ARTÈRES DE LA MAIN
de presque tous les doigts. \ Les branches du nerf médian , les tendons des muscles sublime et profond , les lombricaux et une toile synoviale très lâche , la séparent d’ailleurs de l’arcade profonde, avec laquelle le rameau antérieur de l’artère radiale , une collatérale du pouce et la branche profonde de la cubitale , la font communiquer.
s n. Indications. On observe assez souvent à la main des blessures capables de devenir inquiétantes par l’hémorrhagie qui en résulte. x\ force de se répéter, la perte du sang finit par amener la mort chez un malade dont parle Timéus (1). Camper (2) dit qu’on fut obligé d’amputer le bras pour mettre un terme à l’hémorrhagie , dans un cas de blessure de l’arcade palmaire profonde. La main est aussi quelquefois le siège d’anévrismes circonscrits. Guattani en a rencontré un qui égalait le volume d’une orange , au devant de l’éminence thénar. Becket, F. de Ililden, la Gazette médicale (3), en citent chacun un autre exemple. Il existait entre le pouce et l’index, dans l’observation qu’en donne Tulpius (4); à l’éminence hypothénar, dans celle de sommé. M. Champion m’écrit en avoir observé un dans la paume de la main. Un cas analogue a été observé par M. Carrère (5).
La thérapeutique de pareilles lésions ne laisse pas que d'être embarrassante ; tout réussit et tout échoue contre elles. Le malade de M. Champion avait reçu un coup de couteau ; on fit mal la compression; l’hémorrhagie revint; on comprima mieux; l’anévrisme s’est formé; le blessé n’y fait plus rien. Comme M. Carrère, j’ai vu la compression la mieux faite échouer chez un gros garçon qui s’était ouvert l’arcade palmaire superficielle; puis , chez un autre , auquel on avait blessé l’arcade palmaire profonde en ouvrant un abcès. Comme à M. Quoy (6), à M. Pigeaux (7), elle m’a suffi, en 1838, chez un jeune homme qui s’était enfoncé un couteau dans la paume de
(0 Bonnet, Corps de méd., part. 2,?p. 188, obs. 37.
(2) Démonslr. anat.palhol., etc., 17G0.
(4) Bonet, Opér. cit ., t. IV, p. 40, obs. 59.
(5) Gaz. méd. de Paris, 1834, p. 255.
(G) Journ. dcsconn. méd. cltir., t. III, p. 269.
(7) Arch. gén. de méd., 2e série, t. X, p. 237.
la main. Venant de l’arcade palmaire au fond d'un abcès, l’hémorrhagie dont parle M. Dubreuil (1) résista d’abord à la compression. On lia l’artère humérale; le sang reparut. Une compression nouvelle réussit. Faite avec un instrument dont la pince à sucre donnerait assez l'idée, la compression guérit très bien deux autres malades (2). M. Grisolle (3) cite aussi deux cas où la compression , non plus directe , mais des artères radiale et cubitale, eut un plein succès. Le fer rouge, appliqué par Dupuytren, guérit l’enfantqueM. Carrèreavait traité par la compression.
Au demeurant, la conduite à tenir est celle-ci : S’agit-il d’hémorrhagie, d’anévrisme diffus , récent ? j’ai réussi deux fois en cherchant et en liant les deux bouts de l’artère au fond de la plaie. Fendre l’aponévrcse palmaire et l’arcade artérielle elle-même , comme le veut Camper (4) , serait un moyen à tenter. Si les premiers essais de compression ne suffisaient pas, exercée sur la paume delà main avec des tampons , de l’agaric, des compresses et une bande, ou avec la pince de M. Galias (5) , la compression reviendrait en troisième lieu. Si la compression directe est impuissante ou trop difficile à supporter, on aura recours à la compression indirecte de la radiale et de la cubitale audessus du poignet , comme l’a fait M. A. Bérard (6). Enfin il n’y aurait point à hésiter si , malgré ces moyens habilement employés, l’hémorrhagie revenait, ou si l’inflammation, le gonflement, menaçaient d’envahir la main; il faudrait pratiquer la ligature à la méthode d’Anel. La ligature de la radiael seule, secondée delà compression de la cubitale , pour une blessure de l’arcade profonde, a suffi dans le cas que cite M. Bérard ou M. Pigeaux, et chez un malade de Dugès (7). On réussit même quelquefois en ne liant que le bout supérieur du vaisseau blessé; mais comme les deux artères de l’avant-
(1) Gaz. méd. de Paris, 1S34, p. 756.
(5) Journal des conn. méd. chirv t. III, p. 10.
(3) Ibid.
(4) üpér. cit.
(5) Journal des conn. méd. chir., t. III, p. 10.
(6) Gaz . méd. de Paris , 1833, p. 706.
(7) Journal des conn. méd. chir., 1. 1, p. 210.