TRAITEMENT HYGIÉNIQUE
d'âge étant favorables, la grande cause de l'évolution des scrofules et des tubercules est la continuité dans cet état d^appauyrissement de l'économie, que j'ai désig-né sous le nom de misère physiologique ; la combattre le plus tôt possible est la plus pressante indication. On la combat en élevant le niveau de la dépense par un exercice gradué et progressif, par la gymnastique des poumons, par les frictions, le massage, par un emploi prudent des procédés les plus simples de l'hydrothérapie, en évitant les refroidissements non suivis de réaction. 11 faut que la réparation soit proportionnelle à la dépense, que l'alimentation soit sévèrement étudiée pour la rendre complète. Ne pas négliger l'emploi suffisant des corps gras et surtout de l'huile de foie de morue. Combien ces indications l'emportent sur tous les remèdes antiscrofuleux, antituberculeux. Dons le cas de consomption^ recourir à la suralimentation, 304.
Goutte^ gravelle urique, folyurie, — Manger modérément. Eviter Texcès de pain et de corps gras.
Calculs biliaires. — Une ou deux selles chaque jour par l'habitude des heures. Alimentation alcaline, cresson, salades! légumes. Exercice.
Opérations chirurgicales. — En général le pronostic des opérations chirurj^icales est plus grave quand la personne qui les subit est sous le coup d'une maladie chronique. Il importe donc de la guérir ou du m(»ins de la modifier avant d'entreprendre les opérations. La phthisie, la polyurie, les maladies chroniques de l'estomac, des intestins, du foie, commandent au chirurgien une grande circonspection. Quand les urines contiennent de l'albumine, du pus, de la glycose, on doit, avant de pratiquer l'opération, instituer tout d'abord un traitement convenable pour ramener l'urine à son état normal.
Conclusion. — Je termine par une considération générale dont tout praticien comprendra d'autant mieux l'utilité qu'il aura plus observé : Dans les maladies chroniques^ rien n'est plus important^ rien n'est plus difficile qu'une direction hygiénique convenablement appropriée à tous les cas.
580 l'alimentation dans le diabète.
^'ote sur raliiiientation dans le diabète sucré.
V'^ Partie, — Préceptes généraux. — La première règle qu'on doit observer, c'est la suppression aussi radicale que possible des aliments féculents et sucrés, tant qu'ils ne sont pas complètement utilisés (1), Cette suppression, avec un exercice de chaque jour en rapport avec les forces, constitue la base du traitem^-nt.
Manger modérément et lentement^ bien diviser, bien mâcher tous les aliments. Tant que la quantité des urines rendues en vingt-quatre heures sera supérieure à rieux litres, boire le moins possible et prendre peu d'aliments liquides, tels que bouillons, soupes, etc. Pour faire des potages gr.MS ou maigres, il faut employer la fiirine de gluten, ou la semoule de gluten de Cormier. — Combattre le sentiment de la soif, eu mâchant des olives, des graines de cacao torréfiées ou du café torréfié. Eviter le repos et le sommeil, après le repas; pour cela une bonne promenade en sortant de table est très utile. Ne se coucher que quatre à cinq heures après le <lernier repas. S'abstenir de tabac, ou fumer le moins possitde.
2^ Partie. — Aliments défendus. — Voici la lisle des aliments féculents ou sucrés les plus usuels, qui doivent être proscrits tant que les urines contiennent du sucre :
Pain, pât sserie, riz, maïs et autres graines farineuses; les pommes de terre, les fécules de pommes de terre, d'arrow-ruot, de sagou, de tapioca et autres fécules alimentaires; les pâtes farineuses, telles que semoule, macaroni, vermicelle, etc. ; les haricots, pois, lentilhs, fèves; les marrons et les châtaignes; les radis, les carofes, les navets et autres racines féculentes ou sucrées; tous les fruits et particulièrement les fruits sucrés, tels que les figues, les raisins, frais ou secs, les prunes ftles pruneaux, les pommes, les poires, les ananas, les melons, etc. : le
(1) On s'assure que los aliments féculents sont complètement utilisés, en portant à l'ébullition 50 j^rammes d'urine (2/3 d un niatras d'essaytur), el 5 jjranmic> de chaux vive éteinte (une cuillerée à café). S. l'urnie contient du sucre, elle se colore, ci cela d'autant plus que la proportion du sucre est plus («msidcralile Cet essai devra être fréqucmmoiit rc()Olé, surtout lorsqu'on s'écarte du régime; la coloration est la preuve que les aliments iécu ents ou sucres ne sont pas complètement utilisés, et qu il faut persister dans le régime ou le reprendre.
l'alimentation dans le diabète. 581
sucre, le miel, les confitures, le lait, la bière ^ le cidre ^ les limonades et les boissons acides, surtout lorsqu'elles sont sucrées.
