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CLASSIFICATION

Méclicalion névrotropiqiic.

Les classifications en thérapeutique oIFrent de grandes difficultés ; celles qui prennent pour point de déi^art le but d'administration, quoique offrant de considérables imperfections, sont encore le plus généralement suivies. Trousseau et moi, nous les avons reçues de nos devanciers et adoptées en leur faisant subir quelques modifications de détail. On ne leur a rien substitué de plus pratique. Plusieurs auteurs se sont efforcés de prendre une base de classification exclusive dans l'action physiologique des médiciiments; ceJte pensée est excellente, mais elle offre de grandes difficultés. Ce point de départ ne peut servir qu'à former des groupes très restreints. Chaque principe immédiat possède une action qui lui est propre : plusieurs drogues simples, comme Topium par exemple, renferment des piincipes immédiats ayant des propriété-» physiologiques très différentes el souvent opposées. Le même principe peut modifier l'économie animale de diverses manières suivant les doses, les phases de l'administration, la nature du sujet. C'est ainsi que la morphine peut être considérée comme stimulante, comme convulsivante et comme soporifique.

On ne peut d'après cela fonder rien de précis en prenant pour point de départ l'action physiologique des médicaments, cependant il est possible de former ainsi quelques groupements utiles. Je regarde comme indispensable de scinder l'immense série de médicaments que l'on comprenait jadis sous les noms de narcotiques, de narcotico-âcres. Depuis longtemps, dans mes Annuaires, j'ai séparé en différentes sections ces agents qui diffèrent tant les uns des autres par leur action physiologique ; je regarde cependant comme convenable de réunir dans une même famille tous les médicaments administrés dans le but de modifier le système nerveux. Le terme de narcotiques ne peut s'appliquer qu'à un groupe très restreint, les opiacés, le chloral, etc. Pour embrasser tous ces agents dans un même cadre, j'adopte un terme plus général, celui de névrotropiques, modificateurs des nerfs (de vsOpov, nerf, et xpour), mode), proposé par R. Briau.

Il faudra comprendre dans ce groupe, non seulement tous les médicaments réunis sous l'ancienne dénomination de narcotiques, mais encore les anesthésiques, les antispasmodiques et plusieurs autres agents. Bien des substances qui se trouvent dans les classes des stimulants généraux, des sudorifiques, comme les alcooliques, les caféiques, etc., sont des modificateurs du système nerveux, v- p. 2y9.

82 MÉDICATION NÉVROTROPIQUE. — NARCOTIQUES.

Contre- poisons des narcotiques, — La première indication à remplir est celle-ci : Expulser le poison le plus promptement possible. S'il est encore dans Testomac, on devra faire vomir en administrant 6 décigr. dMpécacuanha en poudre et 5 centigr. d'émétique. On répétera cette dose trois ou quatre fois, à un quart d'heure d'intervalle : ou 12 décigr. de sulfate de zinc, ou 2 décigr. de sulfate de cuivre. Il est souvent utile de vider l'estomac à l'aide d'une pompe aspirante s'adaptant à une sonde œsophagienne.

Il n'existe aucun contre - poison neutralisant des poisons narcotiques qu'on puisse indiquer d'une manière générale. On doit dire cependant que, toutes les fois qu'il e'agira d'une substance qui doit son action toxique à un alcali végétal, on peut employer une solution de tannin ou une décoction de noix de j!,alle ; mais, d'après mes expériences, le contre-poison le plus généralement efficace dans ces cas est la solution d'iodurede potassium iodurée préparée comme il suit : iodure de potassium, li décigr. ; iode, 3 décigr. ; eau, 1 litre. On onne à boire par demi-verrées.

Paratdéhydc,

La parahléhyde cristallisable est indiquée dans Tinsomnie, les maladies mentales, le delirium tremens, la morphinomanie, les névroses convulsives, l'empoisonnement par la strychnine, les névralgies ; dose 2 à 5 gr.

dans une potion gommeuse (DujarJin-Beaumetz).

Elixir à la paraidéhyde (Yvon).

Pnraldéhyde 10 firam.

Alcool à 90 degrés 48 grain.

