‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 40 sur 128 · PEUVENT AUSSI RECLAMER LES SECOURS DE LA CHIRURGIE · texte numérisé non relu

PEUVENT AUSSI RECLAMER LES SECOURS DE LA CHIRURGIE

Quelques artères, dont il n’a point été question jusqu’ici, peuvent cependant devenir le siège d’anévrismes, et réclamer le secours de la médecine opératoire quand elles sont blessées.

§ I. Les artères de Vépaule et celles du thorax ont principalement fixé l’attention sous ce point de vue. On cite un fait tiré de la pratique de Desault, d’où il résulte que ce chirurgien, croyant ouvrir un abcès, plongea le bistouri dans un anévrisme des artères thoraciques. Pelletan (1) dit avoir vu, sur le sommet de l’épaule, une tumeur qu’il prit pour un anévrisme de l’artère acromiale. M. Liston (2) parle d’un kyste sanguin dont les parois étaient ossifiées, et qu’il donne comme un exemple d’anévrisme de l’artère sous-scapulaire. On conçoit d’autre part que l’artère sous-scapulaire , l’artère acromiale, les artères circonflexes, étant blessées , puissent donner lieu à une hémorrhagie sérieuse. Mais de deux choses l’une, ou, soit la blessure, soit la tumeur, se trouve à la portée du bistouri, et dans ce cas il faut atteindre le vaisseau directement sur la partie malade, ou bien l’affection anévrismatique est trop profonde pour être traitée directement, et alors on ne peut l’atteindre qu’en s’adressant à l’artère axillaire. Quoiquej’aie donné ailleurs (3) le procédé à suivre pour lier l’artère sous-scapulaire à son entrée dans la fosse sousépineuse, je ne pense pas devoir le reproduire ici .

§ IL Artères intercostales. Des observations de blessure ou

(1) Cliniq. chirurg., t. II, p. 10.

(2) Edimb. journ. med. en surg ., vol. XVI, p. 00.

(3) Anat.chir., t. I, p. 319, 1825; p. 446, t. II, 1833 ; p. 380, t. II, 1837.

d’anévrisme des artères intercostales , ont été relatées par différents auteurs. Ruysch, A. Petit, Walten (1), Delmas (2), Briot, en citent des exemples. M. Floret (3) rapporte même l’histoire d’un individu qui avaitîes quatre premières artères intercostales criblées d’anévrismes vrais. Mais les opérations à pratiquer en pareil cas trouveront leur place à l’article Empyème.

§ III. Artère mammaire interne. Assez volumineuse pour donner naissance à des anévrismes spontanés, l’artère mammaire interne est en outre très exposée aux plaies. Chopart réussite en arrêter l’hémorrhagie, par la compression, chez un enfant. Bonet cite un cas où la blessure de cette artère causa la mort du malade. M. Demontègre (4) raconte l’histoire d'un homme âgé de vingt-six ans, qui mourut cinq semaines après avoir reçu un coup de sabre , et chez lequel on trouva un anévrisme long de deux pouces à l’artère mammaire interne. Il est d’ailleurs certain que les blessures de cette artère ont dû causer assez fréquemment la mort, comme dans le cas de Bonet. Il serait donc important d’avoir un procédé qui permît de la découvrir et de la lier. Voici celui que j’ai indiqué, pour la première fois, il y a bientôt quinze ans.

Comme l’artère mammaire croise les cartilages des côtes en arrière , à deux, trois, ou quatre lignes en dehors du sternum, on la découvrirait en incisant les tissus dans l’étendue de deux ou trois pouces , parallèlement au bord de l’os , et de préférence sur le troisième espace intercostal , lequel est en réalité le plus large de tous. Après les téguments, on aurait à diviser le fascia sous-cutané, les fibres du grand pectoral , l’extrémité interne du muscle intercostal, et quelques lamelles celluleuses. L’épaisseur des cartilages indiquerait la profondeur à laquelle il convient de pénétrer. L’aiguille de Deschamps, portée de dehors en dedans et ramenée d’arrière en avant, servirait à passer le fil autour de l’artère sans blesser la plèvre.

(1) Ancien journal de médec.} t. LXV, p. 313.

(2) Questions chirurgicales pour concours, Montpellier, 1811, p. 7.

(3) Thèse n° 6. Paris, 1836, p. 20. — Arch. gén , de rriéd., 2e série , t. XII, p. 337.

(4) Thèse n° 14. Paris, 1828, p. 6.

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