Dans les sauces, la farine et la chapelure doivent être remplacées par la farine de gluten, on ne doit pas y faire intervenir le caramel, les oignons^ les navets, les raves.
3* Partie. — Aliments permis. — Les aliments qui peuvent être permis sont très nombreux, nous allons en faire une énumération aussi complète que possible.
Il ne fant pas adopter une nourriture exclusivement animale, il est de beaucoup préférable de choisir une alimentati(»n mixte. Les aliments azotés doivent être pris en quantité modérée.
Tant qne les urines contiendront du sucre, remplacer le pain ordinaire par le pain de gluten légumine de Cormier, oii par les biscuits de gluten torréfiés ou par les gâteaux au gluten de la même fabrique.
Les vian les de toute nature, aussi bien les viandes blanches que les viandes noires, peuvent être conseillées, celles d'animaux adultes sont préférables, le gibier convient très bi M, ainsi que les quartiers de porc, surtout ceux qui sont gras. Prmi Ir^s différentes parties des animaux, on doit éviter les loies et les morceaux gélatineux. La cervelle», les ro^aions la fjigoue les boudins, de même que les viandes lumées ou salées, telles que jambon fumé, bœuf de Strasbourg, nnu-tadelle d'Italie, saucissons de Lyon, conviennent; tous les assaismnements qui stimulent l'appétit, tels que moutarde, sel, poivre, raifort, conviennent; on peut même essayer le radis nou-, quoiqu'il contienne de la lécule; pour les fritures ou les sauces, il faut employer le gluten ; pour les croiites rôties, du pain de gluten.
Tous les plissons d'eau douce comme les poissons de mer, lrai<, salés ou fumés, offrent une ressource variée et très précieuse. Les autres animaux alimentaires, tels que huîtres, moules, écrevisses, lan};pustes, homards, crevettes, escargots, grenouilles, etc., peuvent être permis.
Les œuls, sous toutes les tormes si variées qu'a imaginées l'art culinaire, sont d'une grande utilité.
Si le lait t-st défavorable, la crème fraîche et de bonne qualité c mvient, il en est de même du l)eurre dont nous recommandons spécialement Tusage journalier, les fro-
582 l'alimentation dans le diabète.
mages de toutes sortes, frais, salés, fermentes, etc., offrent
une précieuse ressource alimentaire.
Les légumes qui peuvent être permis sont assez nombreux. On doit oliserver seulement que les corps gras (huile, beurre, j^rai-se, lard) doivent entrer en quantité plus élevée que de coutume dans leur préparation, et quoi qu'il en soitj comme certains lé^^umes, tels que le choux, contiennent encore de la fécule* ou du sucre, ils doivent être pris en qunntité modérée et leur influence dans l'alimentation devra être appréciée par l'essai «les urines rendues deux ou (juatre heures après leur usage. Tous les légumes doivent être blanchis à grande eau bouillante et bien égouttés. Vi.ici la liste des principaux légumes qui peuvent être permis :
Epinards, chicorée, laitue, artichauts, choux, chouxfleurs, choux de Bruxelles, choucroute, haricots verts, asperges, sais fis, cardons, céleri, champignons, truffes. Les jaunes d'oeufs et la crème doivent remplacer la farine dans les sauces.
11 «envient de manger chaque jour des salades de feuilles et particulièrement les suivantes -.laitue, romaine, escarole, chicorée, barbe-de-capucin, pi-seulit, mâche, scorsonère, cresson. On peut essayer lusage de c 'leri, mais on doit apprécier son influence sur la compositi<m de l'urine. Peu de vinaigre et beaucoup d'huile ou de crème dans les salades.
Pour le dessert, outre les fromages, les olives, les amandes, le^ noix, les noisettes fraîches ou sèches, les pistaches peuvent être permises.
On peut accorder du chocolat au gluten ou à la glycérine sans sucre ni farine, qui peut être préparé à l'eau et à la crème.
L'usîige de>4 bons vins rouges vieux, des fins cépages de la Bourgogne ou du Bordelais, est favorable; une bouteille au plus, dans les vingt-quatre heures, voilà la quiintit • qui con vient pour un homme, une deuii-bouteille pour une femme.
Le vin de Champagne mousseux et tous les autres vins sucrés et mousseux, ou senlem nt sucrés, ne doivent pas être permis; il en est de même des eaux gazeuses comme de l'eau de Seltz. On d(ùt couper le vin soit avec de l'eau pure^ soit avec une infusion de dix grammes de quinquina loxa concassé pour un litre d'eau, soit avec de Teau dans
l'alimentation dans le diabète. 583
laquelle on aura lait dissoudre par litre une ou deux cuillerées à café de sel de Seignette, soit avec de T* au de Vals-Saint-Jeun. Augmenter la quantité des boissons aqueuses quand les urines déposent de l'acide urique.
