‹ Nouveau formulaire magistral (volume 2)Chapitre 3 sur 143 · NOUVEAU · texte numérisé non relu

NOUVEAU

Lorsqu'en 1839 je me suis occupé de rédiger la première édition de cet ouvrage, j'ai compris qu'un formulaire n'avait d'imporlance que lorsqu'il étuit généralement suivi : aussi ai-je fait tous mes efforts pour le rendre digne d\in bon accueil , et l'empressement du public médical à l'adopter m'a récompensé de mes peines et m'a imposé l'obligation de redoubler de zèle.

La publication de mes Annuaires de thérapeutique, et celle du Répertoire de pharmacie (1) , m'ont tenu continuellement en haleine , et m'ont obligé d'étudier avec soin tout ce qui a paru de neuf et d'intéressant en thérapeutique et en pharmacie. Ce travail de tous les jours tournera, je l'espère, au profit de cette édition, pour laquelle je n'ai eu qu'à résumer ou à extraire ce que j'avais laborieusement recueilli.

Cette cinquième édition a été revue avec beaucoup de soin, elle contient un grand nombre d'additions. Je crois n'avoir rien omis d'important. Je l'ai augmentée d'une courte notice sur les réactifs chimiques que le médecin emploie le plus fréquemment.

Dans la préface de la première édition de mon formulaire, j'ai indiqué avec tous les développements nécessaires l'esprit qui m'avait guidé dans la conception de mon travail, je crois utile à mes nouveaux lecteurs de la reproduire ici.

Un Formulaire,, pour être vraiment utile, doit représenter aussi exactement que possible l'état de la médecine active, au

1 Réperioîre de pharmacie, rcfueil praîiqnn publié par M. Boiicliardat . et commencé en juillet 18ii. Il parait du 5 au 10 de chaque mois , par livraison ÛK 3i pages , formant à la (in do Taiinée nn Tolume de 400 patrs eiiTiion. (Ihaqne année, cnvoyéo franco., se vend séparément 5 fr. Les sepi premiers yolumr» sont en ^e'.itc.

moment où il est publié. L'auteur ne doit point arborer ia bannière d'un système; il doit distinguer au milieu du chaos immense des formules préconisées dans tous les temps et dans tous les pays celles qui doivent être conservées ; il doit avoir assez d'expérience pour discerner tout ce qui esl utilement employé de ce qui ne l'est pas. II ferait un ouvrage sans portée et sans valeur, s'il se bornait à compiler les formules comprises dans les recueils analogues ou même dans les œuvres de médecine pratique, ou de thérapeutique; il ne doit choisir que celles qui ont un cours usuel dans le temps où il est écrit ; et s'il en admet quelques unes qui sont tombées en désuétude ou qui ne sont point encore employées, il doit avoir assez de tact pour discerner ce qui est intéressant sous le point de vue historique, ou ce qui a de l'avenir dans la pratique. En se livrant consciencieusement à cette étude, on est naturellement conduit à comparer les doctrines médicales les plus importantes, â apprécier l'influence qu'elles ont exercée et qu'elles exercent incessamment sur la thérapeutique. Aucune d'elles n'est restée debout, toutes celles qui ont été soumises au creuset du temps y ont été consumées; il n'en est pas une seule qui ait résisté, et qu'on puisse prendre comme loi suprême de la thérapeutique; mais toutes celles qui ont eu une véritable importance ont laissé des traces de leur passage, que nous allons, dans un aperçu rapide, chercher ù démêler. Cet examen servira de démonstration à ce fait que : les plus brillantes n'ont pas été les plus utiles; et si nous essayons à ne les considérer que du point de vue de la pratique de notre temps, nous verrons que des noms qui sont ou oubliés, ou cités quelquefois seulement avec des épithètes méprisantes, sont dignes cependant de la reconnaissance de la postérité.

La médecine et la pharmacie sont nées en même temps, et furent longtemps confondues. Les plus anciens ouvrages de médecine paraissent dus aux Chinois; on attribue à l'empereur Chin-Nong, mort 2,700 ans avont Jésus-Christ, le premier livre médical ; c'est ensuite en Egypte, puis dans l'Inde qu'il faut chercher les comraencemciits de noire art, qui furent d'abord entre les maiiîs des jongleurs et des prêtres. C/est dans les temples qu'on apportait les malades, c'est sur les murs de ces temples qu'on écrivait les reuîèdes qui avaient réussi : leur administration était toujours accompagnée de conjurations et de prières.

Nous savons trop peu de choses sur ces premiers jours de la médecine, pour que des recherches si ténébreuses soient intéressantes, et, d'aillenis, ce qui nous reste ne nous laisse pas

regretter beaucoup ce que nous ne connaissons pas. On écrivait sans ordre, à la suite les uns des autres, les symptômes qui avaient le plus frappé l'observateur, et l'on mettait en regard les remèdes employés, avec ces mots: « Il guérit. » Rien, d'ailleurs, n'était plus vague que le choix des moyens thérapeutiques. Il était impossible de débrouiller, dans la guérison, ce qui appartenait à la marche régulière de la nature et ce qui pouvait dépendre de l'administration du remède.