Teinture vanille 2 gram.

Sirop simple 60 grain.

1 cuill. à bouche tient 1 grani. par.

Lavement à la paraidéhyde.

Pai-aldi'liyde Jaune dd'uf Eau de guimauve

2 gram.

No 1.

120 gram.

SoLp

Paraldt Kau la.

Kau (li^

.inj. ky p. paraidéhyde.

liydc 5 gran.

rier-cerise o gram.

tilléc 13 gram.

Hypnone (acétophénone).

A la dose de 10 à -40 centigr.

provoque le sommeil, n'est pas analgésique, s'emploie mélangé à l'alcool, l'huile ou l'éther. Les perles de Clertan, contenant 5 centigr., constituent le meilleur mode d'administration.

Urétliane.

Provoque le sommeil à la dose de 50 centigr. à 1 gram., s'administre seul ou mélangé sous forme de poudre. M.

Huzard l'ordonne même à la dose de 3 grammes à prendro en une seule fois.

Tous ces hypnotiques sont d'action moins sûre que le chloral.

Ghioral. Hydrate de cliloral.

\J* hydrate de chloral pur agit primitivement comme sopori-

fique, secondairement comme anestliésique faible; il fait dormir vite, sans nausées ni céphalalgie. Ulile contre Tinsomnie, contre le trouble cérébral actif de l'aliénation mentale, les douleurs de la goutte, de la colique néphrétique, de la carie dentaire, de la brûlure. Vanté contre la chorée, le delirium tremens, le tétanos traumatique, le strychnisme, Téclampsie, la rage, lemuldemrr. Ne pas continuer trop longtemps. S'abstenir dans les cas d'affections organiques du cœur avec plié nomènes d'asystolie ^Gubler).

Dose : 2 à 5 gram. , étendu d'eau. Il est caustique. Le croton Moral a^h comme le chloral; dose : 50 centigr. à 1 gram .

Potion au chloral hydraté,

Cliloral hydraté 2 à 5 gi-am.

Eau dislillée 150 grarn.

Sirop de sucre 30 piani.

A prendre en deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures.

Sirop cillerai (Follet).

Sucre blanc 38 kil.

Eau distillée 19 kil.

Hydrate de chloral 3 kil.

Alcool de Moiitpellitr 2 litres.

Essence de menthe -5 grant

F. s. a. Divisez en 600 flacons, ch.i que flacon de 150 ^runim. eontenatil chacun 7 pr. 50 d'hydr;ite de chloral.

La cuillerée à bouche contient 1 gi-.

de chloral et chaque cuillerée à café 25 centigr. environ. C'est la meilleure forme d'administration du chloral: sa

OPIUM. 85

conservation est parfaite, et jiusi conseillé il n'irrite point l'estoiiwic.

1 à 5 cuillerées par j., à 2 h. d'int.

Pot, anesthésique (U. Trélat).

Donner en une foi», 35 à i\^ minutesavant l'opération, une potion contenant •:

Chloral 4 gram.

Sirop de morphine 40 gram

Si besoin, ajouter quelqnes inhalations de chloroforme, dont l'actior est très prompte, après le chloral.

Cette potion produit une aneslhésis suffisante pour les opérations sur les organes génitaux. L'ej'et amtlhes'mue maximum se produit de 35 à 45 minutes après l'ingestion de la potion.

Lavement de chloral,

Chloral hydraté 2 à 5 gram.

Eau 200 gram.

Injection intra- veineuse de chloral (Oré, Vulpian).

Chloral, 10 gr. Eau, 10 gr.

Tetanop traumatique, rage. Vulpia»

préfère ajouter aux 10 gr. de chloral 50oul00 d'eau. Il faut choisir une veine sous-culanée , éloignée d'une artère (médiane cephalique, ou basilique).

Quand on pratique chez l'homme des injeciions intra-ve ineuses de chloral, il convient d'avoir sous la main une machine à courants induits toute prête à fonctionner. Il faut appliquer les excitateurs à une grande dislance l'un de l'autre; l'un sur les muscles du cou, l'autre sur les muscles de l'abdomeu (Vulpian).

lilDRATB DE CHLORAL A L'EXTÉBfBDR,

agit comme l'iodnfor.ue, antiseptique, parasiticJde, anesthési(]ue, dans» les ulcères, plaies atoniques, ozène. Chloral 1, eau 50 à 100 (Dujardin Beauinelz).

