SECOURS AUX EMPOISONNÉS
comme éméto-calhartiques , 50 grara. de sel marin par litre d'eau. Ce moyen peut être infiniment précieux; car on a toujours du sel sous la main , et on ne saurait administrer trop tôt un évacuant.
Quand le poison a été pris sous forme de lavements, et qu'il est parvenu dans les gros intestins , il faut alors avoir recours aux lavements purgatifs. Celui qu'on doit préférer dans ces conditions doit être préparé avec 20 gram. de séné, 50 gram. de sulfate de soude et 500 gramm. d'eau ; ce lavement convient infiniment mieux que les drastiques les plus énergiques, dont l'action est plus lenle , et que j'ai vu souvent prescrire sans succès. Lorsqu'on ne fait pas apparaître les vomissements à l'aide des émétiqu es, il est convenable, quand le poison est encore dans l'estomac, d'introduire dans cet organe une sonde œsophagienne, à laquelle est adaptée une pompe aspirante.
2° Le contre-poison est pour moi la substance qui forme une combinaison insoluble ou inoffensive avec la partie active du poisonsingéré. Il est quelques règles générales sur l'emploi des contre-poisons que nous allons rappeler. Autant que faire se pourra, il faut donner la préférence à un contre-poison d'unecomplète innocuité, et qu'on puisse se procurer immédiatement partout. Il faut en général administrer le contre-poison en quantité beaucoup supérieure à celle qui est strictement nécessaire pour opérer la neutralisation chimique du poison, et cela par plusieurs raisons. En effet, le contre-poison pourra être rejeté presque aussitôt après son administration , et dans les cas les plus heureux on doit considérer que la plupart des combinaisons insolubles ne le sont qu'à la limite , et elles ne le sont que relativement; puis, comme ii faut une action rapide, une grande masse de contre-poison sera beaucoup plus efficace pour envelopper de toutes parts le poison et pour déterminer la prompte formation de la combinaison insoluble ou inoffensive.
Il est plusieurs contre-poisons qui, quoique formant avec les poisons des combinaisons extrêmement peu solubles dans l'eau, ne sont cependant pas d'une complète efficacité; ces combinaisons avec le temps peuvent être lentement dissoutes dans l'appareil digestif et amener la continuité des accidents. II convient dans ce cas d'insister sur la médication évacuante après l'administration du contre-poison.
Quand le poison a pu traverser l'esloraac et pénétrer dans l'intestin grêle, toutes choses égales d'ailleurs, il faudra alors préférer un contre-poison insoluble à un conlre-poison soluble, dont l'elfct poui-roit se limiter à l'estomac.
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3° Un empoissonnement est une maladie déterminée par une cause connue; il faudra la combattre par tous les moyens rationnels dont l'expérience a constaté refîicacilé. Dans presque tous, pour ne pas dire dans tous les empoisonnements , la mort arrive par suite de troubles considérables qui se manifestent dans les grands appareils de la circulation et de la respiration. Il faudra donc surveiller ces fonctions , dont l'exercice continuel est indispensable au maintien de la vie, et mettre tout en œuvre pour qu'elles ne se suspendent pas, même momentanément; car cette suspension prolongée, c'est la mort. L'emploi du marteau deMayor peut être très avantageux dans ce cas. (Voyez pages /i05-/a06.)
On ranime la circulation en réchauffant la peau à l'aide de couvertures chaudes, de frictions sèches, de boules d'eau tiède, de sinapismes promenés sur divers points; quelquefois il est utile de pratiquer une petite saignée. On facilite la respiration par l'introduction d'un air pur en quantité suffisante, par des pressions alternatives sur les parois du thorax, par des insufflations d'air, par des commotions galvaniques convenablement employées. Quand- les organes sécréteurs éliminent aussi facilement de l'économie les poisons absorbés , il serait important d'augmenter, s'il est possible, l'activité de ces organes, comme M. Orfda l'a fait, en recommandant les diurétiques dans les cas d'empoisonnement par les antin;ioniaux et les arsenicaux, qui sont éliminés par les reins, comme nous l'avons fait en prescrivant les remèdes qui agissent en provoquant l'évacuation de la bile quand les poisons sont séparés par le foie, ce qui arrive à presque tous les poisons minéraux.
Quand le poison est absorbé et ne peut être facilement et promptement éliminé de l'économie, si l'on ne peut le poursuivre dans le sang avec le contre-poison, il faut alors avoir recours à des remèdes ou agents dynamiques dont l'action n'est point nuisible et peut se substituer à l'action dynamique fâcheuse du poison. C'est ainsi que le café agit dans le cas d'empoisonnement par l'opium.
Instruction du conseil de salubrité dans V empoisonnement par champignons vénéneux.
On doit employer un von'sitif tel que l'émétique; il faut le donner à une dose suffisante [k grains) 2 décigrammes, l'associer ù quelque sel propre h exciter l'action de l'estomac : sulfate de soude IG graranses, eau 1000 grammes. On fera boire la sO'Ulion éméîo-calhurtique tiède et par verréesplusou