DIVISION DES NARCOTIQUES
marque qui doit toujours être présente à l'esprit du pharmacien : quand on élève graduellement la dose, et cette remarque a surtout de l'importance lorsqu'il s'agit des extraits des solanées vireuses, il ne faut jamais changer de préparation sans en prévenir le médecin; ainsi, il ne faut pas remplacer sans précautions un extrait préparé une année par un extrait préparé une autre année. L'un peut être beaucoup plus actif que l'autre. On aurait pu prendre sans danger des doses considérables d'un extrait altéré, et lorsqu'on le remplace par des quantités égales d'un extrait bon et nouveau, on voit survenir de redoutables accidents, qu'on a bien à tort attribués à un état de saturation, et qui a fait passer quelques narcotiques pour des médicaments à longue portée : c'est une erreur basée sur une mauvaise expérimentation. Il n'est pas d'agents qui soient plus souples à l'accoutumance que les narcotiques.
La facilité avec laquelle on s'habitue aux narcotiques indique assez aux médecins qu'il faut varier, non seulement les modes des préparation, mais encore les agents de la médication stupéûante.
On a réuni , sous le nom de narcotiques ou stupéfiants , des médicaments qui n'ont entre en% que peu de rapports. Si l'on analyse avec soin les effets physiologiques délei'minés par ces agents sur l'homme et les êtres de l'échelle organique, on est frappé des différences considérables qui séparent ces produits.
Voici les divisions que je suivais dans mes cours : 1° opiacés ; 2° solances vireuses ; 3° ombellifères vireuses; lx° tétaniques; 5° helléborées; Q° médicaments cyaniques.
Les opiacés et les soianées vireuses agissent spécialement sur l'encéphale ; mais ils diffèrent essentiellement par des caractères de première valeur : les opiacés déterminent le sommeil, les soianées vireuses le délire. Sous l'influence des premiers, la papille se contracte; sous l'influence des secondes, elle se dilate. Les soianées vireuses épargnent complètement 'es êtres inférieurs de la série organique. Les plantes ne ressentent rien de leur influence, les insectes sont épargnés , les limaçons peuvent se nourrir de leurs feuilles, et devenir poison pour l'homme. Non seulement ces êtres inférieurs, mais d'autres plus élevés dans l'échelle animale, sont encore épargnés par les soianées vireuses. On pourrait résumer ainsi l'action de ces redoutables agents sur la série organique, en disant : Les satanées viveuses agissent sur les animaux avec cl'aulanl ■plus d'énergie qu'ils ont plus cV intelligence ^ qu'ils se rappro chent plus de l'homme, qui de tous est le plus vivement influencé par elles.
72 MlÎDICAMENTS NARCOTiQUES,
Les ombellifèrcs viveuses {œnanthe, cicuia^ coinum), et les tétaniques {coriaria, strychnées), agissent plus spécialement sur la moelle épinière. Ces deux ordres de poisons déterminent la mort des animaux vertébrés par une véritable asphyxie, parce que la fonction de la respiration est suspendue ; mais le mécanisme de cette suspension est radicalement ditîérent dans les deux cas. Avec les strychnées , les muscles inspirateurs et expirateurs (intercostaux, diaphragme) sont tendus, roides; avec les ombellifères vireuses , ils sont mous, flaccides, stupéfiés. Mais dans l'un et l'autre cas leurs fonctions sont suspendues, et l'animal meurt asphyxié si l'action du poison est suffisamment persistante.
Les helléborées, que je forme par la réunion de la tribu des delphiniées parmi les renonculacées et de plusieurs genres des colchicacées (rapprochement que les anciens n'avaient pas méconnu et que légitiment l'analyse chimique, l'action physiologique , etc. ) , diffèrent essentiellement des groupes précédents. Le principe actif de ces végétaux agit sur l'ensemble du système nerveux sans localisation qu'on puisse spécifier ; tous les êtres de la série animale paraissent être sensibles à son influence, caractère qui distingue suffisamment le groupe des helléborées.
Les ■médicame7its cyanîques agissent non plus seulement sur le système nerveux, mais sur tout ce qui vit, la vie n'eCit-elle pour support qu'une cellule organique.
