POUDRES GRANULÉES
Poudres grranulées.
Pour les médicaments qui doivent être administrés à petites doses, la granulation ne présente, selon nous, que des avantages compensés. M.
Mentel, pharmacien à Paris, a été conduit par des motifs très-iégitimes à admettre que, pour les poudres qui sont prescrites à grande dose, telles que la magnésie, le sousnitrate de bismuth, etc., la granulation pourrait offrir un mode d'administration à la fois agréable et sur.
Le procédé de granulation adopté par M. Mente! consiste essentiellement à recouvrir un noyau central très-fin d«* la poudre avec laquelle on veut préparer des granules, puis à enrober le tout d'une couche de sucre pur ou aromatisé : on opère exactement comme dans la préparation très-connue des anis de Flavigny. L'épaisseur de cette couche de sucre dépendra du 1 apport qu'il sera nécessaire d'établir entre le poids de la poudre médicamenteuse et celui du sucre ; la grosseur des granules ne devra pas dépasser celle des grains de millet.
Il n'est pas nécessaire d'insister beaucoup sur la facilité qu'apporteront les poudres granulées à l'administration des poudres médicamenteuses qui sont presciites à haute dose. Chacun sait, quand il
caves au centre, destinées à ! ^^"t prendre une poudre, recevoir la poudre. ! même insipide ou peu sa pi de,
RECETTES COLLECTIVES
comme la magnésie ou le sous-nilrate de bismuth, combien le malade éprouve de difliculté pour la délayer et pour ringérer complètement ; il faut ajouter que cette ingestion n'est rien moins qu'agréable. Avec les poudres recouvertes d'une couche de sucre, amenées à la forme et à la grosseur d'un grain de millet, rien n'est plus facile, à l'aide d'un peu d'eau, que de les avaler sans dégoût, sans perte, sans difliculté.
La sûreté et la commodité du dosage, voilà surtout ce qui distingue les poudres granulées. On comprend sans peine que, d'après le mode suivi dans les opérations qui ont la granulation pour but, il puisse arriver quelques irrégularités dans les couches actives ou inactives, d'où une inégalité dans les proportions pondérales des substances actives dans chaque granule pris isolément ; mais si l'on n'administre plus un , deux ou trois granules, comme cela a lieu pour les substances actives, mais une cuillerée à café, une cuillerée à bouche, qui renferment environ 200 granules ; si la granulation a conduit à quelques défauts de dosage pour des granules pris isolément, ces défauts se trouvent compensés par la réunion d'un très-grand nombre de granules, réunion qui offre tous les avantages d'une dilution parfaite.
Huiles médicinales simples.
Huile de camomille»
Fleurs de camomille romaine 50 pram.
Huile d'olive 500 pram.
Faites digérer pendant deux heures dans un vase couvert, à la rhaleur du bain-marie, en agitant de temps en temps; passez avec expression, filtrez.
Préparer de même les liuiles avec :
Fenugrcc, sommités d^absinthc, de rue; fleurs de mélilot, de millepertuis, de sureau, roses pâles [h. rosat,.
Huile de ciguë.
Feuilles de ciguë fraîches 500 gram. Huile d'olive 1000 gram.
Pilez les feuilles de ciguë, mélangezles à rhuile, et faites chauHér sur un fou très-doux jusqu''à ce que toute Teau de végétation de la ciguë soit dissipée ; alors laissez digérer pendant deux heures ; passez avec expression, et filtrez.
On préparera de même les huiles avec la :
Belladone, jusquiame, mandragore,
uiorclle, nicotiane, stramoine.
Huile de canlharides.
Poudre gross. decantharides 100 gram.
Huile d'olive 1000 gram.
Faites digérer pendant six heures dans un vase fermé, à la chaleur du bain-marie; passez avec expression et liltrrz.
Glycérés ou Glycérolés.
On donne ces noms à des médicaments qui ont pourbase la glycérine ou le glycéré d'amidon, et qui remplacent avantageusement les liniments, pommades, collutoires, etc.
Gérats.
Médicaments externes ayant pour base un mélange de cire et d'huile.
Pommades.
On désigne sous ce nom des médicaments externes d'une consistance ordinaire-
SUPPOSITOIRES.
ment molle qui ont pour base la graisse de porc ou un mélange de corps gras.
Pommade de concombre,
Axonge 1000 grain*
Graisse de veau 600 grani.
Baume de Tolu 2 gram.
Eau distillée de rose 10 litres.
Suc de concombres 1200 gran».
Faites fondre les graisses à la clialeur du bain-marie, en y ajoutant le baume de Tolu, préalablement dissous dans un peu d^alcool, puis Peau de rose. Lorsque la graisse se sera éclaircie, décantez-la, et versez-la dans une bassine étamée.
Ajoutez alors le premier tiers du suc de concombres, en ajant soin de retirer ce premier suc de concombres avant d'en remettre une nouvelle quantité; recommencez cette même opération avec le second, puis avec le troisième tiers du suc.
Séparez autant que possible la graisse du liquide; faites-la fondre an bain-marie , et après un repos dequelques liiiures enlevez l'écume. Retirez la pommade, que vous coulerez dans des pots pour la conserver à la cave.
