II
Hospices et Maisons de retraite
Asiles d'aliénés, Bicêtre, Salpêtrière
Hospices des Enfants en dépôt
Enfants- Assistés. (Enfants aband., orphelins..
Aux secours intérieurs, il y a lieu d'ajouter les secours extérieurs approximatifs ci-après :
Indigents inscrits aux Bureaux de bienfaisance. 20/i^252
Malades traités à domicile 56,100
Accouchées à domicile 11,000
Accouchées chez les sages-femmes de la ville. . . 7,400
Nécessiteux secourus momentanément 80,000
Enfin, indépendamment de ces misères déjà si nombreuses, l'administration exerce encore sa surveillance ou sa tutelle sur les services ci-après :
Enfants placés à la campagne dont la dépense intégrale est payée sur les crédits du budget départemental. Enfants moralement abandonnés /il, 980
Fondation Lambrechts, entretenue par un budget
spécial 130
Ces derniers chiffres, en y ajoutant la population des malades et des administrés, portent, en 1888, à 481,722 environ le nombre d'individus sur lesquels devra s'étendre l'action bienfaisante de l'administration de l'Assistance publique; mais il ne faut pas oublier que sur ces 481,722 individualités qui sont secourues, il y en a qui le seront plusieurs fois. Voici à l'aide de quelles ressources on doit pourvoir à tous ces besoins :
Recettes ordinaires. — Les revenus propres, dont l'ensemble constitue la principale branche des recettes, sont prévus pour 1888 à 6,327,500 fr.; ces revenus consistent en biens urbains et ruraux, en rentes sur rÉtat,etc.
Les droits attribués au profit de l'administration de l'Assistance publique par diverses dispositions législatives, s'élèvent à 3,722,000 fr.: les produits intérieurs et remboursements à 3,115,400 fr. ; les produits de vente aux établissements qui remboursent 2,463,000 fr.; les ressources des services ayant un revenu distinct, 1,490,500 fr. Il faut y joindre les recettes exiraordinaires qui se répartissent ainsi : produits d'aliénation, 550,000 fr.; capitalisation et consolidations diverses, 733,500 fr.; acquêts nouveaux (<lons, legs, etc.), 1,812,000 fr.; capitaux divers, 18,500 fr.
Pour assurer le fonctionnement régulier de tous les services, il y aune insuffisance de 17,781,800 fr., qu'il faut demander à la ville de Paris à titre de subvention municipale. Ce n'est pas tout : à ces recettes ordinaires il faut ajouter des recettes extraordinaires pour grosses réparations dans les établissements hospitaliers qui sont des plus urgentes, et pour les nouvelles constructions, cette insuffisance de ressources s'augmente d'année en année : elle est évalvée pour 1888 à 1,500,000 fr.
Si l'on joint à toutes les recettes que je viens d'évaluer la valeur des propriétés destinées à recevoir et à soigner les malades et les indigents, on admettra sans peine que, parmi les établissements de charité, l'administration des hôpitaux civils de Paris vient au premier rang; et cependant, en étudiant avec soin leurs besoins, on pourra se convaincre que, malgré ces ressources considérables, il est encore bien des améliorations importantes que le défaut de fonds forcera à ajourner. La population de Paris, qui»
chaque année, tend à s'augmenter; les malades des départements, qui viennent dans la capitale pour chercher ou la guérison ou le soulagement de leurs maux, voilà les grandes causes qui accroissent progressivement les charges des établissements hospitaliers de Paris.
Personnel. — On peut diviser en deux groupes le personnel de l'administration de l'Assistance publique, administratif et médical. Le personnel administratif se compose du conseil de surveillance, du directeur, des chefs et des employés divers.
Conseil de surveillance. — MM, le préfet de la Seine ; le préfet de police; Ferry, maire du 9® arrondissement, vice-président; Brouardel, doyen de jla Faculté de médecine; Bernheim, avoué à la Cour d'appel; Blouet, membre de la chambre de commerce; Dubrisay, docteur en médecine; Goupy, membre de la chambre des prud'hommes; Risler, maire du 7^ arrondissement; Horteloup, chirurgien des hôpitaux; Navarre, membre du Conseil municipal, Rochard ; de Salverte, maître des requêtes au Conseil d'État; Thomas, maire du IS** arr.; Voisin, conseiller à la Cour de cassation; Millard, Lannelongue, Thuillier, administrateur du bureau de bienfaisance du 10° arrond.
Personnel administratif. — Directeur : M. Peyron ; secrétaire général ; N . . .
Le directeur de l'administration de l'Assistance publique est chargé du domaine et de la tutelle, de la comptabilité et de la surveillance des établissements particuliers ; il dirige les bureaux de l'administration centrale, secondé par des inspecteurs généraux, des chefs de division, des chefs, des sous-chefs et des employés.
Le personnel de chaque hôpital se compose, sous le rapport administratif, d'un directeur, secondé par un ou plusieurs commis aux entrées, d'un économe et de ses commis.
Service médical. — Le service de santé est confié à des médecins et chirurgiens choisis parmi les membres du Bureau central; chacun d'eux est chef dans son service ; il est secondé par plusieurs élèves en médecine de deux classes, les internes et les externes, qui sont nommés au concours.
A chaque service est attaché un élève en pharmacie, et, dans les maisons importantes, il y a un pharmacien. Les
malades sont soignés dans une salle par une sœur ou surveillante qui a sous sa direction un nombre de gens de service proportionné au nombre des malades.
Les médecins, les chirurgiens et les pharmaciens des hôpitaux sont nommés au concours.
Les concours pour les places d'externe en médecine et en chirurgie s'ouvrent chaque année dans les premiers jours d'octobre.
Pour être admis au concours de Texternat, il faut avoir dix-huit ans, et présenter le certificat d'une inscription au moins prise à l'une des Facultés de médecine. Les élèves ont à répondre sur les éléments de l'anatomie, de la médecine et de la chirurgie. Les épreuves consistent en une réponse verbale et une réponse par écrit.
