SECOURS AUX EMPOISONNÉS
moins rapprochées, en augmentant les doses jusqu'à ce que le malade ait des évacuations. Dans les premiers instants, le vomissement suffit quelquefois pour entraîner tous les champignons et faire cesser les accidents ; mais, si les secours convenables ont élé différés, si les accidents ne sont survenus que plusieurs heures après le repas, on doit présumer qu'une partie des champignons vénéneux a passé dans l'intestin, et alors on emploiera avec succès une mixture faite avec l'huile de ricin et Je sirop de fleurs de pêcher 6Zl grammes, que l'on aromatisera avec quelques gouttes de liqueur minérale d'Hoffmann, et que l'on fera prendre par cuillerées plus 'ou moins rapprochées.
Après ces évacuations, qui sont d'une nécessité indispensable, il faut, pour remédier aux douleurs, à l'irritation produite par le poison, avoir recours à l'usage des mucilagineux, des adoucissants que l'on associe aux fortifiants. Ainsi, on prescrira l'eau de riz gommée, une légère infusion de fleurs de sureau, coupée avec le lait, et à laquelle on ajoutera de l'eau de fleurs d'oranger, de l'eau de menthe simple et un sirop. On emploiera aussi avec avantage les émulsions, les potions huileuses aromatisées avec une certaine quantité d'éther sulfurique. Dans quelques cas, on sera obligé d'avoir recours aux toniques, aux potions camphrées; et lorsqu'il y aura tension douloureuse du ventre, il faudra employer les foinentations émollientes, quelquefois même les bains, les saignées.
Empoisonnement par tes moules et autres animaux.
On prescrira des vomitifs et des purgatifs comme pour l'empoisonnement par les champignons, puis on conseillera une potion éthérée et laudanisée ; on aura recours, s'i! y a lieu, à un traitement antiphlogislique. Si les moules contiennent du cuivre, il faudra administrer de l'eau albumineuse et du fer réduit par l'hydrogène.
Empoisonnement par le verre pilé, Vémail, etc.
On gorgera le malade de panade ou d'autres aliments enveloppants ; on provoquera ensuite le vomissement; puis on aura recours aux moyens anliphlogistiques tant internes qu'externes.
Morsure par des animaux enragés.
a. Si la plaie est récente, on la lave avec de l'eau salée, on la presse dans tous les sens pour la faire saigner ; on y appli-
que, s'il y a lieu, des ventouses ; si elle est sinueuse, on l'agrandit avec un bistouri. Pendant ce temps on fait chauffer les fers à cautériser, et, quand ils sont au rouge-blanc, on exerce une caulérisation ménagée, mais profonde ; sept à huit heures après la caulérisation, on recouvre l'escarre d'un large vésicatoire, et on entrelient la suppuration.
b Si la morsure est ancienne, on ouvre la cicatrice ; on la cautérise, et on la fait suppurer.
Traitem. morsures des vipères et serpents venimeux.
Faites saigner la plaie, comprimez-la, pratiquez une ligature, appliquez des ventouses pour favoriser la sortie du sang, cautérisez avec un fer rouge ou avec les autres caustiques indiqués page Zi06. Administrez à l'intérieur une potion diaphoi'étique ammoniacale.
Traitem. piqûres d' abeilles, guêpes, bourdons, etc.
Si les symptômes sont légers, frictionner la place avec un liniment volatil ou avec quelques gouttes d'ammoniaque liquide dans une ou deux cuillerées d'eau de Cologne. Si les symptômes sont alarmants, si on pense que l'insecte a pu sucer un animal mort du charbon, si, en un mot, la pustule maligne est à craindre, il faut cautériser promptement avec un fer rouge, ou autres caustiques (page A06), et administrer au malade une potion cordiale.
Modèles de rapports dans un empoisonnement.
Modèle K° 1 . — Nous , docteur en médecine ,
domicilié à commune de , déparlement
de
En vertu d'une ordonnance de M. , procureur de
la république près le tribunal civil de première instance du département de
Nous nous sommes rendu à , commune de ,
département de , rue , n** , étage,
dans une chambre {à droite ou à gauche ) de l'escalier, ayant {une ou deux) croisée sur la rue, et une plus petite sur à l'effet de visiter le sieur , de constater si sa mort
est réelle, d'en déterminer l'époque, et de dire à quelle cause elle peut être attribuée.