Le café et le thé sans sucre conviennent généralement, cependant il e t bon d'en apprécier l'influence en examinant les urines après leur usage. Il faut préférer le thé Pékao à pointes blanches, associé au thé de fl urs d'oranger. On peut ajouter au thé ou uu café un peu de crème ou de rhum, d*eau-de-vie, de kirsch, mais on doit limiter tusoge des alcooliques aussitôt qu'ils déterminent de l'excitation encéphalique. On fera mieux de s'abstenir de liqueurs fortes ou d'en user avec un*- grande modération.
4® Partie. — Aliments par lesquels il faudra commencer de revenir à la vie commune quand les urines ne contiendront plus de sucre ^ mais en ayant soin d^ essayer les urines après leur usage, afin d'être certain que les sucres ou les fécules sont utilisés. — Erhaudés, pain de son, pain or<tinaire, mais toujours en quantité modérée; préférer la croûte ou le pain légèrement torréfié au four, pommes de terre frites^ semoule de gluten ordinaire. — Essayer du pain dans la préparation duquel on remplacera le sel ordinaire par du sel de Sei^nette. On peut souvent mélanger le sel de Seij<net«e avec le quart de son poids de pho^phate de soude, et un peu de sel marin. Ce pain est préférable quand il est légèrement torréfié. Ufaut toujours en manger peu.
On peut a< corder les fi uits suivants : fraises, pêches, ananas, framboises, gr<. seilles, cerises, mais toujours sans sucre.
On peut essayer les pommes et les poin s, mais toujours en quantité modérée, crues et sans sucre. On peut boire delà bière de garde, mais vieille, non gazeu>e, pure ou étendue d'eau.
Toute^ ks fois qu'on usp des aliments à l'aide desquels il faut commencer de revenir à la vie commune, il est important d'^^ssayer fréquemment les urines afin de reprendre immédiatement le régime sévère aussitôt que le sucre reparaît dans les urines.
Nota. — L'éniiinération des mots qui conviennent aux jrlycosiiriques, ou le menu des diabétiques, constitue un bon aide-mémoire pour la porsoime charirce d'ordonnor le repas; on \- trouve dans le volume sur la gly.o'^une, 2« édition. 188:^, hVlix Alcan, successeur de Germer Baillière et G'*', iOS, boulevard Saint-Germain.
58/l NOTICE SUR LES URINES.
•^ I\'oUce sur ressai des orlnes.
Les réactions chimiques que je vais rappeler au souvenir du mc'deciti praticien 8«'nt très- limilocs. Ce tableau serait inutile pour celui qui a i'habilude des 0[»érations chimi.|ues ; il pourra servir de mémento à celui qui a quitté depuis longtemps le liiboratoire.
Chaleur. — Il est très-utile de faire chauffer les urines d'un malade lorsqu'on y soupçonne Pexistence de l'albumine, qui s'y rencontre bien plus souvent qu'on ne le croit généralement. Un peu avant la température de iOO degrés, l'urine se trouble, l'albumine se sépare sous forme de caillots ou de flocons.
Toute urine qui se troulde par la chaleur n'est pas nécessairement albumineuse : quelques urines alcalines laissent déposer, comme M. Rayer l'a déj.^clit, à la température de 100 degrés, des pho«;phates terreux qu'avec un peu d'habitude on distingue facilement, quand ils ont déposé des floc<<ns albumineux.
Pai remarqué que les urines de la seconde émission du matin, avant le repas, se troublent souvent par la chaleur, cher les personnes en santé; ces u«ines ont une réaction acide très-faible, par l'ébullition le phosphate de chaux devient insoluble et entraîne le mucus.
Les urme» chargées «le mucus moussent à l'ébullition et sont souvent projetées violemment hors du malras.
Pour faire bouillir les urines, j'emploie avec succès un petit matras d'essayeur chauHé par l'esprii-de-vin.
Acide nitrique — En versant avec précaution de l'acide nitrique dans des mines albumiueuses, elles se troublent immédial«'ment et laissent déposer bientôt des flocons albumineux. L'acide nitrique est un bon réactif pour l'albumine; il faut observer seulement que, lorsqu'on en verse un excès, il peut redissoudre le piécipilé formé. Le pré( ipité produit par l'acide nitricjue n'est pas nécessairement Je Talbumine : les urines qui contiennent des urates en grande quantité précipitent par l'acide nitrique. Mais on peut être sûr que des urines qui se troublent par la chaleur et qui précipitent par Pacide nitrique contiennent de l'albumine : ces deux caractères réunis sont décisifs (1).
Tannin. — On prépare la dissolution de tannin en faisant dissoudre -10 grammes de tannin dans 200 grammes d'eau, et en ajoutant à la dissolution 10 grammes d'élher pour la conserver.
La dissolution de tannin précipite des urines la gélatine et Talbumine modifiée, et d'autres substances organiques.