Pour prétendre à Tinternat, il faut avoir au moins une année de service dans les hôpitaux en qualité d'externe, après avoir été désigné par l'administration pour ces fonctions. Les épreuves sont plus sévères, mais à peu près de la même nature que pour l'externat. Elles roulent sur l'ensemble des connaissances médicales, mais surtout sur l'anatomie et la pathologie.
Le jury chargé de la nomination des élèves externes se compose de quatre médecins, «rois chirurgiens ou de deux chirurgiens et un accoucheur, suivant que l'indique le tirage au sort du Bureau central. Le jury pour les places d'interne se compose de trois médecins, trois chirurgiens et un accoucheur des hôpitaux ou du Bureau central. Les membres sont tirés au sort chaque année et pour chacun des concours.
Les internes en pharmacie sont également nommés pour quatre ans, par suite d'un concours qui s'ouvre chaque année en janvier: les élèves entrent en fonctions le l*'' avril. Les épreuves consistent en : l® Question écrite sur la chimie, la pharmacie et la matière médicale, pour laquelle trois heures sont accordées aux candidats. 2" Épreuve orale sur la pharmacie, pour laquelle on accorde dix minutes. 3° Deux épreuves pour la reconnaissance des plantes et médicaments composés, pour chacune desquelles on accorde quatre minutes.
Tout aspirant qui veut se présenter au concours pour les places d'élève en pharmacie doit produire son acte de
naissance constatant qu'il est âgé de vingt ans, un certificat | de vaccine, un certificat de bonnes vie et mœurs, un certificat constatant trois années d'exercice dansunepharmacie.
Dans la description des établissements de l'administration, je suivrai la division adoptée : 1° hôpitaux; 2*^ hospices. Les établissements consacrés aux malades sont désignés sous le nom d'hôpitaux, et nous appliquons le nom d'hospices aux maisons consacrées à l'enfance^ à la vieillesse ou à des infirmités qui ne sont pas susceptibles de guérison.
Commençons par dire quelques mots des services centralisateurs.
1^ L'Approvisionnement des halles, chargé de centraliser les achats sur le carreau des halles ou ceux effectués par l'entremise des facteurs;
2° L'Approvisionnement général, à qui les établissements s'adressent pour certaines denrées comestibles (légumes secs, huiles, sels, etc.), pour les articles relatifs au chauffage, à l'éclairage et au blanchissage, enfin pour la fourniture de l'avoine, celle de la cire à frotter, de la poudre depyrèthre, des sulfates désinfectants et de latoile serpillière;
3° La boucherie, oii est reçue toute la viande consommée par les établissements hospitaliers;
à^ La boulangerie, place Scipion, où le blé est mis en mouture et le pain fabriqué;
5° La cave, où les vins sont reçus, emmagasinés et mélangés dans les proportions indiquées par des experts;
6« Le magasin central, chargé à la fois de la centralisation des achats de mobilier et de la confection des effets de coucher, de linge et d'habillement et du linge à pansements;
7° La pharmacie centrale, quai des Tournelles, où se reçoivent et se préparent tous les médicaments. Directeur : M. Bourgoin;
8^ Le Bureau central.
Les magasins généraux, non seulement livrent aux établissements hospitaliers les denrées et objets dont ils ont besoin, mais ils cèdent encore, moyennant remboursement de la valeur du prix d'achat augmenté d'une quote-part des frais généraux, une certaine quantité de ces mêmes objets à divers services extérieurs (fondations, services publics, œuvres privées, etc.).
Bureau central des hôpitaux. — Médecins en exercice :
MM. de Beurmann, Muselier, Brissaud, Merklen, Faisans, Brault, Barié, Renault Brocq, Comby, Ghantemesse, Edg. Hertz, Gaucher, Josias, Juhel, Qenoy, Hip. Martin. — Ghirurgiensenexercice: MM. Richelot,Kirmisson, Schwartz Reynier, Segond, Quénu, Nélaton, Prengrueber, Gampenon^ Jalaguier, Brun, Routier, Marchand, Bazy, Tulfîer, Picqué. — Accoucheurs en exercice: MM. Cbainpetier de Ribes, Doléris, Ouvrard.
Les malades qui réclamaient le secours des hôpitaux étaient reçus dans les établissements, pour ainsi dire, sans contrôle. Le Bureau central a pour but de régulariser ces admissions.
Les médecins et chirurgiens qui le composent sont nommés au concours, et c'est parmi eux que sont choisis les médecins des hôpitaux. Ils délivrent aux malades leur bulletin d'admission, après les avoir soigneusement examinés ; ils les dirigent ensuite sur les établissements qui ont des lits disponibles. Les hôpitaux peuvent en outre, sur le certificat du médecin ou de l'élève de garde, admettre directement et d'urgence les malades qui ne peuvent être transportés sans danger au Bureau central.
Les hôpitaux excentriques reçoivent presque tous les malades par voie d'urgence; les hôpitaux spéciaux les reçoivent directement.
Le Bureau central n^a pas été seulement institué pour les admissions dans les hôpitaux; il doit encore examiner et juger si les individus qui se présentent pour entrer dans les hospices ouverts aux malades incurables ont véritablement le caractère d'incurabilité fixé par les règlements.
Amphithéâtre d'anatomie, 17, rue du Fer-à-Moulin. Directeur-chef des travaux anatomiques: M. Tillaux.
HÔPITAUX GÉNÉRAUX. — lls sont dcstinés aux personnes des deux sexes atteintes de maladies aiguës, ou à celles qui sont blessées ou attaquées de maladies chirurgicales. Il suffit d'être affecté d'une maladie curable pour être admis et soigné immédiatement jusqu'à complète guérison. Ges hôpitaux sont l'Hôtel-Dieu et son annexe, Lariboisière, la Pitié, la Gharité, Saint-Antoine^ Beaujon, Gochin, Necker, l'hôpital Tenon, Thôpital Laennec.
Les médecins et chirurgiens donnent en outre, (Jans chaque hôpital, à tour de rôle, chaque matin, des consultations gratuites.