Contre-poison des narcotiques. Comment doit-on combattre l'empoisonnement occasionné par les narcotiques?
La première indication à remplir est celle-ci : Expulser le poison le plus proraptement possible. S'il est encore dans l'estomac, on devra faire vomir en administrant 6 décigr. d'ipécacuanha en poudre et 5 centigr. d'émétique. On répétera cette dose trois ou quatre fois, à un quart d'heure d'intervalle. Quelques praticiens conseillent des émétiques plus énergiques : 12 décigr. de sulfate de zinc, on 2 décigr. de sulfate de cuivre. 11 est souvent utile de vider l'estomac à l'aide d'une pompe aspirante s'adaptant à une sonde œsophagienne.
Il n'existe aucun contre-poison neutralisant des poisons narcotiques, qu'on puisse indiquer d'une manière générale. On doit dire, cependant, que toutes les fois qu'il s'agira d'une substance qui doit son action toxique à im alcali végétal , on peut employer une solution de tannin ou une décoction de noix de galle; mais, d'après mes expériences, le contre-poison le plus généralement eflicace, dans ce cas, est la solution (Ciodure de potassium, iodmrr, préparée comme il suit : iodure de
potassium, à (lécio;r. ; iode, 3 décigr. ; eau, 1 litre. On donne ù boire par denii-verrées.
Opium , produits et composés morpliiques.
L'opium est le médicament le plus employé de la matière médicale : c'est le suc épaissi du papaver somniferum, famille des Papavéracées. Administré à très petites doses, il produit un état de calme qui porte au sommeil. Conseillé à des doses plus fortes, quand il n'existe pas de cas particulier de tolérance, il agit d'abord comme stimulant en exaltant les fonctions intellectuelles, puis il détermine un sommeil profond et agité. On le prescrit très souvent pour combattre l'insomnie, pour calmer les douleurs, pour diminuer une exaltation de sensibilité qui accompagne souvent un grand nombre de maladies organiques chroniques ; c'est l'agent le plus utile contre les névralgies : c'est aussi un bon auxiliaire des antisyphilitiqnes.
Les opiacés rendent de grands services dans les bronchites et contre la plupart des affections chroniques de l'appareil respiratoire.
Les opiacés ont une incontestable utilité contre plusieurs maladies de l'appareil digestif; mais il est aussi d'autres affections de cet appareil où ces agents produisent un effet nuisible : tantôt ils sont utiles à très petites doses, et des doses élevées nuisent; tantôt, au contraire, il faut administrer des doses élevées, car les doses minimes sont sans efficacité. Il est donc de la plus grande importance de préciser avec exa€titude l'action physiologique de la morphine et des opiacés sur l'appareil digestif. ■
Le phénomène le plus remarquable sur l'appareil digestif qu'on observe après l'administration des opiacés à dose active et continuée pendant quelques jours , ce sont ces anorexies, ces vomissements secondaires qui surviennent vingt-quatre, trente- six heures, et plus, après leur administration. Il est une autre action plus constante qui s'exerce primitivement, qui a été pressentie par plusieurs observateurs, mais qui n'avait point encore été rigoureusement démontrée, sur laquelle je vais appeler l'attention des physiologistes. Si l'on administre à un animal des doses d'opium insuffisantes pour l'empoisonner, mais assez grandes pour avoir une action physiologique, et si on le tue trois heures après cette administration, on trouve que toutes les sécrétions intestinales sont notablement diminuées; le suc gastrique est moins acide et moins abondant dans l'estomac ; le suc pancréatique et la bile coulent en
1i MÉDICAMENTS NARCOTIQUES.
faible proportion dans le duodénum ; le liquide intestinal est lui-même moins abondant. En parlant de ces résultats d'expérience, nous allons nous rendre un compte aussi facile que satisfaisant des indications et des contre-indications des opiacés dans les maladies de l'appareil digestif. Nous pourrons aussi déterminer les cas où les doses fortes doivent être prescrites, et préciser ceux où l'on ne devra recourir qu'à de faibles quantités.