La médecine ne prit vraiment un caractère sérieux et scientifique qu'avec Hippocrale. Si nous ne considérons le père de la médecine que sous le rapport de l'observation empirique des médicaments, il est bien difficile de le juger. Ses ouvrages contiennent de nombreuses recettes ; toutes les affections y peuvent trouver quelques remèdes ; mais on ne saurait se prononcer avec assurance sur leur valeur réelle ; car la synonymie de plusieurs d'entre eux. a subi de nombreux changements dont il est difficile de suivre la filiation. Cependant on doit dire qu'un grand nombre d'entre eux sont encore utilement employés aujourd'hui. Mais un autre titre non moins grand à l'admiration, c'est qu'Hippocrate ne conseille point de remèdes mystérieux; ceux qu'il désigne, il les choisit non par une superstition absurde, mais parce qu'il croit à une action physiologique marquée. Nul n'a mieux fait sentir que lui le ridicule des pratiques superstitieuses de tous les temps, et n'a mieux fait valoir, dans ses écrits, l'application de la raison et de la philosophie à ia médecine.

Les méthodistes, qui commencèrent par Témisson, disciple d'Asclépiade, voyaient toutes les parties de notre corps ou trop tendues {strictum)^ ou trop relâchées (/fia;i£m), ou tendues d'un côté pendant qu'elles étaient relâchées de l'autre (mixtum) : de là toutes les maladies et la conséquence de considérer tous les remèdes comme des relâchants ou des resserrants.

Cœlius Aurelianus, celui des méthodistes que nous connaissons le mieux, décrit avec assez de soin la plupart des maladies, qu'il distingue en aiguës et en chroniques. Quand il s'agit de procéder à leur traitement, il s'attache à trouver des indications dans l'état général du corps, c'est-à-dire dans le strictnm, le laxum et le mixtum; il emploie alors comme moyens relâchants ia saignée, les fomentations, les émollients, les cataplasmes ; comme moyens resserrants, le froid, les substances astringentes. On voit que cette doctrine a laissé dans la thérapeutique de nombreuses traces de son passage.

Le plus illustre et le plus influent des successeurs d'Hippocrate, fut sans contredit Claude Galien, de Pergame, qui

■* l'REFACK.

vécut sous Trajaii, Adrien, Antonin, et fut médecin do Marc- Aurèle, l'an 180 après Jésus-Christ. Esprit vaste, travailleur infatigable, toutes les parties de notre art furent soumises à sa puissante investigation, et il imprima à la médecine une si grande impulsion, que son nom régna en souverain dans toutes les écoles de TEurope pendant plus de douze siècles. Sa thérapeutique générale est fondée sur deux maximes fameuses : 1° la maladie est quelque chose de contraire à la nature , elle doit être combattue par ce qui est contraire à la maladie {co7itraria contrariis curantur); 2° la nature doit être conservée par ce qui a du rapport avec la nature. Les disciples, les successeurs, les commentateurs de ce grand homme, noyèrent les bonnes idées du maître dans un déluge de déplorables arguties; leur thérapeutique, exagérant encore les défauts de la sienne, prit pour base la polypharmacie la plus dévergondée. Toutes les plantes, tous les agents employés, furent successivement mélangés, combinés sans mesure, et cette étrange manie fut poussée si loin, que des substances énergiques furent associées par eux à des matières inertes et ridicules, et qu'ils ne savaient pas les distinguer; et, chose inconcevable, dans leurs commentaires ils attachaient beaucoup moins d'importance aux premiers qu'aux derniers. Pour n'en citer qu'un exemple, nous dirons que dans la thériaque on avait admis l'opium, mais sans nullement soupçonner l'importance de cet héroïque médicament ; ils attachaient beaucoup plus de prix à la chair des vipères, qui venait se confondre dans cet électuaire fameux avec toutes les drogues de leur matière médicale!

Il faut cependant l'avouer, la polypharmacie des galénistes nous a légué plusieurs bons médicaments qu'on s'efforcerait en vain de remplacer par des substances simples; le nombre, il est vrai, s'en est bien restreint depuis vingt-cinq ans, mais il en est plusieurs qui restent encore debout et qui y demeureront encore longtemps.

Les médecins arabes, livrés à la fois au culte de l'alchimie et à l'exercice de la médecine, commencèrent à se soustraire au joug de la thérapeutique galénique; d'un autre côté, l'invasion de la syphilis en Europe, en 1497, rendit indispensable l'emploi de moyens nouveaux. Les préparations mercurielles, que les Arabes avaient déjù opposées à la lèpre et aux scrofules, furent employées à l'extérieur par Widmann et par Jean de Vigo, en 1514 ; mais la routine des médecins du temps était si grande, qu'ils s'en tenaient encore à leurs vieux électuaires, et proscrivaient obstinément ces nouvelles conquêtes de la science.