Hôtel-Dieu, parvis Notre-Dame. — Directeur : M. Baudry. — Médecins: MM, G. Sée, Proust, Empis, Bucquoy, Mesnet, Dumontpallier, — Chirurgiens : MM. Richet, Panas, Tillaux — Pharmacien : M. Villejean, — d38 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 8,69. — L'ancien Hôtel-Dieu était le plus ancien peut-être des hôpitaux de l'Europe : on admet généralement qu'il a été fondé vers l'an 600 par saint Landry, évêque de Paris, et qu'Erchinoald, maire du palais, eut beaucoup de part à cette bonne œuvre. Philippe-Auguste, saint Louis, Henri IV, et plusieurs personnes charitables, parmi lesquelles on doit distinguer le chancelier Duprat et MM. de Pomponne, de Bellièvre, le premier président du parlement, contribuèrent beaucoup à lui donner de l'extension.
L'Hôtel-Dieu fut établi pour tous les malades, de quelque âge, sexe, condition, pays et religion qu'ils fussent. Sa devise était : Medicus et hospes. On y recueillait à toute heure du jour et de la nuit les malades, les pèlerins et les mendiants; il n'existait aucune règle pour leur admission et pour leur sortie. La population ancienne de l'Hôtel-Dieu ne fut jamais combinée avec l'étendue de ses bâtiments et le nombre de ses lits : aussi, pendant les onze premiers siècles de son existence, la plus petite cause de maladie parmi le peuple lui a-t-elle donné aussitôt une foule d'individus que l'on a peine à concevoir en considérant les lieux qu'il occupait. Voici la progression de sa population en temps ordinaire : sous le règne de saint Louis, 900 malades; sous le règne de Henri IV, 1300; sous Louis Xlil, 1800; sous Louis XIV, 1900. Il y a eu des années où la population de l'Hôtel-Dieu n'avait pas de bornes. On rapporte qu'en 1709 elle s'est élevée à plus de 9000; on assure qu'en 1693 on fut forcé de coucher douze et quinze malades dans le même lit, ce qui ferait croire que le nombre de malades dépassait 10 000 : le total général des lits ne s'élevait alors au plus qu'à 1000, dont 600 grands et /lOO petits.
L'ancien Hôtel-Dieu est aujourd'hui remplacé par un nouvel hôpital qui a été élevé en face de l'ancien sur la
place du Parvis-Notre-Dame, dans la Cité. Une partie des anciens bâtiments situés sur la rive gauche de la Seine forment une annexe.
HoTEL-DiEU Annexe. — Médecins: MM. Gornil, Barié.
HÔPITAL Laennec, rue de Sèvres^ U2. — Directeur : M. Gillet. — Médecins : MM. Bail, Damascbino, Ferrand, Brocq. — Chiriirgien : M. Nicais'* suppléé par M. Routier. — Pharmacien : M. Bourquelot.
HÔPITAL de la Pitié, rue Lacépède, 1. — Directeur : M. Girard. — Médecins : MM. Jaccoud, Hutinel, Lancereaux, Brouardel, Audlioui, Troisier. — Chirurgiens: MM. Verneuil, Polaillon. — Accoiicheur : M. Maygrier. — Pharmacien : M. Chastaing. — 726 lits. Mortalité décennale moyenne: i décès sur 7,83. — La Pitié fut d'abord un ancien refuge de mendiants institué en 1612 par Marie de Médicis. Les démolitions faites eu 1809 à l'Hôtel-Dieu obligèrent le conseil général à ouvrir aux malades un asile supplémentaire. On changea la destination de la maison des Orphelins du faubourg Saint- Victor, au sud du Jardin des plantes. Cette maison, connue sous le nom de Notre-Dan/e de Pitié, fut d'abord destinée à servir d'annexé à l'Hôtel-Dieu ; on l'érigea bientôt en hôpital à part. Cet hôpital se compose de plusieurs bâtiments séparés par des cours et de vastes promenoirs ; les constructions sont belles et la position très- convenable ; l'ensemble des bâtiments présente un carré long irrégulier. Plusieurs de ses salles ont vue sur le Jardin des plantes.
HÔPITAL Lariboisière, rue Ambroise-Paré, 2. — Directeur: M.Gailet. — Médecins: MM. Siredey, Gouguenheim, G. Paul, Bouchard, Duguet, Gérin-Roze. — Chirurgiens : MM. Berger, Peyrot, Perier, Delens. — Accoucheur : M. Pinard. — Pharmacien : M. Patein. — 63/i lits. Mortalité décennale moyenne: 1 décès sur 7,91. — Un des plus modernes et des mieux distribués des hôpitaux de Paris. Les constructions ont été commencées à la fin du règne de Louis-Philippe et achevées sous la république de 18^8. On lui a donné le nom de madame de Lariboisière, dont les libéralités ont permis de Tachever. Deux systèmes de ventilation fonctionnent dans cet hôpital : celui par aspiration, de M. Duvoir, et celui par propulsion.
HÔPITAL DE LA Gharité, Tue Jacob, M , Directeur : M. Girard. — Médecins : MM. Potain, Blacliez, Luys, Laboulbène, Desnos, Féréol. — Chirurgiens : MM. Tréial, Després. — Accoucheur : M. Budin. — Pharmacien : M. N... — 467 lits. Mortalité décennale moyenne: 1 décès sur 9,65.
Cet hôpital était autrefois dirigé par la congrégation de Saint-Jean de Dieu. Marie de Médicis, au commencement du xvii^ siècle, fit venir pour cela d'Italie quelques-uns des membres de cette congrégation. Elle les plaça d'abord dans la rue appelée il y a 20 ans des Petits- Augusiins^ et alors de Petite-Seine ^ et peu d'années après, en 1607, dans le lieu qu'occupe encore cet établissement.
L'hôpital de la Gharité est entouré de maisons de deux €Ôtés. Le nombre des lits, en 1790, n'était que de 208. Plus de la moitié des lits de malades avaient été établis par des charités privées. Au commencement de la Révolution, on donnait 12,000 fr. pour en fonder un ; chaque malade y avait son lit. Les demandes pour entrer étaient considérables; il fallait degrandesrecommandationspourobtenir cette faveur ; aujourd'hui on y est mieux encore, etil n'est besoin d*aucune protection : il suffît d'être malade pour être accueilli.
