EN GÉNÉRAL
Quand on se décide à pratiquer l’excision ou la résection du corps des os , on a besoin d’instruments particuliers. Ceux dont le chirurgien se sert le plus fréquemment alors sont : les tenailles incisives et les cisailles, des scies de différentes sortes , le trépan , la gouge et le maillet.
Art. Ier. La tenaille incisive ordinaire (pl. 3) suffit pour les pointes ou les lames osseuses peu épaisses qui proéminent ou qu’il est facile d’amener au dehors. Son volume et sa forme empêchent de s’en servir dans la profondeur des plaies. Parmi les cisailles se trouvent celles de M.Zeis(l). Ce sont des ciseaux à lames courtes, étroites et fortes, armées de dents fines et de longues branches. Pouvant être portées par des ouvertures étroites et dans la profondeur même des solutions de continuité , elles permettent de couper en sciant des esquilles, des fragments , toute l’épaisseur même des os d’un certain volume , et donnent ainsi le moyen d’éviter l’emploi de la scie dans une foule de cas.
Art. II. M. Liston a substitué aux cisailles ordinaires un instrument encore plus simple et non moins précieux (pl.4). Les ciseaux de M. Liston ne diffèrent des cisailles dont je viens de parler qu’en ce que leurs lames, encore plus courtes et plus étroites , sont douées d’un tranchant parfait. Planes d’un côté , taillées en biseau profond sur l’autre face, les lames des ciseaux de M. Liston coupent merveilleusement les phalanges , les os du métatarse et du métacarpe, couperaient même les côtes et tous les fragments osseux qui ne dépassent point le volume de ces dernières , au fond des fractures, soit récentes, soit anciennes.
Art. III. D’ autres ostéotomes plus puissants et construits d’après la même pensée, ont été imaginés par M. Colombat, par M. Manec. Ayant besoin de pratiquer la résection des côtes, en 1835, je fis disposer un ostéotome de manière que sa lame profonde, recourbée en crochet, permettait à sa lame tranchante d’appuyer de toute sa puissance sur la côte
(1) Gaz. mèd. de Paris , 1838, p. 375.