Au milieu de ce conflit parut uu homme né pour la lutte et qui, s'insurgeant contre les dogmes dominants des écoles, renversait d'un seul coup le vieil édifice de la thérapeutique. Ce n'était point seulement une émeute contre legalénisme, c'était une révolution. Cet homme futAuréoleThéophrasteParaceise, né en 1493, à Schwilz, en Suisse. Après avoir étudié sous son père, médecin habile, il visita toutes les écoles de l'Europe. Rassemblant ce qu'il y avait de bon dans la pratique des Arabes, recueillant cà et là les remèdes proscrits par les médecins, et qui, employés par les empiriques, réussissaient souvent, très versé dans la science que de son temps on nommait alchimie^ il mit en usage un grand nombre de préparations nouvelles qu'il découvrit et qui changèrent la face de la thérapeutique. Il s'éleva plus d'une fois, dans ses écrits et dans ses discours, contre le principe de Galien : Contraria conlrariis curantur. Il montra son impuissance dans les maladies chroniques; il mit en pratique une médecine substitutive ou perturbatrice des plus énergiques, qui fut couronnée souvent des succès les plus inespérés dans la lèpre, l'hydropisie, les affections syphilitiques constitutionnelles, la goutte, et dans plusieurs autres maladies rebelles. Paracelse souleva contre lui la tourbe des galénistes : il fut persécuté pendant sa vie et calomnié après sa mort; on le représenta comme un ignorant, un impie et un débauché ; mais aujourd'hui , que près de trois cents ans ont passé sur sa tombe, nous devons dire que pas un médecin n'a laissé des traces plus profondes de son passage dans la thérapeutique. Nous employons aujourd'hui à chaque instant les remèdes qu'il a mis en vogue, les préparations de mercure, dont il découvrit plusieurs, et qu'il employa le premier à l'intérieur, les composés d'arsenic, d'antimoine, de zinc , de fer, de plomb , d'alumine , les carbonates alcalins , les préparations d'opium.

En voilà plus qu'il n'en faut pour assurer ses droits à l'immortalité. On a voulu le juger seulement d'après ses théories, quoiqu'il demandât à ne l'être que par les faits. On n'a pas fait assez la part des tem.ps barbares où il vivait. Pour être compris et suivi, il était forcé d'employer le langage de son temps. L'alcliimie, qu'il cultivait avec tant d'éclat, était alors compliquée d'idées astrologiques des plus bizarres dont il ne sut se défendre : mais on ne veut pas comprendre aujourd'hui que ce langage si extraordinaire, que ces rêveries d'astrologie, n'étaient pour les hommes éclairés de ce siècle que de pures fictions que la barbarie du vulgaire les forçait d'employer; et, si l'on essaie de soulever le voile de ces métaphores, on peut

y apercevoir le germe dés idées îes plus ingénieuses al les plus fécondes.

Cessons de répéter les calomnies des galénistes contre Paracelse; les hommes qui ont fait autant que lui pour Thumanité sont assez rares; les anciens les élevaient au rang des demidieux, et nous nous les traînons dons la fange.

TliéopbrasteParacelse mourut à l'âge de quarante-huit ans, et laissa tous ses biens aux pauvres. On publia à Bàle,enl575, une édition latine de ses œuvres en deux vol. petit in-S*».

Parmi les hommes qui, comme Paracelse, cultivèrent avec éclat la médecine et la chimie, vient au premier rang Hermann Boerhaave, qui vécut deux siècles environ après lui. Il jouit de son vivant d'une si grande renommée, que, pour lui faire parvenir une lettre, il suffisait d'inscrire : A Boerhaave, en Europe. Il fit jouer un grand rôle, dans les maladies, au mouvement et à l'altération des liquides, ce qui l'a fait classer à la fois parmi les médecins physiciens et parmi les humoristes. Sa thérapeutique fut eu générai sage et bien raisonnée. Il exerça une grande influence sur la médecine active de son temps. Plusieurs des préparations qu'il a employées sont encore préconisées ; aujourd'hui les traces de son passage ne sont point effacées, et l'on peut encore puiser dans ses ouvrages comme dans une mine précieuse et de bon aloi.

Après Boerhaave, les doctrines des humoristes devinrent compléîement envahissantes; elles exercèrent sur la thérapeutique une immense influence; nous trouvons encore, même dans les solidistes les plus exagérés de notre siècle, les traces de l'empire qu'elles ont exercé ; des classes entières de médicaments sont basées sur les propriétés, admises souvent fort légèrement, de modifier la nature des humeurs. Les théories humorales ont certainement un fondement rationnel, une réaction complète s'opère en leur faveur; mais il faut qu'elles s'appuiciit sur des Î3ascs plus solides que celles sur lesquelles elles cl£ici}t élablies, et dans cette voie la médecine ne peut faire un pas assuré sans le secours des chimistes.

