque {cereus giganteus), que l'on rem-outre dans l'Arizona, le Nouveau -Mexique et le Mexique septentrional, oùilatleintjusqu'àCiflpiedî de haut; il porte une
jour. Ces plantes, cultivées chez nous, dans les serres et les appartements, sont loin d'atteindre les dimensions colossales des espèces qui croissent en Amérique.
CIERS-LALANDE Saint-), ch.-l. de cant.
arr. et à 23 kil. iN.-E. de Blaye (Gironde), i;,700 hab. Eglise ogivale; ruines d'une villa romaine appelée ville de Pamp dune.
CIEZA [si-é'-za], ville d'Espagne, sur la SeguiM, à .'W kil. N.-O. de .Murcie; environ 10,870 hab.
* CIGALE s. f. (lat. eicada). Entom. Genre d'hcniipières homoptères , type de la tribu des cicadaires, dont les mâles de plusieurs espèces produisent, au moyen d'un organe particulier, un bruit aigre et. monotone.
La cif/ale avant chanté Tout l'été...
La Fontaîhe.
Le genre cigale (eicada) comprend 66 espèces, dont 9 vivent en Europe, 22 en Asie, Ici en Amérique et ?, en Océanie. La plus grande et
Cigales d'Europe. — I. Cicada plebcia. 2. Cicada orni.
la plus bruyante des espèces européennes est la cigale plébéienne [eicada plebeia), d'une teinte foncée, avec des points rougeàtres sur le thorax et sur le dessus des ailes; c'est la cigale chantée par Anacréon et par Virgile. Elle est commune dans le midi de la France, particulièrement en Provence. La cigale de l'orme {eicada omi), de l'Europe centrale et méridionale, d'une couleur jaunâtre mêlée de noir, est plus petite. L'espèce américaine la plus remarquable est la cigale de diai-sept ans {eicada septendecim), ain.si nommée parce que l'on croit généralement qu'elle vit dix-sept ans à l'état de larve. — Les cigales sont des
CIGO
insectes d'une grande laideur, avec leur bouche en forme de trompe ou de bec et leur yeux globuleux très saillants. Elles se tiennent
cigale de dil-sept ans (Cicada septendecîm) .
sur les arbres et volent avec rapidité. La femelle est munie d'une tarière dont elle se sert pour creuser les branches sèches d'une multitude de trous dans lesquelles elle dépose ses œufs. Aussitôt écloses, les larves quittent leur demeure et s'enfoncent dans la terre, où elles subissent en plusieurs années leurs niôtamorphoses en se nourrissant des racines d'arbres. Elles se transforment en insectes parfaits au commencement de l'été et ne vivent que quelques mois sous cette dernière forme.
* CIGARE s. m. (esp. cigarro). Petit rouleau de feuilles de tabac, que l'on fume comme une pipe : fumer wi cigare. — »» Jargon. Chanteuse ambulante. — Argot. Pièce d'or. — Encycl. Bien que l'usage du cigare soit fort ancien dans les Indes occidentales, il ne se répandit en Europe que vers le commencement du SIS." siècle. Les meilleurs cigares proviennent de Cuba, où leur fabrication a cessé d'être un monopole en 1820; ensuite viennent les cigares des Philippines, de Manille, de Cavité, de Malabon et de Séville. Les .iVllemands fabriquent un nombre énorme de cigares à Hrême et à Hambourg.
* CIGARETTE s. f. Petit cigare fait avec du tabac roulé dans un morceau de papier ou une feuille sèche de maïs : fumer une cigarette, rouler une cigarette. — On a inventé de fort ingénieuses machines qui fabriquent mécaniquement des milliers de cigarettes en France et en Algérie. — »v Par anal. On donne le nom de cigarettes à des tubes de verre, d'os, etc., ou à des tuyaux de plume dans lesquels on introduit des substances que l'on veut faire inhaler : il y a des cigarettes de camphre, de digitale, de datura, de chloroforme, etc.