Opiacés dans les gastralgies. Les gastralgies peuvent êtn déterminées par des causes diverses ; indiquons les deux prin cjpales où les préparations opiacées réussissent.
On a de fréquentes occasions d'observer, surtout dans les campagnes, des femmes plutôt que des hommes qui ont la peau habituellement sèche , qui , prenant une nourriture presque exclusivement végétale, éprouvent des douleurs vives à l'estomac à l'époque de la digeslion , accompagnées de rapports acides.
Tous ces accidents ont une cause facile à apprécier. La sécrétion acide de la peau étant supprimée, l'acidilé du suc gastriquedevieut exagérée. Ce suc gastrique trop abondantn'est pas utilisé par la digestion, car il n'intervient que fort peu dans la digestion des matières végétales ; et l'acide en excès, parvenant dans le duodénum, s'oppose, en enlevant la réaction alcaline du suc pancréatique, à la digestion des matières amylacées. D'où les troubles dans la nutrition, d'où l'amaigrissement qui en est la suite. Si l'on donne de l'opium ù faible dose, 1 centigr. par exemple, au repas principal, la sécrétion du suc gastrique acide diminue et la digestion se régularise comme par enchantement. Il est bien entendu qu'on peut seconder l'action de l'opium par une nourriture plus animale , par des vêtements de flanelle; mais dans ces conditions l'opium à faible dose, et seulement àfaibledose, estmerveilleuseraent utile, car il s'agit de modérer une fonction et non de la supprimer. Dans les gastralgies qui sont sous la dépendance primitive du système nerveux, où l'élément douleur domine, l'administration des opiacés est encore indiquée ; mais les doses modérées sont inutiles ; on ne peut réussir qu'en élevant rapidement la dose du composé morphique.
Opiacés contre les diarrhées. Tous les jours on prescrit les préparations opiacées contre les diarrhées ; il est des cas où leur influence est très salutaire; il en est d'autres , au contraire, où, loin de servir, ils nuisent. Cherchons à bien les distingu'r, car cette distinction a une importance pratique des plus grandes.
Oiiand la diarrhée est entretenue par suite d'une sécrétion trop abondante des liquides divers qui sont versés dans rappa= reil digestif, tels que le suc gastrique, la bile, le suc pancréatique, le mucus et les autres sécrétions intestinales, l'utilité des opiacés à dose modérée et graduée est incontestable; ils arrêtent avec une grande puissance un flux immodéré qui pourrait bientôt compromettre la vie du malade. Bans ce cas , il est souvent très utile d'associer les opiacés soit aux asti'ingents , soit à l'ipécacuanba.
Quand la diarrhée, au contraire, est déterminée et entretenue par suite de digestions incomplètes ; quand le suc gastrique, le suc pancréatique, la bile, sont sécrétés en trop faible quantité pour dissoudre les aliments albumineux, les aliments féculents, pour éraulsionner les corps gras, alors les matières rendues par les selles consistent essentiellement en aliments non digérés. Si l'on administre alors les opiacés, soit seuls, soit associés aux astringents, loin de diminuer les accidents, ils les augmentent. Ils sont alors radicalement Gontre-indiqués.
Il faut être très circonspect pour les doses dans l'emploi des préparations opiacées dans l'enfance.
Les préparations d'opium longuement continuées diminuent l'appétit et peuvent occasionner' le marasme. 11 n'est pas de remède dont l'abus soit plus facile ; le médecin devra toujours être en garde contre cette propension.
M. Rayer a constaté qu'il y avait très souvent un grand avantage à associer l'opium à plusieurs médicaments énergiques difFicilement supportés par l'estomac et l'intestin, tels que la teinture de cantharides, l'huile essentielle de térébenthine, le tartre stibié et l'agaric blanc. Nous donnerons plus loin les formules que M. Rayer emploie dans ce but.
Capscles DE PAVOT. ElIcs Contiennent de la morphine, etjouissent des mêmes propriétés que l'opium ; on doit seulement observer que les capsules vertes sont beaucoup plus actives que les sèches, et qu'on ne doit pas les substituer les unes aux autres.