Pour terminer cette pommade, faites-la ramollir, sans la liquéfier entièrement, dans une bassine étamée ; battez-la avec une spatule de bois, jusqu'à ce qu'elle soit devenue assez légère, pour que son volume soit presque double. (Codex,)
Graisse balsamique, Axonge benzoïnèe.
M. Descliamps a fait l'observation importante que la matière résineuse des bourgeons de peuplier, que la résine de benjoin préservaient l'axonge de la .rancidité. En utilisant cette vue éminemment pratique, on peut préparer comme il suit une graisse balsamique qui remplacera dans les pommades la graisse ordinaire avec beaucoup d'avantage.
Axonge nouvellement fondue 1 kilogr.
Benjoin en pondre 20 gram.
Baume de Tolu divisé 20 gram.
CbauHéz au bain-marie pendant deux heures, en agitant à plusieurs reprises:
passez Sans exprimer, et agitez de lemp* en temps pendant le refj-oidissement.
Le Codex prescrit 5 grammes de teinture de benjoin par kil. d'uxonge.
Onguent».
On nomme onguents des médicaments externes mous, composés de corps gras et résineux.
Emplâtres* On donne ce nom à des médicaments externes d'une consistance ferme.
Sparadraps.
On nomme ainsi des bandes de fil, de coton ou de soie, ou même de papier, dont on recouvre Tune des faces avec une couche de masse emplastique.
Sparadrap mercurlel (Codex).
Emplâtre mercuriel 500 gram.
Huile d'olive q. s.
Faites fondre à une douce chaleur en agitant continuellement, et étendez sur des bandes de toile. L'addition de l'huile n'est nécessaire qu'autant que l'emplâtre n'est pas récemment préparé, ou que la température est trèsbasse.
Préparez de la même manière les sparadiaps avec les emplâtres suivants : d'Andié de la Croix, de ciguë, de cire verte, de minium ou de Nuremberg.
Suppositoires.
Médicament de forme conique destiné à être introduit dans Tanus. Les suppositoires de savon se préparent en taillant un morceau de savon en cône au moyen d'un couteau.
On fait les suppositoires de suif en liquéfiant ce corps, et en le coulant dans de petits
80 RKCETTES COLLECTIVES.
moules de papier. On prépare les suppositoires de miel en faisant cuire le miel jusqu'à ce qu'il puisse prendre par le refroidissement une consistance solide ; on le coule , pendant qu'il est encore chaud, dans des moules de papier huilé. Le poids ordinaire d'un suppositoire est de 5 grammes.
Suppositoires de beurre de cacao.
Beurre de cacao 30 p;ram.
Faites fondre à une douce chaleur, et, lorsque le corps gias sera sur le point de se fif,'er, coulez-le dans six moules de papier ayant la forme d'un cône allongé. En été, \ous ajouterez au beurre de cacao un dixième de son poids de cire blanche. — Lorsque le médecin prescrit Taddition d'un extrait qui ne peut pas êtie pulvérisé, on délaye cet extrait avec la quantité d'eau sullisanle pour lui donner la consistance sirupeuse; et on l'ajoute au beurre de cacao convenablemer.t refroidi ; on mélange exactement, et l'on coule dans les moules.
Bougies.
Elles sont uniquement employées dans le traitement des maladies de l'urèthre. On leur donne la forme d'un cylindre qui va en s'amincissant légèrement d'une extrémité à l'autre, dont le diamètre, variable suivant le besoin , se rapproche ordinairement d'une plume à écrire, et dont la longueur ne dépasse guère 27 centimètres.
Giguren iiiédlc. Pap. Cart.
Les cigares médicinaux ont pour bul de faire pénétrer dans l'économie des principes mé-
dicamenteux entraînés avec la vapeur de ces cigares ou produits par une combustion incomplète. Il est des cigarettes de trois ordres : ou des plantes, telles que la stramoine, la belladone, les fucus, etc., sont fumées dans des cigarettes en guise de tabac ; ou des feuilles de papier à fdtrer sont imprégnées d'une dissolution d'un principe médicamenteux, tel que l'acide arsénieux , l'extrait d'opium, ou d'une matière telle que le nitrate de potasse, qui, en favorisant la combustion du carton ou du papier, fournit des émanations utiles ; ou bien encore une substance volatile liquide ou concrète, telle que Téllier ou le camphre, est retenue dans un tuyau de plume à l'aide d'un peu de coton cardé, et l'on aspire à froid les \apeurs qui s'en exhalenl.
Carton fiiniigatolre ou antias lUmatlque (Codex).
Papiei- gris sans colle 120, poudres de iiitre 60, belladone 5, slra-noine 5, digitale 5, lohélie 5, phellandrium 5, myrrhe 10, oliban 10. In)prégnez le papier d'eau, mêlez les poudres, et divisez le carton en trente-six morceaux.
Cigarette de belladone (Codex).
Incisez les feuilles et intioduisez-eu 1 granmie dans des papiers à cigarettes. Piéparez ainsi les cigarette» d»
dtgitait, jui<fuiam'i, tur.alyptu», nicotianCf stramoine ^ etc. (Codex.,