APOLOGÉTIQUE
Dans quei but a-t-on fait les vocabulsires d’homonymes que l’on enseigne duns les écolex, si ce n’est comme moyen éducatif. Alors, si ces vocabulaires sont utiles, pourquoi ne leur pas donner plus d’extension et les rendre doublement utiles comme ayant trait à la phonographie ctà l’icquisition des mots de la langue.
En effet si l’on donne pour équivalents à ces ou ses les niots sait, saïe pourquoi ne pas ajouter c’est, s’est qui sont d’aussi parfaits homonymes, puisque l’orcille ne saurait en saisir la nuance.
Quelle différence peut on trouver entre séchoir et s'échoir —statuaire, tatuèrent —surfaire, sut refaire—soupape, soupa peu ou soûl pas peu— lait, plaid, peler strident, ce trident - soupesons, sous pesons — sécréter, s'écrêter —secondaire, se gondèrent.
Pourquoi ne pas faire do louable loie bleue, loue able, de croissent croassent, déqarni dégàt rente, parfaire pas refaire, découpler des cous elés, déloyau dès l'Ohio, déshonnêteté d’aise en est teté, détremper d'être en paix, deuil deux lieux ou lieues, serre-frein ces refrains, oreile aurait ieu, dégourdir dég t redire, génovéfain Génot vêt fin, effervescense effets evêt sans se, testonner (dsns le) Tay ce thon naît, test on est, forger aux reget, fermer fée remet, tacheter l'acheter, symétriser s'y maîtriser, emeur se meurt, sérail s'éraille, serre-nez cerner, impropre un pro (prao) eux, islandais y celant des, serre-tête certes, êtes, suggérer sut que gérer, ‘éception rets ceps pesions, testateur tes ce tâteur, tétrarchat tête rare qu'a, h'ophilantrope Théot filunt trop peu, théosophie thé aux os fit, théorie hé au riz ris, théogonie taie au goth nie, terre-noix thé renoie ou taie enoua, taille-pl.me t4 hippe lâmes, croître croate re, composer qu'on posait eille sept lieues où ces lieux, celer seulet, seime s'émeut s'aime sème ou em, petit peut-i (il), semb'able sembla bleu, grenudille grenade il y eut, enovéfain j'ai noves et f1im, et feins de n’en pas avoir, tirelire ty relire, e-doun t'aider homme, télégramme telle aîgre me, télégraphiquement tel est raphiquement, tirailleur \petit railleur liras ailleurs, tire-balle t'y ebat le, tire-botte t'y rebotte, tire-bourre t'y rebourre.
Et tous les autres mots ont des homornyines en plus où moins grand nombre, Nul meilleur moyen donc d'engager à l'étude des mots que celui qui au sein de la famille, sur les bancs de l’école, propose nn mot aux enfants avec Don point ou récompense à qui en trouve les homonymes les plus parfuits, les plus nombreux; et qu’il y a probabilité d’en trouver plusieurs, l’incomparable richesse de la langue fra: guise fait foi, comme on le voit par le tableau des sons équivalents page x1I à XIV.
Mais il faut compter aussi avec le côté récréatif de la vie. En effet, chaque journée est de 24 heures. Si l’on en donne 7 au sommeil, 8 aux repas et à la récréation, ilen reste 14 dont 7 sont à distraire, d'ordinaire ou de 9 à + pou: heures de bureau et occupations professionnelles. I! en reste encore 7 pour l'exercice, l'étude, la lecture, Or il faut que cette dernière soit vari‘e, Après l'étude, c’est-à-dire, lertures scientifiques qui demandent une forte tension d'esprit, li y a l'histoire, le roman, la littérature légère ot enfin pour complètement reposer l'esprit qui même pour suivre ctretenir le trame d’une nouvelette a à subir une certaine tension de l'intelligence; il faut enfin disons-nous des miettes littéraires, de petites historiettes, des mots de bébé, des aneedoter, des traits d'esprit à la française, de fines reparties, enfin des jeux de mots spirituels, et ceux qui affectent de ne jamais faire de jeux de mots, c’ertà-dire de ne jamais être autres que sérieux toute leur vie, ne sont point les plus joyeux, les plus utiles et instructifs compagnons que l’on puisse trouver.
Certains affectent non seulement de ne point faire de calembours, mais même de les mépriser (peut-être parce qu’ils ne sont pas assez prompts à en saisir la signification, la portée, ou incapables d'en faire cux-mêmes), mais il y en a une foule et l'on en pout faire presque à demande—celui qui en a l'esprit, la connaissance, la mémoire des mots—qui sont non pas sculement bien trouvés mais utiles et indispensables pour ainsi dire, on ce qu’ils permettent de dire en riant bien des vérités qui ne sauraient sans être blessantes 8e dire autrement,
Littré au mot Calembour en cite un de de Bièvre qui disait que le temps était bon à mottre en cage, c'est-à-dire serein, (serin). Tarousse en cite un autre de de Bièvre qui ayantappris que le comédien Molé
si connu par sa fatuité, était retenu au lit par une indisposition, s’écria: Quelle fatalité, (Quel fat alité. Ajoutons: quelle fatale idée (simulant t).