CIGNANI (Carlo) [tchinn-iâ'-ni], peintre italien, né à Bologne en 1628, mort en 1719. Lors de la création de l'académie Clémentine par le pape Clément XI en 1708, il en fut nommé directeur. Ses œuvres principales sont : l'Assomption de la Vierge, immense fresque du dôme d'une église de Forli, et quatre sujets de l'histoire sacrée à Bologne.
CIGNAROLI (Giovanni -Bettinol [tchinn-iaro'-lij , peintre italien (1706-'72). Ses chefsd'œuvre se trouvent dans les cathédrales de Pise, de Bergame et de Mantoue, dans les églises de sa ville natale, Vérone, et dans celles do Ferrare.
* CIGOGNE s. f. (lat. ciconia). Ornith. Genre d'échassiers à bec gros, à corps allongé, à cou long, à tête peu gracieuse, à jambes grêles quoique robustes. Les larges mandibules de leur bec font entendre un claquement particulier. — Prov. et fig. Contes de la cigogne, CONTES A LA CIGOGNE, contcs ridiculcs et dépourvus de toute vraisemblance. — »v Jargon. Préfecture de police; palais de justice. — Encvcl. Le genre cigogne comprend une douzaine d'espèces dont'la plus connue est la cigogne blanche [ciconia alia), grand oiseau long de 1 m. 10. La cigogne blanche passe l'hiver dans les pays chauds et revient en Europe au printemps; elle fait son nid sur le
CTGU
la queue et la couverture des ailes noires; bec et pieds rouges ; elle est commune en Hollande et en Allemagne, rare en France; elle exécute ses migrations en grandes troupes. Son attachement pour ses petits est extraordinaire; et les jeunes nourrissent les individus all'aiblis par l'âge ou la maladie. C'est un oiseau utile qui se nourrit de serpents et d'insectes. D'après quelques naturalistes, la cigogne n'est pas aussi inotfensive que l'on croit; elle détruit force cailles, allouettes et autres petits oiseaux qui nichent à terre. Quand elle rencontre un nid de ces oiseaux, elle ne se contente pas, comme font les oiseaux de proie, de prendre un seul membre de la famille ; elle s'empare du nid en entier, le plie en
Cigogne blanche (Ciconia alba).
deux, à l'aide de son grand bec et l'emporte avec tout ce qu'il contient. — Le vol de la cigogne est très élevé et mesuré. Sa chair n'est pas bonne à manger; elle vit très bien en captivité et se familiarise, mais ne reproduit pas. Les anciens la vénéraient comme la personnification do la piété, de l'amour conjugal et filial, de la reconnaissance et de la tempérance. — 11 y a en Europe, une autre espèce, la cigogne noire, également voyageuse; on la trouve dans les montagnes et dans les marécages. — Cigogneau s. m. petit de la cigogne.
CIGOLI (LuigiCardi da). Voy. Cardi.
CIGUË s. f. [si-ghe]. Argot. Pièce de vingt francs.
* CIGUË s. f. [si-gùj (lai. ciruta). Bot. Genre de plantes ombellifères, dont une espèce, la Grande cigue, est très vénéneuse. — Poison
Ciguë tachetée (Ci-niuin maculatum).
extrait de la grande ciguë, dont les Athéniens se servaient pour donner la mort à ceux que l'aréopage avait condamnés : Sacrale et Phocion furent condamnés à hoirc la cigue. — iiaul des maisons', des tours, des clochers, des 1 Encycl. Le principe actif de It, grande cigue rochers ou des arbres. Corps blanchâtre, avec ou ciguë tachetée [conivm maculatum] est la
conicinc. Cette plante bisannuelle, qui croit dans toute l'Europe, était employée en médecine au temps de Dioscoride. Elle habite les lieux humides, est marquée de taches rouges pourpres et dégage une odeur vireuse. — Méd. La ciguë est un poison narcotico-âcre qui agit spécialement sur la moelle épinière et le cerveau. A petite dose, elle stimule les fonctions digestives et la circulation de la lymphe. On l'emploie comme sédatif fondant contre les scrofules, le cancer, la syphilis. A l'intérieur, de b à 10 centigrammes d'extrait; en suspendre l'emploi s'il survenait des vertiges et des maux de cœur. A l'extérieur, de 10 à 15 grammes pour un cataplasme sédatif et fondant. — Le traitement de l'empoisonnement par la cigue consiste à provoquer des vomissements abondants et à faire prendre du vinaigre ou du suc de citron.
