A SECOURS AUX ASPHYXIÉS
On place sous sonnez un flacon rempli de vinaigre radical ou d'ammoniaque étendue. On exerce de légères compressions alternativement sur la poitrine et sur le bas-ventre, pour rétablir un mouvement analogue à celui exécuté pendant la respiration par les muscles respiratoires. C'est vers le but de rappeler cette importante fonction que doivent tendre tous les elïorts. Apiès quelques instants de pressions alternatives infructueuses, on devra recourir immédiatement au moyen vraiment héroïque, V insufflât ion de l'oir dans les pou- 7nons, qu'on pourra pratiquer de bouche à bouche. On a proposé d'introduire l'air au moyen d'un tube de gomme élastique de 16 à 18 centimètres de longueur qu'on introduit dons la bouche, puis sur les côtés de l'épigiotte. On pourra adapter à ce tube un soufflet, ou à son défaut, la bouehe ; mais il faut que l'insufflation soit très-ménagée pour ne pas devenir dangereuse.
Les instruments pour insuffler de l'air dans les poumons sont : le tube laryngien de Chaussier, la canule de Pia, la sonde laryngienne. Voici quelques détails sur la manière d'opérer. On place dans le larynx la petite extrémité du tube laryngien, en ayant la précaution de bien poser sur l'ouverture du larynx la tranche de la peau de buftle ou d'agaric. On place dans sa bouche l'autre extrémité du tube, et l'on aspire les mucosités qui peuvent être dans les bronches. On adapte à l'extrémité du tube un soufflet ; on pousse de l'air peu à peu et par secousses, de manière à imiter la respiration. Cette insufflation doit être faite doucement, car cette opération pratiquée sans intelligence peut devenir funeste. En même temps on pratique des frictions sur la poitrine et sur l'abdomen.
La fumée de tabac introduite dans l'anus a été préconisée par une foule d'auteurs graves. On l'a abandonnée aujourd'hui, peut-être à tort ; on l'a remplacée par un lavement avec 5 grammes de tabac et 30 grammes de sel marin : mais l'effet ne paraît pas être le même.
On a vanté l'électricité pour sauver les submergés ; mais son utilité paraît douteuse. Il n'en est pas de même de l'acupuncture : Garero afflrme avoir rappelé à la vie un grand nombre d'animaux noyés, quand la mort était apparente depuis quelque temps, en stimulant les fibres du cœur et celles du diaphragme à l'aide d'aiguilles qu'il y enfonçait.
Quelquefois il est nécessaire de purger, de faire vomir ou de saigner le noyé ; mais c'est au médecin à se diriger selon les indications.
Avant de terminer, je dois faire deux remarques impor-