Pétales de coquelicot (papaver rliœas). Elles contiennent un peu de morphine, agissent comme l'opium ; mais elles sont plutôt employées comme émoliientes et béchiques dans les bronchites.
On emploie le sirop de coquelicot à la dose de 30 à 50 gr. dans les potions calmantes. On fait avec le coquelicot des tisanes béchiques et légèrement narcotiques.
Substances incompatibles. Plusieurs substances, telles que les alcalis , les carbonates alcalins ; plusieurs sels métalliques,
tels que le nitrate d'argent, les sels de mercure, de plomb, de fer, de zinc, etc. ; le tannin et les substances qui en contiennent, précipitent Topium ; mais est-ce à dire pour cela que toutes ces substances soient incompatibles avec l'opium ou ses préparations ? Evidemment non ; car les composés qui en résultent sont doués d'une grande action ; les seules substances qui, sinon détruisent, au moins diminuent beaucoup l'activité de l'opium et de ses préparations, sont l'iodure de potassium ioduré, et les solutions dégageant du chlore.
Contre-foisonsdeVojdium. Il faut se diriger d'abord d'après les règles posées à l'article général, contre-poisons des narcotiques ; quand on aura administré les émétiques, puis les neutralisaiits, l'usage tanteïi boisson qu'en lavement d'une très forte décoction de café sera très favorable. J'ai eu plusieurs occasions d'en vérifier la précieuse efficacité. Il est bien entendu qu'on pratiquera, s'il y a lieu, une petite saignée, des frictions : sèches, qu'on appliquera des sinapismes, etc.
Morphine et sels de morpliine.
La morphine et les sels qu'on peut former avec cette base représentent aesez exactement les propriétés narcotiques de l'opium. Ils sont surtout pré' cieux parce qu'ils peuvent être avantageusement employés par la méthode endermique. Un ou deux centigrammes d'acétate , ou mieux de sulfate et d'hydrochlorate de morphine, remplacent , par cette méthode , cinq centigramm. d'extrait d'opium administré à l'intérieur.
Pilules de morphine.
Morphine 1 décigrani.
Poudre de réglisse 1 gram.
Sirop de gomme q. s.
F. s. a. 10 pilules, A prendre 1 ou 2 chaque soir.
Les sels de morphine sont beaucoup plus employés que la morphine. Vacétate est celui
qu'on prescrit le plus souvent :
mais c'est à tort, car il se décompose à la longue, brunit et ne se dissout pas complètement dans l'eau : on doit lui préférer le sulfate et le chlorhydrate.
On administre les sels de morphine, à l'intérieur, sous plusieurs formes, que nous allons passer en revue. Ils sont très souvent employés par la méthode endermique : on sau^ poudre alors un vésicatoire avec 1 centig., 2. 3, Zi et même 5 centig. et plus de chlorhydrate ou de sulfate de morphine.
Sirop d'acétate de morphine.
Acétate de morphine 2 décigram.
Sirop simple blanc 500 gram.
Faites dissoudre l'acétate de morphine dans une très petite quantité d'eau , à aquelle vous ajouterez un peu d'acide acétique, et mélangez la dissolution au sirop froid.
On préparera de même , par le simple mélange à froid, le sirop de sut fats (le morphine.
Chaque 30 grani. de ces sirops contient un peu "pi"* '1'"" ceiiligiamine de sel de morphine. On les prescrit à la dose de "20 à 50 ç:ranmies dans des polions , ou par cuillerée à café toutes le; heures: c'est une bonne manièic d'administrer la morphine et de prescrire une préparation opiacée â faible dose.
Potion calmante.
tfflUM. 77
Piiul, chlorhydrate morphine^
Clilorliydrate de morphine 1 déci. Thridace 4 déci.
Toudre de guimauve q. s.
F. s. a. 8 pilules. A preudre 1 chaque soir.
Pilules de sulfate de morphine.
Sulfate de morphine Ean de fleurs d'orange Eau de laitue Sirop de sucre
lillig.
:ram.
;ram.
;ran\.
Mêlez. Par cuillerée toutes les heures.
Émulsion calmante.
Emulsiou 200 giam.