* CIL s. m. [sil] (lat. cilium). Poil des paupières : de longs cils; les cils j)a/;)d'.)rawx. — Bot. Poil soyeux qui borde certaines parties des plantes. — Hist. nat. Cils vibratiles, filaments très ténus que l'on remarque sur quelques cellules épithéliales de diverses muqueuses ou sur des cellules détachées, de l'homme et des vertébrés, sur quelques animaux invertébrés, sur des algues et sur les infusoires ; ils sont agités d'un mouvement vibratoire rapide et continu.
CILIAIRE adj. Qui a rapport aux cils, qui est garai de cils.
* CILICE s. m. ;iat. ciliciwn; du gr. kilikion, étoffe de poil de chèvre que l'on fabriquait en Cilicic). Espèce de plastron ou de large
I ceinture, qui est faite d'un tissu de poil de
I chèvre, de crin de cheval, ou de quelque autre
poil rude et piquant, et que l'on porte sur la
chair par mortification : se revêtir d'un cil>ce.
! CILICIE , ancienne division de l'Asie Mineure, consistant en une bande de terre de la côte méridionale, bornée au iN. par le Taurus, et. séparée de la Syrie par les monts Amanu's. La partie occidentale, couverte de Inontatînes, était a|'pelée Tracheia (rude), et la portion orientale, Pedias (unie). Les principaux cours d'eau de ce territoire étaient le j Calvcadnus (auj. Gok-Sou), le Cydnus (Tersus, i Tcliaï), le Sarus (Sihoun), et le Pyramus ' (Jihoun). La ville la plus importante était Tarsus. Les Ciliciensse distinguèrentde bonne heure par leurs entreprises maiitimes. Leur indépendance ne fut pas de longue durée, car les Perses les subjuguèrent. Ensuite les Grecs firent une colonie de leur contrée, qui forma une portion de l'empire de Syrie. Us résistèrent vigoureusement aux Romains, qui durent mettre une tlotte imposante à la disposition de Pompée, pour réduire les pirates ciliciens. Après cette guerre, la Cilicie forma une province romaine ; elle constitue aujourd'hui le vilayet d'Adana.
CILICIEN, lENNE s. et adj. Habitant de la Cilicie ; qui appartient à ce pays ou à ses habitants.
CILICISME s. m. Philol. Manière de s'exprimer en grec propre aux Ciliciens : saint Paul a commis plusieurs cilicismes.
' CILIÉ, EÉ adj. Bot. Qui est garni de poils ranges comme des cils : les pétales de la capucine sont ciliés. — »-» Zool. Se dit des infusoires qui présentent des cils vibratilcs. — Se dit de toute partie bordée de cils ou de poils : paupière ciliée.
•CILLEMENTs.m. [llmW]. Action de ciller.
Ne se dit que des yeux et des paupières : il a un ciltenient d'yeux continuel.
• CILLER v. a. [si-ié ; H mil] (rad. cil). Ne se dit qu'en parlant des veux et des paupières, et signifie les fermer 'et les rouvrir dans le moment : il ne fait que ciller les yeux; ciller les paupières. — Absol.: on lui a tiré un coup de
CIMB
pistolet aux oreilles, et il n'a pas seulement cillé. — Fiun. Peusonne n'ose cillkr devant lui, personne n'ose remuer. — v. n. Ne se dit que des chevaux : ce cheval cilli!, commence à ciller, il commence à avoir quelques poils blancs aux paupières, au-dessus des yeux.