Les habitants de la maison nous ont appris que pendant deux ou trois jours, le sieur n'ayant pas paru , on avait
conçu des inquiétudes ; que l'on était allé à sa chambre , que l'on avait frappé fortement à sa porte, et qu'il n'avait pas répondu ; qu'alors on avait averti le maire, qui avait ftiit ouvrir la porte en sa présence, et que l'on avait trouvé mort
et placé dans la situation que nous allons décrire plus bas ; qu'un médecin avait été appelé ; mais que la mort ayant été reconnue par lui, on s'était borné à constater l'état des lieux et la situation dans laquelle ce corps avait été trouvé.
Voici ce que nous avons observé :
1" Le sieur , ûgé d'environ , est étendu
dans un lit {indiquer le décubitus , la direction de la figure , des membres, etc.)
2° Les draps, couvertures, oreiller, traversin et matelas présentent ou ne présentent aucune trace de désordre.
3» Il y a ou il n'y a pas de taches de sang- ou de toute autre nature sur le lit, non plus que sur le plancher ou sur les meubles de la chambre.
4° Auprès du lit est une table de nuit, ou autre, contenant {préciser s'il y a un chandelier, une chandelle, un éteignoir, une montre, une bourse^ etc.)
5° T)Qyîxn\.\Q\\i {indiquer ce qui s"* y trouve).
6° Sur une chaise, un fauteuil, sont les vêtements {préciser leur -position, leur état, ce qu'ils contiennent.)
7° Sur la table de nuit, les autres meubles de la chambre, dire s'il y a des fioles, des vases contenant une ou des matières suspectes.
8° Indiquer avec soin si la chambre est chauffée avec un poêle, si la clef de ce poêle est fermée.
9° Le corps étant découvert {dire ce qu'on a vu et observé ; s'il y a des contusions, desplaies, etc.)
10'' Donner la chaleur delà peau du ventre et delà poitrine, la rigidité ou non des membres, l'état des paupières, relevées ou abaissées, celui de la cornée transparente , de la face. Ausculter la région du cœur et noter qu'il n'existe plus aucun mouvement.
llo Le corps répand ou ne répand pas l'odeur de putréfaction.
12" La peau présente des colorations {les indiquer).
13° Nous avons procédé à l'autopsie du corps, en présence de Pvl- , procureur de la république, et de M. com-
missaire de police, et nous avons observé ce qui suit (décrire avec le soin le plus minutieux les détails les plus circonstanciés, toutes les observations les plus légères en apparence qu'on a
pu faire pendant l'autopsie). Nous avons recueilli les matières contenues dans l'estomac et les intestins, et nous les avons renfermées dans des bocaux séparés ; nous avons également mis dans des bocaux séparés les différentes parties du canal digestif: le tout scellé et portant notre sceau et celui de M. le procureur de la république.
Des faits relatés ci-dessus, nous concluons :
!• La mort du sieur est réelle.
2o Elle date de {le nombre de jours environ), So Elle n'a pas été naturelle.
4° Il est indispensable qu'il soit procédé à l'analyse des matières recueillies , et nous demandons qu'un expert pharmacien-chimiste nous soit adjoint.
Fait à . , le de 185 ,
Signature.
Modèle Eî° %. — Nous soussignés , docteur en
médecine, domicilié à , et nous pharmacien,
domicilié à , en vertu d'une ordonnance de M.
juge d'instruction près le tribunal civil de première instance , nous nous sommes trouvés réunis dans le laboratoire de M. , l'un de nous, et là, en présence de M. , juge
d'instruction , et de M. commissaire de police ,
après avoir prêté serment devant M. le juge d'instruction, nous avons vérifié l'intégrité des scellés apposés sur les bocaux , et nous avons procédé à l'examen et à l'analyse des matières qu'ils renferment. Avant de commencer aucune opération , nous avons mis de côté, dans des bocaux séparés , la moitié des matières que nous devions examiner. Ces bocaux ont été remplis d'alcool rectifié pur, bouchés avec soin et scellés du sceau de M. le juge d'instruction, pour que, si la justice n'est pas suffisamment éclairée, il puisse être facilement procédé à une nouvelle expertise.
(Décrire ici , avec les détails les plus minutieux, toutes les expériences entreprises dans le but de s'assurer de la nature du poison. Diriger particulièrement ses recherches vers le point essentiel, qui est d'obtenir isolé le principe vénéneux. Insister particulièrement sur le détail des procédés qui ont permis de l'isoler ; le conserver dans un tube scellé; l'annexer aux pièces ; énoncer ce fait au procès-verbal ; s'assurer avec le soin le plus scrupuleux, que les rcaclifs employés ne contiennent aucune trace du poison trouvé. Cette précaution est surtout indispensable lorsqu'il s'agit d'un empoisonnement par un composé