A côté (le ces médecins ù théories pratiquaient de sages observateurs qui menaient toute leur gloire à reprendre et à continuer l'œuvre d'ilippocrale. S'ils ont quelques doctrines, ils n'y tiennent pas assez pour les préférer aux faits; ils n'expliquent qti'après (ju'iis ont vu, ils n'agissent que d'après l'expérience. C'est dans cette iliustre phalange que viennent se raîigerr.ai!iou,Syderiham, Huxham, Baglivii, Torti et une foule d'aulres qui feront à jamais la gloire de la médecine. On leur doit l'acquisition et les notions précieuses sur une foule de

inedicamenls nouveaux; ils ont examiné avec tsoin presque tous les moyens conseillés par les anciens, et par-dessus toutes .'es heureuses acquisitions que la Ihérapeulique a faites sous leurs auspices, on doit placer la connaissance des propriétés du quinquina.

Si nous cherchons maintenant à jeter un coup d'oeil rapide sur les doctrines qui, dans notre siècle, ont exercé la plus grande influence sur la thérapeutique, nous devons nous arrêter quelques instants à celles de Brown et de Broussais.

Brown, doué d'une imagination des plus vives, admis d'abord par charité aux leçons des médecins d'Edimbourg, s'érigea bientôt en réformateur. Il prit pour base de sa doctrine la proposition suivante: «La vie ne s'entretient que par l'incitation ; elle n'est que le résultat de l'action des incitants sur l'incitabilité des organes. » D'après ce principe, il établit deux grandes catégories de maladies, suivant que dans l'économie qu'il considère en masse, l'excitation était en plus ou en moins ; et dans celte classification dichotomique, il avait fait la part bien inégale pour les états sthénique et asthénique , puisque trois cas au plus sur cent étaient rapportés à l'excès d'incitation. Avec de semblables règles le médecin employait sans cesse les stimulants les plus énergiques pour remédier à la faiblesse. Telle avait été en effet la thérapeutique dominante en Angleterre, en Allemagne et en Italie , au moment où le brovi'nisme s'y était propagé. En France, Pinel, exerçant sur la génération médicale de l'époque une influence pour ainsi dire sans partage, avait empêché la doctrine de l'incitabilité de s'y introduire; mais en repoussant le dogme, il lui avait certainement emprunté quelque chose, et il nous avait effrayé d'un monstre non moins redoutable que l'état asthénique : c'était Vadynamie, contre laquelle on prodiguail également les stimulants les plus énergiques. Plusieurs déliris de la pratique de Brown et de Pinel restent encore debout; une foule de médicaments stimulants qu'ils ont préconisés sont remis en honneur, maintenant que la terreur que les stimulants inspiraient à l'école de Broussais commence un peu à se calmer.

Il nous reste à apprécier l'influence de ce réformateur fameux sur la thérapeutique de notre temps.

Broussais donna à sa doctrine le titre heureux de Médecine physiologique. Il reconnaît à la matière vivante une seule propriété fondamentale qui se manifeste par le resserrement, la contraction : c'est la contractilité. Cette propriété, il faut l'action des stimulants pour la mettre en jeu. Si la stimulation opérée par des modificateurs est renfermée dans des bornes

convenables, la santé exisle ; mais si elle est ou trop forle ou trop faible, la maladie apparaît : trop faible, il y aura débilité ; mais pour Broussais, ù Topposé de Brown, c'est le cas de beaucoup le plus rare ; trop forte, il y aura irritation. L'effet d'un modificaleur ne se borne pas à la partie qui en a reçu l'impression directe, l'irritation se propage d'un point à im autre par l'intermédiaire des nerfs : voilà les sympathies qui déterminent les phlegmasies secondaires.

Broussais s'efforce constamment de localiser les maladies; il ne reconnaît point ou très peu d'affections générales. Il rattache toujours les symptômes aux organes souffrants ; il suit l'irritation partant d'un lieu déterminé et se propageant sympalhiquement dans des parties limitées de l'économie : il y a, sous ce point de vue, une différence radicale entre les doctrines de Broussais et celtes de Brown.

La doctrine de Broussais devait avoir et eut en effet une immense influence sur la thérapeutique. Le but ',1e plus important pour les médecins de cette école estd'arrêter la marche des inflammations , et pour cela ils mirent en usage , avec la profusion la plus exagérée , tous les moyens dont dispose la médication anliphlogistique. Les émissions sanguines, l'abstinence, les boissons émollientes et tempérantes : voilà le cortège obligé de cette médecine aux exigences de laquelle un très mince formulaire pourrait suflire. Mais par contre, pour satisfaire à ses prescriptions, on épuisa bientôt tous les marais à sangsues de la France.

La médecine physiologique était déjà bien ébranlée pendant les dernières années de l'illustre réformateur ; elle ne se soutenait plus qu'à l'aide de concessions. Si l'on admet des maladies déterminées par l'altération du sang, des fièvres qu'on ne puisse localiser, des spécifiques bien prouvés, et tout cela n'a plus besoin aujourd'hui de démonstration, la doctrine de Broussais sera frappée au cœur. Quoi qu'il en soit, l'influence que la médecine de Broussais exerça sur la thérapeutique fut si universelle , que la plupart de ses adversaires eux-mêmes l'ont subie ; mais en tant que théorie exclusive, son règne est passé sans retour.

