ET SECOURS A DOMICILE DE LA VILLE DE PARIS
Si les grandes villes étalent aux regards des splendeurs de toute nature, elles abritent de nombreuses et lamentables misères; dans aucune d'elles l'administration chargée de les constater et de les secourir ne présente une organisation plus puissante qu'à Paris.
Depuis le commencement de ce siècle, l'administration de l'Assistance publique a exécuté de grandes et utiles réformes. Nous sommes loin du temps où venaient s'entasser à l'Hôtel -Dieu plusieurs milliers de malades et où six personnes reposaient dans un même lit. Quoiqu'il en soit, les progrès de l'hygiène nosocomiale largement comprise nous indiquent encore beaucoup de changements à faire, beaucoup de bien à réaliser. Quand le Conseil général des hospices prit^ vers 1801, la direction des hôpitaux, il poursuivit avec autant de constance que d'énergie le but d'assurer les secours les meilleurs et les plus profitables aux pauvres qu'il avait mission de proléger, mais on ne connaissait pas alors comme aujourd'hui les causes qui rendent la mortalité plus élevée chez les malades soignés dans les hôpitaux. Ces causes, on peut sinon les faire disparaître, au moins considérablement les amoindrir.
Je crois urgent de créer à Paris, loin des centres habi^ tés: 1° un hôpital pour les varioleux; 2° un hôpital pour les diphthéritiques ; 3° un hôpital pour les enfants atteints de rougeole. Il faut fonder sans retard un asile pour les enfants en dépôt; les envoyer, eux bien portants^ dans des hôpitaux d'enfants où les ferments morbides de la diphthérie, de la rougeole, de la coqueluche, etc., sont en permanence, c'est déplorable. Pour éclairer l'opinion, les administrateurs sur V importance extrême de ces questions, rien ne serait plus utile que de publier dans le Bulletin hebdomadaire de statistique municipale le nombre des cas, suivis de mort, de maladies contagieuses se développant dans les hôpitaux et surtout dans les salles d'accouchement^ d'opérés, d* enfants atteints de diphthérie et de rougeole
a NOTICE
L'annexion à Paris des communes suburbaines a créé de nouveaux et très nombreux besoins. Plusieurs des arrondissements excentriques sont encore dépourvus d'hôpitaux. La population pauvre ou laborieuse, ne trouvant plus à se loger dans les quartiers du centre, a dû émigrerdans les arrondissements annexés. 11 importe que les ouvriers puissent trouver les secours nosocomiaux à leur portée. Il importe aussi que ces nouveaux asiles soient créés en profitant de toutes les découvertes de la science moderne.
C'est une immense tâche que l'administration des secours publics à Paris. On va en juger par les deux résumés suivants empruntés au projet de budget des recettes et dépenses pour 1888.
Population. — Voici l'évaluation du nombre moyen de malades et d'administrés qu'on aura à entretenir en 1888 :
Nombre
de
lits.
Nombre
de journées.
Hôpitaux