CILLY ou Cilli fisil'-li], anc. Celeia. Ville de Slyne (A-ulricbe), à 90 kil. S.-O. de Gratz ; 0,5(10 hab. Kuines romaines ; fortifications du moyen ût:e ; manufacture anfrlaise d'acier et de fer. Cette ville appartint aux ducs d'Autriche, de tl4G à 1331, puis aux comtes de Cilly, de 1339 à 14o6. Elle retourna aux ducs d'Autriche après l'assassinat du dernier comte Ulric.
CIMABUE (Giovanni) [tchi-ma-bou'-é],peintre florentin, né on liiO, mort vers 1302. On l'a surnommé le péie de la peinture moderne, mais Guido da Siena était célèbre dès 1221. Ses ouvrages présentent le caraclére byzantin. Presque chaque grande collection européenne contient quelqu'un de ses spécimens. On admire son chef-d'œuvre, une Malonc, dans l'église de Santa-Maria-Novella, à Florence. Il fonda une école et fut maitre de Giotto, dont il découvrit, dit-on, le talent, d'une manière accidentelle.
* CIMAISE s. f. Archit. Moulure qui forme la paitii' supérieure d'une corniche : cette siniiiise est trop petite.
CIMAROSA (Domenico) [tchi-ma-ro-za],comnositeur italien, né vers I7b0, mort en 1801.
il fut compositeur dramatique à la cour de Russie, en 1787, directeur de l'opéra Italien à Vienne en 1791, et se fixa à Naples en 1792. Son opéra le plus célèbre est : Il Malrimonio segreto. Ses œuvres comprennent : 69 opéras, 4 oratorios, 3 cantates, 2 requiem, 1 messe, des mélanges de musique sacrée et 500 pièces détaciiécs.
CIMBALAIRE s. f. Voy. Cyubalairb.
CIMBÉCE s. m. (gr. himbex, guêpe). Entorn. Genre d'iiyménoptères leuthrédiniens, comprenant des insectes destructeurs qui se nourrissent presque exclusivement de matières végétales, et que l'on rencontre sur les feuilles
Cimbèce de rurmi; (Ciinbcx ulmi).
des plantes. La femelle est munie d'une double tarrière, au moyen de laquelle elle introduit ses œufs dans l'intérieur des feuilles, de l'écorce ou des fruits ; ces blessures produisent souvent des gillos ou excroissances dans lesquelles vivent et croissent les jeunes. On a décrit des centaines d'espèces de ces insectes. Notre gravure représente le cimbèce de l'orme [ciinbe.e rilmi).
CIMBRES, Cimbri, peuple celtique très bellii[Ufax, ([ui parait être identique avec les (jimmériens et les Kymris, mais sur l'origine exacte desquels on est dans l'incertitude. Au lia siècle avant l'ère chrétienne, les Cirabres habitaient la Chcrsonèse cimbrique (Jutland), lorsque, poussés par un débordement de la Baltique, ils se précipitèrent vers le sud de l'Europe, avec les Teutons, leurs confédérés. Ces hordes immenses, composées de 300,000 guerriers et d'une multitude de femmes, d'enfanls et de vieillards, franchirent le Danube, ravagèrent la Norique, écrasèrent, dans les Alpes Carniques, près de Norcia, une armée romaine commandée par Papirius Carbo (113 av. J.-C), s'allieront aux Kymris de Bel-
CIME
gique, aux Ambrons et aux Tigurins d'Helvétie, envahirent le midi de la Gaule, remportèrent de sanglantes victoires sur les consuls Julius Silanus (10!)), Cassius Longinus (107), et Cu. Mallius (lO'i). Heureusement pour Homo, qui ne pouvait leur résister, ils se jetèrent sur l'Espagne, où ils restèrent deux ou'trois ans. I.orscpj'ils curent épuisé toutes les ressources de ce pays, ils songèrent à passer les Alpes pour ravager l'Italie ; mais le peuple romain avait eu le temps de se préparer à une formidable résistance, et il avait confié l'organisation et le commandement de ses troupes à l'illustre Marins. En l'an 102, les barbares se présentèrent de nouveau dans les Gaules. Marins tailla en pièces les Teutons près d'Aijua; Sextia3(Aix), et l'année suivante (101), il vengea Catulus en exterminant les Cimbres et leurs alliés, dans la bataille décisive de Campi Raudii, près de Vérone. 140,000 guerriers tombèrent sous les coups des Romains. Les femmes, retranchées dans leur camp, égorgèrent les fuyards, tuèrent leurs enfants, et se donnèrent ensuite mutuellement la mort. Les débris de celte puissante nation se fixèrent probablement dans la Rhélie et donnèrent leur nom au canton de Cembra, près de Trente.