Il nous reste à examiner rapidement deux doctrines contemporaines qui, sans être admises dans leur ensemble, ont cependant fait déjà sentir leur influence sur la thérapeutique : l'une est la docirine italienne du contro-stimulisme, et l'autre est l'homœopathie.

Le contro-stimulisme^ considéré comme doctrine, a adopté des idées théoriques qui rencontrent leurs analogues dans les

doclrines de Biowii eU!e Broussals. Ainsi, comme Brown, les médecins italiens admettent les diathèses sthénique et asthéniqiie. Mais comme BroussaiS; contrairement à Brown, ils voient l'indication des débilitants ou contro-stimulanls de beaucoup plus fréquente que celle des slinmiants. C'est le fond de la théorie de Brown avec la pratique de Broussais. La doctrine italienne a un cachet particulier qui la différencie complètement sous le point de vue thérapeutique de la médecine physiologique. Le but est le même; les moyens sont dilîërents. Dans l'une comme dans l'autre doctrine, on veut abattre l'irritation morbide. Broussais emploie les antiphlogistiques, les médecins italiens les contro-slimulants : c'est dans l'emploi de ces agents qu'on doit chercher les idées originales et vraiment pratiques de la doctrine du contro-stimulisme.

Les bons observateurs avaient depuis longtemps remarqué des faits que les théories exclusives de Brown et de Broussais, que le solidisrae outré de Pinel , avaient fait oublier , et ces faits ont servi de germe à la pratique des médecins italiens. Ils avaient vu que l'administration de la plupart des agents énergiques de la matière médicale était suivie d'effets divers et souvent opposés. Ainsi, plusieurs substances déterminent immédiatement une vive excitation ; à ce premier effet succède une période d'affaiblissement, d'asthénie, de collapsus, qui est elle-même suivie par une réaction plus ou moins légitime. Eh bien, suivant que l'un de ces effets domine, le médicament était considéré ou comme stimulant , ou comme sédatif, nom que les médecins italiens ont changé en celui de contro-stimulant. Avant eux on connaissait et l'on appliquait à merveille comme sédatifs, contro-stimulants, le nitre à haute dose, les carbonates alcalins, la digitale , les anlimoniaux insolubles à haute dose, etc. Mais à Rasori, à Tomassini, à Géromini et mix autres médecins de cette école, appartient la gloire d'avoir étudié avec soin l'influence contro-slimulante de la plupart des agents de la matière médicale, d'avoir recueilli à cet égard une foule de matériaux précieux, d'avoir montré que plusieurs substances qui, comme l'émétique, étaient considéréi-s comme des poisons, pouvaient être administrées à haute dose, être tolérées, et avoir dans ces conditions une influence contro-slimulante des plus utiles dans une foule d'affections. Si la doctrine italienne n'a pas été généralement adoptée en France, il est juste de dire que plusieurs médicamenis que les médecins de cette école ont mis en crédit sont utilement employés, d'après leur méthode, par les observateurs ies plus sages.

Quant à la doctrine homoeopathiquc , elle s'est tellement

1 0 l'RÉFACE.

avilie par les jongleries des charlatans , par les rêveries dont on s'est plu à l'entourer, pour la rendre plus sacrée au public exploitable, par sa posologie de millionième de grain, que je n'en parlerais pas si elle ne présentait un principe particulier, qui se retrouve dans la pratique des médecins les plus sages de notre temps, et qui est destiné à un grand avenir. La règle fondamentale sur laquelle elle s'appuie : simiLia simili bus eurantur, prise dans sou acception rigoureuse, est fausse; car, de même qu'on peut dire que la plupart des maladies sont déterminées par des causes spécifiques, de même chaque agent de substitution a une action qui lui est propre et qui ne ressemble pas à l'action de la cause spécifique. Mais, ce qui est vrai, c'est qu'on peut substituer à une inflammation pathologique une inflammation thérapeutique, et que par là on peut abréger la durée de la dernière. On peut expliquer ainsi l'heureuse influence d'une foule d'agents, par exemple celle du nitrate d'argent, du nitrate acide de mercure, sur la marche et la terminaison de plusieurs phlegmasies aiguës; mais c'est surtout contre les maladies chroniques que les agents de la méthode substitutive sont heureusement employés. Nous trouvons dans la pratique de la plupart des médecins d'expérience qui s'occupent des maladies chroniques, une foule de formules où tous les agents de substitution sont heureusement mis en œuvre, et témoignent de la puissance de notre art; mais je me hâte d'ajouter que la doctrine homœopathique n'a de commun avec la méthode de substitution que le principe qui leur sert de point de départ; les homœopathes sont des médecins expectants qui laissent tout faire à la nature, et qui n'emploient des remèdes que pour tromper le public. La médecine substitutive, au contraire, est une médecine entièrement perturbatrice et des plus énergiques, dont l'exercice ne peut être confié qu'à des mr.ins expérimentées.