Il faut répéter souvent cette réaction chez le même malade pour y attribuer de Pimportanre: il y a longtemps que j'ai constaté que les urines précipitent abondammeni par la dissolution de tannin, quand on a pris il y ;• peu de temps du bouillon riche en gélatine.
Chaux. — C'est un bon réactif pour reconnaître le sucie de diabète dans les urines. Il suflii de fiire bouillir dans un matras d'essayeur 50 grammes d'urine avec 5 grammes de chaux. Les urines prennent unecorileur caramel d'autant plus foncée que l'uiine contient plus de sucre. On reconnaît facilement ainsi 5 grammes de sucre de fécule
(Ij Les urines qui renferment du pus ou du sauj; contiennent aussi de l'al- ))Uiiiine, mais dans ces cas il faut laisser déposer l'urine et examiner le dépôt à Taîde du mirroscope.
NOTICE SLR l'essai DES L^RINES 585
dans 1 litre d^urine J^ui fuit connutlre l'emploi de ce réaclit^n 1835.
Il faul éteindre lu chiiux vive avec de l'eau, puis rintrodinre dans un fI:icon liouthunt exuiienienl uu liége.
Quand 50 grammes d'urine bouillie avec 5 grammes de chaux ne se colorent pas, on ajoute encore 5 grammes de chaux et Tou porte à l^ëhuililion. si elle ne se colore pas, il ne reste pldS qu'à s'assurer que la chaux est hiMine.
Pour ct'la nn verse dans le matras une demi-cuillerëe à café de miel ou de sirop de férule. On poile à rébuUitiou. L'urine doit alors se colorer d'une façon lres-prouon< ée, et Ton est assuré que la chaux était i)ien Ciilcinée en quantité sudisante, et que l'urine avant l'addition du sucie de fécule n'en contenait pas.
J'indir(iie ces iniiintienses précautions parce que l'expérience m'en a fait reconnaître l'utilité ( I ).
Solution d'iodure de potassium iodurée. — On prépare cette dissolution en fui^ant dissoudre I p. d'iode, 1 p. d'ioduie «le potassium dans 50 p. d'eau. Quand on ajoute cette solution à une mine, il se forme des flo'ons d'une couleur marron si les urines renferment du sulfate de (|uinine ou un autre alcali végétal administre dans un but thérapeuti(|ue. J'ai fait connaître ce réactif en 1852. 11 a été employé depuis pyi un grand nonihre de médecins.
Densité des urines. — On prend la<lensité des urines à l'aide de l'uroniètre, «jui n'e-t qu'un densimètre donnant les densités des liquides de 1,000 à », 050 à la température de 15 degrés centigrades (2),
Cette échelle suHil pour prendre la densité de toutes les urines. Ce n'est qu'infiniment laiement qu'on rencontre des urines Ue glycosurique.s d'une den-ité supérieure à 1,050.
11 y a quelques années, les médecins des hôpitaux de Paris employaient presque tous des aréomètres pour l'essai des mines; mais comme la plupart des instruments étaient fautifs (5) et qu'ils négligeaient des conditions indispensables, on a peu à peu renoncé à un mode d'investigation qui ne donnait que des résultats incertains. On employait surtout cette méthode pour rechercher le sucre dans les urines ; mais quaml on néj^lige la question de quantité, ce n'est que très-exc>'plionnellemeni (|u'on obtient ainsi une donnée utile J'ai vu des urines d'une densité de 1 .0/»7 ne c<mtenant pas de sucre, et par contre j'en ai trouvé dans des urines d'une densité de 1,006; cependant je dois «lire cp»e t»»utes les urines d'une densité supérieure à i,040 que j'ai examinées contenaient du sucre.
Cependant, «|uand avec le caractère de densité on réunit celui de la quantité d'uiine rendue dans les vingt-quatre heures, on arrive à des résultats <|ui ont une grande utilité.
On objectera sans doute (|ue ce n'est point une opération sans difficulté pratique, que celle qui consiste à recueillir exactement l'urine
(1) La potasse peut remplacer la chaux, maïs elle colore à rébullition certaines urines iiofiiales. Le réactif cuivreux {Fronihert Felhing) est aussi troi) sensible. (Voyez Héjxtrtoire de pharmacie^ t. XTI, p. 253.)
(2) Il ne dilÏÏTe du laclo-densiniètre de Quevenne que parce que ce dernier ne donne les dejxrés que depuis 1,015 à 1,050. Il peut le remplacer complètement en prenant pour guide Vhulruction $ur l'e$$ai du lait, chez Félix Alcan, 3c édit. 1879.
