‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 8 sur 128 · III. Artères du membre thoracique · texte numérisé non relu

III. Artères du membre thoracique

a. Aux doigts , on pourrait, comme l’a fait Parry, comprimer aisément les artères collatérales dans le but de modérer la douleur du panaris ou l’acuité de certaines inflammations, si quelqu’un avait la patience de tenir l’indicateur et le pouce appuyés dessus pendant un jour ou deux. On parviendrait d’ailleurs au même but en appuyant une petite compresse graduée à l’union de la face palmaire avec chaque bord du doigt malade , et en la fixant dans cette position par quelques circulaires de bande.

b. L’ artère radiale serait extrêmement facile à comprimer, soit avec le doigt, soit avec une pelote, soit avec un compresseur mécanique, sur le quart inférieur de la face antérieure du radius, partout enfin où on l’explore sous le titre de pouls; mais comme elle communique largement avec l’artère cubitale dans la paume de la main , elle exigerait que l’on comprimât simultanément l’artère cubitale elle-même. C’est en plaçant le pouce en travers sur le devant du cubitus, à un pouce au-dessus du poignet, pendant que les deux premiers doigts de la même main prennent un point d’appui en arrière, qu’on réussirait ici. Il est bien entendu que la pelote du compresseur, du bandage ou du cachet , devrait porter sur le même point si on ne voulait pas se servir des doigts. Dans le reste de la longueur de l’avant-bras, la compression de ces artères ne serait ni facile ni sûre.

c. Au pli du bras , la compression n’est pas non plus assez efficace pour qu’on s’y arrête , d’autant mieux qu’on obtient le même résultat en agissant sur le bras lui-même.

d. A la rigueur on pourrait comprimer Y artère humérale sur toute la longueur du bras, en suivant le trajet d’une ligne

qui s’étendrait du milieu du creux de l’aisselle à la partie moyenne du pli du coude. Cependant le point le plus convenable se trouve au-dessus de l’insertion supérieure du muscle brachial antérieur, et plus particulièrement encore audessous du col chirurgical de l’humérus entre les deuxbords de l’aisselle. Là en effet , retenue par le muscle coraco-brachial en avant, par le grand rond ou le grand dorsal en arrière , elle n’est séparée de l’os par aucun plan de parties molles , et les nerfs , non plus que les veines , ne lui forment point de gaine complète. Ce point étant choisi , on peut, au surplus , s’y prendre de différentes façons. Le pouce , glissé dans le creux de l’aisselle, suffit le plus souvent si on a soin de prendre un point d’appui sur la face externe du bras avec les autres doigts , et de comprimer exactement contre l’humérus entre les tendons indiqués précédemment. On réussit mieux encore en embrassant la racine du bras avec les deux mains , de manière à ce que les doigts portent tous dans le creux de l’aisselle contre l’humérus , tandis que les pouces servent de point d’appui sur la face externe de l’épaule.

En supposant que les doigts seuls fussent insuffisants , on placerait soit une bande roulée , soit une pelote quelconque un peu dure sur le même point, dans le creux de l’aisselle, et ce corps étranger serait ensuite comprimé soit avec les doigts, soit avec une bande , soit à l’aide du garrot. Je n’ai pas besoin d’ajouter que les divers instruments imaginés pour la compression des artères sont applicables au bras, et dans le point de l’aisselle que je viens d’indiquer comme sur le reste des membres.

e. Artère axillaire. Aucune des indications posées plus haut ne peut réclamer la compression de l’artère axillaire plutôt que celle de l’artère brachiale. S’il pouvait être utile de diminuer l’afflux du sang dans l’épaule en même temps que dans le reste du bras , c’est à l’artère sous-clavière qu’il faudrait s’adresser. Du reste on pourrait , en portant les puissances compressives un peu plus haut par le creux de 1 aisselle , comprimer l’artère axillaire contre la tête de l’humorus jusqu auprès de la clavicule. Mais cette compression n étant possible qu’autant qu’il n’existe aucune tumeur à la

partie supérieure du bras , n’est point applicable aux anévrismes. Aussi a-t-on imaginé de comprimer alors l’artère axillaire à travers la paroi antérieure de toute la région , et de l’aplatir ainsi à son passage sur la seconde côte. Le doigt ou le pouce porté avec une certaine force , de dehors en dedans et d’avant en arrière , sur le muscle grand pectoral , immédiatement au-dessous de la clavicule et sur l’interstice qui sépare la tête de l’humérus de la poitrine, permet généralement de suspendre ainsi la circulation artérielle dans toute l’étendue du membre.

S’il suffisait de gêner un peu le passage du sang, on y parviendrait en portant le bras derrière le tronc de manière à tirer fortement l’épaule en bas. Seulement il faut remarquer que ce mouvement, entraînant en même temps la compression des nerfs et de la veine, produit bientôt un engourdissement prononcé du côté de la main. Si la compression avait besoin d’être continuée long-temps, ou de suspendre complètement la circulation, on trouverait de l’avantage à se servir du tourniquet de Dahl ou de quelques uns des autres compresseurs inventés depuis. La pelote de ces instruments étant appliquée sur le point où j’ai conseillé de placer le pouce, fait qu’à l’aide de l’arc élastique qui la supporte on peut aller prendre un point d’appui entre les épaules ou sous l’aisselle du côté opposé. 11 est du reste très rare qu’on soit obligé de recourir à ce genre de compression. Certaines amputations du bras et quelques opérations insolites pourraient seules en réclamer l’emploi.

f. Artère sous-clavière. La compression des artères sousclavières est précisément celle qu’on substitue à la compression de l’artère axillaire dans le cas où on se servait autrefois du compresseur de Dahl. C’est sur la première côte, entre les deux scalènes, que cette artère peut être facilement aplatie. Reposant à nu sur l’os dans ce point, n’étant séparée de la peau par aucun muscle , retenue ou comme bridée par l’attache fibro-musculaire des deux scalènes, elle permet de lui appliquer tous les genres de moyens compressifs. Le procédé le plus simple et le plus efficace en même temps consiste à porterie pouce ou les deux premiers doigts d’une main dans

le creux sus-claviculaire. Pressant ainsi de haut en bas et de dehors en dedans, on ne tarde pas à sentir ou les battements de l’artère, ou le tubercule de la première cote qui en borde inférieurement le passage. 11 suffit alors d’appuyer avec un peu plus de force en dehors et en arrière pour être sûr d’agir directement sur elle. De cette façon la veine reste intacte en avant , et toutes les branches nerveuses du plexus brachial s’étalent au-dessus. Cependant, comme le pouce ou les doigts se fatigueraient bientôt, il vaut mieux , quand elle doit durer au-delà de quelques minutes, exercer la compression de l’artère sous-clavière avec le cachet garni de pelote, ou bien avec quelque compresseur dans le genre du tourniquet de Dahl, qu’on aurait soin d’appliquer exactement sur la région que je viens de préciser.

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