J'ai esquissé rapidement le tableau des principales doctrines qui nous ont légué les matériaux de la thérapeutique que chaque jour nous mettons en œuvre ; il me resterait à apprécier nettement le caractère de l'époque actuelle ; mais ce serait la partie la plus difficile de ma tâche, car nous sommes arrivés à un temps de transition, à une époque critique oîi toutes les croyances sont ébranlées : on n'a plus pour se conduire un uniqup fanal, le monde médical s'occupe dans toutes ses parlies actives et intelligentes à examiner et à contrôler par l'observation universelle la valeur pratique des doctrines qui ont passé, et à elfectucr des découvertes et des perfectionnements de détail. Nous vivons réellement dans un temps d'éclectisme

PRÉFACE. il

ihérapeutique où les éludes les plus solides et les plus variées sont indispensables, en attendant qu'une idée nouvelle, qu'une impulsion puissante ébranle encore la science, pour subir à son tour la destinée des doctrines qui ont passé.

Dans l'exposé qui précède, je n'ai cherché à apprécier que les services rendus à l'art de guérir par les auteurs des [doctrines raéiicales ; mais il est juste de dire qu'une partie de la gloire qui appartient aux auteurs des progrès de la thérapeutique doit revenir aux hommes illustres qui, depuis un demisiècle, en renouvelant !a face de la chimie, ont doté la pharmacologie d'une foule d'agents nouveaux. Les Bergmann, les Schéele, les Lavoisier, les Davy, les Vauqueiia, les i'elletier, les Berzelius, les Cay-Lussac, etc., ont bien autant servi la thérapeutique que les auteurs des doctrines les plus fameuses; et, dans ces derniers temps, les découvertes de chimie organique, et surtout celle des alcalis végétaux, ont donné aux médecins de nouvelles armes d'une puissance assurée que tous les jours ils mettent en œuvre.

Les luttes que l'on avait engagées pour établir, pour défendre et pour détruire des doctrines reposant principalement sur l'anatomie pathologique, ont dû faire tourner vers cette branche des connaissances médicales toutes les forces vives des médecins de notre temps ; aujourd'hui que le combat est achevé, on commence à s'apercevoir que le jnince bagage pharmaceutique des écoles de Pinei et de Broussais est loin de satisfaire à toutes les exigences des maladies. On sent de toutes parts le besoin d'études plus sérieuses en pharmacologie que celle qu'a faite la génération médicale présente; on commence à s'apercevoir que, pour être bon médecin, il ne suuit pas de connaître avec une rigueur mathématique les lésions cadavériques, la marche, les symptômes et la terminaison d'une maladie; que, s'il est indispensable de pouvoir constater les désordres occasionnés par elle, il est plus impoiîanl encore de les prévenir. Le but, en définitif, est de guérir, et, comme chacun veut l'atteindre, aussitôt qu'on a des malades à soigner on cherche à connaître les moyens dont la science dispose pour s'opposer aux maux de l'humanité. C'est alors que le jeune médecin s'aperçoitcom.bien sfs études pharmacologiques ont été négligées ; c'est alors qu'il déplore pour ses successeurs la transformation de cette chaire de pharmacologie de la Faculté de médecine de Paris, où Ton devrait puiser des connaissances si indispensribles à la pratique; il cherche, s'il n'est point emporté par le tourbillon des affaires, à compléter ses éludes de matière médicale, et, pour cela, il consulte avide-

12 PRliFAGli.

ment lous les formulaires ; mais oe ivest pas là qu'il peut puiser les principes qiii lui manquent, ii faut reprendre Tédijicc par la base, s'il veut construire quelque chose de durable. Pour répondre h ce besoin , j'ai publié en 1839 un Traité de matière médicale et de fkarmacic (1) , et Je succès de cet ouvrage, les sufl'rages honorables qui l'ont accueilli, m'ont montré que mes prévisions n'élaient point erronées, et que ce vide que j'apercevais dans l'enseignement était réel.

Un traité de matière médicale et de pharmacie a pour complément indispensable un formulaire magistral. Dans le premier ouvrage se présente Tenserable des connaissances sur lesquelles s'appuie l'art de formuler ; dans le second, ces connaissances sont mises en œuvre ; c'est le moment où doivent se trouver réunies les recettes qu'un médecin peut employer, celles qui sont habituellement présentées dans les pharmacies : c'est le but que j'ai cherché à atteindre dans l'ouvrage que je présente aujourd'hui au jugement du public médical.

J'ai réuni les formules les plus généralement accréditées ; je les ai choisies non seulement dans les ouvrages de pharmacie et les formulaires où elles se trouvent déjà rassemblées , mais encore dans les monographies médicales publiées di^puis peu et dans les journaux de médecine et de pharmaceutique. Plusieurs de mes confrères ont bien voulu enrichir ce recueil de recettes inédites.

Mes relations habituelles avec les meilleurs pharmaciens de Paris m'ont permis de réunir les formules qui ont cours dans la pratique civile ; ma position dans les hôpitaux de la capitale m'a donné des occasions journalières d'étudier depuis plus de douze ans le tableau mobile de la thérapeutique en vigueur dans ces établissements, de voir l'influence que les recherches qu'on y exécute journellement exercent sur la médecine pratique. J'ai été surtout à même de vérifier combien les recettes attribuées spécialement à ces établissements, et copiées par tous les auteurs de formulaires qui se sont suivis, sont erronées. Toutes ces formules, qui sont données comme appartenant à l'Hulel-Dieu, à la Charité, à Saint-Louis, à Saint-Antoine, etc., n'y sont presque jamais employées. Je puis dire pour mon compte que je n'ai jamais vu prescrire à l'Hôtel- Dieu une seule des nombreuses formules attribuées spécialement par presque lous les auteurs de formulaires à cet hôpital.

