ARTÈRES DE LA MAIN
bras communiquent largement l’une avec l’autre dans la main , il est plus sûr et généralement mieux de les entourer de chacune un lien , quand l’une d’elle a été ouverte.
Le sang avait reparu cinq fois en abondance, malgré la compression directe et indirecte, chez un charcutier dont l’arcade palmaire superficielle était coupée. Je liai la cubitale et la radiale sans plus attendre, et, quoiqu’un gonflement phlegmoneux se fût déjà emparé de la main et de l’avant-bras, la guérison eut lieu. Un jeune boucher, qui avait eu la racine de l’arcade palmaire profonde et les collatérales de l’index ouvertes , était exsangue par suite d’hémorrhagies répétées, quand MM. Layraud et Viguereux me firent appeler. On avait tenté compression , astringents, cautérisation. Je liai sur-lechamp les deux artères de l’avant-bras, et tous les accidents s’ar êtèrent.
Dans le cas d’anévrisme circonscrit, l’opération seule mérite quelque confiance. Il n’y aurait même point à choisir ; la méthode d’Anel leur serait exclusivement applicable. Par la méthode ancienne ou l’ouverture du sac, on éprouverait trop de difficultés à découvrir et surtout à saisir l'artère. Les craintes éprouvées par M.Roux en agissant ainsi dans un cas, et par Manoury dans un autre, les dangers de toute espèce auxquels on s’expose en pratiquant des incisions à la paume de la main, disent assez que la ligature de la radiale ou de la cubitale au-dessus du poignet serait alors préférable ; elle n’empêcha pas cependant le garçon auquel M. Roux (1) l’avait pratiquée pour un anévrisme de 1 éminence thénar, de mourir d’hémorrhagies répétées en 1836 à l’Hôtel-Dieu.
§ III. Manuel opératoire . A. On arriverait sans peine néanmoins à l’arcade palmaire superficielle , près de sa racine, en commençant sur le côté radial eu pisiforme , une incision qu’on prolongerait en avant dans l’étendue d’un pouce environ, et dans la direction du dernier espace métacarpien. On aurait à diviser successivement la peau et sa doublure cellulo-filamenteuse, une aponévrose assez mince et quelques fibres charnues.
B. Il serait également très facile de lier l’origine de l 'arcade profonde sur le do> de la main : la fin de la radiale est là au (t) Gai. méd. de Paris, 1837, p. 524. v
fond de la rainure qui sépare l’extrémité postérieure des deux premiers métacarpiens ; une lamelle fibreuse la sépare des tendons du pouce , de la veine céphalique et de la peau. Le pouce et l’indicateur doivent être étendus, fortement écartés l’un de l’autre, pour que le chirurgien ne soit pas gêné par les tendons dorsaux de ces deux doigts. Une incision oblique, longue d’un pouce ou d’un pouce et demi , est ensuite pratiquée à trois lignes du côté cubital et dans la direction du long extenseur du pouce. Au-dessous de la peau se voient une des grosses veines du métacarpe et l’une des branches du nerf radial . S’il ne suffit pas de les repousser de côté , on les coupe ; l’artère est encore cachée par l’aponévrose, qu’on ne doit diviser que sur le conducteur» Enfin , en isolant le vaisseau avec le bec de la sonde , il importe de ne pas perdre de vue le voisinage des articulations carpo-métacarpiennes.
ARTICLE II. — Artères de l’avant-bras.
§ Ier. Anatomie. A l’avant-bras , l’artère inter-osseuse postérieure , éparpillée entre les deux couches musculaires correspondantes , l’inter-osseuse antérieure , accompagnée de son nerf et couchée sur le ligament du même nom, sont trop peu volumineuses et trop profondément situées pour que la ligature directe en soit tentée. C’est donc de la radiale et de la cubitale seulement que le chirurgien doit s’occuper sous ce point de vue.
- A. Dans son tiers inférieur, Y artère radiale , placée dans la rainure qui sépare les tendons du radial antérieur et du long supinateur, n’est recouverte que par un seul feuillet aponévrotique, la couche sous-cutanée et la peau ; une ou deux veines la côtovent ; le nerf est à quelques lignes en dehors, et elle porte presque à nu sur la face antérieure du radius. Ailleurs ses rapports sont un peu plus compliqués. Appuyée sur le rond pronateur ou la portion radiale du fléchisseur sublime, où une lame fibreuse la fixe, cachée par le bord interne du long supinateur, elle n’en est pas moins séparée des téguments, comme en bas, par l’aponévrose anti-brachiale et par la couche superficielle dans toute son étendue. Son trajet est indiqué par une ligne tirée de la partie