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U2 SECOURS AUX ASPHYXIÉS

serment devant M. le juge d'instruction, nous avons vérifié rintégrité des scellés apposés sur les bocaux , et nous avons procédé à l'examen et à l'analyse des matières qu'ils renfermaient. Avant de commencer aucune opération, nous avons mis de côté, dans des bocaux séparés, la moitié des matières que nous devions examiner. Ces bocaux ont été remplis d'alcool rectifié pur, bouchés avec soin et scellés du sceau de M. le juge d'instruction, pour que, si la justice n'est pas suflisamment éclairée, il puisse être facilement procédé à une nouvelle expertise.

( Décrire ici avec les détails les plus minutieux toutes les expériences entreprises dans la vue de s'assurer de la nature du poison. Diriger particulièrement ses recherches vers le point essentiel, qui est d'obtenir isolé le principe vénéneux. Insister particulièrement sur le détail des procédés qui ont permis de l'isoler. Le conserver dans un tube scellé, l'annexer aux pièces; énoncer ce fait au procès-verbal. S'assurer avec le soin le plus scrupuleux que les réactifs employés ne contenaient d'avance aucune trace du poison trouvé. Cette précaution est surtout indispensable lorsqu'il s'agit d'un empoisoimement par un composé arsenical et qu'on met en usage le procédé si élégant et si facile de Marsh ; car l'acide sulfurique et le zinc peuvent contenir d'avance un composé arsenical et induire par là les experts en une déplorable erreur. Il sera bon de joindre aux pièces des échantillons des réactifs employés.)

Conclusions. — Donner des conclusions nettes et précises quand on est arrivé à un résultat certain, qu'on a isolé le poison ; mais dans le cas contraire, il est indispensable de ne les présenter que sous forme dubitative.

Fait à , le 188 .

Secours à donner aux asphyxiés.

Dans tous les cas d'asphyxie, il faut se hûter le plu3 possible de donner des secours, et les continuer malgré le peu de chances de succès. Il est un moyen qui n'a pas encore été employé dans les cas d'asphyxie et auquel j'attache une importance considérable : le marteau de Mayor, qui a été si utile à M. Rayer pour ranimer les agonisants.

Dans mes expériences sur les animaux empoisonnés par asphyxie, j'ai eu occasion d'observer qu'on parvenait quelque-

ASPHYXIE PAR SUBMERSIOIN. 5C3

fois à les rappeler à la vie d'une manière loiilà fait inattendue, soit en leur causant, aussitôt que les accidents graves apparaissent, des douleurs vives par les instruments tranchants, soit en pratiquant des affusions d'eau glacée sur la colonne vertébrale. En lisant les observations si intéressantes recueillies dans le service de M. Rayer par M. Hervieux sur l'application du marteau de Mayor et son utilité dans la période ultime des maladies, j'ai eu la pensée d'employer ce moyen puissant de ranimer la sensibilité défaillante dans les conditions où la vie s'éteint accidentellement sans qu'il existe de lésions dans les organes essentiels au maintien delà vie. Je suis convaincu que l'emploi du marteau de Mayor dans les cas d'asphyxie par submersion, strangulation, par aspiration de gaz délétères, oxyde de carbone, acide carbonique, gaz suif hydrique, etc., rendrait des services bien autrement importants que chez les agonisants ordinaires; car si l'on réussit à rappeler les asphyxiés à la vie, ils reviennent I)ientôt aux conditions normales de la santé. J'étendrais aussi ce moyen à plusieurs autres empoisonnements où l'asphyxie joue un rôle considérable, tels que l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique, par la ciguë, la strychnine, les solanées vireuses, l'opium, l'alcool, l'éthei*, et surtout le chloroforme, etc.

Les cas d'asphyxie qui se présentent le plus souvent sont : 1° par submersion; 2° par strangulation ; S*" des nouveaunés; /i" par gaz délétères.

Les gaz qui déterminent le plus d'accidents sont : a. Vacide car bonig ne eiV oxyde de carbone ; b. le gaz des fosses d* aisances. Nous ne nous occuperons dans cette courte notice que des exemples principaux.

1'' Asphyxie par submersiOxN (noyés). — On débarrasse rapidement le noyé de ses vêtements en les coupant. On le couche sur le dos, un peu tounié sur le côté droit. On débarrasse la bouche des mucosités qui souvent l'enduisent. On le penche légèrement pour faire écouler les liquides muqueux qui souvent sont contenus dans la trachée ; mais on se garde bien de mettre en usage cette barbare coutume populaire de suspendre le noyé par les pieds. On réchauffe le plus promptement possible le noyé en promenant sur toutes les parties de son corps des briques ou des fers à repasser convenablement chauffés. On le frictionne avec de la flanelle chaude que Ton enduit quelquefois d'un liniment ammoniacal.

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