HÔPITAL Saint-Antoine, rue du Faub. -Saint-Antoine, 184.
— Directeur : M. Montagne. — Médecins : MM. Hayem, Straus, Landrieux, Raymond, Hanot, Robert-Moutard- Martin, Tnpret, Gingeot. — Chirurgiens : MM. Marchand^ Monod — Pharmacien: M. Lextreit. — 594 lits. Mortalité décennale moyenne: 1 décès sur 8,83. — L*hôpital Saint- Antoine a été ouvert au commencement de 1796, dans Tancienne abbaye de ce nom, abbaye qui avait été fondée au xiii*' siècle, et donnée à des religieuses de l'ordre de Cîteaux. 11 porta d'abord la dénomination d'hospice de l'Est, Le décret de la Convention nationale qui en ordonne l'établissement est du 17 janvier 1795.
HÔPITAL Tenon, rue de la Chine. — Directeur: M. Montreuil. — Médecins ; MM. Landouzy, B.irlh, Letulle^ Lacombe, Dreyfus- Brisnc, Danlos, Cuffer,Moizard, Roques.
— Ghir. : MM. Blum, Reclus. — Accoucheur : M. Bar.
— Pharmacien : M. Guinochet — Le nombre considérable d'ouvriers, de gens peu aisés qui habitent ce faubourg, rendait indispensable la création du nouvel hôpital qui a
été construit et installé dans des conditions étudiées avec le plus g^rand soin.
HÔPITAL Necker, rue de Sèvres, 151. — Directeur : M. Bourriot. — Médecins : MM. Peter, Rigal, Dieula'oy, Rendu. — Chirurgiens : MM. F. Guyon, Le Fort. — Pharmacien : M. Leidié. — Uàb lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 8,d9. — La maison qui forme l'hôpital Necker avait été occupée auparavant par les Bénédictines. Le roi ayant accordé, en 1779, une somme annuelle de /i2,000 Ir. pour faire l'essai d'un hôpital de 120 lits, madame Necker se chargea d'y veiller et de le diriger. Elle loua pour 3600 francs par an le couvent supprimé de ces religieuses, à l'extrémité de la rue de Sèvres. La maison porta d'abord le nom d'hospice des paroisses Saint-Sulpice et du Gros-Caillou. Elle fut appelée, pendant la Révolution, l'hospice de l'Ouest. Elle porte aujourd'hui le nom de la femme charitable que ses soins et ses bienfaits en ont rendue la véritable fondatrice.
De grandes constructions ont été effectuées à l'hôpital Necker ; on y a élevé quatre corps de bâtiment.
HÔPITAL CocHiN, rue du faubourg Saint-Jacques, Zi3. — Directeur : M. Adancourt. — Médecins : MM. DuJHrdin- Baumetz, Gouraud. — Chirurgiens : MM. Th. Anger, Bouilly. Pharmacien : M. Lafont. 197 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 9,49, — Cet hôpital, situé à l'extrémité méridionale de Paris, M. Cochin, qui fut longtemps curé de Saint-Jacques du Haut-Pas, s'était contenté de le désigner par le quartier où il était établi ; le conseil des hospices a cru devoir lui donner le nom du pasteur qui l'avait fondé, et il a fait placer dans la salle principale le buste de marbre de ce vénérable ami des pauvres.
HÔPITAL Beaujon, rue du Faubourg-Saint- Honoré, 208. — Directeur: M. Oudot. — Médecins: MM. Guyot, Millard, Gombault, Fernet. — Chirurg. : MM. L. Labbé, Benjamin Anger. — Accoucheur: Ribemont-Dessaignes. — Pharmacien : M. Léger. — MQ lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 8,63. — Cet établissement fut fondé par M. Beaujon quelques années avant la Révolution, en 1780; ce fut pour y recevoir 2^ orphelins de la paroisse du Roule, 12 garçons et 12 filles. Six places avaient été destinées aux enfants en particulier
qui annonçaient pour le dessin des dispositions heureuses. L'hôpital Beaujon fut constitué par un décret de l'Assemblée nationale du 17 janvier 1795. Le nombre des lits s'y est successivement élevé au moyen des belles constructions qui sont achevées. Ce quartier avec les communes annexées a pris un accroissement tel, qu'on ne pouvait recevoir qu'une faible partie des malades qui se présentaient à la consultation de cet hôpital. La distribution des nouvelles salles de l'hôpital Beaujon est un modèle qu'on peut suivre. Ses nouveaux pavillons sont largement ventilés d'après deux systèmes : celui de M. René Duvoir par la méthode d'aspiration, et celui de M. le docteur Van Heche, qui s'adapte à la méthode d'aspiration et à celle de propulsion.
HÔPITAL BiCHAT. — Boulevard Ney, bastion n" 39. — Directeur comptable : M. Tauxier. — Médecins : MM Huchard, Lacombe. — Chirurgien : M. Terrier. — Pharmacien : M. Béhal.
HÔPITAL Andral, rue des Tournelles, n^ 35. — Directeur : M. NicoUet. — Médecin : M. Debove.
Hôpital Broussais, rue Didot, n^ 96. — Directeur : M. Bouiriot. — Médecins : MM. Ballet, Coinby. — Chirurgien : M. Régnier.
HÔPITAUX SPÉCIAUX. — On donne ce nom aux établissements destinés ou à un genre de maladies déterminées, ou à ceux qui sont soumis à un régime particulier. La plupart des hôpitaux spéciaux sont créés depuis la Révolution. Aujourd'hui les hôpitaux spéciaux sont : l'hôpital des Enfants malades, Trousseau, la Clinique, Saint-Louis, la Maison d'accouchement^ Lourcine, l'hôpital du Midi.
