‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 9 sur 128 · IV. Artère du membre inférieur · texte numérisé non relu

IV. Artère du membre inférieur

Le système aortique inférieur peut être aussi comprimé sur plusieurs points de son trajet,

a. Artère pédieuse. Aux orteils, les artères collatérales sont si petites et si courtes qu’il serait difficile, et qu’il n’est presque jamais nécessaire d'en pratiquer la compression. Profondément cachées entre les parties molles, les ai'tères plantaires sont également en dehors du cercle de la compression que j’examine en ce moment, il n’y a donc que la pédieuse qui mérite d’être étudiée sous ce point de vue. C’est entre le cou-de-pied et l’origine du premier espace inter-osseux du métatarse, c’est à-dire sur la face dorsale de l’os scaphoïde ou des deux premiers cunéiformes qu’il faudrait la chercher, bn plaçant là les deux pouces en travers, et l’un sur l’autre, pendant que les doigts prennent un point d’appui sur la plante du pied, on la comprimerait avec certitude et de manière à ne pas trop se fatiguer. Posée sur la meme région, la pelote d’un compresseur quelconque tiendrait aisément lieu des pouces si l'opération devait durer un certain temps.

Les nerf», les veines et autres tissus qui avoisinent celte artère sont de trop peu d’importance pour en gêner la compression. Mais comme le sang revient directement à la pé-

dieuse par les plantaires, on ne voit pas que cette compression puisse être en réalité d’un grand secours.

b. Artères de la jambe. Gomme perdues entre les muscles, les artères de la jambe ne se prêteraient que difficilement à la compression depuis le genou jusqu’à l’extrémité inférieure du mollet. Ce n’est donc qu’en approchant de l’articulation tibio-tarsienne qu’il est permis de les attaquer, encore la tibiale antérieure et la tibiale postérieure sont-elles les seules auxquelles le chirurgien doive songer en pareil cas.

Passant sur la face externe du tibia, l’artère tibiale antérieure pourrait être complètement aplatie , si , prenant un point d’appui avec le pouce au-dessus et en arrière de la malléole interne, entre le tendon d’Achille et les os, on la comprimait de dehors en dedans et d’avant en arrière avec les doigts placés en travers. Un tourniquet, un garrot, etc., étant placés de la même manière, arriveraient évidemment au même but.

Pour comprimer l’artère tibiale postérieure, il convient de placer les doigts de l’une des mains ou des deux mains, en les posant l’un sur l’autre, dans la gouttière qui sépare le tibia du calcanéum, et de s’en servir pour presser d’arrière en’avant ou de dedans en dehors contre le bord postérieur de la malléole interne, pendant que les pouces prennent un point d’appui sur la partie externe du cou-de-pied. Il est bien entendu qu’on obtiendrait le même effet en plaçant les doigts en avant et les pouces derrière la malléole, de même qu’en fixant la partie saillante d’un compresseur quelconque sur ce dernier point.

S’il le fallait absolument, la compression dirigée d’après les mêmes principes serait encore applicable jusqu’auprès de la racine du mollet, sur l’artère tibiale postérieure ; mais alors il serait à peu près impossible d’aplatir complètement le vaisseau.

c. Artère poplitée. Située à une profondeur considérable, l’artère du jarret est absolument incapable de se laisser aplatir par la compression médiate. Comme il serait d’ailleurs impossible d’arriver sur elle sans comprimer en même temps et les nerfs et sa veine satellite, l’opération aurait ici moins d’avantages

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que d’inconvénients. Il ne serait permis, en conséquencé, d’y songer que pour remédier momentanément à quelques hémorrhagies de la jambe. Dans ce cas il faudrait placer la puissance compressive dans le creux du jarret, au-dessus de la ligne articulaire, un peu plus près du bord interne que du bord externe de la région, et prendre un point d’appui audessus de la rotule, sur la partie antérieure du fémur; le tourniquet ou les compresseurs mécaniques seraient évidemment préférables aux doigts dans ce cas.

d. Artères de la cuisse. On peut comprimer l’artère fémorale près de ses deux extrémités, c’est-à-dire au pli de l’aine et à son entrée dans le plan fibreux des muscles adducteurs.

i° Au tiers inférieur de la cuisse , l’artère fémorale était souvent comprimée jadis pendant les amputations de la jambe. Il est vrai qu’en plaçant les deux pouces de dedans en dehors, de manière à tomber entre le vaste interne et les muscles adducteurs, on l’aplatit bientôt contre le côté interne du fémur si les doigts prennent un point d’appui suffisant en dehors du membre. Mais il est rare que les mains suffisent pour cette compression, et c’est à l’aide du tourniquet ou des compresseurs en général qu’il convient de l’effectuer. On ne devrait la préférer en ce point que si quelque maladie, quelque disposition anormale s’opposait à ce qu’on la pratiquât dans l’aine, en supposant toutefois qu’on voulût se servir des doigts ; car la compression de l’artère fémorale avec le tourniquet est plus sûre et plus facile dans cette région qu’à l’extrémité supérieure de la cuisse.

2° Pour comprimer l’artère fémorale au pli de Vaine , on ne se sert presque jamais que des doigts.

La meilleure manière consiste à fixer le pouce sur la partie externe de la cuisse, un peu au-dessous du grand trochanter, puis à placer les quatre doigts sur le devant des muscles adducteurs et du grêle interne, afin de les diriger en dehors et en arrière en appliquant sur eux les doigts de l’autre main pour leur servir de soutien. L’artère se trouve ainsi retenue par les muscles adducteurs en arrière, par le muscle triceps en avant et par le fémur en dehors, si bien qu’il lui est

impossible de s’échapper, d’éprouver le moindre glissement. Les pouces mis à la place des doigts, et réciproquement , produiraient le même effet, il est vrai , mais en causant plus de fatigue et d’une manière moins certaine. 11 en serait de même du cachet garni ou d’une pelote quelconque.

3° Le plus souvent on comprime l’artère fémorale contre le corps du pubis ; cette région est en effet une des plus convenables. Là on trouve l’artère à une distance égale de l’épine iliaque antéro-supérieure et de la symphyse des pubis. En plaçant donc les doigts, le pouce ou la pelote d’un cachet sur ce point, de manière à presser d'avant en arrière et un peu de bas en haut, comme si on voulait refouler ou déprimer le milieu du ligament de Poupart, on est à peu près sûr de réussir. ïl faut, au surplus, ne placer les moyens compressifs en pareil cas qu’après avoir distinctement senti les battements de l’artère avec les doigts. Le moyen le plus sûr et le moins fatigant de comprimer cette artère, comme toutes les autres, au reste, consiste à placer la pulpe, soit des doigts, soit du pouce, en travers sur le trajet du vaisseau, et de telle sorte que les doigts de l’autre main, appuyés sur les premiers, soient là pour les fortifier et en tenir lieu quand ils sont fatigués.

S’il s’agit du côté droit, par exemple, le chirurgien, regardant les pieds du malade, pose le pouce gauche en travers dans le lieu que j’ai indiqué, et place aussitôt le pouce ou les doigts de la main droite sur l’ongle du premier ; si bien que le pouce agit de ses propres forces tant qu’il n’est pas fatigué, mais qu’il joue le rôle de pelote sous les doigts de l'autre main quand il a besoin de repos, et ainsi de suite, tant que 3a compression doit être continuée.

Pour rendre cette compression permanente , et pour éviter autant que possible de gêner le cours du sang veineux , il faudrait se servir de compresseurs à pelote plus saillante que large , dirigés un peu en dehors , et pouvant prendre leur point d’appui sur la face postérieure du bassin.

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