CIMBRIQUE adj. Qui concerne les Cimbres: guerre cimbrique. — Qui appartient aux Cimbres ; qui est habité par les Cimbres : Chcrsonèse cimbrique.
* CIME s. f. (lat. cyma). Sommet, partie la plus haute d'une montagne, d'un rocher, d'un arbre, etc.: la cime de la montagne était couverte de neige. — Poétiq. Le mont a double CIME, ou simplement ; la double cime, le Parnasse. Les nymphes de la double cime, les Muses. — Cime, ou Cyme. Bot. Assemblage de fleurs dont les pédoncules, nés d'un même point de la tige, se ramifient ensuite irrégulièrement, et se terminent tous à peu près à la même hauteur : le sureau a des fleurs en cyme.
"CIMENTS, m. [si-raan] (lat. cœmcnlum).
Toute matière gluante, tenace, propre à lier et à faire tenir ensemble des pierres, des briques, etc. Se dit plus particulièrement des briques ou des tuileaiix pulvérisés dont on se sert pour faire du mortier": faire du ciment ; le ciment des Romains était d'une perf'e:tion qu'on a peine à éyalcr. — Prov. et fig. Cela est fait a chaux et a ciment, se dit d'une affaire qui est faite solidement, et avec toutes les précautions et les formalités nécessaires. — Encycl. Les anciens Egyptiens connaissaient non seulement la manière de faire du mortier, mais aussi celle de mélanger des matériaux terreux susceptibles de durcir sous l'eau. Plusieurs de leurs sculptures en basrelief étaient exécutées en ciment, et l'on a conservé de leurs plafonds en stuc peint, d'une date plus ancienne que la consiruction du temple de Salomon. Les Babyloniens recouvraient leurs briques avec du plâtre, sur lequel ils traçaient ensuite des dessins. Les Grecs apportèrent une grande attention à ce genre de travaux ; les Romains leur furent inférieurs; mais le môle ou brise-lames de Poziuoli (d'où pouzzolane) est un chef-d'œuvre d'architecture hydraulique. Ce môle se com- 'posait de 24 arches, soutenues sur des piliers bâtis de briques et do pierres, qu'un ciment de pouzzolane et de chaux maintenait ensemble. 13 de ces piles sont encore existantes: elles ont plus do dix-huit siècles. — On peut diviser les ciments en : ciments chimiijues (ciments terreux ou de pierre), et ciments mé- 1 c(Xii!'(/»('S (résineux et glulineux). Les premiers ' se divisent en ciments qui durcissent à l'air, comme le mortier des maçons ; ceux qui durcissent sous l'eau, comme les ciments hydrauliques; et ceux ([ui durcissent principalement en se combinant avec l'eau, comme le gypso et les ciments gypscux. Le mortier commun
CIME
des maçons est fait do chaux éteinte et de sable. Les ciments hydrauliques sont employés dans la construction des fortifications, des digues, des jetées, des brise-lames, des aqueducs, dos réservoirs, des canaux, des fondations de ponts, des citernes, etc. Ils ont la propriété de durcir continuellement sous l'eau, eu raison de la forte affinité de la chaux caustique pour la silice et l'alumine. On les divise en ciments naturels et en ciments artificiels. Les premiers sont formés de certaines substances rocheuses ou terreuses sans aucun mélange de matériaux étrangers; tandis