HÔPITAL Saint-Louis, rue Bichat, UO et 42. — Directeur : M. Grandry. — Médecins : MM. Vidal, E. Besnier, Fournier, llallopeau, Quinquaud, Tennesson. — Chirurgiens: MM. Péan et Le Dentu, Lucas-Championniore. — Accoucheur : M. Porak. — Pharmacien : M. Lutz. — 823 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 20,17. — L'hôpital Saint-Louis est du règne de Henri IV ; il fut ouvert en 1502 à l'extrémité du faubourg du Temple. C'est un des plus beaux qui existent, des mieux appropriés surtout à sa destination. L'hôpital Saint-Louis avait aussi adopté, et conserva pendant près de deux siècles, l'usage de placer plusieurs malades dans un seul lit, usage funeste
qu'auraient semblé devoir surtout repousser les maladies quelquefois contagieusesqu'on y traitait. Le nombre des malades n'y était cependant pas très multiplié, proportionnellement à son étendue et à ses ressources : il était ordinairement de 600 à 700 personnes. Les commissaires de l'Académie des sciences, qui visitèrent l'hôpital Saint-Louis en 1787^ portent à 300 le nombre des lits : il y avait ainsi deux malades dans tous, trois dans quelques-uns. Cet état a disparu depuis la Révolution.
L'hôpital Saint-Louis est consacré au traitement des maladies cutanées et à certaines affections chroniques, telles que les scrofules, les rhumatismes ; on y reçoit également les syphilitiques. Il y existe en outre des lits où les malades peuvent être admis en acquittant le prix de journée, il y a enfin un vaste service de chirurgie où sont reçus tous les blessés, qui abondent dans ce quartier populeux.
Ce qui recommande également l'hôpital Saint-Louis, c'est une consultation gratuite très suivie. Ce qui a contribué à la rendre si utile et si nombreuse, c'est le traitement externe qui est attaché ; en effet, outre la consultation, on y délivre gratuitement des médicaments, et l'on administre des bains de vapeur, des fumigations, des douches. Il serait bien à désirer que ce service balnéaire externe et les consultations pour les maladies de la peau soient établis dans divers hôpitaux, à l'Hôtel-Dieu en particulier.
Clinique d'accouchement. — Directeur : M. Potin. — Accouch. : M. Budin. — Pharmacien : M. Grimbert.
On y reçoit les femmes enceintes près d'accoucher.
Hôpital du Midi, rue des Capucins. — Directeur : M. Pinon. — Médecins : MM. Du Castel, T. Mauriac. — Chirurgien : M. Humbert. — Pharmacien : M. Prunier. — 386 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 232,65. — Cet hôpital est situé dans le faubourg Saint- Jacques ; il fut d'abord destiné en 1581 à recevoir des nourrices et des enfants atteints de syphilis en naissant. Mais en 1592 on y admit tous les malades atteints de maladies syphilitiques.
Il y a quelques années , que de notables améliorations furent apportées dans le traitement des vénériens ! On sépara les sexes : l'hôpital du Midi fut réservé aux hommes ; les lits furent convenablement espacés. Les
emmes furent séparées en deux catégories : les filles de la olice furent soignées dans la prison Saint-Lazare ; on créa, pour les femmes non justiciables de la préfecture, un hôpital spécial, celui de Lourcine.
HÔPITAL DE LouRC[NE, Tuc de Lourcinc, 111. — Direct. : M. Parturier. — Médecins : MM. Martineau, Balzer.
— Chirurgien : M. Pozzi. — Pharmacien : M. Portes.
— 276 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 35,72. — Cet hôpital fut disposé en 1828, par les soins de M. Debelleyme, pour servir de maison de refuge ; depuis, il a été destiné aux femmes atteintes de maladies syphilitiques.
Maison municipale de Santé^ faubourg Saint-Denis, 200. ^Direct. : M. Millon. — Méd. : MM. E. Labbé, Lécorché.
— Chir. ; MM. Marc Sée, Horteloup. — Pharmacien : M. Joulie. — 351 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 6,25. — Cet hôpital, situé faubourg Saint- Denis, porta longtemps le nom d* Hospice Dubois, parce que l'illustre A. Dubois fut pendant longues années à la tête du service chirurgical de cette maison. Cet hôpital est destiné à recevoir les personnes malades qui peuvent payer un prix de journée variant de 5 francs à 12 francs, suivant que l'on est dans les salles communes ou dans un appartement particulier. Les malades y reçoivent les soins les plus attentifs. Les malades atteints d'atfections mentales n'y sont pas admis.
HÔPITAL des Enfants malades, rue de Sèvres, l/i9. — Directeur : M. Magdelaine. — Médecins : MM. Grancher, Labric, Simon, Descroizilles, Ollivier. — Chirurgien : M. de Saint-Germain. — Pharmacien: M.Sonnié-Moret. — 618 lits. Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 5,46.
— Cet hôpital fut créé en 1802. On y admet les enfants des deux sexes, âgés de deux à quinze ans, et attaqués de maladies aiguës, chroniques et chirurgicales; les teigneux n'y sont pas reçus. Il y a pour eux un traitement externe.
Nous verrons dans l'article consacré à l'hygiène nosocomiale, page UO, que la pensée de créer un hôpital spécial pour l'enfance, excellente à première vue, est fatale pour les malheureux qu'on y reçoit; tout ce que l'on peut dire pour légitimer son existence se résume en quatre mots : C'est un rnnl nécessaire ,
HÔPITAL Trousseau, rue de Charenton, 89. — Direct. : M. Toussart. — Médecins : MM. d'Heilly, Cadet de Gassicourt, N.... — Chir.: M. Lannelongue. — Pharmacien : M. Berthoud. — 3^5 lits. Mortalité décennale moyenne: 1 décès sur 6,11. Le local est spacieux; mais, comme les salles n'ont pas été construites pour un hôpital d'enfance, il ne faut pas chercher, sous le rapport de la \entilation et de la distribution intérieure, les perfectionnements que les progrès récents auraient su y apporter.
Hôpital d'Aubervh.liers (poiir les varioleux). — Médecin : E. Talamon.