(3) On trouve des uromètres exacts rue des Grands-Augustins 18. au magasin de pain de gluten de C&rmier, gradués parnotre habile artiste M Baudin.
de vingtji^uatre heures. J^eu conviens, mais à cela je répondrai :quel que soit le mode d^examen de l'urine que vous a'optiez. il n'aura de valeur qu'aulnnl que vous apprécierez la quantité d'urine rendue en vingt-rpiiitre heures, et que vous ferez intervenir celte quantité dans vos recherches.
S'agit-il de la détermination du sucre, si vous en fixez la quantité par litre, à l'aide d«' Tadmirahle appareil de polurisalion «le M. Biot, vous n'aurez qu'une notion int omplcte sur les pertes de l'économie, si vous ne connaissez pas la quantité d'urine rendue dans les vingtquatre heures.
Si jusqu'ici on n'a pas tir** tout le parti (|u'on peut en ohtenir des donnée-, fournies par l'ohservalion des densités des urines, et des quantités fournies en vingt-quatre heures, c'est que le résultat définitif n'apparaît pas iinmeduitement. parce qu'il échappe aux comparaisons. Il est indispon ahle et très facile, comme nous allons le miontrer plus loin, de convertir «es données en nomhre par un calcul facile.
Sur le tnnde (Temfiloi de l'iiromètre. — Voici comm iit il convient d'opérer. Choisir une éprouvette d'une largeur sulïisante pour que le densimètre pu sse ficilemenl s'y mouvoir, la remplir convenablement et y plonger peu à peu I3 densimèlre jusqu'à ce qu'il ne s'enfonce plus de lui-même, et, pou: être sûr qu'il est aflleuré à son véritable point (i^, le faire plonger .le 1 degré de plus en appuyant légèrement dessus, afin qu'il puisse ensuite remonter de ce même «legié. Il faut éviter de le faire ilong^nr bien au delà du point d'attleurement, car alors la tige, se trouvant rectiuvei te d'urine dans presfjue toute son étendue, cela rendrait l'instrument plus lourd, et fau.> serait dès lors légèrement la pesée.
Si l'on a rempli l'éprouve'te brusquement, un peu de mousse se rassemblée la surface de l'urine, et s'acmle ;• la tige de l'uromètre,. ce qui empêche de voir nettement quel est le point précis à noter. Pour éviter cet inconvénient, ou verse l'urinedans l'épioiivette légèrement penchée, de manière que le liquide coule le long des parois. De j)lus. en remplis-^anl d'abor-l complètement I • vase, l.«issanl reposer quelques secondes pour (|ue le peu de bulles d'au introduites dans le liquide puissent gas^ner la surface, puis soudlant dessus en même temp< qu'on décante le trt»p plein, on achevé de prévenir le petit inconvénient dont nous parlons.
Le det^ré (te l'urine pouvant paraître jin peu plus ou un peu moins fort, suiv;int que l'éprotivetie est f)lus ou moins pleine, une observation est nécessaire à ce sujet: quand l'uromclie s'rsi enfoncé presfjue à son degré d'afîleuiement, et ai^nni de le faire plonger de \ degré de trop^ comme il <«st dit ci-dessus, il fiul. en soutenant l'instrument, pencher légèremont l'éprouvetttr, afin île rép'udre nn peu d'urinede manièie f|ue celle <|ui r-ste ne s'élève plus qu à environ r» millimètres du bord supérieur , on place alors l'app.neil sur une table, on fait plonger riiroinèlrc de 1 d«'gré de trop, c-mme nous l'avons dit, e l quand une fois il s'est bien fixé de lui-même à son point d'afileurement el ne bouge plus, on regai de le dei^ré qu'il marque.
Le de;;>é accusé })ar l'uromèlre étant ainsi connu, il faut, pour savoir s'il est juste, connaître la température de l'urine. Pour cela on
(1) On appelle point d'affleurement l'endroit de In tige de l'instrument qui ee trouve au niveau de la surface du liquide.
SUR l'essai des urines. 587
y plonge le thermomètre (1) que Ton agite légèrement pour qu'il prenne bien la tem|)éia*uie du liquide; on liliilors, au bout dVin^ demi-minute environ, qut-lie est celle lempéralure ; si elle est de 15, le degré d'abord obtenu avec Tuiomèlreest juste, il n'y a rien à changer ; mais si cette température est plus ou moins élevée, il faut, pour avoir avec exactitude le degré de l'urine, faire une cotrection, ce à quoi l'on parvient facilement au moyen des tables suivantes :
Table de corrections établie d'' après les résultats d"* expériences pour une urine non sucrée.
Retrancher du degré obtenu.
Ajouter au degré obtenu
Température.
Température.
Table de corrections établie pour une urine sucrée» Betrancher du degré obtenu. Ajouter au degré obtenu.
Température.
Température;
(1) Il faut préférer les lliermomètres à mercure, attendu que ces sorte d'instruments sont bien plus sensibles et plus justes que ceux à l'esprit-de ▼in.
Température.