Ilydr. chloral 1, glycérine 30, eau 50 c. ule. atoni({. (Vallin). Chloral. 1, glycérine 5, pour badigeonner les exsudats menibraneux dans diphthérie (Kom). 1 à 2 gram. par décim. carré d'emplâtre de poix, révulsif et vésicant.

Opium, produits et composés morpliiques.

L'opium est le suc épaissi du Papaver sonmiferum, famille des Papavéracées, Administré à très-petites doses, il produit un état de calme qui porte au sommeil. Conseillé à des doses plus fortes, quand il n'existe pas de cas particuliers de tolé-

84 MÉDICATION NÉVROTROPiaUE. — NARCOTIQUES.

vance, il agit cVabord comme stimulant en exaltant les fonctions intellectuelles, puis il détermine un sommeil profond et agité. On le prescrit très-souvent pour combattre Tinsomnie, pour calmer les douleurs, pour diminuer une exaltation de la sensibilité qui accompagne souvent un grand nombre de maladies organiques chroniques. On Ta employé très eflicacement dans l'aliénation mentale ; il réussit quand, après son administration, se manifeste une exaltation des phénomènes pathologiques ; c'est Tagent le plus utile contre les névralgies ; c'est aussi un bon auxiliaire des antisyphilitiques. Les opiacés rendent de grands services dans les bronchite», dans la plupart des atfections chroniques de l'appareil respiratoire.

Les opiacés ont une incontestable utilité contre plusieurs maladies de l'appareil digestif, contre les gasti algies, les diarrhées, le choléra, les vomissements incoercibles delà grossesse.

Il faut être très-circonspect pour les doses dans l'emploi des préparations opiacées dans l'enfance.

Les préparations d'opium longuement continuées diminuent l'appétit et peuvent occasionner le marasme. Il n'est pas de remède dont l'abus soit plus facile; le médecin devra toujours être en garde contre cette propension.

M. Rayer a constaté qu'il y avait tiès-souvent un grand avantage à associer l'opium à plusieurs médicaments énergiques dilhcilement supportés par l'estomac et l'intestin, tels que la teinture de cantharides, l'huile essentielle de térébenthine, le tartre stibié et l'agaric blanc.

Les nombreux travaux dont l'opium a été récemment l'objet, en faisant connaître les variations que présente la composition de ce produit tel que nous le livre le commerce, méritent au plus haut degré d'appeler l'attention des praticiens. Ils prouvent en efl'et que les anomalies dans l'action de ce médicament, qu'on a cru souvent pouvoir attribuer à ï'état des malndes, ù leur idiosyncrasie, n'avaient le plus ♦souvent d'autre cause que des dilï'érences dans sa composition dont on était loin de soupçonner l'étendue. Pour mettre les ?Kiédecins à l'abri des conséquences d'un pareil état de choses, u faut que l'opium soit titré, comme M. Chevallier l'avait proposé. Grûcc aux persévérants efforts d'Aubergier, ce progrès est aujourd'hui réalisé : tout pharmacien peut et doit n'employer que Vopiuîn titré ri 10 pour 100 de morphine.

On savait depuis longtemps qu'aux lieux mêmes de production on falsifie lopium. La richesse de l'opium varie suivant la variété de pavot qui l'a fourni, et, pour une même variété, suivant l'époque plus ou moins avancée de maturité