Hôpital de Berck-sur-mer (Pas-dc-Gulais), affecté au traitement des enfants scrofuleux. — 600 lits. — Directeur : M. Mongin. — Médecin-chirurgien : M. Gazin.
HÔPITAL DE FoRGES-LES-BAiNs. — Succursalc dcs hôpitaux d'enfants pour le traitement des scrofuleux. — 100 lits,
— Médecin : M. Doumenge.
Maison de convalescence de la Roche-Guyon (Seine-et- Oise). —100 lits d'enfants.
Maison d'accouchement, boulevard de Port-Royal, 123.
— Directeur : M. Joret. — Médecin : M. Labadie-Lagrave.
— Ghirurgien en chef : M. Tarnier; chirurgien-adjoint : M. Bouilly. — Sage-femme en chef : Mme Henry. — Pharmacien : M. Prunier. — 300 lits. — Mortalité décennale moyenne : 1 décès sur 9,21. -- Cette maison est destinée aux femmes enceintes : on y reçoit celles qui ont atteint leur huitième mois de grossesse, ou qui, sans l'avoir atteint, sont en péril imminent d'accoucher. Aucun étranger n'est admis dans les salles où on les soigne, et rien ne s'oppose à ce que leur état reste secret. Voyez, page â2, ce qui a trait à Yhygiène dss maternités.
Hospice des Enfants assistés, rue Denfert-Rochereau, 7Zi. — Directeur :• M. Valdruche. — Médecin : M. Sevestre. — Ghirurgien : M. Guéniot. — L'institution des Enfants trouvés remonte à 17^0; elle est due à la vive charité de saint Vincent-de Paul. Établi d'abord près la porte Saint-Victor, le siège en a été successivement transféré à Bicétre, au faubourg Saint-Antoine. L'hôpital des Enfants trouvés était, avant la Révolution, auprès de Notre- Dame. En 1789 on lui assigna le local vaste qu'il occupe.
Depuis 1793, tout enfant apporté à l'hospice de l'Allai-
tement était reçu par le concierge de la maison sans aucune formalité ; maisTadministration, considérant que souvent les causes les plus légères, une querelle de ménage, une gêne momentanée et la cupidité de certains agents intermédiaires suffisaient pour décider du sort d'un enfant que sa famille pouvait élever, a ordonné qu'un enfant ne sera, sous quelque prétexte que ce soit, admis à l'hospice des Enfants trouvés que dans le cas, sous les conditions et dans les formes prévus par la loi du 20 septembre 1792 et du décret du 19 janvier 1 811, et qu'à cet efïet aucun enfant ne sera reçu que sur le vu d'un procès-verbal d'un commissaire de police, constatant qu'il a été exposé ou délaissé. Ces mesures ont été exécutées à partir du l^'' novembre 1837, Je reviendrai plus loin sur ce sujet (voyez p. 39).
Hospices [Admissioii), — Aux termes du règlement du 27 août 1860, toutes les demandes d'admission gratuite dans les hospices doivent être accompagnées des pièces suivantes : 1^ l'acte de naissance de l'indigent; l^uw certificat établissant la durée de son domicile à Paris, délivré par le maire de son arrondissement ; 3^ un certificat constatant qu'il est inscrit sur le contrôle du bureau de bienfaisance et qu'il en reçoit effectivement des secours. Dans le cas oii l'indigent serait atteint d'infirmités, et quel que soit son âgCy il doit produire en outre, à l'appui de sa demande, un certificat du médecin du bureau de bienfaisance.
Hospice de la Vieillesse (Femmes), Saipètrière, boulevard de l'Hôpital, dl , — Directeur : M. Grujon Le Bas. — Médecins: MM. Gharcot, JolTroy, Falret, Aug. Voisin, Jules Voisin. — Chirurgien: M. Terrillon. — Pharmacien : M. Viron. — 3081 lits. — Cet hospice, un des plus beaux de l'Europe, a été fondé sous le règne de Louis XIV. 11 était connu d'abord sons le nom (\' Hôpital général. Il est remarquable par la grandeur de ses bâtiments, l'étendue de ses cours et de ses promenoirs, l'ordre admirable qui y règne. Il a aujourd'hui une double destination :
1° Pour les femmes indigentes âgées de soixante-cinq ans au moins; pour les femmes atteinte? d'atTections cancéreuses ou de cécité complète.
2° Pour les indigentes, aliénées, idiotes, épilcptiques ou hystériques. Cette double destination constitue pour ainsi dire un double hospice dansla maison.
Femmes indigentes. — Quatre divisions se sous-divisant en dix sections leur sont affectées.
La première division, /es reposantes, est consacrée aux anciennes employées des hôpitaux et hospices.
La quatrième division est une infirmerie; le bâtiment est entièrement séparé des autres.
La mortalité est assez forte dans cet établissement : elle s'élève au moins à 1 sur 5. C'est un chiffre énorme pour des personnes valides; mais il ne faut pas oublier que les habitantes de cette maison ont en général plus de soixantedix ans; qu'on ne les admet pour ainsi dire que lorsqu'elles sont arrivées à la porte de la tombe. Les maladies qui enlèvent le plus grand nombre de malades sont l'apoplexie, les bronchites avec asphyxie par écume bronchique, et surtout les pneumonies. Nous avons vu en 1832, à la Salpêtrière, une épidémie de grippe ; cette maladie, si bénigne pour les malades ordinaires, était là des plus graves.
Les mois les plus funestes sont janvier, février et mars.
Aliénées, idiotes, épileptiques . — Les bâtiments destinés à ces maladies, formant la cinquième division de la Salpêtrière, composent aujourd'hui trois sections, subdivisées elles-mêmes en un grand nombre de parties nécessitées par le service. L'emplacement occupé par ces constructions est très considérable, et, quoiqu'on n'ait point encore atteint, dans toutes les parties de ce vaste service, toutes les perfections désirables, on peut dire cependant que les nombreuses et belles constructions ont fait de la cinquième division de la Salpêtrière un bel hospice d'aliénées. Les admissions se font d*urgence par la préfecture de police ou par le Bureau central. On n'emploiejamais contre les aliénées aucun moyen violent; la plus grande douceur et les soins les plus affectueux sont instamment recommandés à toutes les surveillantes. L'isolement et les moyens moraux sont les bases du traitement.