Sirop de sulfate de morphine 50 gram.
Mêlez. A prendre une. cuillerée toutes les heures.
Julep morphine.
Sirop de sulfate de morphine 40 gram.
Infusion d'espèce béehiq. 150 gram. îilclez. A prendre par cuillerée toutes les heures.
Potion c. gastralg. (Saudras).
40 gram
5 gram
10 ccnti
:afé.
1 gram.
4 gram.
A prendre une
Eau
Sucre
Chlorhydrate de moi-phine
Faites prendre une cuillerée On renouvelle l'administration de cette cuillerée plus ou moins fréquemment , selon l'inlensité et la ténacité de la douleur.
Mixture c. vomiss. nerveux.
(Padioleau).
Eau distillée Bicarbonate de potasse Sulfate de morphine Suc de limon
Mettre une cuillerée à café de ce suc avec la solution de sulfate de morphine et de bicarbonate, et avaler immédiatement.
Pilules d'acétate de morphine.
Acétate de morphine 5 centi.
Poudre de guimauve 1 gram.
Sirop dégomme q. s.
Mêlez, et faites huit pilules. Prendre une ou deux toutes les six heures.
UU gram.
8 gram.
5 centi.
30 gram.
Sulfate de morphine Conserve de roses Poudre de suimauve F. s. a. 36 pilules
chaque soir.
Pastilles c. toux (Lepère).
Sucre 500 gram.
Ilydrochlofate de morpliine 6 déci.
Faites des pastilles du poids de 1 gram. A prendre quatre par jour dans les bronchites aiguës.
Lavem. morphine (Bally).
Amidon 10 gram.
Délayez dans eau 500 gram.
Ajoutez : acétate de morphine 2 centi. Conseillé dans les diarrhées.
Pomm. morphine (Sandras).
Chlorliydrato de morphine 1 déci.
Axonge balsamique. 6 gram.
Mêlez. On applique en onctions sur la partie douloureuse. Ce moyeu est utile dans presque toutes les névralgies.
Codéine.
Un des principes actifs de l'opium ; il paraît jouir de propriétés liypnotiques analogues à celles de la morphine, mais beaucoup plus faibles. On l'a eraplo3"é contre la coqueluche, la gastralgie. La codéine est un médicament cher; heureusement que, pour le pauvre, on peut remplacer 5 centig. de codéine par 1 centig. d'un sel de morphine.
MEDICAMENTS
Pilules de codéine.
clécicram.
("odéine »
Tliiirlace \ Poudre guimauve q. s.
F. s. a. 4 pilules. A prendre une chaque jour.
Sirop de codéine.
Codéine 13 déci-
Eau distillée 125 grani-
Sucre blanc 250 giam.
Faites dissoudre la codéine dans l'eau à l'aide d'une douce chaleur , puis le sucre. Une cnillerée à café le matin et autant le soir pour un enfant de 7 ans dans la coqueluche.
Potion de codéine.
Sirop de codéine 30 gram.
Infusion béchique 100 gram.
Mêlez. A prendre par cuillerée toutes les henres.
preparations officinales dont l'opium est la base.
Extrait d'opium. Opium choisi 500 gramm. Coupez-le par tranches et verse/, dessus ?> kilo^. d'eau distillée froide ; au boul de 12 heures, malaxez lopium avec les mains , et après douze nouvelles heures de macération, passez sui- une toile et exprimez. Soumettez le marc à une nouvelle macération dans six parties d'eau froide, et passe/, encore avec expression ; décantez les lif(ueuis et évaporez-les au bain-marie jusqu'à consistance d'extrait ; versez sur cet extrait 4 litres d'eau froide ou environ seize l'ois son poids ; agitez de temps en temps pour faciliter la dissolution ; passez les liqueurs et faites-les évaporer jusqu'à consistance d'extrait piiulaîre.
C'est la préparation d'opium qu'on prescrit le plus souvent. On en piepare des pilules de 1, 3, 5, JO centigram., qu'on administre le soir.
Extrait d'opium privé «le
narCOline. Extrait d'opium, q. s.
Eau froidi?, q. s.