que 1ns ciments artificiels sont "obtenus par la Combinaison de substances terreuses et de chaux caustique, et quelquefois de petitesportions de matières alcalines. Les ciments hydrauliques ordinairement employés en Europe, sont le ciment romain, le ciment de l'orlland, le ciment de Médine, le ciment de Mulgravo, et ceux que l'on obtient au moven de la pouzzolane et de la chaux do Teil.' Le ciment romain moderne se fabrique surtout en France et en Angleterre, en cuisant et en concassant certaines pierres qui ont la propriété de durcir rapidement à l'air et sous l'eau. Le premier ciment de ce genre fut fabriqué en 1796, par Parker, de Londres. Le ciment de Portland est un composé artificiel, ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec la pierre de Porllnnd ; il fut d'abord fabriqué par Joseph Aspdin, de Leed (Angleterre). Il se compose principalement de pierre à chaux et d'argile, dans la proportion de O.ï à 75 p. 100 de la première, et de 25 à 35 p. 100 de la seconde. Pour la pouzzolane, voy. ce mot à son ordre alphabétique. Une excellente chaux hydraulique est celle qui provient de Teil (France). — On a généralement abandonné l'usage des mastics et autres ciments huileux, à cause de leur peu de durée : ils sont composés de chaux, de sable, de litharge et d'huile de lin. Le gypse et les ciments gypseux sont utiles dans les enduits et les décoralions intérieures. La rapidité avec laquelle le plâtre de Paris sèche dés qu'on l'a mélangé avec de l'eau, lui donne une grande valeur. Les ciments bitumineux sont employés au pavage des rues et pour proléger les extrados des arches contre les effets do l'eau. Parmi les ciments résineux, on distingue celui de Varley, obtenu en chaufl'ant au rouge 10 parties de craie pulvérisée et en l'ajoulant, quand elle est refroidie, à un mélange de 16 parties de résine noire et une partie de cire. Le ciment des lapidaires, pour coller les pierres précieuses, est fait de résine et d'ocre rouge, fondus ensemble et mélangés avec un peu de cire et de suif. Le ciment des opticiens se compose de cendres de bois finement tamisées et de poix fondue. Celui des plombiers est fait de 2 parties de poudre de briques et d'une partie de résine noire chauffées ensemble. Pour boucher les trous des machines à vapeur, on compose un ciment de 4 à 6 parties d'argile à potier et d'une partie de limaille do fer, avec de l'huile de lin en quantité suffisante pour former une pâte. Dans la distillation du caoutchouc, le résidu qui reste dans la cornue, forme, avec l'huile distillée ou caoutchine, un ciment élastique très employé. — Ciment armé. (V. S.)
CIMENTATION s. f. Action de cimenter; résultat dr r.'llê action.
* CIMENTER V. a. Lier avec du ciment, enduire de ciment : cimenter du pavé. — Fig. Confirmer, affermir : cimenter la paix par des alliances.
CIMENTIER s. m. Celui qui fabrique du ciment.
* CIMETERRE s. m. (turc scimitnre). E.^pèce de sabre, qui est principalement en usage chez les Turcs, et qui a une lame très large recourbée à son extrémité : un coup de cimeterre.