Hospice de la Vieillesse (hommes), à Bicêtre, commune de Gentilly, rue du Kremlin, 1. — Directeur : M. Ventujol. — Médecins: MM. Déjerine, J. Voisin, Bourneville. Charpentier, Deny, Férc. — Chirurgien : M. Richelot. — Pharmacien: M. Vialla. — 1871 lits. — Cet hospice a la môme destination que la Salpêtrière; les hommes seuls y sont admis. L'hospice comprend deux
sous-divisions distinctes, les vieillards et les aliénés. De grandes améliorations successives, qui ont eu lieu] surtout depuis 1820, ont changé un affreux séjour en une des maisons les plus convenables qui soient destinées à la vieillesse indigente. La situation de Bicêtre au milieu d'une vaste campagne et sur une élévation, voilà de bons éléments de salubrité, et cependant cette maison a été pendant longtemps un mauvais hospice. Au moment où le conseil a été chargé de la direction des hospices, en 1801, Bicêtre réunissait des valides, des aveugles, des épileptiques, des galeux, des malades syphilitiques, des scrofuleux, des malades incurables, des fous, des imbéciles, des enfants ; les sexes y étaient confondus, comme les âges, les infirmités; les pauvres couchaient deux et même quatre dans un lit : il fallait payer 150 fr. pour avoir un lit à soi ; et de plus la prison était pour ainsi dire enclavée dans l'hospice, la misère confondue avec le crime! Aujourd'hui tout est bien changé, l'administration a sacrifié un million pour éloigner la prison. Les vieillards pauvres âgés de soixante-dix ans, ou infirmes, incural les, et les aliénés, sont seuls admis, et les séparations sont si bien établies, qu'on peut considérer ces deux divisions comme deux établissements à part. 11 n'est pas besoin de dire que chacun a son lit sans aucune rétribution.
1° Occupons-nous d'abord de la partie de l'hospice consacrée à la vieillesse. La mortalité est encore très-considérable : elle est de 1 pour 5 à peu près. Les maladies les plus fréquentes sont les apoplexies, les paralysies, les pneumonies, les bronchites chroniques, les affections des voies urinaires, les rhumatismes, les cataractes, les hernies, etc.
2*^ La partie de l'hospice consacrée aux aliénés forme la cinquième division de Bicêtre, comme à la Salpêtrière; elle est subdivisée en nombreuses sections.
Hospice des Incurables (hommes et femmes), à Ivry. — Directeur: M. Labouyrie — Médecin: M. Gombault. — Chirurgien: M. Félizet. — 1273 lits. — Cet hospice est destiné aux indigents attaqués de maladies incurables ou âgés de soixante-dix ans. Les nominations ont lieu comme pour les autres hospices; il existe, en outre, des lits dont disposent, à mesure des vacances, les ayants cause des
fondateurs, qui ont versé à l'administration une somme de 12 à 15 000 francs.
On attribue à saint Vincent de Paul, en 1653, la fondation des Incurables (hommes), et à Marguerite Bouille, en 1632, celle des Incurables (femmes), mais ce n'est qu'en 1803 que leur institution prit le caractère qu'il conserve encore aujourd'hui.
Le vénérable Simonin, sorti des rangs du peuple, a consacré noblement et de son vivant toute sa fortune, à l'exception de ce qui lui était indispensable pour vivre strictement,àfonder241itspourdesindigents,lesplusmalheureux, les plus méritants, âgés au inoins de soixante-quatorze ans, et appartenant aux trois anciens arrondissements les plus pauvres de Paris.
Maison de retraite des Ménages, à Issy, rue du Vivier, 13. — Directeur : M. Paquette. — Médecin : M. Alb. Robin. — 1387 lits. — Cet hospice est spécialement atfecté aux époux en ménage et aux personnes veuves des deux sexes, dont une partie paye pension. (250 fr. en dortoirs, 300 fr. en chambres particulières.)
Cet hospice a été fondé en 1557 sous le v\omde^ Petites- Maisons^ sur l'emplacement et avec les matériaux d'une ancienne maladrerie. 11 a reçu sa destination actuelle en 1801. 11 a été depuis transféré à Issy.
Hospice de la Rochefoucauld, avenue de Montrouge. — Direct. : M. Joly. — Méd. : M. Oulmont. — 2d6 lits.
— Cet hospice est destiné à recevoir les anciens employés des hospices et des pensionnaires des deux sexes âgés de soixante ans au moins ou perclus de leurs membres. La pension est fixée à 250 francs pour les vieillards, et à 312 fr. 50 cent, pour les incurables infirmes; elle peut être remplacée par le versement d'un capital dont la quotité est calculée d'après l'âge des indi\idus. Cette rétribution n'enlève eu rien à cette maison le caractère d'établissement de bienfaisance : la somme versée est loin de représenter le montant des dépenses du pensionnat, et il est indispensable, pour y entrer, d'être pourvu d'un certificat d'indigence.
Institution Sainte-Périne, à Auteuil, boulevard de Ste- Périne. — Direct. : M. Colin. — Méd. : M. Chauffart.
— 296 lits. — Cette institution a été fondée pour des vieillards des deux sexes payant pension de 1300 francs par
an, ou une somme une fois donnée, variant avec l'âge. L'idée de cette institution remonte à 1801, elle est due à M. Chamousset; mais elle ne fut solidement constituée que par le décret du 10 novembre 1807, qui plaça cette maison sous la direction de l'administration des hospices.
Les Hospices Saint-Michel et Lenoir-Jousseran, situés à Saint-Maudé, fondés par un homme excellent, M. Boulard, en 1825, et ouvert le 24 août 1830, en faveur de douze pauvres honteux âgés de soixante-dix ans, à la nomination des bureaux de bienfaisance. — Directeur : M. Meiirizet. — Médecin : M Foucher. — 8 lits.