OPIUM

de la capsule au moment de la récolle. Parmi les variétés de pavot que Ton peut choisir pour la préparaion de Topium, l'Académie a pensé que c'était celle qui pouvait fournir un opium assez régulièrement riche à dix pour cent à laquelle il convenait de donner la préférence; que la proportion décimale dans la richesse en morphine, maintenue dans les formules à base d'opium indigène présentées par Aubergier, permettait aux médecins de se rendre plus facilement compte de leur composition; qu'il importait de distinguer ces nou\ elles préparations des préparations anciennes à base d'opium du commerce, qui ne présentent ni la même pureté, ni la même richesse , ni surtout la même uniformité de composition. Pour remplir plus complètement les intentions de l'Académie à cet égard, Aubergier a proposé de désigner son opium indigène sous le nom iVaffium, qui est en effet son véritable nom. On lit en eflet dans tous les ouvrages de matière médicale, qu'aux lieux de production on désigne sous le nom {ïafjlum les larmes laiteuses qui s'écoulent des incisions faites aux capsules du pavot ; qu'on réserve ce produit précieux pour les familles riches et puissantes du pays, et qu'on ne livre au commerce que des produits inférieurs.

Voici, du reste, quelles sont les formules proposées par Aubergier et adoptées par l'Académie.

Opium ou aflium indigène de pavot pourpre.

Faites des incisions lonjtitudinales iégéremenl inclinées aux capsul<;s du pavol pourpre, lorsqu'elles ont alttiiit leur développement complet et avant qu'elles passent de la couleur verte a la couleur jaune. Recueillez immédiatement avec le doigt, dans un verre, le suc laiteux «jui s'écoule; répétez ces incisions par intervalles jusqu'à ce qu'elles aient embrassé toute la circonférence de la capsule. Réunissez le produit de la récolte dans de larges vases à fond plat; exposez-le au soleil jusqu'à ce qu'il ait acquis une consistance assez ferme pour pouvoir être divisé en pains de 60 grammes. Laissez les pains exposés au soleil et à l'air jusqu'à ce qu'ils puissent être enveloppés dans des feuilles de papier huilé ■ans s'y attacher.

Cet aflium contient le dixième de son poids de morphine.

Extrait d'opium ou d'affuim indigène de pavot pourpre.

Coupez 500 grammes d'aflium de pavot pourpre par tranches: versez dessus 6 litres d'eau distillée froide?

au bout de 12 heures malaxez l'opium, et, après 12 nouvelles heures de macération , passez et exprimez. Soun-.eltez le marc à une nouvelle macération dans t) parties d'eau froide et passez encore avec expression. Décantez les liqueurs it évaporez-les au baln-marie en eons'stance d'extrait. Versez sur cet extrait A kilogr. d'eau distillée froide, agitez de temps en tempspour faciliter la dissolution; passez les ligueurs et faites évapcrer en consistance d'extrait pilulaire.

Cet extrait contient un cinquième de son poids de morphine.

C'est en pilules de 1 centigramme, contenant par conséquent 'l milligrammes de morphine, que l'extrai d'aflium a été administré, soit par M. Rayer, soit par M. Grisolle. Deu.<i

86 MÉDICATION NÉVROTRO

pilules ont presque constamment suffi pour détt-nuinerle sommeil. Lesavantages de ce mode d'administration sur l'emploi des solutions telles que le?

diyers laudanums n'échapperont à personne. (]fS p'iules se dissolvent trèsfacilement dans l'eau ; on peut compter le non)bte que l'on met dans un lavement par exemple, et . l'on se rend mathcTuatiquement compte de la dose que l'on a>lininislre, tandis que l'o») peut toujours se tromper sur le nombre de gouttes de liquide, et à plus forte raison sur leur volume.

f^in d'affium ou d'opium de pavot pourpre.

Vin de Madère 500 gram.

Affium de pavot pourpre 50 gram.

Faites macérer huit jours et liltiez.

Si vous ne retirez pas une dose de vin équivalente à celle employée, lavez le résidu avec une quantité de vin suHisante pour compléter 500 grammes.

Teinture d'afflum ou d'opium de pavot pourpre,

Extr. d'allium de pav. pourp. 10 gram.

Alcool à 560 centésim. 1 kilog.

Faites dissoudre l'extrait d'alfium de pavot pourpre dans l'alcool et filtrez la solution.

Pour obtenir une teinture solide à froid, propre exclusivement à l'usage extérieur, diminuez de 120 grammes la quantité d'alcool employé et remplacez-le par un poids égal de savon animal, (\uv. vous ferez dissoudre au

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