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EMISSIONS SANGUINES

Médication antiphlogisticiwe.

On comprend, sous le nom de médication anliphlogistique, Tenserable des moyens propres à combatlre les inflammations. Ces moyens peuvent être les révulsifs, les vomitifs, les purgatifs, \es contro-stijnulants ; les émissions sanguines, les éniollients et les tempérants; mais nous regarderons les trois dernières divisions conme appartenant plus particulièrement à la médication ontiphlogistique, et nous les comprendrons seules dans cette section.

Emissions sanguines.

Saignée. L'emploi de la saignée, dirigé par une main habile, a une cflicadté dans la plupart des maladies aiguës, généralement reconnue par les médecins de tous les temps et de tous les pays. Elle est utile dans presque toutes les intlamnialions des membranes et des parenchymes: parmi les phlegmasies, celle qui réclame le plus impérieusement peut-être l'emploi de la saignée, est la pneumonie : tout le monde est d'accord à cet égard ; il n'y a plus , pour ainsi dire , de controverse.

Les congestions cérébrales .

les épanchements, les commotions , trouvent encore dans l'emploi méthodique de la saignée le moyen le plus efficace.

Les fièvres éruptives, la (ièvre typhoïîle, réclament quelquefois l'emploi de la saignée; mais leur usage constant et méthodique, dans ces maladies, rencontre de nombreux ronlradicteurs. J'en dirai autant de l'emploi de la saignée dans Térysipèle, l'angine gutturale, le

rhumatisme articulaire aigu.

Avant de terminer ces courtes généralités sur l'emploi de la saignée, je dois ajouter que les eifets sont entièrement différents , suivant la quantité du sang que l'on retire à un malade dans un temps donné.

Personne n'a mieux fait ressortir cette vérité que M. le professeur Bouillaud ; voici l'exposition faite par lui-même de sa formule des émissions sanguines.

Formule des émissions sanguines (Bouillaud).

« Supposons que nous ajons à traiter une pèiipneunionie d'une étendue et d'une intmsité moyennes , au premier ou tout ;m plus au second degré, chez un individu adulte, d'une force et d'une conslitution ordinaires.

n Premier jour. — Une saignée de bras, de quatre pal>^ttes, le malin : une seconde le soir, de trois à quatre palettes. Dans riiitervaile des deux saignées , on appliqueia sur le côté douloureux trente sangsues ou des ventouses scarifiées, de manière à obtenir trois palettes de sang environ.

» Beuxièiiie Jour. — Une troisième saignée du bias , de la même quantité que les deux précédentes : et si la douleur du côlé persiste, on réitérera l'application des sangsues ou ventouses.

« Troisième jour. — Une troisième saignée du bras, de la même quautité

que les deux précédentes , et si la douli'ui- du côté persiste , on réitérera l'applicalioii des sangsues ou des ventouses.

» Quatrième jour. — La péripneumonie, même quand elle est parvenue au second degré , résiste rarement au delà du quatrième jour. Dans les cas où il nn est ainsi, on peut pratiquer encore une nouvelle saignée; mais, le plus ordinairement, il est mieux d'y renoncer, et d'appliquer un large vesicatoire sur le côté malade.

» En règle générale. — On ne doit renoncer décidément aux émissions sanguines que du moment où la réaction fébrile est nulle, et que la dyspnée et la douleur ont à peu près complet ment cessé. Si, <ommc toutes les règl générales , celle-ci comporte quelqu exceptions, elles sont très rares. »

Avant de terminer, j'ai besoin de dire, avec M. Bouillaud , que la méthode des saignées coup sur coup est un de ces instruments énergiques , un de ces instruments violents qu'on ne saurait manier avec trop de prudence , et dont il ne faui jamais conlier l'exercice à des mains inhabiles. Il faut prendre garde de ne frapper que sur la maladie, et non sur le malade.

Formid. de saignée (Boudin).

M. Boudin a trouvé qu'on retirait d'immenses avantages à pratiquer la saignée debout, c'cst-à-dirc , le malade élant placé dans la position la plus favorable à la production de la syncope.

\oici comment s'exprime à ce sujet le médecin en chef de l'hôpital militaire du Roule : a Depuis un an que j'ai généralisé ce modus faciendi dans mes salles , j'économise une prodigieuse quantité de sang à mes malades. Aussitôt la moiteur et la réfrigération du corps survenues sous l'influence de la syncope, le malade est replacé dans son lit, qui est maintenu aussi élevé que possible. On le couvre de nombreuses couvertures , et l'on favorise avec des boissons tiédes la transpiration. Plus le malade est faible, plus je tiens à la stricte oliçeivation de ces règles , q

MEDICATION ANTlPHLOGlSTIQUE.

ment le malade dans un pédiluvc sinapisé. Au besoin , on le .saigne aux deux

bras à la fois. »

Ventouses scarifiées. — Les ventouses scarifiées commencent à remplacer dans la pratique l'emploi des sangsues ; elies ont sur elles d'incontestables avantages. Les malades sont moins exposés à se refroidir pendant leur application ; on peut doser régulièrement la quantité de sang qu'on obtient:

on les applique surtout sur les côtés de la poitrine dans la pleurésie et dans la pneumonie, sur le ventre dans la péritonite , à la partie interne et supérieure des cuisses , pour provoquer les règles. L'habitude qu'ilfaut pour leur bonne application en restreindra seule l'usage.

Sangsues. — Il n'est pas de moyen thérapeutique dont on ait plus usé et plus abusé; il n'est guère de maladies où elles n'aient été employées. La génération médicale présente aura peine à secouer le joug des sangsues, tant leur emploi a été universel. On a épuisé successivement les marais de France, d'Italie, d'Allemagne, de Hongrie, et l'on est obligé d'aller les quérir sur les confins de la Turquie. La France est tributaire de l'étranger pour ce seul article d'une somme de plus de trois millions. On apdépërdiïiondVMng'\out\w'àit pliquo les saugsuGS dans tous tjcs lieux et dans tous les cas que nous avons indiqués à l'ar-

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