[\] Eli:meiili i:e matiirc mr.dirnle. ci de pharmacie, ISZQ, 1 vol. iri-8. Cli'tte édition i'Innt épuisi'e , une deuxième a paru sous le titre de Manuel de matière vu'riirale ft de tlicrupculiqtic cor.ipurcc , 1846, 1 vol. gr. in-18 de 9i'i pa!;es: elle est bcautoupplus complète, etTanjïèedan* un ordn- plus favorable aux éludes médicales.

PîlÉFAGE. 13

Du resle, je comprends que ces recelles ont pu être exactes dans le temps où elles ont été recueillies ; mais tout change, dans les hôpilaux comme dans le monde, et plus proiuplement encore : c;- qui était vrai il y a vingt ans ne l'est plus aujourd'hui.

Si je n'ai point atliibué de formules spéciales à chaque hôpital, j'ai dû donner les recettes contenues dans le Formulaire magistral des hôpitaux de Paris rédigé en 1838. J'ai , autant que je l'ai pu, joint à chaque formule le nom de son auteur; celles qui n'ont point celte signature, ou appartiennent au domaine pnblic par une suite de modifications apportées par les compilateurs, ou je les ai rédigées moi-même.

J'ai cru faire une chose ulde en reproduisant les formules du nouveau Codex ; mais comme elles se trouvent déjà toutes, avec les développements de manipulation et les remarques qu'elles m'ont suggérées, dans-r?îo?i ouvrage de matière médicale, j'ai dû seulement ici donner le nom et les proportions dessubsliinces : cela suffit pour le médecin instruit; car lorsqu'il prescrit une formule du Codex, c'est une formule officinale, il n'a pas besoin de l'écrire en détail, le titre suffit : indiquer le nom des substances et la manière d'opérer serait superflu.

Des recherches longuement continuées sur les alcalis végétaux et sur d'autres points de chimie organique m'ont permis d'enrichir ce formulaire d'un assez grand nombre de recettes nouvelles , qui , je l'espère, ne seront pas sans utilité.

Pour contribuer autant qu'il est en moi à extirper cette lèpre des remèdes secrets qui déshonore et qui ruine l'art de guérir, je me suis efforcé d'établir des formules qui permettront au médecin de remplacer d'une manière convenable les principaux arcanes, au pharmacien de les préparer.

En résumé, outres les recettes nouvelles, j'ai cherché à rassembler dans ce petit volume toutes les formules employées tant dans les hôpitaux que dans la pratique civile; on y trouvera encore bien des recettes surannées dont je serais loin de conseiller l'emploi ; mais ces médicaments ont, si je puism'exprimer ainsi, leur réputation dans le public étranger à la médecine, et il faut bien que le médecin qui les entend citer, qui est consulté sur leur valeur, puisse trouver quelque part leur composition , et que le pharmacien auquel on les demande quelquefois soit à même de les préparer.

J'ai mis tous mes soins pour éviter les fautes typographiques essentielles. Quand j'ai emprunté une formule à un auteur, c'est sur le texte original que j'ai revu mes épreuves. Celte besogne a été aussi longue que fastidieuse ; mais je serai

bien récompensé de mes peines, si j'ai pu donner à ce formulaire le mérite le plus précieux clans ce genre d'ouvrage, Pexactitude.

Un mot, avant de terminer, sur Vordre que j'ai suivi dans ce formulaire. La classification par médication présente les plus incontestables avantages. Les formules les plus analogues par leur action se trouvent ainsi rassemblées ; et, par leur comparaison, elles peuvent faire naître dans l'esprit du médecin qui les consulte de nouvelles et heureuses idées. Comme j'ai limité plusieurs classes autrement qu'on ne l'a fait jusqu'ici , pour éviter toute équivoque, j'ai fait précéder chaque médication de considérations sijénérales bien précises.

A l'exemple de plusieurs auteurs , j'ai rangé les formules d'après la matière qui leur donne leurs propriétés médicales. Ainsi tous les médicaments à base d'opium se trouvent classés les uns à côté des autres. On peut ainsi réunir sous le même titre les notions thérapeutiques les plus importantes , et l'on évite de fastidieuses répétitions. Quand plusieurs substances de la même classe jouissent de propriétés médicales analogues et se trouvent ordinairement réunies dans les formules , je commence par donner des notions sur chacune de ces substances, puis me préoccupant peu de rapporter les formules à chaque médicament en particulier , je les réunis alors d'après leurs formes pharmacologiques qui se trouvent toujours subordonnées aux propriétés médicales. Ainsi , pour ne citer qu'un exemple, des pilules où entrentTaloès, lascammonée, lejalap, ne peuvent être rapportées à aucune de ces substances en particulier, mais elles se rangent naturellement parmi les pilules drastiques dans la médication purgative.