Température.
iO
A quelle quanlilé de matières fixes correspond un degré densi» métrique h ta tem,pérature de 15 degre's centigrades? — l^e rapport entre la deusilé de l'utiiie et lu (|uaitliié Je matières fixesqu'eile contient u^est pas constiiiit; il vaiie suivant la nature de ces matières fixes et de leurs propoi lions. De très-nombreuses expériences, exécutées pour fixer ces rapports, m'ont deniontré la réalité de ces Viiriatious. Quoi qu'il en soil. les erreurs auxquelles on est expose en adoptant un chiffre moyen bien choisi ne sont pas as«ez grandes pour ne pas obtenir un résultat approximatif très-suffisant pour la plupart des recherches metlicales
Dans des expéiiences très nombreuses auxquelles nous nous sommes livrés, Sluart Cooper et moi, en 1846 et I 847, nous avons trouvé comme chiffre moyen de 127 an. lyses d'urines de malades affectés d'albuminurie 1 gram. 9'J ceuligr. de nifitières fixes par litre d'urine pour ch=ique degré densimélrique à la tempéralnre de 15 degrés centigrades.
Dès mes premières recherches sur le diabète sucré, en 1837 et 1838, j'aitrouvé corn ..e moyenne '2 gram. 1 centigr pour un litre iluriue glyeosuriqne pardegié <lensimétri«iue à la température de 15 degréscentigrades, en ayant le soin de fane mes evaporations à l'éluve à une température intérieuie à 60 degrés, ou dans le vide. Ces expériences avaient été exécutées pour faire cousirnire mon pretnier uromèlre, par Lediker.
Je regarde le chiflre moyen de 2 gram. l centigr. comme trèsprès de la vé- ite lorsqu'il s'agit il'nrines très-sucrees, mais de nouvelles recherches m'ont montré qu'il élitit trop élevé pour les urines normales. J'a< adopté le nombre de 2 grantnnes; je le regitrde comme un peu fort lorsqu'il ne s'agit pas «i'urines sucrées. Mais comme on ne peut prétendre (|u':"i un résultat approximatif, je l'aHniets pour la facilite (|u'il ini ro luit dans les calculs, «|ui peuv«;nt s'exé< nier au lit du mal.ide et presque toujours de mémoire. Avantage inappréciable pour le médecin auquel le temps manque si souvent et (|ui doit s'en montrer avare qu^nd cela se peut.
Ainsi donc nons admettons que chaque degré de l'uromètre .supérieur à zéro correspond n 2 ^ranimes de matières fixes par litre d'niine. Il importe de fixer aitiellemeni la quantité d'unne rendue normalement eu vingt -quatre heures par l'homme en santé, ainsi que \ii densité de ces urines.
De la quantité d'urines rendues par l'homme et la femme en vingt-quatre heures. — J'ai comparé les résultats obtenus sous ce
SUR l'essai des urines. 58 'J
rapport par M. Rayer, par M. Lecanu et par M. Becquerel, à ceux que i^avuis moi-même déduits dNin grand nombre de mesures effectuées à des époques et dans des circonstances différentes. Voici les chiffres que j'ai adoptas, en arrondissant un peu les nombres :
Quantité moyenne d'urine rendue en vingt-quatre
heures par un homme en santé 1 lit. 25centil.
Quantité moyenne d'urine rendue en vingt-quatre
heures par une femme en santé 1 lit. 35 centil.
De la densité moyenne de l'urine rendue en i^ingL-quatre heures par l'homme et la femme en santé. — Les densités moyennes données par les auteurs vurieiit pour l'homme de 1,018 n 1 ,023. De mes observations personnelles, en ay^nt égurd aux dillére nies ))ériodes de Tannée, elles ne s'éloignent pas beaucoup du chiffre rond de 1,020 que j'admets.
La densité moyenne de l'urine de la femme en sunlé peut être fixée à 1,0 16.
Quantité de matières fixes contenues en moyenne dans les urines de l'homme et de la femme dans félat de santé. — Les b;ises précédentes admise*, rien n'est plus simple que lu détermination de la quantité des matières fixes contenues en moyenne dans les urines de l'homme et de la femme en Siinté.
Pour l'homme nous multiplions par 2 le chiffre de la densité moyenne 20, supérieur à 1000, et nous avons 40 grammes par litre. Nous multiplions par la quantité d'urine rendue en vin^t-quatre heures, 1 lit. 25 cenlilit , et nous avons hH grammes pour la quantité moyenne de maiièies fixes contenues dans les urines de vingt-qualre heures d'un homme en santé.
Pour la femme, nous multiplions 16, chiffre de la densité moyenne supérieure a tOOO, pur 2. Nons obtenons 02; nous multiplions parla quantité d'ui ine rendue en vingt-quatre heures, 1 lit. ôd cenlilit., nous avons 45 gram 2 ceniigr., pour lu quamité de matières fixes contenues dans les urines de vingt-r|uulre heures d'une feirirre en santé.