Corneille en à plusieurs dans ses œuvres et entre autres lorsqu'il fait dire par Hypsipile à Médée sa rivale eri faisant allusion à sa magic “je n'ai que des attraits el vous avez des charmes.”
Marchand orateur de la chambre d’ussemblée du Canada, vif qu'il est aux fines reparties, disait un jour de Chapleau secrétaire d'état qui plaidait une fois un peu longuement les griefs d’un quelqu'un auquel son voisin faisait des misères on laisant perdre l'eau, et pau lui dire poliment que sa parole était trop facile, trop abondante: c’est le moulin qui échappe l’eau (qui est Chapleuu).
Chupleau lui-même, fin mabois, disait un jour dans un dîner publie qu'on lui avait offert, en faisant l'éloge du comte de Prémio Réal, consul général d'Espagne au Canada, À l'endroit d’un morceau de musique intitulé Sul” dont celui-ci était l'auteur et que la fanfare venait de jouer à lu suite do la santé proposée au consul, qu’il soupçonnait qu'il n'était pas sel quand il l'avait composé. C était matin, oui puisque ça pouvait laisser croire que le comto s'était fait aidor à la rédaction, et ce n'était point malin, non puisque ga voulait dire aussi qu'il était alors avec et sons l'influence de quelque charmante compagne qui lo lui avait inspiré,
Nous disons qu'il le faut età preuve: c’est qu'il n’y a pas que nous sachions une seule publication littéraire, de par le monde, voire même un seui papicr-nouvelles qui n'ait point une colonne de ces petits riens qui nous font rire, comme le français sait si bien le faire, comme il la fait déjà dès les siècles gaulois, comme ïil peut le faire ct le fera toujours sans le risquo de jamais s’épuiser à la tâche. -
Puissions-nous par n03 % Homonymes de tous les mots dela langue” avoir contribué tout d’abord à faciliter et hâter. l'intelligence de ces éléments composants et par la même à Féducation du peuple-—-puis par do nouvelles combinaisons à nourrir, tisor ce feu pétillant du bon mot, do lu répartie mêmo en ‘ police correclionnelle,” que nous nous estimerons heureux et bien payé de nos cinq années de veillos dévouées de temps à autres à rédiger lo dictionnaire que voici:
Il y a oncore à montrer la nécessité qu'il y avait pour ce dictionnaire en présence de celui de Poitevin, l’un des plus estimés de la
languo: c'est que Poitevin ne donne dans son vocabulure de moins que 200 pagos, petit octavo, des homonymes qu'\ quelques 12 à 1300 mots, ce qui avec une moyenne de 3 par mot ne donne que 4000 mots tout au plus pendant que mous les donnons pour les 40,000 de la langue, Ds plus plusieurs des homonymes de Poitevin ne sont que des paronyimes comme «as (s,) haise--poison, poisson--bis (adv.) bise, car il n'y point homonymie entre s et z,
Suggestion n'est ccrlainement point homonymo do sugétion, mais paronyme si vous voulez; et quant a fétu foetus, lot Loth, luter Luther, mât mat (aux échecs), ils ne peuvent trouver place ni sous uno eu-tête, ni sous l'autre. Il faut trop forcer la note pour mottre en regard de déceler, dessceller, desseller, qui so disont dé-sé-'é, Palès (dieu des pâturages) ne rime point avec paluis, Pâris ne fait point pendant à Paris, puisque les terminaisons do.ces mots sont èce et é, ice ot 1. |
Et il y ä une foule de mots les plus usuels dont Poitevin ne fuit aucune mention comme 7» /HsSse qui à quatre significations—panne quatro sig. scion, sillon, scions (v.) sillons (v.\, Sion,
Co:n'est qu'à la onzième heure que nous avons pu nous procurer à la bibliothèque du Canada à Ottawa; c'est-à-dire, a cent licues d’où nous écrivons ces mots, Un exemplaire de Poitevin, après l'avoir fuit demunder à Paris, d’où la noavelle nous est venuo qu'on en croyait la dernière édition éteinte. Nous en étions alors à la fin de la lettro.T, ot iln’y a ensuite qu'une seule lettre V qui puisse compter pour quelque chose.
Poitevin nous a fait voir que nous avons nous aussi quelques rares omissions comme le mot chu (étoife de soie), mais que nous ne SOmMmos point grandement eu tort d'omission, puisque le mot ne se trouve ni dans Littré, ni duns Larousse, Nous n'avons point non plus coa (plante) foene (inseute), zines (Hvres âerés dos Suns hitutin (poisson) ot quelques autre, mais on les t'ouvera avez d'autres dans le supplé. ment à lu fin du volume,