CIME
* CIMETIÈRE s. m. (gr. koimétérion, lieu de repos). Lieu dans lequel nn enterre les morts : porter un corps au ciinctiérc. — Fig. Ce pays EST LE eiMiiTiÊRE DES ÉTRANi-.ERS ; l'air de ce pars est mortel pour les étrangers. — Les principaux cinieliéres sont : ceux de Conslantinople, (Sculari elPéra), le Cumpo Siwto, à Pise, entouré d'arcades de marbre blanc, hautes de CO pieds; au centre se trouve un énorme amas de terre qui fut, dit-on. apporté de Palestine pendant les Croisades; le Campo Snnlo de Bologne, ancien monastère carlhusien appelé Certosa; le t'umpo Santo de Gênes; le fameux cimetière dciNnples, paralléloeraminedelOOra.de côté, entouré de hautes murailles sur trois de ses côtés et d'une arcade sur le quatrième; il contient 306 fosses profondes, dont une est ouverte chaque malin pour recevoir les cadavres de la journée. Les plus intéressants parmi les luitres cumpi snnli sont ceux de Ferrare, de Brcscia, de Parme, de Vérone et de Milan. Nous avons en France les Ahjscumps (vo}-. ce mot), le Père-Lachaise (ouvert à Paris en 1804), le cimetière de Montparnasse, ouvert en 1824; celui de Montmartre (I8"2'3), etc. — Législ. « Les cimetières ne peuvent être établis à une dislance moindre Je trente-cinq mètres de l'enceinte des villes et des bourgs (décr. 2.3 prairial an XII) ou de l'agglomération des habitations de toute autre commune (ord. C déc. 1843). Toute personne peut être inhumée dans sa propriété, pourvu que cette propriété soit située à la distance prescrite. Pour établir un cimetière, on doit choisir de préférence, les terrains les plus élevés, et exposés au nord,lesentourerdemursde deuxmétresau moins de hauteur et planter des arbres. Les translations ou agrandissements de cimetières doivent êtres autorisés par les préfets ; mais une commune ne peut" être autorisée à agrandir un cimetière placé au milieu des habitations (arr. Cons. d'Etat, 16 avril 18S0|. Le voisinage d'un cimetière impose des servitudes légales sur les propriétés les plus proches; car non seulement il est interdit, sauf autorisation, d'élever aucune habitation et de creuser un puits à moins de cent mètres des cimetières qui ont été transiérés hors de l'enceinte des communes, mais, en outre, les bâtiments existants ne peuventêtrerestaurésni augmentés sans autorisation, et les puits sont comblés pa- ordre du préfet ;Décr.7 mars 1808). Chaque inhumation doit avoir lieu dans une fosse séparée, sauf à Paris où les cercueils peuvent être placés dans une fosse commune, à vingt centimètres l'un de l'autre. Chaque fosse doit avoirau moins 1 m.oO de profondeur, Om. SO - de largeur et être distante de 0 m. 30 desauti'es. Le renouvellement des fosses ne peut avuir lieu avant qu'il se soit écoulé cinq années au moins depuis la dernière inhumation. Leterrain des cimetières fermés ne peut être ensemencé ou planté avant le môme délai de cinq ans à compter del'époque de la formetuie; et il ne peut ensuitey être fait aucune fouille ou fondation pour la construction de bâtiments, avant que le piéfel n'en ait donné l'auloi'isalion. Suivant le décret dcTaEi-MI, lorsi[ue, dans une commune, on professait plusieurs cultes, chacun d'eux devait avoir un lieu d'inhumation particulier, et s'il n'y avait qu'im seul cmielière, il devait être partagé, par des murs, haies ou fossés, en autant de parties qu'il y avait de cultes dilférents, avec une entrée particulière pour chaque culte. Ces prescriptions, qui semblent avoir eu pour but de perpétuer l'intolérance et la désunion, ont été rarement appliquées dans leur rigueur, et elles ont été enlin abrogées par la loi du 14 nov. 1881. Lorsque l'étendue des cimetières le permet, il peut être fait des concessions de terrains pour sépultures privées. Ces concessions sont divisées en Irois classessavoir : concessions perpétuelles, concessions trentenaires et concussions tempo-
CIMO
raires. Le prix est fixé par classe et suivant un tarif arrêté par le conseil municipal et approuvé par le préfet. Les deux tiers du prix des concessions entrent dans les revenus delà commune, et le surplus profite aux pauvres ou aux établissements de bienfaisance. La police des cimetières et de tous les lieux de sépulture appartient exclusivement au maire, et aucune inscription ne peut, sans son autorisation préalable, être placée sur les tombes. 'Voy. Inul JiATiON ». (Ch. Y.)