Si la (iensiié n'était pas pri-e à la t'^mpéralure de 15 (legiés centigrades, il faudrait faire la correction en consultant la table p. 584, s'il s'agit d'urines non sucrées; et en s'aidanl de celle de la p. 584, si l'on examine des urines de glycosuriques.
De la détermination de In quantité de résidus fixes des urines comme diagnostic des santés. — 11 est ferlain (|ue la somme des résidus fixes de l'urine varie suivant le régime, l'exercice, l'âge, le poids vif de l'mdividu. etc.
Cependant ces variations sont beaucoup moins considérables qu'on ne l'a dit, lorsqu'on n'a pas étudie ces (piestions expérimentalement.
En prenant les précautions faciles sous le rapport du réi;ime et de l'exercice, on peut arrivei à des dimnées qui soijt beaucoup plus satisfaisantes <|ue les à peu près dont on se contente le plus souvent pour apprécier les santés.
Le moyen le plus simple de se rendre compte de l'énergie du mouvement vital, c'est de mesurer les grands lésidusdcs fonctions organiques; et p.irmi ces résidus aucun ne se prêle mieux à une évaluation pondérale que ceux -le l'acide carbonif|ue et de Purée. C'est surtout cette dernière substance qui peut être approximativement appréciée avec le plus de facilité en recueillant l'urine de vingt-quatre heures.
Toutes choses égales, pour le régime, l'urée est le principe dont
les variations quantitatives sont plus grandes dans les urines de vingt-quiitre heuies, et qui dès lors intluent le plus sur sa densité.
La délerminulion de la somme des matériaux fixes de l'urine des vingt-quatre heures par la rnéihode que j'ai tait connaître, est donc un des moyens les plus commodes de mesurer réneigie de la vie or< ganique.
Je ne saurais trop répéter qu'il faut, dans le régime d'un homme qu'on soumet à cet examen, écarter les suhsi.nices qui passent en quantité considéialile dans l'urine; aucune ne doit plus éveiller l'attention que le bouillon. Cha(|ue litre donne près de 15 grammes de résidu fixe à l'urine Quand ou prend plusieurs litres de ce liquide alimentaire, Us urines s>'nt augmentées et la densité re.'-le élevée. J'ai observé un vieillard presque noiuigénaire qui prenait chaque jour près de quatre litres de bouillon. Le résidu fixe, au lien de 45 grammes qui est le chillre normal à cet âge, s'était élevé à 77 grammes.
J'ai essayé les urnes d'un grand nombre d'hommes adultes en santé, et en multipliant par 2 les chiHres de la densité supérieure à iOOO et le produit par la quantité d'urine en litie et en fractions de litre, je suis arrivé à des nombres qui oscillent pres(pie toujours autour du chiffre 50 gtîimnits, avec des variations de 5 grammes en plus ou en moins.
Pour la femme adulte en santé, ayant une vie active, les nombres que j'ai obtenus sont très rapprochés de 45 gramm's; par le repos, le séjour au lit trop prolongé , j'ai obtenu souvent ô5 grammes, mais ce n'est point la sanle avec ses attributs norniaux.
De la détermination de ta quantité des résidus fixes des urines de i^ingt- quatre heures comme moyen de dingnostic dans les maladies. — Quand par la méthode précédente on arrive pour l'homme à des chiffres comme 30 gianmies, 25 et même '10 grammes dans les t$ngt-quatre heures, ce n'est plus la santé, c'est un in<iice d'un état grave, quand cet étal résulte d'une aberration de fonctions ou d'une diminution dans l'activité des actions oi ganiques.
Ces chiUVes, on les trouve dans l'albuminurie chronique, dans la benzurie, dans la chlorose et l'anémie excessive, dans l'appauvrissement général de l'économie, et parmi les maladies aiguës, dans le choléra asiatique.
Application à l'albuminurie. — Dans l'albuminurie, malgré la présence d'un principe accidemel dans l'urine, lu proportion des matériaux fixes évacués dans les viiigt-(|uatre heures est généralement plus faible qu'à l'état noi mal. Cela se conii-rend ircs-bien, l'urée, le principe le plus abondant des urines, n'est plus qu imparfaitement éliminé par les reins. C'est l'appareil digestif qui est chargé de l'excrétion d'une panie de l'ur«'e trausioi mee en carbmiate d'ammoniaque. La présence de ce sel modifie tous les sucs digestifs; d'où cette anorexie et ces troubles dans les app^ireils de digestion et de nutrition qui compliquent si lâcheusement les albuminuiies chroniques.
Deux Ciis peuvent se présenter diins l'albuminurie : ou les urines sont diminuées, ou elles ^ont très-notablement augmentées. Nous allont les étudier successivement.
