AORTE ABDOMINALE
imaginables en pareil cas? Portée sur l’iliaque externe, d’un côté d’abord , de l’autre côté ensuite , à la manière de Brasdor, la ligature ne serait-elle pas préférable ici à celle de l’aorte? Toutefois, comme il se pourrait que la tentative du chirurgien anglais fut encore répétée, je crois devoir en indiquer le manuel.
§ III. Manuel opératoire . Je ne pense pas que l’idée de pénétrer par le flanc gauche pour atteindre l’aorte, sans ouvrir le péritoine, comme l’ont conseillé quelques écrivains modernes , ait aucune valeur et quelle mérite d’être discutée. Le seul procédé que la prudence permette de tenter est le suivant :
Le malade, couché en supination, doit avoir la tête, les cuisses et les jambes modérément fléchies , afin de mettre les parois du ventre dans un état de relâchement complet. Une incision longue de trois à quatre pouces est ensuite pratiquée sur la ligne blanche , un peu à gauche pour éviter l’ombilic , au-dessus duquel il conviendrait , je crois , de la prolonger un peu plus que par en bas. Arrivé au péritoine, on le perce, pour le diviser plus largement avec un bistouri boutonné conduit sur le doigt; par cette ouverture , l’indicateur écarte les intestins, pénètre jusqu’au rachis, distingue les battements de l’artère , déchire le feuillet gauche du mésentère et la gaine celluleuse sous-jacente avec l’ongle, sépare doucement l’aorte de la veine cave et des vertèbres , de manière à l’isoler convenablement. Si le sujet était maigre , si les parois du ventre se trouvaient très rapprochées de la colonne vertébrale, si l’œil enfin pouvait suivre jusque là les instruments, une sonde remplacerait le doigt avec avantage. La ligature est passée au moyen de l’aiguille de Deschamps ou du porte-fil ordinaire ; on la serre par un double nœud ; un de ses bouts est coupé près de l’artère ; ori ramène l’autre dans la plaie , qu’il est bon de réunir à l’aide de quelques points de suture. Si les liens de substance animale offrai nt la même sécurité que les autres, ce serait le cas de les préférer et d’en abandonner le nœud au fond des parties ; mais l’expérience n’ayant pas encore prononcé sur ce qui les concerne, je n’ose pas en recommander ici l’usage.
M. Cooper plaça son fil à trois quarts de pouce au-dessus des iliaques primitives. Il serait probablement mieux de le porter au-dessus de l’artère mésentérique inférieure j j’en ai dit la raison plus haut. Avant de lier l’aorte , à l’hôpital d’Exeter, le 5 juillet 1829, M. James avait tenté d’oblitérer l’iliaque externe par la méthode deBrasdor, le 2 juin précédent, sans en retirer d’avantages marqués. A l’ouverture du cadavre, on trouva l’artère iliaque externe divisée en deux troncs, ce qui aurait suffi pour expliquer comment la première opération , qui fut suivie d’une diminution dans les battements de la tumeur, ne les avait point empêchés de reprendre leur première force bientôt après. Le procédé suivi par M. James est à peu près le même d’ailleurs que celui de M. A. Cooper. M. Murray (1) dit qu’il fit son incision à gauche, dans la direction de l’aorte , d'après le procédé de Guthrie, parce qu’il ne pouvait pas opérer à droite, vu le volume de la tumeur qui remontait très haut dans le ventre.