L'Hospice de la Reconnaissance, situé au Petit-Létang ou G arches (Seine-et-Oise), fondé en 1825 par M. Brézin. Il contient 316 lits, destinés par le fondateur aux ouvriers pauvres, âgés d^au moins soixante ans, ayant exercé une des professions où Ton travaille les métaux. — Directeur : M. Mitaine. — Médecin : M. Gille. — 258 lits.
Hospice Devillas, à Issy, Grande-Rue, 48. — Directeur : M. Paquette. — Médecin : M. Quinquaud. — 35 Uts. — L'ho»pice Devillas, fondé en 1832 par M. de Yilias pour les indigents des deux sexes âgés de soixantedix ans et infirmes, à la nomination du bureau de bienfaisance et du consistoire de l'Eglise réformée.
Maison Ghardon-Lagache, à Auteuil. — Direct. i^M. Colin. — Médecin : M. Ghauffart. — La maison de retraite Ghardon-Lagache contient 150 lits, dont 24 chambres d*époux. Les conditions d'admission sont : soixante ans d'âge et point d'infirmités incommodes pour les co-pensionnaires. Les époux doivent être mariés au moins depuis cinq ans. Le taux de la pension est fixé à 500 fr. pour les administrés en dortoirs, 700 fr. pour les personnes seules en chambres particulières elà 1,300 francs pour les deux époux. Les meilleures conditions d'hygiène assurent aux pensionnaires de la maison Ghardon-Lagache comme à ceux de Sainte-Périne une existence aisée entourée de soins vigilants.
Dans le rapport dont je donnais lecture en 1847 au conseil général des hospices au nom des administrateurs des bureaux de bienfaisance de Paris, je montrais combien était utile la création d'une maison de retraite intermédiaire entre celles de Sainte-Périne et la Rochefoucauld,
>ù des personnes prévoyantes mais ayant cependant des ressources insuffisantes, pourraient paisiblement terminer leur carrière.
Ce vœu a été accompli. Monsieur et Madame Ghardon- Lagache ont de leur vivant consacré des sommes considérables à la fondation d'une œuvre si éminemment philanthropique. Ils peuvent jouir de tout le bien qu'ils ont fait, et perfectionner d'année en année leur admirable fondation. G*est la maison de retraite dans laquelle la mortalité est le moins élevée.
Hygiène nosocomiale. — Dans cette courte notice je ne puis qu'aborder sommairement les grandes questions qui ont trait à l'hygiène nosocomiale, je me bornerai à celles qui se rapportent à l'alimentation et à l'encombrement; pour ces dernières, je résumerai les leçons que j'ai publiées dans les numéros du 13 et du 20 décembre 1873 de la Revue scientifique.
Alimentation. — Le régime alimentaire des hôpitaux et hospices embrasse ce qui concerne les employés, les vieillards et les malades; je ne m'occuperai ici que des derniers. A bien des reprises on a cherché avec le plus grand soin à améliorer l'alimentation des diverses classes d'administrés ; mais, je dois le dire on a toujours été dominé par la question d'économie. Si les dépenses ont été augmentées d'un côté, on a cherché à les restreindre d'un autre. Si l'on veut bien comparer les règlements sur les régimes alimentaires des hospices civils de Paris du 29 décembre 1867 avec ceux du 30 novembre 18Zil et de janvier 1814^ on pourra se convaincre de la vérité de ce que j'avance. Sans doute les mets sont mieux choisis, plus convenables pour les différentes conditions, mais les quantités sont souvent insuffisantes. Je n^en citerai qu'un exemple : la quantité de vin est descendue pour vingt-quatre heures, pour les religieuses et surveillantes, de 50 centilitres à 32. Quand on doit se lever de très grand matin, travailler tout le jour, 50 centilitres ne me paraissent qu'une fixation rationnelle.
Le régime des vieillards à Bicêtre et à la Salpêtrière demanderait à être amélioré. Quand on avance dans la vie, un des plus sûrs moyens de la prolonger, c'est l'aisance. Toutes choses égales pour l'âge des administrés dans nos hospices de la vieillesse, la durée moyenne de la vie
est en rapport avec le prix de journée. Il est d'une administration libérale de faire de grands efforts pour atteindre le mieux. L'argent est le nerf de la guerre et de la vie, il ne s'agit que de l'employer sagement.
Alimentation des malades. — De.^ difféi^ents degrés d'alimentation ou de prescription, — Les malades peuvent être, selon les prescriptions journalières des médecins, soumis à l'un des degrés d'alimentation qui suivent : 1" à la diète absolue ; 2° à la diète simple ou aux bouillons ; 3^ aux potages; Ix^ aux aliments solides, subdivisés en quatre degrés, depuis un degré jusqu'à quatre degrés.
Des malades à la diète absolue. — Les malades à la diète absolue ne reçoivent aucun aliment, ni bouillon, ni aucune espèce de boisson alimentaire.
Des malades à la diète simple ou aux bouillons. — Les malades à la diète simple ou aux bouillons reçoivent pour vingt-quatre heures : Adultes : bouillon gras, à portions de
25 cent. Enfants: bouillon gras, d portions de 20 cent. Des malades aux potages, — Les malades aux potages
reçoivent pour vingt-quatre heures : Adultes : bouillon gras, 2 portions de 25 cent. — Potages gras, 2 portions de 30 cent. ; vin : hommes, 1 portion de 12 cent.; femmes, 1 portion de 9 cent. Enfants : bouillon gras, 2 portions de 20 ceni. — Potages gras, 2 portions de 25 cent. ; vin ; garçons, 1 portion de 8 cent. ; filles, 1 portion de 8 cent. Le potage se compose, savoir : Adultes^ 30 cent, de bouillon et 2 décagr. de pâtes. Enfants, 25 cent, de bouillon et 1 décagr. de pâtes.
Des malades aux aliments solides, — Les malades aux aUments solides sont soumis à 4 degrés d'alimentation, et reçoivent les denrées et quantités ci-après, divisées en trois distributions, savoir ;
NATURE DES DENREES
QUANTITÉS ALLOUÉES