Délayez l'extrait d'opium dans l'eau de manièie à lui donner la consistance d'un sirop ; introduisez cette liqueur dairs un flacon de verre , et \ersez-y liuitfois sou volume d'etlier sulfurique,
NARCOTIQUES
bouchez le flacon, agitez vivement et de temps à autre pendant un ou deux jours : décantez l'éther, ajoutez-èn une nouvelle quantité égale à la première , et renouvelez l'agitation : au bout de deux jours décantez cette liqueur éthérée, et remplacez-la par une nouvelle dose d'éther , et ainsi de suite jusqu'à ce que l'éther ne laisse aucun résidu par l'évaporation ; faites alors évaporer la dissolution aqueuse jusqu'en consistance pilulaire.
S'emploie à la même -dose que le précédent, presque inusité.
Extrait d'opium au vin.
Opium choisi 500 gram.; vin blanc 2,000 gram. Coupez l'opium par tranches , et faites-le macérer dans le vin blanc pendant 24 heures, en ayant soin de remuer de temps en temps : passez avec expression, divisez le marc dans un nouveau kilogr. de vin blanc , et après quelques heures, mettez de nouveau à la presse ; passez les liqueurs vineuses à la chausse, et faites-les évaporer au bain-marie jusqu'en consistance d'extrait.
Aux mêmes doses que les précédents.
Inusité.
Extrait acétique d'opium.
Opium, 10 gram.; vinaigre blanc, 3'20.
F. s. a. Inusité.
Vin d'opium composé.
Opium choisi et coupé en morceaux , 64 gram. ; safran incisé, 3'2 gram. ; cannelle , 4 gram.; girofle, 4 gram.,; vin de Maiagà, 500 gram. F. s. a.
Cette préparation est connue sous le nom de laudanum liquide de Sydcnham.
20 gouttes pèsent environ 1 gram., et représentent 5 centigr. d'extrait gommeux d'opium.
C'est une préparation très employée à l'intérieur à la dose de 10 à 20 gouttes, et à l'extérieur pour recouvrir des cataplasmes.
¥in d'opiam obtenu par la fermentation. Opiunx choisi, 125
gram. ; miel blanc, ilb gram. ; eau chaude, 18'y5 gram.; levure de bière fraîche, 8 gram. F. s. a. Cette préparation est connue sous le nom cVopiumoa de gouttes, ou de laudanum de Rousseau, très employée en potion à la dose de six à dix gouttes. Un gramme représente enviion un décigranune d'extrait gOTumeux d'opium.
Teinture d'extrait d'opium.
Extrait d'opium , 32 gram. ; alcool à (5B° cent.), 375 gram. Faites dissoudre uiu- niacéralion suffisamment proîoniîie : filtrez. Quinze gouttes contienneiit environ 5 centigr. d'extrait d'opium. A peine usité.
Teinture d'opiam ammoniacale. Opium choisi, 8 i^am. ; (Ifurs de benjoin, Il gram.; safran, 12 ;ram. : huile volatile d'anis, 2 gram : uiimoniaque liquide, 150 gram.; alcool à S'i» Cart.,350 gram. F. s. a. Deux à ■ (uatre grammes dans une potion. Très peu usité en France.
Sirop d'extrait d'opimm.
Extrait d'opium, 9 décigram. ; eau. i6 gram.: sirop de sucre, 509 gram. F. s. a. Chaque once de ce sirop contient un ;rain d'extrait d'opium.
En ajoutant à 30 gram. de sirop d'opium deux gouttes d'esprit volatil de succin , on obtient la préparation con-
je sous le nom dj sirop KARA.15E.
Très employé dans les potions à la dose de iO à 30 gram
Vinaigre d'opium. Opium
choisi , 3- gram. : vinaisrc très fort, 12 gram. ; alcool à 31° Cart., l'25 gr. F. g. a. C'est la teinture acétique d'opium de la pharmacopée des Etals-Unis, qui est donnée pour en remplacer les gouttes noires. Dose de 5 décigr. à 1 gram. dans une potion.
