‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 46 sur 128 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

descordons sensitifs, on empêcherait la douleur d’être transmise au cerveau, et qu’on parviendrait à éteindre ainsi les névralgies. Comme les nerfs ne jouissent d’aucune rétractilité, ii était à craindre, d’un autre côté, qu’après avoir été divisés, ils ne vinssent à se réunir de nouveau, et que leur section simple ne fût pas suivie d’un long soulagement. L’expérience n’a malheureusement que trop confirmé ces prévisions. C’est alors que l’idée d’en détruire assez pour rendre impossible le rétablissement de leur continuité , 'r est présentée. Les caustiques ou le feu , proposés pour remplir cette indication , ont le grave inconvénient de produire des cicatrices trop larges, de défigurer horriblement les malades. De nos jours , l’instrument tranchant leur a généralement été substitué. A l’aide d’une incision dans le sens des rides de la peau, des fibres musculaires, ou des principaux vaisseaux, il permet de les découvrir à leur sortie des os, de les couper avant qu’ils aient fourni aucune branche, et d’en emporter un lambeau long de quelques lignes. La plaie, réunie par première intention, se perd, après la guérison, au milieu de sillons cutanés, et, la continuité du nerf étant à jamais détruite , il paraît impossible que la névralgie ne soit pas arrêtée.

Il s’en faut bien néanmoins que, sur ce point, l’observation clinique n’ait jamais démenti la théorie. Souvent, trop souvent, le mal résiste à l’excision la mieux faite , tout aussi bien qu’à l’incision, et nombre de sujets n’ont pas été plus soulagés par l’une de ces opérations que par l’autre , non plus que par les cautérisations les plus profondes. Il existait à l’hôpital Saint- Antoine , en 1829, un homme âgé d’environ quarante-cinq ans, qui, depuis quinze ans, était affecté d’un tic douloureux , et qui avait subi successivement la section et l’excision de tous les nerfs de la face , sans aucune espèce d’avantage. Toutefois, comme on en cite des résultats plus heureux, lorsqu’on a vainement tenté tous les autres modes de traitement, lorsque les souffrances surtout sont extrêmement vives, la résection des nerfs est une dernière ressource à proposer au malade, et dont il serait inhumain peut-être de le priver dans certains cas de névralgies rebelles, il. 19

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