La diminuiion des urines s'observe généralement dans l'albuminurie ai°uë. Voici un exemple (|iie j'extrais de mon registre : un homme dans la force de lâge, fortement atleinl d'albuminurie aiguë, rendait en viniji-quatre heures 91 centil. (moyenne de six jours) d'une densité de 1.0175.
SUR l'essai des urines. 59 Î
Je mulliplie 17 1/2 par 2, j'obliensôS. Je multiplie 35 par 0,91, et j'ai 51 gram. 5 decigr. de matériaux fixes évacués en vingt-quatre heures, au lieu de 50.
L'augmenlalion de la quantité d'urine rendue en vingt-quatre heures s'observe généialemenl dans rulbuniiniirie chronique.
Voici encore un exemple que j'extrais des recherches qui me sont communes avec feu Stuiirt Coope» .
Un homme dan-^ la force de Page, atteint d'albuminurie depuis neuf mois, rend en vins;t-qualrc heures 1 lit. 95 centilit. d'urine d'une densité de 1,011 (moyeniK^ de cinq jours).
Je multiplie 1 1 par 2. j'obtiens 2'2 grammes par litre. Je multiplie 22 par 1.95, et l'obliens 4'2 gram. 9 décigrani., au lieu de 50 grammes,qui est le chillre de santé. Dans ralluimiinirie cbionique le chiffre desrend souvent beaucoup plus bas que 42 grammes. Quand dans l'albuminurie chronique on obtient un nombre supérieur à 50, ou voisin, il y a lieu de «roire à la présence de la glycose ou d'un autre prinripe anormal qu'il faut rechercher.
j4pplication à la glycosurie. — Quand on obtient des chiffres supérieuisà 100 grammes, presque toujours on est en présence de la glycosurie, mais il ne faut point borner là l'examen; ( ar d:ins la polyurie^ dans certaines formes de la consomption sut lesquelles j'ai insisté {Annuaire |S69), j'ai oldenu des résidus de \n7t grammes sans que l'urineconlicnnedesiicre.ll faut reconnaître quecescas s«'Ul très-rares.
Quand il s'agit de glycosurir|ues non soumis au régime, les résultats sont des plus uets; je vais choisir un de ces exen»ples, el montrer comment on peut ainsi apprécier appri.ximalivement, avec facilité, la quantité de !.• glycose évacuée dans les vingt-r|uatre heures.
Je suppose que la te<i'péralure est à 15 d» gtés cenligiades lors de l'observation densimeliique; si l'<tn opère à une autre température, on fait la correction indiquée à la page 584.
Admettons <|ue la quantité d'urine rendue en vingt-quatre heures soit égale à 4 litres et la densité à 1,056 (on lit simplement 56 sur l'uroniètre).
On mulliplie 56 par 2=72 et ce chiffre par 4 litres=28S grammes. On en retiancbe les 50 ^ramm.de matéri.iux fixes que rhcfmme en santé rend dans l^s vingi-quaire bcuies, et l'on a 2 >?< gt animes pour la quantité ap(iruxini.<tive de sucre perdu dans les 24 heures (1).
J'ai apptupié bien des fois cette méthode en vei ifiant les résultats à l'aide de riipp;.reil de polarisation de IM. Biot, et j'ai acquis la certitude qu'on obtenait ain^-i des nombres peu éloignés de la vérité.
Quand on le peut, il v:iut mieux en»ployer l'appaieii de Riot.
Quand on opère sur les urines d'un nouveau malade et qu'on tombe sur un nombre qui n'est pas beaucoup supérieur à 100 ou qui lui est inférieur, il est indispensable de s'assurer qu»- c'est bien le sucre qui donne rexcétlaiil de matières fixes sur les 50 gvammes de l'état de santé, et pour cela on fait bonillii oO grammes d'urines avec 5 grammes de chaux vive: si elles contiennent du sucre, elles se colorent, eHi l'intensité de la co'oration sera d'autant plus {;rande fpie la quantité de sucre sera plu"« considérable. (Voy. page 584 p«'ur les détails.)
Quand on aura obtenu une coloiation très-prononcée, on pourra appliquer avec sécurité le culcul indiqué.
(1) Je retranche aujourd'hui 60 grammes -, car chez la plupart des glycosuriques la quantité d'utée est augmentée.
MEMORIAL THERAPEUTIQUE.
Abcès aig:us. Phleg^moiis.
— Emissions snnji., 297, 299.
Calap. émoi!., 308 Gat. suppurât., 314. Cal. r- solul., «38, 289.
Collodion. Ong. de la rnère, 457. Fomcnhilion résol., 250.
Fom. narcol , 108. Camphre, 132. Eau de Goulard, 355.
Incision. Ether pulv. 127.
Ponction s.-culan.
Boissons tempérantes, 232.