Sirop de pavot tolanc [Sirop
diaccde . Extra't alcoolique de pavot IG gram.: eau pure, 1-5 gram. : siiop ^imp^•, 1500 gram. Faites dissoudre l'extrait danslVau : liltrezla dissolution, ajouîez-la au sirop bouillant; et faites ruire en consistance de sirop.
30 gram. de sirop de pavot contiennent 3decigr. d'extr. alcool, de pavot, équivalant à peine à 5 centigr. d'extr. d'opium. Très employé dans les pétions calmantes à la dose de 15 à 3C gram. Cette recette a été établie par les auteurs du Codex sur les expériences cliniques de M. Andral.
Pilules de cynoglosse.Ecorce
sèche de racine de cynoglosse, 16 gra. : stmence= de jusquiame, î6 gram. ; extrait aqueux d'opium, 16 gram.; myrrhe, 24 gram. ; oliban, 20 gi am. ; safran, fi gram. ; castoréum, 6 gram. ; sirop d'opium, q. s. F. s. a.
(^rs pilules contieu;ient environ lo huitième de leur poids d'extrait d'onlum. Oii prescrit des pluies de 10,
20,30 centigr. à prendre le soir comme aimantes. C'est une 1res bonne prépaation et souvent recommandée.
Poudre de DOWer. Poudre de sulfate de potasse, 4; de nitrate de potasse, 4 ; d'ipécacuanha, 1; de réglisse, 1; xtrait d'opi uni sec et pulvérisé, 1. Mêlez exactement. 3 à 6 décigra. par jour comme diaphorétique et calmant: 55 centigr. de cette poudre représentent 5 centigr. d'extrait d'opium.
Tllériaque. Cet électuaire, chaos informe, où toutes les drogues jadis employées sont venues se confoudre, est encore très utilement employé ; il réunit les propriétés les plus contraires ; on y remarque des médicaments stimulants, toniques, astringents, antispasmodiques et, par-dessus tout , l'opium.
4 gram. de thériaque renferment à peu près 5 cent, d'opium brut.
La thériaque procure le sommeil comme l'opium, mais elle n'a pas comme lui rinconvénient d'abattre iei forces, dfi diminuer Tappétit : dose, 2 gram. à 5.
DiaSCOrdium. Autre vieil électuaire qui se distingue essentiellement parce qu'il contient des substances astringentes , toniques. Tl doit aussi ses propriétés principales à l'opium, dont il contient à peu prés la même proportion que la thériaque.
C'est un excellent remède pour combattre la diarrhée. Dose, 2 gram. à 8.
Gouttes noires de Quakers.
Opium de Smyrne 12 giam.
Noix muscade 3 gram.
Safran 1 gram.
Vinaigre ou suc de verjus 100 gram.
Levure de bière 2 gram.
Laissez le tout en contact pendant un mois , passez et filtrez , et conservez dans un flacon bien fermé. 2 à 6 gouttes dans une potion , un julep: 6 gouttes équivalent à 5 cent, d'opium.
Cette préparation est à peine usitée en France.
Liqueur citrique de morphine (Porter).
Opium 125 gram.
Incisez, et faîtes digérer pendant 24 heures dans Acide citrique fiO gram.
Eau bouillante 500 giam,
Filtrez 6 à 24 gouttes par jour, pou remplacer les gouttes uoires rarement usitées en France.
Les gouttes iioires de Lanrastre (btac drops) ont été jadis employées avec une grande vogue ; elles se préparaient de diverses manières qui se réduisaient toutes à mêler un acide végétal avec l'o pium. Les corps les plus employés étaient les fruits acides contenant des acides citrique et maiique. Les méde cius qui font usage de ces gouttes noi res prétendent qu'elles nïrvitent point Testomac, qu'elles ne causent pas de vertiges, de nausées; enlln, qu'elles sont privées des propriétés excitantes de l'opium. Ce qui a donné naissance à ces préparations , est certainement le mélange opiacé qu'employait Paracelse, un des premiers qui aient préconisé Topiunr. Nous allons, dans un intérêt purement historique , donner cette composition, qui date de 1542.
Spécifique anodin (Paracelse).
Opium de Thèbes 5 gram
Suc d'orange ) nnn