Pour compléter le cadre des médications , j'ai cru devoir donner des notions précises sur les agents thérapeutiques ou hygiéniques qui ne peuvent être compris dans une classifîcation pharmacologique. Ainsi, on trouvera des considérations sur l'emploi thérapeutique de l'eau, de l'air, de l'électricité, du feu, etc. ; des généralités sur les émissions sanguines, les bains, les douches, etc. Enfin, considérant que le médecin a souvent besoin de connaître la composition des eaux minérales, j'ai donné sur toutes les sources qui ont quelque importance en France ou à l'étranger, les notions suivantes: 1° le nom et le département ; 2° la saison des eaux; 3» leur température; à° la proportion du principe actif. J'ai réuni toutes les bonnes recettes publiées jusqu'ici pour obtenir les eaux minérales artificielles. Ce rapprochement de toutes les eaux minérales dons un chapitre commun est une exception à l'ordre

;^énéral de l'ouvrage, car chaque classe cUeau devrait se trouver rangée dans une médication différente; mais je crois qu'il est plus utile de les trouver réunies, et je n'ai pas craint de sacrifier quelquefois le plan général que j'avais adopté à l'utilité pratique.

L'ordre alphabétique a séduit plusieurs personnes par sa simplicité, mais c'est une marche tout à fait rétrograde qui ne peut suggérer au lecteur aucune idée nouvelle. On prétend que les recherches sont ainsi facilitées , pour ce'a je le nie : outre que cet ordre se trouve souvent interverti et qu'on ne sait où trouver la formule qu'on cherche, une bonne table des matières bien complète, par ordre alphabétique, est infiniment plus commode. Cela est si vrai, que plusieurs auteurs, qui ont cru devoir adopter l'ordre alphabétique , n'en ont pas moins fait suivre leur ouvrage d'une table alphabétique.

Il est plusieurs formules qui sont plutôt connues sous le nom des auteurs qui les ont inventées, et lorsqu'on veut les trouver, on oublie le nom de la forme pharmacologique. Est-ce un éîectuaire, une poudre composée, des pilules.^ Une table alphabétique par ordre d'auteurs est alors d'une grande utilité : je l'ai exécutée avec soin . Ainsi ce formulaire aura trois tables : 1° une table par ordre de maladies : c'est le Mémorial thérapeutique ; 2° une table des auteurs ; o» une table des matières par ordre alphabétique.

Le Mémorial thérapeutique, tel qu'il est exécuté, pourra, je l'espère, fournir quelques bonnes idées aux praticiens ; mais j'ai besoin d'ajouter qu'il faut être médecin exercé pour choisir avec discernement, dans une série de médicaments affectés à un genre de maladie, celui qui convient à l'espèce que l'on veut traiter; un remède excellent dans telle condition peut être inutile ou dangereux dans une autre: une longue expérience peut seule familiariser avec la science si difficile des indications, des contre-indications et de l'opporlunilé.

J'ai fait tous mes efforts pour que ce formulaire fût à la hauteur des connaissances du jour ; mais il est peu de genre d'ouvrage qui vieillisse plus vite. Un an ou deux suffisent pour accumuler de nombreux matériaux, et pour rendre surannées plusieurs formules. Le praticien qui veut se tenir au courant du mouvement de la thérapeutique active est forcé d'acheter ou de nouveaux formulaires, ou de nouvelles éditions d'un livre qu'il a déjà, et ne peut démêler sans travail ce qu'il y a de vraiment neuf dans ces publications nouvelles de ce qui n'est qu'une répétition. Pour éviter ces inconvénients , j'ai publié chaque année un Annuaire de matière médicale, de

pharmacie et de thérapeutique, du priv de VAmiuaire du bureau des longitudes. Là j'ai décrit tous les médicaments nouveaux, toutes les recettes contenues ou dans les recueils périodiques de médecine ou de pharmacologie, ou dans les traités généraux et spéciaux qui paraîtront dans l'année. Ce recueil contient en outre, pour chaque volume, une monographie sur le traitement d'une maladie curieuse ou importante.

Cette entreprise m'a imposé l'obligation d'un travail aussi varié qu'étendu; mais j'ai été récompensé de mes peines, en contribuant pour ma part au développement de solides études pharmacologiques, et par l'accueil empressé que le public médical a fait à ces petits volumes. Je redoublerai d'efforts pour continuer à être digne de cette bienveillance qui m'a si heureusement soutenu.

Tableau des abréviations.

Pli. Lond. — Pharmacopée de Londres.

F. H. P. — Formulaire des hôpitaux de Paris.

F. H. Lyon. — Formulaire des hôpitaux de Lyon.

Gram. — Grammes.

Décig. — Décigrammes.

Centig. — Centigrammes.

Milligr. • — Milligrammes.

Q. s. — Quantité suffisante.

aa. ou ana. — De chaque.

F. s. a. — Faites selon l'art.

M. s, a. — Mêlez selon l'art.

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