CIMICAIRE s. f. (lat. cimex, punaise). Bot. Genre de renonculacées, comprenant des plantes herbacées, vivaces, qui croissent dans le nord des deux continents, et dont l'odeur passe pour chasser les punaises.
CIMICIFUG-Eadj. {lai. cmîc.c, cimicis, punaise; fugo, je mets en fuite). Qui est propre à chasser les punaises.
' CIMIER s. m. (rad. cime). Orncmenl qu'on porte au haut du casque : il avait un sphinx, un lion pour cimier. — Blas. Figure de quelque animal, ou de quelque autre objet, qui se place au-dessus du timbre. — Pièce de bœuf charnue, prise sur le quartier de derrière : une pièce de cimier. On dit également : du cimier de cerf. — Cimiez. (V. S.)
CIMMÉRIEN, lENNE adj. Qui a rapport aux Cimmcriens, qui est habité par eux ; Bosplmre cimmà'ien, ténèbres eimmérienncs.
CIMMÉRIENS (gr. kimmerioi; lat. Cimmerd). Nom d'un peuple mythique et d'un peuple historique. — 1. Les Cimmériens mythiques, mentionnés par Homère, habitaient l'extrême Occident, sur les bords de l'Océan, au milieu des brouillards et dans une région couverte d'une obscurité perpétuelle. On a pensé que ce peuple était fixé sur les bords du lac .\ vernus, où il habitait des cavernes; mais tout porte à croire qu'il est identique avec les Kymris dupays de Galles. — H LesCimmériens historiques, de la grande famille des Celtes (voy. Gomek), s'étaient fixés, à une époque très reculée, sur les rivages de la mer Noire, où le détroit d'Vénikalé était désigné sous le nom de Bosphore Cimraérien. Nomades et pasteurs, ils vivaient sous des tentes et se nourrissaient du lait de leurs juments. Ceux des pays élevés (Taures, raoulaguards, en langue celtique) donnèrent leur nom à la Chersonnèse l'auriquc, appelée aussi Cimmérienne ou Kimmérienne, (d'oùestvenu lemot Crimée), et les montagnes de cette péninsule furent appelées monîsCimmériens. D'après Hérodote, cette nation, chassée de Crimée par une invasion des Scythes, passa dans l'Asie Mineure, ravagea l'Eolide ell'lonie, prit Sardes, sous le règne d'Ardys, roi de Lydie, (63;; av. J.-C ),niais fut chassée par Alyattes, petit-fils de ce prince. Quelques historiens ont pensé que les Cimmériens, réfugiés dans le nord de l'Europe, furent les ancêtres des Cirabres et des Kymris.
CIMOLÉE s. f. (gr. kimolia, de Cimoli.s). Espèce d'argile qui se trouve principalement à Cimolis, île de l'Archipel, et qui serv.ilt dans les temps anciens aux usages pour k'S(juels on emploie aujourd'hui la Terre sigillée. — Adj. Matière cimolée ou cimolie, dépôt qui se trouve sur les meules à aiguiser.
CIMOLIS ouCimolos, ancien nom de Kimoln
(Cycladcsj.
CIMON, général athénien, né vers .^10 av. J.-C. luiji-l en 449. H était fils de Miltiade. 4 Salamiiie (480), il se signala et attira l'allention d'.Vrislide. En i'ii, Cimon et Aristide furent mis à la tête du conlini'ent maritime athénien que les Grecs placèrent sous le commaudement siqu'ême de Pausanias, roi de Sparte; lors de la disgrâce de celui-ci, ils le remplacèrent. En 46(1, Cimon remporta, le mêmejour, à remboucliure de l'Euryinédoii, deux batailles décisives sur les Perses. Après